- engagement politique
- formation – médecins
- politique – Suisse
- rôle des universités
- enseignement – méthodes et outils
Le Parlement européen a adopté le rapport sur la Suisse qui «demande plus de confiance et de transparence dans les relations Suisse-UE […]. Dans le domaine de la recherche, le Parlement européen demande qu’après l’adoption du mandat de négociation, des règles transitoires permettent la participation de la Suisse au programme de recherche européen «Horizon Europe».» (rts.ch)
«Le rapport exige une ouverture rapide des négociations. Et met en garde: si le dossier n’avance pas, des accords bilatéraux risqueront d’être «vidés de leur substance» et «dépassés».» L’eurodéputé français, Christophe Grudler, affirme que «[…] si le rapport a mis plus de deux ans et demi pour être finalisé, c’est bien parce que la Suisse ne fait pas vraiment partie des priorités de l’UE». (Le Temps)
Alicia Sanchez-Mazas, Directrice du Laboratoire dʹanthropologie, génétique et peuplement, et Responsable de lʹunité dʹanthropologie du Département de génétique et évolution de lʹUniversité de Genève, se félicite que le poste de recteur·trice de l’Université de Genève sera occupé, pour la première fois, par une femme.
Elle espère «que [la] future rectrice saura […] épurer les murs de [leur] maison [du] machisme résiduel». Madame Sanchez-Mazas dit en effet se «[heurter] encore aujourd’hui à quelques facettes affligeantes de cet environnement, dans lesquelles les rapports professionnels sont toujours bien gluants de testostérone».
Madame Sanchez-Mazas explique néanmoins que pour atteindre des «rapports vraiment égalitaires», la future rectrice de l’UNIGE devra «modérer l’esprit compétitif excessif qui envahit notre univers académique». Selon Madame Sanchez-Mazas le milieu éducatif «formate très vite» les personnes, en ne leur permettant pas de «se contenter d’être bon ou très bon, il faut être meilleur […]. Une telle quête individualiste, encouragée par notre académie, engendre nécessairement des comportements conflictuels entre collaborateurs – hommes ou femmes – et des dérapages vis-à-vis des bonnes pratiques institutionnelles. Parfois même jusqu’à porter atteinte à la santé – physique ou mentale – de ceux ou celles que l’on aura «évincé ·es»!»
Depuis 2021, les assistant·es d’enseignement de l’Institut des Hautes études internationales et du développement (IHEID) dénoncent des conditions salariales problématiques. Cette question a été traitée à plusieurs reprises et, en mai de cette année, les assistant·es ont lancé une pétition qui s’adresse au Grand Conseil et à l’IHEID, demandant de meilleures conditions salariales.
Les assistant·es d’enseignement de l’IHEID, accompagné·es par le Syndicat interprofessionnel des travailleurs et travailleuses (SIT), ont finalement déposé hier au Grand Conseil genevois la pétition, signée par 916 personnes, «[appelant] les autorités et la direction de l’institut à agir sur les conditions de travail jugées précaires».
«De son côté, la directrice de l’IHEID, Marie-Laure Salles, rappelle que l’institut est une fondation de droit privé et que la loi genevoise sur l’université ne lui est pas applicable. «Toute comparaison avec les assistants de l’UNIGE n’est donc pas pertinente», affirme-t-elle». (Tribune de Genève)
Clara Barrelet, Secrétaire syndicale au SIT, affirme que «[s]i l’IHEID est une fondation de
droit privé, il n’en demeure pas moins que cet institut universitaire bénéficie de plus de 15 millions de subventions publiques du canton de Genève, auxquels s’ajoutent 18 millions de la Confédération […]. (Le Courrier)
Les professeur·es semi-généralistes c’est «une catégorie hybride de profs dont le cursus de quatre ans à la HEP n’a existé que dix ans, entre 2001 et 2011 – la dernière volée ayant commencé ses études en 2007». Aujourd’hui les semi-généralistes sont encore 367 à exercer et témoignent être «coincés dans ce statut». En effet, «[c]es derniers sont moins bien payés que leurs collègues titulaires d’un master [et] ont trois périodes d’enseignement de plus à leur horaire pour un plein temps». Ces différences n’étant pas nouvelles, «[e]ntre 2011 et 2014, le Département de l’enseignement et de la formation professionnelle (DEF) avait en effet proposé à ceux qui le souhaitaient d’obtenir ces fameux crédits manquants en suivant une formation complémentaire à l’Université de Lausanne», opportunité saisie par soixante enseignant·es, afin de changer de catégorie salariale. Gregory Durand, Président de la Société pédagogique vaudoise (SPV), affirme néanmoins que beaucoup de semi-généralistes «n’étaient pas en mesure d’accéder à cette passerelle».
Les tensions augmentent puisqu’une nouvelle filière vient de débuter à la HEP. «Laquelle, s’étalant sur cinq ans, formera des profs qui seront, dès 2028, engagés aux conditions salariales des maîtres «masterisés» […]. Les syndicats d’enseignants interpellent le Département de la formation (DEF) et la Haute École pédagogique (HEP), relayant la grogne des maîtres semi-généralistes […], [et] demandant l’ouverture de négociations en faveur des semi-généralistes […]. Des discussions vont en effet débuter ce mois entre les parties concernées».
«La Faculté des sciences de l’éducation et de la formation naîtra officiellement à la rentrée 2025 ou 2026. […] Une administratrice a été nommée pour chapeauter cette nouvelle filière, qui réunira les différentes formations à l’enseignement actuellement dispensées à la Haute Ecole pédagogique et à l’Université.» Collaboratrice scientifique du secrétariat de la HEP de Berne, Vivien Rüffieux entre en fonction dès ce mois d’octobre.
Pour rappel, afin de créer une collaboration entre l’Université de Fribourg et la HEP de Fribourg, «[l]e 29 juin dernier, les député·es fribourgeois·es ont accepté «de réunir sous un même toit la formation à l’enseignement»».
««Je suis ravie et fière, c’est l’éloge d’une femme scientifique sans compromission, à l’origine d’un vaccin qui a eu un impact majeur et qui a sauvé des millions de vies, s’enthousiasme Alexandra Calmy, responsable de l’unité VIH du service des maladies infectieuses des Hôpitaux universitaires de Genève. Le prix de cette femme au parcours si singulier et exemplaire, qui a poursuivi malgré tout ce que les gens pensaient de sa recherche, est un modèle qui va aider les femmes à aller de l’avant .»» (24 Heures)
Jacques Dubochet, prix Nobel de chimie en 2017, «[…] espère que la semaine des Prix Nobel réveillera les politiciens, qui ont relégué la question européenne au second plan durant cette période électorale. C’est symptomatique de la gestion à courte vue de notre politique» dit-il. Il aimerait «que le prix soit plus souvent attribué à des institutions plutôt qu’à des personnes. Dans [son] cas, il aurait été bien de le remettre à l’ensemble du laboratoire. […] Le fonctionnement actuel favorise l’ego et la gloire individuelle. Pourtant, l’aventure scientifique est une aventure humaine.» (Le Courrier)
Le journal Nature partage «[u]ne analyse [qui] montre que le délai moyen entre la publication des travaux et l’obtention d’un des prix scientifiques a presque doublé au cours des 60 dernières années. Parmi les trois prix scientifiques, c’est en chimie que le «délai Nobel» [‘Nobel lag’] est le plus long (30 ans en moyenne au cours de la dernière décennie) et en physiologie ou en médecine qu’il est le plus court (26 ans).» (Nature.com)
L’Université de Genève propose un nouveau type de diplôme universitaire: des microcertifications. Il s’agit d’une «première en Suisse […], [d]estinée aux personnes déjà en emploi […], [et qui] s’étale sur une vingtaine d’heures»: une nouveauté qui «séduit les employeurs». En effet, «(…) les formations académiques de courte durée existent déjà. Sauf qu’à la place d’une simple attestation de présence, celles lancées au bout du lac exigent en plus un travail de recherche et, surtout, elles sont certifiées».
«L’Université de Lausanne va emboîter le pas à l’UNIGE. Des modules seront proposés d’ici à l’été prochain, confirme Pascal Paschoud, directeur de la formation continue UNILEPFL: «À terme, des microcertifications pourraient être disponibles dans toutes nos facultés»».
Le conseiller national zurichois, Alfred Heer (UDC), a participé à une étude dans laquelle «les parents […] doivent donner des informations sur la consommation médiatique de leurs enfants entre 0 et 60 mois». Monsieur Heer se questionne sur le système éducatif suisse suite à sa participation à l’enquête électronique créée de la collaboration entre plusieurs hautes écoles. Pourquoi? En raison du fait qu’on demande au parent qui participe à l’enquête de répondre si le sexe de son enfant, âgé entre 0 et 60 mois, est «masculin, féminin, non-binaire, troisième sexe, genderfluid, two-spirit, autre».
Monsieur Heer «soupçonne fortement les responsables de l’étude de ne pas savoir eux-mêmes ce que sont le non-binaire, le genderfluid et le two-spirit […]. [S]ous le slogan «La formation est la seule matière première de la Suisse», la Suisse dépense des milliards pour des instituts de formation comme les hautes écoles spécialisées et les universités. Une étude sur l’utilisation de l’argent des contribuables par l’industrie de la formation mériterait effectivement d’être menée. On pourrait économiser des centaines de millions de francs et avoir une qualité et un niveau de formation plus élevés qu’aujourd’hui. Quand les conseillers d’Etat responsables interviendront-ils enfin ?».
Dans un article de La liberté du 16.09.2023 la Rectrice de l’Université de Fribourg (UniFr) expliquait les nouveautés de la rentrée 2023. Antoine Geinoz, Président de la Communauté romande du Pays de Fribourg (CRPF), commente cet article : «[p]our sa dernière rentrée à la tête de notre université, la rectrice Astrid Epiney a annoncé deux nouvelles formations… en anglais […]. D’autres cours sont déjà donnés exclusivement dans la langue de Shakespeare, alors que le canton de Fribourg a deux langues officielles, le français et l’allemand […]».
De plus, Monsieur Geinoz constate que «[l]es rectrices d’aujourd’hui et de demain [sont de nationalité allemande]» et que donc «[l]a tentation d’engager des enseignants de leur pays d’origine peut être naturelle. Elle comporte cependant quelques risques, comme celui d’éloigner le corps professoral de la culture francophone». Monsieur Geinoz s’inquiète du fait que la future Rectrice de l’UniFr, Katharina Fromm, «[ait] fixé parmi ses priorités «le maintien du nombre d’étudiants germanophones»».
«La Communauté romande du pays de Fribourg (CRPF) préférerait que la direction de l’Uni veille au maintien du nombre de professeurs de langue française. [Leur] association représente les intérêts de la majorité linguistique de la population fribourgeoise. Une majorité pacifique et souvent silencieuse, mais [qui n’est] pas prête à perdre sa place légitime dans les sphères de la formation académique».
La semaine passée on apprenait par la NZZ am Sonntag que le Conseil de fondation du Fonds national suisse (FNS) avait décidé que le Conseil de la recherche «devrait à l’avenir se concentrer davantage sur les questions stratégiques de l’encouragement de la recherche» et que l’évaluation des requêtes d’encouragement ne sera plus à l’avenir une tâche du Conseil de la recherche, mais sera laissée dans les mains d’expert·es externes. Selon une enquête menée en août auprès des conseils de la recherche, seulement 12 pour cent des personnes interrogées soutiennent ce changement.
Le Président du Conseil de la fondation et ancien Conseiller national, Jürg Stahl (UDC), fait savoir à travers une lettre adressée à tous les membres du Conseil de la recherche que la décision du Conseil de fondation de fin août a été révisée. En effet, «le Conseil de fondation fait marche arrière» en ayant «suivi l’argumentation des chercheurs, qui considèrent l’évaluation des projets comme l’une de leurs tâches principales». Dans cette lettre, Monsieur Stahl écrit «qu’il espère que cette décision contribuera à rétablir la confiance mutuelle entre le Conseil de fondation et le Conseil de la recherche du FNS».
Finalement, «[p]our les réformes prévues, le Fonds national veut désormais se donner deux mois de plus, afin de calmer la procédure qui se déroulait jusqu’ici sous une forte pression du temps».
«Depuis quatre rentrées, la loi genevoise permet aux candidats à la reconversion professionnelle d’obtenir une bourse d’études.[…] [L]e canton propose une bourse destinée à celles et ceux qui veulent changer de métier.» Cette aide est dotée d’un plafond de 40’000 CHF.
«En l’espace de trois rentrées, le canton a reçu 299 demandes et en a validé 134 […]. Plus d’un tiers des bénéficiaires ont quitté le milieu de l’art et de la culture […] la gestion et l’administration, et, dans une moindre mesure, les sciences. L’exode de personnel observé dans le secteur de la santé ne décourage visiblement pas les vocations puisqu’un tiers des bourses validées le sont dans ce secteur. Il devance l’enseignement et le social au palmarès des domaines les plus prisés.»
Faisant suite à la pétition déposée par les étudiant·es de l’université de Berne afin que les cours soient systématiquement enregistrés sous forme de podcasts, le journal 20 Minutes fait un tour d’horizon des pratiques dans les différentes universités romandes.
«Genève fait exception depuis cette année en enregistrant les cours de manière systématique. Les enseignants conservent toutefois la liberté de ne pas se conformer à cette nouvelle norme […]. À Neuchâtel, il est recommandé d’enregistrer en priorité les cours qui touchent un grand nombre d’étudiants et durant lesquels les interactions sont limitées. À Fribourg, le recours à la numérisation a lieu lorsque cela fait sens au niveau pédagogique. À Lausanne, le podcast est laissé à l’initiative des profs», sauf pour la Faculté de Médecine, où les cours de 1ère année sont disponibles en numérique pendant une semaine.
Dans le canton du Jura, «[l]es députés ont accepté mercredi par 31 voix contre 27 une motion en ce sens du député socialiste Pierre-André Comte. Il s’agira de modifier la directive concernant la féminisation et le langage épicène dans les actes législatifs, administratifs et judiciaires en reprenant les prescriptions de la directive de la Chancellerie fédérale du 1er novembre 2021».
«Au vote, la motion a été soutenue par l’UDC, le PLR et Le Centre.»
Le magazine spécialisé Times Higher Education (THE) a publié son classement, le «THE World University Ranking», qui place «trois hautes écoles suisses […] dans le top 100 des meilleures hautes écoles du monde […]. L’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich) est la haute école la mieux placée en Suisse. Comme l’année dernière, elle occupe la onzième place dans le classement pour l’année 2024. Elle est ainsi la meilleure université d’Europe continentale». L’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) «a gagné huit places par rapport au dernier classement et occupe la 33e place». Finalement, l’université de Zurich gagne deux places par rapport au dernier classement et occupe ainsi la 80e place.
Afin d’assurer l’égalité des chances pour tout le corps estudiantin, le conseil des étudiants de l’université de Berne (Studierendenschaft der Universität Bern, ou SUB) demande au rectorat que des podcasts soient enregistrés et mis à leur disposition. «La direction de l’université soutient la cause. […] Dans la faculté de médecine, pratiquement toutes les conférences sont audibles, et environ un tiers des [conférences de] sciences naturelles seraient possibles.» Ne sont pas concernés les séminaires, stages et exercices, mais seulement les cours.
Le département de communication écrit que «[l]a direction de l’université a formulé la recommandation à l’échelle de l’université tendant à ce que tous les cours non interactifs fournissent leur contenu numériquement.» (Blick.ch)
Le SUB a tenu hier une «action de protestation pacifique» sur le campus et a lancé une pétition qui a récolté plus de 2’000 signatures. Le conférencier en physique du climat et de l’environnement Christoph Raible et certain·s autres de ses collègues se montrent inquiet·es, surtout après le contexte de la pandémie. «Certains étudiants ont pensé qu’ils pouvaient s’épargner les conférences en ligne jusqu’à la fin du semestre, puis écouter tout le monde à la fois. […] Je suis préoccupé par le fait que les étudiants qui doivent participer aux conférences sur place resteront alors à l’écart. Cela aurait un impact négatif sur leurs études et conduirait à un plus grand nombre d’admissions» explique-t-il. (20 Minuten)
Fin juin, on apprenait qu’un master en conservation de la biodiversité verrait le jour au semestre d’automne à l’Université de Neuchâtel (UniNe). Les deux responsables de la toute première volée de ce master détaillent les motivations qui les ont amené à élaborer ce cursus. Il s’agit de Clara Zemp, Professeure assistante et directrice de laboratoire, et de Jérémie Forney, Professeur en anthropologie de l’environnement.
Madame Zemp explique qu’à la racine de ce choix demeure l’urgence du besoin de solutions face à la perte de la biodiversité, alors que la croissance démographique ne s’arrête pas, et du besoin d’acquérir des capacités «destinée[s] à la conservation de la faune, des plantes et des écosystèmes[…]».
«[L]e point fort de cette filière consiste dans un dialogue entre les disciplines scientifiques et humaines. Cette mixité se traduit par un plan d’études articulé entre la Faculté des sciences et celle des lettres. Une spécificité qui existe déjà au niveau bachelor, avec une proposition en biologie ethnologie, dont cette nouvelle voie est une suite logique».
Les cas de plagiats détectés par les «chasseurs de plagiat» s’intensifient sur les plateformes en ligne. Dernièrement, le portail VroniPlag Wiki indiquait que la thèse de Manja Schreiner, sénatrice CDU des transports à Berlin, contenait 69,8 pour cent de passages plagiés. L’Université de Rostock a ouvert une enquête.
Le Professeur Stefan Weber, qui se définit comme un «chasseur de plagiat» et qui publie sur son blog tous les travaux susceptible d’être des plagiats, accusait la ministre du Travail de l’ÖVP Christine Aschbacher d’avoir plagié son mémoire et sa thèse. Madame Aschbacher a «[démissionné] de toutes ses fonctions politiques en janvier 2021 après les accusations de plagiat portées contre elle par Weber». L’enquête menée sur elle a conclu que sa thèse ne contenait aucun plagiat.
Récemment, Monsieur Weber a accusé Susanne Raab, ministre ÖVP, d’avoir plagié sa thèse de mémoire présentée en 2009 à l’Université d’Innsbruck. «À la mi-septembre, l’université d’Innsbruck a clos la procédure d’examen contre Raab «sur la base d’une enquête menée par des experts externes […]». Le département de Raab a déclaré : «L’examen de la procédure de plagiat contre la ministre fédérale Raab a montré qu’il n’y avait pas de plagiat. La procédure a donc été abandonnée»».
«[P]lusieurs procédures d’examen engagées suite aux accusations de Weber ont été abandonnées. Dernièrement, Weber a fait des reproches au chef de l’ÖBB Andreas Matthä […] et à son mémoire de fin d’études présenté à l’université de Vienne. La procédure d’examen est en cours».
Alors que de nombreuses critiques sont adressées au monde académique, perçu comme trop attaché à la recherche et éloigné des problèmes sociétaux, Franco Montalto semble être à contre-courant. Professeur au département d’ingénierie civile, architecturale et environnementale de l’université Drexel à Philadelphie, il parle de son expérience dans le journal nature.
Le Professeur Montalto explique que «[d]ans [son] laboratoire et dans [sa] salle de classe, [avec ses étudiant·es, ils identifient] des questions de recherche en établissant des partenariats avec des organisations communautaires, des décideurs gouvernementaux et d’autres acteurs. [Ils mènent] des recherches là où des réponses à des questions scientifiques spécifiques sont nécessaires pour prendre des décisions susceptibles de rendre les communautés plus durables et plus résistantes au changement climatique». Il explique que cette approche est aussi bénéfique pour les chercheur·es puisqu’«[il] est […] plus facile d’obtenir le financement de ces recherches en inscrivant les partenaires de recherche non universitaires dans les budgets des projets» et également puisque les revues se démontrent plus intéressées à les publier.
Monsieur Montalto pense que «[si] davantage d’universitaires dans tous les domaines intégraient les problèmes du monde réel dans leur enseignement, leur recherche et leurs services, nous pourrions tous nous sentir plus optimistes quant à la capacité de l’humanité à résoudre des problèmes urgents, tels que le changement climatique». Il ajoute que «le développement de partenariats entre l’université, les étudiants et la communauté permet d’actualiser le programme et de trouver des solutions à des problèmes réels, tout en offrant aux étudiants des expériences pratiques et professionnelles. L’approche est également adaptable à de multiples domaines et géographies».
«La France a suspendu la mobilité des étudiants avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso et a annoncé aux nouveaux étudiants de ces pays qui étaient sur le point de commencer leurs études en France qu’ils ne pourraient finalement pas venir. Le gouvernement français a invoqué des raisons de sécurité pour justifier la suspension de la délivrance de visas aux nouveaux étudiants originaires de ces trois pays», en faisant notamment référence à «un coup d’État au Niger en juillet 2023, deux coups d’État au Burkina Faso en 2022 et deux au Mali depuis 2020. Le dernier coup d’État sur le continent a eu lieu au Gabon en août 2023». (University World News)
Le ministère de l’enseignement supérieur fait savoir que rien ne changera pour les «intellectuels, les chercheurs et les étudiants qui doivent se rendre en France et qui détiennent déjà un visa», néanmoins un étudiant burkinabé et doctorant en géographie raconte avoir reçu un e-mail de la part d’un interlocuteur du ministère de l’Europe et des affaires étrangères lui communiquant que «[l]a France a suspendu son aide au développement à destination du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Cette décision concerne également les bourses de mobilité du gouvernement français, dont [il est] bénéficiaire». Et cela malgré le fait qu’il détienne un visa valable jusqu’en février 2024. Une autre étudiante burkinabée, qui devait commencer un master en France, n’a pas pu obtenir son visa puisqu’une interdiction de leurs livraisons a été introduite.
Sylvie Retailleau, ministre de l’enseignement supérieur, annonce que «la situation sera «réévaluée dans les semaines à venir à l’aune de l’évolution sécuritaire dans la région»». (Le Monde)
«En amont de son regroupement avec l’Université de Fribourg (Unifr), la Haute Ecole pédagogique de Fribourg (HEP/PH FR) a introduit pour cette année 2023 des mesures visant à flexibiliser ses programmes d’études.» Premier changement, le temps de formation peut être aménagé sur 12 semestres au lieu de 10, afin de permettre aux étudiant∙es de mieux répartir la charge de travail.
«D’autre part, la situation de double échec a été repensée. Un élève qui a déjà échoué deux fois à un examen peut désormais poursuivre ses études avant sa troisième tentative. Auparavant, il devait avoir validé cet examen pour pouvoir continuer.» Les tests linguistiques ont également été déplacés du deuxième au quatrième semestre et «[e]nfin, les étudiants qui suivent la troisième année de leur cursus se voient attribuer du temps libre pour enseigner dans une école. Une journée par semaine pour les Alémaniques, une demi-journée pour les francophones.»
«Pour ce qui est du regroupement avec l’Université de Fribourg, la décision de la date d’entrée en vigueur du nouveau système (2025 ou 2026) se fera dans le courant du mois d’octobre. «Ce passage ne va pas modifier nos exigences primaires propres à la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP)», note […] la rectrice de la HEP», Delphine Etienne-Tomasini.
Le projet de budget 2024 du Canon de Vaud a été présenté ce lundi. «Dans le détail, le millésime 2024 affiche un déficit de fonctionnement de 249 millions (−230 millions en 2023).» La part prévue à l’enseignement et à la formation a un peu diminué : pour 100 CHF dépensés par l’Etat de Vaud, 28,66 CHF iront à l’enseignement, contre 29,16 CHF en 2023. (24 Heures)
«La grande argentière Valérie Dittli a voulu un deuxième budget de législature «dans la continuité du précédent de par son soutien au pouvoir d’achat malgré le contexte inflationniste», a-t-elle résumé. En assumant une «croissance élevée des charges» (+4,9%, soit 547 millions, par rapport au budget 2023), qui atteindront 11,6 milliards. Notamment car l’évolution et le vieillissement démographiques impliquent des montants supplémentaires pour le Département de l’éducation et de la formation professionnelle (+98 mio), l’action sociale (+89 mio) ou encore la santé (+135 mio).» (Le Courrier)
Président du cercle fribourgeois de débat et de rhétorique, Antoine Lévêque partage ses préoccupations quant aux groupes extrémistes dans les universités qui «[…] remettent en cause les fondements et la valeur de l’échange d’idées au nom d’une lutte violente pour la défense des opprimés.»
En invitant l’avocat Marc Bonnant pour donner une conférence en lien avec la rhétorique à l’Unifr, Antoine Lévêque ne pensait pas que cela déclencherait de telles réactions. «[C]ertains groupements politiques d’extrême gauche mènent d’intenses campagnes de dénigrement à grand renfort de tracts diffamatoires et d’actes de sabotage», raconte-t-il. «[D]es militants radicaux diffusent des messages tels que: «Vous invitez Marc Bonnant? […] Honte à vous. […] Ne laissons pas de place à ce genre de discours dans nos institutions publiques et nulle part ailleurs».» Mentionnant son invité, qui ne se déplace plus dans une université sans une équipe de sécurité, il constate que la «situation en dit long sur l’évolution [des] mœurs.»
«La mesure la plus simple que pourraient adopter les rectorats et décanats romands pour s’attaquer à ce phénomène consisterait à établir un suivi plus rigoureux du contenu des enseignements dispensés dans certaines facultés. […] [I]l est évident que c’est par le langage que se dessine notre conception du monde et des rapports sociaux. C’est pourquoi, si nous voulons que les dirigeants de demain continuent à chérir le débat d’idées, il est temps de leur apprendre que la tolérance consiste aussi à accepter l’existence d’opinions opposées à celles qu’ils sont conduits à défendre avec ardeur.»
En juin, Luciana Vaccaro, Présidente de swissuniversities, craignait que la hausse de l’enveloppe budgétaire prévue par le Conseil fédéral pour la formation, la recherche et l’innovation n’était pas suffisante étant donné « la période financière tendue».
Le message du Conseil fédéral sur l’encouragement de la formation, de la recherche et de l’innovation pour la période 2025 à 2028 (message FRI) est le premier a avoir été soumis à une procédure de consultation publique, terminée hier. Dans le message FRI, le Conseil fédéral prévoit une enveloppe de 29,7 milliards de francs. Néanmoins de nombreuses voix se lèvent pour «[reprocher] à l’objectif de croissance de financement fixé à 2% en termes nominaux de ne pas tenir compte du contexte d’inflation et des nouveaux défis». La Conférence des directrices et directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP), affirme que «[l]e projet actuel […] se caractérise par des réductions budgétaires [et que] la Confédération reporte le risque financier sur les cantons […]. Pour swissuniversities, les contributions proposées mènent à «un démantèlement douloureux des prestations» […]. [L]e Conseil des EPF […] craint un manque à gagner de plus de 80 millions de francs par an dès 2024». Quant aux partis, le PS et les Vert·e·s s’alignent aux voix précédemment présentées et craignent que «le budget permettra à peine d’atteindre les objectifs», alors que le PLR salue le projet du Conseil fédéral et «approuve la croissance annuelle moyenne proposée de 2% en termes nominaux pour l’ensemble du secteur FRI». (rts.ch)
«Le Fonds national suisse (FNS) est la principale organisation d’encouragement scientifique du pays. […] Le conflit s’enflamme au sujet de la réforme structurelle «Go 2024» lancée il y a environ deux ans par le conseil de fondation, peut-être la plus grande transformation de la fondation depuis sa création en 1952.» Angelika Kalt, directrice du FNS et Matthias Egger, président du Conseil de la recherche du FNS préconisent d’intégrer une nouvelle structure au FNS.
Cela n’est pas au goût du Conseil de la recherche «[qui] devrait à l’avenir se concentrer davantage sur les questions stratégiques de l’encouragement de la recherche. Le Conseil de la recherche perdrait ainsi son activité principale actuelle, l’évaluation des requêtes d’encouragement. Il ne procéderait plus lui-même à l’évaluation, mais réunirait à la place des panels d’experts externes et les superviserait afin de garantir la qualité de la procédure.»
«De nombreux chercheurs voient même dans la pratique actuelle de l’évaluation la véritable force du Fonds national, qu’il faut préserver. Ainsi, une enquête menée en août auprès des conseils de la recherche a révélé que 87 pour cent d’entre eux continuent de soutenir un rôle actif dans l’évaluation des requêtes de recherche. En revanche, seuls 12 pour cent des personnes interrogées soutiennent l’externalisation à des experts externes, dont beaucoup devraient venir de l’étranger, décidée par le Conseil de fondation.»
«La faculté de droit de l’Université de Lucerne décerne le titre de docteur honoris causa à l’ancienne conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf [pour son engagement juridique, politique et humaniste]. Le titre lui sera décerné lors de la fête académique «Dies Academicus» en novembre».
«En poste à la Réserve fédérale américaine depuis vingt ans, l’enfant d’Échandens Antoine Martin va rejoindre la direction de la plus haute instance économique du pays.» Succédant à Andrea Maeschler, M. Martin est un ancien étudiant de l’Université de Lausanne. En effet, «[il] n’a d’ailleurs jamais oublié ses racines, puisqu’il a pour habitude de revenir une ou deux fois par an à l’UNIL ou à Berne pour évoquer les thèmes du moment, lorsque ce n’est pas lors de congrès internationaux.»
Deux femmes sont finalistes pour le poste de rectrice de l’Université de Genève, une première pour l’institution, qui n’a jamais eu de femme à sa tête. Les candidates sont déjà en poste à l’université : Audrey Leuba est professeure de droit civil et doyenne de la Faculté de droit, tandis que Giovanna di Marzo Serugendo dirige le Centre universitaire d’informatique. «La désignation finale est prévue pour le 22 novembre».
Plutôt médiatisé, il s’agit du second processus de sélection «en moins d’un an. Pour rappel, en janvier dernier, le Conseil d’Etat avait refusé la nomination du candidat canadien Eric Bauce au poste de recteur, estimant que l’Assemblée n’avait pas suffisamment tenu compte des critères initiaux de recrutement, à savoir un réseau solide dans les milieux académiques suisses et européens ainsi qu’une compréhension de la culture politique suisse. Enfin, étant donné son âge – 62 ans – Eric Bauce aurait dû bénéficier d’une dérogation pour compléter un unique mandat de quatre ans.» (Le Courrier)
Dans le classement des meilleures universités européennes, sur 500 établissements notés, l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich est numéro 2 et celle de Lausanne est numéro 9. Moins connu que celui de Shanghai, le classement Quacquarelli Symonds est considéré comme «plus étayé».
Toutes les autres places du top 10 sont occupées par des institutions anglaises britanniques et une université française. «La liste publiée ce mercredi comprend 11 institutions suisses. Après les deux têtes de file fédérale, elles sont cinq à figurer parmi les 100 meilleures universités du continent : l’Université de Zurich (35e), de Genève (60e) de Bâle (73e), de Berne (76e) et de Lausanne (98e).» Quacquarelli Symonds salue «l’excellence de la Suisse s’appuie sur une production de recherche exceptionnelle, tant en termes d’impact que de volume». (Le Temps)
Le site watson.ch souligne le fait que «[ce] classement fait autorité et beaucoup l’estiment plus pertinent que celui de Shanghai puisqu’il s’appuie sur davantage de critères, au-delà du nombre de publications.»
Deux travaux réalisés par l’Energy Science Center de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (EPFZ), posent un problème d’intégrité. «L’un a été financé par des partisans des centrales nucléaires, l’autre par le lobby solaire» et «les chercheurs de l’EPFZ ont réussi à fournir aux deux camps une étude qui peut être interprétée dans le sens de leur commanditaire respectif.»
Reto Knutti, climatologue et professeur à l’ETH, avertit que «dans de telles études, il y a le risque que le résultat soutienne les intérêts du mandant et que le résultat de l’étude soit utilisé abusivement pour présenter un état de fait de manière unilatérale dans les médias.» L’auteur de l’article insiste sur ce point, affirmant «[qu’une] fois l’étude publiée, plus personne ne compare les hypothèses des commanditaires, parfois éloignées de la réalité, cachées dans les annexes et les notes de bas de page. Selon les critiques, les profanes sont de toute façon dépassés par cette tâche.»
Selon l’EPFZ, «les résultats des deux études ne se contredisent pas. Seules les questions et les priorités sont différentes. […] La direction de l’EPFZ ne voit toutefois aucun problème dans les études payées par des lobbyistes.»
Julia Nentwich, Professeure de psychologie sociale à l’université de Saint-Gall, a mené une recherche dans toutes les hautes écoles de Suisse qui montre «comment les professeurs et maîtres de conférences masculins s’engagent pour l’égalité». Alors que les professeurs se disent «extrêmement motivés à s’engager en faveur de la parité», les professeures sont sceptiques. Par exemple, «[s]elon l’autoévaluation des hommes, 76% d’entre eux prennent garde à ce que le temps de parole lors d’interventions dans le milieu universitaire soient le même pour les deux genres. Mais cela n’est perceptible que pour 18% de leurs collègues féminines».
Julia Nentwich explique cette différente perception par le fait que «les hommes se souviennent facilement des moments où ils ont été actifs pour l’égalité. Les femmes ont […] une autre réalité. Elles ont en comparaison beaucoup plus d’expériences de frustration, parce qu’elles doivent constamment s’affirmer à l’université afin d’être prises en compte dans leur domaine de recherche. Le fait qu’il y ait de temps en temps des lueurs d’espoir – des collègues hommes qui s’engagent pour l’égalité – ne compense guère une situation rendue plus difficile pour les femmes».
La motion du Conseil National qui demandait «que les titulaires d’une maturité professionnelle puissent accéder sans examen d’admission aux Hautes écoles pédagogiques» a été refusée par le Conseil des Etats. Cette motion visait à pallier la pénurie d’enseignant·es, mais le Conseiller fédéral Guy Parmelin affirme que «[l]es diplômés d’une maturité professionnelle ne disposent pas tous de toutes les compétences en culture générale nécessaires aux études dans une HEP» et que «[l]’examen complémentaire apporte la garantie que les étudiants disposent d’une solide culture générale indispensable à la réussite de leurs études».
«Du côté de l’UNIL, au semestre dernier, les aides financières octroyées ont ainsi augmenté de 32% par rapport à 2022, passant de 264 à 348 et les bourses ont bondi de 60%, passant de 35 à 56. […] Pour l’année académique 2022- 2023, l’EPFL quant à elle a accordé des bourses sociales pour un montant total de 2,1 millions de francs, couvrant 237 bénéficiaires. Des chiffres relativement stables par rapport à l’année précédente, mais en nette hausse par rapport à l’année 2020-2021, ou l’enveloppe était encore de 1,4 million pour 223 personnes.» Fait surprenant, il se trouve que les demandes faites à l’Etat de Vaud «n’ont pas pris l’ascenseur.»
Le nombre d’étudiant∙es, qui n’a pas beaucoup augmenté depuis 2020, ne serait pas la cause de l’augmentation des demandes. Selon Cédric Rychen, directeur du Service des affaires sociales et de la mobilité étudiante de l’UNIL, c’est l’inflation le problème.
Jacques-André Haury, médecin et député Vert’liberal au Grand Conseil vaudois, fait part de ses observations sur le monde de la santé, dans lequel on en veut toujours plus. «[P]lus d’examens et plus de prises en charge, qu’il s’agisse de médicaments, de chirurgie ou thérapies diverses, […] [sans] se soucier de l’efficience de la technique proposée, c’est-à-dire du rapport entre le bénéfice pour le patient et le coût occasionné.»
«Globalement, la Faculté [de médecine] contribue tous les jours à une augmentation des coûts de la santé, et il est temps qu’elle soit interpellée sur l’efficience des progrès qu’elle publie et contribue à implanter dans les soins donnés à la population» remarque le médecin.
Les professionnel∙les ne s’interrogent pas sur ces questions, un phénomène que Jacques-André Haury a également observé dans les médias. Quand un «expert» intervient et demande «plus de dépistage, plus d’examens et plus de «prises en charge » […] les journalistes ne se permettent jamais la moindre mise en question des propos de l’expert sollicité. […] Parole de la Faculté est parole d’Evangile» conclut-il, soulignant l’absence d’esprit critique et le rôle joué par les médias.
Créée ce lundi à Berne, l’association SCAI (Swiss Center for Augmented Intelligence) est un «centre de compétence national pour le développement et l’implémentation de l’intelligence augmentée, à savoir une approche de l’intelligence artificielle centrée sur l’humain. Les compétences humaines ne sont ainsi pas remplacées par la technologie mais celle-ci sert à assister l’humain dans ses tâches.» En projet depuis 2021, l’association regroupe plusieurs universités, hautes écoles et instituts de recherche.
«Des services et des projets seront développés au profit de l’économie et du secteur public de la région. SCAI fonctionne donc comme un moteur d’innovation pour l’espace économique […]» des cantons de Berne, Fribourg, Neuchâtel, Soleure et Valais.
Un bachelor inédit en Suisse romande a accueilli hier sa première volée, une centaine d’étudiant∙es, à la Haute école pédagogique (HEP) de Lausanne. D’une durée de 5 ans, il a été créé afin de d’anticiper une pénurie d’enseignant∙es au secondaire 1, chez les 12-15 ans. Il permet d’enseigner quatre branches différentes (aujourd’hui rares sont les professeur∙es qui peuvent enseigner plus de deux matières) et il n’y aura «plus besoin de fréquenter l’université», tout se déroulera à la HEP, du bachelor au master. «Un modèle qui a déjà fait ses preuves en Suisse alémanique» précise la journaliste. (La Matinale)
«La Société pédagogique vaudoise se montre quant à elle plus mitigée sur l’intérêt de ce nouveau cursus. «Plutôt que de créer une nouvelle formation, nous aurions préféré former les enseignants déjà sur le terrain à de nouvelles disciplines» argumente son président Grégory Durand. «Il sera maintenant intéressant d’analyser le nombre d’étudiants dans les autres filières: par exemple le nombre d’étudiants pour le primaire pour les élèves de la cinquième à la huitième année a-t-il diminué?» [Il] estime que cette donnée est importante afin de s’assurer que la nouvelle formation permettra bien de lutter contre la pénurie d’enseignants en ne déplaçant pas les étudiants entre les différentes filières.» (RTS Info)
«L’Université de Neuchâtel s’engage contre la précarité menstruelle.» Depuis le jour de la rentrée, «l’institution met à disposition gratuitement des protections hygiéniques.»
«C’est une très bonne idée. Pour les gens qui sont en difficultés financières, ça peut aider d’avoir une ou deux protections gratuites» salue une étudiante.
Un don de livres de Michel Froidevaux à l’Université de Genève, des «documents qui touchent aux sexualités», représentent en majorité l’hétérosexualité. Cela «apporte un témoignage historique et sociologique d’envergure sur les questions de représentativité.»
«C’est par une analyse de certains axes thématiques que nous pouvons nuancer cette vision d’un collectionneur qui n’aurait pas considéré les autres types de sexualités ou d’identités de genre au même titre que les pratiques hétérosexuelles. Nous comprenons ainsi, tout en reconnaissant l’aspect non exhaustif de la collection, que l’absence de certaines thématiques témoigne non seulement de choix subjectifs de Michel Froidevaux, mais aussi de réalités d’accès aux documents, de censure ou simplement d’un manque de représentativité dans une époque donnée.»
L’Université de Genève mène «actuellement un projet commun au sein du G3 de la Francophonie (Université libre de Bruxelles, de Genève et de Montréal) ayant pour objectif de «Penser la place du sexuel en bibliothèque universitaire».» Les ouvrages seront gérés par l’université et par la Bibliothèque et le Centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités (CMCSS).
Dans les universités, les matières les plus prisées sont l’informatique, le génie mécanique, les communications et mass-media et la médecine dentaire. «Les sciences politiques et la psychologie ont par exemple affiché de belles progressions. À l’inverse, les langues et l’histoire ont reculé», ainsi que la théologie protestante et l’ethnologie. L’engouement pour les MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et techniques) pourrait être expliqué par la pénurie de main d’œuvre de ces domaines. Selon la présidente de swissuniversities Luciana Vaccaro «[l]es jeunes ne restent pas en marge de ces considérations lorsqu’ils se demandent vers quel métier ils veulent se diriger.»
En ce qui concerne les langues slaves, «[l]es facultés romandes n’ont pas enregistré d’effondrement des effectifs», malgré la guerre en Ukraine. «On pourrait même imaginer que les facultés de russe attirent davantage de monde» explique Sébastien Moret, maître d’enseignement à l’UNIL. «Durant la Guerre froide, elles étaient très courues, un phénomène assez généralisé en Occident, notamment aux Etats-Unis. Après la chute de l’Union soviétique, quand la Russie n’a plus été considérée comme un danger majeur, l’intérêt a diminué.» Seul bémol toutefois, les échanges et autres projets en commun avec la Russie ne sont plus possibles depuis la guerre, que ce soit pour le corps estudiantin ou professoral.
Cette année, ce sont 4’000 nouveaux étudiant∙es qui entrent à l’Université de Lausanne. À Neuchâtel, ils sont 2’076, en hausse de 12% par rapport à l’année passée, ce qui «s’explique en partie par l’apparition d’offres inédites, à l’image du nouveau master en conservation de la biodiversité.» Du côté de Genève, 4’200 personnes viennent grossir les rangs du campus, «un retour à la normale après le pic enregistré lors de la pandémie (19’078 en 2020 et 18’865 en 2021).» (20 Minutes)
Les universités de Lausanne et Genève ont de plus en plus d’étudiant∙es en manque de logements, qui doivent «penduler» pour assister aux cours. Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève, parle de «précarité financière», les aides pour les étudiant∙es ont en effet augmenté de trois millions par années à six millions à cause de la crise du COVID.
«D’année en année, les universités adaptent leur offre de cours aux évolutions sociétales, mais aussi aux besoins du marché de l’emploi. Pour la rentrée 2023, l’informatique et l’environnement sont en tête des nouveautés. Du côté de Fribourg, la relève universitaire pourra désormais aborder la transformation numérique sous l’angle des sciences sociales avec un tout nouveau cursus en anglais: le master en digital society.» De plus, «[u]n projet pilote qui prépare à un examen d’entrée à l’université sera mis en place pour les personnes réfugiées dont le papier n’est pas reconnu en Suisse», l’institution fribourgeoise se voulant plus accessible.
10’000 étudiant∙es font leur rentrée lundi prochain à l’Université de Fribourg. L’institution dévoile dans un communiqué de presse les résultats d’une enquête sur le bien-être, menée en mars de cette année. Le résultat est le même que la précédente étude, effectuée en 2021 : il semblerait que 84% de la communauté estudiantine se déclare satisfaite de leurs études.
«Par rapport à la dernière étude, c’est surtout le sentiment d’intégration qui grimpe en flèche: 71,3% des étudiants disent se sentir intégrés contre 43,5% en 2021. «Les rencontres sur le campus plutôt que seulement via un écran d’ordinateur ont en outre un effet positif sur la motivation, qui est passée à 77% (63,9% en 2021)», ajoute l’Université de Fribourg.»
Autre raison pour l’Unifr de se réjouir, les «12,6 millions de francs qui seront versés à différents projets de recherche sur les cinq prochaines années par le Fonds national suisse (FNS)», ce qui équivaut à sept bourses, un «beau succès institutionnel».
L’Université de Genève (UNIGE) a annoncé hier que les «étudiants éliminés à la fin de la première année ne seront plus écartés définitivement.» Elles et ils peuvent se réinscrire après un délai de sept ans à la faculté de médecine de Genève ou dans n’importe quelle autre université Suisse, ce qui leur était impossible jusqu’alors.
La décision a été prise bien que l’UNIGE n’ait pas reçu «de demande formelle en ce sens, ajoute le communicant, mais le sujet intervenait régulièrement dans les conversations. Il s’agissait aussi d’une mise à niveau avec l’Université de Lausanne qui permettait une réinscription après un délai de huit ans.» (Tribune de Genève)
«L’UNIGE a progressivement augmenté la capacité d’accueil en 2e année, passant de moins de 100 places avant 2016 à 158 aujourd’hui» précise le journal de l’université. Un pas de plus pour lutter contre la pénurie de médecin. (Le Journal de L’UNIGE)
Aujourd’hui en Suisse «[l]es séjours ne reposent plus sur le vaste réseau européen, mais sur des partenariats conclus de manière bilatérale entre universités, un système financé par Berne qui permet notamment aux étudiants de bénéficier d’une bourse de 200 francs par mois pendant leur mobilité. […] [G]râce à ce système parallèle, la Suisse n’a pas enregistré d’effondrement de la mobilité estudiantine depuis 2014. Au contraire, le nombre de séjours à l’étranger n’a cessé d’augmenter.»
Néanmoins, la Suisse reste sur le banc de touche en ce qui concerne les programmes développés par Erasmus+ depuis 2014. De plus, «[l]a priorité pour le parlement et le Conseil fédéral, c’est clairement la recherche. La mobilité des étudiants passe au second plan» déplore le coprésident de l’union des étudiants de Suisse, Gazmendi Noli.
Dans le Temps, un article est dédié au traitement d’une plainte collective contre un professeur, entre janvier et juillet 2021. Le journaliste met en avant le fait que la plainte a été classée sans suite et souligne l’apparent manque de réactivité de l’institution face à la détresse de ses employé∙es, qui pourtant avait annoncé à l’époque «un virage vers plus d’inclusivité et une meilleure prévention».
Sur les quinze témoins, seul∙es cinq ont été entendu∙es. Plusieurs personnes avaient déjà alerté les ressources humaines et les doyen∙nes de la faculté en 2009, 2012 et 2019, mais «sans qu’une procédure ne soit enclenchée.»
«Blanchi, le professeur est donc toujours en poste, et n’a reçu aucun blâme ou avertissement à la suite de la plainte collective. Les plaignants s’en étonnent: «La décision finale […] nous amène à nous demander comment il est possible que cette affaire comprenant une plainte collective de 15 personnes couvrant plus d’une décennie sous la supervision de ce professeur, ainsi que les trois plaintes précédentes, n’aboutissent à aucune action ou reconnaissance d’un quelconque acte répréhensible», écrivent-ils dans leur mémoire de recours.»
L’Université de Lausanne (UNIL), Le Musée cantonal d’archéologie et d’histoire, la Bibliothèque cantonale et universitaire, les Archives cantonales et les gymnases vaudois se sont associés pour créer le Laboratoire Histoire et Cité. Il s’agit d’un «programme de médiation et de didactique».
«Le fait de fédérer les acteurs autour d’un thème commun permet d’aller chercher un public large en plus de ceux habituels, mais c’est aussi une façon de proposer un programme attractif: pas uniquement des présentations «frontales», mais des ateliers, des discussions, des cafés, des performances musicales… tout est possible» explique Claire-Lise Debluë, cheffe du projet. (24 heures)
Les buts sont pluriels. Tout d’abord, répondre à un engouement des citoyen∙nes pour l’histoire, qui est plus prononcé depuis la pandémie du Covid-19, pendant laquelle les podcasts du genre ont connu beaucoup de succès. Les institutions souhaitent également valoriser le partage de connaissances et favoriser une «approche horizontale», notamment en faisant se rencontrer des professeur∙es de l’UNIL et des citoyen∙nes afin de partager des expériences. Le projet est conçu pour encourager les collaborations et également «replacer l’histoire dans le présent», sur des questions comme l’héritage colonial, le racisme, ou encore le doctorat honoris causa décerné dans les années 30 à Benito Mussolini. (RTS Forum)
Aux Etats-Unis les conditions salariales des post-doctorant·es continuent d’inquiéter de nombreuses personnes et à engendrer des nouvelles grèves. Tara Schwetz, Directrice adjointe principale par intérim du National Institutes of Health (NIH), l’agence nationale qui s’occupe du financement des post-doctorant·es, «[suggère] que les universités qui ont augmenté les salaires fassent davantage pour aider les chercheurs principaux à combler les écarts». Un chercheur de l’Université de Californie affirme que «[l]’idée [qu’ils] ne [demandent] pas plus d’argent à l’État [l’] horripile».
Le NIH a «mis sur pied un groupe de travail chargé d’examiner les problèmes auxquels sont confrontés les postdocs». Ce groupe de travail a publié en juin «un ensemble provisoire de principes directeurs, préconisant des postdocs moins nombreux mais mieux rémunérés et un plafond de trois ans pour la durée des contrats». Des recommandations seront présentées au mois de décembre.
Hauke Heekeren, Président de l’Université de Hambourg, se dit incertain quant à un retour rapide d’un partenariat avec le Royaume-Uni, à nouveau associé à Horizon Europe depuis la semaine dernière. Selon lui, «[n]ous reviendrons à la normale, de manière réaliste, probablement dans quatre ou cinq ans».
Simone Buitendijk, vice-chancelière de l’Université de Leeds (GB), est plus optimiste. Elle estime qu’il faudra deux ans pour revenir à une situation «normale». Elle explique que pendant la période de l’exclusion du Royaume-Uni d’Horizon Europe, l’Université de Leeds et l’Université de Hambourg «ont tenté de préserver les liens de recherche» et «ont mis en place un «financement de démarrage»», signe que la collaboration était désirée.
La récente double rencontre du gouvernement suisse avec un membre de l’exécutif européen et la cheffe de la mission suisse à Bruxelles est un «petit miracle». Le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, a «accepté de repousser à fin 2023 l’adoption d’un mandat de négociation» en raison des élections fédérales, mais qu’il sera important d’adopter rapidement juste après afin «d’aboutir à une «solution systématique», stable et durable, à même d’assurer à la Suisse l’accès au marché intérieur et sa réintégration dans les programmes européens de recherche Horizon».
L’historien Bastien Nançoz effectue un «voyage au cœur de la diplomatie bruxelloise» et en tire quelques enseignements: «primo, la diplomatie est un savant jeu de pouvoirs dans lequel toutes les parties sont perdantes si elles ne font pas un pas vers l’autre. Manifestement, la Commission européenne et le Conseil fédéral divergent sur le cadre de négociation dans lequel ce jeu se déroule. Secundo, l’UE est ouverte et transparente envers la Suisse: elle veut régler le problème bilatéral dans un cadre institutionnel après plus de dix ans de vaines négociations. Tertio, le DFAE n’est pas prêt à faire de concessions dans le dossier européen, alors que tous les cantons se sont mis d’accord sur une marche à suivre pour sortir de l’impasse, situation assez rare pour être soulignée».
«Conclusion: les chercheurs suisses ne sont pas près de réintégrer pleinement Horizon et les accords bilatéraux poursuivront leur lente érosion, prouvant qu’eux non plus ne sont pas gravés dans le marbre».
Le collectif communiste L’Etincelle, la section suisse de la Tendance marxiste internationale (TMI), organise des réunions qui vont avoir lieu fin septembre dans trois universités romandes: l’Université de Genève, l’Université de Fribourg et l’Université de Lausanne. Lors de ces réunions il y aura des présentations et discussions, «histoire de faire connaissance avec la doctrine marxiste». Alors qu’en octobre, des formations théoriques sont prévues, Watson.ch a contacté les trois université pour savoir si elles sont «au courant de ces formations accélérées à la révolution communiste». Le service de presse de l’UNIGE et le département de la communication de l’UNIFR répondent affirmativement, alors que l’UNIL ««(…) n’a pas reçu de demandes officielles» pour les réunions des 28 septembre et 24 octobre, assure Géraldine Falbriard, chargée des relations avec les médias».
Le Canton de Berne est à présent propriétaire de tous les terrains nécessaires à la construction du campus Biel/Bienne de la Haute école spécialisée bernoise. Le chantier devrait débuter en janvier 2024 et se terminer en 2027, selon le gestionnaire du projet.
Le test d’entrée aux facultés de médecine et d’odontologie en Italie s’est déroulé, pour la première fois, sur plusieurs jours et en deux sessions. Conséquence: «certains étudiants ont pu découvrir les questions partagées sur Telegram, en payant 20 euros […]. Le cabinet d’avocats Leone-Fell & C. a déposé une plainte soulignant des anomalies dans le processus de sélection. Le ministère des universités lui-même a déclaré vouloir comprendre ce qui s’est passé. […] [L]e tribunal administratif régional du Lazio pourrait annuler l’ensemble du cycle de sélection et reporter l’année académique».
Dans un article publié dans la revue Physica Scripta, la phrase «Régénérer la réponse» a été détectée par Guillaume Cabanac, informaticien à l’université de Toulouse et limier scientifique. Ainsi, un fort doute que les auteurs de l’article aient utilisé ChatGPT a ensuite été confirmé par les auteurs eux-mêmes. Néanmoins ils ne l’avaient pas déclaré au moment de la soumission, raison pour laquelle l’éditeur a décidé de retirer cet article. Kim Eggleton, responsable de l’évaluation par les pairs et de l’intégrité de la recherche chez IOP Publishing, l’éditeur de Physica Scripta à Bristol, au Royaume-Uni, déclare qu’«[il] s’agit d’une violation de [leurs] politiques éthiques».
Toutefois, il ne s’agit pas d’un cas isolé. En effet, nombreux sont les articles qui échappent aux évaluations des pairs: Monsieur Cabanac déclare avoir «repéré plus d’une douzaine d’articles de revues contenant les phrases révélatrices de ChatGPT «Régénérer la réponse» ou «En tant que modèle linguistique de l’IA, je…»» depuis avril 2023. Un autre problème qui se pose lorsqu’on fait une «utilisation malhonnête de ChatGPT» ce sont les références générées par ce logiciel: elles peuvent être fausses ou même ne pas exister lorsqu’on les recherche.
La Foundation for Individual Rights and Expression (Fire) compare chaque année le degré de liberté d’expression dans les universités américaines et a conclu que l’Université de Harvard se situe en dernière position. L’auteur de l’article, Rolf Hürzeler, commente ce résultat: «[c]eux qui regrettent la perte d’un ancien haut lieu de la liberté académique se trompent : Harvard est plutôt retourné à ses racines d’intolérance».
«Depuis 315 ans, le gouvernement bernois publie son Staatskalender, un vénérable cahier contenant les noms et les fonctions de tous les fonctionnaires. Cette source importante a été numérisée et rendue accessible en ligne sur le portail E-Periodica. Mais récemment, suite à l’intervention de l’autorité cantonale de surveillance de la protection des données, il a été décidé, avec beaucoup de flair juridique, que les numérisations du calendrier de l’Etat bernois sur E-Periodica seraient soumises à un délai de blocage de 110 ans, pas moins. Dans la législation sur les archives, la protection de 110 ans n’est utilisée qu’en tant qu’ultima ratio absolu, par exemple pour la protection des victimes de la pédophilie […]. Alors que les calendriers d’État imprimés et analogiques sont toujours accessibles dans les archives et les bibliothèques, leur version numérique est censurée». C’est ainsi que Sacha Zala, Directeur du centre de recherche Dodis et Professeur d’histoire à l’Université de Berne, reporte la récente démarche du gouvernement bernois. Monsieur Zala «regrette amèrement l’absence d’une position plus claire des institutions de recherche contre la censure des informations historiquement pertinentes» et leur lance un appel pour «se [défendre] contre une telle censure».
L’entreprise chinoise Tencent a montré son nouveau robot conversationnel: Hunyuan Aide. «Le vice-président de Tencent, Jiang Jie, a affirmé que Hunyuan avait des capacités comparables à celles de ChatGPT-4 […] Il est même plus performant que lui pour répondre à des questions de l’examen chinois d’entrée à l’université, a assuré M. Jiang […]. Aucune date de lancement pour le grand public n’a toutefois été annoncée […]».
«L’Organisation des Nations Unies pour la culture (Unesco) demande aux gouvernements de réglementer rapidement l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le cadre scolaire […] [et dans la recherche]». L’Unesco a récemment publié le «Guide pour l’IA générative dans l’éducation et la recherche».
Dans un communiqué de presse, swissuniversities «salue le retour du Royaume-Uni dans le programme Horizon» et «insiste […] pour que des solutions soient trouvées rapidement [pour la Suisse] […]. La pleine association aux programmes de formation et de recherche de l’UE reste une priorité absolue pour les hautes écoles suisses. La participation aux programmes de l’UE ne peut pas être remplacée par des accords bilatéraux avec différents pays. Swissuniversities insiste sur les inconvénients considérables de la non-association aux programmes de l’UE, non seulement pour les hautes écoles, mais également pour la place économique suisse». (swissuniversities.ch)
Luciana Vaccaro, Présidente de swissuniversities, a été invitée dans l’émission Forum pour commenter la réassociation du Royaume-Uni à Horizon Europe, survenue hier. Madame Vaccaro explique que l’accord a été signé parce qu’une solution politique a été trouvée entre l’UE et le Royaume-Uni, notamment en résolvant la question de la frontière avec l’Irlande à travers l’accord de Windsor. La Présidente de swissuniversities dit donc que «quand il y aura une solution politique pour la Suisse il y aura une solution pour les chercheurs suisses». (Forum)
Jean Russotto, Président du Comité CH-UE, affirme que «[l]a Commission a montré, avec le Royaume-Uni, qu’elle pouvait rouvrir rapidement les portes de ses programmes de coopération. Il n’y a aucune raison qu’elle n’en fasse pas de même avec la Suisse. La balle est donc dans le camp du Conseil fédéral». Il ajoute que «[c]e délicat équilibre, issu de l’accord de Windsor, est un exemple qui illustre que lorsque la volonté existe de part et d’autre, des solutions concrètes sont possibles. La Suisse ne réintégrera Horizon que lorsque toutes les exigences institutionnelles de l’UE auront été satisfaites. Les accepter n’est pas plier, bien au contraire». (Le Temps)
Dans un article du St.Galler Tagblatt, la nouvelle commissaire à la recherche, Iliana Ivanova, avait défini un accord avec la Suisse comme une «priorité», néanmoins un porte-parole de la Commission a confirmé que la ré-association de la Suisse a Horizon Europe dépend «des progrès réalisés dans les entretiens exploratoires en cours pour régler les questions institutionnelles». Le journaliste de la NZZ, Niklaus Nuspliger, écrit que «[c]e qui est sûr, c’est que l’accord entre Londres et Bruxelles marque la fin des espoirs suisses de mettre sur pied avec les Britanniques un programme substantiel pour concurrencer l’UE», contrairement à ce qui avait été discuté dans un article du allnews.ch . (NZZ)
Selon Patrick Brown, co-directeur de l’équipe climatique au Breakthrough Institute (USA), les magazines scientifiques, à l’instar des médias grand public, tendent à accorder un peu trop de place aux «articles qui soulignent les effets négatifs du changement climatique.» Ils soutiennent le «récit mainstream – à savoir que les effets du changement climatique sont à la fois omniprésents et catastrophiques» alors que «[c]eux qui relativisent le récit, par exemple en discutant de l’efficacité des mesures pratiques d’adaptation au changement climatique, réduisent leurs chances d’être publiés.»
Brown explique que dans un de ses récents articles, il a écarté tous les facteurs qui ne sont pas liés au réchauffement climatique pour être publié dans le journal de Nature, afin de plaire au comité de lecture. «La plupart d’entre nous savent que c’est vrai, mais peu le disent» confirme Pete Irvine, climatologue de l’University College London. Les études ont un biais, «conçues de manière à soutenir le récit dominant sur le changement climatique.»
La Commission européenne et le gouvernement britannique ont signé l’accord concernant l’association du Royaume-Uni à Horizon Europe lui permettant de «participer pleinement à partir du 1er janvier 2024 au programme de travail 2024» et qui donne l’autorisation aux scientifiques britanniques de «recevoir des subventions du Conseil européen de la recherche et coordonner des consortiums universitaires et industriels dans le cadre du programme-cadre […]. Le Royaume-Uni rejoindra également le programme spatial Copernicus, mais ne participera pas à Euratom ni au projet de fusion ITER». (sciencebusiness.net)
Manja Schreiner, sénatrice CDU des transports à Berlin, est sous enquête depuis un mois. Le Professeur Roland Schimmel de Francfort avait mentionné sa thèse de doctorat dans un article de la Neue Juristische Wochenschrift. Selon lui, la sénatrice aurait repris des textes et ne les aurait pas correctement cités. Par la suite, elle a elle-même demandé une enquête à l’institution qui lui a remis son diplôme, l’Université de Rostock, et l’examen devrait durer jusqu’au printemps 2024.
De nouveaux éléments ont été révélés. «Le portail VroniPlag Wiki, pour lequel des experts bénévoles analysent les thèses, a indiqué mardi que 118 pages sur les 169 examinées contenaient des traces de plagiat. Cela correspond à une proportion de 69,8 pour cent. […] [De plus,] environ 19 pour cent du texte de la partie principale du travail sont des plagiats. On entend par là des reprises d’autres textes, qui ne sont pas soigneusement ou pas du tout référencées.»
Iliana Ivanova, commissaire désignée à la recherche de l’UE, veut renforcer la collaboration avec la Suisse. Elle a déclaré que «[d]es relations plus étroites avec des pays partageant les mêmes idées sont d’une importance capitale compte tenu de la situation géopolitique difficile […], [et] a explicitement qualifié le lancement des discussions avec la Suisse de «priorité».» Néanmoins la décision reviendra à la Cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et pour l’instant «la Commission européenne garde la porte fermée, car le Conseil fédéral a enterré l’accord-cadre institutionnel au printemps 2021». Il faudra donc attendre que les entretiens exploratoires entre la Suisse et l’UE commencent et qu’ils aboutissent à un résultat positif. Seulement après on pourra assister à des négociations «sur une pleine participation» de la Suisse au programme Horizon Europe.
La semaine passée, lors d’une conférence de presse, Mathias Vicherat, Directeur de Sciences Po Paris, a communiqué qu’une des «grandes nouveautés» de l’institution est de ««[traquer] les dissonances cognitives» entre les différents cours» pour aller à l’encontre des attentes des étudiant·es. Et cela concerne en particulier la thématique du climat: «[s]i un enseignant de la chaire Développement durable dit que notre monde doit faire face à des ressources de plus en plus limitées et qu’un autre de la «business school» promeut une croissance débridée, il y a problème, selon le directeur de la «fabrique des élites».»
Le journaliste Paul Ackermann se dit «perplexe» face à l’annonce de Monsieur Vicherat et se demande si cela ne met pas la liberté académique des professeur·es en danger et si une université «doit […] vraiment véhiculer une seule vision du monde». Monsieur Vicherat répond que «[d]ans les enseignements fondamentaux, [ils sont] effectivement à la recherche d’un minimum de cohérence […]. Ça ne veut pas dire [qu’ils vont] diffuser une sorte de Pravda idéologique, mais simplement [qu’ils vont] faire attention, spécialement sur les questions climatiques dont [ils veulent] faire une priorité. [Ils refondent] l’ensemble de [leurs] maquettes pédagogiques pour qu’elles intègrent ces enjeux».
La proposition de budget de 2025 à 2028 du Conseil fédéral pour la formation, la recherche et l’innovation provoque du mécontentement. Une enveloppe de 29,7 milliards, ce n’est pas assez, arguent les organisations du Réseau Future, qui regroupe swissuniverities, le Fonds national suisse (FNS), le Conseil des Ecoles polytechniques fédérales (EPF), Innosuisse et les Académies des sciences. «Si le Conseil fédéral veut atteindre l’objectif fixé d’un pôle de savoir de premier plan pour le bien de toute la Suisse […], des corrections sont nécessaires afin de relever le cadre financier» avancent-elles.
Swissuniversities prévient que si le budget n’est pas revu à la hausse, il risque d’y avoir «une réduction douloureuse des prestations fournies par les hautes écoles suisses». Même discours venant du Conseil des EPF, qui «ne pourront «remplir que de manière limitée leur rôle de moteur de l’innovation et de formateur de spécialistes dont la Suisse a un besoin urgent».»
La directrice du FNS, Angelika Kalt, avertit qu’aujourd’hui déjà «le nombre de requêtes auxquelles [ils donnent] suite diminue.» Les fonds qui sont débloqués ne parviennent pas à suivre le nombre de requêtes, qui «croissent chaque année de 5%». Elle s’inquiète que les scientifiques de talent, en manque de soutien, préfèrent partir à l’étranger.
«Le Grand Conseil vaudois a accepté mardi à l’unanimité en deuxième débat de transmettre une initiative cantonale à l’Assemblée fédérale […] [qui] l’invite à entreprendre dans les meilleurs délais toutes les démarches en faveur de la réintégration de la Suisse au programme de recherche de l’Union européenne, Horizon Europe». Le Grand Conseil estime insuffisantes les compensations financières transitoires octroyées par le Conseil fédéral pour soutenir la recherche et craint que «la Suisse, en tant que pôle de recherche et d’innovation, perde en attrait et sa position de leader sur le long terme […]. D’autres cantons ont d’ailleurs fait la même démarche (Genève, Bâle-Campagne et Bâle-Ville, une autre initiative étant en préparation dans le canton de Fribourg), ce qui peut renforcer le poids de l’initiative auprès de parlementaires fédéraux».
Cette initiative s’inscrit aussi dans la volonté de «donner un signal fort aux universités et hautes écoles qui, dès l’exclusion de la Suisse du programme Horizon Europe au printemps 2021, se sont immédiatement mobilisées pour dénoncer cette décision» (Le Temps ). Le Conseiller d’Etat et Chef du Département de l’enseignement, Frédéric Borloz, affirme qu’««[ils voient] les répercussions négatives croissantes» de ne plus faire partie d’Horizon Europe» (Le Courrier).
Le système éducatif états-unien est loin d’être méritocratique. C’est ce que montre une étude de l’Université de Harvard et une des causes seraient les admissions «Legacy», lorsque les universités américaines privées donnent la préférence aux enfants d’ancien·nes diplômé·es. En effet, «[s]i une personne issue d’un milieu aisé pose sa candidature à l’alma mater de son père ou de sa mère, ses chances d’être admise sont jusqu’à sept fois plus élevées que celles d’aspirants aussi doués issus de milieux plus modestes. Les étudiants «Legacy» issus de milieux plus pauvres ont deux fois plus de chances d’être admis». La pratique des admissions «Legacy» a longuement été justifiée par les universités comme moyen de «renforcer le sentiment de communauté et à motiver les anciens diplômés à soutenir leur alma mater par des dons». Néanmoins, ces dernières années les admissions «Legacy» subissent de plus en plus de pressions, ce qui a amené une centaine d’universités à abandonner cette pratique.
La préoccupation liée à l’abandon des admissions «Legacy» est principalement de caractère financier: si «[l]es universités qui ont renoncé à des autorisations «Legacy» n’ont pas encore connu de difficultés financières […], les conséquences pourraient se faire sentir à long terme». Mais continuer cette pratique semble encore moins justifiée puisque la Cour suprême a décidé en juin que l’admission préférentielle des candidats non-blancs dans les universités est anticonstitutionnelle et contraire au principe d’égalité.
Du coté du milieu politique, «les démocrates ont à nouveau déposé au Congrès un projet de loi visant à [interdire les admissions «Legacy»]. Des républicains […] soutiennent également cette proposition. La méthode renforce les privilèges au lieu de créer des opportunités, a critiqué le président Joe Biden».
Dans une interview donné à la RTS, le prix Nobel de physique 2019 Didier Queloz revient sur son parcours et sur les défis rencontrés par la science aujourd’hui.
Le scientifique a remarqué «une certaine méfiance d’une partie de la population envers la science» pendant la pandémie de Covid-19 et il pense que cela démontre «la difficulté de communiquer le savoir de manière générale. […] Donc [il] pense qu’en tant que scientifique, on doit vraiment se demander comment on peut améliorer cette communication.»
Animé par une curiosité insatiable, «Didier Queloz sait qu’il ne verra jamais la fin de son projet, mais «ça fait partie du jeu».» Il serait «frustré» s’il obtenait immédiatement les réponses à toutes ses questions.
Produit du système éducatif suisse, il salue sa «capacité d’innovation extraordinaire.» Il pense que l’argent mis dans l’éducation est bien investi et que «la Suisse prend beaucoup de soin à mettre l’argent qu’il faut dans un système éducatif qui se veut large et ouvert à tous.» Néanmoins, il s’inquiète quant à la sortie du pays du programme Horizon. «On a une industrie extraordinaire, on a un système éducatif extraordinaire, mais on est tout petit.» Il pense que les effets négatifs risquent de se faire sentir sur le long terme.
Lors d’une conférence à l’Université de Jena (Allemagne), l’invité Constantin Schreibers a été entarté par un homme issu d’un groupe d’extrême gauche et a été traité de raciste et d’islamophobe. Après une brève interruption, l’événement a pu poursuivre son cours.
L’université condamne le geste, soutenant «[un] échange social ouvert, même sur des sujets controversés, et se prononce contre les agressions physiques». Pour l’institution, cette intervention violente «ne fait qu’attirer l’attention, mais ne permet pas d’échanger des arguments ni de développer des solutions communes».
En mars 2020, «le président des États-Unis de l’époque, Donald Trump, a décrété un moratoire sur le remboursement des prêts étudiants». L’actuel président des États-Unis, Joe Biden, a prolongé le moratoire et «est même allé plus loin», en annonçant en aout 2022 «un effacement partiel des emprunts étudiants». Néanmoins, en mars 2023 on apprenait que «la mesure d’annulation d’une partie de la dette des étudiants [semblait] en péril après l’audience […] à la Cour suprême. Les juges [devaient] déterminer si la mesure doit passer par le Congrès».
En juin 2023 la «Cour suprême a invalidé cette mesure phare de Joe Biden, estimant que le gouvernement avait outrepassé ses pouvoirs en adoptant ce programme coûteux sans autorisation du Congrès». À partir d’octobre, donc, plus de 46 millions de personnes «devront recommencer à rembourser leur prêt étudiant».
L’enquête de satisfaction auprès des services de l’Université de Neuchâtel (UniNE) montre que cette dernière reste bonne, mais a légèrement baissé. Fabian Greub, Secrétaire général à l’UniNE, explique cette baisse par plusieurs facteurs: l’attaque informatique survenue en février 2022, l’incertitude face au futur financement de l’établissement, l’offre des cafétérias et la complexité d’utilisation du site web. Le taux de participation à cette enquête est de 10% de la part du corps estudiantin et 29% du corps professoral.
Julia Klein, étudiante en soins infirmiers, voit l’obtention de sa bourse retardée car «[l]es autorités fiscales thurgoviennes ont introduit un nouveau logiciel en 2022» et que les déclarations d’impôts ne peuvent être traitées dans les temps. Puisque la jeune femme étudie à plein temps, elle ne peut pas travailler à côté et ne peut pas se reposer non plus sur ses parents pour financer ses études.
Le service des bourses ne sait pas combien d’étudiant∙es sont touché∙es, mais assure que les bourses ne sont pas rejetées. Elles seront versées rétroactivement une fois «les documents manquants fournis.» Julia Klein n’avait pourtant pas été informée de cette option auparavant.
L’Université de Lucerne (UNILU) a mis au concours la chaire d’études juives, en précisant que «seuls les catholiques sont admis». Cette offre d’emploi a suscité de vives réactions et 300 scientifiques du monde entier ont signé une lettre ouverte, s’adressant à Bruno Staffelbach, Recteur de l’UNILU, et à Margit Wasmaier-Sailer, Doyenne de la faculté de théologie. La lettre dénonce «un exemple flagrant de discrimination fondée sur la religion». Martine Brunschwig-Graf, Présidente de la Commission fédérale contre le racisme, demande «à l’Université de Lucerne de retirer cette offre d’emploi dans sa forme actuelle et de créer un poste ouvert à tous, indépendamment de l’appartenance ou de l’absence d’appartenance religieuse, en accord avec le propre engagement de l’Université en faveur de la diversité et de l’égalité des chances». (Tachles)
Alfred Bodenheimer, Directeur du Centre d’études juives de l’université de Bâle, pense que «l’idée de dialogue est mal mise en œuvre» à l’UNILU et propose deux pistes pour y remédier. Première solution : mettre tout le monde au même niveau, en transformant les postes des collaborateur·trices en postes de professeur·es équivalent·es. L’autre alternative serait que «la chaire de judaïsme puisse enseigner cette matière en dehors de la faculté, mais avec tout de même des crédits obligatoires pour les étudiants en théologie. Dans ce cas, il n’y aurait pas besoin d’un catholique à ce poste […]. Si l’une ou l’autre de ces mesures était prise, ce serait un véritable engagement du canton et de l’Eglise en faveur du pluralisme».
Néanmoins, le porte-parole de l’UNILU, Lukas Portmann, explique que «l’université ne voit toujours pas de raison de modifier le processus de candidature. Le délai de candidature a expiré jeudi dernier, la commission d’appel va maintenant examiner les candidatures reçues». Jonathan Kreutner, Secrétaire général de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI), explique qu’ «un premier entretien a eu lieu entre la FSCI et l’évêché de Bâle […], [pour voir] si d’autres solutions ne pourraient pas être trouvées à l’heure actuelle». Prochainement la FSCI va se confronter aussi avec l’UNILU. (NZZ)
Les collaborateur∙trices de la Haute Ecole Pédagogique tirent la sonnette d’alarme et dénoncent un mauvais climat de travail. Cette année, entre les arrêts maladies et les démissions, il y a eu huit départs sur vingt postes en tout. La direction estime que ces changements sont «dans la norme». Toutefois, elle reconnaît une «part de responsabilité sur la qualité de la communication interne» et blâme les effets post-Covid sur l’état général des employé∙es.
Les membres du personnel ont toutes et tous préféré garder l’anonymat, de peur de représailles. Elles et ils témoignent contre leur direction, qui fait preuve «[d’]une grande opacité ainsi qu’un manque de reconnaissance, de confiance et de vision, manifestés par de «graves lacunes dans la gouvernance». […] Les membres du comité directeur ont un besoin de contrôle excessif qui brouille le sens des fonctions et des responsabilités.»
Du côté des formateur∙trices, on pense aussi que le Covid est en cause, mais pas seulement. L’institution aurait grandi «très ou trop vite. […] Ces dernières années, [elles et ils ont] assisté à une bureaucratisation avec de plus en plus de strates hiérarchiques entre la direction et les collaborateurs, ce qui a distendu les relations.» Les formateur∙trices déplorent également le fait de ne pas être entendus∙es par leur hiérarchie, même après avoir tenté de les avertir de la situation qui se péjore de plus en plus.
Dans une interview donnée à La Liberté, l’ethnologue et Professeur émérite de l’Université de Fribourg tire à vue sur le phénomène de déconolialisme. Ces thèses prétendant corriger le passé ont, selon lui, de plus en plus d’influence.
« Le nouveau discours décolonial et antiraciste est beaucoup plus essentialiste et idéologique, presque religieux, ou du moins moralisateur. […] Prétendre que les réalisations du monde occidental sont universellement mauvaises peut en outre déboucher sur des mouvements iconoclastes voulant abolir notre culture et notre histoire.»
Selon le Professeur Ruegg, les universités subissent une pression à la fois «idéologique, morale, voire politique». Il cite l’Université de Lucerne et son programme qui vise à déterminer le rôle de la Suisse dans la colonisation, ainsi que le Fonds national suisse, qui finance des projets pour retracer la provenance des objets de collections muséales. «C’est symptomatique de la culpabilisation en marche, de ce procédé typiquement américain visant à instiller le soupçon, puis à engager des avocats afin d’obtenir des dédommagements.»
«Les milieux académiques ont toujours été à la pointe de ce que l’on pourrait appeler le gauchisme, ou la critique de l’establishment» poursuit-il. «Mais il me semble que le niveau culturel baisse dans les universités, particulièrement la connaissance de l’histoire, qui permettrait de remettre les choses dans leur contexte.»
La Fondation Botnar a versé un don de 50 millions de francs suisses à l’Université de Bâle et à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich afin d’agrandir le centre de recherche sur la santé des enfants. (Nau.ch)
Une occasion pour le Bazler Zeitung de se pencher sur les fondations, omniprésentes à Bâle, mais qui restent discrètes quant à leurs activités. Il en existe 916 dans la ville suisse alémanique, il y a plus de fondations par habitants que nulle part ailleurs en Suisse. Leurs fortunes s’élèvent à 22,2 milliards de francs. Le Professeur Georg von Schnurbein de l’Université de Bâle a publié une étude où il compare la situation de Bâle avec celle des autres cantons. Il a analysé les objectifs des fondations et les a réparties en catégories. «À Bâle, 275 fondations se concentrent sur l’éducation et la recherche, 266 dépensent leur argent pour la culture et les loisirs, et 261 sont actives dans le domaine des services sociaux.»
Georg von Schnurbein fait également quelques recommandations dans son étude, déplorant que les fondations ne soient pas «plus accessibles, plus transparentes et plus visibles», car elles sont importantes pour la société. Selon lui, il faudrait «reconnaître la philanthropie comme un facteur économique.» (Baz Online)
Après neuf ans passé à l’Université de Genève (UNIGE), Mathieu Crettenand quitte son poste. Il était responsable du programme Horizon académique, qui a permis à plus de 500 personnes réfugiées de pouvoir accéder à l’université, «[u]ne réussite unique en Suisse». Cela concerne non seulement les étudiant∙es, mais également les chercheur∙euses, puisque ces dernier∙es peuvent bénéficier d’une bourse.
Le programme Horizon est une première dans le pays. Créé en 2016, il a permis à une trentaine de réfugié∙es d’accéder aux auditoires de l’UNIGE, mais il a fallu surmonter quelques difficultés. «Il y avait une incompatibilité entre le statut d’étudiant et celui de bénéficiaire de l’aide sociale explique M. Crettenand. Des passerelles ont dû être créées car «les conditions de l’université de Genève ne permettent par ailleurs pas une immatriculation classique, car les prérequis académiques ne correspondent en rien aux cursus suivis par [les réfugié∙es].»
Selon M. Crettenand, Horizon académique lui «survivra», car il est à présent ancré dans l’institution. Les futurs projets impliquent un programme de sensibilisation des universités et des entreprises, ainsi qu’une crèche pour les enfants des participant∙es d’Horizon.