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Tendances des 2 dernières semaines

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Sujet: enseignement – métiers de la santé

«Des tensions internes secouent l’école de santé La Source»

«Des employés dénoncent une gouvernance autoritaire et un manque de vision. L’Inspection du travail de la Ville de Lausanne a été sollicitée.»

La directrice ad intérim Véronique de Goumoëns juge le contexte complexe, car les collaborateurs et l’école font face à «une très forte pression, en particulier pour répondre à la volonté politique de former beaucoup plus d’étudiants».

Classement de Shanghai des meilleures facultés de médecine: Berne en tête pour la Suisse

Dans le «classement de Shanghai» des meilleures facultés de médecine, l’Université de Berne est en tête parmi les établissements suisses (catégorie des places 76 à 100). «Cette position est d’autant plus remarquable que l’Hôpital universitaire de Berne est souvent classé plus bas que les quatre autres hôpitaux universitaires suisses dans les classements internationaux des hôpitaux. Comparée aux autres hôpitaux universitaires de Suisse, Berne se distingue notamment par ses indices de réputation académique, ses distinctions internationales et le nombre de chercheurs abondamment cités.» En médecine dentaire, l’institution occupe même la quatrième place.

Suivent pour la Suisse en ordre décroissant, l’Université de Bâle, l’Université de Genève, l’Université de Lausanne et l’Université de Zurich (entre la 101ème et la 150ème place). Les critères pris en compte pour le classement étaient répartis en six groupes, tels que la réussite des alumnis, les distinctions obtenues par les représentants de l’université ou le nombre de citations dans des publications reconnues.
En sciences infirmières, l’Université de Bâle (catégorie 101–150) et l’Université de Lausanne (101–200) font également partie du classement.
«Accusés de violer le droit du travail depuis 10 ans, les HUG œuvrent à un « plan d’action »»

«Les syndicats dénoncent une décennie de non-respect de plusieurs dispositions légales sur le travail sans qu’une solution soit trouvée. Les HUG assurent s’y employer.» (RTS)

«Selon les calculs des syndicats, l’engagement de 749 équivalent temps plein aux HUG permettrait que l’hôpital puisse fonctionner dans le respect des dispositions légales.» Mais, note le syndicaliste Quentin Stauffer (SIT), «alors que toutes les instances sont conscientes du problème, les postes ne sont pas inscrits au budget».

Le directeur des HUG Robert Mardini admet au Forum que des postes manquent au sein de l’hôpital, mais conteste le nombre avancé par les syndicats.

La pénurie de généralistes en Suisse, un défi pour la formation des futurs médecins

«Le parcours d’un étudiant ou d’une étudiante en médecine ressemble souvent à celui d’un combattant. Durant six ans, il passe l’essentiel de son temps sur les bancs universitaires, à absorber énormément de théorie. C’est nécessaire, mais ça n’est pas suffisant pour se faire une idée concrète du métier. A l’exception de Fribourg ou de Zurich, où la formation a été réorientée sur la médecine de premier recours, l’immersion sur le terrain reste trop limitée ailleurs.»

Nouveau centre de formation de la HEdS à Marly, FR

La Haute école de santé fribourgeoise a ouvert un nouveau centre de formation à Marly, unique en son genre.

La prévention et la promotion de la santé sont au cœur de cette prestation, tout en servant comme lieu de formation pour les étudiant·es. Sous l’oeil de leurs formateurs·rices, les étudiant·es fournissent par exemple des bilans de santé à CHF 15. «Ce système doit aussi à terme combler une lacune dans le système de santé», l’offre de soins primaires faisant largement défaut en Suisse.

C’est également un lieu de stages pour les masters en ostéopathie et en psychologie de la santé.

La pénurie de personnel qualifié s’aggrave dans les professions libérales

«Le manque de personnel qualifié s’aggrave en Suisse dans les professions libérales. Environ 70% des actifs dans des métiers comme la médecine, l’architecture, la physiothérapie, le notariat ou le conseil en orientation considèrent la pénurie de personnel comme un problème majeur dans leur secteur.» (RTS)

L’Union suisse des professions libérales (USPL) «réclame désormais des mesures pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, telles que l’augmentation du nombre de personnes en formation dans les domaines de la santé et de la technique, ainsi que la hausse des tarifs, en particulier pour les médecins généralistes, pédiatres, physiothérapeutes, psychologues, chiropracteurs et orthophonistes indépendants. […] De plus, les formations dans les disciplines concernées devraient préparer de manière adéquate à une éventuelle activité indépendante.» (USPL)

«Plus de 3000 médecins exerçant en Suisse n’ont pas de diplôme reconnu»

Le décès d’un patient de 22 ans en psychiatrie, où la pénurie de personnel qualifié est particulièrement marquée, suite à une erreur de médication, soulève désormais des questions sur la formation des médecins. Son médecin exerçait sans diplôme reconnu en Suisse.

Environ 40% des médecins exerçant en Suisse viennent de l’étranger, dû à la pénurie de praticien·nes. Cependant, le nombre de ces médecins exerçant sans diplôme reconnu en Suisse augmente fortement depuis plusieurs années. Plus de 3’100 seraient actuellement enregistrés, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les diplômes étrangers reconnu par la Suisse sont ceux des pays de l’UE et de l’AELE, les autres ne bénéficiant d’aucune reconnaissance. «Malgré cela, ces médecins sont autorisés à exercer ici.»

A propos de ce qui est autorisé en Suisse, les avis divergent. Pour l’Office fédéral de la santé publique, les médecins non reconnus devraient toujours travailler sous surveillance. Pour le département argovien de la santé et des affaires sociales, celles- et ceux-ci pourraient «prendre des décisions autonomes en tenant compte de leurs connaissances et de leur expérience». «Ce qui est certain, c’est que les cliniques et les hôpitaux bénéficient d’une très grande marge de manœuvre pour engager des médecins dépourvus de diplômes ou de titres de spécialiste reconnus», notent les journalistes. L’avocat Gregori Werder, spécialisé dans le droit de la santé et le droit du personnel, estime que ce domaine, particulièrement sensible pour les patient·es, souffre d’un flou réglementaire, en l’absence de directives précises. D’après lui, les cliniques bénéficient d’une grande liberté pour juger de l’aptitude professionnelle.

 

Loi fédérale sur les professions de la santé : prise de position de swissuniversities

«swissuniversities salue l’intégration du rôle d’infirmier·ère praticien·ne spécialisé·e (IPS) dans la révision de la Loi fédérale sur les professions de la santé, une avancée essentielle face à la hausse des besoins en soins, à la pénurie de personnel et au développement de modèles innovants. L’accès à cette fonction doit être réservé aux titulaires d’un Master en pratique infirmière spécialisée délivré par une haute école, garantissant qualité, sécurité et alignement avec les standards internationaux.

Parallèlement, swissuniversities étudie des mesures pour faciliter l’accès au Bachelor en soins infirmiers pour les infirmier·ère·s diplômé·e·s ES.»

Portrait de Patrick Bodenmann, vice-doyen Enseignement et diversité à la FBM

«Les doyens passent, Jean-Daniel Tissot, Manuel Pascual, et Patrick Bodenmann reste : il a conservé son rôle à la tête du dicastère Enseignement et diversité, qui chapeaute les cinq écoles de la FBM, avec la prise de fonction de Renaud Du Pasquier en 2024. Une façon de marquer la continuité dans un secteur particulièrement sensible pour la faculté, notamment au moment où la filière de médecine est mise sous pression.»

Et si les médecins généralistes avaient leur propre filière d’études?

Des élu·es PLR zurichois ont une idée pour revaloriser les médecins de famille: créer une formation académique spécifique. Mais il faudrait un changement de la loi sur les professions médicales au niveau fédéral pour que cela devienne possible.

Des représentant·es de l’EPFZ et de l’Université de Zurich soutiennent cette idée, ainsi que 90 parlementaires cantonaux de tous bords.

Fronde contre le manque de personnel médical qualifié

Après la grève des techniciens en radiologie à Fribourg, médecins, pharmaciens, vétérinaires, dentistes et chiropraticiens ont dit leur ras-le-bol vendredi sur la Place fédérale à Berne. A l’occoasion, cinq associations professionnelles du domaine de la santé ont présenté huit revendications communes contre les pénuries médicales.

 

«Les médecins tels que nous les connaissons aujourd’hui deviennent superflus»

Jörg Godhahn, directeur des études en médecine humaine à l’EPFZ, décrit la conception du cours de médecine à l’école polytechnique: «Nous nous sommes posés trois questions fondamentales : Que doivent savoir les médecins pour réussir à l’avenir? Quelles technologies vont influencer leur travail? Et comment la formation peut-elle favoriser cela? Nous en avons déduit trois hypothèses de base : Premièrement, le savoir est aujourd’hui disponible à tout moment. Au lieu d’encourager la pure mémorisation, nous enseignons à évaluer les informations et à les classer de manière critique. Deuxièmement, les technologies telles que l’intelligence artificielle (IA) ou la robotique marquent de plus en plus la médecine. Nos étudiants doivent comprendre les opportunités et les risques de ces développements. Troisièmement, le travail d’équipe est essentiel. Le «demi-dieu en blanc» appartient au passé – la médecine moderne est un sport d’équipe.»

Par ailleurs, «À l’EPF, nous adaptons donc les contenus de manière constante et agile. Chez nous, chaque module a une «date de péremption».»

En outre, les connaissances sur l’IA, l’apprentissage automatique et l’automatisation jouent un rôle central dans le curriculum : «Nous sommes probablement la seule filière d’études de médecine dans les pays germanophones qui comprend deux semestres de mathématiques et deux semestres d’informatique.»

«Les médecins tels que nous les connaissons aujourd’hui deviennent superflus. […] Dans certains domaines du diagnostic ou des activités administratives, nous n’avons actuellement besoin que de médecins, car le service ne peut pas être facturé. Pourtant, beaucoup de choses peuvent être automatisées dans ce domaine, ce qui permet de réaliser d’immenses économies.»

 

 

 

L’Université de Lucerne propose une formation continue afin d’éviter la surmédicalisation

L’Université de Lucerne et l’organisation à but non lucratif Smarter Medicine ont créé un programme de formation continue contre les soins excessifs. «L’objectif est de sensibiliser aux traitements et examens inutiles» écrivent les initiants du projet. La formation a été conçue par le Zentrum für Hausarztmedizin und Community Care de l’Université de Lucerne en collaboration avec le Smarter Medicine. Elle s’adresse aux professionnels de la santé jusqu’à 30 ans, dont les étudiants en master de médecine et de soins infirmiers, les personnes en année de reconnaissance pour devenir sage-femme ainsi que les médecins assistants, le personnel infirmier et les sages-femmes.

Les remèdes des étudiant-es à la pénurie de médecins

Dans une lettre au rectorat de l’Université de Lausanne, les futurs médecins de l’Association des étudiant-es en médecine à l’UNIL (AEML) se disent préoccupés par le manque de relève et la dépendance aux professionnels formés à l’étranger. Les futurs médecins regrettent un trop petit nombre de places d’études à partir de la deuxième année et réclament davantage de variété dans les stages, en particulier chez des généralistes.

Président de l’assemblée des délégués de la Société vaudoise de médecine (SVM), le Dr Paul Wiesel comprend et soutient la démarche de l’AEML.

«La médecine de demain sera aussi spirituelle»

Jacques Besson Psychiatre et psychothérapeute FMH et prof. honoraire UNIL, écrit: «Il est grand temps que notre pays se saisisse de la question de la santé spirituelle. Avec des pratiques qui négligent cette dimension, la médecine actuelle, dominée par une approche matérialiste, ne suffit pas pour une prise en charge approfondie. […] Non seulement pour favoriser une compréhension plus globale […] [des] souffrances, mais aussi parce que, selon toute vraisemblance, les moyens financiers, médicamenteux et personnels seront revus à la baisse.»