Condamné en première instance, le chercheur de l’EPFL Solal Pirelli a été entièrement blanchi en appel pour avoir dénoncé une fraude scientifique. En 2023, cet ancien doctorant avait révélé sur son blog qu’un professeur jordanien gonflait artificiellement son taux de citations. Le professeur incriminé l’a accusé de diffamation, mais par la suite une enquête de l’Association for Computing Machinery (ACM) a confirmé des falsifications systématiques. La Cour d’appel a donc acquitté le lanceur d’alerte, jugeant que la défense de l’intégrité scientifique relève de l’intérêt public.
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Sujet: gestion de conflit
L’avocat du professeur François Gauthier dénonce un licenciement abusif lié aux prises de position de son client, engagé notamment contre la hausse des taxes universitaires et ses critiques en lien avec le Centre Suisse Islam et Société.
L’université reproche à François Gauthier de ne pas avoir rempli son cahier des charges et il serait aussi question de conflits avec certains collègues depuis plusieurs années.
«La Haute école pédagogique vaudoise semble faire face à une crise de gouvernance. Une enquête de la RTS révèle un climat de travail tendu, marqué par des décisions opaques et un manque d’écoute. La direction souligne la complexité de gérer une institution en croissance et qui se réorganise.»
Les étudiant-es de bachelor et de master à l’Université de Genève disposent désormais d’une permanence hebdomadaire, ouverte tous les mardis de 9h à 17h. «Soutenu par le programme fédéral Equité (2025-2028) de swissuniversities, le projet Uni(in)formée vise à prévenir et à combattre les atteintes à la personnalité au sein de l’Université dans les relations d’études. Ce projet s’inscrit dans la volonté institutionnelle de mieux accompagner les membres de la communauté de l’UNIGE confronté-es à des situations conflictuelles, de discriminations, de harcèlement psychologique ou sexuel, ou de violences.»
«Plus de 120 collaborateurs et collaboratrices du Département de réadaptation et de gériatrie (DRG) des HUG à Genève se disent victimes de racisme. Après un sondage interne dévoilé mercredi, l’établissement veut renforcer le dispositif de signalement et de suivi.»
La rectrice Luisa Lambertini a démissionné après seulement deux ans à la tête de l’USI, invoquant son souhait de se consacrer à nouveau entièrement à la recherche. Son prédécesseur Boas Erez, premier recteur de l’USI, avait lui aussi quitté ses fonctions avant la fin de son mandat.
Dans une interview accordée à la RSI, Piero Martinoli, ancien président de l’Université de 2006 à 2016, déclare ignorer les raisons exactes de cette démission. Il estime toutefois que ces deux départs prématurés révèlent des dysfonctionnements dans la structure organisationnelle de l’institution. Il évoque notamment des tensions latentes entre le conseil universitaire et le rectorat. L’émission de la SRF mentionne également les ambitions de l’ancienne rectrice de faire progresser l’USI dans un contexte où les ressources de toutes les universités suisses sont en forte diminution.
Quelques mois après les évènements qui avaient perturbé la fête de Vivapoly, l’EPFL renonce finalement à sanctionner les étudiant·es propalestinien·nes qui avaient scandé des «slogans antisionistes haineux». L’EPFL avait alors déposé une plainte pénale pour incitation à la haine.
«Après s’être entretenue avec les étudiants concernés, la direction annonce ce mercredi qu’aucune expulsion ne sera prononcée. À la place, les militants reçoivent un simple carton jaune pour avoir «contrevenu à la bienséance» et «porté atteinte aux membres de l’association Shalom». […] Cette décision se veut plus compréhensive du contexte qui a poussé ces étudiants à agir: «Dans une volonté d’apaisement et tenant compte notamment de l’émotion légitime entourant le conflit qui motivait la manifestation, l’école renonce à prononcer des mesures disciplinaires.»» (24 heures)
Un colloque universitaire sur la Palestine a été annulé par le Collège de France. L’événement intitulé «La Palestine et l’Europe: poids du passé et dynamiques contemporaines», devait se tenir les jeudi 13 et vendredi 14 novembre, coorganisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep Paris). Mais le dimanche 9 novembre, un communiqué annonce l’annulation de l’événement. Thomas Römer, administrateur du Collège de France y explique n’avoir pas eu d’autre choix que de renoncer «face à la polémique, mais aussi aux risques qui se manifestent autour de ce colloque».
Vendredi 7 novembre, un article du Point accusant le colloque d’être, entre autres, «pro-palestinien», «antisioniste» et «à haut risque», la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a annoncé sur X «saisir» le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste. Ce dernier a alors adressé une lettre à l’administrateur du Collège de France, dans laquelle il écrit: «Sans préjuger des propos qui seront effectivement tenus, je ne peux que constater, à la lecture du programme, un parti pris sur un sujet délicat et fortement polémique. […] Au vu de ce programme, je doute que vous soyez en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer.» L’entourage du ministre assure au Monde que «c’est la décision exclusive du Collège de France que de choisir d’annuler le colloque» et qu’il n’y a eu «aucune pression» exercée par le ministre.
Mardi 11 novembre, le Collège de France a indiqué au Monde que, bien que le colloque respectait les règles générales en matière de liberté académique, «la question de la pluralité des analyses a été publiquement mise en cause par différents acteurs», ce qui aurait suffi à compromettre la tenue de l’événement, en plus de la crainte de «débordements».
«Tout cela est assez emblématique de ce qui se passe dans le monde académique avec des approches très orientées, un regard très militant sur la question du Proche-Orient», juge Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des juifs de France, qui salue la décision d’annulation. D’autres universitaires dénoncent au contraire une censure. Selon le politiste Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique, «tout cela est accablant». «Le ministre a dérogé au principe de respect de la liberté académique, et il le sait. Dans un même courrier, le ministre dit qu’il est le garant de la liberté académique, mais qu’il se garde d’agir pour la garantir.»
L’association France Universités, réunissant les dirigeant·es des universités et établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dit avoir appris «avec stupeur» cette annulation. Dans un communiqué du 10 novembre, elle fait part de son incompréhension et d’une «vive inquiétude» à l’égard des libertés académiques.
Une lettre ouverte circule actuellement dans les universités qui avance que «Le prétexte de « neutralité » académique apparaît ici comme un instrument de contrôle idéologique des institutions scientifiques pour dissuader toute production intellectuelle critique.» Les 2520 signataires (le 13.11 à 10h) demandent la démission du ministre français de l’enseignement supérieur et de la recherche.
«La rectrice de l’université, Audrey Leuba, revient sur la manifestation ayant entouré le déplacement de Martin Pfister à Genève mercredi dernier.»
Le Conseil d’État propose un projet de modification de la loi sur la Haute école pédagogique, dont le principal objectif est d’introduire une voie de réclamation. La voie de droit actuellement prévue pour les étudiantes et les étudiants ne permet plus de traiter les recours dans des délais raisonnables. […] Une première instance similaire existe déjà à l’Université de Lausanne et dans les hautes écoles spécialisées du Canton.
«Il était considéré comme un chercheur vedette : le climatologue rénommé Thomas Crowther a enseigné pendant sept ans à l’ETH Zurich, puis a dû quitter l’institution en raison d’accusations d’abus. L’affaire est close, mais elle en dit long sur le problème de l’abus de pouvoir dans les universités suisses.»
Le professeur avait enfreint à plusieurs reprises les règles internes dans différents domaines. De plus, il a exercé ses responsabilités de direction d’une manière qui contredit en partie les valeurs de l’ETH Zurich.
Tom Crowther est donc licencié au lieu d’être engagé cette année comme professeur à durée indéterminée à l’ETH. L’ETH a mis ensuite en place un système de signalement en ligne amélioré. Sur demande, elle précise également que les futur·es professeur·es sont aujourd’hui soumis à un examen plus approfondi de leurs compétences en matière de direction qu’il y a quelques années. Selon son expérience, il faut avant tout une chose pour lutter contre les abus de pouvoir dans les universités, explique la sociologue et politologue Margrith Hugentobler, co-fondatrice de l’organisation Speak up in Academia :«En fin de compte, le message doit venir du sommet : «Cela ne sera pas toléré chez nous.»»
Dans le cadre d’une procédure de conciliation devant le préfet de l’Ouest lausannois, un accord a été négocié entre l’EPFL et le collectif Cambium: le bail de la ferme sera prolongé de 4 ans, soit jusqu’au 31 janvier 2030. A partir de cette date, la micro-ferme exploitée par le collectif devra définitivement être réaffectée en centre scientifique, le Centre interfacultaire Bernoulli, un institut d’enseignement et de recherche de portée internationale en mathématiques, informatique et physique théorique.
Bien que soulagé·es, les actuel·les exploitant·es affirment toutefois que selon elles et eux, l’affectation de la parcelle et des bâtiments devrait rester agricole. «En effet, à ce stade, aucune mise à l’enquête n’a été déposée et rien n’indique la légalité de transformer ces bâtiments agricoles en pleine activité en de simples bureaux», écrit le collectif sur son site. Ses membres invitent donc à continuer de signer la lettre ouverte demandant la pérennisation du projet agricole. L’EPFL annonce de son côté que les terres actuellement cultivées par le collectif Cambium «garderont la vocation d’agriculture et de préservation de la biodiversité après le départ des fermiers».
Un ancien assistant postdoctorant et chargé d’enseignement est accusé de calomnie par son ancien supérieur, ancien recteur de l’Université Lumière Lyon ayant dirigé la chaire d’histoire à l’Université de Neuchâtel. L’accusé nie avoir été à l’origine d’une enquête conjointe du journal d’investigation en ligne «Mediapart» et du quotidien «ArcInfo», parue en mai 2022, soupçonnant le supérieur de fraude comptable à partir du budget de l’Institut d’histoire. Il était aussi question dans cet article de conflit d’intérêts, en raison du partenariat académique et financier de cinq ans signé par l’alma mater neuchâteloise avec le Centre européen des études républicaines, proche du PS français.
Les accusations contre le professeur ont été réfutées par un audit commandé par l’université. La juge rendra son verdict ultérieurement.
En 2023, un professeur de l’EPFL avait porté plainte pour calomnie et, à titre subsidiaire, diffamation suite à l’envoi d’une lettre critique à son égard. Afin de mener son enquête, le Ministère public de l’arrondissement de Lausanne a demandé à l’EPFL un original de la lettre. L’EPFL a refusé, estimant «qu’il est de sa responsabilité d’institution formatrice […] de préserver la carrière estudiantine et professionnelle des signataires». Le Tribunal fédéral a donné raison à l’institution en juin dernier, affirmant «que c’est à l’autorité compétente de l’EPFL de décider ou pas de transmettre à la justice l’identité des signataires de la lettre, et non pas au Tribunal lui-même. En clair, seule la hiérarchie d’un fonctionnaire peut le délier de son secret professionnel, et non pas un juge.»
Une enquête menée auprès de «détectives» scientifiques («data sleuths»), qui agissent souvent anonymement, et de responsables de l’intégrité dans les instituts de recherche montre que les deux groupes ne sont pas d’accord sur la manière de traiter les cas graves d’inconduite dans la recherche, tels que la fabrication de données, la manipulation d’images et le plagiat. Les deux groupes ont des désaccords sur la question si les universités peuvent mener des enquêtes équitables sur leurs propres chercheurs et sur les mesures à prendre lorsqu’une faute est constatée.
Par ailleurs, un groupe d’experts en intégrité de la recherche a récemment lancé une boîte à outils à l’intention des chercheurs, qui explique comment repérer les articles scientifiques suspects, la Collection of Open Science Integrity Guides (COSIG).
Dans une lettre ouverte publié dans Le Temps, plus de 300 signataires dénoncent l’article du Temps du 18 juin 2025 qui faisait état d’un «climat de terreur» au sein de l’institution, «un article à charge qui oublie d’être factuel, et s’appuie sur des témoignages isolés, anonymes, voire littéralement des «échos» de politiques que nous n’avons d’ailleurs pas eu le plaisir de croiser dans ces «couloirs de la terreur».
Les signataires témoignent «pour restaurer l’équilibre des faits sur l’ambiance actuelle à l’Unil, au titre de cette masse silencieuse, mais heureuse d’y travailler, que Le Temps a omis de questionner». La lettre remercie la direction «pour avoir su faire preuve d’audace et de vision dans une période qui en a plus que jamais besoin.»
«L’Unil, c’est une institution inspirante, qui peut être dérangeante, ou bouleversante, mais, à paraphraser Michael Schaepman, président de l’Université de Zurich, c’est son rôle et sa mission.»
«Au-delà de ces désaccords, l’Unil, c’est l’exemple d’une université responsable qui, en plus d’une excellente recherche scientifique et d’un haut niveau d’enseignement, s’est haussée au sommet des hautes écoles suisses en matière de durabilité. C’est un laboratoire d’expérimentation sociétale de la transformation socioécologique nécessaire, une université qui fait le choix d’être proche des enjeux et préoccupations de l’ensemble des citoyens. […]»
«La dénonciation par l’Université de Genève (UNIGE) de son partenariat stratégique avec l’Université hébraïque de Jérusalem est «fermement» condamnée par l’Association pour le soutien et la promotion des membres juifs des hautes écoles suisses.» (Tribune de Genève)
Un rapport de l’EPFZ conclut que le professeur en écologie Thomas Crowther de l’EPFZ n’a pas suivi les règles de gouvernance « sur une variété de sujets ». Ce rapport expurgé – qui ne cite pas le nom de M. Crowther mais décrit des détails qui correspondent à son cas – fait également état de multiples allégations de comportement inapproprié à l’égard d’employés. À la suite de ces conclusions, M. Crowther s’est vu refuser la titularisation et quittera l’institution en septembre, à l’expiration de son contrat, a annoncé l’université.
Dans son rapport, l’EPF critique également le fait qu’après la publication d’un article du Tages-Anzeiger en août, le professeur a facturé à cette rédaction les frais de son avocat et de son travail médiatique à l’EPF. L’école supérieure lui aurait fait remarquer à plusieurs reprises qu’il était interdit de faire appel à une agence de communication externe. Dans le rapport de l’EPF, Crowther regrette à cet égard «quelques négligences mineures» et a remboursé l’argent. Selon le récent article du Tages-Anzeiger, «Son offensive de communication a en tout cas porté ses fruits. […] [L]a NZZ a publié un article détaillé qui présentait Crowther comme une victime – mais sans attendre le résultat de l’enquête. Le conseiller en relations publiques du professeur a ensuite écrit dans les médias sociaux, en se référant à l’article de la NZZ, que son client était victime d’un «système institutionnel».»
Un récent article de la NZZ met, par ailleurs, en avant les critiques d’une partie des membres du « Crowther Lab », qui a adressé une lettre de soutien à la direction de l’EPFZ et la direction des ressources humaine. Les auteurs-rices de la lettre reprochent à l’EPFZ d’avoir mené une enquête «peu rigoureuse» et «erronée», qui était n’était ni juste ni neutre. «Cela a créé un environnement d’intimidation, de partialité et de distorsion des faits.»
«Tandis que la destruction des Palestiniens s’accélère, à Gaza comme en Cisjordanie, le rectorat de l’Université de Lausanne maintient sa position rigide contre le professeur Joseph Daher. Un pas de plus dans l’ignominie, estime l’écrivain Quentin Mouron.»
L’Université de Bâle a adapté son règlement sur la protection de l’intégrité personnelle et transformé son ancien service de coordination en service spécialisé dans l’intégrité personnelle (FPI). Ce dernier aura plus de ressources qu’auparavant. La démarche fait suite aux accusations selon lesquelles l’Université aurait protégé des auteurs de cas de harcèlement en automne dernier.
Dorénavant, il sera «possible de faire appel à une autre personne externe chargée de l’enquête, comme par exemple quelqu’un ayant des connaissances spécifiques dans le domaine de la violence sexuelle, mais qui n’est pas employé par l’université. L’indépendance d’une procédure doit ainsi être garantie.» Désormais, le délai dans lequel les personnes concernées peuvent déposer une plainte auprès du service juridique de l’Université est d’une année, contre six mois auparavant. Les plaintes peuvent concerner des incidents «de discrimination, de mobbing ou de harcèlement sexuel commis par une personne employée à l’université». «L’université peut clarifier des processus internes et décider de mesures telles que l’exmatriculation ou l’exclusion de l’université, mais elle ne peut pas engager de poursuites pénales. En cas de délits graves, les personnes concernées devraient porter plainte auprès de la police.» Le règlement entre en vigueur avec effet rétroactif au 1er janvier 2025, et son adaptation est «n’est apparemment qu’une étape parmi d’autres que l’université souhaite désormais franchir».
D’autres propositions d’amélioration actuellement à l’étude ont été faites par différents groupes universitaires comme la Skuba, l’Avuba et la Dozuba. Il s’agit par exemple de «formations obligatoires, d’informations sur la procédure de signalement à la FPI ou d’un nouveau poste de lanceurs d’alerte».