Filtres des articles

Recherche

Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: rôle des scientifiques

La science, un pilier essentiel de la démocratie

La science et la démocratie sont souvent considérées comme deux domaines distincts : la science est vue comme une source de découvertes, d’expertise et d’innovation, tandis que la démocratie est perçue comme un ensemble d’institutions, de règles et de procédures. Or, en réalité, ces deux domaines sont étroitement liés.

Les auteurs et autrices de l’article présentent trois piliers grâce auxquels la science contribue à la démocratie :

  1. l’établissement de bases factuelles communes,
  2. le renforcement de la confiance dans les institutions,
  3. la mise à disposition d’outils permettant d’adapter les politiques et les organisations en fonction de l’évolution des circonstances.

L’article met également en avant des méthodes permettant à améliorer ces trois piliers.

Comment la science conseille-t-elle les autorités publiques?

Jacques Cornuz, ex-directeur d’Unisanté, professeur honoraire de l’Unil, et Camille Velard, responsable de recherche à Unisanté, écrivent à propos de l’importance d’un dialogue entre scientifiques et responsables politiques dans un contexte marqué par l’évolution rapide des connaissances. Les méthodes de développement de consensus comme Delphi ou Delphi rapide «ne produisent pas de nouveaux faits scientifiques, mais offrent un outil précieux pour synthétiser les connaissances disponibles et soutenir une décision politique éclairée.»

«Les universitaires ont le devoir de défendre les systèmes de connaissance ouverts tels que Wikipédia»

Bien qu’elle soit l’ouvrage de référence le plus consulté jamais créé, Wikipédia est confrontée à des défis existentiels posés par les entreprises spécialisées dans l’IA générative, puisque leurs produits lui font perdre du trafic. Helen Choi, Maître de conférences en pratiques de communication technique à l’Université de Californie du Sud, soutient que les universitaires, en vertu de leurs responsabilités en tant que chercheurs et enseignants dans l’enseignement supérieur, ont le devoir éthique de défendre et de soutenir les communautés de connaissances ouvertes telles que Wikipédia.

Le service public des scientifiques, comme la contribution à Wikipédia, passe largement inaperçu lors de l’évaluation des chercheur·es, constate Helen Choi : «Les institutions doivent reconnaître les initiatives telles que la contribution à Wikipédia et leur apporter des ressources et un soutien. Cela pourrait également contribuer à remédier à la perte de confiance du public envers l’enseignement supérieur lui-même, car un engagement accru au service du public permettrait de réaffirmer le rôle des universités en tant que gardiennes du savoir, dont la raison d’être est de servir l’humanité – un rôle que partage Wikipédia.»

Copernicus : les données satellitaires, sources de savoir et d’innovation, au service de la société

Michael Schaepman, recteur de l’Université de Zurich et expert en télédétection, et Wolfgang Wagner, doyen de l’Université technique de Vienne et co‑fondateur du Earth Observation Data Centre, expliquent pourquoi le programme d’observation de la terre de Copernicus est aujourd’hui un programme plus essentiel que jamais. Le premier qualifie ce programme de «meilleur de programme du monde».

Dans un post sur LinkedIn, Reto Knutti, climatologue à l’ETH contextualise cette prise de position: «Contre la volonté du Parlement, le Conseil fédéral s’est prononcé en 2024 et 2026 contre [le la participation Suisse au] Copernicus ECMWF. La motion Fivaz [«Participation dans les plus brefs délais au programme Copernicus»] remet cette question à l’ordre du jour. Le Conseil national a déjà voté en faveur de cette motion ; le Conseil des États se prononcera dans quelques semaines.»  Reto Knutti s’était également prononcé en faveur d’une participation suisse au programme.

«Le potentiel de l’IA est tellement incroyable que cela va révolutionner toute la physique»

Professeur en apprentissage automatique dans le domaine des sciences dans l’Université Tübingen, Mario Krenn utilise l’intelligence artificielle pour concevoir des expériences qui dépassent l’imagination humaine. Dans cet entretien, il explique comment un algorithme a réussi en une nuit à résoudre un problème sur lequel il avait échoué pendant deux mois.

Quel conseil scientifique au service de la Confédération?

Le 9 avril 2024, la Cour européenne des droits de l’homme a été la première instance judiciaire internationale à statuer que la protection du climat est un droit de l’homme. La Suisse, selon l’arrêt rendu par les dix-sept juges, porte atteinte aux droits fondamentaux des plaignantes à plusieurs égards. Elle reste sous la surveillance du Conseil de l’Europe et doit rendre compte régulièrement au Comité des ministres de la mise en œuvre de l’arrêt rendu dans l’affaire des «Aînées pour le climat Suisse».

Après plusieurs cycles d’examen, une recommandation essentielle n’a toujours pas été mise en œuvre : la Confédération devrait désormais s’appuyer sur les conseils d’un comité scientifique national indépendant pour élaborer sa politique climatique.

Le gouvernement fédéral envisage plutôt d’instaurer à l’avenir un échange régulier par le biais d’un forum sur le climat et le changement global intitulé «Pro Clim». Le chef du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication – c’est-à-dire le conseiller fédéral Albert Rösti, qui, selon Republik, ne considère pas que la canicule dévastatrice de cet été ni, d’une manière générale, la crise climatique soient si graves – est censé rencontrer régulièrement un réseau scientifique. Sans aucun engagement et sans que l’organisation «consultative» ne dispose d’une indépendance, d’un mandat légal, de responsabilités et de compétences clairement définies, ni d’un budget pour cette nouvelle mission.

Plusieurs spécialistes estiment qu’il faudrait un organisme permanent, institutionnellement indépendant, composé de représentants de divers horizons scientifiques et doté d’un financement suffisant – et d’un mandat légal clair.

«Antifa: une alma mater en péril»

L’historien étasunien Mark Bray, spécialiste de l’antifascisme, tenait mercredi soir une conférence à l’Unil.

En 2025 la Maison-Blanche a classé les antifas comme terroristes, et le chercheur a été mis sous pression pour le choix de son domaine d’étude par la suite. «Il juge par ailleurs qu’il existe un certain conformisme au sein des institutions académiques face aux restrictions budgétaires décidées par Donald Trump à l’encontre de programmes considérés comme progressistes, notamment liés à la diversité ou au climat. «La plupart des universités sont finalement contentes de couper les fonds obtenus de haute lutte dans les années 1960 à 1980, mais qui ne sont pas profitables dans une vision néolibérale de l’université», décrypte-t-il.»

Événement national sur l’IA dans l’enseignement des hautes écoles

«À quoi ressemble un enseignement pérenne dans les hautes écoles à l’ère de l’intelligence artificielle ? L’événement «l’IA dans l’enseignement des hautes écoles» se consacre à cette question dans une perspective stratégique et prospective : comment l’enseignement et l’apprentissage évoluent-ils avec l’IA, comment les hautes écoles peuvent-elles façonner ce changement de manière autonome, et quelles chances et quels risques l’IA comporte-t-elle pour la mission fondamentale des hautes écoles en matière de formation et de formation continue ?

L’ETH Zurich organise l’événement en collaboration avec l’Université de Zurich et sur mandat de swissuniversities. Il aura lieu le 1er avril 2027 sur le Campus Hönggerberg à Zurich.»

La science subit une pression croissante de la part de l’IA et du monde politique

«La disponibilité d’un volume croissant de données et l’intelligence artificielle sont fantastiques», déclare le physicien climatique Reto Knutti de l’EPFZ, mais le contrôle de la qualité et la mise en perspective font souvent défaut. «Chacun a l’impression d’être lui-même un expert.» Il n’est donc pas surprenant que, selon la dernière étude PISA de l’OCDE, 43 % des jeunes fassent davantage confiance à leur propre bon sens qu’à la science.

Silke Fürst, spécialiste en sciences de la communication à l’université de Zurich, estime qu’il est important que les scientifiques veillent à ce que les modèles d’IA puissent les détecter comme expert·es. D’autre part, il est important que des informations fiables continuent à faire l’objet d’un débat public, par exemple dans les médias.

Michael Hermann, politicologue de l’Institut de recherche Sotomo, juge que pour les expertes et experts qui s’exposent et se forgent une notoriété, l’IA représente une opportunité, car les gens continuent de rechercher davantage que de simples informations anonymes générées par l’IA.

Reto Knutti regrette par ailleurs que la science soit mise sous pression par la politique, aussi en Suisse: des études seraient interprétées de manière sélective, des publications retardées ou des communiqués de presse réécrits sur ordre des responsables politiques.

Six principes pour défendre la liberté académique dans les universités

Sarah de Rijcke, rectrice de l’Université de Leiden, estime que la liberté académique et l’autonomie des universités sont essentielles à la production d’un savoir fiable. Face aux pressions politiques, économiques et sécuritaires qui affectent la recherche dans plusieurs pays, elle propose six principes : protéger l’indépendance de la recherche, préserver la recherche fondamentale, reconnaître le rôle démocratique des universités, équilibrer sécurité et ouverture, protéger les chercheurs contre les pressions et renforcer la transparence envers la société. Selon elle, sans ces garanties, la qualité et la crédibilité des connaissances scientifiques risquent de s’affaiblir.

«Un professeur proche de l’AfD»

Un professeur de l’université de Lausanne, Michael Esfeld, donnera une conférence pour une fondation liée au parti d’extrême droite allemand AfD, la Desiderius Erasmus Stiftung. «Le professeur souligne également qu’il ne s’exprimera ni au nom de l’université de Lausanne, ni d’aucune autre institution mentionnée dans sa présentation.»

L’attachée de presse de l’Unil affirme qu’elle «n’engage pas l’université de Lausanne». «Monsieur Esfeld est soumis, comme tout universitaire, aux limites légales de la liberté d’expression».

«Rima Hassan à l’Uni de Genève: le rectorat défend sa décision»

«Devant comparaître en octobre en France pour «apologie du terrorisme», la militante pro-palestinienne Rima Hassan participera à une table ronde le 23 septembre à l’Unige. Thème de la rencontre annoncée: «Médias et Palestine: la bataille des récits». Un membre du corps enseignant relaie des critiques de ses collègues sur la tenue de cet événement», notamment  «l’absence de tout membre académique de l’Unige à cette table ronde, «alors que beaucoup parmi eux ont une expertise sur le sujet», et que «des propos flirtant avec l’antisémitisme fusent au cours de la rencontre». Les organisateurs·rices de la table ronde affirment qu’«aucun propos discriminatoire, raciste, antisémite, islamophobe, xénophobe, sexiste ou haineux ne sera toléré».

Comment protéger la science contre les ingérences politiques ?

Walter Rosenthal, président de la Conférence allemande des recteurs d’université, se penche sur cette question dans la perspective des prochaines élections régionales. Dans cette interview, il explique quelles mesures ont été prises face à la potentielle montée au pouvoir de l’extrême droite. Il s’inquiète notamment des atteintes annoncées à la liberté des établissements d’enseignement supérieur de déterminer leurs thèmes de recherche et leurs programmes d’enseignement constitueraient une violation de la liberté scientifique protégée par la Constitution. La suppression prévue du système licence-master nuirait durablement à la mobilité des étudiants.

«Sur le plan politique, les directions des établissements d’enseignement supérieur sont […] tenues à la neutralité, mais il y a des limites. Si, par exemple, la Loi fondamentale est bafouée ou menace de l’être, alors chacun doit adopter une position très, très claire. Nous devons sans cesse rappeler que la solidarité entre les institutions scientifiques, mais aussi la solidarité avec d’autres groupes sociaux, est un élément central. Et cela implique que nous adoptions une position claire.»

La science neutre face aux décisions politiques ? Regard du climatologue Reto Knutti

Dans un entretien accordé au Tages-Anzeiger, Reto Knutti, climatologue et professeur à l’ETH Zurich, questionne la frontière entre science et politique face à l’urgence climatique.

Selon lui, les scientifiques ne peuvent plus se contenter de livrer des chiffres bruts, ils doivent expliciter les conséquences et éclairer les différents choix politiques. Il rappelle que la Suisse est le seul pays à avoir validé l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 par une votation populaire.

Il déclare : «Les faits scientifiques ne dictent ni décisions politiques ni actions sociales. Chaque action est le résultat d’un processus de négociation politique. Mais la science du climat et la politique se sont longtemps accrochées à l’idée fausse que si les faits sont suffisamment clairs, la politique et la société feront ce qu’il faut. C’était une erreur fatale. Au plus tard lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague en 2009, il est devenu clair que les faits sont parfaitement clairs, mais qu’un accord mondial ne se fait pas par hasard. Aujourd’hui, nous n’avons pas principalement un problème de connaissance, mais un problème de mise en œuvre. Il s’agit de communication, de psychologie perceptuelle, de politique, de diplomatie, de coûts et d’avantages. Nous avons inclus tous ces aspects et disciplines bien trop tard.» (Tages-Anzeiger)

«Pourquoi la science doit renforcer son contrat social»

Face à la défiance croissante envers la science, Peter Gluckman, président du International Science Council (ISC), appelle à renforcer le contrat social de la science en améliorant la communication avec les politiques et en explicitant ses contributions à la société.

Il préconise un engagement accru des scientifiques auprès des ministères, de la société civile et des entreprises pour garantir le bien-être humain et environnemental.

Editorial critique à la nouvelle stratégie scientifique américaine «de l’âge d’or»

Cet éditorial de Nature analyse de manière critique le rapport « Science: A New Golden Age », publié par la Maison-Blanche sous l’administration Trump et présenté comme une feuille de route pour relancer le leadership scientifique américain.

L’article reconnaît que le rapport soulève des questions importantes sur l’avenir de la recherche, notamment le financement des projets à haut risque, l’amélioration des infrastructures scientifiques et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la recherche. Il met également l’accent sur des domaines stratégiques comme l’IA, l’informatique quantique, les semi-conducteurs, la robotique, l’énergie nucléaire et l’espace.

Cependant, les auteurs estiment que le plan souffre de plusieurs lacunes majeures :

  1. Manque de consultation transparente
    • Contrairement au célèbre rapport de 1945 de Vannevar Bush (Science: The Endless Frontier), qui avait été élaboré avec une large participation des communautés scientifiques, le nouveau rapport ne précise pas quels experts ou institutions ont été consultés.
    • Cette absence de transparence intervient dans un contexte où l’administration Trump a réduit le rôle des conseils scientifiques indépendants.
  2. Vision trop étroite de la recherche
    • Les priorités se concentrent principalement sur les sciences physiques, l’ingénierie et les technologies ayant un intérêt pour la sécurité nationale.
    • Des domaines essentiels comme la santé publique, le changement climatique, les sciences sociales et les humanités sont largement absents.
  3. Sous-estimation des défis sociétaux
    • Selon l’éditorial, les sciences sociales et humaines sont indispensables pour comprendre et gérer les effets profonds de l’IA sur les sociétés.
    • Les menaces liées aux pandémies ou au changement climatique sont également des enjeux majeurs de sécurité nationale qui mériteraient davantage d’attention.
  4. Absence de dimension internationale
    • Le rapport ne met presque jamais en avant la coopération mondiale ou les partenariats internationaux.
    • Cette approche est jugée irréaliste, car les grandes avancées scientifiques reposent historiquement sur la circulation des chercheurs, des idées et des collaborations entre pays.

Pour l’éditeur de Nature, le rapport représente une occasion manquée. Alors qu’il ambitionne de devenir l’équivalent moderne du rapport fondateur de 1945, il adopte une vision trop limitée, centrée sur certaines technologies et sur des priorités nationales. Les auteurs soutiennent qu’un véritable « âge d’or » de la science américaine nécessiterait :

  • une participation plus large de la communauté scientifique ;
  • un soutien aux sciences sociales, à la santé publique et aux humanités ;
  • une ouverture aux talents du monde entier ;
  • et un engagement accru dans la coopération scientifique internationale.
«Six façons de placer le public au cœur de la science et de la politique»

L’article de Nature présente six methodes pour impliquer les citoyen·nes dans la recherche et l’élaboration des politiques. Car, selon les auteurs et autrices, «ce sont les gouvernements, sur les conseils des scientifiques, qui décideront de la manière dont les pays réagiront faces aux défis actuels impliquant les sciences et la technologie [IA, transition énergétique, préparations à des futures pandémies]. Pourtant, le public est rarement consulté sur les décisions qui conditionnent la vie de nombreuses personnes.»

«À l’heure où la confiance envers les gouvernements s’effrite dans de nombreuses démocraties et où les populistes présentent les scientifiques et les institutions universitaires comme des «élites» indignes de confiance, il est essentiel d’associer le grand public à la recherche et à l’élaboration des politiques. Cela permettrait de renforcer la confiance et de conférer davantage de légitimité à la recherche universitaire et aux politiques gouvernementales. Les citoyens sont en effet plus enclins à soutenir — et à défendre — les avis scientifiques auxquels ils ont contribué. […] But first, academic and policy elites need to trust the public.»

 

Faut-il plus d’études holistiques ?

Luc Saner, co-initiateur du Komitee für die Einheit der Wissenschaft und ein echtes Studium
generale et ancien parlementaire à Bâle-Ville (PLR) et auteur du livre «Allgemeiner Teil der Wissenschaften» (2023) et Beat Berber, membre du comité et spécialiste de communication pour les hautes écoles plaident pour plus d’unité dans la science pour répondre aux défis contemporains. Bien que les progrès scientifiques ont rarement été aussi importants qu’aujourd’hui, ils ne traduiraient pas assez en résolution de crises mondiales.

Les auteurs déclarent : « L’humanité ne tire pas suffisamment parti de la proposition désormais élevée de diplômé·es de l’enseignement supérieur occupant des postes à responsabilité. La communication au sein de la communauté scientifique est principalement guidée par des intérêts particuliers et une étroitesse d’esprit ». 

Ils citent entre autres un sondage de Nature qui indiquerait que «73 % des chercheurs n’y connaissent rien en politique ; à l’inverse, 80 % des politiciens ne comprennent pas comment fonctionne la science.»

Pour répondre à la fragmentation entre science et politique, il faudrait « un changement de paradigme vers l’unité de la science ». 

Claudio Bassetti a été choisi comme nouveau recteur de l’USI

Claudio Bassetti prendra ses fonctions le 1er septembre. Ce neurologue compte plus de 30 ans d’expérience clinique, universitaire et de gestion. Il est actuellement doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Berne et, depuis 2024, également directeur de la recherche et de l’enseignement (DLF) à l’Inselspital de Berne, en tant que membre votant de la direction générale.

Le Corriere del Ticino évoque le prédécesseur Boas Eres (01.09.2016-09.05.2022) et Luisa Lambertini (01.07.2023 – 31.12.2025), qui auraient vécu des tensions avec le Conseil de l’université.

«Rappelons une interview datant de mai 2024, dans laquelle la rectrice elle-même définissait la notion de normalité dans le milieu universitaire et soulignait : «La normalité ? Une université dont la gestion relève entièrement du rectorat et dont le Conseil n’assure que la haute surveillance. C’est un processus, et je pense qu’il reste encore du travail à accomplir dans ce sens. Nous essayons de revenir à cette normalité.»

Par ailleurs, l’USI souligne dans son communiqué que «dans le cadre de sa double fonction de doyen et de directeur du DLF de l’Inselspital, Claudio Bassetti s’est engagé sans relâche à renforcer la collaboration entre l’université et l’hôpital, en promouvant l’excellence dans les soins, l’enseignement et la recherche».

«Cette remarque semble aujourd’hui déterminante dans le choix de l’Université de la Suisse italienne, notamment dans la perspective du développement de la recherche dans le domaine biomédical et de la mise en place d’un hôpital universitaire», estime l’auteur de l’article du Corriere del Ticino.

Dans une interview accordé à La Regione, Claudio Bassetti affirme que l’université doit en effet être indépendante [de la politique], avec une relation clairement définie par les mandats.

Selon le futur recteur, «Une université aussi petite doit optimiser les synergies : la force de cette université, comme celle des autres, devra être supérieure à la somme des capacités et des compétences individuelles.»

Par ailleurs, il souligne l’importance de l’efficacité du financement et de l’excellence, «qui ne sera pas seulement évaluée en fonction des publications et des fonds ; l’excellence, c’est aussi la capacité à collaborer, à promouvoir les jeunes et à avoir un impact. C’est une culture de l’excellence que je souhaite définir comme plus large que ce que peut être la vision originelle du «toxic performer», du charognard qui ne vit que pour lui-même. […]

Mesurer l’excellence est une tâche difficile : il ne s’agit pas simplement de formules. J’ai choisi le terme « humanisme », mais on pourrait aussi parler de «Renaissance de l’Usi», précisément parce que je m’inspire de ces principes, de ces valeurs : la place centrale de l’homme et de la personne comme fin ultime de l’effort ; le dialogue entre les sciences exactes et les sciences humaines ; une responsabilité civique vis-à-vis de ce que l’on fait.»

À propos de son rapport à la politique, pour lui «il est clair qu’il faut comprendre les besoins, les sensibilités, voire les critiques ; c’est pourquoi je serai à l’écoute. Mais la politique ne peut dicter les politiques universitaires : elle régit les mandats, les contrats de prestations, mais il faut préserver une indépendance fondamentale.  [..] Je ne ferai pas de politique au sens classique du terme ; je serai présent, comme je l’ai déjà dit, j’écouterai beaucoup. Et je prendrai également la parole.»

« La science n’est pas un parti » déclare la présidente de swissuniversities

Face à la montée de la défiance, des « vérités alternatives » et de l’instrumentalisation politique de la recherche, la présidente de swissuniversities Luciana Vaccaro souligne l’urgence de défendre la science pour en protéger l’intégrité.

De retour de la conférence annuelle de l’European University Association (EUA), elle rappelle que cette tendance menace l’équilibre financier, administratif et intellectuel des universités. Un tel déclin risque d’impacter directement les étudiant·es et de conduire à des décisions fondées sur l’ignorance.