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Sujet: enseignement – métiers de la santé
Aujourd’hui, les futurs médecins de famille suivent le même parcours que tous les autres médecins avant de se spécialiser en médecine interne générale ou en pédiatrie.
Le projet propose au contraire un cursus distinct dès le début des études, entièrement centré sur les besoins de la médecine de premier recours, permettant d’obtenir le diplôme environ deux ans plus tôt et sans diminution du niveau de qualité de la formation.
Les promoteurs du projet insistent sur le fait qu’il ne s’agirait pas de former des « médecins au rabais », mais des spécialistes de la médecine de premier recours.
La proposition est portée notamment par les députés zurichois du PLR Linda Camenisch et Reto Agosti. Elle nécessiterait une modification de la loi fédérale sur les professions médicales afin de reconnaître la médecine de premier recours comme une profession médicale universitaire à part entière.
Les universités restent toutefois prudentes. L’EPFZ s’est intéressée à l’idée avant de prendre ses distances. L’Université de Zurich juge qu’un tel cursus pourrait être peu attractif pour les étudiant·es et doute qu’il permette de former suffisamment de médecins pour combler la pénurie.
Les critiques craignent également une baisse du prestige de la profession, une diminution des salaires ou encore une formation trop spécialisée.
Les promoteurs rejettent ces arguments et estiment qu’une formation plus ciblée améliorerait au contraire la qualité de la médecine de proximité.
«Trois semaines après son inauguration, le Campus Santé de Chavannes-près-Renens s’apprête à accueillir une foule d’étudiants. Les immatriculations à la Haute École de santé Vaud (Hesav) connaissent en effet une hausse spectaculaire par rapport à 2025: le bachelor en soins infirmiers enregistre une augmentation de près de 54%, avec 215 inscrits contre 140. Toutes filières confondues, la progression atteint 40%.»
Un rapport de l’Observation suisse de la santé (Obsan) prédit une aggravation de la pénurie de personnel soignant en Suisse, après avoir analysé trois niveaux de qualification allant des aides diplômés aux infirmier·ères tertiaires. Cette étude s’intéresse également à l’évolution du nombre de diplômé·es qui vont intégrer ces institutions de santé. Ce rapport indique que, actuellement, les diplômés suisses ne couvrent que 40 à 55% des besoins des hôpitaux, EMS et soins à domicile, tandis que 14% des étudiant·es abandonnent leur cursus par manque d’accompagnement. Investir dans la formation des infirmiers est donc une solution clé pour revaloriser la profession et pallier le manque de médecins.
Face à une pénurie qui s’aggrave, la Suisse ne peut plus dépendre uniquement du recrutement à l’étranger. Pour y répondre, l’offensive de formation lancée en 2024 vise à monter le personnel en compétences, lui offrant plus d’autonomie pour soulager directement les médecins dans la prise en charge des patient·es. Parallèlement, les débats à Berne prévoient d’améliorer les conditions de travail pour pérenniser la relève, notamment via des perspectives de carrière claires, la participation à l’organisation du travail et une réduction du temps de travail à salaire égal.
«Nous n’avons pas assez de ressources pour le premier contact [d’un·e patient·e] avec un soignant – infirmière, ambulancier, employé d’EMS…», relève le conseiller d’Etat vaudois en charge de la Santé Roger Nordmann. «La première ligne de soins peut résoudre 90% des problèmes. Mais il y a un défaut de coordination.»
Un autre aspect de cette problématique serait la difficulté à trouver un médecin généraliste ou un pédiatre dans le canton. «Le conseiller d’État estime qu’il faut rendre ces professions plus attractives, en rendant la formation moins tortueuse et en accroissant les places de stage en cabinet.» (RTS)
Le nouveau chef de la santé vaudoise Roger Nordmann donne sa première interview depuis son entrée en fonction. Il souhaite entre autres «stabiliser le CHUV, «calmer le «CHUV bashing» propre à la politique vaudoise» et clarifier les priorités scientifiques. «Nous sommes tout de même heureux de disposer d’un hôpital universitaire, qui est aussi un hôpital de zone et un lieu de formation. Globalement, il fonctionne bien, même si des améliorations sont toujours nécessaires.»
Il craint cependant une acceptation de l’initiative des 12%. Pour lui, la situation serait dramatiquement aggravée si l’initiative des 12% était acceptée. «Le DSAS représente environ 42% du budget de l’État: il serait donc massivement touché.»
Pour les élections en 2027, Roger Nordmann souhaite conserver le DSAS. «Le canton doit se projeter vers l’avenir et relever ses grands défis: la numérisation, dans laquelle Vaud n’est pas en avance; la formation, rendue plus difficile par l’évolution de la société et la santé psychique des jeunes; ainsi que la prévention et l’adaptation au changement climatique.»
«Des employés dénoncent une gouvernance autoritaire et un manque de vision. L’Inspection du travail de la Ville de Lausanne a été sollicitée.»
La directrice ad intérim Véronique de Goumoëns juge le contexte complexe, car les collaborateurs et l’école font face à «une très forte pression, en particulier pour répondre à la volonté politique de former beaucoup plus d’étudiants».
«Une étude cartographie la pénurie de pédiatres et montre les zones où elle pourrait devenir critique d’ici à 2029. […] Plusieurs projets ont été lancés pour rendre attrayante la médecine de premier recours. Encore faut-il que les pédiatres s’installent dans une région sous-dotée.»
Dans le «classement de Shanghai» des meilleures facultés de médecine, l’Université de Berne est en tête parmi les établissements suisses (catégorie des places 76 à 100). «Cette position est d’autant plus remarquable que l’Hôpital universitaire de Berne est souvent classé plus bas que les quatre autres hôpitaux universitaires suisses dans les classements internationaux des hôpitaux. Comparée aux autres hôpitaux universitaires de Suisse, Berne se distingue notamment par ses indices de réputation académique, ses distinctions internationales et le nombre de chercheurs abondamment cités.» En médecine dentaire, l’institution occupe même la quatrième place.
«Les syndicats dénoncent une décennie de non-respect de plusieurs dispositions légales sur le travail sans qu’une solution soit trouvée. Les HUG assurent s’y employer.» (RTS)
«Selon les calculs des syndicats, l’engagement de 749 équivalent temps plein aux HUG permettrait que l’hôpital puisse fonctionner dans le respect des dispositions légales.» Mais, note le syndicaliste Quentin Stauffer (SIT), «alors que toutes les instances sont conscientes du problème, les postes ne sont pas inscrits au budget».
Le directeur des HUG Robert Mardini admet au Forum que des postes manquent au sein de l’hôpital, mais conteste le nombre avancé par les syndicats.
«Le parcours d’un étudiant ou d’une étudiante en médecine ressemble souvent à celui d’un combattant. Durant six ans, il passe l’essentiel de son temps sur les bancs universitaires, à absorber énormément de théorie. C’est nécessaire, mais ça n’est pas suffisant pour se faire une idée concrète du métier. A l’exception de Fribourg ou de Zurich, où la formation a été réorientée sur la médecine de premier recours, l’immersion sur le terrain reste trop limitée ailleurs.»
La Haute école de santé fribourgeoise a ouvert un nouveau centre de formation à Marly, unique en son genre.
La prévention et la promotion de la santé sont au cœur de cette prestation, tout en servant comme lieu de formation pour les étudiant·es. Sous l’oeil de leurs formateurs·rices, les étudiant·es fournissent par exemple des bilans de santé à CHF 15. «Ce système doit aussi à terme combler une lacune dans le système de santé», l’offre de soins primaires faisant largement défaut en Suisse.
C’est également un lieu de stages pour les masters en ostéopathie et en psychologie de la santé.
«Le manque de personnel qualifié s’aggrave en Suisse dans les professions libérales. Environ 70% des actifs dans des métiers comme la médecine, l’architecture, la physiothérapie, le notariat ou le conseil en orientation considèrent la pénurie de personnel comme un problème majeur dans leur secteur.» (RTS)
L’Union suisse des professions libérales (USPL) «réclame désormais des mesures pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, telles que l’augmentation du nombre de personnes en formation dans les domaines de la santé et de la technique, ainsi que la hausse des tarifs, en particulier pour les médecins généralistes, pédiatres, physiothérapeutes, psychologues, chiropracteurs et orthophonistes indépendants. […] De plus, les formations dans les disciplines concernées devraient préparer de manière adéquate à une éventuelle activité indépendante.» (USPL)
Le décès d’un patient de 22 ans en psychiatrie, où la pénurie de personnel qualifié est particulièrement marquée, suite à une erreur de médication, soulève désormais des questions sur la formation des médecins. Son médecin exerçait sans diplôme reconnu en Suisse.
Environ 40% des médecins exerçant en Suisse viennent de l’étranger, dû à la pénurie de praticien·nes. Cependant, le nombre de ces médecins exerçant sans diplôme reconnu en Suisse augmente fortement depuis plusieurs années. Plus de 3’100 seraient actuellement enregistrés, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les diplômes étrangers reconnu par la Suisse sont ceux des pays de l’UE et de l’AELE, les autres ne bénéficiant d’aucune reconnaissance. «Malgré cela, ces médecins sont autorisés à exercer ici.»
A propos de ce qui est autorisé en Suisse, les avis divergent. Pour l’Office fédéral de la santé publique, les médecins non reconnus devraient toujours travailler sous surveillance. Pour le département argovien de la santé et des affaires sociales, celles- et ceux-ci pourraient «prendre des décisions autonomes en tenant compte de leurs connaissances et de leur expérience». «Ce qui est certain, c’est que les cliniques et les hôpitaux bénéficient d’une très grande marge de manœuvre pour engager des médecins dépourvus de diplômes ou de titres de spécialiste reconnus», notent les journalistes. L’avocat Gregori Werder, spécialisé dans le droit de la santé et le droit du personnel, estime que ce domaine, particulièrement sensible pour les patient·es, souffre d’un flou réglementaire, en l’absence de directives précises. D’après lui, les cliniques bénéficient d’une grande liberté pour juger de l’aptitude professionnelle.
«Le Lab’ Santé et Droit, créé par les professeur·es Audrey Lebret et Frédéric Erard de l’Université de Lausanne, est un nouveau groupe de recherche et d’enseignement consacré à l’étude du droit de la santé et du vivant. »
«swissuniversities salue l’intégration du rôle d’infirmier·ère praticien·ne spécialisé·e (IPS) dans la révision de la Loi fédérale sur les professions de la santé, une avancée essentielle face à la hausse des besoins en soins, à la pénurie de personnel et au développement de modèles innovants. L’accès à cette fonction doit être réservé aux titulaires d’un Master en pratique infirmière spécialisée délivré par une haute école, garantissant qualité, sécurité et alignement avec les standards internationaux.
Parallèlement, swissuniversities étudie des mesures pour faciliter l’accès au Bachelor en soins infirmiers pour les infirmier·ère·s diplômé·e·s ES.»
«Le canton de Neuchâtel prend des mesures cantonales visant à renforcer la formation, l’attractivité et l’exercice de la profession infirmière, en lien avec la mise en oeuvre de l’initiative fédérale. L’objectif est de former 1100 nouveaux infirmiers d’ici à 2032, dont 60% en Hautes Ecoles spécialisées (HES) et 40% en Ecoles supérieures (ES).»
«Les doyens passent, Jean-Daniel Tissot, Manuel Pascual, et Patrick Bodenmann reste : il a conservé son rôle à la tête du dicastère Enseignement et diversité, qui chapeaute les cinq écoles de la FBM, avec la prise de fonction de Renaud Du Pasquier en 2024. Une façon de marquer la continuité dans un secteur particulièrement sensible pour la faculté, notamment au moment où la filière de médecine est mise sous pression.»
Des élu·es PLR zurichois ont une idée pour revaloriser les médecins de famille: créer une formation académique spécifique. Mais il faudrait un changement de la loi sur les professions médicales au niveau fédéral pour que cela devienne possible.
Des représentant·es de l’EPFZ et de l’Université de Zurich soutiennent cette idée, ainsi que 90 parlementaires cantonaux de tous bords.
Après la grève des techniciens en radiologie à Fribourg, médecins, pharmaciens, vétérinaires, dentistes et chiropraticiens ont dit leur ras-le-bol vendredi sur la Place fédérale à Berne. A l’occoasion, cinq associations professionnelles du domaine de la santé ont présenté huit revendications communes contre les pénuries médicales.