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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: durabilité et climat

Université de Saint-Gall (HSG) : deux nouvelles certifications pour les étudiant·es de Master

L’alma mater saint-galloise ajoute deux certificats à son offre de formation en collaboration avec ENGAGE.EU. L’Université lancera au semestre d’automne 2027 un programme d’un an intitulé « Global Sustainability Management » ainsi que le « Programme conjoint en transformation numérique ».

Le premier visant à préparer les étudiant·es aux processus de transformation environnementale et sociétal. Tandis que le second abordera des thèmes tels que l’IA, la réglementation, l’éthique et les stratégies des plateformes. L’objectif étant de mettre en commun les connaissances d’institutions européennes pour former spécifiquement les étudiant·es à devenir des acteur·ices du changement pour une transformation durable et numérique.

«Les universités doivent montrer qu’elles sont au service de la société dans son ensemble»

Dans un éditorial paru dans University World News, Brendan O’Malley, décrit comment les dirigeant·es universitaires sont confrontés à une multitude de défis complexes (IA, géopolitique, etc.) qui ont des répercussions sur de nombreux aspects de leur travail, dans un climat marqué par une perte de confiance du public et une montée en puissance, partout dans le monde, de partis politiques populistes qui défendent des programmes hostiles à l’enseignement supérieur et à la recherche.

Il nomme des exemples d’universités qui adoptent une approche globale, à l’échelle de l’établissement, en matière d’impact sur la société et de développement durable. «La transformation sociétale fait partie intégrante de leur vision et de leur mission : elle est adoptée par la direction de l’université et ancrée dans toutes les disciplines.» Elle implique de collaborer avec des communautés partenaires, tant dans le pays qu’à l’étranger, sur un pied d’égalité, afin de définir ensemble les priorités («agendas»), les problèmes et les solutions.

Brendan O’Malley souligne l’importance des valeurs inscrites dans la Magna Charta Universitatum 2020 signé par plus de 1’000 recteurs et rectrices d’université et loue le programme d’action du Nobel Joseph Stiglitz et d’autres éminents expert·es spécialisés dans les inégalités, qui ont présenté une proposition, soutenue par 1 500 universitaires et autres experts du monde entier, visant à créer un Groupe international sur les inégalités jouissant du même statut que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Conseil politique sur le climat

Le Conseil fédéral a renoncé à la mise en place d’un nouveau conseil pour le climat et préconise plutôt de s’appuyer sur les structures existantes et de renforcer les échanges entre la science et les responsables politiques, notamment avec ProClim.

ProClim, le forum sur le climat et les changements globaux, fait partie de l’Académie suisse des sciences naturelles SCNAT. «Du point de vue de la SCNAT, la politique climatique suisse profiterait également d’une évaluation et d’une analyse d’impact plus systématique et indépendante de ses mesures. Pour cela, il faut des conditions-cadres adaptées, des ressources suffisantes ainsi qu’un accès garanti à l’information. ProClim ne dispose pas d’un mandat en ce sens.»

«Des chercheurs appellent à déclarer le changement climatique comme «urgence sanitaire mondiale»»

«Le changement climatique doit être déclaré « urgence sanitaire mondiale » pour devenir la priorité des gouvernements, afin de financer l’adaptation des systèmes de santé et des économies, après avoir causé 3 millions de morts entre 2016 et 2023, affirme un rapport de référence.» Le rapport 2026 rassemble les travaux de 146 chercheurs issus de plus de 100 institutions réparties dans plus de 30 pays.

«[L]e financement de la recherche médicale liée au climat a été multiplié par sept pour atteindre 316 millions de dollars en 2024. 84% de ces fonds vont aux chercheurs des pays riches alors que les pays les moins développés sont les plus affectés par l’accélération des menaces sanitaires liées au climat.»

LʹEPFL lance un calculateur CO₂ pour réduire lʹempreinte carbone de ses laboratoires

«Entre serveurs informatiques, voyages en avion des scientifiques, équipements de recherche et matériel à usage unique, un laboratoire consomme entre 3 et 10 fois plus d’énergie qu’un bureau classique. Pour aider les scientifiques à mieux comprendre et réduire l’impact environnemental de leurs activités, l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) lance un calculateur CO₂ sur mesure et en libre accès.»

La Commission européenne annonce un projet de pôle polaire visant à renforcer la coordination de la recherche

«La Commission européenne prévoit de mettre en place un pôle de recherche polaire de l’UE afin de renforcer la coordination et d’améliorer l’articulation entre la science et les politiques publiques. Selon un responsable de la Commission, l’objectif est de «mieux relier la recherche, l’observation et les infrastructures scientifiques, d’améliorer l’accès aux ressources de recherche et de renforcer la coordination avec les parties prenantes, y compris les peuples autochtones».»

Si la nouvelle stratégie arctique de l’UE met l’accent sur la sécurité, avec des engagements visant à protéger les câbles sous-marins, à renforcer la surveillance par satellite, à déployer davantage de brise-glaces et à améliorer la mobilité militaire, «la communauté polaire se réjouit de constater que les préoccupations environnementales n’ont pas été négligées».

« La gauche et les étudiants appellent à une grève nationale »

Le 20 novembre 2026 aura lieu une « grève de la jeunesse contre l’austérité et la militarisation », un mouvement qui pourrait rassembler des milliers de personnes en Europe. Cette mobilisation exprime la peur des guerres et du réchauffement climatique, le manque de perspectives et d’écoutes ainsi que les coupes budgétaires concernant les services publics.

Les organisateur·ices interrogés sur le sujet précisent qu’il ne s’agit pas de copier la France, la grève étant planifiée depuis des mois. Cependant, bien que ces mouvements prennent par dans différents contextes, le vice-président des jeunes socialistes déclarent : « Il y a un même sentiment d’urgence que l’on soit en Allemagne, en France ou en Suisse ».

Toutes les villes universitaires suisses ou accueillant des hautes écoles seront concernées, les organisateur·ices pouvant compter sur le soutien d’organisations étudiantes et de syndicats.

Copernicus : les données satellitaires, sources de savoir et d’innovation, au service de la société

Michael Schaepman, recteur de l’Université de Zurich et expert en télédétection, et Wolfgang Wagner, doyen de l’Université technique de Vienne et co‑fondateur du Earth Observation Data Centre, expliquent pourquoi le programme d’observation de la terre de Copernicus est aujourd’hui un programme plus essentiel que jamais. Le premier qualifie ce programme de «meilleur de programme du monde».

Dans un post sur LinkedIn, Reto Knutti, climatologue à l’ETH contextualise cette prise de position: «Contre la volonté du Parlement, le Conseil fédéral s’est prononcé en 2024 et 2026 contre [le la participation Suisse au] Copernicus ECMWF. La motion Fivaz [«Participation dans les plus brefs délais au programme Copernicus»] remet cette question à l’ordre du jour. Le Conseil national a déjà voté en faveur de cette motion ; le Conseil des États se prononcera dans quelques semaines.»  Reto Knutti s’était également prononcé en faveur d’une participation suisse au programme.

Lancement du «Climate Solutions Hub» dans le domaine des EPF

«La crise climatique exige des solutions rapides et efficaces. Pourtant, de nombreuses technologies climatiques prometteuses restent souvent cantonnées à des projets pilotes et de démonstration. Ce qui manque, c’est le passage à une mise en œuvre à grande échelle. C’est précisément là qu’intervient le nouveau «Climate Solutions Hub» (CSH) lancé par l’Empa et l’Eawag : il étudie les raisons pour lesquelles des solutions climatiques révolutionnaires ne parviennent pas à changer d’échelle et développe, avec des partenaires issus de la recherche, de l’économie et des pouvoirs publics, des moyens de surmonter les obstacles. Le CSH compte ainsi parmi les premiers hubs de recherche au monde à se consacrer explicitement au passage à l’échelle de solutions climatiques innovantes.»

«Jamais Palantir à Forum EPFL»

L’entreprise de surveillance Palantir n’a pas participé  au Forum EPFL 2026. Le SwissTech Convention Center l’a désinvité (l’entreprise s’était invité elle-même, selon la journaliste Adrienne Fichter), craignant le vandalisme et la sécurité de l’événement et des messages haineux sur les réseaux sociaux. Les organisateurs ne se sont cependant pas distanciés de Palantir. Rien n’empêche sa venue dans une future édition de Forum EPFL.

Une pétition, lancée par le collectif Étudiantxes Lausannoisxes Pacifiques (ELP), demande dans une pétition:

  1. Que jamais Palantir ne soit présente au Forum;
  2. Que soit mise en place une charte éthique par rapport aux entreprises participant au Forum;
  3. Que certains types d’entreprises soient exclus de tous les événements de l’EPFL, (celles de surveillance de masse et d’armement, celles qui sont condamnées par la justice pour corruption ou pour violation des droits humains et celles qui sont impliquées dans des écocides)
  4. «Que soit mise en place un comité d’éthique des étudiantxes chargé de rédiger la charte éthique mentionnée au second point, puis d’évaluer annuellement le respect de toutes les mesures précédentes»

Cette pétition, soutenue par la Table ronde des étudiant·es en environnement (TREE), a été signée par près de 900 personnes (état du 13.10.2026)

 

 

Quel conseil scientifique au service de la Confédération?

Le 9 avril 2024, la Cour européenne des droits de l’homme a été la première instance judiciaire internationale à statuer que la protection du climat est un droit de l’homme. La Suisse, selon l’arrêt rendu par les dix-sept juges, porte atteinte aux droits fondamentaux des plaignantes à plusieurs égards. Elle reste sous la surveillance du Conseil de l’Europe et doit rendre compte régulièrement au Comité des ministres de la mise en œuvre de l’arrêt rendu dans l’affaire des «Aînées pour le climat Suisse».

Après plusieurs cycles d’examen, une recommandation essentielle n’a toujours pas été mise en œuvre : la Confédération devrait désormais s’appuyer sur les conseils d’un comité scientifique national indépendant pour élaborer sa politique climatique.

Le gouvernement fédéral envisage plutôt d’instaurer à l’avenir un échange régulier par le biais d’un forum sur le climat et le changement global intitulé «Pro Clim». Le chef du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication – c’est-à-dire le conseiller fédéral Albert Rösti, qui, selon Republik, ne considère pas que la canicule dévastatrice de cet été ni, d’une manière générale, la crise climatique soient si graves – est censé rencontrer régulièrement un réseau scientifique. Sans aucun engagement et sans que l’organisation «consultative» ne dispose d’une indépendance, d’un mandat légal, de responsabilités et de compétences clairement définies, ni d’un budget pour cette nouvelle mission.

Plusieurs spécialistes estiment qu’il faudrait un organisme permanent, institutionnellement indépendant, composé de représentants de divers horizons scientifiques et doté d’un financement suffisant – et d’un mandat légal clair.

Les opposant·es au nouveau méga-collisionneur du CERN lancent une initiative à Genève

«Après une phase de concertation jugée totalement insuffisante, les opposants au nouveau super collisionneur du CERN ont lancé mardi une initiative constitutionnelle cantonale pour que la population ait son mot à dire. Ils critiquent un déni démocratique et des risques environnementaux et financiers colossaux.»

CERN : «Le piège de la «volonté de croissance»»

Dans entretien accordé au journal Le Courrier, le biophysicien et chercheur au CRNS François Graner déplore le projet du futur collisionneur du CERN, qu’il juge emblématique d’une course effrénée à la croissance. En amont de son intervention dans une conférence organisée par l’un des principaux opposants du futur collisionneur circulaire (FCC), l’ONG genevoise Noé2, il dénonce des coûts exorbitants et un impact environnemental lourd pour des bénéfices scientifiques imprévisibles.

Selon lui, ce projet est attractif pour les décideurs politques publiques souhaitant plaire aux agences de notation, «dont l’influence sur l’opinion des investisseurs privés qui font des prêts aux pays comme la France est énorme.»

Il estime qu’en proclamant le plus grand chantier d’Europe, tous les ingrédients sont rassemblés pour créer avec le FCC le symbole d’un monde qu’on ne veut pas, « tous les ingrédients sont rassemblés pour créer la plus grande ZAD d’Europe.»

François Graner avance : «la science moderne nous indique qu’avec une politique de croissance, on va droit dans le mur, que ce soit en termes d’énergie ou d’environnement. Si les scientifiques veulent être crédibles, ils doivent appliquer eux-mêmes ce qu’ils préconisent.»

La HSG définit sa stratégie climatique

Le rectorat de l’université de Saint-Gall (HSG) a précisé la stratégie climatique de l’université et défini les axes prioritaires pour la prochaine phase de mise en œuvre, qui s’étendra jusqu’à fin 2028.

Le rectorat a décidé de viser la neutralité carbone pour les émissions directes liées à l’activité de l’établissement d’ici 2030, ainsi qu’une réduction de 25 % de l’ensemble des émissions d’ici 2030 par rapport à l’année de référence 2019.

Nouveau Partenariat FOREST

Le partenariat européen FOREST lance son premier appel à projets conjoint avec le FNS, visant à mobiliser la recherche et l’innovation afin d’accélérer la transition vers une bioéconomie circulaire forestière durable. Ce partenariat vise à renforcer la résilience des écosystèmes, notamment en favorisant la biodiversité et la fertilité des sols, et à améliorer l’adaptation aux effets du changement climatique.

«L’UNIGE crée une nouvelle chaire dédiée aux risques naturels»

Une nouvelle chaire dédiée aux laves torrentielles a été créée par l’Université de Genève, dirigée par Markus Stoffel. «L’idée est de «mieux comprendre à quel degré le changement climatique va influencer ces processus et comment», relève-t’il.

Il s’agit aussi d’évaluer comment ces mécanismes vont impacter l’aménagement du territoire et donner à la population et aux autorités la possibilité de se préparer.

La Suisse ne participe pas au programme Copernicus – avec quelles conséquences?

La Suisse n’est pas membre du programme Copernicus, et le Conseil fédéral a réaffirmé cette position en juin pour la période 2028-2034, contre la volonté du Parlement. Il justifie cette décision par la situation financière tendue : selon les estimations, l’adhésion coûterait à la Suisse environ 48 millions de francs par an.

La plupart des données brutes de Copernicus sont librement accessibles et peuvent être utilisées sans adhésion – par exemple pour le suivi national de la sécheresse ou la surveillance des risques naturels en Suisse, notamment afin de détecter à temps d’éventuels glissements de terrain. En adhérant, elle pourrait contribuer à ce que Copernicus adapte davantage ses données aux besoins des Alpes – par exemple pour l’observation des glaciers ou des mouvements de terrain.

Cette absence d’adhésion a également des conséquences économiques. Selon une étude réalisée à la demande de la Confédération, les entreprises suisses perdent ainsi chaque année des marchés d’une valeur d’environ 35 millions de francs.

Le Conseil fédéral prévoit de réexaminer la question de l’adhésion à ce programme en 2032. Le Parlement pourrait toutefois encore influencer cette décision : une motion est actuellement en cours d’examen, qui demande au Conseil fédéral d’entamer rapidement des négociations en vue de la participation de la Suisse au programme européen d’observation de la Terre «Copernicus». Le Conseil national l’a approuvée en juin ; c’est désormais au Conseil des États de se prononcer.

Martine Rebetez: «L’industrie du pétrole a choisi de désinformer»

La célèbre climatologue Martine Rebetez, professeure à l’Université de Neuchâtel et à l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage, regrette «[q]u’on ait pu placer le plus grand lobbyiste du pétrole, assumé et revendiqué, au Conseil fédéral», c’est à dire Albert Rösti. Cela s’exprime, notamment, «en faisant sortir la Suisse de Copernicus, le réseau européen d’observation du climat, alors que ce serait aussi intéressant financièrement. Ou en enlevant du soutien à l’adaptation des forêts aux changements climatiques.» Elle évoque également des offensives outrageantes de la part des milieux pétroliers contre les climatologues. (Blick)

Selon les recherches publiées dans le SonntagsBlick et des directives internes, sous la direction du conseiller fédéral de l’UDC Albert Rösti, certains termes tels que «changement climatique» et « réchauffement climatique » n’étaient pas toujours les bienvenus au sein du secrétariat général du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC). Ils devaient être remplacés par d’autres mots dans des rapports officiels.

Par ailleurs, il y a des indications que certaines éléments d’un rapport sur le programme d’agglomération émanant de l’Office fédéral du développement territorial auraient été supprimés d’un rapport avant la publication «afin de ne pas utiliser de mots qui fâchent», comme l’ensemble de la liste technique des mesures concrètes de réduction de la chaleur.

La porte-parole d’Albert Rösti, Franziska Ingold, souligne: «Il n’y a pas d’interdiction d’utiliser certains termes. Les termes ‘changement climatique’ et ‘réchauffement climatique’ ont été et sont toujours régulièrement utilisés au DETEC. Le conseiller fédéral Rösti et le département les emploient dans leurs interviews, mais aussi dans leurs réponses aux interventions parlementaires et dans les messages.» (SonntagsBlick)

La présidente des Vert·e·s Lisa Mazzone estime que «les méthodes de Trump n’ont pas leur place en Suisse, le déni de la science et la censure non plus» et que le «Conseil fédéral doit retirer le Département de l’environnement à Albert Rösti».

 

 

 

 

Comment l’Europe peut-elle renforcer la recherche sur le climat et les partenariats dans ce domaine ?

«C’est l’occasion pour l’Europe de se mobiliser et de travailler à la coopération et aux accords en matière de climat», note Katja Matthes, directrice du Centre Helmholtz de recherche océanographique GEOMAR, . «Le changement climatique est un problème international et une menace réelle, et nous devons accélérer l’action climatique par rapport à ce que nous faisons actuellement.»

Elle estime que ses collègues scientifiques doivent faire comprendre que le changement climatique n’est pas seulement une menace, mais aussi une opportunité de trouver des solutions. «Nous devons changer notre discours et élargir nos alliances stratégiques avec ceux qui sont disposés à agir», déclare-t-elle, «et heureusement, il y a beaucoup de personnes et de pays prêts à s’engager.»