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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: gestion des finances universitaires

ACIDUL rejoint le comité unitaire « NON à l’arnaque fiscale des 12% ».

«Profondément inquiète des effets de l’offensive repétée contre les services pubiques au niveau fédéral et cantonal, l’Association du corps intermédiaire et des doctorant·e·s de l’Université de Lausanne (ACIDUL) a rejoint le comité unitaire « NON à l’arnaque fiscale des 12% 

Par ailleurs, elle a publié un article sur les effets des coupes budgétaires cantonales à l’Unil. [«Cet article est en cours de révision, selon les retours des décanats.»]

«Inflation en hausse, budget inchangé : comment les subventions de l’ERC ont perdu une partie de leur impact»

Depuis sa création en 2007, l’ERC n’a jamais ajusté ses plafonds de financement pour tenir compte de l’inflation, qui a progressivement fait grimper les coûts liés au fonctionnement des laboratoires, à l’achat de matériel et, surtout, au recrutement de personnel.

Avant même que les scientifiques ne puissent acheter le moindre équipement, une grande partie de la subvention est absorbée par les salaires, les frais généraux des établissements et d’autres coûts indirects universitaires, qui étaient auparavant plafonnés à 20 % des coûts directs éligibles, avant qu’un taux forfaitaire de 25 % ne devienne la norme de l’ERC dans le cadre d’Horizon 2020. Et les salaires ont aussi augmenté, tout particulièrement en Allemagne. En l’espace de dix ans seulement, un chercheur y a constaté une hausse des salaires d’environ 35%.

« La Fondation pour l’Unine sort de l’ombre »

À la tête d’UBS Suisse entre 2006 et 2010 et actuel président de la Fondation pour l’Université de Neuchâtel, Alain Robert-Tissot précise le rôle et les ambitions de la plus jeune fondation universitaire de Suisse. Créée en 2021, cette institution prend vie dans un contexte de plus en plus complexe et compétitif pour le monde académique. L’ancien dirigeant insiste sur le fait que l’apport d’argent privé ne se substitue en aucun cas aux financements publics et usuels alloués aux différentes facultés. Il déclare cependant : « Les universités vont devoir davantage rechercher des fonds hors du secteur public. »

La Fondation agit alors comme un accélérateur grâce à la levée de fonds tiers, ce qui lui permet de soutenir de manière agile des projets jugés particulièrement porteurs. «Le premier servira à renforcer l’attractivité de l’Université de Neuchâtel pour les étudiants étrangers en créant une nouvelle filière de psychologie. Le deuxième développera une expérience sur la biodiversité à Chasseral. L’étude simulera une augmentation de la température de 2 degrés sur les organismes d’un périmètre défini. Finalement, le troisième projet sera consacré au soutien de la filière de journalisme de l’Université.» (RTN)

Pour faire connaître La Fondation, celle-ci a accueilli la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter pour discuter des finances publiques.

L’ère de la transparence à l’hôpital universitaire de Zurich

Suite au licenciement du chirurgien cardiaque Francesco Maisano, l’Hopital universitaire de Zurich (USZ) a publié les liens d’intérêts et les activités accessoires des ses praticien·nes sur son site web.

«Si l’on part du principe que le renforcement des règles est souvent une réaction à des dysfonctionnements, le règlement du personnel de l’hôpital universitaire en dit long : au cours des quatre dernières années, le conseil d’administration de l’hôpital l’a renforcé autant de fois, sous la pression des responsables politiques et d’une opinion publique de plus en plus sceptique. À lui seul, le nombre de pages consacrées aux règles relatives aux activités annexes et aux conflits d’intérêts a triplé.»

Selon la responsable en chef de la conformité de l’établissement, cette démarche vise à identifier les conflits d’intérêts potentiels, comme des activités secondaires concurrentielles de l’hôpital ou des participations dans des start-ups qui l’approvisionnent. La direction a fermement rappelé l’obligation de transparence totale pour toute collaboration avec des entreprises qui fournissent des prestations à l’USZ ou qui prennent en charge ses patient·es.

Selon un porte-parole de l’hôpital universitaire, des infractions aux directives internes ont été constatées dans une dizaine de cas.

 

Création de postes à l’Université de Lorraine pour traiter les demandes de subventions et collaborations

L’Université de Lorraine (FR) , comme L’Université de la Sorbonne ou l’Université de Nice Côte d’Azur, développe son expertise en matière de politiques publiques afin de répondre à leur rôle croissant en matière de financement en recrutant six chargés de mission européens pour accompagner les demandes de financements et de mettre en place de nouvelles collaborations de recherche.

Face aux priorités politiques de l’UE qui exercent une influence croissante dans les décisions relatives au financement de la recherche, chaque chargé de mission est responsable d’un domaine qui correspond aux priorités de l’Université et aux thèmes de recherche collaborative d’Horizon Europe, comme les ressources naturelles et l’environnement, l’énergie et la décarbonisation.

Cette initiative intervient alors que le gouvernement français a réduit les budgets nationaux consacrés à l’enseignement supérieur et à la recherche, permettant de s’aligner sur les futures tendances en matière de financement national, mais également de participer aux consultations de l’UE et de recueillir des prises de position, des projets de propositions réglementaires et d’autres documents pertinents afin de mieux comprendre les tendances politiques émergentes dans ces domaines.

L’ETH contrainte de réviser le critère d’égalité salariale pour son approvisionnement en électricité

Dans le cadre de ses marchés publics pour la période 2029-2030, l’ETH Zurich souhaitait faire de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes un critère d’attribution. Alors que les processus de sélections précédents reposaient uniquement sur le prix, cette nouvelle prévoyait d’intégrer l’égalité des sexes à hauteur de 10% dans l’évaluation finale, le prix conservant une pondération de 90%.

Cependant, le Tribunal administratif fédéral a conclu que l’outil en ligne « Logib », développé par le Bureau fédéral de l’égalité et choisi par l’ETH pour mesure ces écarts, n’était pas conçu pour évaluer des entreprises de marchés publics.

Le Conseil fédéral ne prévoit pas de nouvelles coupes pour 2027, mais maintient le plan d’allègement

«De nouvelles coupes dans les finances fédérales ne seront pas nécessaires pour 2027, indique le Conseil fédéral mercredi. Il annonce des recettes 1,8 milliard supérieures à ce qui avait été estimé en février.» (RTS)

Le gouvernement fédéral annonce également des perspectives plus favorables pour les exercices budgétaires 2028 à 2030. (SRF)

«Le plan d’allègement 2027-2029 est toutefois maintenu.» (RTS)

Martin Pfister, Conseiller fédéral en charge de l’armée, propose en conséquence une augmentation de la TVA de 0,5% (au lieu de 0,8%) pour financer des achats d’armement. «Rien qu’entre 2027 et 2032, le budget de l’armée devrait passer de sept à dix milliards de francs. Toutefois, le financement de cette augmentation ne sera assuré que si le conseiller fédéral Pfister parvient à faire adopter son projet d’augmentation de la TVA par le Parlement, puis par référendum.» (Tages-Anzeiger)

 

23 millions de francs pour l’Université de Saint-Gall

L’Université de Saint-Gall (HSG) a reçu un don de 23,75 millions de francs suisses de la part d’un ancien étudiant norvégien, Christen Sveaas. L’Université prévoit d’investir 20 millions de francs sur le marché des capitaux afin de générer des rendements à long terme, calqué sur le modèle de gestion financière des universités privées américaines.

Les 3,75 millions de francs suisses restants serviront à financer un programme visant à accueillir chaque année à Saint-Gall jusqu’à 45 étudiant·es de master particulièrement brillant·es de Suisse et d’Europe, afin de leur offrir un accompagnement et un perfectionnement ciblés.

«Yale ne se réfugie pas derrière la ruse consistant à blâmer Donald Trump»

Sous l’impulsion de sa présidente Maurie McInnis, l’Université de Yale a mandaté et publié un rapport d’une franchise inédite, validant les critiques majeures adressées au monde académique.

Madame McInnis y souligne l’urgence de ce virage : «Aujourd’hui, les universités du pays font face à une vague historique de demandes de changement. La confiance envers les institutions s’érode c’est un problème que nous ne pouvons ignorer. Pour que l’enseignement supérieur serve l’intérêt public, nous avons besoin de la confiance du public». Cette démarche a été saluée par le Wall Street Journal, qui y voit une rupture avec l’arrogance et la posture défensive habituelles du milieu universitaire. Le journal notant qu’ils «ne se réfugient pas derrière la ruse consistant à blâmer Donald Trump». 

Le document dénonce ainsi sans détour la dérive des coûts, la bureaucratie galopante, l’inflation des notes et l’opacité des admissions. Plus frappant encore, Yale admet l’existence d’une «monoculture» idéologique qui étouffe le débat.

Pour y remédier, l’université dit imposer à ses départements, dès l’année 2026-2027, une révision de leurs programmes afin de garantir une réelle diversité des perspectives intellectuelles et le respect de la liberté académique.

[L’article est accessible via le PressReader de la BCU.]

Financement par des donateurs individuels : les enseignements tirés de l’affaire Epstein

Selon l’éditorial de Nature, les universités doivent mettre en place des équipes chargées de la compliance ayant non seulement le pouvoir d’évaluer les risques liés aux sources de financement, mais aussi de donner suite à leurs conclusions afin de garantir le respect des politiques de financement éthiques.

Science et bz Zeitung für die Region Basel mettent en lumière des scientifiques qui ont refusé des fonds du sulfureux mécène de la recherche Jeffrey Epstein.

Les prix de Microsoft dans le viseur suisse

«La Commission de la concurrence a ouvert hier une enquête préalable contre l’entreprise américaine concernant le prix de ses licences, qui s’est envolé. […] Le 1er janvier dernier, un utilisateur constatait que le prix de son abonnement Microsoft 365 Personal passera de 69,95 francs par an à 99,95 francs dès mi-février, soit un bond de 43%. […] Un expert souligne la difficulté qu’auront les autorités à prendre Microsoft en défaut.

Plan d’économie du Canton Vaud: qui paie le prix des coupes?

«Après l’adoption du budget, [l’Unil] devra composer avec un déficit de 20,7 millions de francs pour 2026, malgré des coupes déjà engagées de l’ordre de 2% en 2025, précise le recteur, Frédéric Herman. «Aujourd’hui, nous ne savons pas si les coupes acceptées par le Grand Conseil seront structurelles ou conjoncturelles.» Le recteur indique que l’UNIL devra poursuivre ses efforts jusqu’en 2028. Pour éviter les licenciements, la direction privilégie pour l’instant le gel de postes.»  […]«L’UNIL a toujours su gérer ses budgets, mais l’ampleur
des coupes cantonales et fédérales annoncées, combinées à celles du FNS et d’Innosuisse, ne pourront que se traduire par une diminution des prestations d’enseignement et de recherche» […].

«La fonction publique vaudoise dans la rue contre les coupes budgétaires»

Mardi 18 novembre, des employé·es des structures publiques et parapubliques, soit du personnel de l’école obligatoire, des gymnases, de l’UNIL, des hôpitaux, des structures sociales, de la police, ainsi que des les milieux d’accueil de la petite enfance ont participé à une journée de grève et mobilisation dans tout le canton. Les participant·es se sont mobilisé·es contre «l’austérité» du projet de budget 2026 de l’exécutif cantonal, qui vise 305 millions d’économies, dont une contribution de crise de 0,7% sur les salaires. Selon les syndicats organisateurs de l’événement, 25’000 personnes étaient présentes dans les rues en soirée, 16’000 selon la police. En moyenne, il s’agit de près de la moitié des employé·es de l’Etat (42’000 salarié·es).

«À l’Université de Lausanne, en début d’après-midi, on comptait 1200 étudiants et plus d’une centaine de salariés en grève. Au cas où une baisse de 3,8% de la subvention cantonale à l’Université de Lausanne qui est prévue pour 2026 (−13,9 millions) serait validée par le parlement, les facultés ont anticipé en préparant leur plan de coupe: suppressions de postes, gel des embauches, coupes des subventions pour la diversité, suppression d’enseignements optionnels et recrutement de professeurs au statut précaire…» Kelly Harrison, secrétaire générale de l’Association du corps intermédiaire et des doctorants de l’UNIL, dit regretter que tous les niveaux soient touchés par les mesures. Elle s’inquiète également que les coupes concernent davantage les personnes «en bas de l’échelle». (24 heures)

«Contactée par Le Courrier, la présidente du Conseil d’Etat et cheffe des Finances, Christelle Luisier Brodard, défend la ligne gouvernementale: «Nous prenons acte de la mobilisation et sommes conscients de l’engagement et des efforts consentis chaque jour par le personnel. Mais nous faisons face à une situation financière qui se dégrade. Le projet de budget présente toujours un déficit de 300 millions, sans action, il aurait été de 800 millions», explique l’élue libérale-radicale.» (Le Courrier)

Deux historiens collaborateurs de l’Université de Neuchâtel règlent leurs comptes au tribunal

Un ancien assistant postdoctorant et chargé d’enseignement est accusé de calomnie par son ancien supérieur, ancien recteur de l’Université Lumière Lyon ayant dirigé la chaire d’histoire à l’Université de Neuchâtel. L’accusé nie avoir été à l’origine d’une enquête conjointe du journal d’investigation en ligne «Mediapart» et du quotidien «ArcInfo», parue en mai 2022, soupçonnant le supérieur de fraude comptable à partir du budget de l’Institut d’histoire.  Il était aussi question dans cet article de conflit d’intérêts, en raison du partenariat académique et financier de cinq ans signé par l’alma mater neuchâteloise avec le Centre européen des études républicaines, proche du PS français.

Les accusations contre le professeur ont été réfutées par un audit commandé par l’université. La juge rendra son verdict ultérieurement.

6 propositions pour un financement à la hauteur des enjeux et des ambitions des universités

«France Universités dévoile six propositions pour un financement durable et responsable des universités, issues d’un colloque réunissant ses membres en juin 2025. Tout en rappelant un certain nombre de principes autour de l’engagement et de la responsabilité de l’État quant aux missions de service public des établissements publics d’enseignement supérieur, ces propositions confirment la capacité d’agilité et d’adaptation des universités à un contexte contraint des finances publiques.»

«Fatras au lieu de sa mission principale»

Le professeur de physique de l’Université de Fribourg Frank Scheffold alerte sur des dérives préoccupantes au sein des universités suisses. Selon lui, ces évolutions pourraient, à long terme, provoquer un éloignement croissant entre les hautes écoles, la population et ses représentant·es politiques, à l’image de la situation observée aux États-Unis.

Il prend pour exemple l’Université de Genève, qui «détourne une part toujours plus importante des fonds de recherche du Fonds national pour l’administration centrale». Un phénomène qu’il observe également à l’Université de Fribourg ainsi que dans d’autres institutions helvétiques. L’administration centrale et le rectorat consacrent par exemple des ressources croissantes à des objectifs comme la diversité ou la durabilité, souvent sans évaluation d’impact, tandis que les moyens pour la recherche diminuent. Des règles administratives strictes, comme l’obligation de voyager en train pour réduire les émissions de CO₂, accroissent la bureaucratie et nuiraient à l’efficacité.

Pour le professeur, «les objectifs politiques se confondent avec la mission d’enseignement et de recherche des universités». Il met en garde : si les universités suisses s’éloignent de cette mission essentielle, «leur efficacité diminuera rapidement, l’attractivité en pâtira et le personnel et les chercheur·euses de haut niveau seront de plus en plus frustré·es. En conséquence, le soutien de la population pourrait très vite s’effriter, comme c’est déjà le cas aux États-Unis.»