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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: politique – Suisse

Conseil politique sur le climat

Le Conseil fédéral a renoncé à la mise en place d’un nouveau conseil pour le climat et préconise plutôt de s’appuyer sur les structures existantes et de renforcer les échanges entre la science et les responsables politiques, notamment avec ProClim.

ProClim, le forum sur le climat et les changements globaux, fait partie de l’Académie suisse des sciences naturelles SCNAT. «Du point de vue de la SCNAT, la politique climatique suisse profiterait également d’une évaluation et d’une analyse d’impact plus systématique et indépendante de ses mesures. Pour cela, il faut des conditions-cadres adaptées, des ressources suffisantes ainsi qu’un accès garanti à l’information. ProClim ne dispose pas d’un mandat en ce sens.»

Couverture de la presse de la Grève pour la jeunesse en Suisse

Co-présidente de la Fédération d’étudiant·es UNES, Sophie Wang déplore la couverture de la presse «hyper-alarmistes» concernant la Grève de la jeunesse, annoncé le 20 novembre dans des différentes villes de Suisse.

Elle mentionne notamment une entretien avec le député Philippe Nantermod (PLR), qui avance qu’avec leurs manifestations, les Jeunes socialistes ne cherchent qu’à semer le chaos. Par ailleurs, dans l’ensemble, il ne pense pas que la précarisation touche davantage les jeunes que d’autres groupes de population. «En Suisse, ce sont plutôt les familles, qui doivent porter toute la société sur leurs épaules, qui sont aujourd’hui les plus touchées par la précarité.»

Par ailleurs, selon le journaliste Lausanne Cités, «Lausanne craint le contagion», c’est à dire des manifestations violentes avec des policiers en sous-effectifs. Les jeunes socialistes avaient déjà affirmé la semaine passé que les Suisses n’ont «absolument pas à s’inquiéter» de la future mobilisation.

 

Le buzz d’une vidéo d’un diplômé de l’Université de Zurich qui raconte sa fastidieuse recherche d’emploi

Avec un Master en science des données, statistiques et sciences politiques à l’université de Zurich, ce jeune suisse expose dans une vidéo ses «galères» lors de recherche d’emploi. Selon lui, ces études se sont avérées «totalement inutiles». Cela fait quatre ans qu’il cherche un emploi à la hauteur de ses qualifications : « À Zurich, je travaille plutôt comme coursier à vélo, livreur de pizzas, dans des centres d’appels, des fast-foods », explique-t-il.

Son conseiller à l’ORP lui indiquant qu’ : «Il faut juste connaître des gens.» «Du népotisme, donc», explique «Oiviredet» dans sa vidéo de 14 minutes. À ce jour, la vidéo totalise 441 000 vues et plus de 3’000 commentaires.

«La théologie permet de s’orienter»

Doyenne de la faculté de théologie de Fribourg depuis l’été 2025, Veronika Hoffmann dresse un premier bilan, rappelant l’importance de la théologie dans la société actuelle: une discipline qui conserve selon elle toute sa pertinence et son actualité.

Elle affirme: «ce qui me préoccupe davantage pour l’avenir [que la crise des institutions religieuses], c’est moins l’évolution structurelle de l’Église que le scepticisme grandissant envers la science et les universités en général. Si l’État et le public cessaient de soutenir la formation, qui est véritablement la «matière première» de la Suisse, nous risquons des dégâts à long terme.»

Manifestations lycéennes et étudiantes : « La nervosité est perceptible auprès de certaines autorités universitaires en Suisse »

Dans une chronique du journal Le Temps, la journaliste Catherine Frammery analyse les manifestations de lycéen·nes et d’étudiant·es en Europe, confronté·es à la massification de l’enseignement supérieur sans augmentation des moyens.

En France, en parallèle des manifestations, ce mécontentement se traduit aussi par des initiatives autogérés d’universités populaires ainsi que par des craintes liées au calendrier académique, au suivi des cours et à la réussites d’examens.

La journaliste met en contraste la situation en Suisse, qui diffère grâce à un contexte économique favorable (malgré des coupes budgétaires) ainsi qu’à la démocratie participative qui amortirait les contestations, bien qu’elle dénote une certaine nervosité  parmi les autorités universitaires.

Les coupes budgétaires susciteront-elles des manifs des jeunes en formation?

«Les syndicats vaudois ont convenu d’une manifestation contre les coupes le 5 novembre. Le budget cantonal a subi 100 millions de francs de coupes supplémentaires après le vote fiscal. Les taux d’encadrement dans la formation risquent de se dégrader» (24 heures)

«Alors que des manifestations essaiment dans toute l’Europe, une coalition réunissant des mouvements suisses de jeunesse appelle à se mobiliser le 20 novembre pour protester contre la militarisation du pays et l’austérité. Les scènes de violence, comme en France, devraient toutefois rester marginales.» (Le Courrier)

Des manifestations et des émeutes ont lieu en France, en Italie, en Belgique, au Portugal, en Espagne et en Albanie. «Le terreau commun existe dans tous les pays : l’inflation et la crise de l’éducation», explique le professeur d’histoire contemporaine européenne et suisse à l’université de Fribourg, Siegfried  Weichlein. «Mais cela ne signifie pas pour autant qu’un mouvement de grande ampleur soit à prévoir.» (Freiburger Nachrichten)

Des manifestations prévues en Suisses ont été traités par plusieurs médias. Sur instagram, des représentant·es du collectif «grève_de_la_jeunessse» suisse regrettent que «de nombreux articles dans les médias bourgeois nous accusent, ou sous-entendent, que notre mouvement est violent. Avant même notre première mobilisation, nous sommes déligitimé·es et accusé·es sans aucune preuve.»

 

« La gauche et les étudiants appellent à une grève nationale »

Le 20 novembre 2026 aura lieu une « grève de la jeunesse contre l’austérité et la militarisation », un mouvement qui pourrait rassembler des milliers de personnes en Europe. Cette mobilisation exprime la peur des guerres et du réchauffement climatique, le manque de perspectives et d’écoutes ainsi que les coupes budgétaires concernant les services publics.

Les organisateur·ices interrogés sur le sujet précisent qu’il ne s’agit pas de copier la France, la grève étant planifiée depuis des mois. Cependant, bien que ces mouvements prennent par dans différents contextes, le vice-président des jeunes socialistes déclarent : « Il y a un même sentiment d’urgence que l’on soit en Allemagne, en France ou en Suisse ».

Toutes les villes universitaires suisses ou accueillant des hautes écoles seront concernées, les organisateur·ices pouvant compter sur le soutien d’organisations étudiantes et de syndicats.

Copernicus : les données satellitaires, sources de savoir et d’innovation, au service de la société

Michael Schaepman, recteur de l’Université de Zurich et expert en télédétection, et Wolfgang Wagner, doyen de l’Université technique de Vienne et co‑fondateur du Earth Observation Data Centre, expliquent pourquoi le programme d’observation de la terre de Copernicus est aujourd’hui un programme plus essentiel que jamais. Le premier qualifie ce programme de «meilleur de programme du monde».

Dans un post sur LinkedIn, Reto Knutti, climatologue à l’ETH contextualise cette prise de position: «Contre la volonté du Parlement, le Conseil fédéral s’est prononcé en 2024 et 2026 contre [le la participation Suisse au] Copernicus ECMWF. La motion Fivaz [«Participation dans les plus brefs délais au programme Copernicus»] remet cette question à l’ordre du jour. Le Conseil national a déjà voté en faveur de cette motion ; le Conseil des États se prononcera dans quelques semaines.»  Reto Knutti s’était également prononcé en faveur d’une participation suisse au programme.

Lettre ouverte sur Erasmus+

Sept rectrices et recteurs d’universités suisses (Unil, UNIGE, Unibe, Unine, Unifr, UniLu, USI), plaident collectivement pour l’association de la Suisse à Erasmus+, un projet en attente de validation par le Conseil national.

Ils et elles rappellent que le potentiel de ces initiatives reste aujourd’hui limité et méconnu en raison de l’exclusion du pays. Loin de se limiter aux seuls échanges d’étudiant·es, Erasmus+ est devenu un levier stratégique pour tout l’écosystème de la formation (écoles, formation professionnelle, adultes, entreprises et jeunesse). Il permet de développer les compétences nécessaires face aux transformations technologiques et sociétales.

Par ailleurs, Erasmus+ est «le complément naturel» du programme de recherche Horizon Europe. «Recherche, innovation et formation constituent un continuum. Les dissocier n’a guère de sens dans un monde où les connais- sances, les talents et les technologies circulent toujours davantage à l’échelle internationale.» Rester à l’écart ferait de la Suisse une exception en Europe occidentale, alors que son succès repose historiquement sur l’ouverture et la collaboration internationale.

La rectrice inquiète pour les missions fondamentales de l’UNIGE

«Parmi les économies dans le projet de budget 2027 de l’État de Genève, plusieurs concernent l’Université de Genève (UNIGE). Ces coupes préoccupent sa rectrice, Audrey Leuba, «d’autant qu’elles interviennent dans un contexte déjà marqué par les réductions annoncées au niveau fédéral», communique-t-elle dans le «Journal de l’UNIGE».» (Tribune de Genève)

«Cumulées, les coupes annoncées par le Canton et la Confédération pourraient représenter une perte de ressources de 20 millions de francs. Cela correspond à un peu plus de 3 % du budget annuel de l’UNIGE. […] Le Conseil d’État prévoit par ailleurs de ne pas verser la dernière tranche de financement de la convention d’objectifs qui nous lie au Canton, d’un montant de 6,75 millions de francs, prévue pour 2027.» (UNIGE)

A cela s’ajoute la hausse des taxes d’études de 500 à 700 CHF. «Si les taxes universitaires augmentent, il est essentiel que les dispositifs d’aide et d’accompagnement évoluent dans la même mesure» demande la rectrice.

Elle indique par ailleurs qu’en 2024, l’UNIGE avait déjà lancé le plus important programme d’économies de l’histoire de l’institution, à hauteur de 20 millions de francs sur quatre ans.

«La Suisse et l’Inde renforcent leur coopération en matière de recherche»

De nouveaux instruments viennent consolider la collaboration scientifique entre la Suisse et l’Inde. Ceux-ci visent à soutenir de manière plus ciblée des partenariats prometteurs et leur offrir une perspective à long terme.

EXPLORE inaugurera le nouveau programme-cadre et sera lancé en novembre 2026. Cet instrument permettra à des consortiums indo-suisses d’explorer des idées de projets communs et de préparer des demandes de financement sur une période pouvant aller jusqu’à douze mois. Renforçant l’exploration d’idées de recherche, la mobilité et la coopération scientifique à long terme.

La science subit une pression croissante de la part de l’IA et du monde politique

«La disponibilité d’un volume croissant de données et l’intelligence artificielle sont fantastiques», déclare le physicien climatique Reto Knutti de l’EPFZ, mais le contrôle de la qualité et la mise en perspective font souvent défaut. «Chacun a l’impression d’être lui-même un expert.» Il n’est donc pas surprenant que, selon la dernière étude PISA de l’OCDE, 43 % des jeunes fassent davantage confiance à leur propre bon sens qu’à la science.

Silke Fürst, spécialiste en sciences de la communication à l’université de Zurich, estime qu’il est important que les scientifiques veillent à ce que les modèles d’IA puissent les détecter comme expert·es. D’autre part, il est important que des informations fiables continuent à faire l’objet d’un débat public, par exemple dans les médias.

Michael Hermann, politicologue de l’Institut de recherche Sotomo, juge que pour les expertes et experts qui s’exposent et se forgent une notoriété, l’IA représente une opportunité, car les gens continuent de rechercher davantage que de simples informations anonymes générées par l’IA.

Reto Knutti regrette par ailleurs que la science soit mise sous pression par la politique, aussi en Suisse: des études seraient interprétées de manière sélective, des publications retardées ou des communiqués de presse réécrits sur ordre des responsables politiques.

Les opposant·es au nouveau méga-collisionneur du CERN lancent une initiative à Genève

«Après une phase de concertation jugée totalement insuffisante, les opposants au nouveau super collisionneur du CERN ont lancé mardi une initiative constitutionnelle cantonale pour que la population ait son mot à dire. Ils critiquent un déni démocratique et des risques environnementaux et financiers colossaux.»

Le FNS présente son programme pluriannuel 2029–2032

«Pour la période 2029 à 2032, le FNS sollicite 5,4 milliards de francs auprès de la Confédération. Ces moyens doivent lui permettre de poursuivre son encouragement de la recherche selon trois priorités principales», c’est à dire:

  1. renforcer les synergies dans le paysage de la recherche
  2. renforcer la compétitivité de la Suisse et
  3. renforcer la résilience de la recherche et de la société.
Le syndicat SSP dénonce l’abus de pouvoir et violences sexistes et sexuelles dans le monde académique

Le syndicat SSP a adressé une lettre ouverte à swissuniversities pour exiger des mesures urgentes et transparentes contre les violences sexistes, sexuelles et les abus de pouvoir dans les hautes écoles. Le texte souligne la précarité et l’insécurité de l’emploi du corps intermédiaire, qui dépend fortement d’un corps professoral représentant moins de 10% du personnel.

Cette situation critique est confirmée par une enquête d’Actionuni publiée en 2025, révélant que 18% des membres du corps intermédiaire ont subi du mobbing, des discriminations ou du harcèlement en un an.

Face à ce constat, le syndicat interpelle directement swissuniversities sur ses intentions et son calendrier pour remédier à ces abus subis par le personnel et les étudiant·es.

Manifestation à l’UNIGE contre le projet de budget

Face au nouveau paquet d’économies de 250 millions annoncé par le gouvernement genevois, des étudiant·es et employé·es de l’Université de Genève se sont rassemblé·es devant Unimail pour dénoncer les coupes qui touchent l’éducation supérieure. La hausse des taxes d’études, l’indexation des salaires gelés ainsi que les annuités supprimées pour 2028 sont au coeur des préoccupations.

Ce rassemblement se veut le point de départ d’une nouvelle séquence de mobilisation à l’approche des débats parlementaires.

FIT for the Future: un toit commun pour les établissements fédéraux de recherche

«Les quatre établissements de recherche du Domaine des EPF collaboreront encore plus étroitement sous un toit commun. Ils renforceront leur coordination et leur collaboration dans le cadre de programmes de recherche stratégiques transversaux et regrouperont progressivement leurs services de support. Ils conserveront dans ce contexte leurs noms et leurs axes prioritaires déjà bien établis. A l’occasion de sa séance des 23 et 24 septembre, le Conseil des EPF a validé cette structure, qui permettra de consolider le Domaine des EPF et de poursuivre son développement. Il a également nommé un nouveau membre à la direction de l’EPFL et un à la direction de l’Eawag.»