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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: enseignement – métiers de la santé

Les futurs médecins généralistes devraient-ils et elles suivre des études moins longues?
Face à la pénurie croissante de médecins de premier recours en Suisse, des responsables politiques et des médecins proposent de créer une formation universitaire spécifique pour les futurs médecins de famille, plus courte et mieux adaptée aux besoins de la médecine de base.

Aujourd’hui, les futurs médecins de famille suivent le même parcours que tous les autres médecins avant de se spécialiser en médecine interne générale ou en pédiatrie.

Le projet propose au contraire un cursus distinct dès le début des études, entièrement centré sur les besoins de la médecine de premier recours, permettant d’obtenir le diplôme environ deux ans plus tôt et sans diminution du niveau de qualité de la formation.

Les promoteurs du projet insistent sur le fait qu’il ne s’agirait pas de former des « médecins au rabais », mais des spécialistes de la médecine de premier recours.

La proposition est portée notamment par les députés zurichois du PLR Linda Camenisch et Reto Agosti. Elle nécessiterait une modification de la loi fédérale sur les professions médicales afin de reconnaître la médecine de premier recours comme une profession médicale universitaire à part entière.

Les politicien·nes mentionné·es du projet souhaitent par ailleurs éviter que la médecine de premier recours soit progressivement remplacée par des professionnels de santé non médecins, comme les nurse practitioners ou les physician assistants, qui assument déjà certaines tâches dans plusieurs cabinets.

Les universités restent toutefois prudentes. L’EPFZ s’est intéressée à l’idée avant de prendre ses distances. L’Université de Zurich juge qu’un tel cursus pourrait être peu attractif pour les étudiant·es et doute qu’il permette de former suffisamment de médecins pour combler la pénurie.

Les critiques craignent également  une baisse du prestige de la profession, une diminution des salaires ou encore une formation trop spécialisée.

Les promoteurs rejettent ces arguments et estiment qu’une formation plus ciblée améliorerait au contraire la qualité de la médecine de proximité.

 

Le Campus Santé flambant neuf fait exploser le nombre d’étudiant·es

«Trois semaines après son inauguration, le Campus Santé de Chavannes-près-Renens s’apprête à accueillir une foule d’étudiants. Les immatriculations à la Haute École de santé Vaud (Hesav) connaissent en effet une hausse spectaculaire par rapport à 2025: le bachelor en soins infirmiers enregistre une augmentation de près de 54%, avec 215 inscrits contre 140. Toutes filières confondues, la progression atteint 40%.»

« La formation des infirmiers ne couvre que la moitié des besoins de la population suisse »

Un rapport de l’Observation suisse de la santé (Obsan) prédit une aggravation de la pénurie de personnel soignant en Suisse, après avoir analysé trois niveaux de qualification allant des aides diplômés aux infirmier·ères tertiaires. Cette étude s’intéresse également à l’évolution du nombre de diplômé·es qui vont intégrer ces institutions de santé. Ce rapport indique que, actuellement, les diplômés suisses ne couvrent que 40 à 55% des besoins des hôpitaux, EMS et soins à domicile, tandis que 14% des étudiant·es abandonnent leur cursus par manque d’accompagnement. Investir dans la formation des infirmiers est donc une solution clé pour revaloriser la profession et pallier le manque de médecins.

Face à une pénurie qui s’aggrave, la Suisse ne peut plus dépendre uniquement du recrutement à l’étranger. Pour y répondre, l’offensive de formation lancée en 2024 vise à monter le personnel en compétences, lui offrant plus d’autonomie pour soulager directement les médecins dans la prise en charge des patient·es. Parallèlement, les débats à Berne prévoient d’améliorer les conditions de travail pour pérenniser la relève, notamment via des perspectives de carrière claires, la participation à l’organisation du travail et une réduction du temps de travail à salaire égal.

Roger Nordmann: l’entrée des patients dans le parcours de soins, « mon plus gros souci » à l’heure actuelle

«Nous n’avons pas assez de ressources pour le premier contact [d’un·e patient·e] avec un soignant – infirmière, ambulancier, employé d’EMS…», relève le conseiller d’Etat vaudois en charge de la Santé Roger Nordmann. «La première ligne de soins peut résoudre 90% des problèmes. Mais il y a un défaut de coordination.»

Un autre aspect de cette problématique serait la difficulté à trouver un médecin généraliste ou un pédiatre dans le canton. «Le conseiller d’État estime qu’il faut rendre ces professions plus attractives, en rendant la formation moins tortueuse et en accroissant les places de stage en cabinet.» (RTS)

Roger Nordmann: «Je serai candidat au Conseil d’Etat en 2027, et je souhaite conserver le DSAS»

Le nouveau chef de la santé vaudoise Roger Nordmann donne sa première interview depuis son entrée en fonction. Il souhaite entre autres «stabiliser le CHUV, «calmer le «CHUV bashing» propre à la politique vaudoise» et clarifier les priorités scientifiques. «Nous sommes tout de même heureux de disposer d’un hôpital universitaire, qui est aussi un hôpital de zone et un lieu de formation. Globalement, il fonctionne bien, même si des améliorations sont toujours nécessaires.»

Il craint cependant une acceptation de l’initiative des 12%. Pour lui, la situation serait dramatiquement aggravée si l’initiative des 12% était acceptée. «Le DSAS représente environ 42% du budget de l’État: il serait donc massivement touché.»

Pour les élections en 2027, Roger Nordmann souhaite conserver le DSAS. «Le canton doit se projeter vers l’avenir et relever ses grands défis: la numérisation, dans laquelle Vaud n’est pas en avance; la formation, rendue plus difficile par l’évolution de la société et la santé psychique des jeunes; ainsi que la prévention et l’adaptation au changement climatique.»

 

«Des tensions internes secouent l’école de santé La Source»

«Des employés dénoncent une gouvernance autoritaire et un manque de vision. L’Inspection du travail de la Ville de Lausanne a été sollicitée.»

La directrice ad intérim Véronique de Goumoëns juge le contexte complexe, car les collaborateurs et l’école font face à «une très forte pression, en particulier pour répondre à la volonté politique de former beaucoup plus d’étudiants».

Classement de Shanghai des meilleures facultés de médecine: Berne en tête pour la Suisse

Dans le «classement de Shanghai» des meilleures facultés de médecine, l’Université de Berne est en tête parmi les établissements suisses (catégorie des places 76 à 100). «Cette position est d’autant plus remarquable que l’Hôpital universitaire de Berne est souvent classé plus bas que les quatre autres hôpitaux universitaires suisses dans les classements internationaux des hôpitaux. Comparée aux autres hôpitaux universitaires de Suisse, Berne se distingue notamment par ses indices de réputation académique, ses distinctions internationales et le nombre de chercheurs abondamment cités.» En médecine dentaire, l’institution occupe même la quatrième place.

Suivent pour la Suisse en ordre décroissant, l’Université de Bâle, l’Université de Genève, l’Université de Lausanne et l’Université de Zurich (entre la 101ème et la 150ème place). Les critères pris en compte pour le classement étaient répartis en six groupes, tels que la réussite des alumnis, les distinctions obtenues par les représentants de l’université ou le nombre de citations dans des publications reconnues.
En sciences infirmières, l’Université de Bâle (catégorie 101–150) et l’Université de Lausanne (101–200) font également partie du classement.
«Accusés de violer le droit du travail depuis 10 ans, les HUG œuvrent à un « plan d’action »»

«Les syndicats dénoncent une décennie de non-respect de plusieurs dispositions légales sur le travail sans qu’une solution soit trouvée. Les HUG assurent s’y employer.» (RTS)

«Selon les calculs des syndicats, l’engagement de 749 équivalent temps plein aux HUG permettrait que l’hôpital puisse fonctionner dans le respect des dispositions légales.» Mais, note le syndicaliste Quentin Stauffer (SIT), «alors que toutes les instances sont conscientes du problème, les postes ne sont pas inscrits au budget».

Le directeur des HUG Robert Mardini admet au Forum que des postes manquent au sein de l’hôpital, mais conteste le nombre avancé par les syndicats.

La pénurie de généralistes en Suisse, un défi pour la formation des futurs médecins

«Le parcours d’un étudiant ou d’une étudiante en médecine ressemble souvent à celui d’un combattant. Durant six ans, il passe l’essentiel de son temps sur les bancs universitaires, à absorber énormément de théorie. C’est nécessaire, mais ça n’est pas suffisant pour se faire une idée concrète du métier. A l’exception de Fribourg ou de Zurich, où la formation a été réorientée sur la médecine de premier recours, l’immersion sur le terrain reste trop limitée ailleurs.»

Nouveau centre de formation de la HEdS à Marly, FR

La Haute école de santé fribourgeoise a ouvert un nouveau centre de formation à Marly, unique en son genre.

La prévention et la promotion de la santé sont au cœur de cette prestation, tout en servant comme lieu de formation pour les étudiant·es. Sous l’oeil de leurs formateurs·rices, les étudiant·es fournissent par exemple des bilans de santé à CHF 15. «Ce système doit aussi à terme combler une lacune dans le système de santé», l’offre de soins primaires faisant largement défaut en Suisse.

C’est également un lieu de stages pour les masters en ostéopathie et en psychologie de la santé.

La pénurie de personnel qualifié s’aggrave dans les professions libérales

«Le manque de personnel qualifié s’aggrave en Suisse dans les professions libérales. Environ 70% des actifs dans des métiers comme la médecine, l’architecture, la physiothérapie, le notariat ou le conseil en orientation considèrent la pénurie de personnel comme un problème majeur dans leur secteur.» (RTS)

L’Union suisse des professions libérales (USPL) «réclame désormais des mesures pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, telles que l’augmentation du nombre de personnes en formation dans les domaines de la santé et de la technique, ainsi que la hausse des tarifs, en particulier pour les médecins généralistes, pédiatres, physiothérapeutes, psychologues, chiropracteurs et orthophonistes indépendants. […] De plus, les formations dans les disciplines concernées devraient préparer de manière adéquate à une éventuelle activité indépendante.» (USPL)

«Plus de 3000 médecins exerçant en Suisse n’ont pas de diplôme reconnu»

Le décès d’un patient de 22 ans en psychiatrie, où la pénurie de personnel qualifié est particulièrement marquée, suite à une erreur de médication, soulève désormais des questions sur la formation des médecins. Son médecin exerçait sans diplôme reconnu en Suisse.

Environ 40% des médecins exerçant en Suisse viennent de l’étranger, dû à la pénurie de praticien·nes. Cependant, le nombre de ces médecins exerçant sans diplôme reconnu en Suisse augmente fortement depuis plusieurs années. Plus de 3’100 seraient actuellement enregistrés, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les diplômes étrangers reconnu par la Suisse sont ceux des pays de l’UE et de l’AELE, les autres ne bénéficiant d’aucune reconnaissance. «Malgré cela, ces médecins sont autorisés à exercer ici.»

A propos de ce qui est autorisé en Suisse, les avis divergent. Pour l’Office fédéral de la santé publique, les médecins non reconnus devraient toujours travailler sous surveillance. Pour le département argovien de la santé et des affaires sociales, celles- et ceux-ci pourraient «prendre des décisions autonomes en tenant compte de leurs connaissances et de leur expérience». «Ce qui est certain, c’est que les cliniques et les hôpitaux bénéficient d’une très grande marge de manœuvre pour engager des médecins dépourvus de diplômes ou de titres de spécialiste reconnus», notent les journalistes. L’avocat Gregori Werder, spécialisé dans le droit de la santé et le droit du personnel, estime que ce domaine, particulièrement sensible pour les patient·es, souffre d’un flou réglementaire, en l’absence de directives précises. D’après lui, les cliniques bénéficient d’une grande liberté pour juger de l’aptitude professionnelle.

 

Loi fédérale sur les professions de la santé : prise de position de swissuniversities

«swissuniversities salue l’intégration du rôle d’infirmier·ère praticien·ne spécialisé·e (IPS) dans la révision de la Loi fédérale sur les professions de la santé, une avancée essentielle face à la hausse des besoins en soins, à la pénurie de personnel et au développement de modèles innovants. L’accès à cette fonction doit être réservé aux titulaires d’un Master en pratique infirmière spécialisée délivré par une haute école, garantissant qualité, sécurité et alignement avec les standards internationaux.

Parallèlement, swissuniversities étudie des mesures pour faciliter l’accès au Bachelor en soins infirmiers pour les infirmier·ère·s diplômé·e·s ES.»

Portrait de Patrick Bodenmann, vice-doyen Enseignement et diversité à la FBM

«Les doyens passent, Jean-Daniel Tissot, Manuel Pascual, et Patrick Bodenmann reste : il a conservé son rôle à la tête du dicastère Enseignement et diversité, qui chapeaute les cinq écoles de la FBM, avec la prise de fonction de Renaud Du Pasquier en 2024. Une façon de marquer la continuité dans un secteur particulièrement sensible pour la faculté, notamment au moment où la filière de médecine est mise sous pression.»

Et si les médecins généralistes avaient leur propre filière d’études?

Des élu·es PLR zurichois ont une idée pour revaloriser les médecins de famille: créer une formation académique spécifique. Mais il faudrait un changement de la loi sur les professions médicales au niveau fédéral pour que cela devienne possible.

Des représentant·es de l’EPFZ et de l’Université de Zurich soutiennent cette idée, ainsi que 90 parlementaires cantonaux de tous bords.

Fronde contre le manque de personnel médical qualifié

Après la grève des techniciens en radiologie à Fribourg, médecins, pharmaciens, vétérinaires, dentistes et chiropraticiens ont dit leur ras-le-bol vendredi sur la Place fédérale à Berne. A l’occoasion, cinq associations professionnelles du domaine de la santé ont présenté huit revendications communes contre les pénuries médicales.

 

«Les médecins tels que nous les connaissons aujourd’hui deviennent superflus»

Jörg Godhahn, directeur des études en médecine humaine à l’EPFZ, décrit la conception du cours de médecine à l’école polytechnique: «Nous nous sommes posés trois questions fondamentales : Que doivent savoir les médecins pour réussir à l’avenir? Quelles technologies vont influencer leur travail? Et comment la formation peut-elle favoriser cela? Nous en avons déduit trois hypothèses de base : Premièrement, le savoir est aujourd’hui disponible à tout moment. Au lieu d’encourager la pure mémorisation, nous enseignons à évaluer les informations et à les classer de manière critique. Deuxièmement, les technologies telles que l’intelligence artificielle (IA) ou la robotique marquent de plus en plus la médecine. Nos étudiants doivent comprendre les opportunités et les risques de ces développements. Troisièmement, le travail d’équipe est essentiel. Le «demi-dieu en blanc» appartient au passé – la médecine moderne est un sport d’équipe.»

Par ailleurs, «À l’EPF, nous adaptons donc les contenus de manière constante et agile. Chez nous, chaque module a une «date de péremption».»

En outre, les connaissances sur l’IA, l’apprentissage automatique et l’automatisation jouent un rôle central dans le curriculum : «Nous sommes probablement la seule filière d’études de médecine dans les pays germanophones qui comprend deux semestres de mathématiques et deux semestres d’informatique.»

«Les médecins tels que nous les connaissons aujourd’hui deviennent superflus. […] Dans certains domaines du diagnostic ou des activités administratives, nous n’avons actuellement besoin que de médecins, car le service ne peut pas être facturé. Pourtant, beaucoup de choses peuvent être automatisées dans ce domaine, ce qui permet de réaliser d’immenses économies.»