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Sujet: liberté d’expression

«Les sciences sociales penchent à gauche, et c’est un problème»

Une chronique du Frankfurter Allgemeine Zeitung souligne que le manque de pluralisme politique en sciences sociales engendrerait des biais méthodologiques. Dans les domaines sensibles comme l’immigration, le professeur associé en migrations [de l’Université de Notre Dame] Alexander Kustov note que les résultats non conformes au consensus progressiste sont souvent minimisés.

Selon le sociologue Neill Gross [du Colby Collège], ce phénomène s’auto-alimente en attirant majoritairement des profils partageant déjà ces idées. Pour préserver l’objectivité scientifique, l’auteur de la chronique insiste sur l’idée que le milieu académique devrait intégrer la diversité des visions du monde au même titre que les diversités de genre ou d’origine. De plus, cette politisation unilatérale à gauche pourrait également alimenter, en réaction, une politisation de la droite.

La professeure en philosophie de l’Université de Tübingen Sabine Döring affirme sur LinkedIn qu’il est délicat d’affirmer que «la politique scientifique devrait prendre des mesures pour contrer cette tendance». «D’une part, il s’agit de supprimer les incitations à l’homogénéisation. D’autre part, une pluralité imposée par les pouvoirs publics constituerait une atteinte (illibérale !) à la liberté scientifique.»

Jugement concernant la liberté d’expression et la liberté académique à l’Université de Sussex

La loi sur la liberté d’expression (Freedom of Speech Act), entrée en vigueur en août 2025, impose aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur d’Angleterre de promouvoir la liberté académique afin de garantir que les débats puissent se dérouler sur les campus sans crainte de censure à l’encontre des étudiants, du personnel ou des intervenants exprimant des opinions conformes à la loi.

La Haute Cour anglaise a récemment statué sur un cas de potentielle violation de la liberté d’expression  au sein de l’Université Sussex.

Ce cas concerne une ancienne professeure, Kathleen Stock, qui a démissionné en 2021 suite aux manifestations suscitées par ses prises de positions sur l’identité de genre et les droits des personnes transgenres. L’Office for Students (organisme de surveillance de l’enseignement supérieur en Angleterre) avait initialement fait condamner l’université à une amende de £585,000.

Mais la Haute cour a trouvé que l’organisme de surveillance était biaisé, s0uhaitant faire un exemple de l’Université de Sussex.

Le secrétaire général de l’alma mater a déclaré: «Cette décision constitue un camouflet pour les responsables politiques qui ont utilisé l’OfS comme une arme politique dans les guerres culturelles sur les campus. L’organisme de régulation a perdu la confiance du secteur, et le gouvernement doit désormais repenser en profondeur la manière dont il entend œuvrer pour protéger l’enseignement supérieur.»

Déclaration de solidarité avec la communauté de l’éducation supérieure en Serbie

«À la suite de l’intervention des forces de police à l’Université de Belgrade le 31 mars 2026, le comité de l’Association européenne des universités (EUA) souhaite exprimer sa profonde inquiétude face à ces développements et à leurs effets néfastes sur les universités en Serbie. swissuniversities est membre de l’EUA et soutient cette déclaration.»

Les universités anglaises pourraient se voir infliger des amendes pour avoir enfreint les règles relatives à la liberté d’expression

La loi sur la liberté d’expression (Freedom of Speech Act) est entrée en vigueur en août 2025; elle impose aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur d’Angleterre de promouvoir la liberté académique afin de garantir que les débats puissent se dérouler sur les campus sans crainte de censure à l’encontre des étudiants, du personnel ou des intervenants exprimant des opinions conformes à la loi.
Elle interdit par ailleurs aux universités de recourir à des accords de confidentialité (NDA) dans les cas de harcèlement, d’intimidation et d’inconduite sexuelle.

L’Office for Students (OfS) en Angleterre mettra en place, dès la prochaine année universitaire, un dispositif «unique en son genre» permettant au personnel universitaire, aux intervenants extérieurs et aux membres non-étudiants de faire part de leurs préoccupations concernant les établissements d’enseignement supérieur.

Les universités anglaises qui ne parviennent pas à garantir la liberté d’expression s’exposent à des amendes pouvant atteindre 500 000 livres sterling ou 2% de leurs revenus, et risquent dans certains cas de perdre leur financement public, selon un nouveau système de plainte mis en place par le gouvernement.

 

«Plutôt le tabac que la science»
Le Conseil fédéral souhaite pourtant supprimer le Conseil suisse de la science (CSS), affirmant que les défis actuels exigent des expertises spécialisées fournies par des groupes ad hoc plutôt que par un organisme permanent. Le CSS conteste vivement cette justification, qu’il juge floue et incorrecte, et souligne que la Suisse deviendrait un cas à part : aucun pays comparable ne renonce à un conseil scientifique indépendant.
Le CSS fait partie d’un ensemble de neuf commissions extraparlementaires que le Conseil fédéral propose de dissoudre, en partie sous pression de représentants politiques de droite. Pourtant, selon un rapport du Conseil des États, externaliser leurs tâches serait moins efficace et plus coûteux. Les économies attendues (172 000 francs) seraient probablement annulées par des dépenses plus élevées pour des mandats externes. Le SWR estime même qu’il faudrait compter au moins 50 % de coûts supplémentaires.

Le Conseil scientifique s’inquiète aussi du fait que son expertise, indépendante et à long terme, ne puisse pas être remplacée par des groupes ponctuels, plus susceptibles d’être politiquement orientés. Cette inquiétude est renforcée par une récente controverse autour du paquet d’économies fédéral, où le CSS a exprimé des critiques contraires à celles d’un groupe ad hoc mandaté par le Conseil fédéral.

Par ailleurs, une révision légale prévoit que ces commissions ne pourront plus communiquer librement avec le Parlement sans l’accord de leur département, officiellement pour éviter des activités de  lobbying». Le CSS juge cette justification injustifiée et contraire à la liberté d’expression. Cette restriction semble paradoxale, d’autant qu’elle émane de milieux politiques de la droite bourgeoise qui s’opposent généralement à un encadrement plus strict du lobbying, par exemple concernant la réglementation autour le tabac.

Pour l’auteur de l’article paru dans la Wochenzeitung WOZ, l’ensemble du projet donne l’impression que le Conseil fédéral cherche à réduire une voix indépendante parfois critique. Dans un contexte déjà marqué par les restrictions budgétaires, la méfiance envers la science et les tensions géopolitiques et technologiques, la suppression du CSS serait un «signal préoccupant».

«La justice zurichoise sanctionne l’occupation de l’EPFZ en mai 2024 par des militants»

Cinq militant·es pro-palestinien·nes ont été condamné·es pour violation de domicile à des amendes avec sursis pour l’occupation de la halle principale de l’EPFZ le 31 mai 2024. Deux personnes ont été acquittées car la plainte envers elles était invalide au niveau procédurale. La défense a annoncé faire appel de la décision.

La présidente du tribunal a déclaré que le droit de propriété de l’EPFZ a été appliqué. Les arguments de la défense (notamment un état d’urgence, la liberté d’expression et celle de réunion) ont été rejetés. Le tribunal a estimé que d’autres moyens légaux existaient pour faire valoir leurs opinions. De plus, l’EPFZ avait indiqué sa disposition à dialoguer avec les manifestant·es. Tou·tes les accusé·es ont cependant été acquitté·es du chef d’accusation de participation à une manifestation non autorisée, car l’EPFZ, en tant qu’établissement de droit public, est soumise au droit fédéral et le droit communal ne peut donc pas s’appliquer.

D’autres procédures sont toujours en cours, notamment le procès contre les militants·e qui ont occupé le bâtiment principal de l’EPFZ le 7 mai 2024. (RTS, NZZ)

Pas de nouvelles de Roger Köppel et de son «tour» dans les universités suisses

Un mois après son annonce du concept «Köppel on Campus», une sorte d’imitation des débats de Charlie Kirk avec les étudiant·es suisses sur des sujets controversés, Roger Köppel, ancien conseiller national UDC et éditeur en chef de la «Weltwoche», n’a toujours pas annoncé de dates pour ses séances de débat.

Le média Nau.ch fait état de demandes régulières d’étudiant·es désireux·euses de connaitre les dates du début du tour. Le média «n’a connaissance jusqu’à présent que d’une seule université ayant reçu une demande de visite du campus: l’université de Zurich, où [Roger] Köppel a étudié la philosophie politique et l’histoire». Le porte-parole de l’université de Zurich annonce que «le service des manifestations de l’UZH discutera prochainement du concept et des conditions-cadres avec Monsieur Köppel.» Les universités de Berne, Bâle et Lucerne ainsi que l’ETHZ déclarent de leurs côtés qu’aucune demande n’a encore été reçue à ce sujet.

Voir: [16.09.2025 – «Köppel on Campus»: promouvoir la culture du débat dans les universités suisses] et [18.09.2025 – «Köppel on Campus»: un format mal transposé pour la Suisse, auxquels les étudiant·es semblent ouvert·es]

Des activistes interrompent une conférence à l’Université de Saint-Gall

Quatre activistes pour le climat ont interrompu une conférence à la HSG de Saint-Gall donnée par l’investisseur Urs Wietlisbach, co-fondateur de Partners Group. Ils·elles ont accusé l’intervenant à l’image publique de philanthrope vert de n’investir que des sommes modestes dans des solutions durables, au profit des grandes investissements dans les énergies fossiles. Les manifestant·es ont également attiré l’attention sur l’Initiative pour l’Avenir des Jeunes socialistes.

«L’EPFZ est tellement apolitique»

L’EPFZ a décidé en février 2025 de ne plus prendre position sur des conflits géopolitiques. Elle a supprimé de son site les messages de solidarité envers l’Ukraine et le Moyen-Orient et justifie ce choix par la nécessité d’assurer son impartialité institutionnelle, condition essentielle selon elle pour préserver la liberté académique et l’inclusion.

Cependant, cette neutralité affichée est contestée. «L’EPFZ estime qu’elle ne peut pas prendre position politiquement, mais ce qui est défini comme politique, c’est ce qui s’écarte de la position implicite de l’ETH », explique une membre de l’organisation étudiante SiP (Science is Political).

Selon l’auteur de l’article, des exemples récents montrent que l’école politique zurichoise agit de manière sélective : répression de sit-in étudiants, refus de candidatures d’étudiant·es issus de certains pays sous embargo, annulations de conférences jugées trop «politisées», tout en accueillant des intervenants proches de positions gouvernementales occidentales ou israéliennes.

Pour les critiques, cette prétendue position apolitique masque une orientation alignée sur la « realpolitik », les intérêts d’États et de bailleurs privés. Pour l’auteur de l’article, «la question comment préserver la liberté académique dans une institution qui ne parvient pas à maintenir son autonomie face aux acteurs de la politique réelle reste une question ouverte.»

La question centrale serait qui décide à l’université de ce qui est politique. «En tant qu’étudiants et chercheurs, ne devrions-nous pas participer aux décisions concernant notre formation et notre recherche ? Car l’ETH reste politiquement engagée dans ses actions, qu’elle le reconnaisse ou non», ce qui interroge sur l’avenir de la liberté académique dans un contexte où science et technologie sont de plus en plus liées aux enjeux militaires et géopolitiques.

Genève : Le Grand Conseil a refusé de restreindre la liberté de manifestation et le boycotte académique

Les député·es genevois·es ont refusé de restreindre la liberté d’expression des étudiant·es de l’université et des hautes écoles. Malgré les polémiques suscitées par certaines manifestations et occupations, le Grand Conseil a rejeté jeudi soir deux propositions visant à limiter le droit de manifester ou d’organiser des actions militantes jugées «menaçantes».

Un troisième texte, réclamant un boycott académique, a lui aussi été écarté. Les élu·es se sont ainsi aligné·es sur la position défendue par le rectorat de l’université et le Conseil d’État.

Judith Butler critique l’Université de Californie à Berkeley

Début septembre, la direction de l’Université avait fourni au gouvernement américain des noms d’étudiant·es, de professeur·es et de collaborateur·ices associé·es à des cas présumés d’antisémitisme. Environ 160 personnes avaient été informées de la transmission de leur nom au bureau des droits civils du ministère de l’éducation.

Ayant appris que son nom avait été transmis, la philosophe Judith Butler a demandé, dans une lettre ouverte publiée mardi dans le magazine «The Nation», à la direction de l’institution de ne pas se plier aux exigences du gouvernement américain. L’idée que les enseignant·s, les chercheur·euses et le personnel de l’Université soient «soumis à une surveillance complète» est «une violation stupéfiante de la confiance, de l’éthique et de la justice» selon elle.

La chercheuse ignore pour quels incidents et dans quel contexte son nom a été cité. «Il s’agirait apparemment d’une accusation qui, contrairement au droit constitutionnel, a été transmise à une autorité fédérale sans décision judiciaire.» S’il est clair qu’il faille agir contre l’antisémitisme dans les universités, il faut le faire «avec des procédures correctes et de la transparence».

«Köppel on Campus»: un format mal transposé pour la Suisse, auxquels les étudiant·es semblent ouvert·es

Selon Sarah Bütikofer, politologue spécialisée dans la politique suisse, le format de débat américain de Charlie Kirk, que Roger Köppel souhaite reprendre au niveau suisse à travers son concept «Köppel on Campus», serait «plutôt mal» transposé dans notre pays.

En effet, la spécialiste note que la culture du débat est bien existante en Suisse, la population étant régulièrement appelée à voter. La «polarisation affective», aversion émotionnelle entre les camps politiques, est également moins prononcée en Suisse qu’aux États-Unis. Les Suisses sont également habitué·es à ce que de nombreuses personnes prennent la parole en raison de leur fonction dans la politique, une association ou des organisations d’intérêts. La politologue rejette également la critique de Roger Köppel envers les universités suisses, selon laquelle elles manqueraient de débats. «Cette accusation peut être facilement démentie. À mon avis, dans chaque cours de bachelor», dit-elle.

Les étudiant·es interrogé·es semblent se montrer plutôt ouvert·es quant à la venue de Roger Köppel sur les campus. «Les étudiant·es sont curieux et critiques», affirme Ladina Bischof, du comité directeur de l’association des étudiant·es de l’Université de Zurich. Ils et elles considèrent que le format de débat ne pose aucun problème, si ce n’est l’instrumentalisation de la mort de Charlie Kirk.

Il existe cependant un certain scepticisme, certain·es se demandant si un format tel que celui proposé par Roger Köppel contribue à promouvoir une culture du débat constructive et empathique.

«Dans quelle mesure le débat est-il libre à l’Université de Berne ?»

L’Université de Berne a annulé trois jours avant l’événement, une conférence organisée par Amnesty International avec Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour la Palestine. Initialement acceptée, puis plusieurs fois confirmée et remise en question, la réservation de la salle a finalement été retirée après de fortes pressions extérieures.

Le tournant décisif est intervenu après une intervention du Schweizerischer Israelitischer Gemeindebund (SIG), qui a alerté la rectrice Virginia Richter sur des propos attribués à Francesca Albanese jugés «antisémites» ou «légitimant le terrorisme». Le SIG a transmis des extraits d’un rapport critique de l’ONG pro-israélienne UN-Watch. Suite à cet échange, la direction de l’université a exigé d’Amnesty des garanties immédiates d’« équilibre » et de prévention contre l’antisémitisme, mais a retiré son autorisation avant même la réponse complète de l’organisation.

La décision a eu un retentissement international : mentionnée par les autorités israéliennes, utilisée par UN-Watch au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, et suivie peu après par des sanctions américaines contre Albanese. Amnesty, de son côté, dénonce une décision prise sous pression politique et souligne que la rapporteuse travaille sur une base scientifique. (Bieler Tagblatt)

Et la décision de l’Université de Berne continue de susciter de vives critiques internes et externes. Plusieurs collaborateurs·rices  dénoncent sous couvert d’anonymat un climat de la peur, de la censure et de l’autocensure.

«Le climat qui règne à l’université de Berne représente un danger bien plus grand pour l’exercice de ma profession que la perte de mon emploi», juge le professeur assistant Charles Heller de l’Institut d’Anthropologie sociale de la même université, qui dénonce une décision «scandaleuse» de la direction, rappelant que l’université n’a organisé aucun événement substantiel sur la guerre à Gaza depuis octobre 2023, manquant ainsi à sa mission sociale qui consiste à fournir aux étudiants, aux facultés et au grand public les bases nécessaires pour se forger une opinion éclairée.

Le Professeur de droit constitutionnel et administratif de l’Université de Bâle Markus Schefer insiste sur la nécessité pour l’institution d’ouvrir l’espace de débat à toutes les opinions, y compris sur le conflit israélo-palestinien.  «Le caractère scientifique et l’équilibre ne peuvent être des conditions préalables aux déclarations faites dans le cadre d’événements organisés dans une université. Dans les établissements d’enseignement supérieur, les questions générales d’intérêt social doivent également pouvoir être abordées d’une manière fortement influencée par des opinions personnelles.

L’université ne se limiterait pas à la science. « À l’université, on peut tout dire dans le cadre de la loi. » Dans les cours et autres manifestations scientifiques spécifiques, les propos tenus doivent ensuite être évalués à l’aune de critères scientifiques. Par conséquent, les événements organisés dans les locaux d’une université ne doivent pas nécessairement être équilibrés. «À cet égard, les universités ne sont pas soumises aux mêmes normes strictes que la radio publique, par exemple.» Mais il est également clair que lorsqu’elle autorise des événements sur des sujets controversés, l’université ne peut pas servir de forum à un seul camp, mais doit être ouverte à toutes les opinions» (Der Bund)

«Köppel on Campus»: promouvoir la culture du débat dans les universités suisses
Charlie Kirk, co-fondateur du mouvement Turning Point USA, a été tué le 10.09.2025 dans l’Université de Utah Valley. Son organisation de politique conservatrice et pro-Trump, a, entre autres, publié le site Professor Watchlist, qui répertorie les membres du personnel universitaire qui, selon Turning Point, «font preuve de discrimination envers les étudiants conservateurs, promeuvent des valeurs anti-américaines et diffusent la propagande gauchiste dans leurs cours». Elle a également mis en place le site Dean’s list, qui classe les hautes écoles américaines selon ces critères et le site School Board Watchlist, qui publie, entre autres, les noms et les photos des membres des conseils scolaires qui soutiennent des programmes scolaires antiracistes ou, pendant la pandémie, ont adopté des mesures obligatoires portant sur le port du masque. (Wikipedia et Turning Point USA
Charlie Kirk même est célèbre pour ses débats polémiques avec des étudiant·es et des professeur·es sur les campus universitaires américains. Roger Köppel, ancien conseiller national UDC et éditeur en chef de la «Weltwoche», souhaite prendre l’attentat comme occasion pour promouvoir la culture du débat dans les universités suisses, par une tournée sous le titre «Köppel on Campus». La date de tournée sera bientôt communiquée.
En effet, selon Roger Köppel, la Suisse manque souvent de discussion ouverte, et de nombreuses personnes resteraient uniquement dans leurs propres bulles d’opinion. Il souhaite ainsi organiser non pas des conférences préparées, mais des discussions spontanées.
Selon les représentant·es des étudiant·es suisses UNES interrogé·es par la SonntagsZeitung, Roger Köppel pourra constater que, malgré ce qu’il pense, la culture du débat n’est pas menacée dans les universités suisses, où «il est possible de parler de tout». (Tages-Anzeiger)
«Ça va être turbulent, c’est sûr.», estime l’auteur de l’article Inside Paradeplatz, René Zeyer. «Si tant est qu’il ait lieu. En Suisse, les organisateurs sont plutôt craintifs.» Il estime que la culture est en effet en danger en Suisse, et prend comme exemple les débats annulés sur la thématique de la guerre à Gaza.
«L’IA au service du ciblage des migrants et étudiants étrangers»

«Amnesty International accuse les autorités américaines d’enfreindre les droits humains en utilisant des outils d’intelligence artificielle (IA) pour surveiller les migrants et les manifestants étrangers pro-palestiniens. […] L’association pointe notamment les outils informatiques dopés à l’IA des entreprises Babel Street et Palantir, spécialisées dans l’analyse de données à grande échelle et en temps réel, qui ont de nombreux contrats avec le gouvernement américain, notamment dans les secteurs de la défense et du renseignement.»

En découle un climat de peur paralysant les migrant·es, mais aussi les étudiant·es internationaux sur les campus universitaires américains, relate Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche à Amnesty International. L’ONG note encore que ces technologies utilisées afin de tirer des conclusions sur les intentions des personnes «présentent d’importantes marges d’erreur et s’avèrent souvent discriminatoires et biaisées».

Rapport sur l’impact du deuxième mandat de Donald Trump sur les sciences

Entre le 20 janvier et le 30 juin 2025, quatre auteurs·rices de l’Union des scientifiques concernés ont recensé 402 attaques contre la science aux Etats-Unis:

«Dans ce rapport, nous documentons les différentes manières dont cette administration a ciblé la science publique dont nous dépendons toutes et tous, et nous proposons des recommandations ainsi que des ressources pour contrer ces attaques et demander des comptes à l’administration.»

La justice se penche sur le conflit entre l’administration Trump et Harvard

«Le duel entre Donald Trump et Harvard s’est déplacé lundi dans l’arène judiciaire où une juge a demandé à l’administration américaine de justifier le gel de plus de 2,6 milliards de dollars en subventions de recherche à la prestigieuse université. […] En parallèle, des associations de professeurs d’université américaines, notamment de Harvard, ont demandé lundi à un autre juge du Massachusetts de reconnaître que le gouvernement américain a mis en place une « politique d’expulsions basées sur l’idéologie » contraire au premier amendement de la Constitution qui protège la liberté d’expression.»

«A deux doigts d’entarter Céline Amaudruz, il est reconnu coupable»

En décembre 2022 lors d’un concours oratoire organisé par le Club genevois de débat à l’Université de Genève , un groupe de personnes, est entré dans le bâtiment avec des masques chirurgicaux, scandant des slogans contre la représentante de l’UDC Céline Amadruz, membre du jury. Selon le Blick il s’agissait de membres du syndicat étudiant CUAE.

Un homme qui avait aspergé la conseillère nationale UDC Céline Amaudruz de purin d’ortie et s’apprêtait à entarter la politicienne. Il a été reconnu par une témoin comme ex-membre du syndicat étudiant CUAE reconnu coupable et condamné à trente jours-amende avec sursis. Contestant l’accusation, il fera appel, a annoncé son avocate.

 

Yascha Mounk : Les universités américaines dans le collimateur de Trump

Le professeur en Relations internationales à l’université Johns Hopkins de Baltimore Yascha Mounk explique comment les universités américaines ont connu de véritables dysfonctionnements ces dernières années. La politique identitaire de gauche et la Cancel Culture auraient restreint la liberté d’expression des étudiant·es et des professeur·es. Mais ce que fait aujourd’hui le gouvernement Trump au nom de la liberté d’expression serait une attaque brutale contre celle-ci. Le professeur allemand juge que le populisme de droite est un danger pour la démocratie. «Mais il est important que la gauche se demande également comment on en est arrivé là.» Yascha Mounk est convaincu que la politique identitaire de la gauche a contribué à l’ascension de Donald Trump.