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Sujet: gestion des finances universitaires

L’ETH contrainte de réviser le critère d’égalité salariale pour son approvisionnement en électricité

Dans le cadre de ses marchés publics pour la période 2029-2030, l’ETH Zurich souhaitait faire de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes un critère d’attribution. Alors que les processus de sélections précédents reposaient uniquement sur le prix, cette nouvelle prévoyait d’intégrer l’égalité des sexes à hauteur de 10% dans l’évaluation finale, le prix conservant une pondération de 90%.

Cependant, le Tribunal administratif fédéral a conclu que l’outil en ligne « Logib », développé par le Bureau fédéral de l’égalité et choisi par l’ETH pour mesure ces écarts, n’était pas conçu pour évaluer des entreprises de marchés publics.

Le Conseil fédéral ne prévoit pas de nouvelles coupes pour 2027, mais maintient le plan d’allègement

«De nouvelles coupes dans les finances fédérales ne seront pas nécessaires pour 2027, indique le Conseil fédéral mercredi. Il annonce des recettes 1,8 milliard supérieures à ce qui avait été estimé en février.» (RTS)

Le gouvernement fédéral annonce également des perspectives plus favorables pour les exercices budgétaires 2028 à 2030. (SRF)

«Le plan d’allègement 2027-2029 est toutefois maintenu.» (RTS)

Martin Pfister, Conseiller fédéral en charge de l’armée, propose en conséquence une augmentation de la TVA de 0,5% (au lieu de 0,8%) pour financer des achats d’armement. «Rien qu’entre 2027 et 2032, le budget de l’armée devrait passer de sept à dix milliards de francs. Toutefois, le financement de cette augmentation ne sera assuré que si le conseiller fédéral Pfister parvient à faire adopter son projet d’augmentation de la TVA par le Parlement, puis par référendum.» (Tages-Anzeiger)

 

23 millions de francs pour l’Université de Saint-Gall

L’Université de Saint-Gall (HSG) a reçu un don de 23,75 millions de francs suisses de la part d’un ancien étudiant norvégien, Christen Sveaas. L’Université prévoit d’investir 20 millions de francs sur le marché des capitaux afin de générer des rendements à long terme, calqué sur le modèle de gestion financière des universités privées américaines.

Les 3,75 millions de francs suisses restants serviront à financer un programme visant à accueillir chaque année à Saint-Gall jusqu’à 45 étudiant·es de master particulièrement brillant·es de Suisse et d’Europe, afin de leur offrir un accompagnement et un perfectionnement ciblés.

«Yale ne se réfugie pas derrière la ruse consistant à blâmer Donald Trump»

Sous l’impulsion de sa présidente Maurie McInnis, l’Université de Yale a mandaté et publié un rapport d’une franchise inédite, validant les critiques majeures adressées au monde académique.

Madame McInnis y souligne l’urgence de ce virage : «Aujourd’hui, les universités du pays font face à une vague historique de demandes de changement. La confiance envers les institutions s’érode c’est un problème que nous ne pouvons ignorer. Pour que l’enseignement supérieur serve l’intérêt public, nous avons besoin de la confiance du public». Cette démarche a été saluée par le Wall Street Journal, qui y voit une rupture avec l’arrogance et la posture défensive habituelles du milieu universitaire. Le journal notant qu’ils «ne se réfugient pas derrière la ruse consistant à blâmer Donald Trump». 

Le document dénonce ainsi sans détour la dérive des coûts, la bureaucratie galopante, l’inflation des notes et l’opacité des admissions. Plus frappant encore, Yale admet l’existence d’une «monoculture» idéologique qui étouffe le débat.

Pour y remédier, l’université dit imposer à ses départements, dès l’année 2026-2027, une révision de leurs programmes afin de garantir une réelle diversité des perspectives intellectuelles et le respect de la liberté académique.

[L’article est accessible via le PressReader de la BCU.]

Financement par des donateurs individuels : les enseignements tirés de l’affaire Epstein

Selon l’éditorial de Nature, les universités doivent mettre en place des équipes chargées de la compliance ayant non seulement le pouvoir d’évaluer les risques liés aux sources de financement, mais aussi de donner suite à leurs conclusions afin de garantir le respect des politiques de financement éthiques.

Science et bz Zeitung für die Region Basel mettent en lumière des scientifiques qui ont refusé des fonds du sulfureux mécène de la recherche Jeffrey Epstein.

Les prix de Microsoft dans le viseur suisse

«La Commission de la concurrence a ouvert hier une enquête préalable contre l’entreprise américaine concernant le prix de ses licences, qui s’est envolé. […] Le 1er janvier dernier, un utilisateur constatait que le prix de son abonnement Microsoft 365 Personal passera de 69,95 francs par an à 99,95 francs dès mi-février, soit un bond de 43%. […] Un expert souligne la difficulté qu’auront les autorités à prendre Microsoft en défaut.

Plan d’économie du Canton Vaud: qui paie le prix des coupes?

«Après l’adoption du budget, [l’Unil] devra composer avec un déficit de 20,7 millions de francs pour 2026, malgré des coupes déjà engagées de l’ordre de 2% en 2025, précise le recteur, Frédéric Herman. «Aujourd’hui, nous ne savons pas si les coupes acceptées par le Grand Conseil seront structurelles ou conjoncturelles.» Le recteur indique que l’UNIL devra poursuivre ses efforts jusqu’en 2028. Pour éviter les licenciements, la direction privilégie pour l’instant le gel de postes.»  […]«L’UNIL a toujours su gérer ses budgets, mais l’ampleur
des coupes cantonales et fédérales annoncées, combinées à celles du FNS et d’Innosuisse, ne pourront que se traduire par une diminution des prestations d’enseignement et de recherche» […].

«La fonction publique vaudoise dans la rue contre les coupes budgétaires»

Mardi 18 novembre, des employé·es des structures publiques et parapubliques, soit du personnel de l’école obligatoire, des gymnases, de l’UNIL, des hôpitaux, des structures sociales, de la police, ainsi que des les milieux d’accueil de la petite enfance ont participé à une journée de grève et mobilisation dans tout le canton. Les participant·es se sont mobilisé·es contre «l’austérité» du projet de budget 2026 de l’exécutif cantonal, qui vise 305 millions d’économies, dont une contribution de crise de 0,7% sur les salaires. Selon les syndicats organisateurs de l’événement, 25’000 personnes étaient présentes dans les rues en soirée, 16’000 selon la police. En moyenne, il s’agit de près de la moitié des employé·es de l’Etat (42’000 salarié·es).

«À l’Université de Lausanne, en début d’après-midi, on comptait 1200 étudiants et plus d’une centaine de salariés en grève. Au cas où une baisse de 3,8% de la subvention cantonale à l’Université de Lausanne qui est prévue pour 2026 (−13,9 millions) serait validée par le parlement, les facultés ont anticipé en préparant leur plan de coupe: suppressions de postes, gel des embauches, coupes des subventions pour la diversité, suppression d’enseignements optionnels et recrutement de professeurs au statut précaire…» Kelly Harrison, secrétaire générale de l’Association du corps intermédiaire et des doctorants de l’UNIL, dit regretter que tous les niveaux soient touchés par les mesures. Elle s’inquiète également que les coupes concernent davantage les personnes «en bas de l’échelle». (24 heures)

«Contactée par Le Courrier, la présidente du Conseil d’Etat et cheffe des Finances, Christelle Luisier Brodard, défend la ligne gouvernementale: «Nous prenons acte de la mobilisation et sommes conscients de l’engagement et des efforts consentis chaque jour par le personnel. Mais nous faisons face à une situation financière qui se dégrade. Le projet de budget présente toujours un déficit de 300 millions, sans action, il aurait été de 800 millions», explique l’élue libérale-radicale.» (Le Courrier)

Deux historiens collaborateurs de l’Université de Neuchâtel règlent leurs comptes au tribunal

Un ancien assistant postdoctorant et chargé d’enseignement est accusé de calomnie par son ancien supérieur, ancien recteur de l’Université Lumière Lyon ayant dirigé la chaire d’histoire à l’Université de Neuchâtel. L’accusé nie avoir été à l’origine d’une enquête conjointe du journal d’investigation en ligne «Mediapart» et du quotidien «ArcInfo», parue en mai 2022, soupçonnant le supérieur de fraude comptable à partir du budget de l’Institut d’histoire.  Il était aussi question dans cet article de conflit d’intérêts, en raison du partenariat académique et financier de cinq ans signé par l’alma mater neuchâteloise avec le Centre européen des études républicaines, proche du PS français.

Les accusations contre le professeur ont été réfutées par un audit commandé par l’université. La juge rendra son verdict ultérieurement.

6 propositions pour un financement à la hauteur des enjeux et des ambitions des universités

«France Universités dévoile six propositions pour un financement durable et responsable des universités, issues d’un colloque réunissant ses membres en juin 2025. Tout en rappelant un certain nombre de principes autour de l’engagement et de la responsabilité de l’État quant aux missions de service public des établissements publics d’enseignement supérieur, ces propositions confirment la capacité d’agilité et d’adaptation des universités à un contexte contraint des finances publiques.»

«Fatras au lieu de sa mission principale»

Le professeur de physique de l’Université de Fribourg Frank Scheffold alerte sur des dérives préoccupantes au sein des universités suisses. Selon lui, ces évolutions pourraient, à long terme, provoquer un éloignement croissant entre les hautes écoles, la population et ses représentant·es politiques, à l’image de la situation observée aux États-Unis.

Il prend pour exemple l’Université de Genève, qui «détourne une part toujours plus importante des fonds de recherche du Fonds national pour l’administration centrale». Un phénomène qu’il observe également à l’Université de Fribourg ainsi que dans d’autres institutions helvétiques. L’administration centrale et le rectorat consacrent par exemple des ressources croissantes à des objectifs comme la diversité ou la durabilité, souvent sans évaluation d’impact, tandis que les moyens pour la recherche diminuent. Des règles administratives strictes, comme l’obligation de voyager en train pour réduire les émissions de CO₂, accroissent la bureaucratie et nuiraient à l’efficacité.

Pour le professeur, «les objectifs politiques se confondent avec la mission d’enseignement et de recherche des universités». Il met en garde : si les universités suisses s’éloignent de cette mission essentielle, «leur efficacité diminuera rapidement, l’attractivité en pâtira et le personnel et les chercheur·euses de haut niveau seront de plus en plus frustré·es. En conséquence, le soutien de la population pourrait très vite s’effriter, comme c’est déjà le cas aux États-Unis.»

L’Université de Bâle recevra plus d’argent des deux cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne

L’université soutenue par les deux cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne recevra plus d’argent : au total, les deux Bâle veulent injecter 1,504 milliard de francs au cours des quatre prochaines années, soit 11% de plus que pour la période de prestations qui s’achève, de 2022 à 2025.

Les fonds alloués sont légèrement inférieurs aux demandes de l’université, qui avait demandé 1,593 milliard de francs. Les gouvernements n’ont pas reconnu, entre autres, la demande de l’université visant à ce que les deux Bâle supportent le manque à gagner lié au nouvel accord intercantonal universitaire (AIU), par exemple. La rectrice Andrea Schenker-Wicki est néanmoins satisfaite.

L’augmentation des contributions cantonales par rapport à la période précédente s’explique notamment par le renchérissement. De plus, la valeur du bâtiment du nouveau biocentre, plus élevée que celle prévue, qui était de 408,6 millions de francs au moment de l’emménagement, entraîne des amortissements plus importants.

En effet, l’Université de Bâle est une université chère en comparaison nationale – la troisième plus chère après les deux EPF en termes de dépenses par étudiant. Cela s’explique en partie par son profil d’université de recherche avec un accent sur les sciences de la vie, qui nécessitent des infrastructures et des coûts élevés. A l’inverse, l’Université de Bâle génère également les revenus par étudiant les plus élevés de toutes les universités soutenues par les cantons.

«Le nouveau logo de l’UNIL suscite la polémique»

Alors qu’«une cinquantaine de députés de tous bords ont interpellé le Conseil d’État, dénonçant les coûts de la nouvelle identité visuelle» de l’UNIL, des professionnel·les de la communication, interrogé·es par le 24 heures, défendent les qualités du nouveau logo et la nécessité du changement.

D’autres articles sur le sujet sont disponibles sous l’entrée suivante: [30.05.2025 – Réflexions sur le nouvel logo de l’UNIL].

Coupes budgétaires à l’UNIGE: le personnel scientifique et administratif en colère

Suite à un récent courriel envoyé par la directrice des finances de l’Université de Genève (Unige) annonçant une première série de mesures d’économies en 2025 afin de «stabiliser la situation financière de l’université», deux lettres de retour ont été envoyées par le personnel scientifique et administratif au rectorat de l’Unige en guise de protestation.

La première lettre est signée par les huit président·es de section de la faculté […] et «demande à la rectrice Audrey Leuba de revenir sur ces décisions». Elle dénonce des mesures qui impacteront «les deux missions primaires de l’université, l’enseignement et la recherche». Les auteur·ices se plaignent «du manque de concertation et de communication de la part du rectorat», accusé «d’opacité». «Dans leur lettre, les présidents de section reprochent au rectorat de vouloir transférer des ressources attribuées à l’enseignement et à la recherche pour financer l’administration centrale.»

La seconde vient de la part des administrateur·ices de toutes les facultés, «qui font part de leur désarroi face au rabotage budgétaire». Ils et elles dénoncent un «manque de transparence» de la part du rectorat et conteste sa méthodologie. «Les signataires écrivent que «les fondements» de la démarche n’ont jamais été clarifiés. Les décisions prises auront inévitablement pour conséquence des licenciements et l’impossibilité de remplacer des personnes absentes.»

Les mesures demandent à tous les services de «ne pas dépenser plus en 2025 que ce qu’ils ont déboursé en 2024» et modifient les fonds dits «overheads» («coûts indirects» en français). «Jusqu’à présent, le rectorat prélevait un forfait de 4,1 millions de francs sur le total des «overheads» alloués par le FNS, soit 40% de cette enveloppe en 2025. Or, le rectorat entend ponctionner non pas 40% mais 60% de ces fonds et les allouer à l’administration centrale. Ce qui pourrait représenter environ 1,7 million de francs de moins pour la recherche et l’enseignement. A cette nouvelle répartition s’ajoute une ponction de 10% dans les réserves rassemblées par les facultés sur lesdits fonds «overheads».» Alors qu’Audrey Leuba affirme que «certaines facultés détiennent des réserves considérables qui ne sont pas utilisées», les scientifiques parlent d’«une erreur stratégique grave», en expliquant que ces fonds servent à remplacer par exemple une machine si elle venant au bout de son cycle.

Ces nouvelles mesures de coupes budgétaires ont particulièrement surpris car un plan d’économies avait déjà été déployé, exigeant de l’institution d’économiser 4% de son budget durant la période de 2024 à 2027. L’objectif des nouvelles coupes est d’éviter le creusement du déficit net d’exploitation, évalué pour 2024 à 22 millions de francs. «Les projections ont montré que le plan d’économies 2024-2027 ne suffisait pas. Il a fallu réagir rapidement, avec une implémentation de mesures immédiates pour 2025 afin d’éviter de creuser le déficit», explique Audrey Leuba. «Si nous devons nous redimensionner, nous devons réfléchir à ce qui compose nos fondamentaux»

«L’ETHZ fait des économies en construisant un bâtiment somptueux»

L’ETHZ construit actuellement un nouveau bâtiment de physique sur le Hönggerberg à Zurich. Initialement prévu à 311 millions de francs, le budget de construction est finalement dépassé de 76 millions, soit de 25%. Sur le site d’information Nau.ch, l’économiste Hans-Ulrich Bigler dénonce ces dépenses de l’ETHZ dans un contexte de coupes budgétaires de la Confédération dans les domaines de la recherche et de la formation.

«On constate régulièrement que [le montant des versements budgétaires décidé par le parlement] est détourné pour financer des bâtiments somptueux. […] On ne comprend pas pourquoi il doit toujours s’agir de merveilles architecturales. Surtout si les moyens manquent. Mot-clé : programme d’économie de la Confédération», écrit Hans-Ulrich Bigler. Il conclut son article: «Une chose est claire. Si, d’une part, l’ETH se permet des dépassements de coûts de 76 millions pour le nouveau bâtiment et si, d’autre part, elle s’oppose avec véhémence à une économie prévue de 80 millions dans le cadre des efforts d’économie de la Confédération, cela est totalement déplacé.»

Les Etats-Unis interrogent l’ETHZ sur les questions de genre et de climat

Selon les recherches de la NZZ am Sonntag, les autorités américaines ont demandé à l’ETHZ des informations sur ses recherches. «L’ETH Zurich a reçu un ‘questionnaire’ de l’administration américaine concernant un projet pour lequel nous avons reçu des fonds fédéraux américains», a confirmé le service de presse de la haute école. Alors que l’institution polytechnique garde secret le nom du projet dont il s’agit ainsi que les questions du formulaire, il semblerait qu’il soit clair qu’elles portent sur la diversité, l’égalité, l’inclusion et le climat. En effet, de tels questionnaires avaient également été envoyés à des universités américaines, dont un professeur assistant de l’Université du Michigan avait récemment publié quelques questions sur Bluesky : «Pouvez-vous confirmer qu’il ne s’agit pas d’un projet de diversité, d’égalité et d’inclusion et qu’il ne contient pas de tels éléments?» ; «Pouvez-vous confirmer qu’il ne s’agit pas d’un projet de justice climatique ou environnementale?» ; «Le projet prend-il des mesures appropriées pour protéger les femmes et les défendre contre l’idéologie du genre?»

En Suisse, de nombreuses hautes écoles reçoivent des financements américains pour la recherche : l’ETH Zurich a reçu en moyenne près de 2,5 millions de francs par an de subventions américaines au cours des dix dernières année, l’EPFL a conclu cinq nouveaux accords pour environ 1,2 million de francs de soutien états-unien. Les universités de Bâle, Genève, Berne et Zurich comportent également des projets financés par les États-Unis. Toutefois, il semblerait qu’aucune autre institution n’ait encore reçu de tels questionnaires. L’ETHZ annonce cependant vouloir se concerter avec les autres universités suisses avant de répondre aux questions américaines.

«Dans le domaine de la recherche suisse, personne ou presque ne veut s’exprimer publiquement sur les questionnaires», écrit la NZZ am Sonntag, «le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation renvoie aux hautes écoles.» Malgré l’inquiétude des financements américains, la nouvelle situation de l’administration américaine pourrait toutefois profiter à la Suisse : de nombreux chercheur·euses tournent de plus en plus le dos aux États-Unis, se dirigeant alors parfois vers les deux EPF helvétiques. «Nous constatons actuellement un intérêt accru de la part des chercheurs américains», écrit l’EPFL.

Gel temporaire des financements fédéraux américains pour la recherche suisse

Donald Trump a décrété un gel temporaire des financements fédéraux américains durant 90 jours, afin de vérifier la conformité des programmes avec sa volonté politique. Sont concernés la Confédération, les ONGs ainsi que les universités. Le Fonds national suisse (FNS) affirme que les États-Unis sont le principal partenaire de la Suisse dans le domaine de la recherche. Selon les informations de la RTS, «les programmes de recherche touchant à la diversité, à l’équité et à l’inclusion, comme les études de genre et les recherches sur les personnes transgenres, sont particulièrement concernés par cette pause. Les projets en lien avec les politiques environnementales et les technologies vertes sont également dans le viseur.»

L’UNIL passe actuellement en revue ses programmes de recherche. Elle a envoyé jeudi dernier un mail à ses chercheur·euses, afin de recenser les projets concernés par des fonds fédéraux américains, dans le but de se préparer à cette nouvelle donne.

Le vice-recteur de l’Université de Genève Sébastien Castelltort annonce qu’aucune suspension n’est annoncée à Genève pour le moment. «Nous avons quelques projets qui pourraient être concernés, notamment dans le domaine de la santé», précise-t-il. «Nous avons énormément de collaborations, qui ne passent pas forcément par des moyens financiers, mais des voyages ou des échanges. C’est donc clair qu’il y a une instabilité qui n’est pas du tout favorable à la recherche pour l’instant», conclut-il.

«Le gouvernement américain ne respecte apparemment pas la liberté de la science», affrime de son côté Balthasar Glättli, conseiller national (les Vert·e·s, ZU).