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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: coupes budgétaires

«Comment les petites universités et hautes écoles se distinguent»

Pour accroître leur attractivité, les établissements supérieurs moins plébiscités par les étudiant·es doivent proposer « une offre pointue, alignée avec le tissu économique de la région et avec des infrastructures adéquates. » selon Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities. Afin de se démarquer, ces institutions misent sur des stratégies variées comme la semaine de quatre jours à la Haute École Arc, le bilinguisme à l’Université de Fribourg, ou encore la proximité forte entre le corps enseignant et le corps estudiantin valorisée à l’Université de Neuchâtel.

Cependant, ces établissements font face à d’importants défis réglementaires et budgétaires. Une inquiétude majeure réside dans le projet de réforme de la Confédération « Désenchevêtrement 27 », qui prévoit le transfert complet du financement et de la planification des hautes écoles vers les cantons. «Ce changement pourrait aller jusqu’à provoquer la fermeture de hautes écoles dans les cantons périphériques et réduire ainsi l’égalité des chances de se former si on ne naît pas dans l’Arc Lémanique par exemple, estime Luciana Vaccaro. De quoi menacer aussi les grands établissements: ils ne pourront pas absorber des milliers d’étudiants supplémentaires si les plus petits ferment», alerte la présidente de swissuniversities.

La HES valaisanne bat des records mais craint les économies

«La HES-SO Valais-Wallis signe une rentrée record, portée par l’ingénierie et les soins infirmiers.» Au total, il y a une croissance de 6,4% par rapport à 2025, qui contraste avec les économies fédérales annoncées.

François Seppey, Directeur de la HES-SO Valais-Wallis, regrette ces dernières : «La formation, la recherche  et l’innovation sont des secteurs sur lesquels il n’est pas acceptable d’économiser.»

«Ne négligeons pas les hautes écoles»

Par rapport aux coupes fédérales dans le budget des hautes écoles suisses, Nicolas Dufour écrit dans l’éditorial: «Une stabilisation, peut être un léger coup de frein à redouter. Mais une coupe de 10% concernant le Fonds national suisse peut être jugée aussi aveugle qu’indéfendable.» d’autant plus qu’il y a des coupes cantonales pendant que les effectifs montent, par exemple à l’Unil. Le journaliste conclut: «la langueur, voire l’indifférence désormais réservée aux défis de la science et de la formation a de quoi inquiéter.»

ACIDUL rejoint le comité unitaire « NON à l’arnaque fiscale des 12% ».

«Profondément inquiète des effets de l’offensive repétée contre les services pubiques au niveau fédéral et cantonal, l’Association du corps intermédiaire et des doctorant·e·s de l’Université de Lausanne (ACIDUL) a rejoint le comité unitaire « NON à l’arnaque fiscale des 12% 

Par ailleurs, elle a publié un article sur les effets des coupes budgétaires cantonales à l’Unil. [«Cet article est en cours de révision, selon les retours des décanats.»]

Le Conseil fédéral ne souhaite pas adapter l’accord intercantonal universitaire

Le Conseil fédéral ne voit aucun moyen de mieux rémunérer les cantons universitaires pour leurs prestations en matière de formation. Les cantons sans université, notamment les plus petits, refusent jusqu’à présent catégoriquement de mieux soutenir les étudiants originaires de leur canton en modifiant l’accord intercantonal universitaire.

Seule exception : le canton de Bâle-Campagne, qui est devenu en 2007 le deuxième canton de référence de l’Université de Bâle. Le refus catégorique du Conseil fédéral de modifier la pratique actuelle renforce la probabilité que le canton de Bâle-Campagne réduise massivement, par référendum, les contributions versées à l’Université de Bâle. L’initiative lancée par les communes contre le mode de financement actuel n’est pas sans chance.

Si le canton de Bâle-Campagne finançait ses étudiants de la même manière que les autres cantons non-universitaires, l’Université de Bâle se retrouverait avec un déficit annuel de 125 millions de francs – une somme qui ne pourrait être compensée qu’en fermant plusieurs facultés.

Pour la présidente de swissuniversities, l’enseignement supérieur est une mission nationale

La présidente de l’association faîtière des hautes écoles suisses, Luciana Vaccaro, s’oppose au souhait de la Confédération de se retirer du financement des universités cantonales et des hautes écoles spécialisées, comme suggéré dans le rapport intermédiaire « Désenchevêtrement 27 ». Elle estime que ce serait un danger pour la coordination nationale et augmenterait les disparités entre les cantons fortunés et ceux aux ressources plus modestes.

De plus, face à une concurrence internationale de plus en plus rude et pour garantir l’excellence du système éducatif suisse, elle déclare : « La Confédération et les cantons doivent continuer à assumer leur responsabilité commune et, surtout, à poursuivre une vision stratégique commune ».

Les taxes d’études des étudiant·s étrangers·ères vont augmenter dans les hautes écoles tessinoises

L’USI et la SUPSI augmentent les frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·ères à partir de 2027 à CHF 5000.

Ces frais resteront fixés à 2’000 francs pour les étudiants suisses et pour d’autres catégories assimilées, notamment les étudiants étrangers domiciliés en Suisse au moment de l’obtention de leur maturité et les demandeurs d’asile titulaires d’un permis. Les nouveaux frais d’inscription ne concerneront pas les étudiants déjà inscrits, qui continueront à payer les frais semestriels qui leur étaient applicables au moment de leur première inscription.

La SUPSI augmente les frais d’inscription de 800 à 1 000 francs pour les résidents et de 1 600 à 2 000 francs pour les non-résidents.

Cette décision fait suite aux réductions des subventions fédérales prévues à partir de 2027. Pour la période 2027-2029, le Parlement a décidé d’une réduction annuelle d’environ 60 millions de francs, soit la moitié des 120 millions de francs de coupes initialement proposées par le Conseil fédéral.

Roger Nordmann: «Je serai candidat au Conseil d’Etat en 2027, et je souhaite conserver le DSAS»

Le nouveau chef de la santé vaudoise Roger Nordmann donne sa première interview depuis son entrée en fonction. Il souhaite entre autres «stabiliser le CHUV, «calmer le «CHUV bashing» propre à la politique vaudoise» et clarifier les priorités scientifiques. «Nous sommes tout de même heureux de disposer d’un hôpital universitaire, qui est aussi un hôpital de zone et un lieu de formation. Globalement, il fonctionne bien, même si des améliorations sont toujours nécessaires.»

Il craint cependant une acceptation de l’initiative des 12%. Pour lui, la situation serait dramatiquement aggravée si l’initiative des 12% était acceptée. «Le DSAS représente environ 42% du budget de l’État: il serait donc massivement touché.»

Pour les élections en 2027, Roger Nordmann souhaite conserver le DSAS. «Le canton doit se projeter vers l’avenir et relever ses grands défis: la numérisation, dans laquelle Vaud n’est pas en avance; la formation, rendue plus difficile par l’évolution de la société et la santé psychique des jeunes; ainsi que la prévention et l’adaptation au changement climatique.»

 

L’invité de La Matinale – Christophe Champod, nouveau recteur de l’Unil

Nouveau recteur de l’Unil depuis le 1er août, Christophe Champod affirme avoir repris une université solide malgré les tensions et les difficultés budgétaires récentes. Sa priorité est de restaurer la confiance au sein de l’institution et de réaffirmer la mission centrale de l’université : transmettre et produire des savoirs dans un cadre ouvert et respectueux.

Pour les cinq prochaines années, il identifie trois grands défis : l’intégration responsable de l’intelligence artificielle, le renforcement du soutien à la santé mentale des étudiantes et étudiantes et le développement des liens entre l’université et la société. Face aux contraintes financières, il admet que les coupes budgétaires sont une opportunité mais aussi une inquiétude:« je pense qu’on a un certain nombre de défis […] qui nécessiteront des moyens.»

Son ambition est de préparer une université durable capable de former des citoyen·nes critiques et prêts à relever les défis de demain.

Le mouvement américain « Stand Up for Science » s’étend en Europe

Né en février 2025 aux États-Unis pour défendre la liberté académique face aux menaces politiques, le mouvement citoyen et scientifique « Stand Up for Science » s’implante en Suisse. L’objectif de cette expansion est de donner une dimension internationale à son action et d’inciter les universitaires européens à s’organiser de manière similaire.

Bien que l’Europe n’affronte pas des mesures aussi drastiques que celles de l’administration Trump, la dirigeante du mouvement, Colette Delawalla, appelle à la vigilance. Selon elle, la méfiance s’installe de manière subtile, par des coupes budgétaires progressives ou des discours anti-science. Elle appelle donc la communauté académique européenne à réagir dès les premiers signaux d’alerte pour protéger ses institutions. Si  les scientifiques européens disposent «d’un peu de temps supplémentaire pour commencer à réfléchir, à faire ces préparatifs et à renforcer la cohésion et la solidarité au sein de la communauté [ils] partiront avec cinq longueurs d’avance par rapport à là où nous en étions».

 

La FAE appelle à voter NON à l’initiative des 12%

La Fédération des associations d’étudiant·e·x·s (FAE) de l’Université de Lausanne (UNIL) se positionne en défaveur de l’initiative populaire « Baisse d’impôts pour tous : redonner du pouvoir d’achat à la classe moyenne », dit l’initiative des 12%.

Malgré son apparente attractivité, cette baisse mettrait en danger les prestations sociales ainsi que l’accès à l’enseignement et l’avenir de la formation dans un contexte de coupes budgétaires.

La première «super-université» du Royaume-Uni

La première « super-université » du Royaume-Uni, issue de la fusion des universités de Greenwich et du Kent, devrait voir le jour en septembre. Le nouveau groupe universitaire de Londres et du Sud-Est, qui portera le nom de LASEUG (London and South East University Group), comptera plus de 50 000 étudiants répartis sur quatre campus à Londres, à Medway et dans le Kent, ce qui en fera le troisième plus grand établissement d’enseignement supérieur du Royaume-Uni.

Les universités continueront de fonctionner comme des entités académiques distinctes et conserveront leurs noms et identités propres. Les étudiant·es fréquenteront l’établissement de leur choix, y suivront leurs études et y obtiendront leur diplôme, mais le personnel des deux universités sera employé par le groupe universitaire.

Et au début de cette année, le King’s College de Londres et l’université de Cranfield ont annoncé leur intention de fusionner en août 2027.

Les universités britanniques sont confrontées à des pressions financières croissantes. L’Office for Students (OfS) – l’organisme de régulation de l’enseignement supérieur en Angleterre – a ainsi averti que 24 établissements risquaient de devenir insolvables et de fermer leurs portes au cours des 12 mois à compter de novembre dernier. Il a également indiqué que 45 % des établissements d’enseignement supérieur pourraient être confrontés à un déficit pour l’exercice 2025-2026.

Critique aux coupes dans la recherche agricole suisse
Interrogé au Téléjournal sur les répercussions de la canicule actuelle sur l’agriculture, Christophe Longchamp, président d’Agora, regrette les coupes fédérales touchant Agroscope. Face aux défis majeurs que représentent le changement climatique et les sécheresses exceptionnelles, il rappelle l’importance d’agir dès aujourd’hui : « C’est maintenant qu’il faut faire des recherches. »
Le Syndicat des services publics Vaud regrette les coupes fédérales et cantonales, notamment dans le domaine des hautes écoles

«Le Conseil fédéral se félicite d’un excédent budgétaire. Or celui-ci repose notamment sur les coupes sévères dans la formation et la recherche. Le SSP demande la suspension immédiate des coupes dans le domaine des hautes écoles.» (SSP Vaud)

Après la mobilisation provoquée par les mesures d’économie dans le canton Vaud, le Conseil d’état avait promis qu’il prendrait le temps de négocier le budget 2027, des consultations avec le syndicat du service public ne sont pas prévues «alors même que le gouvernement annonce un budget qui sera guidé par le principe d’austérité».

L’«absence totale d’ouverture [du gouvernement] nous font parvenir à la conclusion que nous allons devoir, pour nous faire entendre, préparer, une nouvelle fois, la mobilisation dès la rentrée», avance le syndicat des services publics vaudois.

Le Conseil fédéral ne prévoit pas de nouvelles coupes pour 2027, mais maintient le plan d’allègement

«De nouvelles coupes dans les finances fédérales ne seront pas nécessaires pour 2027, indique le Conseil fédéral mercredi. Il annonce des recettes 1,8 milliard supérieures à ce qui avait été estimé en février.» (RTS)

Le gouvernement fédéral annonce également des perspectives plus favorables pour les exercices budgétaires 2028 à 2030. (SRF)

«Le plan d’allègement 2027-2029 est toutefois maintenu.» (RTS)

Martin Pfister, Conseiller fédéral en charge de l’armée, propose en conséquence une augmentation de la TVA de 0,5% (au lieu de 0,8%) pour financer des achats d’armement. «Rien qu’entre 2027 et 2032, le budget de l’armée devrait passer de sept à dix milliards de francs. Toutefois, le financement de cette augmentation ne sera assuré que si le conseiller fédéral Pfister parvient à faire adopter son projet d’augmentation de la TVA par le Parlement, puis par référendum.» (Tages-Anzeiger)

 

L’USI et la SUPSI lancent une pétition contre les coupes budgétaires

Une pétition du syndicat SSP contre les coupes budgétaires à l’Université de la suisse italienne USI et la HES de la suisse italienne SUPSI a été signée par 1900 personnes.  Cette initiative vise actuellement à contrer les coupes budgétaires cantonales d’environ 8 millions de francs par an, affectant l’USI et la SUPSI, qui s’ajouteraient aux économies de plusieurs millions déjà décidées par la Confédération. Le syndicat réclame également davantage de garanties contre la précarité de l’emploi, une plus grande transparence salariale, une convention collective pour les cadres intermédiaires et le gel de toute augmentation des frais d’inscription à l’université.