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Sujet: Diplôme européen

Le Conseil européen établit une feuille de route pour l’obtention d’un diplôme européen commun

Les ministres de l’Éducation de l’UE ont approuvé la création d’un label de diplôme européen conjoint, un certificat supplémentaire destiné aux étudiants suivant des programmes de diplôme conjoints entre universités de plusieurs pays, dont au moins deux membres de l’UE. Ce label, prévu pour 2026, représente une première étape vers un véritable diplôme européen.

Un plan en trois phases a été adopté : lancement du label en 2026, évaluation jusqu’en 2028, puis décision en 2029 sur l’introduction d’un diplôme européen complet. Celui-ci nécessiterait des changements législatifs nationaux, rendant son adoption volontaire.

Le label, plus simple à mettre en œuvre, vise à renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur européen. Un laboratoire politique piloté par la Commission sera chargé d’élaborer les modalités du label. Des voix saluent l’approche prudente, qui favorise la coopération transnationale sans compromettre l’autonomie institutionnelle ni la qualité académique.

Ce projet s’inscrit dans la continuité du processus de Bologne et de la volonté de faire de l’éducation une “cinquième liberté” du marché unique européen, selon l’ancien Premier ministre italien Enrico Letta.

«L’assurance qualité du diplôme européen risque de réinventer la roue»

La Commission européenne envisage de développer le diplôme européen, pierre angulaire du projet d’Espace européen de l’éducation. L’un des principaux problèmes de ce projet est l’assurance qualité.

Selon Peter Lievens, vice-recteur chargé de la politique internationale et de l’interculturalité à la KU Leuven (Belgique), membre de l’alliance Una Europa, l’UE devrait exploiter les outils et l’expertise qui ont fait leurs preuves avant de mettre en place un nouveau système. «Pour s’adapter à ce paysage et éliminer les obstacles à la coopération, nos structures évoluent rapidement. C’est pourquoi nous nous méfions d’une proposition d’assurance qualité interinstitutionnelle pour les alliances, telle qu’elle figure dans la proposition de recommandation du Conseil relative à un système européen d’assurance qualité et de reconnaissance, qui est actuellement examinée par le Conseil de l’UE.

«À ce stade, il est difficile d’imaginer qu’un tel système puisse compléter ou remplacer les processus d’assurance qualité existants. Toute initiative en matière d’assurance qualité pour les programmes conjoints devrait simplifier le paysage actuel ; investir du temps et des ressources dans de nouveaux systèmes et processus non testés risque au contraire de créer des couches supplémentaires de bureaucratie et de perdre l’adhésion des universités. […] Pour que l’enseignement supérieur européen soit réellement inclusif, les barrières doivent être abaissées, et rapidement. Cela signifie qu’il faut apporter des améliorations tangibles, dans le domaine de l’assurance qualité et au-delà, dès que possible, afin d’alléger la charge qui pèse sur les universités et leur personnel.»