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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: politique – Suisse

Un ordinateur quantique pour l’ETH grâce à l’achat des F-35

L’EPFZ va recevoir en don un ordinateur quantique du fabricant américain IBM, comme compensation («offset») contre l’achat des avions F-35 par la Confédération.

Le groupe d’armement Lockheed Martin, producteur de F-35, en tire également profit : en collaboration avec IBM, il souhaite mener des recherches sur un nouveau type de méthode de navigation utilisant la technologie quantique sur l’ordinateur quantique.

«Comment les petites universités et hautes écoles se distinguent»

Pour accroître leur attractivité, les établissements supérieurs moins plébiscités par les étudiant·es doivent proposer « une offre pointue, alignée avec le tissu économique de la région et avec des infrastructures adéquates. » selon Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities. Afin de se démarquer, ces institutions misent sur des stratégies variées comme la semaine de quatre jours à la Haute École Arc, le bilinguisme à l’Université de Fribourg, ou encore la proximité forte entre le corps enseignant et le corps estudiantin valorisée à l’Université de Neuchâtel.

Cependant, ces établissements font face à d’importants défis réglementaires et budgétaires. Une inquiétude majeure réside dans le projet de réforme de la Confédération « Désenchevêtrement 27 », qui prévoit le transfert complet du financement et de la planification des hautes écoles vers les cantons. «Ce changement pourrait aller jusqu’à provoquer la fermeture de hautes écoles dans les cantons périphériques et réduire ainsi l’égalité des chances de se former si on ne naît pas dans l’Arc Lémanique par exemple, estime Luciana Vaccaro. De quoi menacer aussi les grands établissements: ils ne pourront pas absorber des milliers d’étudiants supplémentaires si les plus petits ferment», alerte la présidente de swissuniversities.

Le nombre d’expériences sur les animaux est au plus bas

«Le nombre d’animaux utilisés pour des expériences en Suisse a atteint un niveau historiquement bas en 2025. Dans le même temps, les contraintes sévères imposées dans le cadre de l’expérimentation animale ont augmenté.»

Une initiative populaire déposée en 2024 demande par ailleurs une interdiction totale de l’expérimentation animale. La date de la votation n’a pas encore été fixée et le Conseil fédéral recommande de rejeter ce texte.

La HES valaisanne bat des records mais craint les économies

«La HES-SO Valais-Wallis signe une rentrée record, portée par l’ingénierie et les soins infirmiers.» Au total, il y a une croissance de 6,4% par rapport à 2025, qui contraste avec les économies fédérales annoncées.

François Seppey, Directeur de la HES-SO Valais-Wallis, regrette ces dernières : «La formation, la recherche  et l’innovation sont des secteurs sur lesquels il n’est pas acceptable d’économiser.»

«Ne négligeons pas les hautes écoles»

Par rapport aux coupes fédérales dans le budget des hautes écoles suisses, Nicolas Dufour écrit dans l’éditorial: «Une stabilisation, peut être un léger coup de frein à redouter. Mais une coupe de 10% concernant le Fonds national suisse peut être jugée aussi aveugle qu’indéfendable.» d’autant plus qu’il y a des coupes cantonales pendant que les effectifs montent, par exemple à l’Unil. Le journaliste conclut: «la langueur, voire l’indifférence désormais réservée aux défis de la science et de la formation a de quoi inquiéter.»

ACIDUL rejoint le comité unitaire « NON à l’arnaque fiscale des 12% ».

«Profondément inquiète des effets de l’offensive repétée contre les services pubiques au niveau fédéral et cantonal, l’Association du corps intermédiaire et des doctorant·e·s de l’Université de Lausanne (ACIDUL) a rejoint le comité unitaire « NON à l’arnaque fiscale des 12% 

Par ailleurs, elle a publié un article sur les effets des coupes budgétaires cantonales à l’Unil. [«Cet article est en cours de révision, selon les retours des décanats.»]

Nouvelle loi européenne sur l’innovation

L’Union européenne souhaite encourager l’innovation au sein de l’UE et redéfinit désormais les modalités d’attribution des marchés publics. Selon la proposition de la Commission eurpéenne, les entreprises suisses ne devraient en principe plus pouvoir participer à l’appel d’offres.

Ce financement concerne les nouvelles technologies expérimentales, c’est-à-dire des solutions que des communes ou des entreprises publiques souhaitent acquérir, mais qui ne sont pas encore disponibles sur le marché. Par exemple, des robots destinés aux hôpitaux ou des logiciels d’intelligence artificielle pour le ramassage des ordures.

Il s’agit d’une décision importante pour la Suisse, pôle de recherche et de développement étroitement lié à l’Europe. Le Directeur de Swissmem souligne: «Les entreprises et les universités suisses comptent parmi les meilleurs et plus importants partenaires [de l’UE], notamment en matière d’infrastructures de recherche.»

Le Conseil fédéral ne souhaite pas adapter l’accord intercantonal universitaire

Le Conseil fédéral ne voit aucun moyen de mieux rémunérer les cantons universitaires pour leurs prestations en matière de formation. Les cantons sans université, notamment les plus petits, refusent jusqu’à présent catégoriquement de mieux soutenir les étudiants originaires de leur canton en modifiant l’accord intercantonal universitaire.

Seule exception : le canton de Bâle-Campagne, qui est devenu en 2007 le deuxième canton de référence de l’Université de Bâle. Le refus catégorique du Conseil fédéral de modifier la pratique actuelle renforce la probabilité que le canton de Bâle-Campagne réduise massivement, par référendum, les contributions versées à l’Université de Bâle. L’initiative lancée par les communes contre le mode de financement actuel n’est pas sans chance.

Si le canton de Bâle-Campagne finançait ses étudiants de la même manière que les autres cantons non-universitaires, l’Université de Bâle se retrouverait avec un déficit annuel de 125 millions de francs – une somme qui ne pourrait être compensée qu’en fermant plusieurs facultés.

Appel en faveur d’Erasmus+ : 23 organisations signent une lettre commune

«23 organisations actives dans les domaines de la formation, de la jeunesse et du sport – dont swissuniversities – se prononcent, dans une lettre commune, en faveur de la participation de la Suisse au programme Erasmus+ dès 2027.» (Swissuniversities)

«190 millions de francs, voilà l’enveloppe que le Parlement doit débloquer pour renouer avec le programme européen, c’est 142 millions de plus que ce que coûte le programme national qui a remplacé Erasmus après l’exclusion de la Suisse en 2014, et pour certains élus, c’est tout simplement trop cher. La commission des finances recommande d’ailleurs au Conseil des États de dire non et même la commission de l’éducation dit timidement oui à une voix près. Pour les milieux concernés, au contraire, cet argent serait très bien investi.» Erasmus+ offre des opportunités dans la formation professionnelle, le sport, les activités de jeunesse et même l’école.

Pour David Rey, président du syndicat des enseignants romands, il s’agit d’un programme qui est très intéressant permettant d’aller échanger avec des collègues d’autres pays qui ont des systèmes scolaires différents, des organisations différentes, jugeant que c’est intéressant de pouvoir aller voir ce qui se passe ailleurs pour revenir après en Suisse avec des bonnes pratiques, des idées pour essayer de faire évoluer notre système. «Je pense que c’est l’ensemble de la société, de l’économie qui peut profiter de ce genre de programme.»

Le Conseil des Etats se prononcera en septembre, mais même en cas d’un «Oui», le retour rapide de la Suisse dans le programme européen sera encore suspendu au verdict du Conseil National à la fin de l’année. (RTS : La Matinale)

La confédération et la souveraineté numérique

«La Confédération lance un essai avec des logiciels open sources, des programmes dont le code est public et qui n’appartiennent à aucun géant de la tech.»

«Ce projet pilote va concerner 3000 postes de travail, soit 7% du personnel de l’administration fédérale. Mais pas n’importe qui, en priorité les employés qui ont accès aux données les plus sensibles, notamment les dossiers du Conseil fédéral.»

 

 

La Suisse ne participe pas au programme Copernicus – avec quelles conséquences?

La Suisse n’est pas membre du programme Copernicus, et le Conseil fédéral a réaffirmé cette position en juin pour la période 2028-2034, contre la volonté du Parlement. Il justifie cette décision par la situation financière tendue : selon les estimations, l’adhésion coûterait à la Suisse environ 48 millions de francs par an.

La plupart des données brutes de Copernicus sont librement accessibles et peuvent être utilisées sans adhésion – par exemple pour le suivi national de la sécheresse ou la surveillance des risques naturels en Suisse, notamment afin de détecter à temps d’éventuels glissements de terrain. En adhérant, elle pourrait contribuer à ce que Copernicus adapte davantage ses données aux besoins des Alpes – par exemple pour l’observation des glaciers ou des mouvements de terrain.

Cette absence d’adhésion a également des conséquences économiques. Selon une étude réalisée à la demande de la Confédération, les entreprises suisses perdent ainsi chaque année des marchés d’une valeur d’environ 35 millions de francs.

Le Conseil fédéral prévoit de réexaminer la question de l’adhésion à ce programme en 2032. Le Parlement pourrait toutefois encore influencer cette décision : une motion est actuellement en cours d’examen, qui demande au Conseil fédéral d’entamer rapidement des négociations en vue de la participation de la Suisse au programme européen d’observation de la Terre «Copernicus». Le Conseil national l’a approuvée en juin ; c’est désormais au Conseil des États de se prononcer.

Martine Rebetez: «L’industrie du pétrole a choisi de désinformer»

La célèbre climatologue Martine Rebetez, professeure à l’Université de Neuchâtel et à l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage, regrette «[q]u’on ait pu placer le plus grand lobbyiste du pétrole, assumé et revendiqué, au Conseil fédéral», c’est à dire Albert Rösti. Cela s’exprime, notamment, «en faisant sortir la Suisse de Copernicus, le réseau européen d’observation du climat, alors que ce serait aussi intéressant financièrement. Ou en enlevant du soutien à l’adaptation des forêts aux changements climatiques.» Elle évoque également des offensives outrageantes de la part des milieux pétroliers contre les climatologues. (Blick)

Selon les recherches publiées dans le SonntagsBlick et des directives internes, sous la direction du conseiller fédéral de l’UDC Albert Rösti, certains termes tels que «changement climatique» et « réchauffement climatique » n’étaient pas toujours les bienvenus au sein du secrétariat général du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC). Ils devaient être remplacés par d’autres mots dans des rapports officiels.

Par ailleurs, il y a des indications que certaines éléments d’un rapport sur le programme d’agglomération émanant de l’Office fédéral du développement territorial auraient été supprimés d’un rapport avant la publication «afin de ne pas utiliser de mots qui fâchent», comme l’ensemble de la liste technique des mesures concrètes de réduction de la chaleur.

La porte-parole d’Albert Rösti, Franziska Ingold, souligne: «Il n’y a pas d’interdiction d’utiliser certains termes. Les termes ‘changement climatique’ et ‘réchauffement climatique’ ont été et sont toujours régulièrement utilisés au DETEC. Le conseiller fédéral Rösti et le département les emploient dans leurs interviews, mais aussi dans leurs réponses aux interventions parlementaires et dans les messages.» (SonntagsBlick)

La présidente des Vert·e·s Lisa Mazzone estime que «les méthodes de Trump n’ont pas leur place en Suisse, le déni de la science et la censure non plus» et que le «Conseil fédéral doit retirer le Département de l’environnement à Albert Rösti».

 

 

 

 

Pour la présidente de swissuniversities, l’enseignement supérieur est une mission nationale

La présidente de l’association faîtière des hautes écoles suisses, Luciana Vaccaro, s’oppose au souhait de la Confédération de se retirer du financement des universités cantonales et des hautes écoles spécialisées, comme suggéré dans le rapport intermédiaire « Désenchevêtrement 27 ». Elle estime que ce serait un danger pour la coordination nationale et augmenterait les disparités entre les cantons fortunés et ceux aux ressources plus modestes.

De plus, face à une concurrence internationale de plus en plus rude et pour garantir l’excellence du système éducatif suisse, elle déclare : « La Confédération et les cantons doivent continuer à assumer leur responsabilité commune et, surtout, à poursuivre une vision stratégique commune ».

Les taxes d’études des étudiant·s étrangers·ères vont augmenter dans les hautes écoles tessinoises

L’USI et la SUPSI augmentent les frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·ères à partir de 2027 à CHF 5000.

Ces frais resteront fixés à 2’000 francs pour les étudiants suisses et pour d’autres catégories assimilées, notamment les étudiants étrangers domiciliés en Suisse au moment de l’obtention de leur maturité et les demandeurs d’asile titulaires d’un permis. Les nouveaux frais d’inscription ne concerneront pas les étudiants déjà inscrits, qui continueront à payer les frais semestriels qui leur étaient applicables au moment de leur première inscription.

La SUPSI augmente les frais d’inscription de 800 à 1 000 francs pour les résidents et de 1 600 à 2 000 francs pour les non-résidents.

Cette décision fait suite aux réductions des subventions fédérales prévues à partir de 2027. Pour la période 2027-2029, le Parlement a décidé d’une réduction annuelle d’environ 60 millions de francs, soit la moitié des 120 millions de francs de coupes initialement proposées par le Conseil fédéral.

Question sur les politiques en matière de données ouvertes pour les non-membres de progammes de recherche européennes

Le Royaume-Uni a été temporairement suspendu du programme Copernicus pendant trois ans à compter de janvier 2021, après que des querelles politiques plus larges liées au Brexit l’ont empêché de rejoindre divers programmes scientifiques, notamment le programme de recherche et d’innovation «Horizon Europe».

Comme pour «Horizon Europe», cette absence a laissé des traces sur la participation du Royaume-Uni à Copernicus. Depuis que le pays a réintégré le programme en 2024, «les résultats obtenus par le Royaume-Uni ont jusqu’à présent été décevants », indique l’évaluation officielle, mais un rapport récent de Science Works, une association à but non lucratif qui milite en faveur de réformes du système scientifique et technologique britannique, a qualifié l’adhésion au programme Copernicus de «gaspillage d’argent si colossal qu’il est visible depuis l’espace». Il souligne que même si le Royaume-Uni quittait le programme, ses scientifiques et ses start-ups pourraient toujours accéder à la plupart des données de Copernicus, car celles-ci sont en grande partie en libre accès.

La Suisse, qui ne participe pas au programme, a confirmé en juin qu’elle ne chercherait pas à y adhérer en 2028 en raison de contraintes budgétaires. «Grâce à l’accès libre accordé jusqu’à présent, la Suisse est actuellement en mesure d’utiliser la quasi-totalité des données brutes, mais ne peut pas participer aux services opérationnels ni aux instances de gouvernance.»

Cela a suscité certaines inquiétudes quant à la pérennité du modèle des données ouvertes. Comment convaincre les pays de financer des projets scientifiques internationaux alors que les données qui en résultent sont, pour la plupart, mises gratuitement à disposition ?

La recherche, un investissement stratégique : document de position de swissuniversities

«Dans un monde en mutation rapide, marqué par une concurrence internationale croissante et des incertitudes géopolitiques, la recherche doit rester un investissement stratégique pour la Suisse. La recherche produit des connaissances, forme les spécialistes de demain et stimule l’innovation. Grâce à cela, la recherche permet de relever les défis actuels et de demain. […] Elle requiert en premier lieu un financement public solide, continu et prévisible. Cette stabilité doit s’accompagner de hautes écoles et institutions fortes, d’un environnement attractif pour les talents et d’une coopération étroite aux niveaux national et international.»

Les priorités des hautes écoles suisses (2029–2032 )

«Dans son nouveau document «Coordination de la politique des hautes écoles à l’échelle nationale 2029–32», swissuniversities fixe un cap commun pour les hautes écoles. Elle place au premier plan l’excellence de l’enseignement, de la recherche et du transfert de savoir, qui constituent leur mission fondamentale. Elle définit aussi six priorités thématiques et esquisse les investissements nécessaires à leur mise en œuvre»: «La souveraineté technologique, l’espace, l’enseignement, les infrastructures de recherche, la santé et la sécurité.» «Ces domaines répondent à des enjeux qui dépassent le seul cadre des hautes écoles. Ils touchent à la capacité de la Suisse à maîtriser les transformations qui façonnent son environnement.»