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Sujet: accréditation

L’université au service de la société : apprendre autrement grâce au service communautaire

L’apprentissage par service communautaire se développe sur les campus canadiens. Cette approche pédagogique expérientielle permet à la communauté étudiante de s’engager bénévolement une trentaine d’heures par trimestre auprès d’un organisme, en remplacement d’un travail final.

Grâce à un réseau de plus de 1’000 partenaires (organismes sans but lucratif, organisations publiques, parapubliques et gouvernementales), les étudiant·es collaborent à des projets répondant à des besoins concrets. L’objectif étant d’une part d’enrichir la société civile et rendre les savoirs universitaires accessibles autrement que par la recherche traditionnelle, et d’autre part en mettant l’université au service de sa communauté.

Les universités, de simples « usines à diplômes »? Rapport critique de l’Unesco

L’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture UNESCO a publié un rapport critique sur le rôle des universités encourageant ces établissement à se repositionner comme de «véritables acteurs de l’employabilité, en phase avec les besoins réels du marché du travail».

«Une focalisation excessive sur les programmes de diplômes traditionnels et les structures de qualification risque de réduire le rôle des universités à de simples usines à diplômes», indique l’UNESCO, qui appelle à «intégrer pleinement l’apprentissage personnel et social qui se déroule pendant les études supérieures ».

Le rapport suggère «un dialogue étroit avec les économies locales en transition». L’organisation souligne également que la simple interaction avec le marché du travail ne suffit pas et que les universités doivent favoriser l’esprit d’entreprendre et l’innovation.

Interview de la rectrice de l’UNIGE Audrey Leuba

Pour cette rentrée, l’Université de Genève accueille 18’200 étudiant·es, un record. Cette croissance concerne notamment les facultés de droit, des sciences et la GSEM (Geneva School of Economics and Management). L’Université a reçu d’importants financements pour la recherche, notamment de la Fondation Wilsdorf, et le campus est en train de croître avec la construction de nouveaux bâtiments. La rectrice note que les coupes envisagées par la Confédération pourraient s’élever à plus de 22,5 millions de francs par an, ce qui représenterait 20% des projets de recherche et 40 postes de professeur·es ordinaires.

Voici les principaux projets de la direction actuelle que la rectrice mentionne:

  • Afin de favoriser l’employabilité, la direction a prévu l’intégration de stages dans la formation, allant jusqu’à une année et reconnus par des crédits. Leur mise en place nécessite des modifications réglementaires ainsi qu’un soutien aux facultés dans la recherche de ces stages.
  • L’Université développe des «microcertifications», des formations courtes dans des domaines variés (intelligence artificielle, écotoxicologie, droit international de l’eau douce…), dans une même optique d’amélioration de l’employabilité.
  • Pour lutter contre la précarité, l’Université a trouvé un accord avec la Fondation genevoise de désendettement (créée par la Fondation Wilsdorf). L’Université a également obtenu un fonds afin d’améliorer les conditions de travail du corps intermédiaire.
  • L’Université souhaite développer davantage ses liens et collaborations avec la Genève internationale.
Introduction du «Professional Bachelor» pour contrer la pénalisation à l’étranger des professionnel·les suisses hautement qualifié·es

Afin d’être mieux reconnu·es, les professionnel·les devraient recevoir de nouveaux titres, affirme Rudolf Strahm, expert en formation et conseiller national pendant treize ans. En effet, les professionnel·les suisses hautement qualifié·es seraient actuellement souvent désavantagé·es à l’international, et l’introduction du titre «Professional Bachelor» pourrait changer cela.

Le Conseil des États devrait approuver lundi l’adaptation de la loi sur la formation professionnelle. Le projet est soutenu par l’Union patronale, l’Union suisse des arts et métiers, l’Union syndicale suisse et Travail.Suisse. Au contraire, les universités s’opposent à cette réforme. Les appellations «bachelor» et «master» sont clairement académiques, explique Luciana Vaccaro, présidente de Swissuniversities. «Les utiliser pour la formation professionnelle sème la confusion», explicite-elle. Andri Silberschmidt, conseiller national PLR et président de HES Suisse, critique lui aussi la nouvelle terminologie: «On veut donner un même nom à des choses qui ne sont pas identiques.»

«Le titre de bachelor ne devrait pas être réservé aux universitaires. Il peut simplement signaler que quelqu’un est au top de sa formation dans son domaine», se défend Marco Baur, président du comité de la Communauté d’intérêt pour la formation dans le domaine financier.

 

«Controversée, l’école de théologie HET-PRO ne deviendra pas une HES»

«L’institut évangélique retire sa demande d’accréditation après une évaluation défavorable. […] Selon l’école, les faiblesses relevées concernent les processus et non l’orientation théologique. La mise en œuvre des recommandations serait trop coûteuse.»

La démarche de l’école, de tendance évangélique, avait suscité la controverse «au sein de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud et de l’Université de Lausanne.»

Plaidoyer en faveur de l’introduction des «professional bachelor» et «professional master»

L’ancien Conseiller national socialiste Rudolf Strahm déplore la sous-estimation de la formation professionnelle supérieure (FPS) en Suisse, pourtant essentielle pour fournir les cadres intermédiaires qualifiés dont les PME manquent cruellement. Malgré 440 diplômes spécialisés reconnus au niveau tertiaire, leur faible notoriété nuit à leur attractivité, surtout par rapport aux titres universitaires (Bachelor, Master, Doctorat).

Le Conseil fédéral propose donc d’introduire les appellations «Professional Bachelor» et «Professional Master» pour rehausser leur prestige, qui existent déjà en Allemagne et en Autriche. Les milieux économiques soutiennent largement cette réforme, tandis que les universités s’y opposent «pour des raisons corporatistes».

Rudof Strahm avance cinq arguments favorisant cette revalorisation :

  1. Les diplômés FPS sont les cadres les plus recherchés et présentent un taux de chômage très bas.

  2. Les programmes sont conçus par les milieux professionnels et régulièrement adaptés aux besoins du marché.

  3. La formation, souvent suivie en emploi, permet aux praticiens de se hisser à des postes à responsabilité tout en diffusant les nouvelles technologies.

  4. Certaines qualifications FPS  atteignent un niveau de compétence équivalent à un Master, voire au Doctorat.

  5. Une harmonisation internationale des titres est nécessaire dans des secteurs mondialisés comme l’hôtellerie, l’informatique ou la logistique.

Dernièrement, il plaide pour que le Parlement surmonte la résistance des universités et reconnaisse la valeur pratique et l’intelligence appliquée des diplômés FPS, condition clé pour préserver l’efficacité du système suisse de formation duale.

Loi fédérale sur les professions de la santé : prise de position de swissuniversities

«swissuniversities salue l’intégration du rôle d’infirmier·ère praticien·ne spécialisé·e (IPS) dans la révision de la Loi fédérale sur les professions de la santé, une avancée essentielle face à la hausse des besoins en soins, à la pénurie de personnel et au développement de modèles innovants. L’accès à cette fonction doit être réservé aux titulaires d’un Master en pratique infirmière spécialisée délivré par une haute école, garantissant qualité, sécurité et alignement avec les standards internationaux.

Parallèlement, swissuniversities étudie des mesures pour faciliter l’accès au Bachelor en soins infirmiers pour les infirmier·ère·s diplômé·e·s ES.»

Les diplômé·es d’Ecole supérieure (ES) perçoivent plus de bénéfices que celles et ceux d’une HES

Une étude commandée par l’association de l’éducation Edusuisse montre que pour le contribuale, le rendement d’un diplômé ES, c’est-à-dire ce que ses études lui apportent en termes de salaire, serait ainsi supérieur de 5% à celui d’un diplômé HES. Des différences entre les formations ont été relevées dans le coût pour l’étudiant·e, le montant des fonds publics investis ou encore la rapidité d’entrée sur le marché du travail.

Suite à ces résultats, Edusuisse demande davantage de reconnaissance pour les écoles supérieures. Le Conseil fédéral avait déjà annoncé vouloir renforcer cette voie de formation, notamment par l’introduction des titres de «Professional Bachelor» et «Professional Master» pour les filières ES.

«L’Uni de Genève recale un ingénieur de l’EPFL»

Après avoir obtenu un bachelor en microtechnique et un master en robotique, un diplômé de l’EPFL souhaite devenir enseignant en mathématiques. Toutefois, il est désormais nécessaire de posséder un master dans la branche souhaitée avant d’entreprendre une formation à l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE). De plus, l’Université de Genève (UNIGE) impose des critères d’équivalence stricts vis-à-vis des diplômes d’autres institutions : elle ne lui a validé que 33 crédits sur les 330 obtenus. En revanche, à l’Université de Neuchâtel, le diplômé a été directement admis en master.

«Le Webster Geneva Campus exploite une zone grise pour garder une aura d’université»

«L’antenne genevoise de la Webster University, basée à Saint-Louis dans le Missouri (États-Unis), continue d’utiliser partiellement et de façon abusive le terme «university» (université). Depuis janvier 2023, en effet, une disposition fédérale conditionne l’appellation «université» et ses traductions à l’obtention d’une accréditation de la part du Conseil suisse d’accréditation. Ce changement de la loi sur l’encouragement et la coordination des hautes écoles (LEHE) visait à renforcer la protection de la crédibilité et de l’image des hautes écoles suisses, tout en offrant des garanties aux étudiants.» Le Département genevois de l’instruction publique (DIP) confirme avoir vu réapparaître la mention «University» et indique qu’il écrira à Webster afin de lui rappeler son obligation de respecter la loi.

Selon un connaisseur de la gouvernance des universités qui souhaite rester anonyme, Webster Geneva Campus exploite actuellement une faille du système. En effet, en Suisse, les diplômes délivrés par des institutions privées suisses ne sont en principe pas reconnus pour la poursuite des études dans une haute école suisse. Or, les diplômes du Webster Geneva Campus sont délivrés par le siège à Saint-Louis aux Etats-Unis, et stipulent «Webster University». Ainsi, l’Université de Genève indique reconnaitre et admettre les diplômes étrangers émis par la Webster University aux États-Unis. Il existerait donc «une faille, car l’objectif de la loi visant à protéger l’appellation université est contourné», estime le connaisseur anonyme. Pour lui, la question est de savoir si d’autres universités étrangères pourraient en profiter également.

«UniDistance pourrait devenir la première uni du Valais»

«Corinna Martarelli, vice-rectrice Enseignement, revient sur le parcours et les perspectives de l’institut d’enseignement à distance créé à Brigue». Elle parle également des étudiant·es, qui ont 38 ans en moyenne, et les méthodes accompagnant l’enseignement, qui est désormais 100% en ligne.

Par ailleurs, Unidistance a commencé à faire de la recherche en 2017, et aujourd’hui, 25 professeurs «maison» sont rattachés à UniDistance.» Le statut d’université lui permettrait d’accorder des titres de doctorat. Un avant-projet de loi a eu lieu pour la création de cette université à proprement parler.

Le Conseil européen établit une feuille de route pour l’obtention d’un diplôme européen commun

Les ministres de l’Éducation de l’UE ont approuvé la création d’un label de diplôme européen conjoint, un certificat supplémentaire destiné aux étudiants suivant des programmes de diplôme conjoints entre universités de plusieurs pays, dont au moins deux membres de l’UE. Ce label, prévu pour 2026, représente une première étape vers un véritable diplôme européen.

Un plan en trois phases a été adopté : lancement du label en 2026, évaluation jusqu’en 2028, puis décision en 2029 sur l’introduction d’un diplôme européen complet. Celui-ci nécessiterait des changements législatifs nationaux, rendant son adoption volontaire.

Le label, plus simple à mettre en œuvre, vise à renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur européen. Un laboratoire politique piloté par la Commission sera chargé d’élaborer les modalités du label. Des voix saluent l’approche prudente, qui favorise la coopération transnationale sans compromettre l’autonomie institutionnelle ni la qualité académique.

Ce projet s’inscrit dans la continuité du processus de Bologne et de la volonté de faire de l’éducation une “cinquième liberté” du marché unique européen, selon l’ancien Premier ministre italien Enrico Letta.

«Trump supprime les exigences en matière de diversité, la Suisse les renforce »

Alors que le président américain supprime actuellement les obligations en matière de diversité, arguant qu’il souhaite une société dans laquelle seule la performance compte et non la couleur de peau, le journaliste de la NZZ Rico Bandle observe que depuis quelques années, la tendance est inverse en Suisse et la diversité compte toujours plus. Le Conseil suisse de l’accréditation mettait la pression sur les établissements d’enseignement pour prendre des mesures en faveur de l’égalité.

Actuellement, la Conférence suisse des hautes écoles  est en train de réviser les standards de qualité pour l’accréditation des établissements.  Rico Bandle écrit à ce propos: «Dans l’ordonnance actuellement en vigueur, seule la promotion de «l’égalité des chances» et de «l’égalité effective entre hommes et femmes» est inscrite. La «diversité» et «l’inclusion» doivent désormais y être ajoutées, ce qui laisse supposer que ce domaine aura encore plus de poids. Et ceci suscite la question quelle diversité est en question (couleur de peau, de point de vue)

Le Conseil d’accréditation souhaite souligner qu’«Il ne s’agit pas d’introduire des quotas de couleur de peau ou d’orientation sexuelle». Mais dans la politique universitaire, on attache typiquement de l’importance à «une composition diversifiée du corps estudiantin et enseignant. Cela peut inclure des expériences d’immigration, des identités sexuelles différentes ou l’origine sociale éloignée de l’éducation («bildungsferner Hintergrund») ».

Rico Brandle avance que dans les grandes universités publiques, […] le fait qu’une personne moins qualifiée soit parfois prise en compte pour un poste afin de compenser les inégalités entre les sexes n’y est plus inhabituel. Pour les petites universités privées, la situation est différente.» A la Haute école de théologie universitaire (STH) de Bâle, le professeur et responsable du processus d’accréditation Stefan Schweyer estime d’ailleurs que «la liberté de recherche est atteinte par la forte concentration sur les questions d’égalité».

Le journaliste conclut l’article en avançant que «la plupart des tendances sociales se propagent avec un certain retard des Etats-Unis vers l’Europe et la Suisse», et donc qu’il est donc possible que «le mouvement inverse de Trump se produise tôt ou tard» ici en Suisse.

«L’assurance qualité du diplôme européen risque de réinventer la roue»

La Commission européenne envisage de développer le diplôme européen, pierre angulaire du projet d’Espace européen de l’éducation. L’un des principaux problèmes de ce projet est l’assurance qualité.

Selon Peter Lievens, vice-recteur chargé de la politique internationale et de l’interculturalité à la KU Leuven (Belgique), membre de l’alliance Una Europa, l’UE devrait exploiter les outils et l’expertise qui ont fait leurs preuves avant de mettre en place un nouveau système. «Pour s’adapter à ce paysage et éliminer les obstacles à la coopération, nos structures évoluent rapidement. C’est pourquoi nous nous méfions d’une proposition d’assurance qualité interinstitutionnelle pour les alliances, telle qu’elle figure dans la proposition de recommandation du Conseil relative à un système européen d’assurance qualité et de reconnaissance, qui est actuellement examinée par le Conseil de l’UE.

«À ce stade, il est difficile d’imaginer qu’un tel système puisse compléter ou remplacer les processus d’assurance qualité existants. Toute initiative en matière d’assurance qualité pour les programmes conjoints devrait simplifier le paysage actuel ; investir du temps et des ressources dans de nouveaux systèmes et processus non testés risque au contraire de créer des couches supplémentaires de bureaucratie et de perdre l’adhésion des universités. […] Pour que l’enseignement supérieur européen soit réellement inclusif, les barrières doivent être abaissées, et rapidement. Cela signifie qu’il faut apporter des améliorations tangibles, dans le domaine de l’assurance qualité et au-delà, dès que possible, afin d’alléger la charge qui pèse sur les universités et leur personnel.»

Renouvellement d’accréditation européenne pour la HET-PRO

La HET-PRO (Haute Ecole de théologie protestante, à Saint-Légier (VD)) vient de «voir sa reconnaissance européenne confirmée». Elle a obtenu un renouvellement pour cinq ans de son accréditation par l’European Council for Theological Education (ECTE). Il y a quelques mois, l’école avait été accusée de «lieu de radicalisation» par un professeur honoraire de l’UNIL.

La Haute Ecole de théologie espère obtenir cette année son statut de haute école spécialisée, au niveau suisse. «Nous souhaitons avant tout que nos étudiants soient jugés sur la qualité de leur formation et de leur travail, et non sur des considérations administratives», explique David Richir-Haldemann, professeur à la HET-PRO.

Interview avec la rectrice de la HES de Lucerne

Barbara Bader, rectrice de la Hochschule Luzern – une HES – se positionne contre l’introduction d’un «professional Master» ou «professional Bachelor» dans les Ecoles supérieures. «Cela crée de fausses incitations pour les candidats potentiels à la maturité professionnelle [MP]. Pourquoi devraient-ils faire un apprentissage de quatre ans, une année de MP et ensuite encore trois ans de HES, alors qu’après l’apprentissage, avec un peu d’expérience professionnelle et 800 heures de formation continue, ils peuvent porter le titre supplémentaire de «bachelor» ? La MP devient ainsi moins attractive.»

Interrogée sur les différences entre la gestion des hautes écoles en Allemagne et en Suisse, elle estime qu’en Suisse, les HES «sont tenues en laisse, du moins politiquement», et qu’il y a une plus grande autonomie en Allemagne.