«La multinationale Philip Morris aurait financé des études menées sur les enfants au sein de l’Université de Genève dans les années 1990. Selon une enquête de l’association anti-tabagisme OxySuisse parue jeudi, des centaines de mineurs dès neuf ans auraient été enrôlés à des fins marketing.»
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Sujet: collaboration hautes écoles – entreprises privées
L’Université de Fribourg a remporté un appel à projets lancé par La Mobilière. Financé par la compagnie d’assurance, un centre interdisciplinaire étudiera la pérennité de notre société et de notre économie. Le but étant de développer des solutions concrètes pour renforcer la résilience de la Suisse. Ce pôle travaillera en prise directe avec le terrain. L’idée sera notamment de collaborer avec des entreprises sur des cas pratiques, mais aussi de présenter des projets hors des murs de l’université. À moyen terme des formations continues pourraient aussi être proposées.
Pour la rectrice, Katharina Fromm, ce projet répond à un besoin sociétal. Le sentiment d’angoisse et le besoin d’assurance augmenteraient au sein de la population, en particulier chez les jeunes.
Quant à la question des fonds privés et l’indépendance de la recherche, la rectrice insiste sur la mission de « transférer le savoir à la société » et insiste sur de nombreuses règles qui protègent la liberté académique lors de collaborations avec des entreprises.
Des associations universitaires (Suisse, UK, Canada, Nouvelle-Zélande) réclament que le 10ème programme-cadre (FP10) d’Horizon Europe reste axé sur la recherche fondamentale motivée par la curiosité, craignant une soumission aux impératifs industriels ou de défense.
Ces faîtières universitaires, dont swissuniversities, « craignent que les priorités de recherche ne soient reléguées au second plan au profit de besoins technologiques immédiats, ou que le nombre de projets liés à la défense – dont ils seraient exclus – ne se multiplie ».
Dans une lettre ouverte adressée à la présidente du Conseil de l’UE et à la Commission européenne, ces organisations affirment que la recherche fondamentale et les subventions collaboratives du FP10 doivent rester résolument axées sur la recherche. (Science Business)
«Une haute école, même privée, peut-elle garder secrets ses contrats passés avec des entreprises de l’industrie du tabac? Plutôt non, estime la Cour de droit administratif et public vaudoise (CDAP), qui vient de donner un début de réponse dans une procédure qui oppose l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) à OxySuisse, association de lutte contre le tabagisme et l’influence de son industrie.»
L’un des laboratoires les plus prestigieux du géant technologique américain IBM, pionnier de l’informatique et leader mondial de l’intelligence artificielle, situé à Rüschlikon (Zürich), et l’ETH Zürich ont scellé un partenariat stratégique de dix ans.
Cette collaboration ambitieuse se concentre sur le développement d’algorithmes fondamentaux exploitant les lois de la physique quantique pour traiter des informations ultra-complexes.
L’objectif ultime de ce projet serait de construire d’ici 2029 le premier ordinateur quantique au monde capable d’effectuer des calculs sans erreur, marquant ainsi un tournant décisif dans les capacités de calcul de la science moderne.
À l’avenir, les étudiants de l’Ecole polytechnique de Zurich et les entreprises industrielles auront l’opportunité d’apprendre ensemble et les uns des autres à Zoug. La ville et le canton de Zoug ont présenté aujourd’hui le projet «ETH Learning Factory Zug». Dans une interview, le recteur Günther Dissertori évoque les objectifs et la vision de ce projet.
Une enquête de la Schweizer Radio und Fernsehen (SRF) révèle des liaisons problématiques entre les universités suisses et l’industrie du tabac, questionnant l’indépendance de la recherche. À l’EPFL, plus de soixante étudiant·es ont réalisé leur master ou un stage chez Phillip Morris International ces dernières années, une pratique qui n’est pas encouragée mais tolérée selon l’Ecole polytechnique.
L’association de prévention du tabac OxySuisse, financée en grande partie par la Confédération, révèle que plus d’un tiers des hautes écoles suisses ont entretenu de tels liens, profitant d’un cadre législatif helvétique très favorable aux industries du tabac. Face à la confusion entre recherche indépendante et contrats privés, des voix s’élèvent pour exiger des règles de transparence uniformes afin de protéger les institutions académiques de l’influence d’une industrie controversée.
La HES de la Suisse du Nord-Ouest FHNW annonce une collaboration avec Go Circular in Life Science et BaselCircular afin de renforcer un centre d’excellence pour l’économie circulaire dans les sciences de la vie.
L’objectif de cette initiative est de promouvoir des solutions circulaires tout au long de la chaîne de valeur de l’industrie régionale des sciences de la vie, de l’idée à la mise en œuvre concrète.
Le Zurich Insurance Group (Zurich), l’Université de Saint-Gall et l’EPFZ ont fondé un nouveau centre de recherche qui vise à repenser l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les assurances. Appelé «Zurich AI Lab», la collaboration a pour but de rechercher et développer de nouveaux modèles commerciaux, processus et offres dans le secteur des assurances. Elle garantit aux partenaires académiques une totale liberté de recherche. (Inside IT)
Des cadres de la compagnie d’assurance Zurich, des professeur·es, doctorant·es et étudiant·es de master travailleront sur des sites à Saint-Gall, Zurich et Singapour.
24 heures note la présence au Forum EPFL, organisé du 6 au 10 octobre, de quelques entreprises «controversées»: «les géants des matières premières Glencore et Vitol, condamnés pour corruption», ainsi que Philip Morris. L’ONG antitabac OxySuisse déplore la présence de ce dernier. Le Forum EPFL indique qu’il n’effectue «aucune sélection morale ou politique: notre rôle n’est pas de juger, mais de permettre la rencontre et le dialogue entre les étudiants et le monde professionnel».
En plus du soutien du canton, l’Université de Fribourg et la HES-SO Fribourg bénéficient d’un soutien financier de quatre entreprises proches de l’Etat: 70 millions de francs pour l’Université et 16 millions pour la HES-SO en 2024, de la part de la Banque cantonale de Fribourg BCF, de l’assurance cantonale des bâtiments ECAB du fournisseur d’énergie Groupe E ainsi que des entreprises de transport TPF. Des membres du Grand Conseil voulaient savoir dans quelle mesure les acteurs économiques locaux participaient aux coûts des institutions d’enseignement.
Un autre soutien de la part de ces organisme consiste à assurer des stages, des possibilités de formation appliquée et des placements professionnels aux étudiant·es des hautes écoles. «Dans ce contexte, le Groupe E et le TPF travaillent en étroite collaboration avec l’Université et la Haute école d’architecture et de technologie de Fribourg. Un exemple concret en est la promotion de la diversité et des carrières des femmes dans l’ingénierie par le Groupe E.» «L’ECAB soutient également des mandats sous forme de projets de recherche, accompagne des travaux de bachelor et finance des chaires.»
«Le Conseil fédéral maintient 24 milliards de fonds propres supplémentaires pour UBS. Or les experts censés évaluer la mesure sont souvent financés par le secteur bancaire.»
Le Swiss Finance Institute par exemple, financé par l’Association suisse des banquiers, complète les salaires de 27 professeur·es dans plusieurs établissement suisses: l’Université de Zurich, l’EPFZ, l’EPFL, ainsi que les Universités de Saint-Gall, Lucerne, Lausanne, Genève, Bâle et l’Università della Svizzera italiana. De plus, l’UBS et la Crédit Suisse ont fait des dons importants à l’UBS et à l’Université de Saint-Gall.
Deux experts interrogés sur la question de l’indépendance ne sont pas d’accord quant à l’existence d’un conflit d’intérêt qui empêcherait une recherche indépendante.
Dans le contexte où le Conseil doit décider sur les fonds propres pour l’UBS, l’auteur de l’article écrit : «on peut s’interroger sur le fait que le Conseil fédéral se fonde uniquement sur une expertise scientifique de l’académie pour trancher cette question cruciale des coûts.»
«Comme l’a appris la RTS, l’HEPIA à Genève a brièvement collaboré avec Philip Morris en 2021, révélant un lien inattendu entre une institution scientifique romande et l’industrie du tabac. La justice genevoise a ordonné la divulgation du contrat de confidentialité entre les deux partenaires, à la demande de l’association OxySuisse. […] Depuis plusieurs années, les universités de Suisse romandes et l’EPFL ne collaborent plus avec l’industrie du tabac et de la nicotine. »
Le leader mondial de l’IA OpenAI et le plus grand groupe européen de logiciels SAP souhaitent à partir de 2026 fournir des applications d’intelligence artificielle aux administrations, écoles, universités et autres institutions publiques en Allemagne. «L’Allemagne aura ainsi accès aux meilleures technologies aux conditions allemandes», a déclaré Julie Lavet, directrice européenne d’OpenAI.
Des millions d’employés dans l’administration, les instituts de recherche et les institutions publiques devraient ainsi pouvoir utiliser l’IA de manière sûre et responsable afin d’accomplir plus rapidement leurs tâches quotidiennes, d’automatiser la gestion des dossiers et d’améliorer les services aux citoyens, et ainsi gagner plus de temps pour se consacrer aux personnes plutôt qu’à la paperasse », ont promis les entreprises.
Par ailleurs, quelques nouveautés ont été annoncées par l’Université. L’institution compte désormais 6 facultés pour cette rentrée, dont la Faculté des sciences de l’éducation et de la formation. Un nouveau programme d’études secondaires de Master «Digital society» est proposé par la Faculté des lettres et des sciences humaines, «axé sur les dimensions et les conséquences sociales des technologies numériques dans les sociétés actuelles». Plusieurs cours du bachelor de théologie sont désormais disponibles en ligne. Le programme de bachelor «Sciences politiques» remplacera l’actuel «Politique et société» dès l’automne 2026, date à laquelle l’ensemble des études en bachelor pourront être suivies à distance.
Finalement deux professeur·es ont été nommé·es, chacun·e ayant obtenu un financement de 1,45 million de francs du Conseil Européen de la Recherche. (Frapp)
Le Gouvernement du canton du Jura a validé mardi une collaboration avec l’EPFL: elle aura un représentant permanent dans le Jura dès cet été. Il sera basé au Parc suisse de l’innovation à Courroux. Ses missions seront «de faire connaître aux entreprises jurassiennes les compétences de recherche des institutions du Domaine des EPF, puis de leur mettre ces compétences à disposition tout en contribuant ainsi à attirer et maintenir des jeunes talents dans le Canton du Jura. Le tout dans le but de favoriser l’innovation et tendre vers la diversification du tissu économique régional».
«Avec son HUB Entrepreneuriat et Innovation, l’Unil favorise des synergies nouvelles entre des étudiants et des acteurs sociétaux et économiques multiples. Une diversité de profils autour d’un même enjeu: innover au service du bien commun.» Anne Headon, directrice du HUB Entrepreneuriat et Innovation de l’Unil, et Emilie Romon Carnegie, responsable de son pôle d’expertise en innovation sociétale sont interviewées par Le Temps à ce sujet.
Le concessionnaire automobile Emil Frey offre 12,7 millions de francs à l’Université de Zurich (UZH) pour la création d’un nouveau centre de recherche sur la mobilité individuelle. Baptisé UZH Center for the Future of Personal Mobility, il sera rattaché à l’Institut de gestion d’entreprise de la Faculté des sciences économiques. Il y sera notamment étudié les effets de la politique des transports et du climat, les propulsions et carburants alternatifs, les concepts de mobilité innovants, l’infrastructure pour le chargement et le ravitaillement, le rôle des véhicules autonomes, les offres de partage et les services de transport basés sur des applications.
«Quelle sera la crédibilité de la recherche aux yeux du public si elle a été cofinancée par une entreprise qui a un intérêt économique dans les résultats?», demande Markus Müller, professeur de droit public et administratif à l’Université de Berne. «Le thème de la circulation individuelle des personnes est important et doit être étudié surtout dans le contexte de la politique climatique, mais pas avec le soutien financier d’une entreprise de distribution automobile», affirme-t-il.
Marc Chesney, professeur émérite de finances au Department of Finance de l’UZH est du même avis : «En principe, une telle somme se fait au détriment de l’indépendance», déclare-t-il. Selon lui, la transparence est importante et une publication du contrat entre l’université et l’entreprise Emil Frey serait utile. Il ajoute qu’à l’heure du réchauffement climatique, il faudrait plutôt encourager la recherche sur la mobilité publique.
Depuis 2018, l’UZH publie les dons et les contributions de sponsoring de plus de 100’000 francs pour les chaires de fondation dans une liste transparente. L’ordonnance de l’UZH sur la collecte de fonds stipule que les contributions de sponsoring ne doivent pas «porter atteinte à la liberté de la recherche et de l’enseignement» ni «compromettre la réputation et la crédibilité de l’université».
Emil Frey sera membre du conseil consultatif externe pour le centre de recherche, qui sera composé de représentant·es de l’académie et d’autres spécialistes. Le conseil consultatif conseillerait par exemple le centre dans la mise en œuvre des résultats de recherche.
Sur 738 chaires à l’UZH, 26 sont aujourd’hui financées par le secteur privé. Avec 65 millions, l’UBS finance cinq chaires de la faculté des sciences économiques.
L’Université de Saint-Gall (HSG) et l’EPF de Zurich lancent ensemble la « ETH-HSG Manufacturing Alliance ». Elles souhaitent ainsi renforcer la compétitivité de l’industrie suisse et encourager les jeunes talents. L’alliance réunit les forces des deux hautes écoles et donne de nouvelles impulsions à la recherche et à la pratique.
Actuellement, l’alliance compte 13 partenaires industriels : Roche, Novartis, Johnson & Johnson Innovative Medicine, Takeda, SHL Medical, Nestlé, Lindt & Sprüngli, Givaudan, Schneider Electric, Schindler, Endress+Hauser Flowtec, VAT Group et SFS Group.
Ils financent le projet à partir de janvier 2025 pour une durée de trois ans à hauteur de 2,1 millions de francs suisses au total.
Dans le cadre de ses recherches sur la mobilité, l’Université de Saint-Gall (HSG) reçoit 2,86 millions de francs par an de la part d’importateurs suisses d’automobiles. Les autres sponsors sont Porsche, BMW et Toyota.
«Il n’y a ni restrictions ni conflits d’intérêts», assure le directeur de l’Institut de la mobilité de la HSG, Andreas Herrmann. «Il est important que le professeur soit employé par l’université et non par le sponsor», précise Mathias Finger, professeur émérite de EPFL. «Il serait bon pour de nombreuses universités d’avoir des chaires plus proches de la pratique», ce qui favoriserait la recherche interdisciplinaire, ajoute-t-il.
Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), 8% des fonds des universités proviennent aujourd’hui de fondations ou sont des mandats de recherche privés. Selon l’OFS, la HSG a reçu, en 2023, environ 13,5 millions de francs de la part d’acteurs privés, en plus de l’argent de fondations. Ces financements interviennent dans un contexte de souhait de réduction des fonds publics par la Confédération, alloués aux hautes écoles et aux universités. Il s’agit de 460 millions de francs au total.
En juin 2023, la HSG a retiré à un professeur la direction de l’Institut de gestion de la chaîne d’approvisionnement pour cause de conflit d’intérêts, car les domaines d’activité de son entreprise privée se seraient chevauchés avec le mandat de recherche de l’institut.