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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: collaboration entre hautes écoles

Les médecins continuent d’être formés dans les hôpitaux saint-gallois sans le HSG

Le «Joint Medical Master», le master de médecine de Saint-Gall, a vu le jour en 2020. Mais cette structure complexe, fruit d’une collaboration entre l’Université de Zurich (UZH), l’hôpital cantonal de Saint-Gall et l’université de Saint-Gall (HSG), n’a fait ses preuves que partiellement.  Dans le cadre du projet «Med500+», les études de médecine doivent faire l’objet d’une réforme en profondeur et le nombre de places doit passer de 430 à 700 pour 2030.  Et cette structure s’appellerait alors «Campus médical de l’UZH en Suisse orientale», alliant enseignement, formation clinique et recherche sur le site de Saint-Gall. L’Université de Saint-Gall n’en fait plus partie.

 

 

Crise de confiance entre les instituts de recherche du Groenland et les États-Unis : une opportunité pour l’Europe ?

Les deux principaux instituts de recherche du Groenland, l’Institut groenlandais des ressources naturelles et l’Université du Groenland, ont suspendu le lancement de nouveaux projets avec les scientifiques américains.« La raison en est l’évolution de la situation politique entre les États-Unis et le Kalaallit Nunaat [Groenland], ainsi que l’incertitude engendrée par l’intérêt américain pour le Kalaallit Nunaat », a déclaré la rectrice de l’Université du Groenland, Mari Kleist. 

Plusieurs risques majeurs ont également été pointés du doigt par la directrice de l’Institut de ressources naturelles, Josephine Nymand, comme la souveraineté des données numériques ou l’espionnage des réseaux sociaux des scientifiques voyageant outre-Atlantique.

Les scientifiques et directeur·ices de recherche en Europe, Tore Furevik et Camillia Kiss déclarent : « Pour l’Europe, cela signifie que la connaissance de l’Arctique n’est plus seulement une préoccupation scientifique. C’est également une question de préparation, de sécurité et de résilience économique et sociétale. » Ils insistent également sur la nécessité de disposer d’infrastructures, comme le High Arctic Ocean Observing System, pour surveiller l’océan sous la glace tout au long de l’année.

«Vérifiez avant de collaborer»: le risque méconnu du contrôle à l’exportation

A l’Université de Genève, «Le Service de soutien à la recherche organise des séances d’information sur le contrôle à l’exportation qui touche le transfert de biens, de technologies et de connaissances ainsi que les collaborations avec des partenaires sous sanctions internationales. […] Ces mesures visent, en Suisse du moins, à prévenir les activités criminelles (prolifération d’armes, terrorisme, violations des droits humains…).»

Un vice-recteur de l’université de Berne réclame un assouplissement des conditions d’obtention de visas pour les scientifiques africains

La Suisse souhaite renforcer la coopération scientifique avec l’Afrique. Une réunion d’ambassadeurs de haut niveau à Berne a permis de mettre en lumière les moyens nécessaires à cette fin.

Hugues Abriel, vice-recteur pour la recherche et l’innovation de l’Université de Berne avance une proposition très concrète : «Aidez-nous à obtenir des visas, des visas pour les chercheuses et chercheurs !»  Dans le cadre de l’«Initiative Afrique», l’Université de Berne entretient des relations de coopération avec plusieurs pays africains.

«La Chine, partenaire académique incontournable»

«Désormais principal fer de lance de l’innovation technologique, l’empire du Milieu s’est rendu incontournable, avec des laboratoires de recherche bien mieux dotés financièrement que les laboratoires français. Selon le ministère des affaires étrangères, la coopération universitaire entre la France et la Chine se matérialise par plus de 350 accords actifs (échanges, doubles diplômes…) et des flux soutenus de mobilité étudiante.» Le directeur de la stratégie et de la transformation de la Centrale Supélec, [Grande école d’ingénieurs française publique de l’université Paris-Saclay], Vincent Jolys, estime: «Il est important qu’on ne soit pas naïfs, il y a des enjeux de souveraineté, et chacun protège au mieux ses intérêts, mais le monde scientifique et de la formation reste ouvert.» (Le Monde)

La première «super-université» du Royaume-Uni

La première « super-université » du Royaume-Uni, issue de la fusion des universités de Greenwich et du Kent, devrait voir le jour en septembre. Le nouveau groupe universitaire de Londres et du Sud-Est, qui portera le nom de LASEUG (London and South East University Group), comptera plus de 50 000 étudiants répartis sur quatre campus à Londres, à Medway et dans le Kent, ce qui en fera le troisième plus grand établissement d’enseignement supérieur du Royaume-Uni.

Les universités continueront de fonctionner comme des entités académiques distinctes et conserveront leurs noms et identités propres. Les étudiant·es fréquenteront l’établissement de leur choix, y suivront leurs études et y obtiendront leur diplôme, mais le personnel des deux universités sera employé par le groupe universitaire.

Et au début de cette année, le King’s College de Londres et l’université de Cranfield ont annoncé leur intention de fusionner en août 2027.

Les universités britanniques sont confrontées à des pressions financières croissantes. L’Office for Students (OfS) – l’organisme de régulation de l’enseignement supérieur en Angleterre – a ainsi averti que 24 établissements risquaient de devenir insolvables et de fermer leurs portes au cours des 12 mois à compter de novembre dernier. Il a également indiqué que 45 % des établissements d’enseignement supérieur pourraient être confrontés à un déficit pour l’exercice 2025-2026.

Formation MINT coordonnée en Suisse

«Avec le projet Formation MINT coordonnée en Suisse, les Académies suisses des sciences élaborent, dans le cadre du mandat fédéral « MINT Suisse », les bases d’une stratégie de formation MINT bénéficiant d’un large soutien. L’objectif est de mieux coordonner les initiatives existantes et les approches cantonales de promotion, de renforcer le dialogue entre les écoles, les hautes écoles, les cantons, l’économie, les lieux d’apprentissage extrascolaires et d’autres partenaires, ainsi que de définir des objectifs d’impact communs et des normes de qualité.»

Interview avec Joël Mesot, président de l’EPFZ

Joël Mesot est revenu sur le classement de l’école dans le top 10 mondial au micro de la RTS.  La tradition, la culture d’excellence ainsi que la concurrence entre hautes écoles font, selon lui, rayonner le système suisse.

Il est revenu également sur les défis rencontrés en lien notamment avec la souveraineté numérique, les collaborations avec l’Europe ainsi que l’intérêt de la recherche pour la société.

Formation doctorale : les coopérations entre hautes écoles ont fait leurs preuves

«Les hautes écoles spécialisées et les hautes écoles pédagogiques forment des professionnels présentant un profil axé sur la pratique. Elles ne proposent dès lors pas de formation doctorale, mais elles ont mis en place des coopérations avec les hautes écoles universitaires à cette fin. Un rapport adopté par le Conseil fédéral le 19 juin 2026 montre que ces coopérations fonctionnent bien dans l’ensemble et offrent aux participants d’excellentes opportunités, malgré quelques difficultés rencontrées.»

UNIGE: «Données de recherche et collaboration scientifique avec la Chine»

L’Université de Genève prend note du cadre réglementaire chinois concernant la protection des données personnelles (PIPL) et la sécurité des données considérées comme importantes ou essentielles pour la nation (Loi sur la sécurité nationale de la République populaire de Chine).

«Dans le cas d’importation de données depuis la Chine ou l’élaboration de projets de recherche bilatéraux, il est nécessaire d’obtenir l’autorisation des autorités chinoises. Les chercheurs-euses peuvent anticiper les difficultés éventuelles en évaluant les risques liés aux données dès la phase de conception du projet, notamment en identifiant soigneusement les types de données, les flux de données prévus et leur classification éventuelle en vertu de la législation chinoise. […]

Afin d’orienter ses chercheurs-euses, l’Université de Genève a établi des recommandations dédiées à la collaboration scientifique avec la Chine, ainsi qu’un questionnaire d’auto-évaluation sur une base volontaire» et une séance d’information concernant également les contrôles d’exportation, les embargos et les sanctions («Check before you collaborate»).

Etats-Unis : nouvelles restrictions concernant la publication d’articles en collaboration avec des scientifiques étrangers

Les responsables des subventions de deux des plus grands organismes de financement de la recherche scientifique du gouvernement américain ont récemment imposé des restrictions sans précédent à la capacité des scientifiques américains à publier des articles en collaboration avec des coauteurs d’autres pays.

Ni le National Institutes of Health (NIH) ni la NASA ont publié de nouvelles directives officielles décrivant ces exigences. Au lieu de cela, les responsables informent les bénéficiaires individuellement, ce qui sème la confusion et suscite l’inquiétude chez les chercheurs.

Les alliances européennes saluent le soutien de l’Europe

À Bruxelles, la Commission européenne et les député·es européen·nes s’affrontent sur la question de savoir dans quelle mesure les domaines de recherche seront intégrés à un instrument beaucoup plus vaste, le Fonds européen pour la compétitivité (FEC), dont le montant est estimé à 409 milliards d’euros.

De plus, le Conseil de l’UE semble soutenir tous les aspects des alliances universitaires, ce qui « revêt une grande importance politique », a déclaré Nicole Birkle, secrétaire générale de l’Alliance Forthem.

Il existe actuellement 73 alliances d’universités européennes, qui regroupent près de 650 établissements d’enseignement supérieur. Elles sont financées par Erasmus+, mais des liens avec d’autres programmes pourraient leur permettre de développer davantage leurs activités de recherche, d’innovation et de valorisation des connaissances.

«Les étudiant·es de l’EPFL approuvent à 86% un boycott d’Israël»

«Avec 375 votes pour le soutien du boycott académique et 44 votes contre, les étudiant·es [de l’association étudiante Unipoly] ont manifestement été convaincu·es par la nécessité de mettre fin au lien entre leur école et ses partenaires académiques en Israël. […] Reste à voir si la direction de l’EPFL entendra les revendications maintenant portées par son principal interlocuteur étudiant, celle-ci affichant toujours un refus systématique de revoir ses collaborations avec Israël.»

Valais : nouveau partenariat dans l’enseignement supérieur

Quatorze institutions académiques et de recherche du Valais (incluant la HES-SO, l’EPFL, la HEP, les universités de Lausanne et de Genève et plusieurs instituts spécialisés) s’unissent au sein d’un nouveau partenariat stratégique.

« La conférence vise à renforcer la coopération entre les établissements d’enseignement supérieur et de recherche valaisans et à souligner leur contribution au développement du canton », a déclaré François Seppey, directeur de la HES-SO Valais-Wallis et président du comité de cette alliance stratégique.

Ce rapprochement soutient notamment un projet de financement de 151,5 millions de francs pour la période 2026-2028, qui sera examiné par le Grand Conseil en mai.

La conférence a déjà publié une première déclaration s’opposant à la suppression envisagée du Conseil suisse de la recherche scientifique. Elle est convaincue qu’une telle mesure affaiblirait l’expertise scientifique indépendante au niveau national.

Déclaration de solidarité avec la communauté de l’éducation supérieure en Serbie

«À la suite de l’intervention des forces de police à l’Université de Belgrade le 31 mars 2026, le comité de l’Association européenne des universités (EUA) souhaite exprimer sa profonde inquiétude face à ces développements et à leurs effets néfastes sur les universités en Serbie. swissuniversities est membre de l’EUA et soutient cette déclaration.»

« Nombre d’universitaires israéliens perçoivent le boycott comme une double peine »

Alors que l’UE maintient son accord d’association avec Israël ce mardi 21 avril, le milieu universitaire israélien dénonce un boycott croissant qu’il juge être une «double peine». Entre annulation de conférences et exclusions de programmes européens, les scientifiques, peuvent se retrouver isolé·es. De plus, la recherche israélienne a également été touchée par le départ d’étudiant·es internationaux après le début de la guerre à Gaza.

Lee chercheur Sarel Fleishman, membre du mouvement israélien pour la paix, dont la collaboration avec l’université de Delft a été rompue, ce boycott affaiblit la société civile : «Je comprends le sentiment qui anime les auteurs de boycott» affirme-t-il. «Mais la société civile elle-même est attaquée par le gouvernement. Elle est la seule à pouvoir mettre fin à cette horrible guerre en le renversant; le boycott international ne l’aide pas.» (Le Temps)

« Calibrer les risques des échanges académiques avec la Chine »

La Suisse a accueilli en mars dernier le ministre chinois de l’Éducation, Huai Jinpeng, qui est notamment passé par Lausanne pour visiter le « hub innovation » UniverCité à Renens ainsi que l’EPFL et La Fédération internationale du sport universitaire. Cette « visite de courtoisie » visait à relancer la coopération académique entre les deux pays. Cet élan s’inscrit dans l’objectif de Pékin d’atteindre le leadership technologique d’ici 2035, tout en structurant les échanges au sein d’un « partenariat stratégique innovant ».

De fait, la Chine s’impose comme un pôle majeur d’innovation. « Dans le seul domaine de l’ingénierie, environ 1,5 millions de diplômés sortent chaque année de ses universités, soit près de 100 fois plus qu’en Suisse », souligne Benoît Dubuis, président de l’Académie suisse des sciences techniques (SATW), qui a accompagné le ministre lors de son déplacement à Renens.

Selon lui, cette montée en puissance transforme radicalement le paysage mondial, en affirmant que « Cette dynamique modifie profondément les équilibres en matière de recherche, de développement et de capacité d’exécution. Il est donc essentiel d’encadrer les échanges internationaux pour préserver notre propre capacité d’innovation et maintenir notre compétitivité. »

Si la Suisse reste favorable à un partenariat de pointe, elle renforce cependant sa vigilance face aux risques d’espionnage et de fuites de données sensibles. Cette prudence se traduit notamment par un contrôle accru des étudiant·es et scientifiques dont les travaux pourraient faire l’objet d’un double usage, civil et militaire.

« Saint-Gall s’affirme comme un pôle de start-up »

L’Université de Saint-Gall, l’ETH Zurich et la Fondation START s’unissent au sein de la « Student Projet House » pour stimuler l’innovation et la réalisation de projets pratiques.

Ce partenariat, soutenu par un financement de 1,2 million de francs, permet le développement de projets multidisciplinaires visant à renforcer l’attractivité et la capacité d’innovation du canton. Saint-Gall veut ainsi s’affirmer comme un véritable pôle pour les start-up.

«Les études ne sont pas un club de sport où l’on paie sa cotisation»

Dans une interview accordée au Matin Dimanche, Luciana Vaccaro, rectrice de la HES-SO et présidente de swissuniversities, analyse les défis de l’éducation suite au récent rapport sur l’éducation du Centre suisse de coordination pour la recherche et l’éducation (CSRE).

Elle y défend une vision de l’enseignement supérieur comme bien public et s’oppose fermement à la hausse des taxes d’études, rappelant que l’accès au savoir ne doit pas être traité comme un service marchand. Pour renforcer le système suisse, elle préconise une adhésion au programme Erasmus+ et appelle à une meilleure synergie entre les hautes écoles et l’orientation professionnelle, via notamment l’organisation de forums d’échange.