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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: durabilité et climat

La HSG définit sa stratégie climatique

Le rectorat de l’université de Saint-Gall (HSG) a précisé la stratégie climatique de l’université et défini les axes prioritaires pour la prochaine phase de mise en œuvre, qui s’étendra jusqu’à fin 2028.

Le rectorat a décidé de viser la neutralité carbone pour les émissions directes liées à l’activité de l’établissement d’ici 2030, ainsi qu’une réduction de 25 % de l’ensemble des émissions d’ici 2030 par rapport à l’année de référence 2019.

Nouveau Partenariat FOREST

Le partenariat européen FOREST lance son premier appel à projets conjoint avec le FNS, visant à mobiliser la recherche et l’innovation afin d’accélérer la transition vers une bioéconomie circulaire forestière durable. Ce partenariat vise à renforcer la résilience des écosystèmes, notamment en favorisant la biodiversité et la fertilité des sols, et à améliorer l’adaptation aux effets du changement climatique.

«L’UNIGE crée une nouvelle chaire dédiée aux risques naturels»

Une nouvelle chaire dédiée aux laves torrentielles a été créée par l’Université de Genève, dirigée par Markus Stoffel. «L’idée est de «mieux comprendre à quel degré le changement climatique va influencer ces processus et comment», relève-t’il.

Il s’agit aussi d’évaluer comment ces mécanismes vont impacter l’aménagement du territoire et donner à la population et aux autorités la possibilité de se préparer.

La Suisse ne participe pas au programme Copernicus – avec quelles conséquences?

La Suisse n’est pas membre du programme Copernicus, et le Conseil fédéral a réaffirmé cette position en juin pour la période 2028-2034, contre la volonté du Parlement. Il justifie cette décision par la situation financière tendue : selon les estimations, l’adhésion coûterait à la Suisse environ 48 millions de francs par an.

La plupart des données brutes de Copernicus sont librement accessibles et peuvent être utilisées sans adhésion – par exemple pour le suivi national de la sécheresse ou la surveillance des risques naturels en Suisse, notamment afin de détecter à temps d’éventuels glissements de terrain. En adhérant, elle pourrait contribuer à ce que Copernicus adapte davantage ses données aux besoins des Alpes – par exemple pour l’observation des glaciers ou des mouvements de terrain.

Cette absence d’adhésion a également des conséquences économiques. Selon une étude réalisée à la demande de la Confédération, les entreprises suisses perdent ainsi chaque année des marchés d’une valeur d’environ 35 millions de francs.

Le Conseil fédéral prévoit de réexaminer la question de l’adhésion à ce programme en 2032. Le Parlement pourrait toutefois encore influencer cette décision : une motion est actuellement en cours d’examen, qui demande au Conseil fédéral d’entamer rapidement des négociations en vue de la participation de la Suisse au programme européen d’observation de la Terre «Copernicus». Le Conseil national l’a approuvée en juin ; c’est désormais au Conseil des États de se prononcer.

Martine Rebetez: «L’industrie du pétrole a choisi de désinformer»

La célèbre climatologue Martine Rebetez, professeure à l’Université de Neuchâtel et à l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage, regrette «[q]u’on ait pu placer le plus grand lobbyiste du pétrole, assumé et revendiqué, au Conseil fédéral», c’est à dire Albert Rösti. Cela s’exprime, notamment, «en faisant sortir la Suisse de Copernicus, le réseau européen d’observation du climat, alors que ce serait aussi intéressant financièrement. Ou en enlevant du soutien à l’adaptation des forêts aux changements climatiques.» Elle évoque également des offensives outrageantes de la part des milieux pétroliers contre les climatologues. (Blick)

Selon les recherches publiées dans le SonntagsBlick et des directives internes, sous la direction du conseiller fédéral de l’UDC Albert Rösti, certains termes tels que «changement climatique» et « réchauffement climatique » n’étaient pas toujours les bienvenus au sein du secrétariat général du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC). Ils devaient être remplacés par d’autres mots dans des rapports officiels.

Par ailleurs, il y a des indications que certaines éléments d’un rapport sur le programme d’agglomération émanant de l’Office fédéral du développement territorial auraient été supprimés d’un rapport avant la publication «afin de ne pas utiliser de mots qui fâchent», comme l’ensemble de la liste technique des mesures concrètes de réduction de la chaleur.

La porte-parole d’Albert Rösti, Franziska Ingold, souligne: «Il n’y a pas d’interdiction d’utiliser certains termes. Les termes ‘changement climatique’ et ‘réchauffement climatique’ ont été et sont toujours régulièrement utilisés au DETEC. Le conseiller fédéral Rösti et le département les emploient dans leurs interviews, mais aussi dans leurs réponses aux interventions parlementaires et dans les messages.» (SonntagsBlick)

La présidente des Vert·e·s Lisa Mazzone estime que «les méthodes de Trump n’ont pas leur place en Suisse, le déni de la science et la censure non plus» et que le «Conseil fédéral doit retirer le Département de l’environnement à Albert Rösti».

 

 

 

 

Comment l’Europe peut-elle renforcer la recherche sur le climat et les partenariats dans ce domaine ?

«C’est l’occasion pour l’Europe de se mobiliser et de travailler à la coopération et aux accords en matière de climat», note Katja Matthes, directrice du Centre Helmholtz de recherche océanographique GEOMAR, . «Le changement climatique est un problème international et une menace réelle, et nous devons accélérer l’action climatique par rapport à ce que nous faisons actuellement.»

Elle estime que ses collègues scientifiques doivent faire comprendre que le changement climatique n’est pas seulement une menace, mais aussi une opportunité de trouver des solutions. «Nous devons changer notre discours et élargir nos alliances stratégiques avec ceux qui sont disposés à agir», déclare-t-elle, «et heureusement, il y a beaucoup de personnes et de pays prêts à s’engager.»

La science neutre face aux décisions politiques ? Regard du climatologue Reto Knutti

Dans un entretien accordé au Tages-Anzeiger, Reto Knutti, climatologue et professeur à l’ETH Zurich, questionne la frontière entre science et politique face à l’urgence climatique.

Selon lui, les scientifiques ne peuvent plus se contenter de livrer des chiffres bruts, ils doivent expliciter les conséquences et éclairer les différents choix politiques. Il rappelle que la Suisse est le seul pays à avoir validé l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 par une votation populaire.

Il déclare : «Les faits scientifiques ne dictent ni décisions politiques ni actions sociales. Chaque action est le résultat d’un processus de négociation politique. Mais la science du climat et la politique se sont longtemps accrochées à l’idée fausse que si les faits sont suffisamment clairs, la politique et la société feront ce qu’il faut. C’était une erreur fatale. Au plus tard lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague en 2009, il est devenu clair que les faits sont parfaitement clairs, mais qu’un accord mondial ne se fait pas par hasard. Aujourd’hui, nous n’avons pas principalement un problème de connaissance, mais un problème de mise en œuvre. Il s’agit de communication, de psychologie perceptuelle, de politique, de diplomatie, de coûts et d’avantages. Nous avons inclus tous ces aspects et disciplines bien trop tard.» (Tages-Anzeiger)

«Pourquoi les scientifiques devraient être à l’origine de la transition visant à abandonner les méga-centres de données dédiés à l’IA»

«À mesure que l’on prendra conscience des coûts environnementaux et économiques liés à l’utilisation [de l’IA], la demande en solutions alternatives plus durables, plus respectueuses de la vie privée et plus adaptables ne manquera pas de croître.» Les auteurs et l’autrice de l’article paru dans Nature estiment que les universités et les instituts de recherche ont un rôle crucial à jouer dans cette transition.

Critique aux coupes dans la recherche agricole suisse
Interrogé au Téléjournal sur les répercussions de la canicule actuelle sur l’agriculture, Christophe Longchamp, président d’Agora, regrette les coupes fédérales touchant Agroscope. Face aux défis majeurs que représentent le changement climatique et les sécheresses exceptionnelles, il rappelle l’importance d’agir dès aujourd’hui : « C’est maintenant qu’il faut faire des recherches. »
L’ONU propose une Déclaration consensuelle sur le rôle de l’enseignement supérieur dans la recherche de solutions

En juillet 2025, le premier Symposium mondial sur l’enseignement supérieur (GHES I) s’est tenu au siège des Nations Unies à New-York. L’ONU reconnait que les universités et institutions supérieures possèdent une capacité unique pour répondre aux crises mondiales en dépassant les initiatives isolées. En 2026, le GHES II offre désormais un cadre permettant de présenter la déclaration de consensus dans sa version révisées et ainsi faire progresser une vision commune du rôle de l’enseignement supérieur dans la construction d’un avenir juste, inclusif et durable.

Cette déclaration repose du cinq principes : l’intégration du développement durable; les valeurs démocratiques, la confiance et la responsabilité; la connaissance, l’inclusion et la décolonisation; la science, la technologie et l’innovation (ainsi que l’intelligence artificielle) au service de tous; et le changement systémique en matière de gouvernance et de financement.

Cette déclaration est saluée par La Ligue des universités européennes de recherche (LERU).

L’UNES prend position sur le développement durable dans les hautes écoles suisses

«Les hautes écoles ont une responsabilité sociale : elles forment les décideur·euse·s e de demain, produisent des connaissances et des innovations à travers leurs recherches et elles influencent l’opinion publique. La Fédération Suisse d’Organisations Etudiant·e·s pour un Développement Durable (FDD) et l’Union des étudiant·e·s de Suisse (UNES) rappellent cette responsabilité aux hautes écoles et les invitent à la considérer non seulement comme un devoir, mais aussi comme une chance. En effet, il s’agit d’une opportunité de présenter à la société des marges de manœuvre durable et viables pour l’avenir. Dans le cadre de leur collaboration, la FDD et l’UNES ont élaboré des objectifs pour les hautes écoles suisses. Ces objectifs portent notamment sur sept (7) domaines : participation estudiantine, formation et enseignement, gouvernance et direction des universités, recherche et développement, infrastructure et quotidien de la vie universitaire, laboratoire des hautes écoles et innovation, ainsi que la politique des hautes écoles.» (UNES)

Les nouveautés des programmes de travail d’Horizon Europe pour 2027

À partir de 2028, le programme Horizon Europe [normalement appelé «FP10» pour la période 2028 – 2034] sera davantage orienté vers la compétitivité et le marché. Le Pilier 2 (recherche collaborative) sera intégré dans un nouveau Fonds européen pour la compétitivité (ECF). Pour préparer cette transition, la Commission européenne prévoit des actions « passerelles » visant à renforcer le passage de la recherche à l’innovation et à la mise sur le marché.

Un nouveau projet de programme de travail (2026-2027) inclut 12 appels « passerelles » répartis en cinq thématiques, notamment :

  • La valorisation des résultats de recherche (plus de 50 M€),
  • L’intelligence artificielle (55 M€), avec des projets sur les médias multilingues, la conduite autonome, les modèles d’IA ou l’énergie,
  • Un soutien aux PME (30 M€) pour recruter des talents dans le domaine de l’IA,
  • Les infrastructures de recherche (30,5 M€),
  • Des projets liés au climat (25 M€).

Par ailleurs, un grand appel « biodiversité » de 229,5 M€ vise à atteindre l’objectif de consacrer 10 % du budget 2026-2027 à cette thématique. Il comprend notamment :

  • Un projet majeur de 50 M€ pour l’observation globale des océans,
  • Des recherches sur la modification du rayonnement solaire,
  • Des projets sur la biodiversité et la santé, ou la lutte contre le trafic d’espèces sauvages,
  • Plusieurs projets plus modestes sur la pollution, les écosystèmes et le suivi de la biodiversité.

Ces financements soulèvent toutefois des controverses, notamment sur l’utilisation des contributions des pays associés à Horizon Europe, certains craignant une réduction des fonds pour des programmes très demandés comme les actions Marie Skłodowska-Curie.

Enfin, plusieurs autres volets du programme Horizon Europe vont être mis à jour, et ces propositions doivent être discutées en juillet par les États membres et la Commission.

« Blatten a entraîné un électrochoc scientifique »

L’effondrement du village de Blatten, survenu il y a un an, a provoqué un véritable électrochoc dans le monde scientifique. En mai 2026, quatre institutions de recherche lancent simultanément des projets dédiés à la prévention des dangers naturels en montagne.

L’Université de Genève crée une chaire spécialisée, le Swiss Polar Institute noue un partenariat avec la Fondation Lombard Odier et le Canton du Valais, et la HES-SO Valais s’allie au Crealp. Ces initiatives réunissent au total deux écoles polytechniques, trois universités et plusieurs instituts de recherche.

 

 

CERN : «La concertation sur le futur collisionneur s’ouvre, le débat fait déjà des étincelles»

«Le CERN a ouvert lundi la concertation publique autour de son Futur collisionneur circulaire (FCC), vaste tunnel de 91 km de circonférence qui se déploierait autour de Genève à travers les départements de l’Ain et de Haute-Savoie. Lors d’une «soirée de lancement» organisée dans un auditoire d’Uni-Mail et suivie d’un apéritif, plusieurs dirigeants du laboratoire européen se sont relayés pour présenter tant le processus participatif que le projet d’accélérateur géant de particules.» (Le Temps)

«Venus en nombre, les opposants, parmi lesquels figure en bonne place l’association Noé21, ont fustigé non seulement le bien-fondé du projet, mais le processus même de concertation publique, jugé non démocratique.» (La Tribune de Genève)

« La Durabilité est ancrée de manière structurelle dans 80% des établissements d’enseignements supérieurs en Allemagne»

Face aux défis du développement durable, L’Association Européenne des Universités (EUA) souligne que la transition durable n’est pas seulement technologique, mais avant tout sociale. Au-delà de la recherche et de l’innovation, les établissements d’enseignement supérieur ont un rôle clé à jouer dans le dialogue sociétal et les stratégies de mise en réseaux, permettant de faire collaborer plusieurs générations et secteurs de la société civile pour bâtir des stratégies collectives.

En Allemagne, cette dynamique est déjà une réalité structurelle. C’est ce que démontre une enquête du Centre pour le Développement de l’enseignement supérieur (CHE) menée auprès de 282 établissements pour le classement 2026. Quatre sur cinq d’entre eux ont ancré la durabilité dans leur organisation. Cette intégration repose sur deux leviers majeurs qui sont l’adhésion à des réseaux spécialisés (pour 70% des établissements) et le déploiement de stratégies propres. Ces dernières couvrent un large spectre comme la protection du climat, la lutte contre la pauvreté et l’accès à une éducation de qualité.

Comme le précise l’expert du CHE, Cort-Denis Hachmeister : «L’essentiel n’est pas que tous les établissements d’enseignement supérieur mettent en place les mêmes structures, mais qu’ils abordent le sujet de manière contraignante et l’adaptent à leur profil.»

«Le Swiss Polar Institute fait rayonner l’engagement scientifique helvétique»

«Plus d’une centaine de personnes issues des milieux politiques, diplomatiques et scientifiques se sont réunies mercredi à quelques pas du Palais fédéral à Berne pour discuter des enjeux climatiques mondiaux du point de vue des sciences polaires. En jeu: la contribution suisse en matière de recherches sur les pôles via son institut polaire, le Swiss Polar Institute, basé à Sion depuis dix ans.»

Quelle pluralité de recherche sur des questions de durabilité et climat?

Edouard Morena, maître de conférence en science politique à la University of London Institute in Paris, compare les a Paris Climate School de Sciences Po, inaugurée en 2025, avec la Columbia Climate School à New York; la Doerr School of Sustainability à Stanford en Californie; ou encore la Global School of Sustainability à la London School of Economics (LSE). Il estime que lorsqu’on compare des «organigrammes, partenaires financiers, compositions des conseils stratégiques et de surveillance, contenus pédagogiques, axes et produits de recherche, le moins que l’on puisse dire c’est que l’ouverture et la confrontation d’idées ne saute pas aux yeux. Au contraire on a l’impression d’un entre-soi entre acteurs dominants du débat climatique international qui partagent toutes et tous (à quelques nuances près) une même approche de la transition bas carbone […] centrée sur l’Accord de Paris et son modèle de gouvernance climatique». Edouard Morena regrette que, compte tenu des leurs ressources financières et humaines et de leur grande visibilité, ces écoles «cannibalisent l’espace des sciences humaines et sociales en rapport avec le climat», alors que et fait référence à un article du Monde qui statue qu’«à l’échelle internationale, la recherche sur le climat dans le domaine des sciences sociales ne représente que 0,18 % du total des financements.»