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Sujet: entreprenariat et spin-offs

« Saint-Gall s’affirme comme un pôle de start-up »

L’Université de Saint-Gall, l’ETH Zurich et la Fondation START s’unissent au sein de la « Student Projet House » pour stimuler l’innovation et la réalisation de projets pratiques.

Ce partenariat, soutenu par un financement de 1,2 million de francs, permet le développement de projets multidisciplinaires visant à renforcer l’attractivité et la capacité d’innovation du canton. Saint-Gall veut ainsi s’affirmer comme un véritable pôle pour les start-up.

Les universités, de simples « usines à diplômes »? Rapport critique de l’Unesco

L’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture UNESCO a publié un rapport critique sur le rôle des universités encourageant ces établissement à se repositionner comme de «véritables acteurs de l’employabilité, en phase avec les besoins réels du marché du travail».

«Une focalisation excessive sur les programmes de diplômes traditionnels et les structures de qualification risque de réduire le rôle des universités à de simples usines à diplômes», indique l’UNESCO, qui appelle à «intégrer pleinement l’apprentissage personnel et social qui se déroule pendant les études supérieures ».

Le rapport suggère «un dialogue étroit avec les économies locales en transition». L’organisation souligne également que la simple interaction avec le marché du travail ne suffit pas et que les universités doivent favoriser l’esprit d’entreprendre et l’innovation.

«La valeur des diplômes s’est effondrée. L’IA change tout. »

«Dans un livre-choc, le chirurgien et conférencier français Laurent Alexandre plaide pour «l’arrêt des études». Selon lui, les universités doivent changer pour intégrer l’intelligence artificielle dans les cursus.» Il avance: «Il est essentiel de connaître l’histoire pour avoir une capacité prospective. Les jeunes doivent apprendre à entreprendre, à réfléchir, à devenir les entrepreneurs de l’IA.»

Pourquoi ne pas miser davantage sur nos start-up?

La Conseillère nationale Estelle Revaz présente dans Le Temps des mesures à prendre pour encourager le transfert technologique et les start-ups en Suisse:

  • «Une commande publique agit comme un label de confiance qui attire les investisseurs privés. La France et le Royaume-Uni l’ont compris depuis longtemps avec des quotas ou appels d’offres réservés aux entreprises innovantes.»
  • Le mandat des institutions fédérales devrait, selon elle, inclure« le soutien à la croissance et au maintien en Suisse des start-up prometteuses, par exemple via une plateforme reliant investisseurs et jeunes pousses, et/ou un fonds tournant qui pourrait s’auto-alimenter au fil des succès.»
  • Une e-Residency helvétique pourrait permettre à des étrangers et Suisses de créer une start-up en Suisse en 15 minutes,  stimulant l’économie. Elle «renforcerait notre souveraineté technologique, et nous permettrait d’influencer la définition
    des standards de demain» tout en permettant à la Suisse d’atteindre «la masse critique nécessaire pour attirer
    durablement les investisseurs internationaux.»

Selon Science Business, l’Union européenne souhaite également faciliter des start-ups et scale-ups innovants, à travers l’Union européenne moyennant un réglement ou une directive qui s’appelle le 28e régime. «Le nombre « 28 » dans le nom provient des 27 États membres de l’UE et de leurs systèmes juridiques nationaux, qui sont étendus par une nouvelle possibilité à l’échelle de toute l’UE.» (Wikipedia)

Il s’agit de «mesures visant à faciliter la commercialisation sur l’ensemble du marché unique, mesures visant à garantir que les start-ups et les scale-ups puissent accéder aux capitaux dont elles ont besoin pour financer leur expansion, mesures visant à faciliter la mise en conformité des entreprises de taille intermédiaire avec la législation, marchés publics visant à soutenir l’innovation, mesures visant à attirer et à retenir les talents et «bacs à sable» réglementaires.» (Projet lancé en janvier 2025)

Ekaterina Zaharieva, commissaire chargée des start-ups, de la recherche et de l’innovation, a averti que restreindre l’utilisation du nouveau système d’enregistrement à des entreprises jugés «innovateurs» risquait de faire perdre un temps précieux.

Serena Borbotti-Frison, directrice générale du groupe de lobbying Allied For Startups y ajoute: « Il serait peut-être plus facile de convaincre les politiciens de ne soutenir dans un premier temps que les entreprises innovantes, mais il est difficile de définir ce qu’est une entreprise innovante.»

 

«Faire face à Zurich, une feuille de route romande»
Xavier Comptesse, Mathématicien et président du groupe de réflexion «Manufacture Thinking»  et Philippe Labouchère, alumnus de Swissnex Boston, proposent trois idées afin de permettre à la Suisse romande de combler son retard sur la place zurichoise qui est en plein essor.
  • À court terme, la région romande doit valoriser ses atouts économiques, notamment son écosystème de négoce de matières premières centré à Genève, le plus puissant au monde. Pour en tirer pleinement parti, il est essentiel d’organiser la formation, l’innovation et le soutien public, à l’image des stratégies adoptées à Bâle pour la pharma ou à Zurich pour l’IA. «Par exemple, les hautes écoles romandes doivent former la génération des futurs traders, la recherche doit devenir la meilleure du domaine, les sous-traitants de ces géants doivent innover pour améliorer leurs offres – notamment en IA».
  • À moyen terme, il est crucial de développer une stratégie d’intégration pratique de l’intelligence artificielle dans les entreprises, en misant sur sa capacité à transformer en profondeur les organisations et à générer rapidement des gains de productivité. «Pas de course aux nouveaux produits comme de nouveaux LLL mais avant tout une mutation profonde».
  • À long terme, la robotique représente le prochain grand levier de croissance économique, un domaine dans lequel la Suisse a un avantage compétitif grâce à son savoir-faire en précision. Pour bâtir un véritable écosystème, il est essentiel de renforcer la recherche académique et d’attirer un géant international du secteur.
«Zurich – Suisse romande, le grand décrochage»

Selon les auteurs de l’article, Xavier Comtesse et Philippe Labouchère, alors que l’Arc lémanique brillait au tout début des années 2000, il serait «passé à côté de son histoire» deux décennies plus tard au profit de la métropole zurichoise. «Zurich a pris le dessus dans quatre directions significatives: transport, école polytechnique, start-up et IA», écrivent les auteurs.

Voici quelques-unes des erreurs commises par l’Arc lémanique ces 20 dernières années selon les auteurs:

  • perte de leaders charismatiques comme Patrick Aebischer
  • manque d’investissement en mobilité, en particulier avec les CFF
  • manque de visions du futur en «passant à côté de l’IA»
  • «trop de structures inutiles», en particulier pour encadrer les start-up
  • «microgestion locale et cloisonnée d’un canton à l’autre» au lieu de regrouper ses forces intercantonales, comme par exemple pour les université, HES, hôpitaux…
«Tous les grands problèmes de l’humanité ont été résolus par la science»

«Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine, reconnus internationalement pour leurs travaux ayant permis à des patients paraplégiques de remarcher grâce à l’utilisation de technologies reconnectant le cerveau à la moelle épinière, ont récemment été nommés, par le média américain Washington Post, parmi les 50 personnalités qui façonneront 2025.» Il et elle sont interviewé·es dans ce cadre par Le Temps, «l’occasion de parler de l’attaque américaine contre la science, des développements attendus de leur recherche, mais aussi de leur communication très «glamour»…» Il et elle déclarent, entre autres:

Grégoire Courtine: «Il est crucial de se rappeler que tous les grands problèmes de l’humanité ont été résolus grâce aux avancées scientifiques et que les enjeux immenses auxquels nous faisons face, comme le réchauffement climatique ou l’approvisionnement en énergie, ne seront pas réglés par des politiques conservatrices, agressives et restrictives. Il est donc fondamental d’investir encore davantage dans la science et non de couper les financements dans ces secteurs.»

Jocelyne Bloch:«Une partie de notre financement, à hauteur de 6 millions, provient du Département de la défense des Etats-Unis. […] On nous a récemment demandé d’ôter toutes les mentions faisant référence à la non-binarité au sein de nos essais cliniques, faute de quoi ces fonds nous seraient retirés. Il est malheureusement difficile de s’opposer à une telle injonction.»

Grégoire Courtine: «[Le fait que les universités forment peu les jeunes scientifiques à l’entrepreneuriat] est l’un des problèmes que l’on a en Suisse, en tout cas assurément à l’EPFL. Surtout si l’on compare notre situation à celle du Massachusetts Institute of Technology ou de Stanford, où les étudiants sont davantage préparés à ce que cela signifie de monter une entreprise.»

Grégoire Courtine: «Nous mettons beaucoup d’efforts dans l’illustration de nos résultats scientifiques afin qu’ils soient compris par le plus grand nombre et que les contribuables voient que leur argent sert une recherche qui a potentiellement un impact sur l’être humain.»

«Innovation sociétale: l’Université de Lausanne fédère une dynamique porteuse d’une société plus résiliente»

«Avec son HUB Entrepreneuriat et Innovation, l’Unil favorise des synergies nouvelles entre des étudiants et des acteurs sociétaux et économiques multiples. Une diversité de profils autour d’un même enjeu: innover au service du bien commun.» Anne Headon, directrice du HUB Entrepreneuriat et Innovation de l’Unil, et Emilie Romon Carnegie, responsable de son pôle d’expertise en innovation sociétale sont interviewées par Le Temps à ce sujet.

UNIGE : «L’identité professionnelle pour ­réenchanter la médecine»

«Désillusions, perte de sens, découragement… Autant de défis qui frappent durement la profession médicale. Comment remobiliser les troupes ? Le Professeur Idris Guessous, vice-doyen en charge de la formation postgraduée et continue et de l’identité professionnelle [à l’Université de Genève]», livre ses propositions, notamment la réintroduction des rituels en célébrant officiellement les différentes étapes de la carrière des médecins (par exemple l’obtention du titre de Privat-docent, la soutenance de thèse, ou l’acquisition du titre de spécialiste FMH), ou la mise en place de compagnonnages entre jeunes médecins et professionnel·les plus expérimenté·es.

Il mentionne par ailleurs le projet de création d’une «plateforme digitale destinée à aider les médecins à rejoindre des groupes d’intérêts dans des ­domaines tels que le climat, la justice sociale, la technologie ou l’intelligence artificielle afin qu’ils puissent s’engager dans une cause qui leur parle encore plus personnellement».

Les États-Unis sont en tête pour ce qui est de la commercialisation de la recherche financée par le CER

Les auteurs d’une étude récente des brevets basés sur des recherches financées par le Conseil européen pour la recherche (CER) ont constaté que le soutien de ce dernier génère effectivement des inventions de grande qualité. Malheureusement pour l’UE, ce sont les entreprises basées aux États-Unis qui déposent le plus de brevets basés sur ces avancées scientifiques. En conséquence, la recherche financée par le CER est confrontée au «paradoxe européen», c’est à dire qu’en dépit de ses excellentes performances scientifiques, l’UE est à la traîne de ses principaux concurrents internationaux en matière d’innovation. Selon les auteurs de l’étude, cela s’explique notamment par l’absence d’un écosystème dynamique de start-ups.

Le Swiss Integrative Center for Human Health a cessé ses activités

«Le Swiss Integrative Center for Human Health (SICHH), centre de compétence en santé humaine lancé en 2014 à Fribourg, a mis fin à ses activités en toute discrétion. […] Comptant parmi les actionnaires minoritaires du SICHH à hauteur de 2% chacun (Biovalley Investments détenant 88% du capital-actions), l’Université de Fribourg et l’Hôpital fribourgeois (HFR) n’ont pas été en mesure d’apporter des précisions.» Le centre a notamment essuyé un refus de soutien de la part d’Innosuisse en 2022, car «pour bénéficier d’une subvention, «le niveau et la qualité de la recherche doivent notamment être comparables à ceux des centres de recherche de l’enseignement supérieur», une condition qui n’était pas remplie par le SICHH, société anonyme à but non lucratif, qui reste officiellement toujours inscrite au Registre du commerce».

Interview avec le nouveau recteur de l’Université de Saint-Gall Manuel Ammann

Le professeur en banques Manuel Amman, le nouveau recteur de l’Université de Saint-Gall dès février, aimerait renforcer la promotion de talents en attirant les meilleur-es étudiant-es au niveau international et il souhaite mieux soutenir les étudiant-es dans le développement de leurs idées commerciales. Pour rétablir la confiance dans l’université, un nouveau projet de supervision/surveillance sera établi qui clarifiera les responsabilité du conseil de l’université et des comités directeurs par rapport aux instituts. Ceci inclut un meilleur contrôle des dépenses et les instituts seront incités à être plus transparent avec le rectorat.

Le hub médical de Genolier se veut catalyseur d’innovations

«Deux ans après la pose de la première pierre, le chantier du Genolier Innovation Hub est à bout touchant. La construction semi-enterrée, qui forme un socle au pied de la clinique privée de Genolier, est bientôt prête à accueillir des sociétés et des acteurs de la santé dans le développement d’innovations au niveau international. Inédit en Suisse, le site deviendra opérationnel au printemps et l’inauguration est prévue en automne 2024.»

«FutureHealth: un chercheur peut-il être un bon CEO ?»
«Le sommet sur le futur de la santé s’est tenu à Lausanne […]. Au cœur des préoccupations: l’accompagnement des scientifiques qui se lancent dans l’entrepreneuriat». Être chercheur·e-CEO est-il possible?
«Pour Nicolas Loeillot, expert en innovation au sein de l’assureur lucernois CSS, «les chercheurs ne sont pas armés pour voler de leurs propres ailes après leurs études académiques. Aussi brillants qu’ils soient, ils n’ont aucune expertise marketing ou commerciale.» Un avis partagé par Nouria Hernandez, présidente du Biopôle, qui a indiqué que les universités «ne sont pas des usines à entrepreneurs» mais justement un lieu de recherche fondamentale pour développer des projets sans s’inquiéter de leur valeur économique. «Croire que l’idée que vous avez développée à l’université est la meilleure du monde est le plus grand écueil pour une jeune entreprise», a abondé Michael Friedrich, CEO de Distalmotion […]».
«Cette question de la capacité des scientifiques à diriger une entreprise a finalement été relativisée par Lucas Spierer: «Les chercheurs peuvent être des hommes d’affaires. A un certain niveau cependant, il est préférable de trouver un expert en business pour passer à la vitesse supérieure.»»
«SwissGPT, future alternative helvétique?»

Basée à Davos, la start-up AlpineAI veut proposer une alternative à ChatGPT et créér SwissGPT, qui, contrairement à ChatGPT, «doit permettre de retracer la source du résultat produit». AlpineAI est une société créée «par des représentants de plusieurs laboratoires de recherche sur l’IA, dont ceux de l’Université de Zurich, de l’EPFZ et de la Haute Ecole zurichoise des sciences appliquées (ZHAW)».

«Entre le CERN et l’université, la physique à Genève donne naissance à une myriade de start-up industrielles»

«Genève n’ayant pas une école polytechnique sur son territoire, nombre des start-up qui se développent dans le canton le font dans les services. Reste qu’il y a bien une matrice propre à Genève, qui produit de plus en plus de start-up orientées vers la production industrielle high-tech. Ce terreau fertile on le trouve au CERN et au département de physique appliquée de l’Université. Il est d’autant plus prometteur que la pandémie a fait prendre conscience de l’importance de l’industrie et de notre dépendance parfois problématique à la Chine.»