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Sujet: études genre

L’Université de Lausanne voit sa subvention cantonale diminuée de 7%

«C’est une diminution de 7% que devrait connaître la subvention cantonale de l’UNIL en 2026, par rapport à celle de 2025. L’institution académique devra ainsi se passer de 24 millions de francs. «L’institution prévoit une «dégradation» du taux d’encadrement, des projets de recherche en baisse et craint pour son attractivité internationale.» (24 heures)

L’ACIDUL regrette ce développement: «Nous refusons la culture de l’austérité qui est un non-sens sur le plan économique, et un projet de société dangereux qui voit la formation et la recherche scientifique comme un poids dont l’Etat doit se débarrasser. Avec des coupes budgétaires à hauteur de 7% qui s’ajoutent aux coupes fédérales de 460 millions de francs par an dans les hautes écoles et organismes de financement de la recherche, on peut s’attendre à des hausses des taxes d’études. Or la formation est un droit à garantir pour toutes et tous»

Le député Jean-Jacques Haury (V’L) relativise:  »si l’UNIL doit renoncer à quelques « études genre », à la « promotion de la diversité » et autres projets « woke », sa réputation internationale n’en sera pas écornée et le peuple vaudois ne s’en portera pas plus mal.»

Les Etats-Unis interrogent l’ETHZ sur les questions de genre et de climat

Selon les recherches de la NZZ am Sonntag, les autorités américaines ont demandé à l’ETHZ des informations sur ses recherches. «L’ETH Zurich a reçu un ‘questionnaire’ de l’administration américaine concernant un projet pour lequel nous avons reçu des fonds fédéraux américains», a confirmé le service de presse de la haute école. Alors que l’institution polytechnique garde secret le nom du projet dont il s’agit ainsi que les questions du formulaire, il semblerait qu’il soit clair qu’elles portent sur la diversité, l’égalité, l’inclusion et le climat. En effet, de tels questionnaires avaient également été envoyés à des universités américaines, dont un professeur assistant de l’Université du Michigan avait récemment publié quelques questions sur Bluesky : «Pouvez-vous confirmer qu’il ne s’agit pas d’un projet de diversité, d’égalité et d’inclusion et qu’il ne contient pas de tels éléments?» ; «Pouvez-vous confirmer qu’il ne s’agit pas d’un projet de justice climatique ou environnementale?» ; «Le projet prend-il des mesures appropriées pour protéger les femmes et les défendre contre l’idéologie du genre?»

En Suisse, de nombreuses hautes écoles reçoivent des financements américains pour la recherche : l’ETH Zurich a reçu en moyenne près de 2,5 millions de francs par an de subventions américaines au cours des dix dernières année, l’EPFL a conclu cinq nouveaux accords pour environ 1,2 million de francs de soutien états-unien. Les universités de Bâle, Genève, Berne et Zurich comportent également des projets financés par les États-Unis. Toutefois, il semblerait qu’aucune autre institution n’ait encore reçu de tels questionnaires. L’ETHZ annonce cependant vouloir se concerter avec les autres universités suisses avant de répondre aux questions américaines.

«Dans le domaine de la recherche suisse, personne ou presque ne veut s’exprimer publiquement sur les questionnaires», écrit la NZZ am Sonntag, «le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation renvoie aux hautes écoles.» Malgré l’inquiétude des financements américains, la nouvelle situation de l’administration américaine pourrait toutefois profiter à la Suisse : de nombreux chercheur·euses tournent de plus en plus le dos aux États-Unis, se dirigeant alors parfois vers les deux EPF helvétiques. «Nous constatons actuellement un intérêt accru de la part des chercheurs américains», écrit l’EPFL.

Quelques «pépites» de la politique américaine concernant la recherche

Voici quelques actions du gouvernement du président Donald Trump qui concernent les universités, et la recherche en particulier:

  • Près de la moitié des chercheurs d’un programme gouvernemental de surveillance épidémiologique ont été limogés. (20 minutes)
  • Suppression de sites internet consacrés aux problèmes environnementaux et à la protection du climat (24 heures)
  • Suppression de la page des bureaux DEIA (diversité, équité, inclusion et accessibilité), car les programmes de diversité n’existent plus. (24 heures)
  • Censure du site des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) (24 heures)
  • La base de données contenant des données sur le VIH pendant vingt ans a été écrasée. (24 heures)
  • «Plusieurs mots ont disparu des sites internet de l’administration du 47e président des États-Unis, comme «transgenre», «inclusion» ou «LGBTQ». Des informations sur des campagnes de vaccination, sur la contraception ou sur l’impact du racisme sur la santé se sont volatilisées.» (24 heures, Tages-Anzeiger)
  • «Les employés de la National Science Foundation ont donné au «Washington Post» accès à une liste de mots que la fondation a compilés pour vérifier ses activités. Lorsque le mot «femme» apparaît, il faut vérifier s’il est lié à un thème désormais interdit, que ce soit la diversité ou l’inclusion. «Homme» ne figure en revanche pas sur la liste.
Allemagne : Les études genre dans le collimateur de l’AfD

Alice Weidel, première candidate à la chancellerie de l’AfD, a annoncé lors de la convention fédérale du parti qu’elle souhaitait abolir les études genre et virer les professeur·es concerné·es. Sociologue à l’Université de Munich, Paula-Irene Villa Braslavsky dénonce tout d’abord un manque de compréhension, surtout dans le monde scientifique, du fait que de telles déclarations touchent directement «certain·es d’entre nous, les universitaires», en particulier car de nombreuses personnes du domaine scientifique n’auraient jamais subi d’attaques aussi existentielles et directes.

Elle indique que «les études genre sont depuis longtemps devenues un symbole […] sur lequel on projette tout et n’importe quoi», alors qu’il y aurait pourtant de nombreuses questions à débattre -sur l'(in-)activisme de la science, son utilité, son (a-)politisme, etc. Elle précise que des notions comme le genre peuvent également être utilisées par le monde politique uniquement de manière stratégique et opportuniste, «parce qu’elles fonctionnent».

Pourquoi les études genre sont vues comme un ennemi ? Pour deux raisons principalement, affirme la chercheuse. «D’une part, le terme «études genre» est associé à une sorte de contrôle d’État réalisme socialiste-RDA-soviétique, la science comme «programme de rééducation totalitaire». D’autre part, le terme est considéré comme le symbole d’une décadence de prospérité négligée de l’Occident capitaliste, comme l’expression d’un efféminé démasculinisant, comme quelque chose d’artificiel, d’étranger, d’élitiste.» Néanmoins, la chercheuse reconnait que certains aspects peuvent s’avérer tout de même critiquables dans les études de genre. «Parfois, le champ semble trop auto-justifié, et parfois je nous trouve aussi trop activistes ou imprécis.»

Pour la défense du domaine, la sociologue compare la recherche sur le genre à la recherche fondamentale. La question de l’utilité est importante, mais elle passe à côté de l’objectif de la science. Elle ajoute que la science fonctionne comme la culture : si elle veut être bonne, elle a besoin d’un espace de liberté. D’un point de vue plus pragmatique, Paula-Irene Villa Braslavsky explique que «nous avons explicitement besoin des études de genre parce qu’elles nous aident à comprendre dans quelle mesure le genre joue -ou ne joue pas- un rôle dans notre vie, dans notre monde.» Finalement, la chercheuse conclut l’interview ainsi : «Nous devons faire comprendre à la société que les attaques politiques contre la science – contre les professeur·es, les champs de recherche ou les institutions – sont des attaques contre les principes fondamentaux d’une démocratie plurielle et basée sur l’Etat de droit.»

 

Une professeure critique à l’égard du genre a obtenu gain de cause devant un tribunal britannique

Jo Phoenix, une professeure critique à l’égard du genre, a obtenu gain de cause devant un tribunal du travail britannique parce que son université (Open University, ou OU) ne l’avait pas protégée contre le harcèlement. Elle craint que des cas similaires ne se reproduisent à moins que les institutions «n’assument leurs responsabilités».

«De mon point de vue, le grand titre est que les universitaires, les étudiants et les personnes travaillant dans les universités ne peuvent pas traiter de transphobes et de terfs [féministes radicales trans-exclusives] les personnes qui critiquent le genre ou qui adoptent ce point de vue sans que cela ne soit à la fois une insulte et la possibilité d’un acte de harcèlement», a déclaré la professeure. Elle estime que son ancien employeur (l’OU) aurait pu agir différemment à plusieurs reprises, notamment en insistant pour qu’une conférence annulée en raison de la participation d’orateurs qualifiés de «transphobes» soit maintenue et en avertissant le personnel qu’il était inacceptable de déposer des plaintes contre des personnes en raison de leurs opinions.

Par ailleurs, le juge a estimé qu’il n’y avait «rien de scolaire» dans une lettre ouverte signée par plus de 300 universitaires qui demandaient à l’OU de retirer son soutien public au réseau de recherche critique sur le genre (Gender Critical Research Network) cofondé par Jo Phoenix.

La 2e session des femmes se penche, entre autres, sur la politique de l’égalité dans les Hautes Ecoles

200 « parlementaires », élues par 10’000 femmes, ont investi vendredi le Palais fédéral pour une session spéciale de deux jours. L’événement doit permettre de voir la politique sous une perspective féminine.

«Les participantes ont d’abord siégé dans huit commissions pour préparer des propositions concrètes. Ces dernières touchent à des domaines aussi divers que le travail payé ou non payé, les violences, la médecine, la numérisation, les droits populaires ou encore l’agriculture et la science.»

Plusieurs pétitions ont été développées et votées, par exemple:

  • «Définir des standards en matière de politique de l’égalité pour le financement des hautes écoles et l’attribution de fonds de tiers»
  • «Pour l’égalité des chances et le soutien de la relève scientifique, augmentons le financement de base et créons plus d’emplois permanents dans les hautes écoles universitaires»
  • «Promouvoir les études genre dans les universités et les hautes écoles»

Le FNS soutient une motion de la Session des femmes.

Une critique des études genre

Vojin Saša Vukadinović, historien et auteur de cet article, constate un manque de débats critiques entre spécialistes en études genre et l’absence de recherches sur les crises et défis actuels, un terrain ainsi laissé aux sciences politiques, qui ignorent souvent des aspects liés au genre.

Les études genre pour déconstruire les inégalités de genre

En réponse à l’article de Birgit Schmid sur les études genre, paru dans la Neue Zürche Zeitung du 17 mars 2017, Virginia Richter, doyenne de la Faculté de philosophie et d’histoire de l’Université de Berne, objecte que loin d’être des théories déconnectées de la réalité, les études genre sont pragmatiques. De plus, en comparaison internationale, elles sont faiblement institutionnalisées en Suisse et ont tendance à être sous-financées. Elle réfute également la critique de Schmid selon laquelle les études genre ignoreraient les théories établies par les sciences naturelles : en effet, les premières cherchent justement à montrer comment ce qui est établi comme fait et parait naturel s’inscrit dans une différenciation des genres.