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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: profil – universités

«Comment les petites universités et hautes écoles se distinguent»

Pour accroître leur attractivité, les établissements supérieurs moins plébiscités par les étudiant·es doivent proposer « une offre pointue, alignée avec le tissu économique de la région et avec des infrastructures adéquates. » selon Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities. Afin de se démarquer, ces institutions misent sur des stratégies variées comme la semaine de quatre jours à la Haute École Arc, le bilinguisme à l’Université de Fribourg, ou encore la proximité forte entre le corps enseignant et le corps estudiantin valorisée à l’Université de Neuchâtel.

Cependant, ces établissements font face à d’importants défis réglementaires et budgétaires. Une inquiétude majeure réside dans le projet de réforme de la Confédération « Désenchevêtrement 27 », qui prévoit le transfert complet du financement et de la planification des hautes écoles vers les cantons. «Ce changement pourrait aller jusqu’à provoquer la fermeture de hautes écoles dans les cantons périphériques et réduire ainsi l’égalité des chances de se former si on ne naît pas dans l’Arc Lémanique par exemple, estime Luciana Vaccaro. De quoi menacer aussi les grands établissements: ils ne pourront pas absorber des milliers d’étudiants supplémentaires si les plus petits ferment», alerte la présidente de swissuniversities.

Entretien avec Claudio Bassetti, nouveau recteur de l’USI

Le nouveau recteur de l’Università della svizzera italiana USI, le neurologue Claudio Bassetti, a présenté les principaux défis auxquels l’établissement est confronté. Sa priorité est de renforcer les valeurs fondamentales de l’université : autonomie, collaboration, excellence et ouverture internationale. Il souhaite également encourager davantage le travail commun entre les différentes facultés tout en respectant leurs spécificités. Bassetti insiste aussi sur l’importance des liens avec le Tessin et la société. Selon lui, l’USI doit accroître son impact régional et mieux se faire connaître afin que la population tessinoise se sente davantage concernée et fière de son université.

Concernant la hausse des frais de scolarité, qui atteindront 10 000 francs par an pour les étudiant·es non résident·es, il espère que cela n’entraînera pas une baisse des inscriptions. Il estime que l’USI reste attractive grâce à la qualité de son enseignement, à son encadrement favorable et à sa situation géographique, tout en voulant continuer à attirer des étudiants suisses, italiens et internationaux.

À propos de l’intelligence artificielle (IA), Claudio Bassetti considère qu’elle est désormais incontournable et qu’elle transformera l’avenir. Le défi est donc de l’intégrer de manière responsable dans l’administration, l’enseignement et la recherche, tout en préservant le rôle central de l’intelligence humaine, de la créativité et du jugement des personnes.

Enfin, il se dit préoccupé par l’augmentation du chômage parmi les jeunes diplômés. Même si l’USI accompagne déjà ses étudiant·es vers le marché du travail, il estime qu’il faut renforcer ces efforts et adapter la formation aux évolutions futures afin d’améliorer l’employabilité des diplômé·es.

Rentrée universitaire à Fribourg

L’Université de Fribourg (Unifr) accueille environ 10 600 étudiants à la rentrée académique 2026, soit une légère hausse par rapport à l’an dernier et le niveau le plus élevé depuis 2021. Cette progression reflète les efforts de l’institution pour renforcer son attractivité.

Plusieurs nouveautés ont contribué à attirer davantage d’étudiants :

  • Une passerelle permettant aux diplômés des hautes écoles spécialisées (HES) d’accéder à un master en droit à l’Unifr.
  • Un bachelor complet en sciences politiques, qui a immédiatement suscité l’intérêt d’une trentaine d’étudiants.
  • Un master interdisciplinaire « Digital Society », consacré aux transformations numériques et enseigné en anglais, présenté comme un succès.
  • Un bachelor entièrement en ligne en théologie, destiné notamment aux personnes exerçant une activité professionnelle ou ayant des obligations familiales.
Rentrée universitaire à Bâle
L’Université de Bâle franchit pour la première fois le seuil des 13 000 étudiants et doctorants à la rentrée académique 2026/2027. Elle compte actuellement 13 263 personnes inscrites, soit 373 de plus que l’année précédente. Toutefois, sur dix ans, la croissance reste modérée : l’effectif n’a augmenté que d’environ 400 personnes.

Les masters traditionnels en économie, droit et psychologie restent très attractifs.

Parallèlement, plusieurs nouveaux programmes connaissent un fort succès :

  • développement durable (Sustainable Development),
  • European Global Studies,
  • ingénierie biomédicale (Biomedical Engineering),
  • informatique,
  • biologie moléculaire,
  • pharmacie et Drug Sciences.

L’Université de Bâle cherche surtout à se développer dans les domaines qui correspondent à ses priorités de recherche, soit: la santé et les sciences de la vie (Life Sciences), la numérisation, la durabilité et le changement social («gesellschaftlicher Wandel»).

«L’UNIGE crée une nouvelle chaire dédiée aux risques naturels»

Une nouvelle chaire dédiée aux laves torrentielles a été créée par l’Université de Genève, dirigée par Markus Stoffel. «L’idée est de «mieux comprendre à quel degré le changement climatique va influencer ces processus et comment», relève-t’il.

Il s’agit aussi d’évaluer comment ces mécanismes vont impacter l’aménagement du territoire et donner à la population et aux autorités la possibilité de se préparer.

« La Fondation pour l’Unine sort de l’ombre »

À la tête d’UBS Suisse entre 2006 et 2010 et actuel président de la Fondation pour l’Université de Neuchâtel, Alain Robert-Tissot précise le rôle et les ambitions de la plus jeune fondation universitaire de Suisse. Créée en 2021, cette institution prend vie dans un contexte de plus en plus complexe et compétitif pour le monde académique. L’ancien dirigeant insiste sur le fait que l’apport d’argent privé ne se substitue en aucun cas aux financements publics et usuels alloués aux différentes facultés. Il déclare cependant : « Les universités vont devoir davantage rechercher des fonds hors du secteur public. »

La Fondation agit alors comme un accélérateur grâce à la levée de fonds tiers, ce qui lui permet de soutenir de manière agile des projets jugés particulièrement porteurs. «Le premier servira à renforcer l’attractivité de l’Université de Neuchâtel pour les étudiants étrangers en créant une nouvelle filière de psychologie. Le deuxième développera une expérience sur la biodiversité à Chasseral. L’étude simulera une augmentation de la température de 2 degrés sur les organismes d’un périmètre défini. Finalement, le troisième projet sera consacré au soutien de la filière de journalisme de l’Université.» (RTN)

Pour faire connaître La Fondation, celle-ci a accueilli la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter pour discuter des finances publiques.

«La bioinformatique, secteur stratégique où la Suisse excelle, prend ses quartiers à Genève»

«Jusqu’au 4 septembre, Genève est le centre névralgique de la biologie computationnelle européenne. Un champ interdisciplinaire qui explore les jeux de données disponibles pour mieux comprendre le vivant.»

Aleksandra Walczak, biophysicienne, en explique les enjeux, notamment concernant l’accessibilité des données de recherche. (Le Temps)

Christophe Dessimoz, directeur de l’Institut Suisse de bioinformatique, résume: «Les données, c’est bien sûr le fondement de la science. Mais on voit que c’est aussi de plus en plus important pour les défis de société, comme la santé, la sécurité alimentaire ou la biodiversité. […] Il faut pouvoir faire parler toutes ces données entre elles, les connecter, en employant des outils, comme des bases de données, des méthodes d’informatique comme on les a dans la bioinformatique.» Et ce d’autant plus à l’ère de l’intelligence artificielle. «Et c’est un domaine où la Suisse est très forte», conclut le directeur. (RTS)

 

Les médecins continuent d’être formés dans les hôpitaux saint-gallois sans le HSG

Le «Joint Medical Master», le master de médecine de Saint-Gall, a vu le jour en 2020. Mais cette structure complexe, fruit d’une collaboration entre l’Université de Zurich (UZH), l’hôpital cantonal de Saint-Gall et l’université de Saint-Gall (HSG), n’a fait ses preuves que partiellement.  Dans le cadre du projet «Med500+», les études de médecine doivent faire l’objet d’une réforme en profondeur et le nombre de places doit passer de 430 à 700 pour 2030.  Et cette structure s’appellerait alors «Campus médical de l’UZH en Suisse orientale», alliant enseignement, formation clinique et recherche sur le site de Saint-Gall. L’Université de Saint-Gall n’en fait plus partie.

 

 

La HEG Fribourg se dote d’une nouvelle chaire Unesco sur la durabilité

« Dès novembre, la Haute Ecole de gestion (HEG) Fribourg sera institution hôte d’une nouvelle chaire Unesco, consacrée à la durabilité et à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Interdisciplinaire, celle-ci abordera la durabilité dans plusieurs domaines, entre l’environnement, le social, l’économie, l’ingénierie, le droit et la santé. Cette reconnaissance de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), renouvelable tous les quatre ans, facilite la collaboration scientifique locale, nationale et internationale. »

Roger Nordmann: «Je serai candidat au Conseil d’Etat en 2027, et je souhaite conserver le DSAS»

Le nouveau chef de la santé vaudoise Roger Nordmann donne sa première interview depuis son entrée en fonction. Il souhaite entre autres «stabiliser le CHUV, «calmer le «CHUV bashing» propre à la politique vaudoise» et clarifier les priorités scientifiques. «Nous sommes tout de même heureux de disposer d’un hôpital universitaire, qui est aussi un hôpital de zone et un lieu de formation. Globalement, il fonctionne bien, même si des améliorations sont toujours nécessaires.»

Il craint cependant une acceptation de l’initiative des 12%. Pour lui, la situation serait dramatiquement aggravée si l’initiative des 12% était acceptée. «Le DSAS représente environ 42% du budget de l’État: il serait donc massivement touché.»

Pour les élections en 2027, Roger Nordmann souhaite conserver le DSAS. «Le canton doit se projeter vers l’avenir et relever ses grands défis: la numérisation, dans laquelle Vaud n’est pas en avance; la formation, rendue plus difficile par l’évolution de la société et la santé psychique des jeunes; ainsi que la prévention et l’adaptation au changement climatique.»

 

L’invité de La Matinale – Christophe Champod, nouveau recteur de l’Unil

Nouveau recteur de l’Unil depuis le 1er août, Christophe Champod affirme avoir repris une université solide malgré les tensions et les difficultés budgétaires récentes. Sa priorité est de restaurer la confiance au sein de l’institution et de réaffirmer la mission centrale de l’université : transmettre et produire des savoirs dans un cadre ouvert et respectueux.

Pour les cinq prochaines années, il identifie trois grands défis : l’intégration responsable de l’intelligence artificielle, le renforcement du soutien à la santé mentale des étudiantes et étudiantes et le développement des liens entre l’université et la société. Face aux contraintes financières, il admet que les coupes budgétaires sont une opportunité mais aussi une inquiétude:« je pense qu’on a un certain nombre de défis […] qui nécessiteront des moyens.»

Son ambition est de préparer une université durable capable de former des citoyen·nes critiques et prêts à relever les défis de demain.

«Face à l’IA, la peur des écoles de commerce forcées de se réinventer»

«Bousculées par l’intelligence artificielle, qui ringardise certains apprentissages, et face à l’inflation des diplômes, les grandes écoles de commerce font leur révolution. L’initiative de l’ESCP, qui lancera en 2027 une School of Technology parrainée par Yann Le Cun, révèle une mutation profonde, la volonté d’acquérir une dimension tech devenu indispensable.»

Conciliation parfois complexe entre armée et études

Le lundi 29 juin, 8 253 recrues, dont 205 femmes, ont entamé leur service militaire. Pour les étudiant·es, concilier ces deux univers peut s’avérer difficile. L’armée précise toutefois que les examens académiques constituent un « motif impératif de congé », permettant d’obtenir une dispense pour y participer.

Eléonore Coignet, responsable des affaires militaires de médecine de l’Université de Lausanne, est en première ligne pour accompagner les étudiant·es face à ces défis.

Claudio Bassetti a été choisi comme nouveau recteur de l’USI

Claudio Bassetti prendra ses fonctions le 1er septembre. Ce neurologue compte plus de 30 ans d’expérience clinique, universitaire et de gestion. Il est actuellement doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Berne et, depuis 2024, également directeur de la recherche et de l’enseignement (DLF) à l’Inselspital de Berne, en tant que membre votant de la direction générale.

Le Corriere del Ticino évoque le prédécesseur Boas Eres (01.09.2016-09.05.2022) et Luisa Lambertini (01.07.2023 – 31.12.2025), qui auraient vécu des tensions avec le Conseil de l’université.

«Rappelons une interview datant de mai 2024, dans laquelle la rectrice elle-même définissait la notion de normalité dans le milieu universitaire et soulignait : «La normalité ? Une université dont la gestion relève entièrement du rectorat et dont le Conseil n’assure que la haute surveillance. C’est un processus, et je pense qu’il reste encore du travail à accomplir dans ce sens. Nous essayons de revenir à cette normalité.»

Par ailleurs, l’USI souligne dans son communiqué que «dans le cadre de sa double fonction de doyen et de directeur du DLF de l’Inselspital, Claudio Bassetti s’est engagé sans relâche à renforcer la collaboration entre l’université et l’hôpital, en promouvant l’excellence dans les soins, l’enseignement et la recherche».

«Cette remarque semble aujourd’hui déterminante dans le choix de l’Université de la Suisse italienne, notamment dans la perspective du développement de la recherche dans le domaine biomédical et de la mise en place d’un hôpital universitaire», estime l’auteur de l’article du Corriere del Ticino.

Dans une interview accordé à La Regione, Claudio Bassetti affirme que l’université doit en effet être indépendante [de la politique], avec une relation clairement définie par les mandats.

Selon le futur recteur, «Une université aussi petite doit optimiser les synergies : la force de cette université, comme celle des autres, devra être supérieure à la somme des capacités et des compétences individuelles.»

Par ailleurs, il souligne l’importance de l’efficacité du financement et de l’excellence, «qui ne sera pas seulement évaluée en fonction des publications et des fonds ; l’excellence, c’est aussi la capacité à collaborer, à promouvoir les jeunes et à avoir un impact. C’est une culture de l’excellence que je souhaite définir comme plus large que ce que peut être la vision originelle du «toxic performer», du charognard qui ne vit que pour lui-même. […]

Mesurer l’excellence est une tâche difficile : il ne s’agit pas simplement de formules. J’ai choisi le terme « humanisme », mais on pourrait aussi parler de «Renaissance de l’Usi», précisément parce que je m’inspire de ces principes, de ces valeurs : la place centrale de l’homme et de la personne comme fin ultime de l’effort ; le dialogue entre les sciences exactes et les sciences humaines ; une responsabilité civique vis-à-vis de ce que l’on fait.»

À propos de son rapport à la politique, pour lui «il est clair qu’il faut comprendre les besoins, les sensibilités, voire les critiques ; c’est pourquoi je serai à l’écoute. Mais la politique ne peut dicter les politiques universitaires : elle régit les mandats, les contrats de prestations, mais il faut préserver une indépendance fondamentale.  [..] Je ne ferai pas de politique au sens classique du terme ; je serai présent, comme je l’ai déjà dit, j’écouterai beaucoup. Et je prendrai également la parole.»

L’UNIGE lance un CAS sur le développement de l’enfant

«Dès la rentrée prochaine, le Centre pour la formation continue et à distance proposera un nouveau Certificat de formation continue (CAS) centré sur le développement de l’enfant. Il répond à une demande des professionnels et professionnelles de l’éducation et de la santé face à une augmentation des troubles du développement dans la population. L’objectif du cours consiste à renforcer le diagnostic, l’accompagnement et la prise en charge globale des enfants souffrant d’un trouble du développement et de leurs familles» (Université de Genève)

L’Université de Saint-Gall, trop internationalisée?

Portée par une quête d’excellence, l’Université de Saint-Gall gagne en prestige international en attirant des professeur·es de renom grâce à des salaires élevés et des conditions de recherche privilégiées. Cette attractivité soulève cependant de nouveaux défis pour la région.

Notamment, la tendance du corps professoral à résider à Zurich plutôt qu’à Saint-Gall et à privilégier le recrutement de chercheurs issus de leurs propres réseaux étrangers, ce qui affaiblirait l’ancrage local de l’institution.

Par ailleurs, une éventuelle limitation du nombre d’étudiant·es, sous la pression budgétaire du canton, pourrait fragiliser les profils suisses moins compétitifs, particulièrement celles et ceux qui doivent concilier leurs études avec une activité professionnelle ou des charges familiales.

L’auteur s’interroge donc sur  les conséquences pour la région, ainsi que sur la pertinence d’investir des sommes conséquentes pour des cadres étrangers susceptibles de quitter la Suisse orientale après leurs études.

« Que signifie façonner l’IA de manière responsable au sein d’une université ? »

Dans un entretien croisé paru dans le rapport annuel de l’Université de Zurich, la présidente du Conseil de l’université, Silvia Steiner, et le président de l’université, Michael Schaepman, ont présenté leurs futurs projets et orientations.

Au cœur de la stratégie de l’institution académique figure le développement du pôle dédié à l’intelligence artificielle. Ce centre n’a pas seulement pour but de connecter les expertises techniques des différentes facultés, mais vise surtout à promouvoir une innovation responsable. L’objectif est d’explorer l’IA comme un enjeu sociétal et humain, afin que cette technologie serve directement la science et la collectivité à travers un partage ouvert des connaissances.

Silvia Steiner le rappelle : « L’IA n’est qu’un outil parmi d’autres et ne remplace pas la réflexion personnelle, d’autant plus importante face à un accès élargi aux connaissances et à l’information ». 

Parallèlement, les deux dirigeant·es reviennent sur la politique professoral en privilégiant les compétences en leadership ainsi que l’encouragement des candidatures féminines. La compétitivité de l’établissement, l’interconnexion avec les autres universités ainsi que les conditions de travail des doctorant·es et postdoctorant·es sont également abordées.