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Sujet: politique – Suisse

Un élu veut que l’accès à l’université passe par l’apprentissage

Selon une initiative parlementaire du Conseiller national Andreas Glarner (UDC/GL), tous les élèves devraient à l’avenir avoir suivi avec succès un apprentissage avant d’être admis dans une haute école, arguant que les personnes ayant une expérience professionnelle «terminent leurs études de manière plus ciblée, changent moins souvent de filière, sont mieux préparées à la vie professionnelle et s’intègrent plus rapidement sur le marché du travail», supprimant ainsi de fait la voie de formation générale passant par la maturité gymnasiale.

Pour swissuniversities défend le système actuelle, jugeant que la diversité des offres de formation au niveau secondaire II permet aux jeunes de trouver la voie correspondant le mieux à leurs aptitudes et à leurs intérêts.

L’Union patronale suisse voit également l’initiative «d’un œil critique», soulignant, entre autres, qu’aujourd’hui déjà, tous les jeunes qui souhaitent faire un apprentissage ne trouvent pas forcément une place de formation adaptée».

 

«Hautes écoles menacées»

«Dans le cadre du gigantesque projet de désenchevêtrement des tâches, la Confédération aimerait refiler aux cantons tout le secteur des hautes écoles et universités, qu’elle finance aujourd’hui à hauteur de 30% pour les premières et 20% pour les secondes.»

«Le gouvernement cantonal [fribourgeois] estime par ailleurs que le groupe de travail «devrait mener une réflexion sur les effets dynamiques des désenchevêtrements proposés». Sa crainte est que les cantons héritent de charges en forte progression et que l’opération blanche ne le soit plus à moyen terme.»

Le Conseiller d’État valaisan et président de la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique, Christophe Darbellay, partage cette crainte.

Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, regrette par ailleurs que le désengagement de la confédération qui pourrait venir avec ce projet de désenchevêtrement affaiblisse cette coordination nationale. De plus, les petits cantons comme Neuchâtel pourraient être amenés à faire des choix entre filières.

Le désenchevêtrement est un danger pour la formation et la recherche

Dans cette chronique, Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, critique le projet «Désenchevêtrement 27», qui vise, selon elle à confier entièrement aux cantons la planification et le financement des hautes écoles, réduisant ainsi fortement, voire supprimant, le rôle de la Confédération.

L’auteure estime que le projet représente plusieurs risques majeurs :

  • une fragmentation accrue du paysage académique, alors que les défis actuels (intelligence artificielle, concurrence internationale, évolution des parcours de formation) nécessitent davantage de coordination ;
  • un transfert de charges financières vers les cantons, malgré la promesse de neutralité des coûts ;
  • une menace pour les petites hautes écoles, dont certaines pourraient devenir non viables sans les contributions fédérales ;
  • un renforcement des inégalités régionales, avec une concentration de l’enseignement supérieur autour des grands pôles de Zurich-Bâle et de l’Arc lémanique.

Pour Luciana Vaccaro, ce projet mettrait en danger la qualité de la formation et de la recherche en Suisse ainsi que la capacité d’innovation des régions. Elle plaide donc pour le maintien d’un rôle fort de la Confédération afin de préserver l’équilibre qui a contribué au succès du système suisse de formation, de recherche et d’innovation.

swissuniversities publie un rapport sur les études de médecine

«À la suite de l’adoption de plusieurs interventions parlementaires visant à garantir les soins médicaux en Suisse, swissuniversities publie un rapport sur les études de médecine. Les directions des universités y recommandent la mise en place d’un nouveau programme spécial afin d’accroître davantage les capacités de formation. Elles préconisent également une harmonisation et une évolution des procédures d’admission.»

Le Conseil fédéral ne prévoit pas de nouvelles coupes pour 2027, mais maintient le plan d’allègement

«De nouvelles coupes dans les finances fédérales ne seront pas nécessaires pour 2027, indique le Conseil fédéral mercredi. Il annonce des recettes 1,8 milliard supérieures à ce qui avait été estimé en février.» (RTS)

Le gouvernement fédéral annonce également des perspectives plus favorables pour les exercices budgétaires 2028 à 2030. (SRF)

«Le plan d’allègement 2027-2029 est toutefois maintenu.» (RTS)

Martin Pfister, Conseiller fédéral en charge de l’armée, propose en conséquence une augmentation de la TVA de 0,5% (au lieu de 0,8%) pour financer des achats d’armement. «Rien qu’entre 2027 et 2032, le budget de l’armée devrait passer de sept à dix milliards de francs. Toutefois, le financement de cette augmentation ne sera assuré que si le conseiller fédéral Pfister parvient à faire adopter son projet d’augmentation de la TVA par le Parlement, puis par référendum.» (Tages-Anzeiger)

 

Günther Dissertori sera le nouveau président de l’ETH Zurich

«[L]e Conseil fédéral a nommé Günther Dissertori président de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich), sur proposition du Conseil des EPF. Âgé de 56 ans, Günther Dissertori est actuellement recteur de l’ETH Zurich et professeur en physique des particules. Il prendra ses nouvelles fonctions le 1er janvier 2027, succédant ainsi au professeur Joël Mesot.»

Formation MINT coordonnée en Suisse

«Avec le projet Formation MINT coordonnée en Suisse, les Académies suisses des sciences élaborent, dans le cadre du mandat fédéral « MINT Suisse », les bases d’une stratégie de formation MINT bénéficiant d’un large soutien. L’objectif est de mieux coordonner les initiatives existantes et les approches cantonales de promotion, de renforcer le dialogue entre les écoles, les hautes écoles, les cantons, l’économie, les lieux d’apprentissage extrascolaires et d’autres partenaires, ainsi que de définir des objectifs d’impact communs et des normes de qualité.»

«Pourquoi les sinologues suisses ne parviennent pas à acquérir l’expertise sur la Chine dont ils ont besoin»

«Mener des recherches sur le terrain en Chine est devenu de plus en plus difficile, car les chercheurs comme moi ne peuvent plus poser de questions ouvertement ni rencontrer des informateurs et des partenaires sans être soumis à une surveillance stricte, comme c’était le cas dans les années 2000», affirme Simona Grano, chercheuse principale à l’Université de Zurich.

Depuis 2012, la Chine a adopté une série de lois visant à renforcer la surveillance des organisations et des particuliers étrangers sous prétexte de « préserver la sécurité nationale ». Une nouvelle législation en matière de protection des données par exemple fait que les autorités chinoises pourraient accéder aux données, les utiliser et les modifier sans le consentement des demandeurs et à n’importe quelle fin.

En conséquences, les recherches sur la Chine financées par la Suisse ont baissé pendant les 15 dernières années.

Etant donné l’importance du pays pour la politique et l’économie suisse, Simona Grano estime que le gouvernement suisse devrait prendre davantage de mesures, financer des programmes de recherche spécifiques axés sur les sciences sociales et humaines liées à la Chine, en mettant particulièrement l’accent sur la politique étrangère et de sécurité, la transformation numérique et la technologie. «Il pourrait également allouer des fonds fédéraux pour renforcer les enquêtes, les archives et les ensembles de données basés en Suisse, provenant de sources alternatives collectées en dehors de la Chine et archivées de manière indépendante».

Le SEFRI répond qu’en Suisse, le financement public de la recherche repose sur le principe “bottom-up” et s’applique de manière égale à toutes les disciplines universitaires». «La Confédération n’accorde pas la priorité à certains domaines thématiques ou domaines de recherche spécifiques, ni n’y affecte de manière ciblée des fonds.»

Le Conseil fédéral se penche sur la Suisse de 2040

Le Conseil fédéral a pris acte le 12 juin 2026 du rapport «Perspectives Suisse 2040». Élaboré par la Chancellerie fédérale avec la contribution d’un groupe d’experts, ce rapport expose trois scénarios susceptibles de préfigurer l’état du monde en 2040 et les conséquences qui en résulteraient pour la Suisse. Il en déduit six champs d’action à prendre en considération dans la planification politique, don le pôle technologique et scientifique suisse (p.49).

«Désenchevêtrement 27» : swissuniversities prend position

Avec le plan «Désenchevêtrement 2027», la Confédération et les cantons entendent réorganiser leurs responsabilités. Cela concerne, entre autres, l‘enseignement supérieur. Les différentes solutions examinées font actuellement l’objet d’une consultation.

Consulté, «swissuniversities rejette catégoriquement le rapport intermédiaire sur la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons dans le cadre du projet «Désenchevêtrement 27». Un tel transfert des compétences en matière de coordination et de financement marquerait un revirement par rapport à l’orientation actuelle du paysage des hautes écoles suisses et fragmenterait un système bien établi qui a fait ses preuves.» (swissuniversities)

Christophe Darbellay, ministre valaisan et président de la Conférence des directrices et directeurs de l’instruction publique CDIP, met également en garde contre ce projet. «Nous ne sommes pas prêts à avaler une nouvelle couleuvre», a-t-il prévenu, craignant pour le financement des hautes écoles, des universités et de la formation professionnelle. (Le Temps)

Agroscope supprimera 58 postes à temps plein

Le centre de recherche de la Confédération en matière d’agronomie a décidé d’abandonner certaines activités de recherche, comme l’alimentation saine ou des cultures alternatives de niche, supprimant 58 postes à temps plein. Ces mesures d’économie rentreront en vigueur dès 2027.

Le centre continuera d’assurer la recherche sur la production primaire, les impacts environnementaux de l’agriculture, le conseil aux politiques et les tâches légales d’exécution, a indiqué le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR).

Le Parlement valide un budget pour les programmes UE

« Le Conseil fédéral demandait initialement 67,3 millions pour les programmes de recherche. Le National l’a réduit de 9 millions, supprimant une réserve devenue caduque.

Le supplément doit servir à verser la contribution obligatoire pour participer aux programmes européens tels que Horizon Europe et Euratom. La Suisse est à nouveau associée à ces programmes depuis 2025, après plusieurs années de froid. »

La Suisse trop lente pour défendre sa souveraineté numérique ?

Les initiatives de souveraineté numérique en Suisse progressent trop lentement, estiment les participant·es à une conférence organisée par l’Institut des hautes études en administration publique (Idheap) de l’Université de Lausanne.

Bien qu’une autonomie totale soit impossible, Jean-Christophe Schwab, ancien conseiller national (VD/PS) et auteur du livre Pour une souveraineté numérique, préconise d’imposer des critères stricts aux prestataires plutôt que d’exclure les groupes étrangers. Il faudrait alors être en mesure de maîtriser les données, pouvoir changer de fournisseur, garantir la transparence technologique ainsi que la conformité aux lois locales.

Enfin, la vigilance doit être de mise face au « sovereign washing », une pratique par laquelle des firmes internationales s’allient à des entités locales pour masquer leur origine étrangère.

 

SHS : les maisons d’éditions suisses peinent à se maintenir à flot

Suite à la baisse des subventions prévue pour janvier 2027 par le Fonds national suisse (FNS), plus de dix maisons d’édition spécialisées en sciences humaines et sociales, dont Epistémé ou Antipodes à Lausanne, se retrouvent en grande difficulté. Cette décision laisse également des dizaines de chercheurs et chercheuses sans solution pour publier leurs travaux.

Le FNS affirme que ce soutien était une « mesure temporaire » destinée à favoriser la transition vers l’open access. En 2014 déjà, le FNS avait tenté de couper son aide financière lors du passage au libre accès sur internet des livres publiés.

Ce qui choque particulièrement les maisons d’éditions, c’est le contraste avec le traitement réservé aux sciences exactes.

Une solution de repli émerge alors : « Les universités pourraient compenser tout ou partie le manque, comme c’est le cas à Fribourg qui intervient à défaut d’un autre fonds pour financer l’open acess », déclare Christian Dandrès, Conseiller national socialiste genevois.

L’USI et la SUPSI lancent une pétition contre les coupes budgétaires

Une pétition du syndicat SSP contre les coupes budgétaires à l’Université de la suisse italienne USI et la HES de la suisse italienne SUPSI a été signée par 1900 personnes.  Cette initiative vise actuellement à contrer les coupes budgétaires cantonales d’environ 8 millions de francs par an, affectant l’USI et la SUPSI, qui s’ajouteraient aux économies de plusieurs millions déjà décidées par la Confédération. Le syndicat réclame également davantage de garanties contre la précarité de l’emploi, une plus grande transparence salariale, une convention collective pour les cadres intermédiaires et le gel de toute augmentation des frais d’inscription à l’université.

La Suisse renonce à participer au programme Copernicus de l’UE»

«Le 5 juin 2026, le Conseil fédéral a décidé que la Suisse ne participerait pas à Copernicus, le programme d’observation de la Terre de l’Union européenne (UE), également pour la période 2028-2034. Il devrait réexaminer la question de la participation de la Suisse en 2032.» (Conseil fédéral)

Une décision qui n’a pas fait l’unanimité, surtout dans le monde scientifique. Au cours de l’émission Seidisera, Reto Knutti, professeur de sciences environnementales à l’École polytechnique fédérale de Zurich, n’a pas ménagé ses critiques. «Copernicus nous donne accès à des données d’observation de la Terre, provenant principalement de satellites, mais aussi de stations de mesure. La Suisse dépend de ces données pour ses prévisions météorologiques, mais aussi climatiques, afin de pouvoir ensuite réaliser des estimations climatiques, afin de pouvoir ensuite évaluer les risques naturels. Je pense qu’il est dangereux de ne pas participer à ce programme.» Une participation présenterait par ailleurs des avantages, ainsi que des retombées économiques potentielles et des contacts. Réto Knutti précise: «Bien sûr, ces données sont disponibles aujourd’hui, mais nous ne savons pas si la situation va changer. […]la Suisse exploite un peu le système, et ce n’est pas une bonne chose pour un pays riche et tourné vers l’innovation. Je pense que c’est un signal inquiétant». (RSI)