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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: mobilité étudiante

L’Union des étudiant·es de Suisse (UNES) propose une conférence sur Erasmus+

Le 3 septembre prochain, l’UNES propose une conférence autour des enjeux d’une éventuelle association de la Suisse au programme Erasmus+ . La principale organisation faîtière et syndicale de représentation étudiante au niveau national propose d’échanger avec les étudiant·es des hautes écoles et universités suisses autour de deux questions centrales : Pourquoi Erasmus+ est-il important pour la formation, l’économie et la société suisse? À quoi pourrait ressembler une association concrète et comment la Suisse pourrait-elle en tirer le meilleur parti ?

Un vice-recteur de l’université de Berne réclame un assouplissement des conditions d’obtention de visas pour les scientifiques africains

La Suisse souhaite renforcer la coopération scientifique avec l’Afrique. Une réunion d’ambassadeurs de haut niveau à Berne a permis de mettre en lumière les moyens nécessaires à cette fin.

Hugues Abriel, vice-recteur pour la recherche et l’innovation de l’Université de Berne avance une proposition très concrète : «Aidez-nous à obtenir des visas, des visas pour les chercheuses et chercheurs !»  Dans le cadre de l’«Initiative Afrique», l’Université de Berne entretient des relations de coopération avec plusieurs pays africains.

«La Chine, partenaire académique incontournable»

«Désormais principal fer de lance de l’innovation technologique, l’empire du Milieu s’est rendu incontournable, avec des laboratoires de recherche bien mieux dotés financièrement que les laboratoires français. Selon le ministère des affaires étrangères, la coopération universitaire entre la France et la Chine se matérialise par plus de 350 accords actifs (échanges, doubles diplômes…) et des flux soutenus de mobilité étudiante.» Le directeur de la stratégie et de la transformation de la Centrale Supélec, [Grande école d’ingénieurs française publique de l’université Paris-Saclay], Vincent Jolys, estime: «Il est important qu’on ne soit pas naïfs, il y a des enjeux de souveraineté, et chacun protège au mieux ses intérêts, mais le monde scientifique et de la formation reste ouvert.» (Le Monde)

Lettre de lecteur proposant un numerus clausus pour les étudiant·es de l’étranger

Dans une lettre ouverte publié dans les 24 heures, Jean-Claude Grangier regrette «Contrairement à d’autres pays, la Suisse ne fixe
aucun objectif national concernant le nombre d’étudiants internationaux. […] Quid de la préservation de la capacité du système et de l’accès des étudiants nationaux?»

Recherche doctorale limitée à 4 ans pour les étudiant·es étranger·ères aux USA

En accord avec une nouvelle règle du Département de la sécurité (DHS) des Etats-Unis, ce changement aura lieu le 15 septembre. En moyenne, cela prend 5,6 ans pour terminer le doctorat aux US dans le domaine des sciences et de l’ingénierie. Les étudiant·es auront dès lors moins de préparation et moins de chances. Cela risque également de baisser le niveau d’exigence des programmes de doctorat américains ainsi que de freiner l’afflux des étudiant·es étranger·ères.

L’autorisation de travail Optional Practical Training(OPT) sera également impactée.

Audrey Leuba prend position sur l’initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions»

Audrey Leuba, rectrice de l’Université de Genève, affirme que l’initiative contre une Suisse à 10 millions d’habitants pointe des défis réels, mais met en garde contre une solution en trompe-l’œil qui affaiblirait la recherche et la formation.

«La recherche et l’innovation constituent en outre un moteur clé pour répondre aux défis liés à la sécurité, aux infrastructures, à la durabilité, aux transports ou à l’énergie. Affaiblir la mobilité académique et l’accès aux programmes européens reviendrait à réduire nos marges de manœuvre face aux défis mêmes que l’initiative entend résoudre.»

Initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions»: Un éclairage du Conseil suisse de la science CSS

«D’après le Conseil suisse de la science CSS, une évaluation objective de la situation est nécessaire: que révèlent les données disponibles concernant le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI)? Cet article de blog s’appuie notamment sur les prises de position du Fonds national suisse (FNS), des Académies suisses des sciences a+ et de swissuniversities, ainsi que sur une étude de scienceindustries et un avis juridique d’Astrid Epiney.»

Bilan des Hautes Ecoles et Université de Suisse italienne

Le bilan des Hautes Écoles de Suisse italienne affiche des résultats globalement positifs, bien que ces institutions se trouvent actuellement au coeur d’un bras de fer politique concernant leur gouvernance et l’accueil des étudiant·es étranger·ères.

La Ligue et l’UDC émettent des critiques à l’égard de la gestion actuelle. Une minorité politique a d’ailleurs refusé d’approuver le message officiel, dénonçant une proportion jugée trop élevée d’étudiant·es étranger·ères et de personnel non résident. Pour l’Université de la Suisse italienne (USI), ces oppositions pointent du doigts des problèmes managériaux ayant entrainé le départ prématuré de deux recteurs. De plus, les chiffres révèlent que le personnel frontalier représente 16% du corps académique et 13% du personnel administratif.

Malgré ces tensions, le bilan de la Haute École spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI) reste positif, alors même qu’elle est l’institution la moins financée par son canton à l’échelle nationale.

Opposition à l’initiative «Pas de Suisse à dix millions»

«A l’occasion de la cérémonie des remises des flammes des soins infirmiers vaudois, Frédéric Borloz, Chef du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle, souligne l’excellence de la formation dans le Canton de Vaud et son importance dans des professions essentielles.

Cette excellence serait menacée par l’initiative «Pas de Suisse à dix millions», dont des conséquences pénaliseraient les hautes écoles aussi bien dans leur rayonnement que dans leur capacité à attirer des chercheurs et des enseignants qualifiés et reconnus à l’international.»

L’UNES réitère également son opposition à l’initiative, qui menacerait la collaboration internationale et [une future association à] Erasmus+, tout comme la FAE.

 

« Nombre d’universitaires israéliens perçoivent le boycott comme une double peine »

Alors que l’UE maintient son accord d’association avec Israël ce mardi 21 avril, le milieu universitaire israélien dénonce un boycott croissant qu’il juge être une «double peine». Entre annulation de conférences et exclusions de programmes européens, les scientifiques, peuvent se retrouver isolé·es. De plus, la recherche israélienne a également été touchée par le départ d’étudiant·es internationaux après le début de la guerre à Gaza.

Lee chercheur Sarel Fleishman, membre du mouvement israélien pour la paix, dont la collaboration avec l’université de Delft a été rompue, ce boycott affaiblit la société civile : «Je comprends le sentiment qui anime les auteurs de boycott» affirme-t-il. «Mais la société civile elle-même est attaquée par le gouvernement. Elle est la seule à pouvoir mettre fin à cette horrible guerre en le renversant; le boycott international ne l’aide pas.» (Le Temps)

«Les taxes d’études actuelles de 720 francs sont aléatoires»

Dans un entretien accordé à la NZZ, le recteur de l’Université de Zurich prend position contre une hausse des frais de scolarité, malgré les pressions budgétaires de la Confédération.

Alors que le Conseil fédéral envisage de doubler les taxes pour les Suisses et de quadrupler celles des étudiant·es étranger·ères pour alléger les charges cantonales, le recteur plaide pour le maintien d’un modèle fondé sur l’accessibilité et l’autonomie académique.

Il estime qu’une hausse serait acceptable qu’accompagnée d’une réforme majeure des bourses. Pour retenir les talents et garantir le financement du système, il propose de maintenir des frais bas en échange de l’engament des diplômé·es à travailler et payer leurs impôts en Suisse durant au moins quatre ans.

«Erasmus+, générations perdues?»

La Suisse pourrait renoncer à financer Erasmus+. Par 7 voix contre 5, la commission des finances du Conseil des États a rejeté le crédit de 192,6 millions CHF proposé pour 2027.

Il s’agit d’un enjeu de calendrier, puisque Erasmus+ n’est pas censé pouvoir être détaché des accords bilatéraux II pour être traité à part avant le vote de 2027-2028. Mais, pas seulement, car la Commission des finances écrit qu’une majorité de ses membres «remettent en question l’efficacité et l’utilité du programme Erasmus+».

La journaliste Catherine Frammery estime que la voix des étudiant·es qui pourraient profiter d’Erasmus+ ont moins leur mots à dire [dans la politique fédérale] que les défenseurs de la participation suisse au programme Horizon Europe.

«Peut-être parce que la Suisse abrite les meilleures écoles européennes, parce qu’elle accueille un grand nombre d’étudiants étrangers, parce qu’elle est au cœur de l’Europe et pas une île, elle se voit déjà comme très internationale et ne pense pas qu’elle a beaucoup à «gagner» des échanges avec l’UE.»

La participation à Erasmus+ compromise

La Suisse pourrait renoncer à financer Erasmus+. Par 7 voix contre 5, la commission des finances du Conseil des Etats rejette le crédit de 192,6 millions CHF proposé pour 2027. (Blick)

Elle avait émis des doutes sur l’utilité et l’efficacité du programme, provoquant de vives critiques. L’émission Forum (RTS) a illustré le clivage, opposant le scepticisme du conseiller national UDC Jacques Nicolet (VD) à la défense de Sophie Wang, co-présidente de l’UNES (Unions des étudiant·es de Suisse), pour qui cet outil reste très important pour la mobilité des étudiant·es et apprenti·es.

Selon le Matin Dimanche, la participation de la Suisse au programme Erasmus+ une bataille stratégique est en vue au Parlement. Exclue du programme depuis 2014, la Confédération ambitionne une réintégration d’ici 2027, mais l’échéance semble compromise par des obstacles politiques et financiers. Le processus est ralenti par les négociations globales entre Berne et l’Union européenne. Pour les partisan·es du projet, la question est de savoir si un traitement séparé du dossier Erasmus+ faciliterait ou complexifierait le débat parlementaire.

Selon Fabien Fivaz (Les Vert·es, NE), Berne pourrait finir par regretter cette décision. «L’UE fait un lien politique entre Erasmus et Horizon. Si la Suisse rechigne à rejoindre le premier parce qu’elle le considère trop cher, l’UE pourrait limiter notre association au second, mettant en danger la recherche en Suisse.» (Le Matin Dimanche)

 

Des proches du gouvernement iranien dans les universités et EPFs suisses

Des recherches montrent que des personnes issues de familles appartenant à l’élite de l’appareil du pouvoir iranien – y compris des proches de membres des services secrets et du gouvernement – ont à plusieurs reprises suivi des études dans des universités suisses.

Par le passé, les transferts de technologie de l’Occident vers l’Iran se faisaient souvent par l’intermédiaire de scientifiques et d’ingénieur·es qui, après avoir suivi une formation et exercé leur métier à l’étranger, rapatriaient de manière ciblée les connaissances acquises dans leur pays d’origine.

Mais le régime iranien ne cherche pas seulement à acquérir un savoir-faire : selon le SRC, les services iraniens surveillent également les Iranien·nes en exil membres de l’opposition qui vivent en Suisse. Les opposant·es au régime sont ainsi parfois menacé·es, intimidé·es et soudoyé·es. Et le SRC affirme qu’il y a un risque que des iraniens·nes proche du pouvoir organisent des attaques sur des cibles juifs.

En février, le député vaudois David Vogel (Verts-libéraux) a fait une interpellation sur la présence de Gardiens de la Révolutions iraniens dans le Canton Vaud et à l’Unil.

«Limiter la population, un pari risqué pour la Suisse»

Soumise au vote populaire en juin, l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» propose de plafonner la population.

Une étude menée par l’UNIGE et la HEG Genève, mandaté par la Fédération des entreprises romandes, analyse les conséquences pour les finances publiques, les entreprises, l’économie, l’environnement et, par rebondissement, le monde académique.

L’initiative de l’UDC «Suisse à 10 millions» ne «résout aucun problème, mais crée le chaos»

En plus du gouvernement suisse qui s’oppose à l’initiative de l’UDC «Suisse à 10 millions!», l’organisation faîtière des hautes écoles et universités suisses, swissuniversities, rejette fermement l’initiative visant à plafonner la population à 10 millions d’habitants d’ici 2050. Pour atteindre cet objectif, elle préconise des mesures radicales, allant jusqu’à la dénonciation de l’accord sur la libre circulation avec l’UE.

Dans une interview accordée au SonntagsBlick, Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, explique pourquoi ce projet menace la recherche et les hôpitaux. Elle souligne qu’une telle mesure porterait un « préjudice énorme » à l’économie et à la science, en compromettant définitivement l’accès aux programmes vitaux tels qu’Horizon Europe et Erasmus+. L’impact sera immédiat pour les universités et les hôpitaux, une grande partie du corps professoral étant issue de l’immigration. En freinant la mobilité, l’initiative affaiblirait la compétitivité du pays et pourrait inquiéter les partenaires. swissuniversities a publié une prise de position officielle qui préconise que la Suisse doit pouvoir « attirer et retenir les talents », avoir un « accès essentiel aux programmes de recherche européens » et qu’elle doit « rester compétitive ».

swissuniversities se base par ailleurs sur l’avis juridique d’Astrid Epiney, selon Luciana Vaccaro, la «meilleure spécialiste en droit européen de Suisse», [qui était par ailleurs rectrice de l’Université de Fribourg (2015-2024)].

Le syndicat étudiant UNES s’oppose également à l’initiative populaire, craignant que les jeunes ne «paient les pots cassés». Entre le retour des visas, l’augmentation potentielle des taxes d’études et l’incertitude sur la reconnaissance mutuelle des diplômes, c’est tout le parcours académique des étudiant·es suisses qui risque d’être entravé.