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Sujet: rôle des scientifiques

Faut-il plus d’études holistiques ?

Luc Saner, co-initiateur du Komitee für die Einheit der Wissenschaft und ein echtes Studium
generale et ancien parlementaire à Bâle-Ville (PLR) et auteur du livre «Allgemeiner Teil der Wissenschaften» (2023) et Beat Berber, membre du comité et spécialiste de communication pour les hautes écoles plaident pour plus d’unité dans la science pour répondre aux défis contemporains. Bien que les progrès scientifiques ont rarement été aussi importants qu’aujourd’hui, ils ne traduiraient pas assez en résolution de crises mondiales.

Les auteurs déclarent : « L’humanité ne tire pas suffisamment parti de la proposition désormais élevée de diplômé·es de l’enseignement supérieur occupant des postes à responsabilité. La communication au sein de la communauté scientifique est principalement guidée par des intérêts particuliers et une étroitesse d’esprit ». 

Ils citent entre autres un sondage de Nature qui indiquerait que «73 % des chercheurs n’y connaissent rien en politique ; à l’inverse, 80 % des politiciens ne comprennent pas comment fonctionne la science.»

Pour répondre à la fragmentation entre science et politique, il faudrait « un changement de paradigme vers l’unité de la science ». 

Claudio Bassetti a été choisi comme nouveau recteur de l’USI

Claudio Bassetti prendra ses fonctions le 1er septembre. Ce neurologue compte plus de 30 ans d’expérience clinique, universitaire et de gestion. Il est actuellement doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Berne et, depuis 2024, également directeur de la recherche et de l’enseignement (DLF) à l’Inselspital de Berne, en tant que membre votant de la direction générale.

Le Corriere del Ticino évoque le prédécesseur Boas Eres (01.09.2016-09.05.2022) et Luisa Lambertini (01.07.2023 – 31.12.2025), qui auraient vécu des tensions avec le Conseil de l’université.

«Rappelons une interview datant de mai 2024, dans laquelle la rectrice elle-même définissait la notion de normalité dans le milieu universitaire et soulignait : «La normalité ? Une université dont la gestion relève entièrement du rectorat et dont le Conseil n’assure que la haute surveillance. C’est un processus, et je pense qu’il reste encore du travail à accomplir dans ce sens. Nous essayons de revenir à cette normalité.»

Par ailleurs, l’USI souligne dans son communiqué que «dans le cadre de sa double fonction de doyen et de directeur du DLF de l’Inselspital, Claudio Bassetti s’est engagé sans relâche à renforcer la collaboration entre l’université et l’hôpital, en promouvant l’excellence dans les soins, l’enseignement et la recherche».

«Cette remarque semble aujourd’hui déterminante dans le choix de l’Université de la Suisse italienne, notamment dans la perspective du développement de la recherche dans le domaine biomédical et de la mise en place d’un hôpital universitaire», estime l’auteur de l’article du Corriere del Ticino.

Dans une interview accordé à La Regione, Claudio Bassetti affirme que l’université doit en effet être indépendante [de la politique], avec une relation clairement définie par les mandats.

Selon le futur recteur, «Une université aussi petite doit optimiser les synergies : la force de cette université, comme celle des autres, devra être supérieure à la somme des capacités et des compétences individuelles.»

Par ailleurs, il souligne l’importance de l’efficacité du financement et de l’excellence, «qui ne sera pas seulement évaluée en fonction des publications et des fonds ; l’excellence, c’est aussi la capacité à collaborer, à promouvoir les jeunes et à avoir un impact. C’est une culture de l’excellence que je souhaite définir comme plus large que ce que peut être la vision originelle du «toxic performer», du charognard qui ne vit que pour lui-même. […]

Mesurer l’excellence est une tâche difficile : il ne s’agit pas simplement de formules. J’ai choisi le terme « humanisme », mais on pourrait aussi parler de «Renaissance de l’Usi», précisément parce que je m’inspire de ces principes, de ces valeurs : la place centrale de l’homme et de la personne comme fin ultime de l’effort ; le dialogue entre les sciences exactes et les sciences humaines ; une responsabilité civique vis-à-vis de ce que l’on fait.»

À propos de son rapport à la politique, pour lui «il est clair qu’il faut comprendre les besoins, les sensibilités, voire les critiques ; c’est pourquoi je serai à l’écoute. Mais la politique ne peut dicter les politiques universitaires : elle régit les mandats, les contrats de prestations, mais il faut préserver une indépendance fondamentale.  [..] Je ne ferai pas de politique au sens classique du terme ; je serai présent, comme je l’ai déjà dit, j’écouterai beaucoup. Et je prendrai également la parole.»

« La science n’est pas un parti » déclare la présidente de swissuniversities

Face à la montée de la défiance, des « vérités alternatives » et de l’instrumentalisation politique de la recherche, la présidente de swissuniversities Luciana Vaccaro souligne l’urgence de défendre la science pour en protéger l’intégrité.

De retour de la conférence annuelle de l’European University Association (EUA), elle rappelle que cette tendance menace l’équilibre financier, administratif et intellectuel des universités. Un tel déclin risque d’impacter directement les étudiant·es et de conduire à des décisions fondées sur l’ignorance.

Retour sur l’invitation du blogueur controversé Curtis Yarvin au Symposium de Saint-Gall

La venue de Curtis Yarvin mercredi dernier au Symposium de Saint-Gall, l’événement annuel organisé par les étudiant·es de l’Université (HSG), avait été précédée d’une vague d’indignation. L’américain est figure de proue de l’extrême droite techno-libertarienne et anti-démocrate autro-proclamé a été qualifié d’«éclaireur obscur» par le média Republik, ou d’«imposteur» par Caspar Hirschi, professeur à l’Université de Saint-Gall (St. Galler Tagblatt). Ce dernier s’interroge par ailleurs sur le fait que le Symposium lui offre une si grande exposition («Bühne), le plaçant aux côtés de l’un des politologues les plus renommés d’Europe (Ivan Krastev). «Cela a conféré une légitimité académique à Yarvin, alors qu’il n’était même pas capable de respecter la règle la plus élémentaire d’un débat, à savoir répondre aux questions. »

Malgré les tensions initiales et une lettre protestataire signé par 300 membres de la communauté universitaire, le symposium est resté remarquablement calme, aucune manifestation étudiante n’ayant éclaté à l’intérieur ou aux abords de l’université.

Lundi, des scientifiques en sciences sociales et humaines de l’Université de Saint-Gall ont organisé un débat sur la manière d’aborder les penseurs extrémistes. La plupart des intervenants n’auraient pas proposé de tribune à Curtis Yarvin.

Une question restante est si le rectorat de la HSG disposera à l’avenir d’un droit de veto officiel sur les invités aux colloques lorsque, comme dans le cas de Yarvin, la réputation de l’université est en jeu.

«Code d’éthique et Principes de la liberté de la recherche, de l’enseignement et de la transmission scientifiques en histoire»

Il y a plus de vingt ans, la Société historique suisse (SGG) a révisé son code d’éthique pour répondre aux enjeux actuels qui traverse la discipline tels que la numérisation ou l’utilisation des outils d’intelligence artificielle.

«Vingt ans plus tard, plusieurs des problématiques abordées restent néanmoins d’actualité — parfois avec une acuité renforcée. Les menaces de poursuites judiciaires visant des historien·ne·s, ainsi que les obstacles d’accès aux sources (refus de consultation au prétexte de la protection des données, caviardages, délais prolongés arbitrairement), restent des défis de taille pour les sciences historiques, comme l’illustrent plusieurs affaires récentes.»

«Invitation au dialogue: Comment favoriser les échanges entre science, politique et société?»

«Le premier sommet national sur la recherche et l’innovation, qui s’est tenu à Berne, l’a clairement montré: les échanges doivent s’intensifier. Les participantes et participants ont débattu de leurs attentes, de nouveaux formats et de recommandations. Un message central est ressorti de toutes les interventions: seule une recherche intelligible peut avoir un impact.»

Les angles morts de la Suisse

La Fondation Mercator Suisse, économiesuisse et le Conseil EPF ont développé une communication sur les 10 angles morts de la Suisse. Point 6, 9 et 10 concernent les universités:

6.: Plus d’investissements dans les technologies du futur sont nécessaires (ia, données, énergies)

9.: «La distance entre l’économie, la science et la politique entraîne des réactions tardives en cas de crise et empêche toute planification prévisionnelle. Il faut raccourcir les voies de communication et mener des expériences communes.»

10.: La liberté académique est menacée. Les universités doivent se positionner encore plus activement comme des institutions inébranlables, uniquement dévouées à la connaissance scientifique.

Le monde universitaire a-t-il un problème avec l’activisme ?

Ce podcast examine les tensions entre activisme et carrière académique, notamment lorsque des scientifiques ou des étudiants participent à des manifestations ou actions de désobéissance civile. Cet engagement peut être perçu négativement par certains employeurs, médias et collègues, avec des conséquences sur le financement de la recherche

Enfin, il est suggéré que les institutions académiques pourraient mieux soutenir leurs membres, notamment en offrant des structures juridiques et de solidarité pour ceux qui s’engagent publiquement.

Ignazio Cassis inaugure l’Albert Einstein School of Public Policy à l’EPFZ

L’EPFZ a inauguré son Albert Einstein School of Public Policy, un centre interdisciplinaire qui associe politique, sciences naturelles et technologie et l’administration publique afin de relever les plus grands défis sociaux de notre époque.

«C’est plus facile à dire qu’à faire», note la NZZ. En effet, comme l’a fait remarquer le Conseiller fédéral des Affaires étrangères Cassis dans un discours, les scientifiques sont du «type Excel», tandis que les politiciens sont du «type Word». Les deux dépendent l’un de l’autre. «La science sans politique est inefficace, la politique sans science est désorientée», a déclaré Cassis. Néanmoins, la science ne doit pas devenir politique. Et la politique doit continuer à peser le pour et le contre afin de transformer les connaissances en actions.

La venue du Conseiller fédéral était l’occasion d’une petite manifestation pro-palestinienne devant le bâtiment, qui s’est tenue «sans incidents».

«Ce n’est qu’en croisant les regards que nous parviendrons à trouver des solutions aux défis environnementaux de demain»

Dans son dernier blog, Frédéric Herman, recteur de l’UNIL, souligne l’importance que la société pouisse s’appuyer, lors d’un événement, comme par exemple l’éboulement survenu à Blatten, sur une expertise solide et interdisciplinaire, comme celle que développe l’UNIL dans son Centre d’Expertise sur les Extrêmes Climatiques.

La Suisse lance un réseau national de conseils scientifiques sur quatre grands axes

La Suisse a lancé un nouveau réseau national de conseil scientifique, afin de pouvoir éclairer les autorités et responsables politiques avec des faits et analyses issus de la recherche. L’objectif général du réseau est d’améliorer la capacité du pays à faire face aux crises. Le réseau, qui réunit des expert·es de diverses disciplines principalement issu·es des hautes écoles et instituts de recherche suisses, comprend actuellement quatre grands thèmes: santé publique, cybersécurité, défis internationaux, désinformation (encore en phase de constitution). Les expert·es seront chargé·es d’«observer les évolutions internationales, identifier les risques potentiels pour la Suisse et, le cas échéant, fournir une expertise indépendante».

Un code de conduite garantit l’équité et la transparence du travail scientifique des membres du réseau, qui sont contraints d’adopter une posture impartiale: ils et elles sont responsables de «fournir des données et des analyses fondées sur la science, sans formuler de recommandations politiques». La sélection finale des membres est validée par les présidences des six institutions du domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation (BFI), dont le Conseil des EPF, swissuniversities et le Fonds national suisse (FNS).

Olga Baranova, directrice de l’organisation CH++, organisation indépendante qui milite pour une politique fondée sur les preuves et l’innovation numérique en Suisse, regrette que le manque de possibilités d’impact politique des scientifiques.

Lancement du Réseau national de conseil scientifique

«Les institutions du domaine FRI lancent ensemble le Réseau national de conseil scientifique. Elles mettent ainsi en œuvre une décision du Conseil fédéral et l’accord de coopération conclu avec lui. Ce dispositif a pour mission d’anticiper les crises potentielles pour le pays et de fournir aux autorités des analyses scientifiques indépendantes et interdisciplinaires. […] La pandémie de Covid-19 a illustré de manière marquante la nécessité d’une collaboration étroite entre science et politique, et ce en amont des crises, afin d’établir une relation de confiance et de préparer les processus de travail.»

«L’EPFZ est tellement apolitique»

L’EPFZ a décidé en février 2025 de ne plus prendre position sur des conflits géopolitiques. Elle a supprimé de son site les messages de solidarité envers l’Ukraine et le Moyen-Orient et justifie ce choix par la nécessité d’assurer son impartialité institutionnelle, condition essentielle selon elle pour préserver la liberté académique et l’inclusion.

Cependant, cette neutralité affichée est contestée. «L’EPFZ estime qu’elle ne peut pas prendre position politiquement, mais ce qui est défini comme politique, c’est ce qui s’écarte de la position implicite de l’ETH », explique une membre de l’organisation étudiante SiP (Science is Political).

Selon l’auteur de l’article, des exemples récents montrent que l’école politique zurichoise agit de manière sélective : répression de sit-in étudiants, refus de candidatures d’étudiant·es issus de certains pays sous embargo, annulations de conférences jugées trop «politisées», tout en accueillant des intervenants proches de positions gouvernementales occidentales ou israéliennes.

Pour les critiques, cette prétendue position apolitique masque une orientation alignée sur la « realpolitik », les intérêts d’États et de bailleurs privés. Pour l’auteur de l’article, «la question comment préserver la liberté académique dans une institution qui ne parvient pas à maintenir son autonomie face aux acteurs de la politique réelle reste une question ouverte.»

La question centrale serait qui décide à l’université de ce qui est politique. «En tant qu’étudiants et chercheurs, ne devrions-nous pas participer aux décisions concernant notre formation et notre recherche ? Car l’ETH reste politiquement engagée dans ses actions, qu’elle le reconnaisse ou non», ce qui interroge sur l’avenir de la liberté académique dans un contexte où science et technologie sont de plus en plus liées aux enjeux militaires et géopolitiques.

Antoine Flahault: « L’UE et la Suisse sont de grosses puissances scientifiques qui doivent rappeler les faits »

«Après les propos de Donald Trump établissant un lien infondé entre paracétamol, vaccins et autisme, l’OMS a dû rappeler qu’aucune étude n’allait en ce sens. Invité mercredi de La Matinale, l’épidémiologiste Antoine Flahault, qui s’apprête à quitter la direction de l’Institut de santé globale de Genève, s’est dit préoccupé par cette défiance envers la science. […]

« Les Européens sont une sorte de dernier rempart de la démocratie pour la science.» L’Union européenne, la Suisse, la Grande-Bretagne sont de très grosses puissances scientifiques et «devraient donner de la voix et rappeler les faits», estime-t-il.

La chasse aux «wokes» a épuisé les universitaires

Depuis l’«affaire de Grenoble» en 2021, les universités françaises sont régulièrement accusées d’être infiltrées par une supposée idéologie «woke» ou «islamo-gauchiste». Ces polémiques, largement relayées par certains médias, responsables politiques et essais à succès, alimentent un climat de suspicion et fragilisent les libertés académiques.

Les campagnes médiatiques et politiques se traduisent par des pressions financières (coupures de subventions), du harcèlement en ligne et parfois des menaces de mort visant enseignant·es et responsables d’établissements. Plusieurs chercheurs et chercheuses décrivent un «travail de sape» qui épuise les équipes, entraîne de l’autocensure, voire pousse certains universitaires à l’exil.

L’article mentionne deux études indiquant qu’il n’existe pas de «submersion woke» : les thématiques liées au genre ou aux questions raciales restent marginales dans la recherche française. Mais les attaques, souvent construites sur des anecdotes et amplifiées médiatiquement, constituent un levier politique efficace, utilisé désormais au-delà de l’extrême droite.

Résultat : un climat de peur et de démoralisation s’installe dans le monde académique, où l’on forme désormais les scientifiques à se protéger juridiquement et sur les réseaux sociaux. Cette mise en cause répétée de l’université menace sa légitimité et provoque un risque de fuite des talents.

«Dans quelle mesure le débat est-il libre à l’Université de Berne ?»

L’Université de Berne a annulé trois jours avant l’événement, une conférence organisée par Amnesty International avec Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour la Palestine. Initialement acceptée, puis plusieurs fois confirmée et remise en question, la réservation de la salle a finalement été retirée après de fortes pressions extérieures.

Le tournant décisif est intervenu après une intervention du Schweizerischer Israelitischer Gemeindebund (SIG), qui a alerté la rectrice Virginia Richter sur des propos attribués à Francesca Albanese jugés «antisémites» ou «légitimant le terrorisme». Le SIG a transmis des extraits d’un rapport critique de l’ONG pro-israélienne UN-Watch. Suite à cet échange, la direction de l’université a exigé d’Amnesty des garanties immédiates d’« équilibre » et de prévention contre l’antisémitisme, mais a retiré son autorisation avant même la réponse complète de l’organisation.

La décision a eu un retentissement international : mentionnée par les autorités israéliennes, utilisée par UN-Watch au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, et suivie peu après par des sanctions américaines contre Albanese. Amnesty, de son côté, dénonce une décision prise sous pression politique et souligne que la rapporteuse travaille sur une base scientifique. (Bieler Tagblatt)

Et la décision de l’Université de Berne continue de susciter de vives critiques internes et externes. Plusieurs collaborateurs·rices  dénoncent sous couvert d’anonymat un climat de la peur, de la censure et de l’autocensure.

«Le climat qui règne à l’université de Berne représente un danger bien plus grand pour l’exercice de ma profession que la perte de mon emploi», juge le professeur assistant Charles Heller de l’Institut d’Anthropologie sociale de la même université, qui dénonce une décision «scandaleuse» de la direction, rappelant que l’université n’a organisé aucun événement substantiel sur la guerre à Gaza depuis octobre 2023, manquant ainsi à sa mission sociale qui consiste à fournir aux étudiants, aux facultés et au grand public les bases nécessaires pour se forger une opinion éclairée.

Le Professeur de droit constitutionnel et administratif de l’Université de Bâle Markus Schefer insiste sur la nécessité pour l’institution d’ouvrir l’espace de débat à toutes les opinions, y compris sur le conflit israélo-palestinien.  «Le caractère scientifique et l’équilibre ne peuvent être des conditions préalables aux déclarations faites dans le cadre d’événements organisés dans une université. Dans les établissements d’enseignement supérieur, les questions générales d’intérêt social doivent également pouvoir être abordées d’une manière fortement influencée par des opinions personnelles.

L’université ne se limiterait pas à la science. « À l’université, on peut tout dire dans le cadre de la loi. » Dans les cours et autres manifestations scientifiques spécifiques, les propos tenus doivent ensuite être évalués à l’aune de critères scientifiques. Par conséquent, les événements organisés dans les locaux d’une université ne doivent pas nécessairement être équilibrés. «À cet égard, les universités ne sont pas soumises aux mêmes normes strictes que la radio publique, par exemple.» Mais il est également clair que lorsqu’elle autorise des événements sur des sujets controversés, l’université ne peut pas servir de forum à un seul camp, mais doit être ouverte à toutes les opinions» (Der Bund)

Conserver la place à la table des décisions globales

«La collaboration au sein de réseaux scientifiques internationaux devient de plus en plus importante, écrit Yves Flückiger, président d’a+ (Académies suisses des sciences). «Parce que nous vivons un point d’inflexion historique. Les tensions géopolitiques, la course aux technologies stratégiques et les attaques répétées contre le multilatéralisme redéfinissent les règles du jeu. Les grands blocs investissent massivement dans des domaines clés comme l’intelligence artificielle, les biotechnologies ou l’aérospatiale, tout en affirmant des visions concurrentes de la science et de ses finalités. Dans ce contexte, rester en marge n’est pas une option.»

Gianluca Grimalda, climatologue : «Le monde brûle, j’ai basculé dans la désobéissance civile.»

Le chercheur italien Gianluca raconte comment, en octrobre 2023, il est devenu le premier employé licencié connu pour avoir refusé de prendre l’avion. Son employeur était l’Institut d’économie mondiale de Kiel.

Actuellement, il sillonne l’Europe en train et en car pour présenter son livre A fuoco, et il y a également un documentaire de 2024 qui retrace sa carrière.