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Tendances des 2 dernières semaines

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Sujet: santé au travail

«Santé mentale des chercheurs suisses: des conditions de travail globalement favorables, mais des fragilités persistantes»

«Une vaste étude européenne révèle que les chercheuses et chercheurs travaillant en Suisse présentent une meilleure résilience que leurs homologues européens, tout en restant fortement exposés à l’insécurité de l’emploi et aux conflits entre vie professionnelle et vie privée. Ces résultats soulignent l’urgence d’actions structurelles en faveur de la santé mentale dans le milieu académique. Ces résultats mettent en lumière le besoin d’initiatives concrètes pour soutenir la santé mentale dans le milieu académique.»

Moins d’étudiants sont partis à l’étranger en 2024 et leur santé psychique est préoccupante

«La mobilité internationale des étudiants suisses recule nettement: seuls 19% sont partis à l’étranger en 2024, contre 26% en 2020. L’enquête de l’OFS révèle aussi une santé psychique en baisse et un quart des étudiants confrontés à des discriminations.» (RTS)

Selon l’Union d’étudiant·es suisses (UNES), «Les résultats montrent […] un lien clair entre la santé mentale et les moyens financiers. La situation est particulièrement précaire pour les étudiant-e-s dont les parents n’ont pas de diplôme d’une haute école.» (UNES)

«A Lausanne, l’Hôpital Jules-Gonin sommé de mieux traiter son personnel»

Fin mars, plusieurs employé·es de l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin exprimaient leur souffrance endurée au travail dans 24 heures. Depuis, alertée par le syndicat SUD, l’Inspection du travail de Lausanne a rendu un rapport accablant après avoir auditionné une cinquantaine de personnes, dont la moitié disent avoir été «témoins de situations de harcèlement ou de comportements irrespectueux». Le document confirme ainsi un climat de travail délétère, pointant des défaillances dans la gestion des conflits et des irrégularités sur le temps de travail. La direction a été avertie et est sommée de prendre des mesures correctives.

Lundi, le syndicat SUD a cependant accusé la direction, devant la presse, de vouloir ignorer ce rapport «dont les recommandations sont pourtant obligatoires» et a appelé à une intervention du Département de la santé et de l’action sociale, qui subventionne l’institution. Le Syndicat a également annoncé une dizaine d’actions aux Prud’hommes. Le canton a rappelé que l’hôpital est une entité privée indépendante, et a indiqué avoir rencontré la direction en juin, lui demandant d’intervenir et de collaborer avec les syndicats.

En attendant, les soignant·es alertent sur les répercussions de cette situation sur la prise en charge des patient·es.

«Un «management tyrannique» dénoncé à l’Hôpital Jules-Gonin»

Le 24 heures a rencontré une quinzaine d’employé·es de l’institut ophtalmique lausannois Jules-Gonin, qui dénoncent «des méthodes de management tyrannique et un quotidien devenu insupportable». Aujourd’hui, le climat de travail occasionnerait un nombre important de démissions et un taux d’absentéisme particulièrement élevé (19% selon le syndicat SUD, un chiffre contesté par la direction). Cette dégradation des rapports de travail et l’attitude de leur direction aurait de potentielles conséquences sur la prise en charge des patient·es.
La situation se serait dégradée à partir de janvier 2024, suite à la nomination de nouveaux cadres. Le syndicat SUD a alors saisi l’inspection du travail, qui s’est rendue dans l’établissement en février dernier. Le reproches viennent avant tout du management mais s’adressent aussi à la direction générale.

Interrogée, la direction«assure que la prise en charge des patients est excellente». Elle se dit préoccupée, expliquant qu’«il faut parfois du temps pour que de nouvelles choses se mettent en place.»

La Fédération syndicale SUD espère que «les subventionneurs, dont l’État, feront la lumière sur cette violence institutionnelle.»
Interrogé sur sa connaissance des difficultés évoquées par les employé·es, le Département de la santé et de l’action sociale (DSAS) répond: «L’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin est un établissement de droit privé, indépendant du DSAS. Sa gestion des ressources humaines, notamment les processus de recrutement, ne relève pas de la compétence du DSAS. Concernant la qualité des soins et la sécurité des patients, le DSAS n’a pas constaté d’éventuels problèmes de prise en charge. Par ailleurs, aucun signalement ou plainte de patient n’a été récemment transmis à l’Office du médecin cantonal.»

Mesures contre la «crise de la santé mentale» dans les universités

Selon des nombreuses sondages, une grande partie des scientifiques souffrent des effets du stress, d’harcèlement, de la précarité financière et les perspectives parfois incertaines d’emploi sur leur santé. Etudiant-es et universitaires sont beaucoup plus susceptibles de souffrir de dépression et d’anxiété que la population générale.

Plusieurs universités ont pris des mesures pour combattre ce phénomène, par exemple en donnant des cours sur la santé mentale. Un étudiant de l’Université de Cambridge (Etats-Unis) a notamment conçu un cours pour enseigner le «curriculum caché du doctorat». L’objectif était d’aider les étudiants à apprendre comment réussir dans la science (souvent en brisant les idées préconçues), tout en créant une communauté inclusive et solidaire. Une version adaptée de ce cours est aujourd’hui proposée par l’Université Cornell à Ithaca, dans l’État de New York, et par l’Université de Washington à Seattle.

De même, Jessica Noviello, planétologue au Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, dans le Maryland, a mis sur pied une série d’ateliers destinés à cibler un facteur de stress important pour la santé mentale des universitaires : l’insécurité de l’emploi ou, plus précisément, la capacité à trouver un emploi qui corresponde à ses plans de carrière et à ses objectifs de vie.

L’International Max Planck Research School for Intelligent Systems organise des «bootcamps» ou des retraites pour un grand nombre de ses doctorants et membres de la faculté. Le programme prévoit également des contrôles annuels au cours desquels les étudiants peuvent discuter de la dynamique du groupe et soulever des questions auprès du personnel. Il a mis en place des comités consultatifs de thèse afin qu’aucun superviseur universitaire n’ait trop de pouvoir sur un étudiant. Enfin, il prévoit d’enquêter sur la santé mentale de ses étudiants deux fois par an au cours des trois prochaines années afin de sonder la santé mentale. Une spécialiste du domaine, la psychologue Desiree Dickerson, salue cette initiative: «L’un des plus gros problèmes que je rencontre est la peur de mesurer le problème».

«L’Université de Genève dédommage une étudiante qui avait contracté le VIH dans l’un de ses laboratoires»

Une étudiante italienne qui a effectué un échange d’études en 2011 à l’Université de Genève dans le cadre du programme universitaire européen Erasmus, a contracté le virus du sida dans un laboratoire de l’UNIGE. Ce n’est qu’en 2019 que l’étudiante a découvert être positive au virus du sida, après avoir fait un examen pour pouvoir donner son sang. La confirmation que le virus a été contracté à l’UNIGE vient de laboratoires italiens qui «concluent, sur la base d’un séquençage génétique, que le virus que porte la jeune femme «est identique à ceux qui ont été conçus en laboratoire» à Genève».

L’étudiante a donc entamé une bataille judiciaire contre l’université, qui s’est conclue par un dédommagement d’environ 140’000 francs. Le porte-parole de l’UNIGE a expliqué que «[l]es parties ont souhaité, par gain de paix, mettre un terme à la procédure judiciaire en cours […]. La transaction en cours de finalisation n’implique pas de reconnaissance de responsabilité ou de prétentions de l’une ou l’autre partie». (RTS)

L’École hôtelière de Lausanne ferme pendant deux semaines à cause de la rougeole

«Six étudiants de l’École hôtelière de Lausanne (EHL) sont atteints par la rougeole, […][et] 17 cas sont suspects, en attente de résultats d’analyses médicales». Cette situation a contraint l’EHL a prendre une décision «très difficile»: la fermeture du campus du 3 au 18 février. «Les étudiants restant sur le campus pendant la fermeture «seront principalement cantonnés aux bâtiments des résidences et bénéficieront d’un accompagnement et de cours en ligne».» L’EHL procédera a vérifier le statut vaccinal de ses étudiant·es et du personnel et «recommande de se faire vacciner et de limiter les interactions sociales […].»

«Il y a quinze ans, le canton de Vaud avait connu une véritable flambée de cas de rougeole, sans commune mesure avec la situation de l’EHL. Pas moins de 150 cas avaient été recensés, dont 28 parmi les étudiants de l’UNIL et de l’EPFL. Les autorités avaient lancé une campagne de vaccination au sein des deux hautes écoles. Durant trois jours, 4000 personnes y avaient été vaccinées.»

Selon le Département de la santé et de l’action sociale (DSAS), l’EHL est «le seul petit foyer de rougeole connu actuellement dans le canton de Vaud», mais la rougeole préoccupe l’OMS «qui a appelé à des «efforts de vaccination urgents»» au vue de l’augmentation de cas de rougeole enregistrés en Europe, qui sont supérieures de 30 fois en 2023 par rapport à 2022.

 

«L’incendie de la ZHAW provoque des troubles à Winterthur»

Un incendie s’est produit dans un atelier situé au sous-sol d’un bâtiment de la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) et a été «rapidement [maîtrisée] et [éteint]. Selon la police cantonale zurichoise, les dégâts se sont élevés à plusieurs centaines de milliers de francs […], [et] aucune personne n’a été blessée dans l’incident».

Les étudiant·es ont pu assister de nouveau aux cours à la ZHAW, mais plusieurs d’entre elles et eux disent qu’«une forte odeur de plastique brûlé était encore perceptible l’après-midi» et critiquent la politique d’information de la ZHAW. Une étudiante anonyme témoigne que «[l]’odeur était très âcre dans la gorge, les poumons et les yeux» et dit «[avoir] appris l’incendie par un canal Instagram non officiel et a critiqué le manque de communication de la part de l’université sur les éventuels risques pour la santé».

Le service de presse de la ZHAW «a indiqué que les personnes et les instituts directement concernés avaient été informés en temps réel. Par exemple, tous les groupes de travail qui travaillaient au sous-sol». Marco Scheuring, Commandant des pompiers de Winterthur, indique que «[l]’odeur pourrait […] persister encore un certain temps […], [mais] des gaz de fumée nocifs pour la santé n’étaient plus mesurables».

Nau.ch note que «le bâtiment concerné était déjà prévu pour la démolition et ne devait plus être utilisé. Certaines salles étaient toutefois encore utilisées temporairement pour l’enseignement».