«L’Université de Lausanne bénéficiera d’un soutien financer de l’agence nationale Movetia durant les deux prochaines années afin de poursuivre son implication au sein de l’Alliance universitaire européenne CIVIS. […] Grâce au soutien conjoint de l’Union européenne et de Movetia, l’Unil poursuit ainsi son engagement au sein de CIVIS et contribue activement à la construction d’un espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche plus intégré, plus innovant et plus ouvert sur la société.»
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Sujet: mobilité étudiante
Le 22 octobre, les député·es européen·nes ont adopté le rapport de M. Zdrojewski et entament les négociations budgétaires avec le Conseil pour un lancement officiel d’Erasmus+ en 2028. Le rapport officiel fixe la feuille de route pour 2028-2034 en vue des négociations avec les États membres. Le texte réclame un budget en forte hausse de 47,4 milliards d’euros. Enfin, il prône une ouverture internationale ciblée tout en fixant des limites financières pour préserver les fonds destinés aux Européens.
Le Parlement européen souhaite que le Canada rejoigne Erasmus+ d’ici 2028, après son association à Horizon Europe. Selon M. Zdrojewski, le prochain accord avec le Canada pourrait s’apparenter à l’accord britannique de 2025 ou s’appuyer sur des exemples alternatifs. Le Canada pourrait alors élargir sa participation actuelle (Erasmus Mundus) à une association pleine. Le Parlement se dit ouvert à d’autres pays partenaires, sans pour autant pouvoir « couvrir tout le monde ».
La Suisse quant à elle, par son Conseil national doit désormais trancher lors de la session d’hiver 2026.
Sept rectrices et recteurs d’universités suisses (Unil, UNIGE, Unibe, Unine, Unifr, UniLu, USI), plaident collectivement pour l’association de la Suisse à Erasmus+, un projet en attente de validation par le Conseil national.
Ils et elles rappellent que le potentiel de ces initiatives reste aujourd’hui limité et méconnu en raison de l’exclusion du pays. Loin de se limiter aux seuls échanges d’étudiant·es, Erasmus+ est devenu un levier stratégique pour tout l’écosystème de la formation (écoles, formation professionnelle, adultes, entreprises et jeunesse). Il permet de développer les compétences nécessaires face aux transformations technologiques et sociétales.
Par ailleurs, Erasmus+ est «le complément naturel» du programme de recherche Horizon Europe. «Recherche, innovation et formation constituent un continuum. Les dissocier n’a guère de sens dans un monde où les connais- sances, les talents et les technologies circulent toujours davantage à l’échelle internationale.» Rester à l’écart ferait de la Suisse une exception en Europe occidentale, alors que son succès repose historiquement sur l’ouverture et la collaboration internationale.
«Depuis le 7 octobre 2023, plusieurs étudiants gazaouis ont quitté leur territoire pour poursuivre leurs études à l’étranger, malgré des obstacles immenses. À Genève, neuf d’entre eux s’apprêtent à entamer leur cursus universitaire, grâce au soutien de l’association Alama.»
Le 3 septembre prochain, l’UNES propose une conférence autour des enjeux d’une éventuelle association de la Suisse au programme Erasmus+ . La principale organisation faîtière et syndicale de représentation étudiante au niveau national propose d’échanger avec les étudiant·es des hautes écoles et universités suisses autour de deux questions centrales : Pourquoi Erasmus+ est-il important pour la formation, l’économie et la société suisse? À quoi pourrait ressembler une association concrète et comment la Suisse pourrait-elle en tirer le meilleur parti ?
La Suisse souhaite renforcer la coopération scientifique avec l’Afrique. Une réunion d’ambassadeurs de haut niveau à Berne a permis de mettre en lumière les moyens nécessaires à cette fin.
Hugues Abriel, vice-recteur pour la recherche et l’innovation de l’Université de Berne avance une proposition très concrète : «Aidez-nous à obtenir des visas, des visas pour les chercheuses et chercheurs !» Dans le cadre de l’«Initiative Afrique», l’Université de Berne entretient des relations de coopération avec plusieurs pays africains.
«Désormais principal fer de lance de l’innovation technologique, l’empire du Milieu s’est rendu incontournable, avec des laboratoires de recherche bien mieux dotés financièrement que les laboratoires français. Selon le ministère des affaires étrangères, la coopération universitaire entre la France et la Chine se matérialise par plus de 350 accords actifs (échanges, doubles diplômes…) et des flux soutenus de mobilité étudiante.» Le directeur de la stratégie et de la transformation de la Centrale Supélec, [Grande école d’ingénieurs française publique de l’université Paris-Saclay], Vincent Jolys, estime: «Il est important qu’on ne soit pas naïfs, il y a des enjeux de souveraineté, et chacun protège au mieux ses intérêts, mais le monde scientifique et de la formation reste ouvert.» (Le Monde)
Dans une lettre ouverte publié dans les 24 heures, Jean-Claude Grangier regrette «Contrairement à d’autres pays, la Suisse ne fixe
aucun objectif national concernant le nombre d’étudiants internationaux. […] Quid de la préservation de la capacité du système et de l’accès des étudiants nationaux?»
En accord avec une nouvelle règle du Département de la sécurité (DHS) des Etats-Unis, ce changement aura lieu le 15 septembre. En moyenne, cela prend 5,6 ans pour terminer le doctorat aux US dans le domaine des sciences et de l’ingénierie. Les étudiant·es auront dès lors moins de préparation et moins de chances. Cela risque également de baisser le niveau d’exigence des programmes de doctorat américains ainsi que de freiner l’afflux des étudiant·es étranger·ères.
L’autorisation de travail Optional Practical Training(OPT) sera également impactée.
Le Conseil fédéral renforce la gouvernance de Movetia, l’agence nationale pour la promotion des échanges et de la mobilité dans le domaine de la formation. À cette fin, il a révisé l’ordonnance sur la coopération et la mobilité internationales en matière de formation (OCMIF) le 19 juin 2026.
Audrey Leuba, rectrice de l’Université de Genève, affirme que l’initiative contre une Suisse à 10 millions d’habitants pointe des défis réels, mais met en garde contre une solution en trompe-l’œil qui affaiblirait la recherche et la formation.
«La recherche et l’innovation constituent en outre un moteur clé pour répondre aux défis liés à la sécurité, aux infrastructures, à la durabilité, aux transports ou à l’énergie. Affaiblir la mobilité académique et l’accès aux programmes européens reviendrait à réduire nos marges de manœuvre face aux défis mêmes que l’initiative entend résoudre.»
«D’après le Conseil suisse de la science CSS, une évaluation objective de la situation est nécessaire: que révèlent les données disponibles concernant le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI)? Cet article de blog s’appuie notamment sur les prises de position du Fonds national suisse (FNS), des Académies suisses des sciences a+ et de swissuniversities, ainsi que sur une étude de scienceindustries et un avis juridique d’Astrid Epiney.»
Le bilan des Hautes Écoles de Suisse italienne affiche des résultats globalement positifs, bien que ces institutions se trouvent actuellement au coeur d’un bras de fer politique concernant leur gouvernance et l’accueil des étudiant·es étranger·ères.
La Ligue et l’UDC émettent des critiques à l’égard de la gestion actuelle. Une minorité politique a d’ailleurs refusé d’approuver le message officiel, dénonçant une proportion jugée trop élevée d’étudiant·es étranger·ères et de personnel non résident. Pour l’Université de la Suisse italienne (USI), ces oppositions pointent du doigts des problèmes managériaux ayant entrainé le départ prématuré de deux recteurs. De plus, les chiffres révèlent que le personnel frontalier représente 16% du corps académique et 13% du personnel administratif.
Malgré ces tensions, le bilan de la Haute École spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI) reste positif, alors même qu’elle est l’institution la moins financée par son canton à l’échelle nationale.
«A l’occasion de la cérémonie des remises des flammes des soins infirmiers vaudois, Frédéric Borloz, Chef du Département de l’enseignement et de la formation professionnelle, souligne l’excellence de la formation dans le Canton de Vaud et son importance dans des professions essentielles.
Cette excellence serait menacée par l’initiative «Pas de Suisse à dix millions», dont des conséquences pénaliseraient les hautes écoles aussi bien dans leur rayonnement que dans leur capacité à attirer des chercheurs et des enseignants qualifiés et reconnus à l’international.»
L’UNES réitère également son opposition à l’initiative, qui menacerait la collaboration internationale et [une future association à] Erasmus+, tout comme la FAE.
«La Suisse doit participer à Erasmus+. La commission de l’éducation du Conseil des Etats a validé de justesse le financement de la participation suisse à ce programme de l’UE pour l’éducation et la formation pendant l’année 2027.»
France Universités réagit aux annonces du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace d’accueillir plus d’étudiant·es et chercheur·es internationaux.
Alors que l’UE maintient son accord d’association avec Israël ce mardi 21 avril, le milieu universitaire israélien dénonce un boycott croissant qu’il juge être une «double peine». Entre annulation de conférences et exclusions de programmes européens, les scientifiques, peuvent se retrouver isolé·es. De plus, la recherche israélienne a également été touchée par le départ d’étudiant·es internationaux après le début de la guerre à Gaza.
Lee chercheur Sarel Fleishman, membre du mouvement israélien pour la paix, dont la collaboration avec l’université de Delft a été rompue, ce boycott affaiblit la société civile : «Je comprends le sentiment qui anime les auteurs de boycott» affirme-t-il. «Mais la société civile elle-même est attaquée par le gouvernement. Elle est la seule à pouvoir mettre fin à cette horrible guerre en le renversant; le boycott international ne l’aide pas.» (Le Temps)
Dans un entretien accordé à la NZZ, le recteur de l’Université de Zurich prend position contre une hausse des frais de scolarité, malgré les pressions budgétaires de la Confédération.
Alors que le Conseil fédéral envisage de doubler les taxes pour les Suisses et de quadrupler celles des étudiant·es étranger·ères pour alléger les charges cantonales, le recteur plaide pour le maintien d’un modèle fondé sur l’accessibilité et l’autonomie académique.
Il estime qu’une hausse serait acceptable qu’accompagnée d’une réforme majeure des bourses. Pour retenir les talents et garantir le financement du système, il propose de maintenir des frais bas en échange de l’engament des diplômé·es à travailler et payer leurs impôts en Suisse durant au moins quatre ans.
La Suisse pourrait renoncer à financer Erasmus+. Par 7 voix contre 5, la commission des finances du Conseil des États a rejeté le crédit de 192,6 millions CHF proposé pour 2027.
Il s’agit d’un enjeu de calendrier, puisque Erasmus+ n’est pas censé pouvoir être détaché des accords bilatéraux II pour être traité à part avant le vote de 2027-2028. Mais, pas seulement, car la Commission des finances écrit qu’une majorité de ses membres «remettent en question l’efficacité et l’utilité du programme Erasmus+».
La journaliste Catherine Frammery estime que la voix des étudiant·es qui pourraient profiter d’Erasmus+ ont moins leur mots à dire [dans la politique fédérale] que les défenseurs de la participation suisse au programme Horizon Europe.
«Peut-être parce que la Suisse abrite les meilleures écoles européennes, parce qu’elle accueille un grand nombre d’étudiants étrangers, parce qu’elle est au cœur de l’Europe et pas une île, elle se voit déjà comme très internationale et ne pense pas qu’elle a beaucoup à «gagner» des échanges avec l’UE.»
La Suisse pourrait renoncer à financer Erasmus+. Par 7 voix contre 5, la commission des finances du Conseil des Etats rejette le crédit de 192,6 millions CHF proposé pour 2027. (Blick)
Elle avait émis des doutes sur l’utilité et l’efficacité du programme, provoquant de vives critiques. L’émission Forum (RTS) a illustré le clivage, opposant le scepticisme du conseiller national UDC Jacques Nicolet (VD) à la défense de Sophie Wang, co-présidente de l’UNES (Unions des étudiant·es de Suisse), pour qui cet outil reste très important pour la mobilité des étudiant·es et apprenti·es.
Selon le Matin Dimanche, la participation de la Suisse au programme Erasmus+ une bataille stratégique est en vue au Parlement. Exclue du programme depuis 2014, la Confédération ambitionne une réintégration d’ici 2027, mais l’échéance semble compromise par des obstacles politiques et financiers. Le processus est ralenti par les négociations globales entre Berne et l’Union européenne. Pour les partisan·es du projet, la question est de savoir si un traitement séparé du dossier Erasmus+ faciliterait ou complexifierait le débat parlementaire.
Selon Fabien Fivaz (Les Vert·es, NE), Berne pourrait finir par regretter cette décision. «L’UE fait un lien politique entre Erasmus et Horizon. Si la Suisse rechigne à rejoindre le premier parce qu’elle le considère trop cher, l’UE pourrait limiter notre association au second, mettant en danger la recherche en Suisse.» (Le Matin Dimanche)