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Sujet: financement public
«Le Conseil d’Etat vaudois accorde la pleine et entière indexation des salaires du personnel de l’administration cantonale, du CHUV et du parapublic pour 2027. Cette annonce intervient la veille d’une manifestation de la fonction publique contre des coupes budgétaires de 100 millions de francs.»
«La Fondation nationale pour la science des États-Unis (NSF) est l’un des principaux bailleurs de fonds de la recherche en économie et en archéologie, mais en 2026, elle n’a accordé aucune nouvelle subvention dans ces disciplines.»
Les sciences de l’environnement, nées pendant la guerre froide au service des militaires, se sont muées en sciences d’alerte, rappelle le chargé de recherche en philosophie (CNRS, Aix-Marseille Université) Sébastien Dutreil.
«Ce n’est pas la science qui est attaquée [aux Etats-Unis et en Argentine, de la manière la plus brutale; ailleurs, y compris en France, sous d’autres formes]. Il y a des perdants – environnement, biomédecine, humanités critiques – et des gagnants – quantique, IA, matériaux critiques. Ce qui est en cause, ce n’est pas la science motrice d’innovation, de progrès technique et de l’abondance : ce sont les sciences de la limite et du contre-pouvoir ; c’est l’université dépositaire des valeurs des Lumières – tolérance, égalité, démocratie, universalisme, émancipation, discussion critique.»
«Les nouvelles instances dirigeantes de l’Université de Neuchâtel (Unine) sont entrées en fonction en février. Elles n’ont donc pas eu le temps de livrer leur vision stratégique à dix ans et leur plan d’intentions quadriennal.» (Arcinfo)
«Il lui aurait fallu rendre sa nouvelle vision stratégique pour les dix ans à venir, ainsi que le plan d’intentions quadriennal fin mars ; un calendrier qui était impossible à tenir, selon le rapport soumis aux députés. Le rectorat bénéficie ainsi d’un délai supplémentaire pour élaborer le nouveau mandat d’objectifs qui portera sur les années 2028-2031. (RTN)
Dans ces conditions, le Grand Conseil a accepté à l’unanimité de prolonger d’une année le mandat d’objectifs 2023-2026. Cela permet à l’Unine de disposer de 54,2 millions de francs de l’Etat pour son budget 2027 […] ajouté au crédit quadriennal initial de 211,08 millions.» (Arcinfo)
«Le secteur privé, qui a lancé plusieurs recours contre la politique sanitaire du Canton, espère que le nouveau ministre sera «moins idéologique» que Rebecca Ruiz.» Un des points critiqués est que 400 millions des 500 millions pour les Prestations d’intérêt général (PIG) sont versés au CHUV.
Ils sont censées financer des activités de recherche et de formation, mais ils n’ont pas toujours d’affectation précise, «ce qui fait dire aux cliniques privées qu’il s’agit d’une perfusion permettant de maintenir le CHUV à flot.»
Roger Nordmann, chef du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS), explique: «En principe, les cliniques privées ne touchent pas de PIG, car celles-ci financent des missions de santé publique, qui ne sont pas ou qui sont insuffisamment couvertes par la LAMal, ou encore le maintien de capacités hospitalières dans les régions périphériques. […] Pour ce qui est de la formation médicale post-graduée, elle exige notamment du temps dédié, des médecins salariés présents en permanence pour encadrer les médecins assistants et un volume suffisant de cas, simples comme complexes, ce qui explique que peu de cliniques aient en leur sein des spécialités reconnues ISFM (ndlr: Institut suisse pour la formation).»
«L’Université de Lausanne bénéficiera d’un soutien financer de l’agence nationale Movetia durant les deux prochaines années afin de poursuivre son implication au sein de l’Alliance universitaire européenne CIVIS. […] Grâce au soutien conjoint de l’Union européenne et de Movetia, l’Unil poursuit ainsi son engagement au sein de CIVIS et contribue activement à la construction d’un espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche plus intégré, plus innovant et plus ouvert sur la société.»
«Une rencontre des syndicats vaudois avec le Conseil d’Etat n’a débouché sur aucune nouvelle décision concernant le projet de budget 2027. Une première mobilisation est agendée le 5 novembre.»
«Le Conseil fédéral a décidé de lancer le Programme national de recherche « Sécurité chimique » (PNR 88). Celui-ci vise à renforcer les bases scientifiques nécessaires à une utilisation sûre et durable des produits chimiques.»
Doyenne de la faculté de théologie de Fribourg depuis l’été 2025, Veronika Hoffmann dresse un premier bilan, rappelant l’importance de la théologie dans la société actuelle: une discipline qui conserve selon elle toute sa pertinence et son actualité.
Elle affirme: «ce qui me préoccupe davantage pour l’avenir [que la crise des institutions religieuses], c’est moins l’évolution structurelle de l’Église que le scepticisme grandissant envers la science et les universités en général. Si l’État et le public cessaient de soutenir la formation, qui est véritablement la «matière première» de la Suisse, nous risquons des dégâts à long terme.»
Dans une chronique du journal Le Temps, la journaliste Catherine Frammery analyse les manifestations de lycéen·nes et d’étudiant·es en Europe, confronté·es à la massification de l’enseignement supérieur sans augmentation des moyens.
En France, en parallèle des manifestations, ce mécontentement se traduit aussi par des initiatives autogérés d’universités populaires ainsi que par des craintes liées au calendrier académique, au suivi des cours et à la réussites d’examens.
La journaliste met en contraste la situation en Suisse, qui diffère grâce à un contexte économique favorable (malgré des coupes budgétaires) ainsi qu’à la démocratie participative qui amortirait les contestations, bien qu’elle dénote une certaine nervosité parmi les autorités universitaires.
Le physicien français Claude Cohen-Tannoudji, prix Nobel de physique en 1997, décédé le 22 octobre 26, fait l’objet d’un portrait dans le journal Le Monde.
Décrit par ses maîtres comme « un homme d’un créativité extraordinaire » et d’une grande modestie, il avait tendance à dire face aux questions médiatiques : « Interrogez mes collaborateurs. Ce sont eux qui ont fait tout le travail. »
S’élevant contre les visions politiques court-termistes, il défendait les projets « blancs » sans application immédiate, dont les retombées n’arrivent que bien plus tard. Il a oeuvré pendant des années dans les laboratoires de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, à l’origine de neufs prix Nobel (huit en physique et un en chimie) et de dix médailles Fields, la plus haute distinction mondiale en mathématiques, tout en constatant, sur le terrain, des moyens offerts en France ne pouvant rivaliser avec ceux de leurs collègues américains.
«Les syndicats vaudois ont convenu d’une manifestation contre les coupes le 5 novembre. Le budget cantonal a subi 100 millions de francs de coupes supplémentaires après le vote fiscal. Les taux d’encadrement dans la formation risquent de se dégrader» (24 heures)
«Alors que des manifestations essaiment dans toute l’Europe, une coalition réunissant des mouvements suisses de jeunesse appelle à se mobiliser le 20 novembre pour protester contre la militarisation du pays et l’austérité. Les scènes de violence, comme en France, devraient toutefois rester marginales.» (Le Courrier)
Des manifestations et des émeutes ont lieu en France, en Italie, en Belgique, au Portugal, en Espagne et en Albanie. «Le terreau commun existe dans tous les pays : l’inflation et la crise de l’éducation», explique le professeur d’histoire contemporaine européenne et suisse à l’université de Fribourg, Siegfried Weichlein. «Mais cela ne signifie pas pour autant qu’un mouvement de grande ampleur soit à prévoir.» (Freiburger Nachrichten)
Des manifestations prévues en Suisses ont été traités par plusieurs médias. Sur instagram, des représentant·es du collectif «grève_de_la_jeunessse» suisse regrettent que «de nombreux articles dans les médias bourgeois nous accusent, ou sous-entendent, que notre mouvement est violent. Avant même notre première mobilisation, nous sommes déligitimé·es et accusé·es sans aucune preuve.»
«Depuis début octobre 2026, le FNS met à la disposition des requérant·es les recommandations anonymisées des évaluateur·ices internes. Ainsi, l’évaluation est plus transparente et la décision plus intelligible.»
La réduction proposée ce mois-ci des crédits alloués à la recherche et à l’innovation dans le budget de l’UE pour la période 2028-2034 constituerait un mauvais choix stratégique, a averti la présidente du Conseil européen de la recherche Maria Leptin, un sentiment partagé par la commissaire européenne chargée de la recherche Ekaterina Zaharieva.
Selon Maria Leptin, la réduction de près de 10% du programme de R&I proposée par la présidence du Conseil des gouvernements de l’UE, par rapport à la recommandation de la Commission européenne, serait «extrêmement préoccupante». Un budget de 200 milliards d’euros pour le programme de R&I constituerait le «minimum» nécessaire. Ce sentiment serait «partagé par l’ensemble du secteur», selon Research Professional News. Ce montant est réclamé par le Parlement européen, tandis que la Commission a proposé un budget de 175 milliards d’euros et la présidence du Conseil, seulement 158 milliards d’euros.
Ekaterina Zaharieva ajoute que chaque réduction d’un milliard d’euros du budget d’«Horizon Europe» entraînerait la suppression de 1’700 bénéficiaires, soit plus de 300 PME et 500 entreprises, 600 universités et 2 600 chercheurs.
Michael Schaepman, recteur de l’Université de Zurich et expert en télédétection, et Wolfgang Wagner, doyen de l’Université technique de Vienne et co‑fondateur du Earth Observation Data Centre, expliquent pourquoi le programme d’observation de la terre de Copernicus est aujourd’hui un programme plus essentiel que jamais. Le premier qualifie ce programme de «meilleur de programme du monde».
Dans un post sur LinkedIn, Reto Knutti, climatologue à l’ETH contextualise cette prise de position: «Contre la volonté du Parlement, le Conseil fédéral s’est prononcé en 2024 et 2026 contre [le la participation Suisse au] Copernicus ECMWF. La motion Fivaz [«Participation dans les plus brefs délais au programme Copernicus»] remet cette question à l’ordre du jour. Le Conseil national a déjà voté en faveur de cette motion ; le Conseil des États se prononcera dans quelques semaines.» Reto Knutti s’était également prononcé en faveur d’une participation suisse au programme.
«La crise climatique exige des solutions rapides et efficaces. Pourtant, de nombreuses technologies climatiques prometteuses restent souvent cantonnées à des projets pilotes et de démonstration. Ce qui manque, c’est le passage à une mise en œuvre à grande échelle. C’est précisément là qu’intervient le nouveau «Climate Solutions Hub» (CSH) lancé par l’Empa et l’Eawag : il étudie les raisons pour lesquelles des solutions climatiques révolutionnaires ne parviennent pas à changer d’échelle et développe, avec des partenaires issus de la recherche, de l’économie et des pouvoirs publics, des moyens de surmonter les obstacles. Le CSH compte ainsi parmi les premiers hubs de recherche au monde à se consacrer explicitement au passage à l’échelle de solutions climatiques innovantes.»
Le Conseil d’Etat vaudois a détaillé mercredi 57 mesures pour compenser 272 millions de francs de pertes fiscales. Pour l’Unil, la hausse des augmentations de subventions prévue a été réduite de 10 à 5 millions de francs. «Les autres établissements concernés voient également leur dotation progresser, mais moins qu’escompté.» Dans le Département de l’enseignement et de la formation professionnelle, les achats de matériel seront par ailleurs reportés.
Le Conseil d’Etat vaudois a présenté sa stratégie pour rééquilibrer le budget 2027. À la suite de l’acceptation de l’initiative « 12% », le Conseil d’État vaudois a soumis 57 amendements – [59, sel0n la liste] pour combler un trou financier de 272 millions de francs. Les deux départements les plus touchés sont ceux de la santé et de l’action sociale (DSAS) et de l’enseignement et de la formation (DEF).
«Du côté de l’enseignement, un travail est fait sur «l’optimisation» des postes et la subvention aux hautes écoles diminue de 4 millions» (selon 24 heures) à 9 millions (20 minutes), selon le cumul des amendements [26-28].
La présidente du Conseil d’État vaudois et responsable des finances Christelle Luisier défend un plan d’économies «proportionnel et responsable» visant à limiter les conséquences pour la population tout en maintenant le cap de l’équilibre d’ici 2030. Elle précise que les salaires de l’ACV «ne seront pas impactés par ces mesures» et proposera également entrer en discussion sur l’indexation des salaires de l’ACV, du CHUV et du secteur parapublic, dont le taux sera arrêté ultérieurement.
«Coût d’un serveur multiplié par six pour la Ville de Genève, report du renouvellement de la moitié des stations de travail prévues par l’Etat du Valais et ordinateurs des fonctionnaires romands qui augmentent en moyenne de 50% à 60%: 2026 est une annus horribilis pour l’achat de matériel informatique.»