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Sujet: censure

Les universités anglaises pourraient se voir infliger des amendes pour avoir enfreint les règles relatives à la liberté d’expression

La loi sur la liberté d’expression (Freedom of Speech Act) est entrée en vigueur en août 2025; elle impose aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur d’Angleterre de promouvoir la liberté académique afin de garantir que les débats puissent se dérouler sur les campus sans crainte de censure à l’encontre des étudiants, du personnel ou des intervenants exprimant des opinions conformes à la loi.
Elle interdit par ailleurs aux universités de recourir à des accords de confidentialité (NDA) dans les cas de harcèlement, d’intimidation et d’inconduite sexuelle.

L’Office for Students (OfS) en Angleterre mettra en place, dès la prochaine année universitaire, un dispositif «unique en son genre» permettant au personnel universitaire, aux intervenants extérieurs et aux membres non-étudiants de faire part de leurs préoccupations concernant les établissements d’enseignement supérieur.

Les universités anglaises qui ne parviennent pas à garantir la liberté d’expression s’exposent à des amendes pouvant atteindre 500 000 livres sterling ou 2% de leurs revenus, et risquent dans certains cas de perdre leur financement public, selon un nouveau système de plainte mis en place par le gouvernement.

 

Rapport sur l’impact du deuxième mandat de Donald Trump sur les sciences

Entre le 20 janvier et le 30 juin 2025, quatre auteurs·rices de l’Union des scientifiques concernés ont recensé 402 attaques contre la science aux Etats-Unis:

«Dans ce rapport, nous documentons les différentes manières dont cette administration a ciblé la science publique dont nous dépendons toutes et tous, et nous proposons des recommandations ainsi que des ressources pour contrer ces attaques et demander des comptes à l’administration.»

La justice légitime l’agenda étudiant genevois censuré

En septembre dernier, la faîtière des associations d’étudiant·es de l’Université de Genève, la CUAE, avait dû interrompre la distribution traditionnelle de son agenda. En effet, le rectorat y constatait une violation de la charte éthique de l’Université, certains de ses éléments faisant référence au conflit israélo-palestinien, telles que les mentions du slogan «From the river to the sea» et de l’anniversaire des «55 ans du triple détournement d’avion par le front populaire de libération de la Palestine». La CUAE avait alors déposé un recours contre cette décision.

Dans un arrêt daté du 24 juin, la chambre administrative de la Cour de justice (CACJ) a admis le recours des étudiant·es, estimant que «l’agenda ne viole pas la charte d’éthique de l’université, dans la mesure où il véhicule un message d’ordre politique bénéficiant de la protection renforcée de la liberté d’expression». La CUAE percevra quelque 2000 francs pour les frais de procédure. L’arrêt peut faire l’objet d’un recours de l’Université auprès du Tribunal fédéral

«Un collectif étudiant de l’EPFL dénonce une «dérive autoritaire» de la direction»

A l’occasion de la fête estudiantine Vivapoly le jeudi 22 mai à l’EPFL, l’association des Amiexs de Bassenges a dénoncé la transformation des terres agricoles prévue par l’EPFL en 2026, mais également un climat de «censure» et de «dérive autoritaire» de l’EPFL. L’association liste quatre événements «annulés ou refusés pour cause de trop grande politisation». Récemment, un représentant de l’Assemblée d’Ecole, corps intermédiaire entre les associations et la direction, a démissionné invoquant des «blocages institutionnels» persistants et des «traitements différenciés». La porte-parole de l’EPFL Corinne Feuz précise que sur 650 événements organisés par des associations estudiantines sur une année, pour seuls une dizaine il a été demandé des précisions et/ou modifications. Elle défend également les circonstances précises de chacun des évènements annulés.
Alexia Giroud Nyer, coprésidente de l’Association générale des étudiants de l’EPFL (AGEPoly), regrette: «les événements à nature politique sont interdits, mais la définition de politique n’est pas claire, donnant lieu à des décisions arbitraires.

Dans l’éditorial, Marie Maurisse, plaide : «Laissons les étudiants se révolter […]. D’autant plus quand, au même moment, aux États-Unis, Donald Trump multiplie les décisions visant à réduire au silence les étudiants et les chercheurs»

«L’EPFL bascule à nouveau dans la censure»

«L’association Unipoly s’est vue récemment censurée deux événements», le premier traitant de «la complicité des universités dans les violations du droit international et des moyens de pression comme le boycott», le deuxième visant à «présenter le coût social et environnemental en RDC lié à la production de technologie».

«L’EPFL a refusé le premier événement sous prétexte que la position défendue n’était pas assez “équilibrée”, selon l’association et que l’événement ne respectait pas les statuts d’Unipoly qui vise à “promouvoir l’écologie solidaire” et ceux de Polyquity.  Cependant, malgré des propositions de modifications et la proposition du titre d’événement : “Écocide et droit international: rôle des universités et moyens de pression” et dont le retrait de Polyquity dans l’organisation de l’événement, l’EPFL semble avoir maintenu sa décision.»

«Concernant l’événement sur l’extractivisme en RDC, l’EPFL aurait d’emblée refusé d’accueillir cet événement, prétextant qu’il serait hors du cadre de cette association. […] L’EPFL ne se serait montré que prête à accepter l’évènement à condition d’en modifier la composition des invités. Une situation inacceptable pour Unipoly qui juge que “ces décisions de l’EPFL témoignent d’une dérive autoritaire inquiétante.”» L’évènement se tiendra finalement sur le campus de l’UNIL le mardi 13 mai.

«La fuite des chercheurs américains»

«Entre financements annulés ou menacés de l’être, crainte de censure et d’atteinte à leurs libertés, de plus en plus de chercheurs ou d’aspirants chercheurs réfléchissent à quitter les Etats-Unis.» L’annonce du départ de Jason Stanley, professeur de philosophie et spécialiste du fascisme à l’Université américaine de Yale, pour rejoindre le Canada a mis en évidence le questionnement actuel des chercheur·euses américain·es. «C’est une période un peu surréaliste pour les scientifiques car nous ne savons tout simplement pas ce qui va se passer», explique Karen Sfanos, directrice d’un programme de recherche à l’Université Johns-Hopkins.

Plusieurs universités européennes et canadiennes ont déclaré avoir lancé «des initiatives pour attirer les talents américains». «Pour autant, l’option du départ est loin d’être accessible à tous, insiste une jeune chercheuse en sciences du climat souhaitant rester anonyme, les étudiants et doctorants étant les premiers affectés par les coupes budgétaires mais aussi les moins expérimentés, donc «ceux qui ont le moins de chance d’avoir le profil que les institutions de l’UE espèrent attirer».»

Quelques «pépites» de la politique américaine concernant la recherche

Voici quelques actions du gouvernement du président Donald Trump qui concernent les universités, et la recherche en particulier:

  • Près de la moitié des chercheurs d’un programme gouvernemental de surveillance épidémiologique ont été limogés. (20 minutes)
  • Suppression de sites internet consacrés aux problèmes environnementaux et à la protection du climat (24 heures)
  • Suppression de la page des bureaux DEIA (diversité, équité, inclusion et accessibilité), car les programmes de diversité n’existent plus. (24 heures)
  • Censure du site des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) (24 heures)
  • La base de données contenant des données sur le VIH pendant vingt ans a été écrasée. (24 heures)
  • «Plusieurs mots ont disparu des sites internet de l’administration du 47e président des États-Unis, comme «transgenre», «inclusion» ou «LGBTQ». Des informations sur des campagnes de vaccination, sur la contraception ou sur l’impact du racisme sur la santé se sont volatilisées.» (24 heures, Tages-Anzeiger)
  • «Les employés de la National Science Foundation ont donné au «Washington Post» accès à une liste de mots que la fondation a compilés pour vérifier ses activités. Lorsque le mot «femme» apparaît, il faut vérifier s’il est lié à un thème désormais interdit, que ce soit la diversité ou l’inclusion. «Homme» ne figure en revanche pas sur la liste.
L’institut Swisspeace, accusé d’activisme anti-israélien, se voit coupé d’une partie de son financement public

Le Conseil d’Etat de Bâle Campagne a décidé d’annuler son accord de financement à l’Institut Swisspeace de l’Université de Bâle, un financement de 100’000 francs par année. Son Directeur Laurent Goetschel, professeur en sciences politiques à l’Université de Bâle, accusé d’avoir tenu des propos anti-israéliens, aurait relativisé l’agression du 7 octobre à la télévision (SRF «Club»), s’était prononcé en faveur du modèle à un seul état et contre une interdiction du Hamas et aurait dénié à Israël le droit à une légitime défense. Cette annulation de l’accord de financement par Bâle-Campagne remet également en question le financement par la Confédération

Laurent Goetschel est déçu: «La critique du Grand Conseil ne porte pas sur la qualité de notre recherche, mais uniquement sur quelques propos personnels de moi en tant que chercheur sur la paix.» Par ailleurs, ses propos auraient été «pertinents et non partial». «Si nous prenons parti, c’est uniquement pour la paix. Il est inacceptable que la recherche ne soit soutenue que si ses résultats correspondent aux souhaits des politiques.»

L’Université de Bâle ne comprend pas la critique à Laurent Goetschel. « L’Université de Bâle n’a pas connaissance qu’il y ait tenu des propos anti-israéliens ou même antisémites », écrit le porte-parole Matthias Geering. Au contraire, les déclarations de Goetschel se basent sur son travail de longue date en tant que chercheur sur la paix et correspondent aux standards académiques de l’Université de Bâle.

En tant que financier, le canton Bâle-Ville ne se sent pas non plus obligé d’intervenir en raison des déclarations faites.

Swiss Medical Forum : «Il n’y a aucune censure»

Dans l’article «Ärzte schlagen wegen Brustamputationen Alarm – und werden zensiert», paru dans la SonntagsZeitung du 10 décembre 2023, Michèle Binswanger reproche au Swiss Medical Forum (SMF) d’appliquer la censure dans ses processus de publication et de ne pas avoir soumis certains articles à un processus d’évaluation par des pairs.

Les deux articles de revue publiés dans le SMF du 25 janvier 2023 critiqués évoquent le nouveau diagnostic d’«incongruence de genre». Selon le SMF, ils décrivent ce nouveau diagnostique chez les adultes et décrivent l’état actuel de la recherche et de l’enseignement scientifiques. Le pédiatre Michèle Biswanger estime que dans les articles d’«activistes», les enfants et adolescents sont mis au même niveau que les adulte, ce qu’il trouve problématique.

Depuis leur publication, ces articles ont suscité la réaction de plusieurs lecteurs, dont deux courriers que nous avons publiés dans le Bulletin des médecins suisses – compte tenu de la nouvelle formule de notre journal – et un dans le SMF.

Le Swiss Medical Forum réfute les accusation de censure et assure que la revue de paires a eu lieu, le «single blind peer-reviewing».

«Le gouvernement indien s’attaque à la science»

Le Conseil National pour l’Education (NCERT) supprime la théorie de l’évolution de Darwin, le tableau périodique des éléments et le théorème de Pythagore de manuels destinés aux jeunes entre 14 et 15 ans pour «alléger la charge de travail.» Selon le NCERT, cela ne concerne que la volée de 2023-2024, mais l’auteur d’un article dans le 24 Heures remet leurs propos en doute. «La mesure reflète l’idéologie du gouvernement fondamentaliste du [Bharatiya Janata Party]» écrit-il.

«La théorie de Darwin est scientifiquement fausse» déclarait en effet Satya Pal Singh en 2018, secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur. «Aucun de nos ancêtres n’a dit ou écrit avoir vu un singe se changer en homme.»

«Malgré les doutes, Genève tient à son Institut Confucius»

De plus en plus d’Instituts Confucius ferment aux Etats-Unis et en Europe, mais l’Université de Genève (UniGe) tient à garder le sien. À la suite d’un rapport d’évaluation externe, qui ne préconisait pas de fermer l’Institution, l’UniGe suit néanmoins une partie de ses recommandations.

Quels sont les risques potentiels dans la poursuite de ce partenariat ? La réputation de l’université, sa «neutralité» et que l’institut ne devienne «un organe de propagande chinois». La direction de l’Institut n’est quant à elle pas menacée, car l’université genevoise «dispose seule du pouvoir de signature.»

Le rectorat ne souhaite pas stigmatiser la Chine, mais au contraire «poser de façon plus générale la question de la transparence, de la liberté académique et de l’autocensure avec les partenariats internationaux.» Le comité d’éthique et de déontologie de l’UniGe se charge de veiller à ce qu’il n’y ait pas «une quelconque ingérence dans la gestion de l’Institut Confucius» assure le Vice-recteur Stéphane Berthet.

Censure à l’Université de Fribourg ?

Depuis fin 2015, l’Université de Fribourg bloque l’accès à des sites web « de certaines catégories » (pornographie, malware, téléchargements « peer-to-peer », phishing, contenu appelant à la violence et sites webs permettant de surfer anonymement). Si la rectrice parle de mesure de sécurité, un étudiant en droit estime qu’il s’agit de censure : « Ce n’est pas la mission de l’université de tenir ses étudiants et collaborateurs en tutelle ». L’EPFL a également restreint l’’accès à certains sites web, mais seulement ceux au « contenu dangereux », contenant par exemple des virus.