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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: recherche – qualité

«Je reçois un torrent d’études de mauvaise qualité produites par l’IA»

Mohammad Hosseini, chercheur spécialisé en éthique et intégrité dans la recherche à l’Université Northwestern et éditeur d’un journal scientifique, observe que de plus en plus d’études suivent la même formule: les scientifiques trouvent des bases de données publiques, les donnent à une IA, et génèrent ainsi une «belle étude».

En 2021, son journal recevait 160 soumissions. Cette année, il a déjà reçu plus de 800 de demandes de publications, ce qui pose des problèmes importants pour l’évaluation de la qualité des recherches.

Il estime que «Faire valoir l’éthique et la morale, promouvoir les bonnes pratiques, cela ne fonctionne pas. Il serait plus efficace de créer des régulations basées sur des lois existantes.» Les citations inventées par l’IA pourraient par exemple être considérées comme une faute professionnelle, ce qui aurait comme conséquence des sanctions et la perte des financements, voire des diplômes.

Les pays qui développent leurs programmes de recherche imposent des sanctions sévères en cas de faute professionnelle

Dans le but de renforcer les normes en matière de recherche, les gouvernements et les organismes de financement des pays dotés de systèmes de recherche émergents mettent de plus en plus en place des mesures disciplinaires à l’encontre des chercheurs qui commettent des fautes. Ces mesures comprennent notamment la suppression des primes, la restriction de l’accès aux subventions et la baisse du classement des établissements liés à des cas de mauvaise conduite.

Ces réformes interviennent alors que les cas de mauvaise conduite scientifique sont en augmentation dans le monde entier.

«Le lobbyiste en veste de professeur»
L’article de Republik dresse un portrait très critique de l’économiste suisse Christoph Schaltegger, professeur à l’Université de Lucerne et fondateur de l’Institut de politique économique suisse (IWP). Selon l’enquête, Schaltegger utiliserait l’apparence de neutralité scientifique pour accroître son influence politique et promouvoir un agenda économique libéral favorable aux milieux d’affaires.

L’IWP, présenté comme un institut scientifique indépendant, est financé par de riches entrepreneurs, notamment Alfred Schindler (groupe Schindler), ainsi que d’autres grandes fortunes suisses. Malgré ce financement privé, l’institut bénéficierait de la crédibilité de l’Université de Lucerne, ce qui lui permettrait de peser davantage dans les débats publics et politiques. Christopher Schaltegger et plusieurs collaborateurs de l’IWP siègent ou ont siégé dans diverses commissions d’experts fédérales influençant des sujets importants comme les retraites, la fiscalité, les dépenses publiques ou les relations avec l’UE.

L’enquête rappelle qu’avant sa carrière académique, Schaltegger a travaillé pour le Département fédéral des finances sous le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz, et puis pour l’organisation patronale Economiesuisse.

Le journaliste de Republik affirme qu’il a joué un rôle dans la promotion de la réforme fiscale dite «Réforme de l’imposition des entreprises II», dont les coûts pour les finances publiques auraient été largement sous-estimés lors de la campagne de votation de 2008. Plus tard, le Tribunal fédéral a reproché au Conseil fédéral d’avoir fourni des informations trompeuses sur les conséquences financières de cette réforme.

Plusieurs économistes reprochent à l’IWP de publier surtout des policy papers non soumis à une évaluation scientifique par les pairs (peer review), d’utiliser des méthodologies contestées et de tirer des conclusions jugées idéologiques ou insuffisamment étayées. Selon eux, l’IWP présenterait parfois des positions politiques sous couvert d’expertise scientifique.

Quand la meilleure décision est de ne pas en prendre : l’essor de la randomisation dans le financement de la recherche

Si les évaluateurs ne sont pas en mesure de distinguer de manière fiable les meilleures demandes de bourses, pourquoi devraient-ils prétendre le contraire ? Une nouvelle vague de bailleurs de fonds, dont le FNS, se tourne vers les tirages au sort pour départager les candidatures ex æquo.

Réactions sur l’affaire du plagiat présumé à Cambridge

Le professeur en sociologie Jason Arday, de l’université de Cambridge en Angleterre, a démissionné. On lui reproche des cas de plagiat et d’inexactitudes dans ses travaux scientifiques.

Il a mené des recherches sur son histoire personnelle en lien avec les retards de développement et l’autisme.  Caspar Hirschi, professeur d’histoire de la science à l’Université de Saint-Gall et auteur d’un livre sur l’expertise dans le débat public, estime qu’il lui manquait de distance critique par rapport à son expertise. «Les universités de pointe ont repris l’expertise d’Arday sans aucune critique, sans vérifier ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas dans ses déclarations», affirme-t-il. L’assurance qualité de l’université n’a pas été respectée. (SRF)

Dans sa première réaction aux critiques adressées à Jason Arday, la Faculté d’éducation de l’université de Cambridge a succombé à un raisonnement erroné, caractéristique des milieux idéologiquement homogénéisés : le syndrome du «shoot-the-messenger». Au motif que l’un des détracteurs les plus virulents d’Arday, Nathan Cofnas, avait diffusé des théories racistes, on en a conclu que les accusations devaient nécessairement être fausses. (Caspar Hirschi via LinkedIn)

Par ailleurs, lorsque les premières critiques se sont fait entendre, le sociologue ne s’est pas défendu sur le plan scientifique, mais a immédiatement pris des mesures juridiques et policières à l’encontre de ses détracteurs, notamment un journaliste du Times Higher Education

L’Université de Cambridge a ouvert une enquête sur ce professeur de sociologie «qui s’inscrira dans le cadre d’une enquête plus large sur le recrutement des universitaires de haut niveau. (Times Higher Education)

L’historien saint-gallois estime qu’«[i]l reste judicieux d’encourager la diversité des profils et des parcours de recherche au sein des universités, dans la mesure où cela contribue à renforcer la culture de la réflexion critique et du scepticisme organisé au sein des communautés scientifiques. Toutefois, si les préoccupations en matière de diversité conduisent à un abaissement des normes de qualité à l’égard de certaines personnes ou de certains groupes, ou à la formation de cloisonnements idéologiques, elles manquent alors leur objectif.» (Caspar Hirschi via LinkedIn)

 

 

L’importance des Humanités vue par le Doyen de l’Université de Bâle

Le doyen de la Faculté des sciences sociales et politiques de l’Université de Bâle, Laurent Goetschel répond aux défis et préjugés auxquels doit faire face les Humanités. Il insiste sur leur caractère innovant et leur rôle crucial face aux défis contemporains. Pour illustrer l’impact direct sur la société, il cite des recherches clés sur le pouvoir des images, l’influence des récits et les politiques environnementales.

Il rappelle également l’enjeu démocratique de ces disciplines en affirmant : « Partout où des forces autoritaires s’emparent du pouvoir, l’une de leurs premières mesures consiste à abolir les sciences humaines, car celles-ci incarnent la libre pensée même. » 

La Lettonie lance un projet pilote visant à associer les citoyens à l’évaluation des subventions de recherche

La Lettonie a introduit une dimension de participation citoyenne dans l’évaluation des subventions de recherche financées par l’État. L’objectif est à la fois de renforcer les liens entre la science et la société et d’améliorer la qualité de ces évaluations.

Cette initiative intervient alors que les organismes de financement de la recherche à travers l’Europe expérimentent différentes méthodes pour améliorer les processus d’évaluation, dans un contexte où l’impact de la science sur la société fait l’objet d’une attention accrue.

« Blatten a entraîné un électrochoc scientifique »

L’effondrement du village de Blatten, survenu il y a un an, a provoqué un véritable électrochoc dans le monde scientifique. En mai 2026, quatre institutions de recherche lancent simultanément des projets dédiés à la prévention des dangers naturels en montagne.

L’Université de Genève crée une chaire spécialisée, le Swiss Polar Institute noue un partenariat avec la Fondation Lombard Odier et le Canton du Valais, et la HES-SO Valais s’allie au Crealp. Ces initiatives réunissent au total deux écoles polytechniques, trois universités et plusieurs instituts de recherche.

 

 

« Quelle part de la littérature scientifique est générée par l’IA ? »

Un article de la revue Nature alerte sur la menace croissante que font peser les modèles de langage (LLM) sur l’intégrité scientifique. Depuis 2022, les « hallucinations bibliographiques » explosent, avec plus de 140 000 fausses citations recensées pour 2025, touchant particulièrement les sciences sociales.

Le problème met également en lumière la vulnérabilité des serveurs de prépublications (comme SSRN ou arXiv) dont la modération limitée facilite la diffusion de contenu non vérifiés. Face à l’absence de méthodes de détection standardisées, les institutions et plateformes improvisent des mesures de contrôle, comme les déclarations d’usage obligatoire.

CoARA à l’Unil : Plan d’action pour une évaluation de la recherche responsable

Signataire depuis 2023 de l’accord international Agreement of Reforming Research Assessment (CoARA), l’Unil veut moderniser ses pratiques d’évaluation scientifique. Ce plan vise à accentuer la diversité et la transparence des contributions académiques, en valorisant une approche dynamique collective et participative.

Engagée au sein du Swiss Chapter pour partager ses ressources, l’université détaille désormais ce projet sur une nouvelle page web dédiée.

Les chatbots IA s’infiltrent dans les enquêtes en sciences sociales et parviennent de mieux en mieux à échapper à la détection

Les sondages en ligne qui ont contribué à transformer la recherche moderne en sciences sociales sont menacés par l’intelligence artificielle. «Des chercheurs avertissent qu’une vague de chatbots se faisant passer pour des personnes pourrait corrompre ou invalider les enquêtes en ligne qui alimentent chaque année des milliers d’études. Ils exhortent les entreprises qui mènent ces enquêtes à prendre davantage de mesures pour remédier à ce problème.»

Le Centre suisse de compétence pour l’intégrité scientifique est opérationnel

«Depuis le 1er janvier 2026, la Suisse dispose d’un Centre de compétence pour l’intégrité scientifique, dont la présidence est assurée par le professeur émérite Edwin Constable et la direction par Viviane Premand, docteure en droit. Le Centre de compétence enregistre d’une part les procédures, les sanctions et les mesures relatives à l’intégrité scientifique en Suisse annoncées par les hautes écoles et les institutions du domaine et, d’autre part, épaule les hautes écoles en matière d’intégrité scientifique.»

Le FNS prévoit des restrictions dans l’encouragement des projets

«Pour faire face à la forte hausse de la demande de subsides, le FNS prévoit des restrictions dans l’Encouragement de projets. Le but est de préserver la qualité de la procédure d’évaluation et de stabiliser les taux de succès.»

Le FNS mène une réflexion sur des nouvelles mesures à introduire en 2026, comme:

  • une limitation à deux subsides par scientifique au maximum, l’un d’entre eux devant concerner un projet Lead Agency / Weave / ICIS.
  • une limitation à une requête par chercheur·e sur une période de 12 mois
  • une exclusion des requérant·es à l’étranger en dehors des projets Lead Agency / Weave / ICIS.
  • une revue à la baisse des plafonds budgétaires des projets soumis

 

Une étude rétractée après 25 ans de suspicion de conflits d’intérêts

«Une influente étude affirmant que le glyphosate ne présente aucun risque grave pour la santé a été récemment retirée pour suspicion de conflits d’intérêts, 25 ans après cette publication qui a entre-temps guidé nombre de décisions politiques malgré des alertes quant à la probité de ses auteurs. Si des chercheurs ont salué cette rétractation, sa lenteur interroge quant à l’intégrité de la recherche menée autour de l’ingrédient clé du Roundup, herbicide le plus vendu dans le monde.» (Le Temps)

En 2002, soit deux ans après la publication de l’étude, une lettre signée par une vingtaine de chercheur·euses dénonçait déjà «des conflits d’intérêts, un manque de transparence et l’absence d’indépendance éditoriale» au sein de la revue scientifique. L’affaire a ensuite éclaté en 2017 lorsque des documents internes de l’entreprise en conflit d’intérêt ont été divulgués, révélant le rôle d’employé·es de l’entreprise dans l’écriture de l’étude désormais retirée.

Naomi Oreskes, historienne des sciences à l’Université Harvard et coautrice d’une publication à propos de l’influence de cette étude, déclare que «la communauté scientifique a besoin de meilleurs mécanismes pour identifier et retirer les articles frauduleux». Pour Nathan Donley, scientifique du Centre pour la diversité biologique, cet épisode n’est qu’un exemple d’«un phénomène plus large au sein de la littérature scientifique». «Je suis sûr qu’il y beaucoup articles du même genre, écrits par d’autres que leurs auteurs affichés et aux conflits d’intérêts non déclarés», déclare John Ioannidis, professeur à l’Université Stanford. «Mais ils sont très difficiles à révéler, à moins de se plonger» dans des documents d’archives, ajoute-t-il

Objectivité scientifique mise en doute dans une thèse financée par le FNS

Le journaliste de la NZZ Rico Bandle interroge l’objectivité scientifique d’une thèse de doctorat acceptée au Geneva Graduate Institute cet automne, et la lie à «la montée d’idéologies dans de nombreuses universités en Europe et aux États-Unis». Le sujet de la thèse traite du trafic de sperme issu des prisons israéliennes, afin que le liquide soit livré aux femmes des prisonniers pour qu’elles puissent tomber enceintes par insémination artificielle.

L’anthropologue remis en question, Izzeddin Ara, a interrogé une cinquantaine de mères, qui sont tombées enceintes à la suite d’un trafic de sperme, et qui «voient leur maternité comme faisant partie de la résistance, qu’elles ont surmonté les épreuves non seulement pour elles-mêmes mais surtout pour la communauté palestinienne». Le journaliste voit plusieurs problématiques dans l’écriture de cette thèse. Il met notamment en avant la «grande probabilité» que ce travail glorifie des gens qualifiés de «prisonniers politiques» alors qu’ils auraient «planifié ou même exécuté des assassinats d’innocents». Il note également l’utilisation par l’auteur, lui-même d’origine palestinienne, du terme «Palestine historique» à la place de «Israël». Le journaliste se demande ainsi: «Pourquoi les professeurs responsables ne l’ont-ils pas informé des lacunes? Pourquoi une université reconnue accepte-t-elle une thèse aussi unilatérale qui peut être interprétée comme glorifiant le terrorisme ?» Selon lui, l’acceptation de cette thèse est directement liée à la montée actuelle d’idéologies dans les universités occidentales.

Le journaliste relève par ailleurs l’existence de liens étroits entre le Geneva Graduate Institute et le Qatar, le pays qui a financé le Hamas et dont les revenus pétroliers favorisent la diffusion de l’idéologie des Frères musulmans dans le monde entier. Marie-Laure Salles, directrice du Geneva Graduate Institute, précise néanmoins que la coopération avec le Qatar n’a aucune incidence sur le contenu de la recherche: «il n’y a absolument aucun financement du fonds qatarien pour nos activités de recherche ou notre programme de doctorat». Le doctorat d’Izzeddin Araj a été financé par une bourse d’excellence du FNS pour trois ans et par un financement interne de l’institut (qui est lui-même financé par la Confédération à hauteur de 18 millions de francs par an, ainsi que par le canton de Genève). Interrogé, le SEFRI déclare que la demande de recherche qui a servi de base à la décision concernant la bourse d’Izzeddin Araj en 2020 «est très différente du contenu de la thèse publiée en 2025», et renvoie la responsabilité à l’institut qui a supervisé le travail.

La Commission européenne prévoit un mécanisme d’alerte pour les cas d’utilisation abusive de l’IA dans le domaine scientifique

La Commission européenne prévoit de mettre en place un mécanisme qui aiderait les chercheurs à signaler leurs préoccupations concernant l’utilisation abusive de l’IA dans le domaine scientifique. Cela pourrait inclure la création d’un organisme indépendant ou d’un point de contact au niveau de l’UE chargé de gérer les cas de dénonciation («whistleblowing»).

Cette proposition générale a été bien accueillie par la communauté scientifique, même si des questions subsistent quant à l’approche adoptée.

Plusieurs universitaires demandent que les universités soient impliquées dans la création d’un tel mécanisme dès le début «afin de garantir que les règles soient réalistes, reflètent les conditions réelles de la recherche et respectent la diversité des cultures de recherche à travers l’Europe».

Ceci serait particulier important lorsqu’il existe un risque d’ingérence politique dans la recherche. «De nombreux partis populistes en pleine expansion à travers l’Europe développent une rhétorique anti-science et s’attaquent à certains domaines de recherche», déclare Julien Chicot, responsable de la politique de recherche et d’innovation à la Guilde des universités européennes à forte intensité de recherche. «Dans ce contexte [. . .], tout mécanisme de dénonciation devrait être activé par les chercheurs dans le cadre d’un débat scientifique plus large sur la qualité et l’intégrité de l’utilisation de l’IA dans la recherche. Sinon, la liberté de la recherche scientifique pourrait être menacée.»

«Les millions d’UBS menacent l’indépendance des universités»

«Le Conseil fédéral maintient 24 milliards de fonds propres supplémentaires pour UBS. Or les experts censés évaluer la mesure sont souvent financés par le secteur bancaire.»

Le Swiss Finance Institute par exemple, financé par l’Association suisse des banquiers, complète les salaires de 27 professeur·es dans plusieurs établissement suisses: l’Université de Zurich, l’EPFZ, l’EPFL, ainsi que les Universités de Saint-Gall, Lucerne, Lausanne, Genève, Bâle et l’Università della Svizzera italiana. De plus, l’UBS et la Crédit Suisse ont fait des dons importants à l’UBS et à l’Université de Saint-Gall. 

Deux experts interrogés sur la question de l’indépendance ne sont pas d’accord quant à l’existence d’un conflit d’intérêt qui empêcherait une recherche indépendante.

Dans le contexte où le Conseil doit décider sur les fonds propres pour l’UBS, l’auteur de l’article écrit : «on peut s’interroger sur le fait que le Conseil fédéral se fonde uniquement sur une expertise scientifique de l’académie pour trancher cette question cruciale des coûts.»

 

Penser la recherche médicale dans les limites planétaires

Swissuniversities l’affirme, les hautes écoles doivent être des actrices majeures d’une transition vers une société durable.

Julia Gonzalez Holguera et Julien Meillard de l’UNIL écrivent qu’«En tant que lieu de production de connaissances, elles ont un rôle à jouer pour comprendre les enjeux et accompagner le développement et le déploiement de solutions. En tant que lieu de formation, elles doivent assurer la transmission de connaissances et de compétences adaptées aux métiers de demain. Cette responsabilité devrait conduire à revoir les cursus, voire à questionner les structures disciplinaires.»

Les questions suivantes ont été soulevées:  Penser la recherche médicale dans les limites planétaires, est-ce une atteinte à la liberté académique, voire une menace pour l’excellence scientifique?

«On en retient surtout le besoin d’oser questionner les pratiques et la culture de recherche, y compris les thématiques d’intérêts, en affrontant des questions délicates et sans s’attendre à des réponses faciles.»

«L’Europe, ventre mou et sans vision de la publication scientifique»

Pierre Mounier, ingénieur de recherche à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), coordinateur de l’infrastructure européenne Operas et codirecteur du Directory of Open Access Books, défend l’idée que l’Europe devrait investir, au niveau de la dépense publique, dans ses propres infrastructures et acteurs stratégiques de l’édition scientifique, plutôt que dans des éditeurs commerciaux «qui ne font manifestement pas leur travail de contrôle qualité». Il voit ce projet sous le signe d’une double souveraineté européenne: souveraineté scientifique (indépendance des politiques scientifiques et éditoriales des revues dans lesquelles les chercheur·euses publient) et souveraineté stratégique («car la science redevient affaire de rapports de force entre pouvoirs politiques»). Dans un contexte de science ouverte, il souligne que la France possède OpenEdition comme structure existante, et que l’Europe comprend Operas, des structures éditoriales «champions», pourtant «souvent peu soutenues par les financeurs et les politiques de la recherche».