Le podcast Dingue se penche sur le phénomène du burnout académique qui «survient chez de jeunes adultes encore en pleine construction.» Par ailleurs, «une enquête menée à l’EPFL en 2022 révèle qu’un peu plus de la moitié des étudiants présentent au moins un symptôme de burn-out.»
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Sujet: égalité – santé
Suite à la création de la première chaire suisse de médecine du genre à l’Université de Zurich (UZH), l’Université de Berne aura également sa chaire de médecine du genre. La faculté de médecine de l’Université et le Department for Clinical Research DCR sont actuellement à la recherche d’une personne -de préférence une femme- pour diriger cette chaire nouvellement créée. L’objectif de la discipline sera d’étudier les effets du sexe biologique et socioculturel sur la santé et la maladie, en mettant l’accent sur la recherche clinique. Le ou la futur·e titulaire du poste devra établir et développer la médecine de genre dans l’enseignement médical, la recherche et la pratique clinique.
Soutenue par les HES-SO, la HETSL a publié un guide pratique pour les étudiantes et étudiants, enseignantes et enseignants, et directions d’institutions pour favoriser l’inclusion et la diversité dans l’enseignement supérieur.
Ce livre est le fruit d’une vaste recherche menée en Suisse romande sur l’inclusion dans les HES, mettant en lumière les défis que rencontrent les étudiant·es ayant des besoins éducatifs particuliers (BEP) dans leur parcours académique.
«Dans les détails, le chapitre du guide consacré aux étudiants énumère dix difficultés souvent rencontrées: sommeil et repos, concentration, gestion du stress et de l’anxiété, expression orale, rédaction, examens, prise de notes, intégration sociale, organisation et gestion du temps, stages et formations pratiques.» (Tribune de Genève)
Par ailleurs, l’Université de Zurich veut supprimer les barrières existantes dans l’organisation et le quotidien universitaire des personnes handicapées. Dans le cadre d’une consultation largement soutenue, 18 mesures ont été élaborées à cet effet. (Universität Zürich)
«Depuis un an, l’université de Zurich dispose d’une chaire de médecine de genre, pour sensibiliser les étudiant·es aux différences biologiques, sociales et culturelles entre les sexes, qui influencent santé et pathologies.» Cette branche est désormais obligatoire pour toutes les personnes qui étudient la médecine humaine à l’Université de Zurich.
Aujourd’hui, seule l’Université de Zurich possède en Suisse une chaire en médecine de genre. Toutefois, cette discipline est intégrée dans les cursus des hautes écoles de Lausanne, Genève, Bâle, Berne et Fribourg et est en train de s’établir plus largement dans les hautes écoles. «Ainsi, dans une déclaration d’intention, les facultés de médecine helvétiques se sont récemment prononcées en faveur de la création d’un institut suisse commun pour la recherche dans la médecine de genre. Parallèlement, la Société suisse de médecine et genre a vu le jour en novembre 2024. Pensée comme un organisme interprofessionnel, elle regroupe différents corps de métier liés à la santé et promeut des échanges sur la thématique.»
Les femmes sont plus touchées que les hommes par de nombreuses maladies cérébrales: «Environ deux tiers des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont des femmes, trois quarts pour la sclérose en plaques, et les femmes souffrent deux à trois fois plus souvent de migraines que les hommes. Les femmes souffrent également bien plus souvent que les hommes de maladies psychiques comme les dépressions et les troubles anxieux», avance Antonella Santuccione, neuroscientifique et co-fondatrice du Womens Brain Project (qui est devenu le Womens Brain Foundation en 2024). Et pourtant, la recherche, le diagnostic et la thérapie s’orientent encore aujourd’hui principalement sur le corps masculin.
«Dans les études précliniques, on utilise généralement des animaux de laboratoire mâles, car le cycle féminin apporte une complexité supplémentaire. Dans les études cliniques de phase 1 et 2, la majorité des sujets de recherche sont également des hommes. Ce n’est que dans les études de phase 3, dans lesquelles les médicaments sont testés sur un plus grand groupe de patients avant d’être autorisés, que l’on intègre désormais davantage de femmes, mais elles ne représentent souvent même pas la moitié des sujets de recherche», explique-t’elle. «Les médicaments agissent différemment chez les femmes – et les effets secondaires graves chez les femmes sont souvent une raison pour laquelle ils sont retirés».
En 2015, un étudiant de bachelor à l’EPFL a eu des comportements violent (agressions verbales et physiques de plusieurs étudiant·es, endommagement d’une voiture au moyen d’une hache, etc.) sur le campus polytechnique. Il s’est alors fait exclure de l’école. En 2023, après s’être soigné et ayant un état de santé désormais stabilisé, l’étudiant souhaite à nouveau rejoindre l’EPFL en vue d’obtenir un bachelor. Mais la haute école le refuse catégoriquement, arguant que l’exclusion était définitive. La commission de recours de l’EPFL explique qu’«il est clair que le risque représenté par [l’étudiant en question] pour la sécurité de l’EPFL n’a pas diminué de façon significative. Il convient dès lors de maintenir son expulsion.» Recourant devant le Tribunal administratif fédéral (TAF), l’étudiant obtient gain de cause: les juges estiment qu’il «ne doit pas être exclu à vie de l’EPFL. Cela ne veut pas dire que sa réinscription est garantie. Les juges du TAF demandent à l’EPFL de reprendre la procédure d’inscription de [l’étudiant], de le soumettre à une expertise médicale indépendante, voire à d’autres expertises si nécessaires. L’EPFL est aussi sommée de payer les 5000 francs de l’avocat dont [l’étudiant] a bénéficié au titre d’assistance judiciaire.»
««Une question d’égalité»: pour ne pas pénaliser les étudiantes souffrant de règles douloureuses, de plus en plus d’universités françaises proposent à leurs étudiantes un congé menstruel, avec des modalités variables. […] Aujourd’hui, onze universités sur 72 ont mis en place le congé menstruel, dans la plupart des cas sans justificatif à envoyer à l’administration. Dans au moins neuf autres établissements, des syndicats se mobilisent pour obtenir ce droit, comme à l’Université de Strasbourg, où un appel à témoignages a récolté environ 200 retours d’étudiantes.»
Le magazine Femina accorde un petit encadré à la question du congé menstruel pour les femmes. Le dispositif est déjà en place en Espagne, dans quelques universités françaises, ainsi que dans certaines municipalités suisses. «On garde espoir du côté des unis suisses» intime l’article.
«En novembre 2022, une étude visant à évaluer la santé mentale et le bien-être de toute la communauté EPFL a été lancée. Suite aux résultats alarmants, plusieurs initiatives ont été introduites dont la mise en consultation d’ordonnances afin de faciliter les pauses pendant les études. Analyse des résultats de l’enquête et zoom sur la proposition d’assouplir les règles qui gouvernent le Bachelor et le Master.»
L’Université de Bâle souhaite réduire le nombre de personnes faisant des études pendant plus de douze semestres. La direction est en train de rédiger une directive qui, selon une source, doublerait les taxes d’études pour ces personnes à CHF 1700.-. Le Conseiller d’Etat Bruno Lötscher-Steiger (Centre) est scandalisé :«Si cette planification devait être mise en œuvre, elle toucherait de manière particulièrement grave les étudiants issus de milieux socialement défavorisés et ceux qui doivent faire face à des problèmes de santé.
Les hautes écoles suisses qui proposent des tampons hygiéniques gratuits sont de plus en plus nombreuses: l’UNIGE et l’EPFZ depuis 2021, l’UNINE depuis la rentrée 2023, et maintenant l’Université de Zurich (UZH) s’ajoute à la liste.
La prochaine étape pour l’UZH sera-t-elle l’adoption des «toilettes neutres du point de vue du genre»? L’Association des étudiant·es de l’Université de Zurich écrit que «les toilettes devraient être «étiquetées en fonction de l’infrastructure, par exemple «urinoir» ou «toilettes» ou «WC», et non en fonction du genre». Cela se fait déjà dans d’autres universités, comme à la ZHAW. Des toilettes pour tous les sexes y sont disponibles dans tous les nouveaux bâtiments, «afin de rendre les installations sanitaires de la ZHAW non discriminatoires».»
«L’Université de Neuchâtel s’engage contre la précarité menstruelle.» Depuis le jour de la rentrée, «l’institution met à disposition gratuitement des protections hygiéniques.»
«C’est une très bonne idée. Pour les gens qui sont en difficultés financières, ça peut aider d’avoir une ou deux protections gratuites» salue une étudiante.
«Selon le Tribunal fédéral, le certificat Covid pour suivre les cours en présentiel des hautes écoles fribourgeoises était disproportionné et donc anticonstitutionnel. Les juges lausannois ont rejeté une demande de révision du Conseil d’Etat. Ce dernier regrette cette décision.» Pour rappel, lors de la pandémie, 22 étudiant∙es avaient déposé un recours contre une Ordonnance adoptée par le Conseil d’Etat, qui limitait l’accès aux seules personnes détentrices d’un certificat Covid-19.
«Bien que le Conseil d’Etat regrette le rejet formel de la demande de révision, il accepte la décision du Tribunal fédéral. Selon lui, cette décision met un terme définitif à l’affaire.» (Freiburger Nachrichten)
La Conseillère aux Etats Céline Vara (NE, Verts), présidente de Dette conseils Suisse, s’inquiète de la situation financière des jeunes en formation ainsi que pour leur santé mentale: 80% des étudiant-e-s travaillent pour financer leur formation. Elle regrette par ailleurs qu’il y ait «peu d’études récentes qui permettent de chiffrer la précarité estudiantine».
«Les hommes et les femmes ne sont pas égaux face à la maladie ou face aux soins qu’ils reçoivent. Le domaine de la recherche médicale a mis du temps à s’en rendre compte, explique lundi dans La Matinale Carole Clair, grande spécialiste du genre en médecine. Mais les choses évoluent.»
Selon une enquête de l’Office fédéral de la statistique (OFS), en 2020, «La pandémie de COVID-19 n’a pas affecté la situation financière de la majorité des étudiantes et des étudiants en 2020. En revanche, elle a aggravé celle des groupes les plus vulnérables tels que les étudiants âgés de 26–35 ans, ceux issus de la migration, ceux qui exercent une activité rémunérée non-qualifiée ou encore les étudiants en Musique, arts de la scène et autres arts. La pandémie et ses restrictions ont par contre altéré la santé psychique d’un grand nombre d’étudiants, au-delà de certains groupes particuliers. Les étudiants ayant rencontré des difficultés financières indiquent, plus que les autres, avoir eu des problèmes psychiques en lien avec la pandémie.»
Les jeunes ont été particulièrement touchés par la pandémie : les pensées suicidaires, les dépressions et les troubles anxieux ont augmenté fortement depuis 2019. Depuis quelques mois, les restrictions ont été levées, Corona est moins présent. Mais selon des spécialistes en la matière, le désespoir de certains jeunes n’a pas diminué.
«Nous nous attendions à ce que les demandes soient moins nombreuses en printemps. Or, cela ne s’est pas produit», explique le psychiatre Gregor Berger. Il dirige le service d’urgence pour enfants et adolescents de la clinique psychiatrique universitaire de Zurich. L’offre a été «fortement sollicitée en permanence» jusqu’aux vacances d’été, explique Berger. Ces dernières semaines, il y a certes eu une baisse. «Mais maintenant, ça repart».
L’attachée de presse de Pro Juventute, Lulzana Musliu parle d’une «génération en mode de crise». «Avec la guerre en Ukraine, la menace de l’inflation et les problèmes climatiques et énergétiques, nous sommes confrontés à une multicrise», Dans cette situation, les enfants et les jeunes sont fortement sollicités. Une situation dans laquelle la pandémie a en outre laissé des traces.
Les symptômes de la ménopause – par exemple l’insomnie, la fatigue et la difficulté à se concentrer – peuvent avoir un impact important sur la carrière. Selon une étude réalisée au Japon, 5% des personnes affectées quittent leurs emplois, refusent des promotions, réduisent leurs heures de travail ou ont été rétrogradées à cause des symptômes. La ménopause survient souvent au moment où les gens accèdent à des postes plus élevés et plus exigeants. Dans le domaine de la recherche, comme dans d’autres carrières, «cette coïncidence amène très certainement certaines personnes à reconsidérer leurs ambitions professionnelles, ajoutant au phénomène du «tuyau percé» (leaky pipeline) des femmes dans les sciences. Selon l’éditorial de Nature, «Les femmes qui traversent cette étape de la vie ne devraient pas avoir à reculer ou à abandonner leur carrière en raison d’un manque de soutien de la part des employeurs. […] Chacun doit faire ses propres choix, mais personne ne devrait se sentir forcé de prendre une décision à cause d’un lieu de travail peu accueillant.»
La Royal Society à Londres, par exemple, a lancé l’année dernière un groupe de soutien pour la ménopause à l’intention du personnel et élabore actuellement des lignes directrices afin de s’assurer que les femmes savent comment accéder à un soutien, tel qu’un ajustement des rôles, des heures de travail ou de la technologie.
L’Association générale des étudiants de l’Université de Fribourg a envoyé une lettre ouverte aux politiciens fribourgeois. Une des problématiques énoncées est la précarité étudiante, qui, selon une étude menée en 2021, toucherait 27,3 % d’étudiant-es, ainsi que leur santé mentale qui s’est dégradée due à la pandémie.
Les co-président-es de l’association étudiante disent dans un entretien: «Nous avons peur que le sondage qui sera publié en 2022 soit encore plus alarmant. […] Il faut que les instances politiques financent davantage unisocial (le service qui s’occupe des questions sociales) et le service psychologique ainsi que le bureau de l’égalité, qui sont surchargés.»
«Après les écoles, le mouvement gagne l’enseignement tertiaire. L’Université de Genève installe 16 distributeurs de serviettes hygiéniques et tampons dans ses cinq bâtiments principaux. Projet pilote, le dispositif sera évalué à la fin de l’année académique. Le but est de poursuivre ensuite par un élargissement à tous les bâtiments.»