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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: coupes budgétaires

Manifestation et grève de la fonction publique à Lausanne : dates et actions

Des milliers de fonctionnaires et de salarié·es des secteurs public et parapublic vaudois ont manifesté jeudi 5 novembre à Lausanne. La police a estimé le nombre de manifestantes et manifestants entre 6’000 et 8’000, tandis que les syndicats organisateurs (SSP, FSF, SUD) en revendiquent plus de 15’000.

Une assemblée générale du personnel doit se tenir le jeudi 12 novembre à 18h à l’Aula du collège du Belvédère à Lausanne afin de décider des prochaines actions. Cette réunion ouvrira la voie à une semaine complète de mobilisations sectorielles du 16 au 20 novembre, qui culminera par un grand appel à la grève le vendredi 20 novembre.

 

Manifestation contre l’austérité : analyse d’un sociologue

A l’approche des manifestations du 5 novembre à Lausanne, le 24 heures interroge un professeur de sociologie à l’Université de Genève, Sandro Cattacin. Ce dernier évoque un phénomène de mimétisme entre les manifestations en France et en Suisse. «Le professeur observe dans ses recherches une souffrance importante chez les jeunes du pays. «Ils vont mal, les jeunes en Suisse, très mal, et pas moins mal qu’en France du point de vue de leur état psychique», souligne-t-il.» (24 heures)

 

Genève : Une manifestation contre l’austérité organisée le 14 novembre

La manifestation est organisée en réponse directe au projet de budget 2027 présenté par le Conseil d’État genevois, qui s’inscrit dans le cadre du « rapport ECOGE » et prévoit un plan d’économie de plus de 700 millions de francs répartis sur quatre ans.

Au cœur des contestations figure également une mesure universitaire majeure, l’augmentation des taxes d’études à 700 francs dès 2027. Anaïs Paumenil, représentante du syndicat étudiant de l’Université de Genève (CUAE), dénonce fermement cette hausse qui «va précariser davantage les étudiant·es et dresser de nouveaux obstacles à la formation».

Couverture de la presse de la Grève pour la jeunesse en Suisse

Co-présidente de la Fédération d’étudiant·es UNES, Sophie Wang déplore la couverture de la presse «hyper-alarmistes» concernant la Grève de la jeunesse, annoncé le 20 novembre dans des différentes villes de Suisse.

Elle mentionne notamment une entretien avec le député Philippe Nantermod (PLR), qui avance qu’avec leurs manifestations, les Jeunes socialistes ne cherchent qu’à semer le chaos. Par ailleurs, dans l’ensemble, il ne pense pas que la précarisation touche davantage les jeunes que d’autres groupes de population. «En Suisse, ce sont plutôt les familles, qui doivent porter toute la société sur leurs épaules, qui sont aujourd’hui les plus touchées par la précarité.»

Par ailleurs, selon le journaliste Lausanne Cités, «Lausanne craint le contagion», c’est à dire des manifestations violentes avec des policiers en sous-effectifs. Les jeunes socialistes avaient déjà affirmé la semaine passé que les Suisses n’ont «absolument pas à s’inquiéter» de la future mobilisation.

 

«La théologie permet de s’orienter»

Doyenne de la faculté de théologie de Fribourg depuis l’été 2025, Veronika Hoffmann dresse un premier bilan, rappelant l’importance de la théologie dans la société actuelle: une discipline qui conserve selon elle toute sa pertinence et son actualité.

Elle affirme: «ce qui me préoccupe davantage pour l’avenir [que la crise des institutions religieuses], c’est moins l’évolution structurelle de l’Église que le scepticisme grandissant envers la science et les universités en général. Si l’État et le public cessaient de soutenir la formation, qui est véritablement la «matière première» de la Suisse, nous risquons des dégâts à long terme.»

Manifestations lycéennes et étudiantes : « La nervosité est perceptible auprès de certaines autorités universitaires en Suisse »

Dans une chronique du journal Le Temps, la journaliste Catherine Frammery analyse les manifestations de lycéen·nes et d’étudiant·es en Europe, confronté·es à la massification de l’enseignement supérieur sans augmentation des moyens.

En France, en parallèle des manifestations, ce mécontentement se traduit aussi par des initiatives autogérés d’universités populaires ainsi que par des craintes liées au calendrier académique, au suivi des cours et à la réussites d’examens.

La journaliste met en contraste la situation en Suisse, qui diffère grâce à un contexte économique favorable (malgré des coupes budgétaires) ainsi qu’à la démocratie participative qui amortirait les contestations, bien qu’elle dénote une certaine nervosité  parmi les autorités universitaires.

Les coupes budgétaires susciteront-elles des manifs des jeunes en formation?

«Les syndicats vaudois ont convenu d’une manifestation contre les coupes le 5 novembre. Le budget cantonal a subi 100 millions de francs de coupes supplémentaires après le vote fiscal. Les taux d’encadrement dans la formation risquent de se dégrader» (24 heures)

«Alors que des manifestations essaiment dans toute l’Europe, une coalition réunissant des mouvements suisses de jeunesse appelle à se mobiliser le 20 novembre pour protester contre la militarisation du pays et l’austérité. Les scènes de violence, comme en France, devraient toutefois rester marginales.» (Le Courrier)

Des manifestations et des émeutes ont lieu en France, en Italie, en Belgique, au Portugal, en Espagne et en Albanie. «Le terreau commun existe dans tous les pays : l’inflation et la crise de l’éducation», explique le professeur d’histoire contemporaine européenne et suisse à l’université de Fribourg, Siegfried  Weichlein. «Mais cela ne signifie pas pour autant qu’un mouvement de grande ampleur soit à prévoir.» (Freiburger Nachrichten)

Des manifestations prévues en Suisses ont été traités par plusieurs médias. Sur instagram, des représentant·es du collectif «grève_de_la_jeunessse» suisse regrettent que «de nombreux articles dans les médias bourgeois nous accusent, ou sous-entendent, que notre mouvement est violent. Avant même notre première mobilisation, nous sommes déligitimé·es et accusé·es sans aucune preuve.»

 

« La gauche et les étudiants appellent à une grève nationale »

Le 20 novembre 2026 aura lieu une « grève de la jeunesse contre l’austérité et la militarisation », un mouvement qui pourrait rassembler des milliers de personnes en Europe. Cette mobilisation exprime la peur des guerres et du réchauffement climatique, le manque de perspectives et d’écoutes ainsi que les coupes budgétaires concernant les services publics.

Les organisateur·ices interrogés sur le sujet précisent qu’il ne s’agit pas de copier la France, la grève étant planifiée depuis des mois. Cependant, bien que ces mouvements prennent par dans différents contextes, le vice-président des jeunes socialistes déclarent : « Il y a un même sentiment d’urgence que l’on soit en Allemagne, en France ou en Suisse ».

Toutes les villes universitaires suisses ou accueillant des hautes écoles seront concernées, les organisateur·ices pouvant compter sur le soutien d’organisations étudiantes et de syndicats.

La présidente du CER met en garde : la réduction des budgets de recherche de l’UE est un «mauvais choix stratégique»

La réduction proposée ce mois-ci des crédits alloués à la recherche et à l’innovation dans le budget de l’UE pour la période 2028-2034 constituerait un mauvais choix stratégique, a averti la présidente du Conseil européen de la recherche Maria Leptin, un sentiment partagé par la commissaire européenne chargée de la recherche Ekaterina Zaharieva. 

Selon Maria Leptin, la réduction de près de 10% du programme de R&I proposée par la présidence du Conseil des gouvernements de l’UE, par rapport à la recommandation de la Commission européenne, serait «extrêmement préoccupante». Un budget de 200 milliards d’euros pour le programme de R&I constituerait le «minimum» nécessaire. Ce sentiment serait «partagé par l’ensemble du secteur», selon Research Professional News. Ce montant est réclamé par le Parlement européen, tandis que la Commission a proposé un budget de 175 milliards d’euros et la présidence du Conseil, seulement 158 milliards d’euros.

Ekaterina Zaharieva ajoute que chaque réduction d’un milliard d’euros du budget d’«Horizon Europe» entraînerait la suppression de 1’700 bénéficiaires, soit plus de 300 PME et 500 entreprises, 600 universités et 2 600 chercheurs.

La rectrice inquiète pour les missions fondamentales de l’UNIGE

«Parmi les économies dans le projet de budget 2027 de l’État de Genève, plusieurs concernent l’Université de Genève (UNIGE). Ces coupes préoccupent sa rectrice, Audrey Leuba, «d’autant qu’elles interviennent dans un contexte déjà marqué par les réductions annoncées au niveau fédéral», communique-t-elle dans le «Journal de l’UNIGE».» (Tribune de Genève)

«Cumulées, les coupes annoncées par le Canton et la Confédération pourraient représenter une perte de ressources de 20 millions de francs. Cela correspond à un peu plus de 3 % du budget annuel de l’UNIGE. […] Le Conseil d’État prévoit par ailleurs de ne pas verser la dernière tranche de financement de la convention d’objectifs qui nous lie au Canton, d’un montant de 6,75 millions de francs, prévue pour 2027.» (UNIGE)

A cela s’ajoute la hausse des taxes d’études de 500 à 700 CHF. «Si les taxes universitaires augmentent, il est essentiel que les dispositifs d’aide et d’accompagnement évoluent dans la même mesure» demande la rectrice.

Elle indique par ailleurs qu’en 2024, l’UNIGE avait déjà lancé le plus important programme d’économies de l’histoire de l’institution, à hauteur de 20 millions de francs sur quatre ans.

«Après l’initiative 12%, l’arbitrage budgétaire»

Le Conseil d’Etat vaudois a détaillé mercredi 57 mesures pour compenser 272 millions de francs de pertes fiscales. Pour l’Unil, la hausse des augmentations de subventions prévue a été réduite de 10 à 5 millions de francs.  «Les autres établissements concernés voient également leur dotation progresser, mais moins qu’escompté.» Dans le Département de l’enseignement et de la formation professionnelle, les achats de matériel seront par ailleurs reportés.

Quelles coupes budgétaires pour l’enseignement supérieur vaudois pour 2027 ?

Le Conseil d’Etat vaudois a présenté sa stratégie pour rééquilibrer le budget 2027. À la suite de l’acceptation de l’initiative « 12% », le Conseil d’État vaudois a soumis 57 amendements – [59, sel0n la liste] pour combler un trou financier de 272 millions de francs. Les deux départements les plus touchés sont ceux de la santé et de l’action sociale (DSAS) et de l’enseignement et de la formation (DEF).

«Du côté de l’enseignement, un travail est fait sur «l’optimisation» des postes et la subvention aux hautes écoles diminue de 4 millions» (selon 24 heures) à 9 millions (20 minutes), selon le cumul des amendements [26-28].

La présidente du Conseil d’État vaudois et responsable des finances Christelle Luisier défend un plan d’économies «proportionnel et responsable» visant à limiter les conséquences pour la population tout en maintenant le cap de l’équilibre d’ici 2030. Elle précise que les salaires de l’ACV «ne seront pas impactés par ces mesures» et proposera également entrer en discussion sur l’indexation des salaires de l’ACV, du CHUV et du secteur parapublic, dont le taux sera arrêté ultérieurement.

Manifestation à l’UNIGE contre le projet de budget

Face au nouveau paquet d’économies de 250 millions annoncé par le gouvernement genevois, des étudiant·es et employé·es de l’Université de Genève se sont rassemblé·es devant Unimail pour dénoncer les coupes qui touchent l’éducation supérieure. La hausse des taxes d’études, l’indexation des salaires gelés ainsi que les annuités supprimées pour 2028 sont au coeur des préoccupations.

Ce rassemblement se veut le point de départ d’une nouvelle séquence de mobilisation à l’approche des débats parlementaires.

«Comment les petites universités et hautes écoles se distinguent»

Pour accroître leur attractivité, les établissements supérieurs moins plébiscités par les étudiant·es doivent proposer « une offre pointue, alignée avec le tissu économique de la région et avec des infrastructures adéquates. » selon Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities. Afin de se démarquer, ces institutions misent sur des stratégies variées comme la semaine de quatre jours à la Haute École Arc, le bilinguisme à l’Université de Fribourg, ou encore la proximité forte entre le corps enseignant et le corps estudiantin valorisée à l’Université de Neuchâtel.

Cependant, ces établissements font face à d’importants défis réglementaires et budgétaires. Une inquiétude majeure réside dans le projet de réforme de la Confédération « Désenchevêtrement 27 », qui prévoit le transfert complet du financement et de la planification des hautes écoles vers les cantons. «Ce changement pourrait aller jusqu’à provoquer la fermeture de hautes écoles dans les cantons périphériques et réduire ainsi l’égalité des chances de se former si on ne naît pas dans l’Arc Lémanique par exemple, estime Luciana Vaccaro. De quoi menacer aussi les grands établissements: ils ne pourront pas absorber des milliers d’étudiants supplémentaires si les plus petits ferment», alerte la présidente de swissuniversities.

La HES valaisanne bat des records mais craint les économies

«La HES-SO Valais-Wallis signe une rentrée record, portée par l’ingénierie et les soins infirmiers.» Au total, il y a une croissance de 6,4% par rapport à 2025, qui contraste avec les économies fédérales annoncées.

François Seppey, Directeur de la HES-SO Valais-Wallis, regrette ces dernières : «La formation, la recherche  et l’innovation sont des secteurs sur lesquels il n’est pas acceptable d’économiser.»