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Sujet: développement démographique

L’Université de Neuchâtel mise sur la flexibilité avec son futur bâtiment « Univers »

«Dès le 20 avril, Neuchâtel lancera le chantier d’un nouveau bâtiment universitaire baptisé « Univers ». Ce projet ambitieux à près de 160 millions de francs vise à absorber la croissance du nombre d’étudiants, à renforcer l’attractivité de l’institution et à s’adapter aux nouvelles pratiques pédagogiques.»

Record de fréquentation pour l’Université de Neuchâtel, mais…

L’Université de Neuchâtel accueille actuellement 4549 étudiantes et étudiants, soit 35 de plus qu’une année auparavant, un record. «Pour 2026, nous nous attendons à une subvention fédérale stable», indique ainsi Fabian Greub, secrétaire général de l’Université de Neuchâtel. «Nos craintes concernent davantage la situation à partir de 2027, car la Confédération est en train de discuter de mesures d’économies qui pourraient entraîner des reculs de financement de plusieurs millions pour notre université, tant dans le domaine de la formation que dans celui de la recherche.»

Selon Arcinfo, «si ces coupes sont validées par les Chambres fédérales, elles auront très probablement des conséquences sur le niveau des taxes d’inscription facturées aux étudiantes et étudiants, ainsi que sur les budgets des universités et des cantons qui les subventionnent»

France: «Les nouveaux Masters, manne pour les écoles»

«Ecoles de management et d’ingénieurs ne cessent d’inventer des formations pour gagner de nouvelles parts sur un marché de plus en plus concurrentiel. […] « Pour faire face à la baisse démographique étudiante en France, nous devons attirer des talents internationaux dans nos établissements », explique Thomas Maurer, directeur de Centrale Lille. Une analyse partagée par tous les responsables d’école interrogés.

France : développement démographique et conséquences pour l’éducation supérieure

Les effectifs sont encore abondants dans les universités. Mais la baisse démographique va bousculer leur offre, le nombre de bacheliers devrait diminuer d’ici à 2033. «Dans 18 ans, il y aura 20 à 25 % de flux entrants d’étudiants sur le marché en moins », soulignait récemment Sébastien Vivier-Lirimont, directeur associé du cabinet spécialisé Headway, devant la Conférence des grandes écoles. Selon l’autrice de l’article, «La plupart des présidents d’université ne pensent pas encore à la baisse des effectifs.» Par ailleurs,  «Un autre défi attend les universités : la hausse des départs en retraite d’enseignants-chercheurs (+53 % sur la période 2021-2029, dont +97 % en sciences).»

Coupes budgétaires lors d’une période de croissance

Selon les calculs de l’OFS, il y aura une augmentation de 17% du nombre d’étudiant-es universitaires d’ici 2033, «ce qui accentue le manque d’espace dans les universités». Les universités et EPF craignent une perte de la qualité des études si les moyens ne sont pas adaptés à cette demande croissante. Et elles sont presque univoques à rejeter un autre outil permettant de limiter le nombre d’étudiant: une augmentation des taxes d’études.

«Il faut donc plus d’argent. Dans la Berne fédérale, les choses vont plutôt dans une autre direction. Dans le cadre du plan Gaillard, des coupes dans le financement des hautes écoles sont également prévues.» (20 minutes)

Selon la Basler Zeitung, on ignore encore ce que les universités pensent de la proposition [du plan Gaillard] de doubler les taxes d’études pour alléger le budget fédéral – dans le jargon de l’économie, «renforcer le financement des hautes écoles cantonales par les usagers».

Un record d’inscriptions à l’UNIGE

A l’Université de Genève, «3068 débutant-es de bachelor ont rejoint l’UNIGE en septembre dernier et 1104 nouveaux/elles entrant-es ont opté pour une des filières de master proposées par l’institution, soit, respectivement, une augmentation de +13,3% et +19,4% par rapport à 2023.»

«Nous étions accoutumé-es à une augmentation régulière des effectifs depuis la fin des années 2000. Désormais [depuis la pandemie en 2020] chaque rentrée amène son lot de surprises», affirme Véronique Produit du Bureau des données institutionnelles et décisionnelles. «Ce chamboulement pourrait indiquer une modification des habitudes du corps estudiantin à l’échelle globale, les possibilités de mobilité académique s’étant accrues depuis la fin de la pandémie.»

Le nombres d’étudiants inscrits à l’EPFL et à l’EPFZ a augmenté en 2023

«Le Conseil fédéral a adopté vendredi le rapport sur la gestion et les finances du Conseil des EPF. L’effectif des étudiants inscrits dans les Ecoles polytechniques fédérales (EPF) a augmenté de 3,6% en 2023. […] Fin janvier, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) annonçait envisager d’introduire une limitation d’admission dès 2025 pour les étudiantes et étudiants titulaires d’un diplôme étranger. Un moyen de limiter le nombre total d’élèves qui a explosé ces dernières années, passant d’un peu plus de 5000 à près de 11’000 depuis 2010.

Interview avec Michael Schaepman, recteur de l’Université de Zurich

Le Recteur de l’Université de Zurich Michael Schaepman craint une potentielle réduction de 2% du financement fédéral du FNS, entre autes, une proposition qui est encore en consultation – d’autant plus que la Suisse n’est plus associée à Horizon Europe. La Confédération est censée compenser cette perte de fonds européens, mais premièrement, «il y a des grands retards» de paiement et deuxièmement, la Confédération paie une plus petite part des frais généraux («overhead»), c’est-à-dire les frais d’infrastructure et d’administration, que l’UE.

«Il nous manquerait chaque année des dizaines de millions [de francs] si toutes les sources de financement maintenaient leurs réductions – d’une part en raison de la baisse des cotisations, d’autre part en raison de l’augmentation des coûts – et ce, sur un budget total de près de 1,6 milliard de francs.

Par rapport à la croissance de l’Université, il estime que dans un futur, l’Université ne pourra pas couvrir toujours plus de disciplines. Une variante serait de créer une deuxième université complémentaire pour les branches qui n’ont pas besoin d’une université complète.

Toujours plus de jeunes adultes font des études supérieures, surtout des femmes

«En Suisse, toujours plus de jeunes adultes font des études supérieures, selon l’OCDE. La part des personnes âgées de 25 à 34 ans titulaires d’un diplôme de degré tertiaire y a augmenté plus qu’ailleurs, passant de 26% en 2000 à 52% en 2021. En comparaison, dans l’ensemble des pays occidentaux, la proportion de jeunes diplômés du tertiaire est montée de 27% en 2000 à 48% en 2021, selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiée lundi. L’étude englobe 38 pays de l’OCDE ainsi que sept pays partenaires, dont la Chine ou l’Inde.»

Baisse légère des inscriptions à Zurich et Bâle

Selon des chiffres provisoires, il y a une légère baisse d’inscriptions à l’Université de Zurich (à l’exception des programmes de Master).

L’Université de Bâle constate également une légère baisse d’inscriptions. La raison serait une baisse du nombre d’élèves au gymnase.

L’EPFZ constate également une baisse par rapport aux années passées. Une explication serait que le nombre de personnes qui ont fait une année transitoire («Zwischenjahr») a été particulièrement bas pendant la pandémie.

Entretien avec Michael Schaepman, recteur de l’Université de Zurich

Le recteur de l’Université de Zurich Michael Schaepman donne un grand entretien sur la gestion universitaire, les collaborations à l’interne et avec d’autres universités.

«Autrefois, les universités étaient des chauffe-eau instantanés – on y venait, on y était formé et on disparaissait ensuite quelque part sur le marché du travail. Aujourd’hui, l’encouragement des étudiants est beaucoup plus différencié. Nous encourageons aujourd’hui trois lignes. La ligne académique, basée sur l’excellence. Nous attribuons de très nombreux fonds de recherche compétitifs pour que les doctorants et les post-doctorants puissent faire de la recherche de manière indépendante et deviennent ainsi forts pour affronter la concurrence mondiale. En deuxième lieu, les étudiants sont préparés à un emploi qualifié par le biais d’une formation académique. Pour que la transition se fasse en douceur, nous proposons des services de placement et des salons de l’emploi et nous discutons avec l’industrie. La troisième ligne est toute nouvelle, c’est l’entrepreneuriat. Au lieu d’une carrière classique, de nombreux jeunes veulent devenir entrepreneurs. Nous avons trouvé des fonds qui permettent à l’entrepreneuriat de faire partie de la formation universitaire volontaire.»

Par ailleurs il a lancé le «Uni für alle» (Université pour tous) qui adresse le manque de diversité parmi les étudiant-e-s en termes d’âge et expérience. «J’ai suggéré de réfléchir à ce qui se passerait si nous nous ouvrions. Nous ne serons pas submergés si nous nous y prenons intelligemment et si nous intégrons par exemple les hautes écoles spécialisées. […] Au cours des 10 à 15 prochaines années, le nombre d’étudiants augmentera plus rapidement que nous ne pourrons construire et nous mettre à l’échelle financièrement. Nous devons donc trouver des solutions originales.»

Nombre record d’étudiant-e-s à l’Université de Bâle

Le nombre d’étudiant-e-s et de doctorant-e-s inscrit-e-s à l’Université de Bâle a dépassé pour la première fois la barre des 13 000 et est actuellement supérieur de plus de 300 personnes à celui de l’année précédente. Le nombre d’étudiant-e-s de première année et le nombre d’étudiant-e-s inscrits au niveau du master et du doctorat a également augmenté.

Cetta hausse record peut être retracé à la crise du Coronavirus. La pandémie avait gravement limité les possibilités pour les diplômé-e-s du secondaire de prendre une année intermédiaire.

 

 

L’augmentation du nombre d’étudiant-e-s, un risque pour la société?

Cette année, 15% d’étudiant-e-s supplémentaire se sont inscrit-e-s en Bachelor à l’Université de Zurich, par rapport à 2019, et 25% de plus en Master. L’intérêt pour les études en cours d’emploi a plutôt diminué. Ces observations sont semblables à l’Université de Lucerne.

L’ancien Conseiller national Rudolf Strahm regrette cette «poussé d’académisation» (Akademierungsschub). Il craint que les jeunes diplômés aient davantage de mal à s’intégrer dans le monde du travail et il fait un lien entre le chômage des jeunes en suisse et la dévalorisation de l’apprentissage. Rudolf Strahm critique notamment la Suisse romande ; la «stigmatisation de l’apprentissage par l’élite de l’éducation (Bildungselite)» serait la cause du taux de chômage des jeunes qui y est plus haut qu’en Suisse allemande.

Augmentation du nombre de gymnasiens dans le Canton Vaud

««Il y a clairement un effet lié au Covid-19», commente Cesla Amarelle, conseillère d’État en charge de la Formation, de la Jeunesse et de la Culture. En août, quelque 13’550 gymnasiens feront leur rentrée, soit 400 de plus que l’an passé. Sur ce chiffre, l’élue estime que 200 jeunes ont choisi la filière gymnasiale en raison des incertitudes économiques liées à la pandémie et l’assèchement des places d’apprentissage.»

Les gymnases vaudois manquent de places

Face à l’ascension fulgurante du nombre d’élèves chaque année et du manque de place pour les accueillir, la planification pour la construction d’établissements de 2012 se voit dépassée. De ce fait, le Canton de Vaud a prévu une nouvelle planification à court et moyen terme, laquelle comprend des travaux d’extension et de création de nouveaux gymnases, mais aussi l’ouverture d’écoles professionnelles afin de valoriser l’apprentissage.

Pour Cesla Amarelle, Cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, «Les deux voies gymnasiale et professionnelle ne doivent jamais être mises en opposition. La voie de l’apprentissage a besoin d’être valorisée, compte tenu du risque de voir le nombre de places d’apprentissage diminuer.»

Françoise-Emmanuelle Nicolet, Présidente de l’Association vaudoise des maîtres de gymnase (AVMG) et Membre de SUD Éducation, s’énerve du temps que prennent les discussions entre les services responsables, respectivement la Direction générale de l’enseignement post-obligatoire (DGEP) et la Direction générale des immeubles et du patrimoine (DGIP). D’après elle, «Ils courent après l’urgence. Il n’y a plus assez de locaux pour accueillir les élèves. À chaque rentrée on déborde.»

«A quoi nous servent tout ces étudiants?»

Selon un pronostique du Conseil fédéral, chaque deuxième personne aurait fait des études supérieures en 2030. Les lecteurs-rices du «20 Minuten» ne voient pas ce développement d’un bon œil. L’expert du marché du travail de l’EPFZ, Michael Siegenthaler, et l’expert en éducation Matthias Ammann d’Avenir Suisse prennent position face aux critiques et désinformations.