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Sujet: transparence

«Vers un verrouillage définitif des données fiscales vaudoises»

Le canton travaille actuellement à une mise à jour de la loi cantonale sur l’archivage. Celle-ci pourrait désormais garder secrètes, de manière illimitée, les données fiscales relevant du secret fiscal.

Cela pourrait avoir des «conséquences désastreuses sur la recherche, la transparence et la démocratie», avance l’auteur de l’article Benno Tuchschmid. Les Archives cantonales vaudoises s’opposent à une durée de protection illimitée.

« C’est une atteinte à la liberté scientifique », déclare Franziska Zaugg, présidente de la Société suisse d’histoire (SGG).

L’économiste Marius Brülhart de l’Université de Lausanne qui mène des recherches sur le thème de la succession, déplore également ce projet législatif. Il déclare : « J’ai déjà dû abandonner des projets de recherche en raison du manque de transparence des données dans ce canton. […] « La recherche basée sur les données fiscales est essentielle pour la démocratie. »

Le canton de Vaud avait autrefois envisagé de commander une étude sur la politique fiscale, mais lorsque Marius Brülhart a précisé qu’il avait besoin d’accéder aux données fiscales pour réaliser une estimation statistique fiable, «y compris des informations sur l’application du «bouclier fiscal»», le projet a été abandonné. (Tages-Anzeiger)

«Le scepticisme de la génération Z à l’égard de l’IA est un signal d’alarme : les universités doivent le prendre au sérieux»

L’auteur de l’article Mim Rahimi estime que le défi pour les universités n’est pas d’adopter l’intelligence artificielle, mais de le faire d’une manière qui inspire confiance à la génération actuelle d’étudiant·es.

«Les institutions et les leaders du secteur technologique ne cessent de présenter l’IA comme un outil incontournable pour accroître la productivité et la compétitivité, alors que les membres de la génération Z (Gen Z) — généralement définie comme les personnes nées entre 1997 et 2012, parmi lesquelles figurent de nombreux étudiant·es d’aujourd’hui — semblent la percevoir comme une force qui a un coût, notamment pour leur apprentissage. Ils et elles estiment également qu’elle s’impose plus rapidement que les systèmes sociaux et politiques qui seront nécessaires pour en gérer les conséquences.»

Il avance trois suggestions:

  • Le rôle de l’université est d’enseigner la culture de l’IA, et pas seulement son utilisation.
  • Les institutions devraient favoriser le développement des compétences humaines tout en garantissant une utilisation transparente de l’IA.
  • Les universités devraient veiller à ce que la gouvernance de l’IA soit participative et transparente sans donner l’impression que l’adoption de l’IA leur est imposée par les administrateurs, les fournisseurs de logiciels ou certains enseignant·es.
«Code d’éthique et Principes de la liberté de la recherche, de l’enseignement et de la transmission scientifiques en histoire»

Il y a plus de vingt ans, la Société historique suisse (SGG) a révisé son code d’éthique pour répondre aux enjeux actuels qui traverse la discipline tels que la numérisation ou l’utilisation des outils d’intelligence artificielle.

«Vingt ans plus tard, plusieurs des problématiques abordées restent néanmoins d’actualité — parfois avec une acuité renforcée. Les menaces de poursuites judiciaires visant des historien·ne·s, ainsi que les obstacles d’accès aux sources (refus de consultation au prétexte de la protection des données, caviardages, délais prolongés arbitrairement), restent des défis de taille pour les sciences historiques, comme l’illustrent plusieurs affaires récentes.»

«Yale ne se réfugie pas derrière la ruse consistant à blâmer Donald Trump»

Sous l’impulsion de sa présidente Maurie McInnis, l’Université de Yale a mandaté et publié un rapport d’une franchise inédite, validant les critiques majeures adressées au monde académique.

Madame McInnis y souligne l’urgence de ce virage : «Aujourd’hui, les universités du pays font face à une vague historique de demandes de changement. La confiance envers les institutions s’érode c’est un problème que nous ne pouvons ignorer. Pour que l’enseignement supérieur serve l’intérêt public, nous avons besoin de la confiance du public». Cette démarche a été saluée par le Wall Street Journal, qui y voit une rupture avec l’arrogance et la posture défensive habituelles du milieu universitaire. Le journal notant qu’ils «ne se réfugient pas derrière la ruse consistant à blâmer Donald Trump». 

Le document dénonce ainsi sans détour la dérive des coûts, la bureaucratie galopante, l’inflation des notes et l’opacité des admissions. Plus frappant encore, Yale admet l’existence d’une «monoculture» idéologique qui étouffe le débat.

Pour y remédier, l’université dit imposer à ses départements, dès l’année 2026-2027, une révision de leurs programmes afin de garantir une réelle diversité des perspectives intellectuelles et le respect de la liberté académique.

[L’article est accessible via le PressReader de la BCU.]

La rédactrice en chef de Nature plaide pour une science ouverte sur le monde

Magdalena Skipper, rédactrice en chef de Nature, estime que la science passe une période «difficile». Mais elle estime que «malgré la défiance et les faits alternatifs, les chercheurs restent parmi les professionnels les plus dignes de confiance. Il est donc important de se concentrer sur cette confiance et de la renforcer, en montrant non seulement ce que la science découvre, mais comment elle est faite. La transparence est la clé. Autre levier: la représentation. Les gens auront plus facilement confiance en des chercheurs qui leur ressemblent. Mettre en avant les femmes, les personnes de couleur et celles issues de milieux sous-représentés est essentiel pour renforcer la crédibilité et la légitimité de la science dans le contexte actuel.»

Manque de transparence sur les expérimentations animales avec contraintes sévères

L’émission «Kassensturz» de la SRF a enquêté sur les expériences qui sont très pénibles sur des animaux dans la recherche. En vertu de la loi sur la transparence, l’émission a demandé à consulter cinq expériences récentes impliquant des animaux soumis à des contraintes sévères. La production a reçu les demandes d’expérimentation déposées auprès de l’Office fédéral de la santé publique et de la sécurité alimentaire, mais certaines étaient caviardées au point d’être presque illisibles. Pour Gieri Bolliger, directeur général de la fondation Tier im Recht, ce secret est «incompréhensible», il rend donc impossible la formation d’une opinion à propos de l’utilité de ces expérimentations.

Le nombre total d’animaux de laboratoire a chuté l’année dernière pour arriver à un demi-million. Néanmoins, le niveau de gravité 3 (niveau maximal) a augmenté de 990 pour atteindre plus de 27’000. La comparaison sur dix ans du niveau de gravité 3 montre que le nombre d’animaux utilisés pour les tests a plus que doublé. À l’EPFZ, ce nombre s’est même multiplié par cinq en dix ans. Annette Oexenius, vice-présidente pour la recherche, avance pour cela deux raisons: l’augmentation du nombre de chercheurs et chercheuses dans la recherche fondamentale bio-médicale qui a augmenté et la révision en 2018 de la classification des degrés de gravité des expériences.

Nicole Disler, membre du comité de direction de la Protection Suisse des Animaux PSA, doute que toutes les expériences lourdes soient utiles.

«La politique zurichoise exigent plus de transparence de la part des professeur·es d’université»

Afin d’éviter tout conflit d’intérêts, la Commission de formation du canton de Zurich aimerait que les professeur·es soient tenu·es de publier leurs participations dans des entreprises. La proposition étant difficile à mettre en œuvre sur le plan juridique, les politiques étudient actuellement des solutions qui pourraient être mises en place. Depuis 8 ans, un registre où les professeur·es doivent déclarer leurs activités annexes, leurs fonctions publiques ou leurs activités indépendantes existe à l’Université de Zurich. Toutefois, les participations dans des entreprises n’y figurent pas.
Contactée par le journal, l’Université de Zurich dit ne pas voir la nécessité d’agir, arguant que rien n’indique une mauvaise tenue possible du registre. Par ailleurs, un·e professeur·e doit se récuser en cas de conflit d’intérêts dans la pratique de son activité professionnelle.

Quelle est la liberté d’enseignement et de recherche des professeurs qui sont à la solde des banques?

Le Swiss Finance Institute est une fondation financée par les banques. Son objectif déclaré : maintenir la place financière suisse à la pointe au niveau international. Pour ce faire, elle soutient des professeurs de finance dans les universités de toute la Suisse. Le Swiss Finance Institute ne se contente toutefois pas de financer des chaires, mais effectue des paiements ciblés à certains chercheurs qui, selon les critères propres à la fondation (et qui manquent parfois de précision, comme «good citizenship»), incarnent «l’excellence académique». Des recherches publiées par Republik en collaboration avec le magazine en ligne Das Lamm et le collectif de recherche WAV montrent comment cela fonctionne, quelle influence potentielle cela a sur la recherche (et la liberté académique) et pourquoi le Swiss Finance Institute est largement absent dans le débat public sur la place financière.

Les journalistes se posent par ailleurs la question: «Comment se fait-il qu’une association d’intérêts promeuve à grande échelle des scientifiques sélectionnés sans que les universités ne rendent compte de leurs activités de manière transparente?»

 

Université de Lucerne : «Ce cours est sponsorisé par …»

Le début d’un cours en économie de l’assurance à l’Université de Lucerne, il a été annoncé: ce cours est sponsorisé par CSS Assurances, l’Assurance Concordia et la SUVA.

En effet, la CSS Assurance met à disposition un total de 250’000 francs pour la période 2018 à 2026 pour le poste de professeur titulaire en économie d’assurance. Pour l’assurance Concordia, il s’agit de 70’000 francs pour la période de 2017 à 2026.

Des telles pratiques en faveur de la transparence semblent différer dans les universités:

  • A l’Université de Lucerne, il n’y a pas de directives institutionnelles concernant la mention des donations dans des cours particuliers. De telles mentions sont faites à la propre initiative des enseignant-es.
  • A l’Université de Berne, «Une mention de transparence dans un cours pourrait être considérée comme une publicité illicite. La transparence est pleinement garantie par le communiqué de presse, les pages web et une liste».
  • A l’Université de Bâle, «Des indications seraient seulement nécessaires si de la publicité pour l’entreprise qui finance le cours devait avoir lieu d’une manière ou d’une autre pendant le cours. Les étudiant-es devraient en être informé-es à l’avance ou en être protégé-es.»
«Le Contrôle fédéral des finances surveille l’EPFL»

En 2019 le Contrôle fédéral des finances (CDF) avait découvert à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) «qu’il existait un manque de transparence dans l’allocation des ressources, ce qui amène un grand risque d’avantages avérés ou perçus». 

Selon la CDF, à l’heure actuelle l’EPFL «a fait [des efforts], mais elle peut s’améliorer». La porte-parole de l’EPFL, Corinne Feuz, déclare : «Nous sommes tout à fait d’accord avec la recommandation et poursuivrons dans la voie des progrès déjà réalisés […]. Lorsque nous avons observé, début 2023, que toutes les facultés n’avaient pas suffisamment implémenté les instructions du CDF, la direction a mis en place des contrôles, ajoute la communicante. C’est ainsi que la situation s’est fortement améliorée l’année dernière […]. Nous allons adapter la manière de communiquer ces informations de manière transparente, sans dire trop ni trop peu […].»

Le financement privé des Hôpitaux universitaires – un obstacle à la liberté académique?

Les hôpitaux universitaires dépendent de plus en plus des fonds de tiers: l’hôpital universitaire de Bâle (USB) a obtenu en 2022 environ 35 millions de francs par le secteur privé, ce qui correspond à environ 16% de plus que l’année précédente. L’hôpital universitaire de Berne «est encore plus dépendant de l’argent [du secteur privé] que l’USB»: les fonds privés reçus s’élèvent à 43,4 millions de francs en 2022.

Des questions sur la transparence sont soulevés par l’autrice de l’article parce que «il n’est pas précisé quelles entreprises ont financé quels projets de recherche et avec quelles sommes». Il en suit que la question de la liberté académique soit aussi soulevée: l’Académie Suisse des Sciences Médicales (ASSM) explique que les partenariats avec le secteur privé comportent des risques de perte de la liberté académique.«C’est pourquoi les organisations de santé doivent publier les partenariats de recherche stratégiques sur leur site web et pouvoir rendre compte à tout moment de l’ampleur des prestations reçues pour la recherche et le développement».

Interview avec le nouveau recteur de l’Université de Saint-Gall Manuel Ammann

Le professeur en banques Manuel Amman, le nouveau recteur de l’Université de Saint-Gall dès février, aimerait renforcer la promotion de talents en attirant les meilleur-es étudiant-es au niveau international et il souhaite mieux soutenir les étudiant-es dans le développement de leurs idées commerciales. Pour rétablir la confiance dans l’université, un nouveau projet de supervision/surveillance sera établi qui clarifiera les responsabilité du conseil de l’université et des comités directeurs par rapport aux instituts. Ceci inclut un meilleur contrôle des dépenses et les instituts seront incités à être plus transparent avec le rectorat.

Point de la situation sur la sécurité dans les universités

Irna van der Molen, Conseillère politique senior pour la sécurité des connaissances et le contrôle des exportations à l’université de Twente, «exhorte à poursuivre et à élargir le dialogue ouvert entre les universités et les autorités afin d’anticiper et d’atténuer les éventuels effets secondaires des mesures de sécurité» qui entrent de plus en plus souvent en vigueur.

«Il y a tout juste huit ans […], [l]e caractère collaboratif, international et ouvert de la science et de l’innovation a été présenté comme un instrument pour le développement de nouvelles idées et des investissements durables dans l’avenir de l’Europe». Néanmoins, au vu des derniers événements, à partir du COVID-19 jusqu’à la question du Moyen-Orient, «la pression croissante exercée […] par les gouvernements occidentaux pour renforcer la sécurité de la recherche n’a pas manqué d’affecter la science et les universités […]. Face à ces défis mondiaux, l’UE est passée d’une triple ouverture à une «ouverture équilibrée» en adoptant le mantra «aussi ouverte que possible, aussi fermée que nécessaire».»

Cela a certainement des effets «sur les partenariats internationaux, sur l’accès des scientifiques des pays à haut risque à travailler sur des technologies sensibles dans l’université de leur choix, mais surtout sur la prise de conscience parmi les universités que les temps ont changé et que l’ouverture n’est plus aussi absolue». En effet, «[l]es autorités réclament régulièrement davantage de restrictions», et «les universités sont confrontées à l’interprétation, l’opérationnalisation et à la mise en œuvre de cet équilibre dans leur fonctionnement quotidien». En plus, les universités «ne sont pas sourdes» face à l’opinion publique et au débat public, et certaines sont confrontées à une perte de confiance «en raison des rythmes et des choix différents qu’elles font en matière de sécurité des connaissances».

La récente stratégie de sécurité économique de l’Europe proposant «d’améliorer la sécurité de la recherche en garantissant une application systématique et rigoureuse des instruments existants et en identifiant et en comblant les lacunes qui subsistent […]» préoccupe certaines personnes du milieu scientifique et académique: «une telle approche, sous prétexte de sécurité, les limitera de plus en plus dans leurs choix académiques et scientifiques, dans leurs choix d’admission et de recrutement, sur ce qu’ils publient ou ne publient pas».

Google Bard vient faire de l’ombre à ChatGPT

À présent que Google a adapté son logiciel afin de respecter les réglementations européennes, Bard l’agent conversationnel est à présent disponible en Europe et en Suisse.

Bard demande donc à l’utilisateur∙trice son consentement pour la récolte des données et, comme son concurrent ChatGPT, ne cite pas ses sources. Google avertit que leur logiciel peut se tromper, «peut fournir des réponses inexactes ou inappropriées», voire même «choquantes», encourageant les internautes à vérifier la véracité des réponses générées par l’intelligence artificielle.

Réactions du Recteur de l’Université de Saint-Gall sur l’affaire de plagiat

Un professeur de l’Université de Saint-Gall (HSG) est accusé d’auto-plagiat dans le cadre de son habilitation. Le cas a été examiné par deux expert-es du sujet à l’interne, avec le soutien d’un expert du sujet externe à l’institution. La commission n’a pas trouvé de «mauvaise conduite scientifique», estimant qu’il s’agit d’une habilitation cumulative.

Selon le Recteur Bernhard Ehrenzeller, c’est une avocate qui aurait accusé le professeur de plagiat. Le groupe d’étudiant-es qui a soutenu cette accusation affirme ne pas avoir été contacté ni par la commission d’enquête ni par le rectorat. Le recteur se défend : «Nous ne connaissions pas leurs noms et on n’avait pas le droit de les fréquenter, l’avocate était notre personne de contact. Les accusateurs n’avaient pas le statut de parti.» Selon les recherches menées par le journal, ces affirmations seraient fausses. (St. Galler Tagblatt du 12.12.2022).

Par ailleurs, une enquête est en cours contre le professeur qui a dirigé et accepté l’habilitation du professeur accusé. Ils siégaient tous les deux dans le conseil d’administration d’une même entreprise, l’université en était au courant mais à l’époque aucune collision n’avait été constatée.

Par ailleurs, les accusations de plagiat des travaux d’étudiant-es seraient nouvelles. «Nous l’avons appris par les journaux», affirme le recteur. «Il serait, dans une première étape, sensé que les étudiant-es concerné-es nous contactent. Nous évaluerons si une nouvelle commission d’enquête s’avère nécessaire. [Mais] si ces accusations se vérifient […] un blâme ne suffirait pas.»

« Je suis certainement la seule lauréate avec un rappel à l’ordre de l’EPF »

Ursula Keller, professeure en physique de EPFZ, a gagné «le prix scientifique le plus important de Suisse». Sa nomination est venue comme une surprise pour elle:«Je suis presque certainement la seule lauréate du prix Marcel Benoist à avoir reçu un rappel à l’ordre de l’EPF – en raison de mes activités en faveur de la promotion des femmes. Pour moi, ce prix scientifique est avant tout un signe de mes collègues qui me soutiennent aussi dans ce sens et qui reconnaissent mes performances scientifiques.»

Dans un entretien en 2019, en réaction à un licenciement d’une professeure qui était sa collègue, elle avait parlé du sexisme et de la corruption au sein de son institution . «On dit au public que je fais du tort à l’EPFZ. Mais je réfute cette affirmation et je pense que le style de direction actuel de l’École polytechnique est intimidant et qu’il a un effet néfaste sur la recherche. Je n’étais pas d’accord avec la manière dont ma collègue et professeure Marcella Carollo a été licenciée et j’ai partagé cette opinion publiquement. Une université doit être ouverte à la critique, mais l’EPFZ ne l’était pas dans ce contexte. Les progrès en matière d’égalité sont insuffisants à l’EPFZ, comme dans le reste de la Suisse.»

«J’ai vite compris qu’il y avait un manque de transparence et une discrimination à l’EPF : J’avais moins de fonds de démarrage que mes collègues masculins, et j’ai rencontré des difficultés injustifiées lors de ma promotion à un poste de professeure à part entière. Cela n’était pas dû à mes performances scientifiques, mais au fait que je suis tombée enceinte en 1996. Ma promotion à un poste de professeure à part entière a été interrompue et de violents conflits ont éclaté au sein du département de physique. Même dans les années qui ont suivi, on m’a mis des bâtons dans les roues. Par exemple, les décisions étaient toujours prises à la majorité. En tant que femme, je n’avais aucune chance d’imposer mon point de vue. De même, je n’ai jamais été élue à un poste de direction au sein du département au cours des dix dernières années, bien que j’aie à chaque fois posé ma candidature. Selon moi, les intérêts des minorités doivent être pris en compte pour qu’une démocratie puisse fonctionner durablement et qu’un changement culturel inclusif puisse se produire. Ce n’était définitivement pas le cas dans le département de physique.