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Sujet: direction des hautes écoles

Les offres de conseil et d’information jugées trop chères à Berne pour les étudiant·es ?

La direction de l’Université de Berne défend la légitimité de ses nombreuses prestations de conseil et d’accompagnement spécifiques face aux critiques relayées par le Blick.

Menée par le nouveau conseiller d’État Reto Müller (PS), la direction de l’éducation rejette ces reproches en mettant en avant la nécessité du travail des conseiller·ères ainsi que de leurs services, qui couvrent 32 000 étudiant·es et 12 000 collaborateur·ices répartis dans quatre établissements d’enseignement supérieur.

 

Interview avec Joël Mesot, président de l’EPFZ

Joël Mesot est revenu sur le classement de l’école dans le top 10 mondial au micro de la RTS.  La tradition, la culture d’excellence ainsi que la concurrence entre hautes écoles font, selon lui, rayonner le système suisse.

Il est revenu également sur les défis rencontrés en lien notamment avec la souveraineté numérique, les collaborations avec l’Europe ainsi que l’intérêt de la recherche pour la société.

Claudio Bassetti a été choisi comme nouveau recteur de l’USI

Claudio Bassetti prendra ses fonctions le 1er septembre. Ce neurologue compte plus de 30 ans d’expérience clinique, universitaire et de gestion. Il est actuellement doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Berne et, depuis 2024, également directeur de la recherche et de l’enseignement (DLF) à l’Inselspital de Berne, en tant que membre votant de la direction générale.

Le Corriere del Ticino évoque le prédécesseur Boas Eres (01.09.2016-09.05.2022) et Luisa Lambertini (01.07.2023 – 31.12.2025), qui auraient vécu des tensions avec le Conseil de l’université.

«Rappelons une interview datant de mai 2024, dans laquelle la rectrice elle-même définissait la notion de normalité dans le milieu universitaire et soulignait : «La normalité ? Une université dont la gestion relève entièrement du rectorat et dont le Conseil n’assure que la haute surveillance. C’est un processus, et je pense qu’il reste encore du travail à accomplir dans ce sens. Nous essayons de revenir à cette normalité.»

Par ailleurs, l’USI souligne dans son communiqué que «dans le cadre de sa double fonction de doyen et de directeur du DLF de l’Inselspital, Claudio Bassetti s’est engagé sans relâche à renforcer la collaboration entre l’université et l’hôpital, en promouvant l’excellence dans les soins, l’enseignement et la recherche».

«Cette remarque semble aujourd’hui déterminante dans le choix de l’Université de la Suisse italienne, notamment dans la perspective du développement de la recherche dans le domaine biomédical et de la mise en place d’un hôpital universitaire», estime l’auteur de l’article du Corriere del Ticino.

Dans une interview accordé à La Regione, Claudio Bassetti affirme que l’université doit en effet être indépendante [de la politique], avec une relation clairement définie par les mandats.

Selon le futur recteur, «Une université aussi petite doit optimiser les synergies : la force de cette université, comme celle des autres, devra être supérieure à la somme des capacités et des compétences individuelles.»

Par ailleurs, il souligne l’importance de l’efficacité du financement et de l’excellence, «qui ne sera pas seulement évaluée en fonction des publications et des fonds ; l’excellence, c’est aussi la capacité à collaborer, à promouvoir les jeunes et à avoir un impact. C’est une culture de l’excellence que je souhaite définir comme plus large que ce que peut être la vision originelle du «toxic performer», du charognard qui ne vit que pour lui-même. […]

Mesurer l’excellence est une tâche difficile : il ne s’agit pas simplement de formules. J’ai choisi le terme « humanisme », mais on pourrait aussi parler de «Renaissance de l’Usi», précisément parce que je m’inspire de ces principes, de ces valeurs : la place centrale de l’homme et de la personne comme fin ultime de l’effort ; le dialogue entre les sciences exactes et les sciences humaines ; une responsabilité civique vis-à-vis de ce que l’on fait.»

À propos de son rapport à la politique, pour lui «il est clair qu’il faut comprendre les besoins, les sensibilités, voire les critiques ; c’est pourquoi je serai à l’écoute. Mais la politique ne peut dicter les politiques universitaires : elle régit les mandats, les contrats de prestations, mais il faut préserver une indépendance fondamentale.  [..] Je ne ferai pas de politique au sens classique du terme ; je serai présent, comme je l’ai déjà dit, j’écouterai beaucoup. Et je prendrai également la parole.»

Bilan des Hautes Ecoles et Université de Suisse italienne

Le bilan des Hautes Écoles de Suisse italienne affiche des résultats globalement positifs, bien que ces institutions se trouvent actuellement au coeur d’un bras de fer politique concernant leur gouvernance et l’accueil des étudiant·es étranger·ères.

La Ligue et l’UDC émettent des critiques à l’égard de la gestion actuelle. Une minorité politique a d’ailleurs refusé d’approuver le message officiel, dénonçant une proportion jugée trop élevée d’étudiant·es étranger·ères et de personnel non résident. Pour l’Université de la Suisse italienne (USI), ces oppositions pointent du doigts des problèmes managériaux ayant entrainé le départ prématuré de deux recteurs. De plus, les chiffres révèlent que le personnel frontalier représente 16% du corps académique et 13% du personnel administratif.

Malgré ces tensions, le bilan de la Haute École spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI) reste positif, alors même qu’elle est l’institution la moins financée par son canton à l’échelle nationale.

«Des employés de la HEP vaudoise dénoncent un climat de peur et une gouvernance incompétente»

«La Haute école pédagogique vaudoise semble faire face à une crise de gouvernance. Une enquête de la RTS révèle un climat de travail tendu, marqué par des décisions opaques et un manque d’écoute. La direction souligne la complexité de gérer une institution en croissance et qui se réorganise.»

« Que signifie façonner l’IA de manière responsable au sein d’une université ? »

Dans un entretien croisé paru dans le rapport annuel de l’Université de Zurich, la présidente du Conseil de l’université, Silvia Steiner, et le président de l’université, Michael Schaepman, ont présenté leurs futurs projets et orientations.

Au cœur de la stratégie de l’institution académique figure le développement du pôle dédié à l’intelligence artificielle. Ce centre n’a pas seulement pour but de connecter les expertises techniques des différentes facultés, mais vise surtout à promouvoir une innovation responsable. L’objectif est d’explorer l’IA comme un enjeu sociétal et humain, afin que cette technologie serve directement la science et la collectivité à travers un partage ouvert des connaissances.

Silvia Steiner le rappelle : « L’IA n’est qu’un outil parmi d’autres et ne remplace pas la réflexion personnelle, d’autant plus importante face à un accès élargi aux connaissances et à l’information ». 

Parallèlement, les deux dirigeant·es reviennent sur la politique professoral en privilégiant les compétences en leadership ainsi que l’encouragement des candidatures féminines. La compétitivité de l’établissement, l’interconnexion avec les autres universités ainsi que les conditions de travail des doctorant·es et postdoctorant·es sont également abordées.

L’Université de Saint-Gall limitera l’accès aux Masters en gestion d’entreprise

L’Université de Saint-Gall (HSG) est en pleine mutation : fermeture d’un programme de master [en management, organisation et culture], augmentations salariales prévues pour les professeurs, réduction du nombre de cours publics. À cela s’ajoute désormais une réforme des programmes de master en gestion d’entreprise.

Pour limiter sa croissance tout comme étendre sa «position dominante» de l’espace germanophone à l’Europe, l’Université de Saint-Gall (HSG) souhaite limiter l’accès à trois masters en gestion d’entreprise. Un comité va élaborer les critères de sélection, comme par exemple le niveau de notes exigé.

Cette réforme est une conséquence directe du plan d’économies cantonal. Le canton de Saint-Gall limite la subvention publique versée à la HSG par étudiant à un effectif de 9 500 étudiants, soit environ 500 de moins qu’actuellement. À partir de 2028, le canton réalisera ainsi une économie annuelle de 7,2 millions de francs.

HSG: « Les meilleur·es ne doivent pas partir »

Dans une interview accordée au St-Galler Tagblatt, Zeno Staub, président du conseil de l’Université de Saint-Gall (HSG), réaffirme l’ambition d’excellence et de compétitivité internationale de l’institution. Face aux critiques sur les rémunérations élevées de certains professeur·es, il justifie ces salaires par la nécessité d’attirer les meilleurs talents pour garantir une recherche de pointe.

Alors que les négociations budgétaires avec le canton pour la période 2027-2030 approchent, Zeno Staub souligne l’importance stratégique des fonds tiers. Enfin, il défend le rôle de l’HSG dans la promotion de l’égalité des chances et répond aux inquiétudes concernant la place des sciences humaines et sociales au sein de l’université.

«La dompteuse et ses scientifiques»

La rectrice de l’Université de Bâle achèvera son ultime mandat à la fin juillet 2027, après avoir vu sa demande de prolongation jusqu’en 2029 déclinée.

En onze ans de gouvernance, la première femme à la tête de l’institution à révéler ses forces et faiblesses. Economiste de formation, elle s’est imposée par une gestion académique rigoureuse et une grande efficacité dans les négociations budgétaires. Son bilan est marqué par la stabilisation de projets d’envergure dans les infrastructures et la recherche, tout en sécurisant d’importants fonds de tiers.

Ses critiques récurrentes reposent particulièrement sur sa communication, jugée impersonnelle, et son manque de prise de position publique. Son attitude lors de crises récentes, notamment sur le conflit à Gaza, a particulièrement cristallisé les reproches sur son positionnement.

Enfin, ses choix stratégiques font également débat. Il lui a été notamment reproché de privilégier des pans de la recherche, comme les sciences de la vie, au détriment des sciences sociales ou de la recherche sur l’intelligence artificielle.

«Des tensions internes secouent l’école de santé La Source»

«Des employés dénoncent une gouvernance autoritaire et un manque de vision. L’Inspection du travail de la Ville de Lausanne a été sollicitée.»

La directrice ad intérim Véronique de Goumoëns juge le contexte complexe, car les collaborateurs et l’école font face à «une très forte pression, en particulier pour répondre à la volonté politique de former beaucoup plus d’étudiants».

« La rectrice de l’Université de Bâle doit partir »

La rectrice de l’Université de Bâle, l’économiste Andrea Schenker-Wicki, quittera ses fonctions l’année prochaine après trois mandats, comme prévu initialement. Bien qu’elle ait souhaité prolonger son contrat pour deux ans, le Conseil de l’université a finalement refusé d’ouvrir une procédure de reconduction lors de sa séance jeudi dernier.

Si la stabilité face aux enjeux financiers complexes plaidait en sa faveur, le Conseil privilégie désormais un changement de profil pour insuffler un nouvel élan. L’institution espère ainsi nommer une personnalité issue des sciences de la vie ou de la médecine, secteurs prédominants de l’université.

« L’Université de Neuchâtel mise sur son agilité »

La nouvelle rectrice de l’Université de Neuchâtel (UniNE) Deniz Gyger Gaspoz et son équipe, rentrés en fonction au début du mois de février, répondent aux questions de la Presse concernant leur plan d’intention ainsi que des enjeux actuels du monde académique. L’UniNE compte sur son agilité et veut intensifier les synergies avec les domaines publics, économiques et associatifs pour faire face aux coupes budgétaires. Les enjeux autours de la forte instabilité géopolitique, l’intelligence artificielle, et les menaces sur la liberté académique ont aussi été évoqués.

Deniz Gyger Gaspoz ne s’est pas prononcé sur une potentielle hausse des taxes d’études, car selon la loi sur l’université neuchâteloise, une telle décision devrait être prise par le Conseil d’Etat.

«Remue-ménage» à l’Université italienne de Lugano

La rectrice Luisa Lambertini a démissionné après seulement deux ans à la tête de l’USI, invoquant son souhait de se consacrer à nouveau entièrement à la recherche. Son prédécesseur Boas Erez, premier recteur de l’USI, avait lui aussi quitté ses fonctions avant la fin de son mandat.

Dans une interview accordée à la RSI, Piero Martinoli, ancien président de l’Université de 2006 à 2016, déclare ignorer les raisons exactes de cette démission. Il estime toutefois que ces deux départs prématurés révèlent des dysfonctionnements dans la structure organisationnelle de l’institution. Il évoque notamment des tensions latentes entre le conseil universitaire et le rectorat. L’émission de la SRF mentionne également les ambitions de l’ancienne rectrice de faire progresser l’USI dans un contexte où les ressources de toutes les universités suisses sont en forte diminution.

Nouvelle équipe au rectorat de l’UniNe

L’Université de Neuchâtel accueille les nouveaux membres de sa direction

  • Deniz Gyger Gaspoz, nouvelle rectrice de l’Université de Neuchâtel,
  • Janine Dahinden, vice-rectrice Enseignement et innovation pédagogique,
  • Daniel Hunkeler, vice-recteur Recherche et partenariat et
  • Evelyne Clerc, vice-rectrice Responsabilité sociétale. 
Interview avec le recteur de l’Université de Zurich Michael Schaepman

Trouver un logement abordable à Zurich est pratiquement impossible pour de nombreux étudiant·es. Michael Schaepman exige désormais que les autorités tiennent davantage compte des étudiants dans leur planification du logement.

Par ailleurs, il s’attend à ce que la demande en spécialistes des sciences humaines et sociales augmente à l’avenir: «Le développement fulgurant de l’intelligence artificielle rendra les compétences éthiques et normatives beaucoup plus importantes dans notre société. Cette évolution ne doit pas être laissée aux mains des entreprises technologiques. L’État doit jouer un rôle important à cet égard, c’est pourquoi le débat sur la prétendue surcharge administrative me dérange.»