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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: rôle des universités

Six principes pour défendre la liberté académique dans les universités

Sarah de Rijcke, rectrice de l’Université de Leiden, estime que la liberté académique et l’autonomie des universités sont essentielles à la production d’un savoir fiable. Face aux pressions politiques, économiques et sécuritaires qui affectent la recherche dans plusieurs pays, elle propose six principes : protéger l’indépendance de la recherche, préserver la recherche fondamentale, reconnaître le rôle démocratique des universités, équilibrer sécurité et ouverture, protéger les chercheurs contre les pressions et renforcer la transparence envers la société. Selon elle, sans ces garanties, la qualité et la crédibilité des connaissances scientifiques risquent de s’affaiblir.

«Rima Hassan à l’Uni de Genève: le rectorat défend sa décision»

«Devant comparaître en octobre en France pour «apologie du terrorisme», la militante pro-palestinienne Rima Hassan participera à une table ronde le 23 septembre à l’Unige. Thème de la rencontre annoncée: «Médias et Palestine: la bataille des récits». Un membre du corps enseignant relaie des critiques de ses collègues sur la tenue de cet événement», notamment  «l’absence de tout membre académique de l’Unige à cette table ronde, «alors que beaucoup parmi eux ont une expertise sur le sujet», et que «des propos flirtant avec l’antisémitisme fusent au cours de la rencontre». Les organisateurs·rices de la table ronde affirment qu’«aucun propos discriminatoire, raciste, antisémite, islamophobe, xénophobe, sexiste ou haineux ne sera toléré».

«Nous confions de plus en plus la réflexion aux machines»
L’auteur de l’article, le journaliste Reto U. Schneider, estime que l’université traverse une crise majeure. L’IA remet en question la valeur des mémoires, des thèses et même des diplômes, puisqu’il devient difficile de distinguer les compétences réelles de la capacité à utiliser efficacement les outils d’IA. Le véritable danger ne serait pas seulement la tricherie, mais la perte progressive de l’habitude de penser, d’écrire et d’apprendre par soi-même. Selon l’auteur, nous assistons peut-être au début d’une transformation radicale, voire à la fin du modèle universitaire tel qu’il a existé depuis deux siècles.
La science et le bien commun

La science invoque régulièrement l’idée de servir l’intérêt général, ne serait-ce que pour justifier, en partie, son financement public. Pourtant, on reconnaît de plus en plus que les structures et les mécanismes d’incitation actuels en matière de recherche font obstacle à la réalisation de cet idéal.

Les autrices de cette publication proposent une conception en réseau qui considère la science comme inhérente au bien commun et constitutive de celui-ci, inspiré de la tradition aristotélicienne.

Comment protéger la science contre les ingérences politiques ?

Walter Rosenthal, président de la Conférence allemande des recteurs d’université, se penche sur cette question dans la perspective des prochaines élections régionales. Dans cette interview, il explique quelles mesures ont été prises face à la potentielle montée au pouvoir de l’extrême droite. Il s’inquiète notamment des atteintes annoncées à la liberté des établissements d’enseignement supérieur de déterminer leurs thèmes de recherche et leurs programmes d’enseignement constitueraient une violation de la liberté scientifique protégée par la Constitution. La suppression prévue du système licence-master nuirait durablement à la mobilité des étudiants.

«Sur le plan politique, les directions des établissements d’enseignement supérieur sont […] tenues à la neutralité, mais il y a des limites. Si, par exemple, la Loi fondamentale est bafouée ou menace de l’être, alors chacun doit adopter une position très, très claire. Nous devons sans cesse rappeler que la solidarité entre les institutions scientifiques, mais aussi la solidarité avec d’autres groupes sociaux, est un élément central. Et cela implique que nous adoptions une position claire.»

Comment l’Europe peut-elle renforcer la recherche sur le climat et les partenariats dans ce domaine ?

«C’est l’occasion pour l’Europe de se mobiliser et de travailler à la coopération et aux accords en matière de climat», note Katja Matthes, directrice du Centre Helmholtz de recherche océanographique GEOMAR, . «Le changement climatique est un problème international et une menace réelle, et nous devons accélérer l’action climatique par rapport à ce que nous faisons actuellement.»

Elle estime que ses collègues scientifiques doivent faire comprendre que le changement climatique n’est pas seulement une menace, mais aussi une opportunité de trouver des solutions. «Nous devons changer notre discours et élargir nos alliances stratégiques avec ceux qui sont disposés à agir», déclare-t-elle, «et heureusement, il y a beaucoup de personnes et de pays prêts à s’engager.»

Les priorités des hautes écoles suisses (2029–2032 )

«Dans son nouveau document «Coordination de la politique des hautes écoles à l’échelle nationale 2029–32», swissuniversities fixe un cap commun pour les hautes écoles. Elle place au premier plan l’excellence de l’enseignement, de la recherche et du transfert de savoir, qui constituent leur mission fondamentale. Elle définit aussi six priorités thématiques et esquisse les investissements nécessaires à leur mise en œuvre»: «La souveraineté technologique, l’espace, l’enseignement, les infrastructures de recherche, la santé et la sécurité.» «Ces domaines répondent à des enjeux qui dépassent le seul cadre des hautes écoles. Ils touchent à la capacité de la Suisse à maîtriser les transformations qui façonnent son environnement.»

 

Des Palestiniens prennent des actions légales contre l’Université Columbia

Selon le «New York Times», cinq étudiants d’origine palestinienne de l’université Columbia ont désormais porté plainte contre l’établissement reprochant à la direction de l’université d’avoir défavorisé des étudiants palestiniens dans le cadre des manifestations contre la guerre à Gaza. Dans leur plainte, ils affirment que l’université n’a pas pris suffisamment de mesures pour les protéger d’un environnement hostile. Elle aurait participé «activement au harcèlement à caractère raciste, ethnique et politique» dont ont été victimes des étudiants, des membres du personnel et des enseignants palestiniens.

Un rapport sur les incidents racistes publié l’année dernière par l’université de Harvard mentionne également des cas de discrimination antimusulmane et anti-palestinienne entre étudiants. L’auteur de l’article de la Neue Zürcher Zeitung estime qu’il s’agit toutefois de «cas isolés. Cela n’a pas donné lieu à un climat antipalestinien généralisé. L’antisémitisme, en revanche, était systémique. À Harvard comme à Columbia.»

«Pourquoi les scientifiques devraient être à l’origine de la transition visant à abandonner les méga-centres de données dédiés à l’IA»

«À mesure que l’on prendra conscience des coûts environnementaux et économiques liés à l’utilisation [de l’IA], la demande en solutions alternatives plus durables, plus respectueuses de la vie privée et plus adaptables ne manquera pas de croître.» Les auteurs et l’autrice de l’article paru dans Nature estiment que les universités et les instituts de recherche ont un rôle crucial à jouer dans cette transition.

«Pourquoi la science doit renforcer son contrat social»

Face à la défiance croissante envers la science, Peter Gluckman, président du International Science Council (ISC), appelle à renforcer le contrat social de la science en améliorant la communication avec les politiques et en explicitant ses contributions à la société.

Il préconise un engagement accru des scientifiques auprès des ministères, de la société civile et des entreprises pour garantir le bien-être humain et environnemental.

Editorial critique à la nouvelle stratégie scientifique américaine «de l’âge d’or»

Cet éditorial de Nature analyse de manière critique le rapport « Science: A New Golden Age », publié par la Maison-Blanche sous l’administration Trump et présenté comme une feuille de route pour relancer le leadership scientifique américain.

L’article reconnaît que le rapport soulève des questions importantes sur l’avenir de la recherche, notamment le financement des projets à haut risque, l’amélioration des infrastructures scientifiques et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la recherche. Il met également l’accent sur des domaines stratégiques comme l’IA, l’informatique quantique, les semi-conducteurs, la robotique, l’énergie nucléaire et l’espace.

Cependant, les auteurs estiment que le plan souffre de plusieurs lacunes majeures :

  1. Manque de consultation transparente
    • Contrairement au célèbre rapport de 1945 de Vannevar Bush (Science: The Endless Frontier), qui avait été élaboré avec une large participation des communautés scientifiques, le nouveau rapport ne précise pas quels experts ou institutions ont été consultés.
    • Cette absence de transparence intervient dans un contexte où l’administration Trump a réduit le rôle des conseils scientifiques indépendants.
  2. Vision trop étroite de la recherche
    • Les priorités se concentrent principalement sur les sciences physiques, l’ingénierie et les technologies ayant un intérêt pour la sécurité nationale.
    • Des domaines essentiels comme la santé publique, le changement climatique, les sciences sociales et les humanités sont largement absents.
  3. Sous-estimation des défis sociétaux
    • Selon l’éditorial, les sciences sociales et humaines sont indispensables pour comprendre et gérer les effets profonds de l’IA sur les sociétés.
    • Les menaces liées aux pandémies ou au changement climatique sont également des enjeux majeurs de sécurité nationale qui mériteraient davantage d’attention.
  4. Absence de dimension internationale
    • Le rapport ne met presque jamais en avant la coopération mondiale ou les partenariats internationaux.
    • Cette approche est jugée irréaliste, car les grandes avancées scientifiques reposent historiquement sur la circulation des chercheurs, des idées et des collaborations entre pays.

Pour l’éditeur de Nature, le rapport représente une occasion manquée. Alors qu’il ambitionne de devenir l’équivalent moderne du rapport fondateur de 1945, il adopte une vision trop limitée, centrée sur certaines technologies et sur des priorités nationales. Les auteurs soutiennent qu’un véritable « âge d’or » de la science américaine nécessiterait :

  • une participation plus large de la communauté scientifique ;
  • un soutien aux sciences sociales, à la santé publique et aux humanités ;
  • une ouverture aux talents du monde entier ;
  • et un engagement accru dans la coopération scientifique internationale.
«L’Université de Genève doit devenir l’université mondiale de la responsabilité»

Klaus Schwab, fondateur et ancien président exécutif du Forum économique mondial (WEF), s’inquiète du déclassement de l’Université de Genève dans le classement QS, de la 85ème position en 2015 à la 168e place lors du classement actuel. «Ce message est clair: l’Université n’a pas encore transformé ses atouts exceptionnels en rayonnement académique mondial. Ce recul ne signifie pas que Genève manque de qualité. Il signifie qu’elle doit affirmer plus fortement sa mission propre.» Dans son récent livre «Universities, Professors and Students in the Intelligent Age», il défend l’idée que les universités doivent profondément se réinventer.

Klaus Schwab estime que l’UNIGE devrait se profiler comme l’université mondiale de référence à l’intersection de la gouvernance, de la science, de la diplomatie, de la santé, de l’humanitaire, du droit, de l’éthique et des technologies responsables.

Il reconnait que «le plan stratégique 2024-2034 de l’Université de Genève va déjà dans cette direction», mais cette «ambition mondiale» devrait être plus clairement identifiable. La récente tenue de la conférence AI for Good aurait montré le potentiel. L’université devrait par exemple devenir un partenaire académique structurant de tels événements réunissant  gouvernements, organisations internationales, entreprises technologiques, chercheurs et société civile, et montrer sa présence avant, pendant et après l’événement.

Et il conseille à l’UNIGE de concentrer ses forces sur quelques domaines où elle peut devenir incontournable.

«Six façons de placer le public au cœur de la science et de la politique»

L’article de Nature présente six methodes pour impliquer les citoyen·nes dans la recherche et l’élaboration des politiques. Car, selon les auteurs et autrices, «ce sont les gouvernements, sur les conseils des scientifiques, qui décideront de la manière dont les pays réagiront faces aux défis actuels impliquant les sciences et la technologie [IA, transition énergétique, préparations à des futures pandémies]. Pourtant, le public est rarement consulté sur les décisions qui conditionnent la vie de nombreuses personnes.»

«À l’heure où la confiance envers les gouvernements s’effrite dans de nombreuses démocraties et où les populistes présentent les scientifiques et les institutions universitaires comme des «élites» indignes de confiance, il est essentiel d’associer le grand public à la recherche et à l’élaboration des politiques. Cela permettrait de renforcer la confiance et de conférer davantage de légitimité à la recherche universitaire et aux politiques gouvernementales. Les citoyens sont en effet plus enclins à soutenir — et à défendre — les avis scientifiques auxquels ils ont contribué. […] But first, academic and policy elites need to trust the public.»

 

La stratégie scientifique américaine «de l’âge d’or»

Affirmant que le rythme des découvertes aux États-Unis a considérablement ralenti au cours des dernières décennies, un nouveau rapport de la Maison Blanche préconise des changements radicaux dans la manière dont le gouvernement fédéral soutient la science. Il proposerait de réduire le financement accordé aux principales universités du pays, de remplacer la recherche initiée par les chercheurs par des subventions beaucoup plus importantes destinées à des équipes travaillant sur une série de grands défis, de privilégier les sciences physiques au détriment d’autres disciplines, et de rechercher des alternatives à l’évaluation par les pairs pour sélectionner les meilleures idées à étudier. (Science) [Le magazine Nature a appris entretemps que la NSF avait récemment retiré 300 millions de dollars à deux de ses divisions : les mathématiques et les sciences physiques, ainsi que l’informatique, les sciences de l’information et l’ingénierie.]

Le rapport affirme que ces changements constituent une correction nécessaire d’un «système de plus en plus sclérosé». Les détracteurs, en revanche, les dénoncent comme un projet malavisé qui ne ferait qu’aggraver les dégâts déjà causés par l’administration du président Donald Trump. (Science)

Kurt Deketelaere, secrétaire général de la LERU, estime que ce nouveau rapport identifie à juste titre bon nombre des défis auxquels la science est confrontée aujourd’hui. «La solution proposée par le rapport mérite toutefois une réflexion approfondie, non seulement aux États-Unis, mais aussi dans toute l’Europe. Elle repose essentiellement sur un changement philosophique subtil mais profond. Plutôt que de placer les universités de recherche au cœur de la découverte scientifique, le rapport met de plus en plus l’accent sur les scientifiques à titre individuel. […] Le prochain âge d’or de la science sera façonné par des esprits indépendants évoluant au sein d’institutions solides et autonomes qui encouragent la curiosité, valorisent la pensée critique et protègent la liberté de remettre en question les idées reçues.»

L’importance des Humanités vue par le Doyen de l’Université de Bâle

Le doyen de la Faculté des sciences sociales et politiques de l’Université de Bâle, Laurent Goetschel répond aux défis et préjugés auxquels doit faire face les Humanités. Il insiste sur leur caractère innovant et leur rôle crucial face aux défis contemporains. Pour illustrer l’impact direct sur la société, il cite des recherches clés sur le pouvoir des images, l’influence des récits et les politiques environnementales.

Il rappelle également l’enjeu démocratique de ces disciplines en affirmant : « Partout où des forces autoritaires s’emparent du pouvoir, l’une de leurs premières mesures consiste à abolir les sciences humaines, car celles-ci incarnent la libre pensée même. » 

Faut-il plus d’études holistiques ?

Luc Saner, co-initiateur du Komitee für die Einheit der Wissenschaft und ein echtes Studium
generale et ancien parlementaire à Bâle-Ville (PLR) et auteur du livre «Allgemeiner Teil der Wissenschaften» (2023) et Beat Berber, membre du comité et spécialiste de communication pour les hautes écoles plaident pour plus d’unité dans la science pour répondre aux défis contemporains. Bien que les progrès scientifiques ont rarement été aussi importants qu’aujourd’hui, ils ne traduiraient pas assez en résolution de crises mondiales.

Les auteurs déclarent : « L’humanité ne tire pas suffisamment parti de la proposition désormais élevée de diplômé·es de l’enseignement supérieur occupant des postes à responsabilité. La communication au sein de la communauté scientifique est principalement guidée par des intérêts particuliers et une étroitesse d’esprit ». 

Ils citent entre autres un sondage de Nature qui indiquerait que «73 % des chercheurs n’y connaissent rien en politique ; à l’inverse, 80 % des politiciens ne comprennent pas comment fonctionne la science.»

Pour répondre à la fragmentation entre science et politique, il faudrait « un changement de paradigme vers l’unité de la science ». 

Claudio Bassetti a été choisi comme nouveau recteur de l’USI

Claudio Bassetti prendra ses fonctions le 1er septembre. Ce neurologue compte plus de 30 ans d’expérience clinique, universitaire et de gestion. Il est actuellement doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Berne et, depuis 2024, également directeur de la recherche et de l’enseignement (DLF) à l’Inselspital de Berne, en tant que membre votant de la direction générale.

Le Corriere del Ticino évoque le prédécesseur Boas Eres (01.09.2016-09.05.2022) et Luisa Lambertini (01.07.2023 – 31.12.2025), qui auraient vécu des tensions avec le Conseil de l’université.

«Rappelons une interview datant de mai 2024, dans laquelle la rectrice elle-même définissait la notion de normalité dans le milieu universitaire et soulignait : «La normalité ? Une université dont la gestion relève entièrement du rectorat et dont le Conseil n’assure que la haute surveillance. C’est un processus, et je pense qu’il reste encore du travail à accomplir dans ce sens. Nous essayons de revenir à cette normalité.»

Par ailleurs, l’USI souligne dans son communiqué que «dans le cadre de sa double fonction de doyen et de directeur du DLF de l’Inselspital, Claudio Bassetti s’est engagé sans relâche à renforcer la collaboration entre l’université et l’hôpital, en promouvant l’excellence dans les soins, l’enseignement et la recherche».

«Cette remarque semble aujourd’hui déterminante dans le choix de l’Université de la Suisse italienne, notamment dans la perspective du développement de la recherche dans le domaine biomédical et de la mise en place d’un hôpital universitaire», estime l’auteur de l’article du Corriere del Ticino.

Dans une interview accordé à La Regione, Claudio Bassetti affirme que l’université doit en effet être indépendante [de la politique], avec une relation clairement définie par les mandats.

Selon le futur recteur, «Une université aussi petite doit optimiser les synergies : la force de cette université, comme celle des autres, devra être supérieure à la somme des capacités et des compétences individuelles.»

Par ailleurs, il souligne l’importance de l’efficacité du financement et de l’excellence, «qui ne sera pas seulement évaluée en fonction des publications et des fonds ; l’excellence, c’est aussi la capacité à collaborer, à promouvoir les jeunes et à avoir un impact. C’est une culture de l’excellence que je souhaite définir comme plus large que ce que peut être la vision originelle du «toxic performer», du charognard qui ne vit que pour lui-même. […]

Mesurer l’excellence est une tâche difficile : il ne s’agit pas simplement de formules. J’ai choisi le terme « humanisme », mais on pourrait aussi parler de «Renaissance de l’Usi», précisément parce que je m’inspire de ces principes, de ces valeurs : la place centrale de l’homme et de la personne comme fin ultime de l’effort ; le dialogue entre les sciences exactes et les sciences humaines ; une responsabilité civique vis-à-vis de ce que l’on fait.»

À propos de son rapport à la politique, pour lui «il est clair qu’il faut comprendre les besoins, les sensibilités, voire les critiques ; c’est pourquoi je serai à l’écoute. Mais la politique ne peut dicter les politiques universitaires : elle régit les mandats, les contrats de prestations, mais il faut préserver une indépendance fondamentale.  [..] Je ne ferai pas de politique au sens classique du terme ; je serai présent, comme je l’ai déjà dit, j’écouterai beaucoup. Et je prendrai également la parole.»

Roger Köppel invité à débattre à l’Université de Zurich

L’Association estudiantine de l’Université de Zurich (VSUZH) lance demain un nouveau format «Debate a Politician», inauguré par Roger Köppel. Un choix controversé pour entamer une série de débats visant la diversité des opinions. Si l’événement suscite des critiques virulentes sur le profil de l’invité et la normalisation de discours d’extrême droite, la VSUZH maintient son approche et promet un débat encadré.

De son côté, l’invité Roger Köppel, inspiré par le conservateur nationaliste américain Charlie Kirk qu’il qualifie de «martyr de la liberté d’expression», fustige l’évolution du milieu académique. Dans le Blick, il affirme que «la diversité d’opinions est menacée par la simplicité d’esprit» et que les universités soient devenues des «temples du progressisme de gauche et écologiste» manquant de contradiction.

 

 

« La science n’est pas un parti » déclare la présidente de swissuniversities

Face à la montée de la défiance, des « vérités alternatives » et de l’instrumentalisation politique de la recherche, la présidente de swissuniversities Luciana Vaccaro souligne l’urgence de défendre la science pour en protéger l’intégrité.

De retour de la conférence annuelle de l’European University Association (EUA), elle rappelle que cette tendance menace l’équilibre financier, administratif et intellectuel des universités. Un tel déclin risque d’impacter directement les étudiant·es et de conduire à des décisions fondées sur l’ignorance.

Retour sur l’invitation du blogueur controversé Curtis Yarvin au Symposium de Saint-Gall

La venue de Curtis Yarvin mercredi dernier au Symposium de Saint-Gall, l’événement annuel organisé par les étudiant·es de l’Université (HSG), avait été précédée d’une vague d’indignation. L’américain est figure de proue de l’extrême droite techno-libertarienne et anti-démocrate autro-proclamé a été qualifié d’«éclaireur obscur» par le média Republik, ou d’«imposteur» par Caspar Hirschi, professeur à l’Université de Saint-Gall (St. Galler Tagblatt). Ce dernier s’interroge par ailleurs sur le fait que le Symposium lui offre une si grande exposition («Bühne), le plaçant aux côtés de l’un des politologues les plus renommés d’Europe (Ivan Krastev). «Cela a conféré une légitimité académique à Yarvin, alors qu’il n’était même pas capable de respecter la règle la plus élémentaire d’un débat, à savoir répondre aux questions. »

Malgré les tensions initiales et une lettre protestataire signé par 300 membres de la communauté universitaire, le symposium est resté remarquablement calme, aucune manifestation étudiante n’ayant éclaté à l’intérieur ou aux abords de l’université.

Lundi, des scientifiques en sciences sociales et humaines de l’Université de Saint-Gall ont organisé un débat sur la manière d’aborder les penseurs extrémistes. La plupart des intervenants n’auraient pas proposé de tribune à Curtis Yarvin.

Une question restante est si le rectorat de la HSG disposera à l’avenir d’un droit de veto officiel sur les invités aux colloques lorsque, comme dans le cas de Yarvin, la réputation de l’université est en jeu.