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Editorial critique à la nouvelle stratégie scientifique américaine «de l’âge d’or»

Cet éditorial de Nature analyse de manière critique le rapport « Science: A New Golden Age », publié par la Maison-Blanche sous l’administration Trump et présenté comme une feuille de route pour relancer le leadership scientifique américain.

L’article reconnaît que le rapport soulève des questions importantes sur l’avenir de la recherche, notamment le financement des projets à haut risque, l’amélioration des infrastructures scientifiques et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la recherche. Il met également l’accent sur des domaines stratégiques comme l’IA, l’informatique quantique, les semi-conducteurs, la robotique, l’énergie nucléaire et l’espace.

Cependant, les auteurs estiment que le plan souffre de plusieurs lacunes majeures :

  1. Manque de consultation transparente
    • Contrairement au célèbre rapport de 1945 de Vannevar Bush (Science: The Endless Frontier), qui avait été élaboré avec une large participation des communautés scientifiques, le nouveau rapport ne précise pas quels experts ou institutions ont été consultés.
    • Cette absence de transparence intervient dans un contexte où l’administration Trump a réduit le rôle des conseils scientifiques indépendants.
  2. Vision trop étroite de la recherche
    • Les priorités se concentrent principalement sur les sciences physiques, l’ingénierie et les technologies ayant un intérêt pour la sécurité nationale.
    • Des domaines essentiels comme la santé publique, le changement climatique, les sciences sociales et les humanités sont largement absents.
  3. Sous-estimation des défis sociétaux
    • Selon l’éditorial, les sciences sociales et humaines sont indispensables pour comprendre et gérer les effets profonds de l’IA sur les sociétés.
    • Les menaces liées aux pandémies ou au changement climatique sont également des enjeux majeurs de sécurité nationale qui mériteraient davantage d’attention.
  4. Absence de dimension internationale
    • Le rapport ne met presque jamais en avant la coopération mondiale ou les partenariats internationaux.
    • Cette approche est jugée irréaliste, car les grandes avancées scientifiques reposent historiquement sur la circulation des chercheurs, des idées et des collaborations entre pays.

Pour l’éditeur de Nature, le rapport représente une occasion manquée. Alors qu’il ambitionne de devenir l’équivalent moderne du rapport fondateur de 1945, il adopte une vision trop limitée, centrée sur certaines technologies et sur des priorités nationales. Les auteurs soutiennent qu’un véritable « âge d’or » de la science américaine nécessiterait :

  • une participation plus large de la communauté scientifique ;
  • un soutien aux sciences sociales, à la santé publique et aux humanités ;
  • une ouverture aux talents du monde entier ;
  • et un engagement accru dans la coopération scientifique internationale.