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Sujet: politique – Europe

La France fait un pas vers la création d’un nouvel organisme dédié à l’innovation

Selon un nouveau rapport, le pays devrait suivre l’exemple de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des Pays-Bas et créer une nouvelle entité «d’ici quelques mois», inspirées de celles mises au point par l’Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA).

Selon les auteurs de l’article, «de nouvelles agences chargées de l’innovation voient le jour un peu partout en Europe, alors que les gouvernements s’inquiètent de la faiblesse de la croissance, de la dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis et de la lenteur des systèmes actuels de subventions à la recherche.»

Les nouveautés des programmes de travail d’Horizon Europe pour 2027

À partir de 2028, le programme Horizon Europe [normalement appelé «FP10» pour la période 2028 – 2034] sera davantage orienté vers la compétitivité et le marché. Le Pilier 2 (recherche collaborative) sera intégré dans un nouveau Fonds européen pour la compétitivité (ECF). Pour préparer cette transition, la Commission européenne prévoit des actions « passerelles » visant à renforcer le passage de la recherche à l’innovation et à la mise sur le marché.

Un nouveau projet de programme de travail (2026-2027) inclut 12 appels « passerelles » répartis en cinq thématiques, notamment :

  • La valorisation des résultats de recherche (plus de 50 M€),
  • L’intelligence artificielle (55 M€), avec des projets sur les médias multilingues, la conduite autonome, les modèles d’IA ou l’énergie,
  • Un soutien aux PME (30 M€) pour recruter des talents dans le domaine de l’IA,
  • Les infrastructures de recherche (30,5 M€),
  • Des projets liés au climat (25 M€).

Par ailleurs, un grand appel « biodiversité » de 229,5 M€ vise à atteindre l’objectif de consacrer 10 % du budget 2026-2027 à cette thématique. Il comprend notamment :

  • Un projet majeur de 50 M€ pour l’observation globale des océans,
  • Des recherches sur la modification du rayonnement solaire,
  • Des projets sur la biodiversité et la santé, ou la lutte contre le trafic d’espèces sauvages,
  • Plusieurs projets plus modestes sur la pollution, les écosystèmes et le suivi de la biodiversité.

Ces financements soulèvent toutefois des controverses, notamment sur l’utilisation des contributions des pays associés à Horizon Europe, certains craignant une réduction des fonds pour des programmes très demandés comme les actions Marie Skłodowska-Curie.

Enfin, plusieurs autres volets du programme Horizon Europe vont être mis à jour, et ces propositions doivent être discutées en juillet par les États membres et la Commission.

Comment diminuer la bureaucratie liée aux fonds pour la recherche

Les candidats aux fonds de recherche sont exaspérés de devoir soumettre des dossiers qui semblent interminables pour une chance infime de succès. Une étude britannique récente a estimé le temps passé sur les aspects bureaucratiques des demandes de financement à 13 %, mais selon une étude américaine, il atteignait jusqu’à 50%.

En parallèle, les évaluateurs sont submergés par un déluge de candidatures, générées de plus en plus souvent par l’intelligence artificielle.

En réponse à cela, les organismes de financement de la recherche du monde entier tentent toutes sortes d’expériences pour rendre le processus plus fluide et plus rapide, mais il est difficile de savoir qui tente quoi et s’il existe des preuves de l’efficacité de ces mesures.

Une récente analyse d’une équipe de l’Institut de recherche sur la recherche de l’University College London a fait le tri dans ce paysage confus. Les auteurs et l’autrice craignent, outre le fait que le fonctionnement actuel représente une perte de temps et d’énergie, qu’il pourrait rendre la science bien plus conservatrice, suggérant que la concurrence actuelle pour l’obtention de subventions dissuade les candidats d’explorer des idées audacieuses qui pourraient ne pas aboutir.

Science Business évalue dans cet article quatre idées pour réduire la bureaucratie liée aux subventions, entre autres avec la question si l’Union européenne essaie cette approche.

 

FP10: «Il est temps de passer à la vitesse supérieure»

«Dans une déclaration commune avec ses partenaires européens en matière de recherche et d’innovation, la Ligue des universités européennes de recherche (LERU) appelle aujourd’hui le Conseil « Compétitivité » à se montrer à la hauteur de l’ambition et de la dynamique dont fait preuve le Parlement européen dans les négociations en cours sur le 10e programme-cadre et le Fonds européen pour la compétitivité (ECF). L’Europe ne peut se permettre aucune hésitation institutionnelle ni aucune approche fragmentée à un moment où la concurrence mondiale, les mutations technologiques et l’instabilité géopolitique exigent une vision stratégique claire et des investissements résolus dans la connaissance, les talents et l’innovation. […] L’adhésion rapide de pays tels que la Suisse et le Royaume-Uni au 10e programme-cadre est essentielle pour garantir la force scientifique et la compétitivité à long terme de l’Europe. La collaboration scientifique constitue un atout stratégique pour l’Europe et ne doit pas être victime des retards politiques.»

Initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions»: Un éclairage du Conseil suisse de la science CSS

«D’après le Conseil suisse de la science CSS, une évaluation objective de la situation est nécessaire: que révèlent les données disponibles concernant le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (FRI)? Cet article de blog s’appuie notamment sur les prises de position du Fonds national suisse (FNS), des Académies suisses des sciences a+ et de swissuniversities, ainsi que sur une étude de scienceindustries et un avis juridique d’Astrid Epiney.»

Les alliances européennes saluent le soutien de l’Europe

À Bruxelles, la Commission européenne et les député·es européen·nes s’affrontent sur la question de savoir dans quelle mesure les domaines de recherche seront intégrés à un instrument beaucoup plus vaste, le Fonds européen pour la compétitivité (FEC), dont le montant est estimé à 409 milliards d’euros.

De plus, le Conseil de l’UE semble soutenir tous les aspects des alliances universitaires, ce qui « revêt une grande importance politique », a déclaré Nicole Birkle, secrétaire générale de l’Alliance Forthem.

Il existe actuellement 73 alliances d’universités européennes, qui regroupent près de 650 établissements d’enseignement supérieur. Elles sont financées par Erasmus+, mais des liens avec d’autres programmes pourraient leur permettre de développer davantage leurs activités de recherche, d’innovation et de valorisation des connaissances.

FP10: craintes d’associations faîtières universitaires des pays associés

Des associations universitaires (Suisse, UK, Canada, Nouvelle-Zélande) réclament que le 10ème programme-cadre (FP10) d’Horizon Europe reste axé sur la recherche fondamentale motivée par la curiosité, craignant une soumission aux impératifs industriels ou de défense.

Ces faîtières universitaires, dont swissuniversities, « craignent que les priorités de recherche ne soient reléguées au second plan au profit de besoins technologiques immédiats, ou que le nombre de projets liés à la défense – dont ils seraient exclus – ne se multiplie ».

Dans une lettre ouverte adressée à la présidente du Conseil de l’UE et à la Commission européenne, ces organisations affirment que la recherche fondamentale et les subventions collaboratives du FP10 doivent rester résolument axées sur la recherche. (Science Business)

 

« La science n’est pas un parti » déclare la présidente de swissuniversities

Face à la montée de la défiance, des « vérités alternatives » et de l’instrumentalisation politique de la recherche, la présidente de swissuniversities Luciana Vaccaro souligne l’urgence de défendre la science pour en protéger l’intégrité.

De retour de la conférence annuelle de l’European University Association (EUA), elle rappelle que cette tendance menace l’équilibre financier, administratif et intellectuel des universités. Un tel déclin risque d’impacter directement les étudiant·es et de conduire à des décisions fondées sur l’ignorance.

« Nombre d’universitaires israéliens perçoivent le boycott comme une double peine »

Alors que l’UE maintient son accord d’association avec Israël ce mardi 21 avril, le milieu universitaire israélien dénonce un boycott croissant qu’il juge être une «double peine». Entre annulation de conférences et exclusions de programmes européens, les scientifiques, peuvent se retrouver isolé·es. De plus, la recherche israélienne a également été touchée par le départ d’étudiant·es internationaux après le début de la guerre à Gaza.

Lee chercheur Sarel Fleishman, membre du mouvement israélien pour la paix, dont la collaboration avec l’université de Delft a été rompue, ce boycott affaiblit la société civile : «Je comprends le sentiment qui anime les auteurs de boycott» affirme-t-il. «Mais la société civile elle-même est attaquée par le gouvernement. Elle est la seule à pouvoir mettre fin à cette horrible guerre en le renversant; le boycott international ne l’aide pas.» (Le Temps)

Les universités européennes appellent à un renforcement de la coopération en matière de recherche

Une déclaration signée par la Conférence des recteurs allemands, France Universités, les universités des Pays-Bas, la Conférence des recteurs des écoles universitaires de Pologne, le Conseil interuniversitaire flamand, le Conseil des recteurs des universités francophones de Belgique et la Conférence des recteurs des universités espagnoles réclame un budget ambitieux (220 millards d’Euros) pour le programme cadre FP10, 60 milllards pour Erasmus+ et un financement à long terme pour les alliances universitaires. «Aucun État membre ne peut relever à lui seul les défis scientifiques, technologiques et sociétaux d’aujourd’hui.»

Dans sa proposition relative au futur programme, qui doit désormais faire l’objet de négociations entre le Parlement et les gouvernements de l’UE, la Commission a présenté un budget de 175 milliards d’euros. Pour le programme de mobilité étudiante Erasmus+, la Commission a proposé de faire passer le budget de 26,2 milliards d’euros à 40,8 milliards d’euros.

En ce qui concerne les priorités de financement, «Horizon Europe» devrait conserver son autonomie et laisser une place suffisante à la recherche fondamentale, parallèlement aux activités appliquées et axées sur les politiques, estiment les associations universitaires. Les sciences sociales et humaines devraient également jouer un rôle à part entière dans le programme, notamment dans la gouvernance et le développement de technologies innovantes telles que l’intelligence artificielle et la biotechnologie.

L’initiative de l’UDC «Suisse à 10 millions» ne «résout aucun problème, mais crée le chaos»

En plus du gouvernement suisse qui s’oppose à l’initiative de l’UDC «Suisse à 10 millions!», l’organisation faîtière des hautes écoles et universités suisses, swissuniversities, rejette fermement l’initiative visant à plafonner la population à 10 millions d’habitants d’ici 2050. Pour atteindre cet objectif, elle préconise des mesures radicales, allant jusqu’à la dénonciation de l’accord sur la libre circulation avec l’UE.

Dans une interview accordée au SonntagsBlick, Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, explique pourquoi ce projet menace la recherche et les hôpitaux. Elle souligne qu’une telle mesure porterait un « préjudice énorme » à l’économie et à la science, en compromettant définitivement l’accès aux programmes vitaux tels qu’Horizon Europe et Erasmus+. L’impact sera immédiat pour les universités et les hôpitaux, une grande partie du corps professoral étant issue de l’immigration. En freinant la mobilité, l’initiative affaiblirait la compétitivité du pays et pourrait inquiéter les partenaires. swissuniversities a publié une prise de position officielle qui préconise que la Suisse doit pouvoir « attirer et retenir les talents », avoir un « accès essentiel aux programmes de recherche européens » et qu’elle doit « rester compétitive ».

swissuniversities se base par ailleurs sur l’avis juridique d’Astrid Epiney, selon Luciana Vaccaro, la «meilleure spécialiste en droit européen de Suisse», [qui était par ailleurs rectrice de l’Université de Fribourg (2015-2024)].

Le syndicat étudiant UNES s’oppose également à l’initiative populaire, craignant que les jeunes ne «paient les pots cassés». Entre le retour des visas, l’augmentation potentielle des taxes d’études et l’incertitude sur la reconnaissance mutuelle des diplômes, c’est tout le parcours académique des étudiant·es suisses qui risque d’être entravé.

 

 

FP10 : «Le statu quo n’est plus une option»

Le prochain programme Horizon Europe, FP10 (2028-2034), devrait être très différent, davantage axé sur l’innovation et la politique de l’UE, et intégrer le programme-cadre de recherche au sein d’un Fonds européen pour la compétitivité (ECF) plus vaste. Les actions de transition prévues viseront à créer «des parcours d’investissement axés sur l’innovation plus fluides grâce à des interfaces entre le soutien à la R&D apporté par le programme-cadre et le soutien à la politique industrielle et au marché intérieur apporté par l’ECF», selon des diapositives divulguées issues d’une réunion du comité de programme Horizon Europe réunissant la Commission et des représentants des États membres de l’UE.

Par ailleurs, cette note interne révèle les détails d’un appel à projets de grande envergure sur la biodiversité et des mesures de transition vers le programme de recherche de l’UE pour l’après-2027.

Les députés européens aborderont les négociations sur «Horizon Europe» avec une vision du Conseil européen de la recherche (CER) qui «diffère radicalement» de celle de la Commission européenne. (Science Business)

Au sujet du programme FP10, les députés européens Christian Ehler et René Repasi ont  récemment présenté des projets de rapport sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil européen pour le programme-cadre pour la recherche FP10.

Kurt Deketelaere, secrétaire général de la Ligue des universités européennes de recherche (LERU), se félicite vivement des signaux forts de ces publications : «une réaffirmation claire du fait que l’excellence scientifique, la liberté académique et une gouvernance fondée sur l’expertise doivent rester au cœur du programme-cadre européen.» Il note toutefois que le «rapport d’Ehler» soulevait certaines questions, n0tamment l’absence d’une procédure accélérée pour l’association du Royaume-Uni et de la Suisse.

L’UE envisage des contrats types pour les chercheurs universitaires et la publication en libre accès par défaut

La Commission européenne étudie la possibilité de publier des contrats de travail types pour les chercheurs européens, afin de favoriser la mobilité et de rendre les carrières dans la recherche plus attrayantes. Ces contrats types constitueraient «une référence commune que les institutions pourraient librement choisir d’offrir pour une carrière plus prévisible et plus attrayante», a déclaré la commissaire à la recherche Ekaterina Zaharieva.

Cette politique est envisagée dans le cadre de la prochaine proposition de loi sur l’Espace européen de la recherche (EER, ou ERA en anglais), prévue pour le troisième trimestre de cette année. Il s’agit de l’une des nombreuses options étudiées pour favoriser des carrières plus stables et plus sûres dans le domaine de la recherche.

D’autres mesures sont à l’étude, notamment la reconnaissance mutuelle des diplômes de doctorat dans toute l’UE, la simplification de la mise en place de programmes de doctorat communs et l’assouplissement de l’accès aux talents non européens, conformément à l’initiative «Choose Europe» et à la nouvelle stratégie de l’UE en matière de visas.

Afin de renforcer la valorisation et l’impact de la recherche européenne, la Commission envisage également de rendre la recherche financée par des fonds publics «librement accessible par défaut».

La loi EER visera également à renforcer l’harmonisation entre les instruments européens et nationaux, à consacrer la liberté scientifique dans le droit européen et à promouvoir l’égalité entre les sexes.

La proposition est encore en cours d’élaboration, et les détails ne sont pas encore connus. Conçu en 2000, l’EER représente l’ambition de l’UE de créer un marché unique pour la recherche, l’innovation et la technologie, mais jusqu’à présent, il s’est appuyé sur des engagements volontaires des États membres.

«La coopération volontaire a permis de réaliser certains progrès, mais soyons francs, l’histoire de notre marché unique montre que la coordination seule ne suffira pas à lutter contre la fragmentation», a déclaré Ekaterina Zaharieva. «Nous avons besoin d’une initiative législative ambitieuse pour établir une véritable cinquième liberté [du marché unique, pour la recherche et l’innovation].»

Le changement de politique de l’UE en matière d’innovation a des conséquences pour les scientifiques

«Ces dernières années, le discours autour de la politique européenne en matière de recherche et d’innovation a sensiblement évolué. Alors que les débats portaient auparavant sur l’excellence, l’ouverture et la création de connaissances à long terme, les priorités actuelles sont désormais axées sur la compétitivité, l’autonomie stratégique et la sécurité.» L’autrice Sanja Terlevic, rédactrice indépendante et analyste politique etime que l’enjeu réside dans le rôle que jouent les scientifiques au sein de l’économie politique européenne de la connaissance. «Lorsque l’autonomie s’érode, il en va de même pour la diversité des questions abordées, la tolérance à l’incertitude et l’espace réservé aux connaissances qui ne s’alignent pas strictement sur les priorités stratégiques actuelles.»

«Le secteur européen de l’enseignement supérieur propose conjointement des amendements pour garantir l’avenir d’Erasmus+»

«À la suite de leur appel commun en faveur d’investissements ambitieux dans Erasmus+, l’Association européenne des universités EUA et seize organisations partenaires représentant un large éventail d’acteurs du secteur de l’enseignement supérieur ont présenté une série d’amendements conjoints au projet de règlement pour le prochain programme Erasmus+ (2028-2034). Ensemble, ils réaffirment le rôle clé d’Erasmus+ dans le développement de l’espace européen de l’éducation aux côtés de l’Union des compétences, contribuant ainsi au vivier de talents et au rayonnement mondial de l’Europe, ainsi qu’au développement personnel, éducatif et professionnel des étudiants et du personnel participant au programme.»

Une des propositions d’amendement est de «Fournir une voie claire et prévisible pour que le Royaume-Uni et la Suisse renouvellent leur association» au programme.

Les signataires:

  • ACA – https://aca-secretariat.be
  • AURORA – https://aurora-universities.eu/
  • CESAER – https://www.cesaer.org/
  • Coimbra Group – https://www.coimbra-group.eu/
  • DAAD – https://www.daad.de/en/
  • EAIE – www.eaie.org
  • ECIU – https://www.eciu.eu/
  • ESN – https://www.esn.org/
  • ESU – https://esu-online.org/
  • EUA – https://www.eua.eu/
  • EUF – https://uni-foundation.eu/
  • EURASHE – https://www.eurashe.eu/
  • The Guild – https://www.the-guild.eu/
  • LERU – https://www.leru.org/
  • UNICA – www.unica-network.eu
  • UNIMED – https://www.uni-med.net/
  • YERUN – https://yerun.eu/
«Travailler intelligemment : les programmes de l’UE doivent se renforcer mutuellement»

L’Europe définit actuellement sa prochaine génération de programmes de financement européens dans un contexte marqué par une grande incertitude.

Les flux financiers du bloc destinés à la R&I, à la compétitivité et à la défense doivent évoluer de concert, affirme Mattias Björnmalm, secrétaire général du CESAER, association de 50 universités scientifiques et technologiques en Europe.

Les universités du continent démontrent à bien des égards que les écosystèmes efficaces axés sur la compétitivité reposent moins sur la création de nouvelles structures que sur la mise à l’échelle des solutions qui fonctionnent. L’Europe aurait une réelle opportunité de réussir dans ce domaine, mais cela nécessitera une cohérence et une clarté entre ses programmes.

La Suisse retrouve sa place dans la recherche européenne en fusion

«Depuis le 1er janvier 2026, la Suisse participe à nouveau officiellement au projet ITER dans le cadre de l’accord sur les programmes de l’Union européenne signé fin 2025. Cet accord consacre l’association de la Suisse aux principaux programmes de financement de l’Union européenne pour la recherche et l’innovation, après un arrêt des négociations sur un accord institutionnel intervenue en 2021. Pour le Swiss Plasma Center, centre national et acteur de premier plan dans la recherche mondiale en fusion, cette réintégration constitue une étape majeure et clôt une période de transition marquée par le soutien continu de la Suisse et de ses partenaires européens.»

Lancement de «Science Comes to Town»

«Science Comes to Town, la nouvelle initiative phare européenne visant à renforcer la confiance et l’engagement des citoyens dans la science, a été officiellement inaugurée aujourd’hui à Split, en Croatie, en présence de représentants européens, nationaux et locaux, de scientifiques et d’innovateurs.

Ce lancement marque une étape importante dans le rapprochement de la science des citoyens et des communautés locales, soulignant le rôle des villes en tant qu’acteurs clés pour faire se rencontrer la science, la société et la politique. Science Comes to Town promeut de nouvelles façons d’impliquer directement les citoyens dans la recherche et l’innovation dans leur environnement quotidien, démontrant l’importance de la collaboration entre l’Union européenne, les États membres et les autorités locales»

«Voici ce que réserve l’année 2026 à la politique européenne en matière de recherche et d’innovation»

2026 s’annonce comme une année clé pour la recherche et l’innovation européennes, marquée par de nouvelles lois, des négociations majeures sur Horizon Europe et la mise en place d’outils pour renforcer la compétitivité de l’UE.

1er trimestre : nouvelles initiatives pour l’innovation

La Commission européenne présentera l’European Innovation Act pour faciliter la mise sur le marché des innovations (bacs à sable réglementaires, accès aux infrastructures, transfert de technologies).
Elle proposera aussi un statut européen des entreprises (28e régime) afin de simplifier l’activité transfrontalière.

2e trimestre : négociations sur Horizon Europe et le Fonds de compétitivité

Les discussions s’intensifieront sur le prochain programme Horizon Europe (175 Md€) et le nouveau Fonds européen de compétitivité – ECF (451 Md€), destiné à soutenir la montée en échelle et la commercialisation de l’innovation.
Le Parlement et le Conseil doivent définir leurs positions respectives d’ici l’été, avec l’objectif d’entamer les négociations interinstitutionnelles à l’automne. Les liens entre Horizon et l’ECF, ainsi que la place des États membres dans les priorités stratégiques, restent des points sensibles.

3e trimestre : focus sur l’Espace européen de la recherche (ERA)

Publication attendue de l’ERA Act, première législation contraignante pour réduire la fragmentation des systèmes de recherche, améliorer la mobilité des chercheurs et encourager l’investissement en R&D (objectif 3 % du PIB).
La Commission présentera aussi un Quantum Act (T2 2026) et un deuxième Biotech Act (T3 2026).

Fin d’année : poursuite des négociations et réformes structurelles

Les négociations Horizon/ECF entreront dans une phase décisive.
La Commission finalisera aussi le Single Basic Act (partenariats industriels, entreprises communes) et une révision du cadre de l’EIT (Institut européen d’innovation et de technologie), dont l’avenir reste incertain.

En parallèle

Les chercheurs et innovateurs se disputeront les 14 Md€ restants d’Horizon Europe et testeront de nouveaux instruments, comme les super-bourses ERC de 7 M€ sur 7 ans et les Advanced Innovation Challenges du Conseil européen de l’innovation.

En conclusion, 2026 sera une année de préparation, de propositions et de négociations intenses, tandis que les accords définitifs sont attendus surtout en 2027.

Les États-Unis « détruisent leur leadership scientifique à coups de boulet de démolition », déclare le chef de la diplomatie européenne en matière de recherche

Dans un dernier coup de poing avant son départ à la retraite fin 2025, Signe Ratso, haute responsable de la Commission européenne chargée de la diplomatie scientifique, a vivement critiqué les États-Unis pour avoir, selon elle, gravement entamé leur réputation de leader mondial de la recherche. Elle accuse l’administration américaine de saper la liberté académique et le financement de la recherche, notamment par des coupes budgétaires, des restrictions sur les thématiques liées à la diversité et des pressions politiques sur les universités.

Face à cette situation, Signe Ratso estime que l’UE doit renforcer ses liens scientifiques avec des pays «partageant les mêmes valeurs». Sous son mandat, le programme Horizon Europe s’est largement ouvert à des partenaires comme la Corée du Sud, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l’Australie et Singapour, tout en réintégrant le Royaume-Uni et la Suisse. Elle se félicite de cette internationalisation, même si ces pays ne participent qu’aux projets collaboratifs et non au Conseil européen de la recherche.

Cependant, l’avenir est incertain : le prochain programme FP10 (à partir de 2028) devrait accorder plus de place à la défense et à la compétitivité industrielle européennes, ce qui pourrait limiter la participation de partenaires non européens, surtout dans les projets sensibles ou à double usage civil-militaire.

Ces propos s’inscrivent dans un contexte plus large de réévaluation des relations transatlantiques, alors que l’Europe cherche à défendre davantage son autonomie stratégique, ses valeurs et la liberté de la recherche scientifique.