Le Conseil d’État genevois a dévoilé son budget 2027, chargé de centaines de mesures d’économies. Une des mesures est d’augmenter les taxes d’études de 50%, soit de CHF 500 à CHF 750 par semestre, une mesure que le Grand Conseil avait rejeté en 2025 (PL 13411-A). Pourtant sur le plan budgétaire, c’est une goutte d’eau : le trou à combler est de 500 millions, cette surtaxe n’en comblera pas l’ombre d’un pourcent. Selon le syndicat d’étudiant·es faitière CUAE, «Ça ne sert à rien, sinon désigner un coupable facile.»
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Sujet: taxes d’études
Chaque année à Genève, environ 3’800 demandes de bourses dont déposées pour des études au niveau tertiaire, avec un taux d’octroi de 49%. Les démarches pour obtenir une aide peuvent être disparates, ainsi que l’identification des différents services ainsi que leur ordre et leur hiérarchie. Certain·es étudiant·es relèvent des difficultés à obtenir des informations claires sur les aides auxquelles ils-elles pouvaient prétendre ou sur les démarches à effectuer.
Le Service des bourses et prêts d’études (SBPE) se base notamment sur le revenu déterminant unifié (RDU), comme celui des parents, établi à partir de la dernière taxation fiscale. Dans 7 cas sur 10, les revenus sont considérés comme suffisants.
L’USI et la SUPSI augmentent les frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·ères à partir de 2027 à CHF 5000.
Ces frais resteront fixés à 2’000 francs pour les étudiants suisses et pour d’autres catégories assimilées, notamment les étudiants étrangers domiciliés en Suisse au moment de l’obtention de leur maturité et les demandeurs d’asile titulaires d’un permis. Les nouveaux frais d’inscription ne concerneront pas les étudiants déjà inscrits, qui continueront à payer les frais semestriels qui leur étaient applicables au moment de leur première inscription.
La SUPSI augmente les frais d’inscription de 800 à 1 000 francs pour les résidents et de 1 600 à 2 000 francs pour les non-résidents.
Cette décision fait suite aux réductions des subventions fédérales prévues à partir de 2027. Pour la période 2027-2029, le Parlement a décidé d’une réduction annuelle d’environ 60 millions de francs, soit la moitié des 120 millions de francs de coupes initialement proposées par le Conseil fédéral.
«Des Assises relatives à l’enseignement supérieur préconisent de multiplier par cinq les frais d’inscription»
Un rapport de l’Union des étudiant·es de Suisse (UNES) indique une augmentation continue et supérieure à l’inflation des taxes d’études sur la période 2006-2026. Des fortes disparités sont constatées selon les établissements et le statut étudiant (suisse ou étranger). Aujourd’hui, les taxes d’études s’élèvent entre 500 et 1 000 CHF par semestre pour les premiers, et entre 500 à 5 000 CHF pour les seconds.
L’UNES alerte sur les conséquences négatives d’un financement accru pour les usager·ères et la dépendance vis-à-vis des fonds tiers, moins prévisibles que le financement public.
Plusieurs centaines d’étudiant·es et membres du personnel académique ont manifesté à Bâle pour protester contre les coupes budgétaires fédérales et la hausse des frais de scolarité. Les manifestant·es dénoncent le désengagement financier de la Confédération notamment au profit de dépenses militaires, en brandissant les slogans « l’éducation, pas les bombes » ainsi que « l’éducation gratuite pour tous, maintenant ! ».
Sous le slogan « Unis contre les frais de scolarité et la militarisation », le collectif zurichois «Students United» se mobilise, s’opposeant au « Plan de relance 2027 », qui prévoit de doubler, voire de quadrupler les frais pour les étudiant·es internationaux.
«D’ores et déjà, deux tiers des étudiant·es travaillent parallèlement à leurs études. Pour beaucoup d’entre eux et elles, le coût élevé des études les obligerait probablement à prolonger leurs études de plusieurs semestres» pour financer les études – «s’ils et elles en ont encore les moyens» d’en faire.
Dans un entretien accordé à la NZZ, le recteur de l’Université de Zurich prend position contre une hausse des frais de scolarité, malgré les pressions budgétaires de la Confédération.
Alors que le Conseil fédéral envisage de doubler les taxes pour les Suisses et de quadrupler celles des étudiant·es étranger·ères pour alléger les charges cantonales, le recteur plaide pour le maintien d’un modèle fondé sur l’accessibilité et l’autonomie académique.
Il estime qu’une hausse serait acceptable qu’accompagnée d’une réforme majeure des bourses. Pour retenir les talents et garantir le financement du système, il propose de maintenir des frais bas en échange de l’engament des diplômé·es à travailler et payer leurs impôts en Suisse durant au moins quatre ans.
Dans une interview accordée au Matin Dimanche, Luciana Vaccaro, rectrice de la HES-SO et présidente de swissuniversities, analyse les défis de l’éducation suite au récent rapport sur l’éducation du Centre suisse de coordination pour la recherche et l’éducation (CSRE).
Elle y défend une vision de l’enseignement supérieur comme bien public et s’oppose fermement à la hausse des taxes d’études, rappelant que l’accès au savoir ne doit pas être traité comme un service marchand. Pour renforcer le système suisse, elle préconise une adhésion au programme Erasmus+ et appelle à une meilleure synergie entre les hautes écoles et l’orientation professionnelle, via notamment l’organisation de forums d’échange.
En plus du gouvernement suisse qui s’oppose à l’initiative de l’UDC «Suisse à 10 millions!», l’organisation faîtière des hautes écoles et universités suisses, swissuniversities, rejette fermement l’initiative visant à plafonner la population à 10 millions d’habitants d’ici 2050. Pour atteindre cet objectif, elle préconise des mesures radicales, allant jusqu’à la dénonciation de l’accord sur la libre circulation avec l’UE.
Dans une interview accordée au SonntagsBlick, Luciana Vaccaro, présidente de swissuniversities, explique pourquoi ce projet menace la recherche et les hôpitaux. Elle souligne qu’une telle mesure porterait un « préjudice énorme » à l’économie et à la science, en compromettant définitivement l’accès aux programmes vitaux tels qu’Horizon Europe et Erasmus+. L’impact sera immédiat pour les universités et les hôpitaux, une grande partie du corps professoral étant issue de l’immigration. En freinant la mobilité, l’initiative affaiblirait la compétitivité du pays et pourrait inquiéter les partenaires. swissuniversities a publié une prise de position officielle qui préconise que la Suisse doit pouvoir « attirer et retenir les talents », avoir un « accès essentiel aux programmes de recherche européens » et qu’elle doit « rester compétitive ».
swissuniversities se base par ailleurs sur l’avis juridique d’Astrid Epiney, selon Luciana Vaccaro, la «meilleure spécialiste en droit européen de Suisse», [qui était par ailleurs rectrice de l’Université de Fribourg (2015-2024)].
Le syndicat étudiant UNES s’oppose également à l’initiative populaire, craignant que les jeunes ne «paient les pots cassés». Entre le retour des visas, l’augmentation potentielle des taxes d’études et l’incertitude sur la reconnaissance mutuelle des diplômes, c’est tout le parcours académique des étudiant·es suisses qui risque d’être entravé.
Lundi, les Verts et le PS ont annoncé qu’ils ne lanceraient pas de référendum contre les coupes budgétaires dans la formation. Ce désistement laisse les syndicats et associations étudiantes seul·es face à la situation, sans forces nécessaires pour mener une bataille nationale.
Sophie Wang, co-présidente de l’Union des Etudiant·es de Suisse (UNES) dénonce une « attaque à l’égalité des chances », craignant que la baisse des contributions fédérales ne provoque une hausse des taxes d’études. Désormais, la lutte se déplace vers les cantons.
«Sans soutien des partis, les organisations impliquées contre les coupes dans la formation et la recherche n’ont pas la force de se lancer dans la bataille.» Cependant, leur lutte à obtenir des mesures de compensation se poursuivra dans les cantons, pour éviter que les économies ne soient répercutées directement sur les étudiant·es.
Le Parlement a validé mardi un programme d’économies pour la période 2027-2029 dans le cadre du «paquet d’allègement budgétaire» (PAB), conçu pour contenir la progression des dépenses fédérales. Le montant final de 5,2 milliards de francs (contre 8,5 milliards visés par le Conseil fédéral) épargne le secteur agricole.
En revanche, les domaines de la formation et de la recherche, des transports et de la coopération internationale devront a priori absorber la majeure partie des coupes budgétaires prévues.
«Des hausses des taxes d’étude dans les EPF et les hautes écoles cantonales sont notamment attendues.» (Le Temps)
«Le scénario d’un référendum devient de plus en plus lointain. Les Vert·es, qui étaient les plus susceptibles d’en lancer un, ont annoncé lundi renoncer à cette possibilité.» (Le Courrier)
L’Union des Étudiant·e·s de Suisse (UNES) écrit: «En entérinant des coupes budgétaires affaiblissant le système de formation suisse, le Parlement s’entête dans une politique d’austérité qui ne tient compte que d’une vision à court-terme. L’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) regrette qu’aucun parti politique gouvernemental ne soutienne la jeunesse en appelant au référendum, et poursuivra son engagement dans les cantons. »
L’Université de Neuchâtel accueille actuellement 4549 étudiantes et étudiants, soit 35 de plus qu’une année auparavant, un record. «Pour 2026, nous nous attendons à une subvention fédérale stable», indique ainsi Fabian Greub, secrétaire général de l’Université de Neuchâtel. «Nos craintes concernent davantage la situation à partir de 2027, car la Confédération est en train de discuter de mesures d’économies qui pourraient entraîner des reculs de financement de plusieurs millions pour notre université, tant dans le domaine de la formation que dans celui de la recherche.»
Selon Arcinfo, «si ces coupes sont validées par les Chambres fédérales, elles auront très probablement des conséquences sur le niveau des taxes d’inscription facturées aux étudiantes et étudiants, ainsi que sur les budgets des universités et des cantons qui les subventionnent»
«De nombreux patrons de la Silicon Valley, qui ont majoritairement fait de prestigieuses études, reprochent à l’enseignement supérieur d’être ruineux, trop « woke » et de mal préparer au marché du travail»
Les coupes budgétaires prévues par la Confédération dans le secteur universitaire ont conduit plusieurs universités à se rattraper sur les étudiants en augmentant les frais d’inscription semestriels.
Franco Gervasoni, directeur de la Haute école spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI), déclare qu’aucune décision n’a été prise pour le moment concernant la modification des frais semestriels. «Tout dépendra des mesures d’allègement et de l’approbation des accords bilatéraux. Nous devrons donc évidemment revenir sur ces questions, parmi beaucoup d’autres, au cours des prochaines années.»
Deux inconnues pèsent sur les finances de la SUPSI et ont contraint de nombreuses académies suisses à revoir les frais d’inscription de leurs étudiants:
La principale est la réduction des fonds alloués par la Confédération. Les accords bilatéraux constituent une autre inconnue. Dans le cadre de cet accord, l’Union européenne souhaite que les étudiants européens ne paient pas plus que leurs homologues suisses.
«Nous disposerons toutefois d’un certain délai grâce au soutien financier prévu par la Confédération, qui nous permettra d’adapter progressivement les frais d’inscription. Ce sera un sujet de discussion qui nous concernera probablement après 2029», affirme le directeur de la SUPSI.
«Un comité emmené par la Jeunesse socialiste dénonce une réduction de 2 millions par an de la subvention aux HES genevoises, votée par la majorité de droite au Grand Conseil. […] «L’Etat fait payer plus cher les études et retire l’argent public censé soutenir la formation. C’est un véritable hold-up!» s’insurge Adrien Rastello de la Jeunesse socialiste genevoise.»
«Face au resserrement des financements publics, les hautes écoles suisses multiplient hausses de taxes et coupes budgétaires.» Arcinfo et le Nouvelliste présentent les pratiques dans les différents cantons.
La Jeunesse socialiste a lancé un référendum contre le contrat de prestations qui lie l’Etat à la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale Genève (HES-SO Genève). Le 12 décembre dernier, le Parlement a en effet réduit de 2 millions de francs l’enveloppe financière annuelle destinée à l’établissement. S’élevant initialement à 35 millions, elle a finalement été fixée à 33 millions. Selon la Tribune de Genève, le Grand Conseil a justifié cette diminution par l’augmentation des taxes d’études prévue pour la rentrée 2025, une mesure qui devrait générer environ 3 millions de francs de recettes supplémentaires pour la HES-SO Genève.
Aujourd’hui, le Conseil des États examine un plan d’économies, revu à la baisse par sa commission, du programme d’allègement 2027 de la Confédération. Si un mécontentement commun existe à propos du programme d’allègement qui vise à freiner la hausse des dépenses fédérales, une nette opposition se dessine sur la santé des finances publiques. La gauche tente de rejeter l’ensemble du paquet jugé trop austère, ne jugeant pas nécessaire ce plan d’économie et le menaçant de référendum, tandis que la droite souhaiterait résoudre «des problèmes de financement» et freiner la hausse des dépenses.
Alors que la ministre des finances Karin Keller-Sutter propose d’épargner 2,4 milliards de francs en 2027, puis 3 milliards en 2028 et en 2029, la commission des finances du Conseil des États souhaite réduire l’ampleur des économies de 600 millions de francs environ par an. Le programme d’allègement 27 se monterait à 1,79 milliard en 2027, à 2,35 milliards en 2028 et à 2,48 milliards en 2029. Parmi son opposition à d’autres mesures, la commission se positionne notamment contre plusieurs coupes dans les domaines de la formation et de la recherche. Elle ne souhaite ainsi économiser «que 60 millions de francs au lieu de 120» pour les universités cantonales (SRF).
«Le National devrait en débattre lors de la session de mars. Le dossier devrait être bouclé à la fin de cette session-là pour qu’un éventuel référendum et une votation populaire puissent être organisés avant l’entrée en vigueur du programme d’allègement.» (Blick)
Un nombre croissant d’étudiant·es américain·es déposeraient des candidatures pour des bourses d’études en Europe, notamment en Allemagne, selon l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD). En effet, ce dernier observe que les demandes ont plus que doublé cette année. Les candidatures portent en particulier sur des programmes «classiques» d’études et de recherche. Cette tendance est attribuée à la politique du gouvernement Trump envers les universités, souvent considérée comme «une atteinte à la liberté académique». Dans le même temps, les programmes européens multiplient leurs efforts de promotion et proposent des opportunités attractives afin d’attirer des talents internationaux.