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Sujet: science citoyenne

Le Centre de recherche sur les écosystèmes d’altitude (CREA) mise sur la science participative

Le projet  « JADE« ,  Jardins Associés pour le Développement d’un tourisme scientifique en montagne, créé en 2017 par le Centre de recherche sur les écosystèmes d’altitude (CREA Mont-Blanc) et le Jardin alpin Flore-Alpe de Champex-Lac, est installé sur l’alpage de Loriaz. Ce projet s’inscrit dans le cadre de plusieurs protocoles de science participative dédiés à l’étude du changement climatique.

Selon le chercheur en écologie du CREA Colin Van Reeth , «cette approche collaborative avec des bénévoles multiplie les regards sur le terrain et sensibilise le public à l’environnement.» Selon le site web du projet «au-delà de son impact sur l’activité locale et les revenus qu’il génère, il offre également une opportunité unique de sensibiliser le public à la beauté de la montagne et à la nécessité de préserver ces écosystèmes fragiles.»

Lancement de «Science Comes to Town»

«Science Comes to Town, la nouvelle initiative phare européenne visant à renforcer la confiance et l’engagement des citoyens dans la science, a été officiellement inaugurée aujourd’hui à Split, en Croatie, en présence de représentants européens, nationaux et locaux, de scientifiques et d’innovateurs.

Ce lancement marque une étape importante dans le rapprochement de la science des citoyens et des communautés locales, soulignant le rôle des villes en tant qu’acteurs clés pour faire se rencontrer la science, la société et la politique. Science Comes to Town promeut de nouvelles façons d’impliquer directement les citoyens dans la recherche et l’innovation dans leur environnement quotidien, démontrant l’importance de la collaboration entre l’Union européenne, les États membres et les autorités locales»

Cahier des bonnes pratiques : Science et société à l’Université

«Le groupe de travail Science et Société de France Universités, […] présente Le cahier des bonnes pratiques : Science et Société à l’Université. Il est un outil pensé pour partager les pratiques et les dispositifs mis en œuvre par les universités avec les professionnels de la communication scientifique, les enseignants-chercheurs impliqués dans la promotion de la culture scientifique, technique et industrielle, et avec celles et ceux qui s’intéressent et s’impliquent dans le partage du discours scientifique pour tous les publics.»

Plaidoyer pour l’encouragement de la science citoyenne

Yves Flückiger, président des Académies suisses des sciences, plaide pour encourager la science citoyenne : «Pour bâtir un avenir où la science inspire confiance et progrès, il est essentiel de promouvoir la participation citoyenne et de consolider les liens entre la science et la société, deux missions qui sont au coeur de l’activité des Académies suisses des sciences.»

L’EPFL lance un projet participatif pour évaluer la santé du Lac Léman
«L’EPFL a lancé un projet de science participative dans le but de mesurer l’état de santé du lac Léman, indique la haute école jeudi. Dans ce cadre, elle recherche des bénévoles possédant une embarcation pour récolter jusqu’en octobre 2025 des données sur la clarté des eaux du plus grand lac alpin. […] Dirigé par l’Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL), le programme est mené en collaboration avec l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies de l’eau (Eawag), l’Université de Lausanne (UNIL) et l’Association pour la Sauvegarde du Léman (ASL).»
Enfants et chercheurs développent des visions pour un monde durable

« À quoi pourrait ressembler la vie dans une économie circulaire ? L’Empa et la Haute école pédagogique de Saint-Gall (PHSG) veulent développer, en collaboration avec des enfants doués, des visions pour un avenir durable et les consigner dans un livre illustré pour enfants. Les visions combinent la créativité des enfants et l’expertise des chercheurs.»

La science citoyenne

La science mise de plus en plus sur la participation de bénévoles pour faire avancer des questions de recherche. Les hautes écoles zurichoises sont pionnières dans le domaine de la «science citoyenne». En 2017, l’Université de Zurich (UZH) et l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich (EPFZ) ont créé le Citizen Science Center Zurich afin d’accueillir les contributions de la part de chercheur·euse·s amateur·ices. Il s’agit d’analyser des images satellites par exemple pour estimer les dégâts causés par des catastrophes naturelles, ou d’évaluer la communication sur les médias sociaux. Selon la directrice du centre Maria Rosa Mondardini, la citizen science est un outil puissant, car il permet d’effectuer les tâches pour lesquelles l’intelligence artificielle s’y prête moins. 

De plus, mener des projets de recherche en collaboration avec la population permettrait aux citoyen·nes impliqué·es de mieux comprendre comment se déroule le processus scientifique. Ainsi, la science citoyenne peut servir comme outil de communication et de compréhension entre la science et la population.

Méthodes pour tisser le dialogue entre scientifiques et citoyen-ne-s

«La crise sanitaire a mis en lumière le fossé entre la communauté scientifique et le grand public. A l’heure des théories du complot et de la méfiance à l’égard des progrès technologiques, il est plus que nécessaire de bâtir une société de la connaissance.»

Le Monde présente, entre autres, l’Espace Mendès France, qui, dans la lignée de sa démarche d’éducation populaire, «expérimente des ateliers pour apporter la science au plus près du terrain» et un programme de dialogue entre chercheur-e-s et lycéen-ne-s (le Pacte mondial des jeunes pour le climat). Dans un article, Véronique Kleiner, médiatrice scientifique, parle de sa stratégie pour atteindre un public d’agriculteurs-rices ou de familles du cru pour des événements de médiation scientifique: «Nous faisons de la science sans en avoir l’air.»

Nouveau site web pour réunir les études cliniques des HUG et de l’UNIGE

Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et la Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE) se dotent d’un site web pour y réunir l’ensemble de ses recherches. Le site recherche.hug.ch a comme premier objectif de pouvoir mieux communiquer avec les participant·e·s d’études cliniques.

«Participer à une étude clinique signifie contribuer au développement de la science médicale, mais aussi potentiellement bénéficier de traitements nouveaux en échange de données de santé. Les bénéfices mais aussi les risques doivent impérativement être exposés aux volontaires au préalable», déclare l’initiatrice du projet, Nadja Elia, qui travaille pour l’UNIGE et pour les HUG en tant qu’anesthésiologiste.

La popularité grandissante de la « citizen science »

La science citoyenne, en anglais « citizen science » est de plus en plus populaire en Suisse. Selon une nouvelle étude de l’Université de Zurich, jusqu’à 48% des Suisses s’intéressent à participer à des projets de recherche en tant que volontaires en collaboration avec des chercheur-euse-s. Ainsi, les projets se multiplient. En avril dernier par exemple, l’institut de recherche Agroscope a envoyé un millier de pantalons et de sachets de thé à des volontaires qu’ils devaient enterrer dans leur jardin pour mesurer la qualité du sol en fonction de la décomposition. Souvent, l’engagement est profitable à la communauté scientifique ainsi qu’aux citoyen-ne-s même, comme démontre l’exemple du registre suisse de la sclérose en plaques. Depuis 2016, elle documente la propagation nationale de la SEP et la qualité de vie des patient-e-s – avec l’aide des personnes concernées qui remplissent des questionnaires sur leur expérience de la maladie chaque dix mois.

Scientifiques : « retour dans la tour d’ivoire ! »

Selon un journaliste de la NZZ, l’idée que tout·e citoyen·ne pourrait devenir chercheur·euse serait un leurre qui mettrait en danger l’activité scientifique. D’après lui, depuis les années 1980, une crise de confiance en l’institution scientifique aurait eu lieu et aurait contraint les chercheur·euse·s à entrer en dialogue avec la société. Cependant, comme toute profession, l’activité scientifique impliquerait des compétences spécifiques dont ne pourraient bénéficier que les personnes ayant reçu une formation spécialisée.
L’auteur de l’article juge qu’il est impossible que la science citoyenne mette des citoyen·ne·s chercheur·e·s à égalité avec des chercheur·e·s professionnel·le·s. La popularisation des sciences serait une idée séduisante, mais les sciences devraient veiller à ne pas perdre leur indépendance en se popularisant.

Les projets en sciences citoyennes se multiplient

Des scientifiques du monde entier ont partagé leur expérience dans le domaine des sciences citoyennes (projets intégrant le public et la recherche) lors de la Conférence internationale de l’European Citizen Science Association (ECSA), organisée la semaine dernière (3 au 5 juin 2018) à Genève. Les sciences participatives, dont les projets se multiplient, combleraient un vide, en s’appuyant sur les savoirs de la population. Selon Bruno Strasser, Directeur du laboratoire Bioscope de l’Université de Genève et historien des sciences, «les chercheurs profitent de la dispersion des humains sur de grandes surfaces, de leur temps libre et de leur volonté de participer pour récolter des données. Il s’agit d’un partenariat».

Science citoyenne – un «système de milices» pour les sciences?

Le chroniqueur Servan Grüniger estime «La recherche scientifique souffre du fait qu’elle est entièrement conçue, réalisée et évaluée par des universitaires. En particulier dans les sciences humaines et sociales, cela peut compromettre la pertinence et validité des résultats de recherches. […] La Science citoyenne pourrait rendre la recherche plus variée et complète de point de vue du contenu et méthodologie. […] Les scientifiques-citoyen·ne·s sont trop souvent une main-d’œuvre gratuite qui assume du travail de forçat académique. » Il plaide pour une science de milice, à l’image du parlement de milices.

La NZZ a créé un débat de lecteurs sur la question, si la science citoyenne devrait être mieux encouragée et rémunérée, comme suggéré par Servan Grüniger.

La science citoyenne à l’Université de Zurich

L’Université de Zurich crée un centre pour la science citoyenne. Pour faire face aux doutes de certain·e·s chercheur·e·s, Daniel Wyler, professeur à l’Université de Zurich, a lancé la rédaction de directives, qui permettent d’assurer la qualité des données collectées par des bénévoles. D’autres points traités concernent l’infrastructure, des accords bien définies avec les bénévoles quant à leur reconnaissance dans les publications et la question de protection de données. Ainsi, les projets de sciences citoyennes auraient la possibilité d’obtenir des fonds FNS, sous condition qu’ils soient partenaires d’institutions scientifiquement reconnues.

Pourquoi la science donne de faux espoirs

Des chercheur·euse·s aux journalistes, la communication peut prendre le pas sur les résultats de recherches scientifiques et promettre la prochaine révolution fondamentale dans un domaine d’études. Mais l’amplification des promesses commence avec les chercheur·euse·s mêmes, qui ont tendance à exagérer la portée de leurs résultats, estime Alain Kaufmann, responsable de l’interface sciences – société à l’UNIL. Tributaires d’une vision très utilitariste de la science, ils doivent souvent préciser l’impact attendu des travaux pour certaines demandes de financements (les ERC par exemple), ce qui conduit à une inflation des promesses afin d’obtenir des financements. Le risque est de créer « un fossé » entre les attentes du public et l’état réel des connaissances. Les concepts de sciences citoyennes et de recherche participative pourraient amener une solution, en faisant découvrir au grand public la véritable pratique scientifique dans toute sa complexité, estime Bruno J. Strasser, historien des sciences à l’UNIGE.

Le cours de science peut produire des résultats concrets

Alors que la Confédération finance la recherche énergétique à hauteur de centaines de millions de francs, certain·e·s scientifiques dénoncent les tentatives de la part des milieux politiques de s’approprier les recherches scientifiques ou de les influencer, notamment lorsque les études sur des sujets politiquement controversés contredisent leurs buts. Pour Ralph Eichler, ancien président de l’EPFZ, «chaque scientifique estime différemment les faits et les risques, en fonction de ses expériences et de ses préférences. La science ne peut ainsi pas orienter les décisions politiques de manière parfaitement neutre.»

Un jeu vidéo pour faire avancer la recherche scientifique
Des scientifiques de l’Université de Genève se sont alliés avec le jeu vidéo populaire EVE online pour demander à des centaines milliers de joueurs d’aider à découvrir des nouvelles exoplanètes. « Il y a des situations où l’ordinateur n’est pas meilleur que l’homme » note Professeur Michel Mayor « et c’est là où les milliers de joueurs peuvent contribuer du nouveau ». L’instigateur dans tout cela est le valaisan Bernard Revaz qui dirige une start-up spécialisée dans l’introduction dans les jeux vidéo. Ici, il intègre les données astronomiques dans le jeu, c’est le deuxième projet qu’il mène avec EVE online. « Il y a à l’intérieur des utilisateurs du web une demande très forte pour avoir des activités qui sont plus enrichissantes, des activités qui vont dans la direction de la formation, de tâches humanitaires et de d’un enrichissement personnel. »

 

Un jeu invite à traquer les accents de Suisse romande… pour aider la science

Des linguistes de l’Université de Zurich étudient la perception des accents en Suisse à travers un jeu mis en ligne cette semaine, dans lequel les participant·e·s doivent essayer d’associer des accents à une région. Les données collectées serviront à déterminer dans quelle mesure les gens sont capables de reconnaître un accent ou quels indices les y aident.