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Sujet: politique – France

«Face à l’IA, la peur des écoles de commerce forcées de se réinventer»

«Bousculées par l’intelligence artificielle, qui ringardise certains apprentissages, et face à l’inflation des diplômes, les grandes écoles de commerce font leur révolution. L’initiative de l’ESCP, qui lancera en 2027 une School of Technology parrainée par Yann Le Cun, révèle une mutation profonde, la volonté d’acquérir une dimension tech devenu indispensable.»

«Invité à Yale, un chercheur français interdit d’entrée aux États-Unis»

«Invité à intervenir à la prestigieuse université de Yale sur ses travaux autour de la «néofascisation», le chercheur en sciences sociales Mathieu Rigouste s’est vu refuser l’entrée sur le territoire américain par le Department of Homeland Security, sans justification officielle. Une décision qui empêche sa venue et plusieurs interventions prévues, et qui constitue, selon lui, une illustration concrète des mécanismes qu’il analyse depuis plusieurs années. […] Mathieu Rigouste souligne que ce type de situation ne se limite pas aux États-Unis.» L’article mentionne d’autres restrictions d’entrée de scientifiques en France, au Canada, à Israël et aux Etats-Unis.

France: «Les nouveaux Masters, manne pour les écoles»

«Ecoles de management et d’ingénieurs ne cessent d’inventer des formations pour gagner de nouvelles parts sur un marché de plus en plus concurrentiel. […] « Pour faire face à la baisse démographique étudiante en France, nous devons attirer des talents internationaux dans nos établissements », explique Thomas Maurer, directeur de Centrale Lille. Une analyse partagée par tous les responsables d’école interrogés.

Pour réduire l’empreinte carbone de la science, des chercheurs français changent leurs méthodes de travail

En France, plusieurs organisations populaires («grassroots») visent concilier l’activité scientifique avec les objectifs climatiques mondiaux, en particulier ceux de l’accord de Paris.

Un acteur important dans ce domaine est par exemple celui du collectif Labos 1point5, et qui rassemble environs 600 scientifiques de diverses disciplines pour analyser et diminuer l’impact environnemental de leurs activités, principalement en mesurant leurs émissions de gaz à effet de serre et en proposant des solutions concrètes.

«La pression en faveur du changement vient également d’en haut, le gouvernement français ayant exigé ces dernières années que toutes les universités et tous les organismes de recherche préparent une feuille de route visant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 2 % à 5 % par an, et reconnaissent les chercheurs qui travaillent à la réduction de l’empreinte carbone de la science. «C’est tout le système qui doit vraiment changer», déclare Sandrine Vadon Le Goff, chercheuse à l’IBCP et membre de Labos 1point5.»

«Comment le Collège de France a annulé un colloque sur la Palestine»

Un colloque universitaire sur la Palestine a été annulé par le Collège de France. L’événement intitulé «La Palestine et l’Europe: poids du passé et dynamiques contemporaines», devait se tenir les jeudi 13 et vendredi 14 novembre, coorganisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep Paris). Mais le dimanche 9 novembre, un communiqué annonce l’annulation de l’événement. Thomas Römer, administrateur du Collège de France y explique n’avoir pas eu d’autre choix que de renoncer «face à la polémique, mais aussi aux risques qui se manifestent autour de ce colloque».

Vendredi 7 novembre, un article du Point accusant le colloque d’être, entre autres, «pro-palestinien», «antisioniste» et «à haut risque», la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a annoncé sur X «saisir» le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste. Ce dernier a alors adressé une lettre à l’administrateur du Collège de France, dans laquelle il écrit: «Sans préjuger des propos qui seront effectivement tenus, je ne peux que constater, à la lecture du programme, un parti pris sur un sujet délicat et fortement polémique. […] Au vu de ce programme, je doute que vous soyez en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer.» L’entourage du ministre assure au Monde que «c’est la décision exclusive du Collège de France que de choisir d’annuler le colloque» et qu’il n’y a eu «aucune pression» exercée par le ministre.

Mardi 11 novembre, le Collège de France a indiqué au Monde que, bien que le colloque respectait les règles générales en matière de liberté académique, «la question de la pluralité des analyses a été publiquement mise en cause par différents acteurs», ce qui aurait suffi à compromettre la tenue de l’événement, en plus de la crainte de «débordements».

«Tout cela est assez emblématique de ce qui se passe dans le monde académique avec des approches très orientées, un regard très militant sur la question du Proche-Orient», juge Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des juifs de France, qui salue la décision d’annulation. D’autres universitaires dénoncent au contraire une censure. Selon le politiste Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique, «tout cela est accablant». «Le ministre a dérogé au principe de respect de la liberté académique, et il le sait. Dans un même courrier, le ministre dit qu’il est le garant de la liberté académique, mais qu’il se garde d’agir pour la garantir.»

L’association France Universités, réunissant les dirigeant·es des universités et établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dit avoir appris «avec stupeur» cette annulation. Dans un communiqué du 10 novembre, elle fait part de son incompréhension et d’une «vive inquiétude» à l’égard des libertés académiques.

Une lettre ouverte circule actuellement dans les universités qui avance que «Le prétexte de « neutralité » académique apparaît ici comme un instrument de contrôle idéologique des institutions scientifiques pour dissuader toute production intellectuelle critique.» Les 2520 signataires (le 13.11 à 10h) demandent la démission du ministre français de l’enseignement supérieur et de la recherche.

 

La France reste championne européenne des brevets dans la recherche publique

«Depuis vingt ans, la France occupe cette place de leader en termes de nombre de brevets déposés par des organismes de recherche publique. […] L’Office européen des brevets souligne d’ailleurs une caractéristique typique de la recherche française : le partenariat entre les différents organismes. Universités, organismes publics de recherche et hôpi taux universitaires sont fréquemment codemandeurs de demandes de brevets. De même, la France se distingue par le nombre de ses start-up associées à des demandes de brevets européens émanant d’organismes publics de recherche, d’universités ou d’hôpitaux universitaires […].»

France : «La liberté académique est plus fragile que jamais»

Selon Stéphanie Balme, directrice du Centre de recherches internationales à Sciences Po, la liberté académique de recherche et d’enseignement est actuellement en péril au cœur des Etats de droit d’Europe et du monde, «affectant à parts égales les sciences humaines et sociales et les sciences expérimentales». La directrice appelle à son inscription dans la Constitution.

Dans son rapport pour France Universities, la chercheuse fait état de nombreuses atteintes à la liberté académique et de leurs conséquences en France en 2024-2025: pressions idéologiques sur les contenus d’enseignement et de recherche, annulations de conférences, campagnes de stigmatisation d’enseignants-chercheurs sur les réseaux sociaux, etc. Au contraire d’autres droits fondamentaux, la liberté académique n’aurait pas de culture politique ni citoyenne en France. Les universitaires qui en souffriraient seraient souvent isolés, et les capacités institutionnelles à contrer la problématique seraient limitées. «Cette vulnérabilité est aggravée par la dépendance aux financements publics, la précarisation des carrières, la surcharge administrative et l’absence d’autonomie institutionnelle réelle», écrit la directrice.

Elle propose alors une stratégie proactive selon 4 axes en faveur de la défense et promotion de la liberté académique:

  • un renforcement du socle juridique (constitutionnalisation de la liberté académique, réaffirmation de l’autonomie des établissements et l’indépendance des personnels, reconnaissance du principe du secret des sources, …)
  • des actions des universités en faveur de la liberté académique (chartes, observatoires indépendants, formation des directions, …)
  • une promotion de la culture de la liberté académique dans l’espace public (campagnes nationales, …)
  • une inscription de ces mesures dans la diplomatie scientifique européenne (rétablissement d’un classement européen avec un indice de liberté académique, instauration d’un observatoire européen, création d’un passeport européen pour les chercheur·euses réfugié·es, …)

Nathalie Dompnier, présidente de l’Université de Lyon interviewée à propos des menaces envers la liberté académique, souligne que la liberté académique est liée à l’indépendance des universités: «sans cette indépendance, l’institution n’a pas la capacité de protéger les chercheurs. Les universités sont les premières cibles des gouvernements populistes ou autoritaires, ce qui montre qu’elles tiennent un rôle dans une société démocratique». Selon elle, il manque aujourd’hui du soutien afin d’améliorer les pratiques de diffusion du savoir scientifique, les financements tendant à diminuer pour de telles activités de médiation. Elle ajoute qu’il faudrait également «travailler la culture du raisonnement qui aboutit à des connaissances scientifiques».

«Le diplôme du Premier ministre français Sébastien Lecornu au cœur d’une controverse»
«Le syndicat français des agents publics de l’Education nationale a déposé plainte contre le Premier ministre Sébastien Lecornu, l’accusant de se prévaloir d’un master de droit public sans avoir validé sa deuxième année de diplôme, ce que conteste le chef du gouvernement qui annonce porter plainte à son tour.»
Dans une déclaration, l’avocat Me Vincent Brengarth souligne: «L’absence de transparence sur le niveau d’études acquis, par un ministre d’État, est de nature à porter atteinte à la crédibilité de la certification par les universités publiques françaises, à l’égalité républicaine, à l’honneur des enseignants-chercheurs et, plus généralement, à la mission de service public confiée aux établissements d’enseignement supérieur». (RTS)
Parcoursup : le gouvernement français veut conditionner l’accès de l’enseignement supérieur privé pour réduire les «dérives»
De 2010 à 2022, les inscriptions d’étudiants et étudiantes dans le secteur privé ont augmenté de 72 %, contre 11 % dans le public. Face à cette croissance rapide et aux abus du secteur privé, un projet de loi vise à créer un système de validation par l’État, en créant deux niveaux de reconnaissance : le «partenariat» et l’«agrément».
«Reste une troisième catégorie, celle des établissements lucratifs sans agrément. Dans la logique du gouvernement, cette mise au ban symbolique vise à dissuader les étudiants et leurs parents d’en faire le choix.» (La Croix)
«Paris et l’UE veulent attirer les chercheurs fuyant Trump»

«Face au « diktat » de l’administration Trump en matière de recherche, Ursula von der Leyen et Emmanuel Macron ont annoncé lundi des enveloppes de plusieurs centaines de millions d’euros pour attirer en Europe et en France les scientifiques étrangers, particulièrement menacés aux États-Unis.» L’objectif du programme «Choose Europe for Science» est de réaffirmer la recherche comme un enjeu de développement économique et de positionner la France et l’Europe comme des espaces de stabilité et de liberté académique. La Commission européenne va proposer une nouvelle enveloppe de 500 millions d’euros pour la période 2025-2027.

Dans une interview avec la RTS, Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities et rectrice de la Haute École spécialisée de Suisse occidentale, juge que cette enveloppe budgétaire est également un moyen de garder «nos» chercheurs, puisqu’il y a une «fuite de cerveaux» en Suisse et à l’Union européenne.

France: Les universités préparent l’arrivée de chercheurs américains

««De nombreux chercheurs reconnus s’interrogent déjà sur leur avenir aux États-Unis», écrit Philippe Baptiste, ministre français chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dans un courrier adressé à l’Agence nationale de la recherche, aux organismes nationaux de recherche (CNRS, Inserm, etc.) et aux universités. Le ministre demande à ces organismes de lui faire parvenir leurs «réflexions, alertes, analyses et propositions concrètes en la matière, tant sur les technologies et champs scientifiques prioritaires que sur les dispositifs eux-mêmes à mobiliser ou à mettre en place».»

«Mobilisation mondiale des scientifiques face aux attaques américaines contre la recherche»
Après une semaine de manifestations dans le Colorado aux Etats-Unis, une mobilisation mondiale s’est créée sous le nom de Stand up for science, afin de s’exprimer contre les licenciements massifs et les coupes budgétaires du gouvernement américain dans la science et la recherche.
En Europe, des dizaines de rassemblements ont eu lieu vendredi, notamment à l’UNIL. (RTS : 12h45).
A l’ETHZ, une centaine de chercheur·euses se sont réuni·es devant le bâtiment principal de l’école pour exprimer leur solidarité envers leurs collègues américain·es qui craignent pour leur emploi, et faire part de leurs craintes quant à l’évolution de la science climatique dans le monde (Tages-Anzeiger).
Le canton de Fribourg va continuer de coopérer avec la région française Grand Est

Ce sont avant tout des échanges économiques ou culturels qui ont motivé les deux régions bilingues à prolonger leur entente de cinq ans, explique un communiqué du Conseil d’Etat.  Les universités et hautes écoles des deux régions sont également partenaires. La HEIA-FR entretient une collaboration régulière avec le Pôle Bioeconomy for Change et le Pôle Véhicule du futur, tandis que l’Université de Fribourg travaille main dans la main avec plusieurs universités (Strasbourg, Mulhouse, Metz) dans les domaines de l’économie, des langues et de la théologie.

«Le renouvellement de cet accord de collaboration témoigne de l’importance de pouvoir compter sur une région alliée au sein de l’Europe», souligne le Conseil d’Etat dans un communiqué.

France Universités propose d’inscrire la vie étudiante dans les missions des universités

France Universités revendique l’inscription de la mission vie étudiante et de campus dans les missions dévolues aux Établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP) et demande qu’une réflexion soit ouverte avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et l’ensemble des parties prenantes pour échanger autour de cinq propositions définies.

«La justice ordonne à Sciences Po Paris de maintenir une conférence de la Franco-Palestinienne Rima Hassan»

Une conférence organisée par l’association Students for justice (SJP) et intitulée «Perspectives humanitaires, juridiques et géopolitiques sur un embargo sur les armes à Israël» a été interdite par la direction de Sciences Po Paris, sous motif d’un risque d’atteinte à l’ordre public.

Vendredi, le tribunal administratif de Paris a ordonné à Sciences Po Paris de laisser se tenir la conférence de la Franco-Palestinienne Rima Hassan. Dans son ordonnance, le juge des référés a affirmé «qu’en interdisant la conférence projetée, le directeur de l’IEP de Paris a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression et de réunion garantie aux usagers du service public de l’enseignement supérieur».

Alors que Sciences Po Paris a annoncé faire «appel de cette décision», d’autres établissements ont également interdit la tenue de conférence par la juriste, comme l’université de Lille, Paris-Dauphine (une annulation finalement interdite) et Strasbourg. Le ministre de l’Enseignement supérieur Patrick Hetzel a apporté son soutien à la direction de l’IEP : «je continuerai de soutenir les présidents d’université dans une de leurs missions essentielles: garantir l’ordre et la sérénité au sein de leurs établissements».

Grenoble: «L’université n’a plus les moyens de fonctionner»

Le reportage du Monde parle de la situation précaire de l’Université de Grenoble, où plus de la moitié des enseignant-es sont désormais des vacataires, donc des doctorant-es ou  des personnes en attente de poste «qui abattent ces heures en masse». «Cette situation, loin de ne concerner que le cas grenoblois, est en fait devenue banale dans l’enseignement supérieur public français. […] Alors qu’en parallèle est encouragée l’utilisation de cours enregistrés en vidéos, non réactualisés d’une année sur l’autre, un ingénieur pédagogique de l’université résume cette crainte collective : «Va-t-on vers une université sans profs devant les étudiants?»