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Sujet: durabilité et climat

L’UNES prend position sur le développement durable dans les hautes écoles suisses

«Les hautes écoles ont une responsabilité sociale : elles forment les décideur·euse·s e de demain, produisent des connaissances et des innovations à travers leurs recherches et elles influencent l’opinion publique. La Fédération Suisse d’Organisations Etudiant·e·s pour un Développement Durable (FDD) et l’Union des étudiant·e·s de Suisse (UNES) rappellent cette responsabilité aux hautes écoles et les invitent à la considérer non seulement comme un devoir, mais aussi comme une chance. En effet, il s’agit d’une opportunité de présenter à la société des marges de manœuvre durable et viables pour l’avenir. Dans le cadre de leur collaboration, la FDD et l’UNES ont élaboré des objectifs pour les hautes écoles suisses. Ces objectifs portent notamment sur sept (7) domaines : participation estudiantine, formation et enseignement, gouvernance et direction des universités, recherche et développement, infrastructure et quotidien de la vie universitaire, laboratoire des hautes écoles et innovation, ainsi que la politique des hautes écoles.» (UNES)

Les nouveautés des programmes de travail d’Horizon Europe pour 2027

À partir de 2028, le programme Horizon Europe [normalement appelé «FP10» pour la période 2028 – 2034] sera davantage orienté vers la compétitivité et le marché. Le Pilier 2 (recherche collaborative) sera intégré dans un nouveau Fonds européen pour la compétitivité (ECF). Pour préparer cette transition, la Commission européenne prévoit des actions « passerelles » visant à renforcer le passage de la recherche à l’innovation et à la mise sur le marché.

Un nouveau projet de programme de travail (2026-2027) inclut 12 appels « passerelles » répartis en cinq thématiques, notamment :

  • La valorisation des résultats de recherche (plus de 50 M€),
  • L’intelligence artificielle (55 M€), avec des projets sur les médias multilingues, la conduite autonome, les modèles d’IA ou l’énergie,
  • Un soutien aux PME (30 M€) pour recruter des talents dans le domaine de l’IA,
  • Les infrastructures de recherche (30,5 M€),
  • Des projets liés au climat (25 M€).

Par ailleurs, un grand appel « biodiversité » de 229,5 M€ vise à atteindre l’objectif de consacrer 10 % du budget 2026-2027 à cette thématique. Il comprend notamment :

  • Un projet majeur de 50 M€ pour l’observation globale des océans,
  • Des recherches sur la modification du rayonnement solaire,
  • Des projets sur la biodiversité et la santé, ou la lutte contre le trafic d’espèces sauvages,
  • Plusieurs projets plus modestes sur la pollution, les écosystèmes et le suivi de la biodiversité.

Ces financements soulèvent toutefois des controverses, notamment sur l’utilisation des contributions des pays associés à Horizon Europe, certains craignant une réduction des fonds pour des programmes très demandés comme les actions Marie Skłodowska-Curie.

Enfin, plusieurs autres volets du programme Horizon Europe vont être mis à jour, et ces propositions doivent être discutées en juillet par les États membres et la Commission.

« Blatten a entraîné un électrochoc scientifique »

L’effondrement du village de Blatten, survenu il y a un an, a provoqué un véritable électrochoc dans le monde scientifique. En mai 2026, quatre institutions de recherche lancent simultanément des projets dédiés à la prévention des dangers naturels en montagne.

L’Université de Genève crée une chaire spécialisée, le Swiss Polar Institute noue un partenariat avec la Fondation Lombard Odier et le Canton du Valais, et la HES-SO Valais s’allie au Crealp. Ces initiatives réunissent au total deux écoles polytechniques, trois universités et plusieurs instituts de recherche.

 

 

CERN : «La concertation sur le futur collisionneur s’ouvre, le débat fait déjà des étincelles»

«Le CERN a ouvert lundi la concertation publique autour de son Futur collisionneur circulaire (FCC), vaste tunnel de 91 km de circonférence qui se déploierait autour de Genève à travers les départements de l’Ain et de Haute-Savoie. Lors d’une «soirée de lancement» organisée dans un auditoire d’Uni-Mail et suivie d’un apéritif, plusieurs dirigeants du laboratoire européen se sont relayés pour présenter tant le processus participatif que le projet d’accélérateur géant de particules.» (Le Temps)

«Venus en nombre, les opposants, parmi lesquels figure en bonne place l’association Noé21, ont fustigé non seulement le bien-fondé du projet, mais le processus même de concertation publique, jugé non démocratique.» (La Tribune de Genève)

« La Durabilité est ancrée de manière structurelle dans 80% des établissements d’enseignements supérieurs en Allemagne»

Face aux défis du développement durable, L’Association Européenne des Universités (EUA) souligne que la transition durable n’est pas seulement technologique, mais avant tout sociale. Au-delà de la recherche et de l’innovation, les établissements d’enseignement supérieur ont un rôle clé à jouer dans le dialogue sociétal et les stratégies de mise en réseaux, permettant de faire collaborer plusieurs générations et secteurs de la société civile pour bâtir des stratégies collectives.

En Allemagne, cette dynamique est déjà une réalité structurelle. C’est ce que démontre une enquête du Centre pour le Développement de l’enseignement supérieur (CHE) menée auprès de 282 établissements pour le classement 2026. Quatre sur cinq d’entre eux ont ancré la durabilité dans leur organisation. Cette intégration repose sur deux leviers majeurs qui sont l’adhésion à des réseaux spécialisés (pour 70% des établissements) et le déploiement de stratégies propres. Ces dernières couvrent un large spectre comme la protection du climat, la lutte contre la pauvreté et l’accès à une éducation de qualité.

Comme le précise l’expert du CHE, Cort-Denis Hachmeister : «L’essentiel n’est pas que tous les établissements d’enseignement supérieur mettent en place les mêmes structures, mais qu’ils abordent le sujet de manière contraignante et l’adaptent à leur profil.»

«Le Swiss Polar Institute fait rayonner l’engagement scientifique helvétique»

«Plus d’une centaine de personnes issues des milieux politiques, diplomatiques et scientifiques se sont réunies mercredi à quelques pas du Palais fédéral à Berne pour discuter des enjeux climatiques mondiaux du point de vue des sciences polaires. En jeu: la contribution suisse en matière de recherches sur les pôles via son institut polaire, le Swiss Polar Institute, basé à Sion depuis dix ans.»

Quelle pluralité de recherche sur des questions de durabilité et climat?

Edouard Morena, maître de conférence en science politique à la University of London Institute in Paris, compare les a Paris Climate School de Sciences Po, inaugurée en 2025, avec la Columbia Climate School à New York; la Doerr School of Sustainability à Stanford en Californie; ou encore la Global School of Sustainability à la London School of Economics (LSE). Il estime que lorsqu’on compare des «organigrammes, partenaires financiers, compositions des conseils stratégiques et de surveillance, contenus pédagogiques, axes et produits de recherche, le moins que l’on puisse dire c’est que l’ouverture et la confrontation d’idées ne saute pas aux yeux. Au contraire on a l’impression d’un entre-soi entre acteurs dominants du débat climatique international qui partagent toutes et tous (à quelques nuances près) une même approche de la transition bas carbone […] centrée sur l’Accord de Paris et son modèle de gouvernance climatique». Edouard Morena regrette que, compte tenu des leurs ressources financières et humaines et de leur grande visibilité, ces écoles «cannibalisent l’espace des sciences humaines et sociales en rapport avec le climat», alors que et fait référence à un article du Monde qui statue qu’«à l’échelle internationale, la recherche sur le climat dans le domaine des sciences sociales ne représente que 0,18 % du total des financements.»

 

«Penser la recherche autrement : comment l’université de Lausanne se rêve en laboratoire de la transition écologique»

«L’établissement s’est lancé dans une révolution avec le lancement d’assises pour modifier en profondeur ses pratiques. Un panel de 70 volontaires réfléchit à de nombreux enjeux liés à la transition écologique, avec la possible remise en cause de piliers académiques.»

Centre d’excellence pour l’économie circulaire dans les sciences de la vie

La HES de la Suisse du Nord-Ouest FHNW annonce une collaboration avec Go Circular in Life Science et BaselCircular afin de renforcer un centre d’excellence pour l’économie circulaire dans les sciences de la vie.

L’objectif de cette initiative est de promouvoir des solutions circulaires tout au long de la chaîne de valeur de l’industrie régionale des sciences de la vie, de l’idée à la mise en œuvre concrète.

Pour réduire l’empreinte carbone de la science, des chercheurs français changent leurs méthodes de travail

En France, plusieurs organisations populaires («grassroots») visent concilier l’activité scientifique avec les objectifs climatiques mondiaux, en particulier ceux de l’accord de Paris.

Un acteur important dans ce domaine est par exemple celui du collectif Labos 1point5, et qui rassemble environs 600 scientifiques de diverses disciplines pour analyser et diminuer l’impact environnemental de leurs activités, principalement en mesurant leurs émissions de gaz à effet de serre et en proposant des solutions concrètes.

«La pression en faveur du changement vient également d’en haut, le gouvernement français ayant exigé ces dernières années que toutes les universités et tous les organismes de recherche préparent une feuille de route visant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 2 % à 5 % par an, et reconnaissent les chercheurs qui travaillent à la réduction de l’empreinte carbone de la science. «C’est tout le système qui doit vraiment changer», déclare Sandrine Vadon Le Goff, chercheuse à l’IBCP et membre de Labos 1point5.»

L’Université de Bâle manque son objectif climatique : 1500 vols de plus qu’il y a deux ans

L’Université de Bâle s’était fixé comme objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports aériens de 30% par rapport au niveau de référence des années 2017 à 2019, misant sur une diminution du nombre de voyages en avion. Alors que cela a relativement bien fonctionné au début (4596 vols en 2022, soit une baisse de 44 % par rapport à 2017), le dernier rapport sur le développement durable de 2024 montrent que les déplacements en avion sont actuellement en augmentation (5425 vols en 2023, puis 6113 en 2024). L’objectif de diminution de 30% n’a pas été atteint pour la première fois en 2024 (25%) depuis 2020.

Les chiffres de 2025 sont en attente. Depuis janvier de cette année, un nouveau règlement sur les frais est en vigueur à l’université: pour les destinations accessibles en moins de six heures en train,  il faut en principe renoncer à l’avion».

La dimension émotionnelle du changement climatique chez les scientifiques

Parmi les chercheur·euses suisses sur le changement climatique ayant participé à l’enquête de SwissInfo en 2025, «72% affirment se sentir émotionnellement affectés par leur travail et l’évolution du climat. 41% le sont «occasionnellement», 31% «plusieurs fois par semaine». Seuls 6% déclarent ne pas ressentir de sentiment particulier.» Le média met en avant certaines études sur la souffrance émotionnelle causée par le changement climatique qui montrent que les scientifiques, «constamment exposés à la réalité et aux conséquences du réchauffement» peuvent être mené·es à éprouver «un sentiment d’impuissance, à des états d’anxiété et à la dépression».

L’UE encourage le secteur de la recherche à adopter des pratiques durables

Les actions Marie Skłodowska-Curie (MSCA) viennent de publier une mise à jour complète de la Charte verte des MSCA. Des documents d’orientation accompagnent la charte et proposent des recommandations concrètes, des exemples et des outils destinés à aider les chercheurs et les organisations à aligner leurs pratiques de recherche sur les objectifs de durabilité.

Les préconisations couvrent des domaines tels que:

  • les déplacements, les événements et les réunions,
  • les environnements de recherche gourmands en ressources,
  • l’utilisation du matériel, des logiciels et des données,
  • les installations, les infrastructures et les achats.

 

Transition écologique, comment passer du «on fait tout ce qu’on peut» à «on fait ce qu’il faut»?

Dans cet article publié dans le numéro spécial de la revue NOV’AE d’INRAE, le vice-recteur Transition écologique et campus de l’UNIL écrit comment une stratégie de transition écologique devrait être à la hauteur des enjeux dans une institution, en mettant en place des mesures comme :

  •  l’évaluation de la biosphère (Donut)
  • l’assemblée citoyenne
  • une feuille de route ambitieuse

 

 

«Où va la spirale des hautes énergies du CERN?»

Jacques Grinevald, philosophe et historien des sciences, et Philippe de Rougement, député des Vert·es au Grand Conseil genevois, tout deux membres du Réseau objection de croissance de Genève (ROC-GE), critiquent dans les colonnes du Courrier le projet du «futur collisionneur circulaire» (FCC) du CERN. Ils dénoncent en particulier ses impacts environnementaux, ses impacts sociaux, «la pulsion de domination et du phénomène de foi dans la science» au détriment de la nature. Ils critiquent également un aspect procédural anti-démocratique du projet: le fait qu’en date du «9 décembre 2020, le Conseil d’Etat demande au conseiller fédéral Parmelin d’élaborer un plan sectoriel qui serait «de nature à diminuer les procédures de recours»».