Sarah de Rijcke, rectrice de l’Université de Leiden, estime que la liberté académique et l’autonomie des universités sont essentielles à la production d’un savoir fiable. Face aux pressions politiques, économiques et sécuritaires qui affectent la recherche dans plusieurs pays, elle propose six principes : protéger l’indépendance de la recherche, préserver la recherche fondamentale, reconnaître le rôle démocratique des universités, équilibrer sécurité et ouverture, protéger les chercheurs contre les pressions et renforcer la transparence envers la société. Selon elle, sans ces garanties, la qualité et la crédibilité des connaissances scientifiques risquent de s’affaiblir.
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Sujet: direction des hautes écoles
Le rectorat de l’université de Saint-Gall (HSG) a précisé la stratégie climatique de l’université et défini les axes prioritaires pour la prochaine phase de mise en œuvre, qui s’étendra jusqu’à fin 2028.
Le rectorat a décidé de viser la neutralité carbone pour les émissions directes liées à l’activité de l’établissement d’ici 2030, ainsi qu’une réduction de 25 % de l’ensemble des émissions d’ici 2030 par rapport à l’année de référence 2019.
L’ouvrage collectif Présences fascistes en Suisse. Autour du doctorat honoris causa de Benito Mussolini (1937), publié à l’été 2026, met en lumière les relations complexes entre la Suisse, plus particulièrement l’Université de Lausanne et l’élite vaudoise de l’époque, avec le régime de Mussolini.
Ce livre fait suite aux travaux d’un groupe de travail du Centre interdisciplinaire de recherche en éthique (CIRE-UNIL), dont le rapport officiel publié en 2024 reconnaît une faute grave commise par l’université en 1937 et souligne l’importance du devoir de mémoire. Pour Nadja Eggert, directrice du CIRE, la démarche est claire : «Il ne s’agit pas de nier mais de regarder cet épisode en face, d’essayer de le comprendre et de l’analyser dans le but de ne plus le reproduire».
Le nouveau recteur de l’Università della svizzera italiana USI, le neurologue Claudio Bassetti, a présenté les principaux défis auxquels l’établissement est confronté. Sa priorité est de renforcer les valeurs fondamentales de l’université : autonomie, collaboration, excellence et ouverture internationale. Il souhaite également encourager davantage le travail commun entre les différentes facultés tout en respectant leurs spécificités. Bassetti insiste aussi sur l’importance des liens avec le Tessin et la société. Selon lui, l’USI doit accroître son impact régional et mieux se faire connaître afin que la population tessinoise se sente davantage concernée et fière de son université.
Concernant la hausse des frais de scolarité, qui atteindront 10 000 francs par an pour les étudiant·es non résident·es, il espère que cela n’entraînera pas une baisse des inscriptions. Il estime que l’USI reste attractive grâce à la qualité de son enseignement, à son encadrement favorable et à sa situation géographique, tout en voulant continuer à attirer des étudiants suisses, italiens et internationaux.
À propos de l’intelligence artificielle (IA), Claudio Bassetti considère qu’elle est désormais incontournable et qu’elle transformera l’avenir. Le défi est donc de l’intégrer de manière responsable dans l’administration, l’enseignement et la recherche, tout en préservant le rôle central de l’intelligence humaine, de la créativité et du jugement des personnes.
Enfin, il se dit préoccupé par l’augmentation du chômage parmi les jeunes diplômés. Même si l’USI accompagne déjà ses étudiant·es vers le marché du travail, il estime qu’il faut renforcer ces efforts et adapter la formation aux évolutions futures afin d’améliorer l’employabilité des diplômé·es.
Dans un entretien pour le journal Le Temps, le directeur général des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), Robert Mardini, revient sur les enjeux et défis économiques de l’institution. Il aborde également les impératifs de formation et d’encadrement des futurs médecins.
Bien que le nombre de diplômé·es en médecine en Suisse a augmenté, passant de 882 en 2016 à 1381 en 2024, la capacité des hôpitaux à offrir une formation postgraduée de qualité est arrivée à saturation, selon lui. En tant que premier centre de formation en Suisse romande, les HUG constituent le principal goulet d’étranglement. Le manque de personnel encadrant et de structures adaptées empêche d’absorber efficacement ce flux de jeunes diplômé·es. Pour éviter la rupture, la direction a dû échelonner l’embauche de 435 médecins et soignant·es sur quatre ans, une planification qui suffira à peine à combler la pénurie.
Alors que la Suisse anticipe 40 000 postes médicaux vacants d’ici 2030, Robert Mardini avertit qu’augmenter le nombre d’étudiant·es est inutile sans une stratégie de rétention. L’accent doit dès lors être mis sur la création de vrais plans de carrière médicaux et une réorganisation profonde des plannings hospitaliers.
Nouveau recteur de l’Unil depuis le 1er août, Christophe Champod affirme avoir repris une université solide malgré les tensions et les difficultés budgétaires récentes. Sa priorité est de restaurer la confiance au sein de l’institution et de réaffirmer la mission centrale de l’université : transmettre et produire des savoirs dans un cadre ouvert et respectueux.
Pour les cinq prochaines années, il identifie trois grands défis : l’intégration responsable de l’intelligence artificielle, le renforcement du soutien à la santé mentale des étudiantes et étudiantes et le développement des liens entre l’université et la société. Face aux contraintes financières, il admet que les coupes budgétaires sont une opportunité mais aussi une inquiétude:« je pense qu’on a un certain nombre de défis […] qui nécessiteront des moyens.»
Son ambition est de préparer une université durable capable de former des citoyen·nes critiques et prêts à relever les défis de demain.
L’équipe rectorale de l’Université de Neuchâtel évolue depuis le 1er août dans sa composition complète. Adrian Holzer, professeur de management des systèmes d’information, a pris ses fonctions le 1er août en tant que vice-recteur Digitalisation et qualité. Désormais, les quatre facultés sont représentées au rectorat.
Klaus Schwab, fondateur et ancien président exécutif du Forum économique mondial (WEF), s’inquiète du déclassement de l’Université de Genève dans le classement QS, de la 85ème position en 2015 à la 168e place lors du classement actuel. «Ce message est clair: l’Université n’a pas encore transformé ses atouts exceptionnels en rayonnement académique mondial. Ce recul ne signifie pas que Genève manque de qualité. Il signifie qu’elle doit affirmer plus fortement sa mission propre.» Dans son récent livre «Universities, Professors and Students in the Intelligent Age», il défend l’idée que les universités doivent profondément se réinventer.
Klaus Schwab estime que l’UNIGE devrait se profiler comme l’université mondiale de référence à l’intersection de la gouvernance, de la science, de la diplomatie, de la santé, de l’humanitaire, du droit, de l’éthique et des technologies responsables.
Il reconnait que «le plan stratégique 2024-2034 de l’Université de Genève va déjà dans cette direction», mais cette «ambition mondiale» devrait être plus clairement identifiable. La récente tenue de la conférence AI for Good aurait montré le potentiel. L’université devrait par exemple devenir un partenaire académique structurant de tels événements réunissant gouvernements, organisations internationales, entreprises technologiques, chercheurs et société civile, et montrer sa présence avant, pendant et après l’événement.
Et il conseille à l’UNIGE de concentrer ses forces sur quelques domaines où elle peut devenir incontournable.
La direction de l’Université de Berne défend la légitimité de ses nombreuses prestations de conseil et d’accompagnement spécifiques face aux critiques relayées par le Blick.
Menée par le nouveau conseiller d’État Reto Müller (PS), la direction de l’éducation rejette ces reproches en mettant en avant la nécessité du travail des conseiller·ères ainsi que de leurs services, qui couvrent 32 000 étudiant·es et 12 000 collaborateur·ices répartis dans quatre établissements d’enseignement supérieur.
Joël Mesot est revenu sur le classement de l’école dans le top 10 mondial au micro de la RTS. La tradition, la culture d’excellence ainsi que la concurrence entre hautes écoles font, selon lui, rayonner le système suisse.
Il est revenu également sur les défis rencontrés en lien notamment avec la souveraineté numérique, les collaborations avec l’Europe ainsi que l’intérêt de la recherche pour la société.
Claudio Bassetti prendra ses fonctions le 1er septembre. Ce neurologue compte plus de 30 ans d’expérience clinique, universitaire et de gestion. Il est actuellement doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Berne et, depuis 2024, également directeur de la recherche et de l’enseignement (DLF) à l’Inselspital de Berne, en tant que membre votant de la direction générale.
Le Corriere del Ticino évoque le prédécesseur Boas Eres (01.09.2016-09.05.2022) et Luisa Lambertini (01.07.2023 – 31.12.2025), qui auraient vécu des tensions avec le Conseil de l’université.
«Rappelons une interview datant de mai 2024, dans laquelle la rectrice elle-même définissait la notion de normalité dans le milieu universitaire et soulignait : «La normalité ? Une université dont la gestion relève entièrement du rectorat et dont le Conseil n’assure que la haute surveillance. C’est un processus, et je pense qu’il reste encore du travail à accomplir dans ce sens. Nous essayons de revenir à cette normalité.»
Par ailleurs, l’USI souligne dans son communiqué que «dans le cadre de sa double fonction de doyen et de directeur du DLF de l’Inselspital, Claudio Bassetti s’est engagé sans relâche à renforcer la collaboration entre l’université et l’hôpital, en promouvant l’excellence dans les soins, l’enseignement et la recherche».
«Cette remarque semble aujourd’hui déterminante dans le choix de l’Université de la Suisse italienne, notamment dans la perspective du développement de la recherche dans le domaine biomédical et de la mise en place d’un hôpital universitaire», estime l’auteur de l’article du Corriere del Ticino.
Dans une interview accordé à La Regione, Claudio Bassetti affirme que l’université doit en effet être indépendante [de la politique], avec une relation clairement définie par les mandats.
Selon le futur recteur, «Une université aussi petite doit optimiser les synergies : la force de cette université, comme celle des autres, devra être supérieure à la somme des capacités et des compétences individuelles.»
Par ailleurs, il souligne l’importance de l’efficacité du financement et de l’excellence, «qui ne sera pas seulement évaluée en fonction des publications et des fonds ; l’excellence, c’est aussi la capacité à collaborer, à promouvoir les jeunes et à avoir un impact. C’est une culture de l’excellence que je souhaite définir comme plus large que ce que peut être la vision originelle du «toxic performer», du charognard qui ne vit que pour lui-même. […]
Mesurer l’excellence est une tâche difficile : il ne s’agit pas simplement de formules. J’ai choisi le terme « humanisme », mais on pourrait aussi parler de «Renaissance de l’Usi», précisément parce que je m’inspire de ces principes, de ces valeurs : la place centrale de l’homme et de la personne comme fin ultime de l’effort ; le dialogue entre les sciences exactes et les sciences humaines ; une responsabilité civique vis-à-vis de ce que l’on fait.»
À propos de son rapport à la politique, pour lui «il est clair qu’il faut comprendre les besoins, les sensibilités, voire les critiques ; c’est pourquoi je serai à l’écoute. Mais la politique ne peut dicter les politiques universitaires : elle régit les mandats, les contrats de prestations, mais il faut préserver une indépendance fondamentale. [..] Je ne ferai pas de politique au sens classique du terme ; je serai présent, comme je l’ai déjà dit, j’écouterai beaucoup. Et je prendrai également la parole.»
«Frédéric Herman plaide pour l’autonomie avant de passer le témoin à Christophe Champod. Frédéric Borloz appelle à combattre les coupes de la Confédération.»
Le bilan des Hautes Écoles de Suisse italienne affiche des résultats globalement positifs, bien que ces institutions se trouvent actuellement au coeur d’un bras de fer politique concernant leur gouvernance et l’accueil des étudiant·es étranger·ères.
La Ligue et l’UDC émettent des critiques à l’égard de la gestion actuelle. Une minorité politique a d’ailleurs refusé d’approuver le message officiel, dénonçant une proportion jugée trop élevée d’étudiant·es étranger·ères et de personnel non résident. Pour l’Université de la Suisse italienne (USI), ces oppositions pointent du doigts des problèmes managériaux ayant entrainé le départ prématuré de deux recteurs. De plus, les chiffres révèlent que le personnel frontalier représente 16% du corps académique et 13% du personnel administratif.
Malgré ces tensions, le bilan de la Haute École spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI) reste positif, alors même qu’elle est l’institution la moins financée par son canton à l’échelle nationale.
«À deux mois de la fin de son mandat à la tête de l’Unil, Frédéric Herman porte un regard nuancé sur ces années, marquées par des avancées scientifiques, des évolutions internes et plusieurs défis. Il souligne avant tout le travail collectif et la continuité de l’institution, sans éluder les contraintes liées à la fonction.»
«Une équipe du Laboratoire de psychologie sociale de l’Unil a mené une vaste enquête longitudinale sur la transition écologique à l’Unil assortie de plusieurs mémoires de Master. Leurs principaux résultats font l’objet d’un rapport public remis ce printemps à la Direction.»
«La Haute école pédagogique vaudoise semble faire face à une crise de gouvernance. Une enquête de la RTS révèle un climat de travail tendu, marqué par des décisions opaques et un manque d’écoute. La direction souligne la complexité de gérer une institution en croissance et qui se réorganise.»
Dans un entretien croisé paru dans le rapport annuel de l’Université de Zurich, la présidente du Conseil de l’université, Silvia Steiner, et le président de l’université, Michael Schaepman, ont présenté leurs futurs projets et orientations.
Au cœur de la stratégie de l’institution académique figure le développement du pôle dédié à l’intelligence artificielle. Ce centre n’a pas seulement pour but de connecter les expertises techniques des différentes facultés, mais vise surtout à promouvoir une innovation responsable. L’objectif est d’explorer l’IA comme un enjeu sociétal et humain, afin que cette technologie serve directement la science et la collectivité à travers un partage ouvert des connaissances.
Silvia Steiner le rappelle : « L’IA n’est qu’un outil parmi d’autres et ne remplace pas la réflexion personnelle, d’autant plus importante face à un accès élargi aux connaissances et à l’information ».
Parallèlement, les deux dirigeant·es reviennent sur la politique professoral en privilégiant les compétences en leadership ainsi que l’encouragement des candidatures féminines. La compétitivité de l’établissement, l’interconnexion avec les autres universités ainsi que les conditions de travail des doctorant·es et postdoctorant·es sont également abordées.
L’Université de Saint-Gall (HSG) est en pleine mutation : fermeture d’un programme de master [en management, organisation et culture], augmentations salariales prévues pour les professeurs, réduction du nombre de cours publics. À cela s’ajoute désormais une réforme des programmes de master en gestion d’entreprise.
Pour limiter sa croissance tout comme étendre sa «position dominante» de l’espace germanophone à l’Europe, l’Université de Saint-Gall (HSG) souhaite limiter l’accès à trois masters en gestion d’entreprise. Un comité va élaborer les critères de sélection, comme par exemple le niveau de notes exigé.
Cette réforme est une conséquence directe du plan d’économies cantonal. Le canton de Saint-Gall limite la subvention publique versée à la HSG par étudiant à un effectif de 9 500 étudiants, soit environ 500 de moins qu’actuellement. À partir de 2028, le canton réalisera ainsi une économie annuelle de 7,2 millions de francs.
Dans une interview accordée au St-Galler Tagblatt, Zeno Staub, président du conseil de l’Université de Saint-Gall (HSG), réaffirme l’ambition d’excellence et de compétitivité internationale de l’institution. Face aux critiques sur les rémunérations élevées de certains professeur·es, il justifie ces salaires par la nécessité d’attirer les meilleurs talents pour garantir une recherche de pointe.
Alors que les négociations budgétaires avec le canton pour la période 2027-2030 approchent, Zeno Staub souligne l’importance stratégique des fonds tiers. Enfin, il défend le rôle de l’HSG dans la promotion de l’égalité des chances et répond aux inquiétudes concernant la place des sciences humaines et sociales au sein de l’université.