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Sujet: égalité – origine nationale

Moins d’étudiants sont partis à l’étranger en 2024 et leur santé psychique est préoccupante

«La mobilité internationale des étudiants suisses recule nettement: seuls 19% sont partis à l’étranger en 2024, contre 26% en 2020. L’enquête de l’OFS révèle aussi une santé psychique en baisse et un quart des étudiants confrontés à des discriminations.» (RTS)

Selon l’Union d’étudiant·es suisses (UNES), «Les résultats montrent […] un lien clair entre la santé mentale et les moyens financiers. La situation est particulièrement précaire pour les étudiant-e-s dont les parents n’ont pas de diplôme d’une haute école.» (UNES)

L’égalité dans les citations

«Nature Reviews Psychology» a publié un éditorial invitant les scientifiques à adopter une écriture plus «inclusive», notamment en citant davantage les femmes et les minorités. Cette recommandation s’appuie sur une étude montrant que, dans les grandes revues de neurosciences, les hommes citent les travaux d’autres hommes 8 % plus souvent que ceux de femmes, tandis que les femmes citent les hommes 4,5 % plus souvent que leurs collègues féminines.

L’auteur de l’émission Sein und Streit (Deutschlandfunk) critique cette étude pour ignorer d’autres explications possibles, comme le hasard ou une qualité moyenne légèrement supérieure des travaux masculins. Il dénonce également l’hypothèse implicite selon laquelle les hommes agiraient sous l’effet de préjugés inconscients.

L’éditorial de Nature Reviews Psychology suggère que les scientifiques devraient identifier à l’avance le genre et l’origine ethnique des auteurs et autrices qu’ils et elles citent afin de corriger ces déséquilibres, revendiquant une «mission» inclusive.

L’auteur de l’émission dénonce cette approche comme un exemple de science militante, contraire à l’esprit de la recherche, dont la vocation est la recherche objective de la vérité, indépendante du genre ou de la couleur de peau. Il reproche également à la revue mère, Nature, d’avoir pris une tournure idéologique, en refusant désormais les travaux pouvant «nuire à la dignité» ou «stigmatiser» certains groupes — une politique qui encouragerait selon l’auteur l’autocensure et les biais de jugement.

Enfin, l’article établit un parallèle avec les débats américains sur les politiques de diversité, équité et inclusion (DEI), critiquées aussi bien par Donald Trump que par certains chercheurs. Selon l’auteur, modifier les règles de citation ne réduit pas la discrimination : cela ne fait que servir d’affichage moral au sein d’un cercle restreint d’universitaires sans effet réel sur la justice sociale.

«Colonialisme anticolonial»

L’auteur, le philosophe et psychanalyste Daniel Strassberg, chroniqueur du journal Republik, critique la manière dont les institutions académiques et culturelles proclament haut et fort leur attachement à la diversité et à l’anticolonialisme, tout en reproduisant paradoxalement des logiques de domination.

Il distingue deux justifications à la préférence accordée aux People of Color (PoC) dans les recrutements universitaires :

  1. Par souci d’égalité des chances : le manque de réseaux

  2. La perspective différente : selon Strassberg, problématique, car elle relève d’une nouvelle forme de colonialisme masqué. Comme dans l’« Orientalisme » décrit par Edward Said, l’Occident projette fantasmes et idéalisations sur «l’Afrique», en parlant rarement des pays individuellement. On valorise un savoir « autre » supposé, mais souvent déjà formaté par les standards occidentaux.

Ainsi, un universitaire africain parvenu au niveau international doit avoir intégré les codes et idéologies du système académique occidental ; sa supposée « perspective africaine » est donc une illusion. Strassberg y voit une forme sophistiquée de Blackfacing intellectuel.

Dans les écoles d’art, la logique est poussée encore plus loin : sous couvert d’inclusion et de « lutte contre l’appropriation culturelle », elles imposent des normes pseudo-scientifiques et disciplinaires, réduisant la créativité. Selon lui, l’anticolonialisme institutionnel sert de camouflage à un processus de standardisation et de contrôle, analogue à un «colonialisme intérieur» qui force l’adaptation en prétendant libérer.

Plus largement, ce mécanisme rappelle le greenwashing ou certains discours d’entreprises sur l’égalité et la durabilité : plus les institutions affichent des valeurs progressistes, plus elles peuvent exercer en interne un pouvoir autoritaire.

En conclusion, Strassberg dénonce un paradoxe : derrière la rhétorique radicale de l’anticolonialisme se cache souvent un projet de domination et d’uniformisation, très proche des logiques qu’on prétend combattre.

«Les étudiants étrangers sont-ils bénéfiques pour les universités américaines ?»

Durant l’année académique 2023-2024, 1,1 millions d’étudiant·es étrangers·ères se sont inscrits dans les universités américaines, plus de quatre fois qu’en 1979-80. (Le nombre d’étudiant·es globaux a augmenté de 50% pendant la même période.)

Selon David A. Bell, professeur d’histoire à l’Université de Princeton, les universités ont été contentes de les accueillir puisqu’ils et elles requièrent moins souvent l’assistance financière, venant de milieux très aisés et privilégiés. Ce clivage avec les étudiants locaux, voire avec des habitant·es des villes universitaires susciterait des tensions et des jalousies, d’autant plus que l’admission dans les universités de pointe devient de plus en plus compétitive.

L’auteur avance que si les universités sont comprises comme outils de soft power et de compréhension internationale, les bénéfices des échanges sont évidents. Mais d’un point de vue de la mobilité sociale, il devient de plus en plus difficile pour les étudiant·es américain·es d’être admis·es dans une université, d’autant plus s’ils et elles n’ont pas eu les moyens d’aller dans des écoles préparatoires. «Ainsi, ces étudiant·es font paraître les universités américaines encore plus élitistes et peut-être déconnectées, à un moment où le ressentiment populiste à l’égard de ces institutions a facilité l’assaut destructeur de l’administration Trump contre la recherche scientifique qu’elles mènent. En outre, si les étudiant·es étrangers·ères apportent une certaine diversité aux universités américaines, cette diversité n’est peut-être pas aussi importante que celle apportée par les Américains d’origines sociales différentes. Un diplômé d’une école privée d’élite en Grèce ou en Inde peut avoir plus en commun avec un diplômé d’Exeter ou de Horace Mann qu’avec un Américain de la classe ouvrière de l’Alabama rural. Devons-nous transformer les départements d’économie des universités en mini-Davos où les futurs fonctionnaires du Fonds monétaire international de différents pays renforcent les opinions des uns et des autres sur le commerce mondial ?»

«Si l’administration Trump maintient ses politiques actuelles en matière de frontières et de visas et poursuit ses tentatives de détention et d’expulsion des étudiant·es étrangers·ères qui expriment des opinions controversées, les inscriptions étrangères pourraient diminuer considérablement d’elles-mêmes. Mais dans la perspective de l’après-Trump, il sera important que les universités américaines reconnaissent les tensions et les compromis réels liés aux inscriptions internationales et qu’elles équilibrent leur augmentation par une plus grande ouverture à un plus grand éventail [«range»]» de candidatures nationales.

 

«Trump supprime les exigences en matière de diversité, la Suisse les renforce »

Alors que le président américain supprime actuellement les obligations en matière de diversité, arguant qu’il souhaite une société dans laquelle seule la performance compte et non la couleur de peau, le journaliste de la NZZ Rico Bandle observe que depuis quelques années, la tendance est inverse en Suisse et la diversité compte toujours plus. Le Conseil suisse de l’accréditation mettait la pression sur les établissements d’enseignement pour prendre des mesures en faveur de l’égalité.

Actuellement, la Conférence suisse des hautes écoles  est en train de réviser les standards de qualité pour l’accréditation des établissements.  Rico Bandle écrit à ce propos: «Dans l’ordonnance actuellement en vigueur, seule la promotion de «l’égalité des chances» et de «l’égalité effective entre hommes et femmes» est inscrite. La «diversité» et «l’inclusion» doivent désormais y être ajoutées, ce qui laisse supposer que ce domaine aura encore plus de poids. Et ceci suscite la question quelle diversité est en question (couleur de peau, de point de vue)

Le Conseil d’accréditation souhaite souligner qu’«Il ne s’agit pas d’introduire des quotas de couleur de peau ou d’orientation sexuelle». Mais dans la politique universitaire, on attache typiquement de l’importance à «une composition diversifiée du corps estudiantin et enseignant. Cela peut inclure des expériences d’immigration, des identités sexuelles différentes ou l’origine sociale éloignée de l’éducation («bildungsferner Hintergrund») ».

Rico Brandle avance que dans les grandes universités publiques, […] le fait qu’une personne moins qualifiée soit parfois prise en compte pour un poste afin de compenser les inégalités entre les sexes n’y est plus inhabituel. Pour les petites universités privées, la situation est différente.» A la Haute école de théologie universitaire (STH) de Bâle, le professeur et responsable du processus d’accréditation Stefan Schweyer estime d’ailleurs que «la liberté de recherche est atteinte par la forte concentration sur les questions d’égalité».

Le journaliste conclut l’article en avançant que «la plupart des tendances sociales se propagent avec un certain retard des Etats-Unis vers l’Europe et la Suisse», et donc qu’il est donc possible que «le mouvement inverse de Trump se produise tôt ou tard» ici en Suisse.

Des idées pour améliorer l’équité au travail

Iris Bohnet, professeure en économie à l’Université de Harvard, a récemment publié un livre sur l’équité à la place de travail («Make work fair»). Elle estime que plutôt que d’essayer de changer la mentalité des gens, «il est plus efficace de rendre le terrain de jeu équitable». Elle propose plusieurs mesures, comme l’anonymisation du processus de candidature.

Elle a notamment convaincu le comité du Prix Nobel de modifier le formulaire de proposition de candidatures pour permettre la proposition de plusieurs candidat·es : «Notre recherche a montré que nous faisons un choix multiple plus rationnel qu’un choix unique.»

Un autre exemple: «une grande entreprise australienne voulait savoir comment elle pourrait motiver les bons candidats et les candidates qui ont été rejetés de justesse à postuler à nouveau pour un autre emploi plus tard. Il s’est avéré que les femmes le faisaient deux fois moins souvent que les hommes. Nous avons posé quelques questions de diagnostic à la direction de l’entreprise : comment les candidats apprennent-ils qu’ils doivent postuler à nouveau? Et à qui écrivent-ils? L’entreprise a envoyé aux 20% les plus performant·es un e-mail les invitant à postuler à nouveau. Nous avons simplement ajouté une phrase à l’e-mail : «Vous faites partie des 20 meilleurs pour cent». Cette seule phrase a suffi à combler l’écart entre les sexes.»

Iris Bohnet avance par ailleurs qu’il est scientifiquement prouvé qu’un congé parental est favorable pour l’égalité des chances, et qu’il faudrait aussi introduire des incitations pour que les hommes prennent effectivement le congé de paternité.

 

Martin Vetterli s’oppose à une augmentation générale des taxes d’études

Karin Keller-Sutter, Conseillère fédérale en charge des finances, a commandé un rapport analysant le budget fédéral en vue d’un potentiel d’économies auprès d’un groupe d’experts dirigé par Serge Gaillard, ancien directeur de l’Administration fédérale des finances. Celui-cci recommande un quadruplement des taxes d’études pour les étudiant-es étrangers-ères du domaine des EPF et que ces frais soient également doublés pour les étudiant-es de Suisse.

Le président de lEPFL, Martin Vetterli, estime que sous cette prémisse du «financement par l’utilisateur» du domaine des EPF, avancé par le rapport, le système éducatif suisse serait mis sens dessus dessous. «Celui qui utilise un tel terme part du principe que les étudiants sont des générateurs de coûts. Jusqu’à présent, la Suisse les considérait comme un potentiel». La formation deviendrait ainsi un bien de luxe, comme aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Selon Martin Vetterli, «cela a conduit à l’élection de candidats populistes. Est-ce cela que nous voulons ?»

L’économiste libéral Reiner Eichenberger, de son coté, qualifie le financement des études d’«inefficace», «nécessitant une réforme» et plaide pour que tous les étudiant-es, d’ici et d’ailleurs, supportent la même part des coûts réels.

Une étude sur la discrimination des jeunes issus de ménages peu instruits fait des vagues

Une étude à long terme de l’Université de Berne (Tages-Anzeiger du 13.08.2024) montre que les enfants d’universitaires ont plus de chances que les autres de réussir à l’école. La probabilité est plus grande pour eux d’obtenir un diplôme universitaire que pour les enfants de non-universitaires. L’article du Tages-Anzeiger a suscité de nombreuses réactions et des débats houleux.

L’expert en éducation Jürg Schoch, qui souligne que le gymnase n’est pas nécessairement meilleur que l’apprentissage, estime que des actions pour garantir l’égalité des chances sont nécessaires à tous les niveaux, y compris dans l’enseignement supérieur. Une mesure serait notamment d’offrir davantage de cursus en emploi, ce qu’on appelle en Allemagne l’«université de formation duale» qui permet d’étudier en coordination avec une activité professionnelle. Il s’interroge pourquoi cela n’est pas encore été déployé en Suisse, la «mère patrie» de ce type d’enseignement.

Une autre proposition vient du professeur de sociologie de l’éducation à l’Université de Berne Rolf Becker. Il propose d’abolir la sélection à la fin de l’école obligatoire, manque de justification scientifique: «Nous avons une école du 19e siècle».

Soutien «massif» pour la diversité dans les universités suisses

«Une lettre ouverte en faveur de la diversité et de l’égalité dans les hautes écoles a récemment remué l’Université de Fribourg, selon plusieurs sources. Dans son texte, un constat: «Il continue d’exister de nombreuses barrières et obstacles aux femmes, aux personnes perçues comme non-blanches ou aux personnes issues de l’immigration» pour accéder à des postes dans les hautes écoles et universités suisses.» Le document a été remis à différentes institutions (universités, aux HES, au Fonds national suisse ainsi qu’à l’Académie suisse des sciences humaines et sociales).

Royaume-Uni : la dépendance des universités aux étudiants étrangers

«L’Etat britannique a fortement réduit son budget consacré aux universités. Le financement public par étudiant est au plus bas depuis vingt-cinq ans. Les étudiants internationaux représentent la dernière manne disponible : ils apportent désormais 20% des revenus des universités, un doublement en une décennie. […] [En] difficulté financière [les universités], risquent de créer des diplômes à deux vitesses, avec des exigences plus élevées pour les Britanniques.»

L’Université de York a notamment «décidé de réduire les notes demandées aux étudiants étrangers pour [l’admission dans] tous les cursus.»

Pour ou contre le «positionality statement» ?

Le positionality statement (ou en français, la déclaration de position) est une pratique qui est en augmentation et qui divise le monde scientifique, selon le journal de Science. Ajouter à un article scientifique «[…] la race, l’ethnicité, la situation géographique, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, le statut de handicap et le niveau de carrière […] sont déjà une pratique établie dans de nombreuses sciences sociales, telles que la sociologie et l’anthropologie.» Cette tendance semble également s’étendre aux autres domaines de la science et devient même un critère pour certains journaux.

Certain∙es chercheur∙es saluent le procédé tandis que d’autres le décrient. Pour Alejandra Núñez-de la Mora, anthropologue biologique à l’université de Veracruz, «[i]l s’agit d’une invitation à réfléchir plus largement au rôle du chercheur dans le travail qu’il tente de comprendre.» Patricia Nayna Schwerdtle, «qui étudie la santé publique mondiale à l’université de Heidelberg», n’est pas du même avis. «[Elle] trouve étonnant que [la publication de déclarations de position] soit si répandue sans qu’il soit prouvé qu’elle permette réellement d’atteindre les objectifs fixés.» Sa principale inquiétude est «[…] que les déclarations de position ne servent qu’à donner des signaux de vertu et passent sous silence des questions plus profondes, telles que la crise de la reproductibilité dans le domaine scientifique.»

«Au moins une équipe de chercheurs étudie si ces déclarations ont l’effet escompté. Rose Oronje, chercheuse à l’African Institute for Development Policy, et ses collègues de la Liverpool School of Tropical Medicine évaluent les résultats de la publication de déclarations de réflexivité – une pratique similaire qui encourage les chercheurs engagés dans des collaborations mondiales à réfléchir à la manière dont leur travail reconnaît les communautés impliquées.»

Réfugié∙es et universités suisses

«De nombreux réfugiés, notamment d’Ukraine, sont bien formés. Cela a conduit à un changement de mentalité et plusieurs universités proposent désormais des cours de préparation pour les réfugiés.» Un projet pilote lancé par l’université de Berne a pour but de permettre aux personnes réfugiées en Suisse d’accéder aux hautes écoles et universités plus facilement

Les étudiant∙es réfugié∙es sont confrontés à différents problèmes. Ne possédant pas de maturité fédérale, elles et ils ne peuvent pas toujours accéder aux bancs des universités. Ensuite, toutes et tous ne parlent pas parfaitement la langue exigée pour le cursus d’étude. De plus, pour les ukrainien∙nes par exemple, leur statut de protection ne leur permet pas de rester tout au long du cursus. Elles et ils doivent parfois repartir avant que celui-ci ne soit achevé, si la situation dans leur pays est à nouveau considérée comme sûre.  (Nau.ch)

Le programme, nommé «Kompass», n’a pu compter que 20 participant∙es, alors qu’il y avait 70 inscrit∙es à l’origine. «[F]inancé par la Confédération et le canton, des fondations privées et l’université», il a débuté fin août et dure deux semestres. (Berner Zeitung)

Frais d’université doublés

Le gouvernement québécois a annoncé au début du mois d’octobre que les frais de leurs universités seront doublés pour certain∙es étudiant∙es à partir de l’automne 2024. «Les étudiants anglophones de l’extérieur de la province» verront leurs frais passer de 8’922 $ CA à 17’000 $ CA. «En outre, la province a annoncé que les frais de scolarité pour les étudiants étrangers – à l’exception des pays avec lesquels le Québec a conclu des accords (par exemple, la France et la Belgique) – augmenteront pour atteindre au moins 20 000 $ CA. Elle a également supprimé la limite des frais supplémentaires que les universités peuvent facturer.»

La première raison avancée par le gouvernement est économique. «Cela coûte très cher au gouvernement du Québec et aux contribuables québécois pour des étudiants qui sont venus ici et qui n’y restent pas», a déclaré Pascale Déry, ministre de l’enseignement supérieur du Québec lors de la conférence de presse organisée pour annoncer le changement.» La seconde raison évoquée : dissuader les étudiant∙es anglophones, une «menace pour le «visage français» de Montréal».

Les universités de McGill, Concordia et Bishop risque d’être impactées par cette décision et leurs dirigeants s’en insurgent. «Sébastien Lebel-Grenier, directeur de Bishop, a qualifié de «catastrophique» la perte d’environ un quart des revenus de l’université (payés par les 30 % d’étudiants de l’école qui viennent d’autres provinces).»

Mathieu Crettenand quitte le programme universitaire Horizon

Après neuf ans passé à l’Université de Genève (UNIGE), Mathieu Crettenand quitte son poste. Il était responsable du programme Horizon académique, qui a permis à plus de 500 personnes réfugiées de pouvoir accéder à l’université, «[u]ne réussite unique en Suisse». Cela concerne non seulement les étudiant∙es, mais également les chercheur∙euses, puisque ces dernier∙es peuvent bénéficier d’une bourse.

Le programme Horizon est une première dans le pays. Créé en 2016, il a permis à une trentaine de réfugié∙es d’accéder aux auditoires de l’UNIGE, mais il a fallu surmonter quelques difficultés. «Il y avait une incompatibilité entre le statut d’étudiant et celui de bénéficiaire de l’aide sociale explique M. Crettenand. Des passerelles ont dû être créées car «les conditions de l’université de Genève ne permettent par ailleurs pas une immatriculation classique, car les prérequis académiques ne  correspondent en rien aux cursus suivis par [les réfugié∙es].»

Selon M. Crettenand, Horizon académique lui «survivra», car il est à présent ancré dans l’institution. Les futurs projets impliquent un programme de sensibilisation des universités et des entreprises, ainsi qu’une crèche pour les enfants des participant∙es d’Horizon.

L’UE exclut la Suisse du programme européen de master en traduction

Les universités suisses sont exclues du  prochain cycle du programme européen de master en traduction (EMT) de 2024-2029. C’est la décision de la Commission européenne (CE), basée «sur l’état des négociations concernant l’association de la Suisse à Erasmus+».

La Ligue des universités européennes de recherche (LERU) «est consternée par cette décision», qui selon elle, relève «de nature purement politique» puisque la Suisse n’est pas membre d’Erasmus+ depuis 2014 et cela «[ne l’]a pas empêchée d’être l’un des membres fondateurs de l’EMT ou de renouveler son adhésion après 2014». L’exclusion des universités suisses de l’EMT pendant 5 ans nuirait à la Suisse et surtout à l’Université de Genève qui «accueille une myriade de services de traduction internationaux». Ainsi, la LERU «[demande] à la CE de reconsidérer sa position et d’autoriser la participation de la Suisse au prochain cycle de candidatures à l’EMT».

 

«Le Royaume-Uni doit accueillir les chercheurs internationaux pour prospérer»

Les universités d’Angleterre tirent la sonnette d’alarme : les chercheurs∙euses invités∙es ont des difficultés à obtenir des visas pour tenir des conférences ou recevoir des prix sur le sol britannique.

Selon un rapport de la Royal Society, «sur les dix pays classés comme nations scientifiques de premier plan par Nature Index 2022 pour lesquels des données sont disponibles, le Royaume-Uni arrive en troisième position, après la Suède et la France, pour le rejet des demandes de visas d’affaires. En 2022, les dix pays dont la plus grande proportion de personnes s’est vu refuser un visa de visiteur standard – qui permet aux individus de venir au Royaume-Uni pour une durée maximale de six mois pour affaires ou études – étaient tous situés en Afrique. Plus de 50 % des demandeurs originaires de ces pays ont vu leur demande rejetée.»

La Royal Society en appelle au gouvernement britannique pour plus d’équité, par exemple avec la création d’un visa à court-terme, une bonne coopération internationale entre scientifiques étant essentielle au pays.

Vives réactions face à la fin de l’«affirmative action»

Le fossé entre les magistrats de la Cours Suprême se creuse de plus en plus, à la suite de la décision des six membres conservateur∙trices de mettre fin à la discrimination positive. Les deux camps parlent d’égalité, mais pas de la même manière.

Le parti conservateur se base sur le 14e amendement de la Constitution et prône l’égalité afin de ne plus faire de différence entre les couleurs de peau, une lecture jugée «originaliste» par le parti opposant. La crainte de la gauche est que «ce retour en arrière n’entraîne une baisse significative du nombre d’étudiants noirs, hispaniques ou issus d’autres minorités sur le campus», mais aussi que cela n’«exacerbe la ségrégation et diminue l’inclusivité des institutions.»

Faisant écho à l’annonce du jeudi 29 juin, la Maison Blanche a pris parti en encourageant les universités américaines à considérer d’autres facteurs, tels que les finances, le lieu de naissance ou si la personne a déjà été victime de discrimination par le passé.

«Fin de la discrimination positive dans les universités américaines»

Suite à la plainte déposée devant la Cours Suprême, le principe de discrimination positive dans les universités est à présent contraire à la Constitution.

Dans les universités qui avaient déjà proscrit la discrimination positive par le passé, il a été constaté non seulement une baisse des admissions de la part des groupes sous-représentés, mais aussi du nombre d’inscrits.

Quelle attitude adoptent les universités face aux étudiant∙es russes ?

Suivant les recommandations de swissuniversities, «pratiquement toutes les hautes écoles interrogées déclarent avoir suspendu leurs coopérations et leurs programmes d’échange avec les hautes écoles russes.» En revanche, la position des universités vis-à-vis des étudiant∙es est moins claire. Certaines hautes écoles rendent leurs conditions d’admission plus restrictives ; d’autres, comme l’EPFZ et l’université de Saint-Gall, décident de faire appel à une expertise juridique afin de trancher.

Il semble néanmoins qu’il y ait un consensus : les étudiant∙es russes font l’objet d’une attention accrue. Bien que cela ne soit pas encore arrivé en Suisse, l’espionnage en milieu académique et le partage potentiel d’informations avec la Russie est au cœur des préoccupations.