«Les hautes écoles ont une responsabilité sociale : elles forment les décideur·euse·s e de demain, produisent des connaissances et des innovations à travers leurs recherches et elles influencent l’opinion publique. La Fédération Suisse d’Organisations Etudiant·e·s pour un Développement Durable (FDD) et l’Union des étudiant·e·s de Suisse (UNES) rappellent cette responsabilité aux hautes écoles et les invitent à la considérer non seulement comme un devoir, mais aussi comme une chance. En effet, il s’agit d’une opportunité de présenter à la société des marges de manœuvre durable et viables pour l’avenir. Dans le cadre de leur collaboration, la FDD et l’UNES ont élaboré des objectifs pour les hautes écoles suisses. Ces objectifs portent notamment sur sept (7) domaines : participation estudiantine, formation et enseignement, gouvernance et direction des universités, recherche et développement, infrastructure et quotidien de la vie universitaire, laboratoire des hautes écoles et innovation, ainsi que la politique des hautes écoles.» (UNES)
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Sujet: associations estudiantines
Sous le slogan « Unis contre les frais de scolarité et la militarisation », le collectif zurichois «Students United» se mobilise, s’opposeant au « Plan de relance 2027 », qui prévoit de doubler, voire de quadrupler les frais pour les étudiant·es internationaux.
«D’ores et déjà, deux tiers des étudiant·es travaillent parallèlement à leurs études. Pour beaucoup d’entre eux et elles, le coût élevé des études les obligerait probablement à prolonger leurs études de plusieurs semestres» pour financer les études – «s’ils et elles en ont encore les moyens» d’en faire.
«L’université de Neuchâtel a refusé de mettre à disposition une salle pour deux conférences sur la Palestine du professeur et chercheur Joseph Daher. Si l’UniNe se défend de toute censure, mettant en avant l’application du règlement, les associations organisatrices, tout comme le principal intéressé, y voient une décision politique.» L’UniNe explique que «les conférences données dans ses murs sont autorisées si elles sont organisées par une entité de type chaire ou institut et sous la responsabilité d’un·e professeur·e UniNE expert·e du domaine». Une membre de l’Association anti-impérialisme étudiante (AAIE) estime elle que le rectorat ne tient pas ses engagements pris lors de l’occupation estudiantine de mai 2024, à savoir de «laisser [l’association] organiser des événements afin d’aborder la question palestinienne».
En mars 2024, l’Université avait déjà refusé en ses murs la tenue d’une conférence de Salah Hammouri concernant le système judiciaire carcéral israélien, invoquant «un manque de personnel». Les évènements actuels se tiendront finalement à l’Hôtel des associations, un lieu d’intégration sociale.
Cinq militant·es pro-palestinien·nes ont été condamné·es pour violation de domicile à des amendes avec sursis pour l’occupation de la halle principale de l’EPFZ le 31 mai 2024. Deux personnes ont été acquittées car la plainte envers elles était invalide au niveau procédurale. La défense a annoncé faire appel de la décision.
La présidente du tribunal a déclaré que le droit de propriété de l’EPFZ a été appliqué. Les arguments de la défense (notamment un état d’urgence, la liberté d’expression et celle de réunion) ont été rejetés. Le tribunal a estimé que d’autres moyens légaux existaient pour faire valoir leurs opinions. De plus, l’EPFZ avait indiqué sa disposition à dialoguer avec les manifestant·es. Tou·tes les accusé·es ont cependant été acquitté·es du chef d’accusation de participation à une manifestation non autorisée, car l’EPFZ, en tant qu’établissement de droit public, est soumise au droit fédéral et le droit communal ne peut donc pas s’appliquer.
D’autres procédures sont toujours en cours, notamment le procès contre les militants·e qui ont occupé le bâtiment principal de l’EPFZ le 7 mai 2024. (RTS, NZZ)
Neuf étudiant·es ayant manifesté en mai 2024 dans le bâtiment principal de l’EPFZ contre la guerre à Gaza, poursuivi·es pour violation de domicile, devaient être soutenu·es financièrement à hauteur de plus de 12’000 francs dans leurs procès par de l’argent provenant des caisses de l’Association des étudiant·es de l’Université de Zurich (VSUZH). Alors que le parlement étudiant avait approuvé la décision, la commission de recours de la VSUZH a finalement décidé la semaine dernière d’annuler cette décision. Une étudiante juive de l’Université avait déposé un recours.
La décision de la commission argue que l’aide financière accordée aux manifestant·es pro-palestinien·nes dans le bâtiment principal de l’institution voisine est contraire aux statuts de la VSUZH, qui stipulent que l’association doit représenter les intérêts des étudiant·es de l’Université de Zurich «vis-à-vis de l’Université et du public» (l’EPFZ ne relevant ni de l’une ni de l’autre). De plus, étant donné que l’association des étudiant·es de l’EPFZ avait condamné la manifestation du 7 mai 2024 à l’EPFZ, la VSUZH ne pouvait pas non plus invoquer un intérêt interuniversitaire. Le comité directeur de la VSUZH a accepté la décision de la commission de recours.
Dans un commentaire publié dans la NZZ du 07.08.2025, le journaliste Robin Schwarzenbach estime qu’il est juste que les étudiant·es manifestant·es doivent assumer les conséquences de leurs actes, car «il n’est pas acceptable que la VSUZH en fasse les frais, et donc l’ensemble des étudiant·es qui financent l’association par leurs cotisations semestrielles». Il ajoute que la manifestation à l’EPFZ de mai 2024 «n’avait pas grand-chose à voir avec la liberté de réunion et la liberté d’expression», et qu’il «n’y avait pas grand-chose qui rappelait un «cadre démocratique»».
En septembre dernier, la faîtière des associations d’étudiant·es de l’Université de Genève, la CUAE, avait dû interrompre la distribution traditionnelle de son agenda. En effet, le rectorat y constatait une violation de la charte éthique de l’Université, certains de ses éléments faisant référence au conflit israélo-palestinien, telles que les mentions du slogan «From the river to the sea» et de l’anniversaire des «55 ans du triple détournement d’avion par le front populaire de libération de la Palestine». La CUAE avait alors déposé un recours contre cette décision.
Dans un arrêt daté du 24 juin, la chambre administrative de la Cour de justice (CACJ) a admis le recours des étudiant·es, estimant que «l’agenda ne viole pas la charte d’éthique de l’université, dans la mesure où il véhicule un message d’ordre politique bénéficiant de la protection renforcée de la liberté d’expression». La CUAE percevra quelque 2000 francs pour les frais de procédure. L’arrêt peut faire l’objet d’un recours de l’Université auprès du Tribunal fédéral
Les relations entre l’Université de Genève et la CUAE, syndicat et association faitière des étudiant-es, sont tendues. L’année 2022 était marquée par plusieurs événements «émaillés de violences» impliquant deux fois des activistes transgenres et une fois des membres de groupuscules d’extrême gauche pour le troisième conflit, dirigé contre la Conseillère nationale Céline Amaudruz (UDC). «La CUAE, qui n’était pas formellement impliquée dans ces actions, […] avait apporté son soutien aux fauteurs de troubles, contre lesquels le rectorat avait menacé de porter plainte ou s’y était résolu.»
Depuis 2024, la CUAE ne représente plus à titre exclusif les associations d’étudiants des neuf facultés et treize centres interfacultaires de l’Unige auprès du rectorat, d’autres associations faitières ont été créées qui entretiennent des relations directes avec le rectorat. Par ailleurs, elles s’intéressent à des engagements en faveur de l’employabilité, contrairement à la CUAE, selon le vice-recteur du «vivre ensemble» Edouard Gentaz.
Un collaborateur parle également «d’épuisement institutionnel». Le journaliste de watson Antoine Menusier en vient à la conclusion suivante: «Face aux radicalités étudiantes, certains n’envisageant plus la possibilité du dialogue contradictoire sur quantité de sujets, le «vivre ensemble» promu par le vice-recteur Edouard Gentaz a tout de l’impérieuse nécessité tout en portant mal son nom.»
Zofingue, la plus ancienne des sociétés d’étudiants, sera absente des campus Lausannois à la prochaine rentrée académique, car elle est entièrement masculine. «Réseauter qu’entre hommes, c’est contraire aux concepts de l’égalité des genres prôné à l’UNIL et à l’EPFL. En mai, le tribunal fédéral leur a donné raison : Zofingue n’a rien à faire là en tant qu’association.» (RTS)
En septembre dernier, la CUAE, le syndicat étudiant de l’Université de Genève (Unige), était menacé de dissolution par le rectorat suite à deux passages de son agenda 2024-2025 liés au contexte de la guerre à Gaza, et contraires à la charte d’éthique et de déontologie de l’Unige selon la direction universitaire.
Le 24 mars 2025, la Commission de gestion des taxes fixes de l’Unige (CGTF) décide d’accorder 30’203 francs à la CUAE pour son agenda 2025-2026. La CGTF est un «organe qui décide de l’attribution des subventions aux associations étudiantes et qui ne dépend pas du rectorat mais de l’Assemblée de l’Université (AU), le «parlement» de l’Unige représentant les corps enseignant, estudiantin, administratif et technique. Cette année, à la suite d’élections, les 10 membres étudiants de l’AU sont issus, pour cinq d’entre eux, de la CPE, la Coordination étudiante pour la Palestine, et de la liste des associations pour les cinq autres.»
Concernant le nouvel agenda, «la CGTF écrit qu’il lui «semble pertinent de mettre en place deux pages dans l’agenda-guide pour contextualiser le flipbook et le choix des dates politiques» (un flipbook, folioscope en français, crée l’illusion du mouvement continu en affichant une série d’images discontinues et successives). La CGTF précise en outre: «En plus de cela, il sera inséré une déclaration qui exclut l’UNIGE de toute responsabilité vis-à-vis du contenu de l’agenda-guide, comme cela est d’ailleurs déjà le cas pour les dates académiques.»»
Finalement, le procès-verbal de la décision signale que «la CUAE s’engage à suivre la charte d’éthique et de déontologie de l’Unige».
A l’occasion de la fête estudiantine Vivapoly le jeudi 22 mai à l’EPFL, l’association des Amiexs de Bassenges a dénoncé la transformation des terres agricoles prévue par l’EPFL en 2026, mais également un climat de «censure» et de «dérive autoritaire» de l’EPFL. L’association liste quatre événements «annulés ou refusés pour cause de trop grande politisation». Récemment, un représentant de l’Assemblée d’Ecole, corps intermédiaire entre les associations et la direction, a démissionné invoquant des «blocages institutionnels» persistants et des «traitements différenciés». La porte-parole de l’EPFL Corinne Feuz précise que sur 650 événements organisés par des associations estudiantines sur une année, pour seuls une dizaine il a été demandé des précisions et/ou modifications. Elle défend également les circonstances précises de chacun des évènements annulés.
Alexia Giroud Nyer, coprésidente de l’Association générale des étudiants de l’EPFL (AGEPoly), regrette: «les événements à nature politique sont interdits, mais la définition de politique n’est pas claire, donnant lieu à des décisions arbitraires.
Dans l’éditorial, Marie Maurisse, plaide : «Laissons les étudiants se révolter […]. D’autant plus quand, au même moment, aux États-Unis, Donald Trump multiplie les décisions visant à réduire au silence les étudiants et les chercheurs»
«Les violentes protestations pro-palestiniennes ne sont que l’exemple le plus récent : depuis longtemps, des manifestations ont lieu dans les universités – de manière fiable pour ce qui n’est pas correct.» L’ancien professeur d’histoire de médecine Christoph Mörgeli dresse l’historique des contestations étudiantines depuis 1924 et vient à la conclusion: «On ne peut et ne doit jamais écouter les étudiants. Car ils se trompent de manière fiable en raison de leur manque d’expérience de la vie et de leur déficit de rapport à la réalité.»
«Jeudi soir, le collectif des Amiexs de Bassenges a profité de l’événement Vivapoly, organisé par l’EPFL et qui met en lumière les diverses associations du campus, pour dérouler une banderole sur laquelle figurait «L’EPFL s’accapare les terres, Bassenges résiste». A cette occasion, les étudiant·es ont relevé le manque de transparence dont l’université ferait preuve. Leurs critiques portent également sur la politique de l’EPFL vis-à-vis de ses associations estudiantines.»
Le journaliste et historien Urs Hafner écrit dans la NZZ que la critique des universités a «une longue tradition» qui ne leur a néanmoins «jamais porté préjudice». Le journaliste réalise ainsi un tour d’horizon historique des critiques vis-à-vis des universités dès le XIIIème siècle, afin d’y inscrire finalement les différents mouvements de protestation actuels ayant lieu dans les milieux académiques suisses. Dans ce contexte, le journaliste écrit que ces mouvements de protestation aspirent à «communiquer avec le public et être ouvertes à la société et à ses préoccupations».
L’historien résume ainsi les critiques envers les universités, qui viennent de gauche comme de droite : «La plupart des motifs de la critique de l’université n’ont guère changé au cours des 800 dernières années»: «l’étudiant qui flâne», «la question de l’utilité» selon laquelle «les hautes écoles n’apporteraient pas d’avantages à la collectivité, mais uniquement à leurs membres aisés» car «les scientifiques ne seraient pas capables de s’exprimer de manière compréhensible, [et] le peuple s’en moquerait de toute façon». Par ailleurs, depuis 1968, «des étudiants et des étudiantes activistes tentent régulièrement de faire bouger leur université. Depuis peu, ils réclament une langue non binaire, des menus végétaliens et, une fois de plus, un positionnement politique.»
Finalement, alors que depuis les manifestations propalestiniennes sur les campus, «les universités ne répondent pas à ces demandes» et «ne veulent ni se positionner politiquement ni restreindre leur liberté scientifique», le journaliste conclut ainsi son article: «Toutefois, les mouvements de protestation sont unilatéraux et politiques. Les étudiantes et étudiants tentent de mobiliser pour leurs objectifs et de marquer le discours sociopolitique. Ils aspirent à ce dont les hautes écoles se vantent depuis une trentaine d’années : communiquer avec le public et être ouvertes à la société et à ses préoccupations. Pas de tours d’ivoire, justement. L’histoire montre clairement que les hautes écoles peuvent se réjouir de la critique – elle ne leur a jamais fait de mal. Elles ont besoin de la société, même si celle-ci ne frappe pas toujours à leur porte avec bienveillance.»
Alors que le Tribunal fédéral vient d’autoriser l’UNIL et l’EPFL à retirer le statut d’association universitaire à la société étudiante exclusivement masculine Zofingue, l’Université de Genève «n’a pas encore arrêté de position définitive sur les conséquences de la nouvelle jurisprudence du Tribunal fédéral». Marco Cattaneo, porte-parole, de l’UNIGE, affirme: «L’UNIGE, dont la charte d’éthique proscrit elle aussi toute discrimination fondée notamment sur le sexe, sera bien entendu attentive à cette jurisprudence.» Marco Cattaneo précise: «certains groupes de travail ou certaines activités peuvent faire exception, lorsque les discriminations pratiquées ont un lien objectif avec leur but légitime».
Interrogée, la présidente de l’association Venusia Genevensis, société sœur de Zofingue exclusivement féminine, affirme avoir «peur que cette décision entrave maintenant les sociétés féminines». (Tribune de Genève)
A Zurich, «les effets de la décision du juge lausannois sont à peine perceptibles, voire pas du tout. Cela s’explique par le fait que les relations entre les hautes écoles et les associations d’étudiants en tout genre sont réglées différemment qu’à Lausanne.»
A l’EPFZ, c’est l’association des étudiant·es (VSETH) qui est chargée de reconnaître les organisations étudiantes. La reconnaissance de l’EPFZ existe toutefois, mais «aucune association d’étudiants n’y est enregistrée. Elles ne peuvent donc pas perdre leur statut d’organisation reconnue, contrairement à l’EPFL.» De plus, il serait difficile d’obtenir cette reconnaissance car une condition est en effet que les organisations soient ouvertes à tous·tes.
L’Université de Zurich, de son côté, compte 19 associations d’étudiant·es, dont certaines sont exclusivement masculines et une exclusivement féminine. «Jusqu’à présent, aucune mesure concrète n’a été prise concernant le retrait de l’accréditation», a déclaré Melanie Nyfeler du service de presse de l’université de Zurich. «Le jugement sera examiné et la suite de la procédure sera évaluée.» (NZZ)
Le journaliste du In$ide Paradeplatz juge la décision du Tribunal fédéral comme un signe que «l’égalité des chances est depuis longtemps passée sous les roues d’une uniformité motivée par une politique identitaire. Ce qui ne convient pas est exclu. [..] L’arrêt du Tribunal fédéral apporte une réponse inquiétante – et remet ainsi en question les valeurs fondamentales d’une société ouverte.»
«L’association Unipoly s’est vue récemment censurée deux événements», le premier traitant de «la complicité des universités dans les violations du droit international et des moyens de pression comme le boycott», le deuxième visant à «présenter le coût social et environnemental en RDC lié à la production de technologie».
«L’EPFL a refusé le premier événement sous prétexte que la position défendue n’était pas assez “équilibrée”, selon l’association et que l’événement ne respectait pas les statuts d’Unipoly qui vise à “promouvoir l’écologie solidaire” et ceux de Polyquity. Cependant, malgré des propositions de modifications et la proposition du titre d’événement : “Écocide et droit international: rôle des universités et moyens de pression” et dont le retrait de Polyquity dans l’organisation de l’événement, l’EPFL semble avoir maintenu sa décision.»
«Concernant l’événement sur l’extractivisme en RDC, l’EPFL aurait d’emblée refusé d’accueillir cet événement, prétextant qu’il serait hors du cadre de cette association. […] L’EPFL ne se serait montré que prête à accepter l’évènement à condition d’en modifier la composition des invités. Une situation inacceptable pour Unipoly qui juge que “ces décisions de l’EPFL témoignent d’une dérive autoritaire inquiétante.”» L’évènement se tiendra finalement sur le campus de l’UNIL le mardi 13 mai.
«L’Université de Lausanne et l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne ont le droit de refuser le statut d’association universitaire à la société Zofingue qui n’admet que les étudiants de sexe masculin. Le Tribunal fédéral estime que le principe de l’égalité des sexes doit primer sur la liberté d’association. […] Il souligne que les hautes écoles ont le devoir de contribuer à l’égalité des chances dans le domaine éducatif.» (RTS)
«L’association EPFelles n’est pas concernée par la décision des juges de Lausanne. […] Selon le Tribunal fédéral, les clubs masculins ou les associations féminines ne sont pas problématiques en soi. Une pratique discriminatoire en soi peut être justifiée si elle a un lien objectif avec le but de l’association.» L’appartenance à l’association Zofingue peut apporter des avantages en termes de carrière professionnelle, a estimé le tribunal. (NZZ)
«Les hautes écoles concernées saluent […] explicitement le jugement. L’EPFL y voit un progrès pour l’égalité, l’Université de Lausanne évoque une nouvelle cohérence dans les relations avec les organisations universitaires.» (NZZ)
«Zofingue a beau être petite à Lausanne, les conséquences du jugement sont potentiellement importantes. D’autres universités suisses pourraient suivre le mouvement.» Pour l’historienne Lynn Blattmann, «ce jugement est un camouflet historique. Il marque le déclin des associations d’étudiants en Suisse.» Alors que «Zofingue se considère comme rien de moins que le berceau de la démocratie suisse», l’historienne ajoute que les associations d’étudiants «ont marqué de leur empreinte masculine la culture politique du pays». (Tages-Anzeiger)
Ce samedi à Berne aura lieu le premier tournoi de foot réunissant les MSA, les Muslim Students Associations. L’auteur de l’article, Antoine Menusier, les décrit comme «conservatrices», «identitaire» et «banalisant» le port du voile. «En Suisse, sept universités (Zurich, Bâle, Berne, Saint-Gall, Lucerne, Lausanne et Fribourg) comptent une association étudiante portant la mention MSA. »
La Suisso-Tunisienne Saïda Keller-Messahli, auteure du livre-enquête La Suisse, plaque tournante de l’islamisme: un coup d’œil dans les coulisses des mosquées, estime qu‘«en investissant les universités, là où se joue la bataille culturelle, cet islam entend s’imposer comme le seul interlocuteur possible auprès des autorités et comme la seule pratique prétendument conforme à l’islam auprès des jeunes.»
Selon les recherches de la NZZ, Zwelivelile «Mandla» Mandela relaye la propagande du Hamas et entretient des liens avec des autocrates du monde entier. Le 23 mai 2024, «l’association palestinienne de l’université de Lausanne» l’aurait invité à un événement à proximité de l’Université de Lausanne. Selon cette association, l’événement devait initialement se tenir sur le campus, mais a dû être déplacé dans une salle privée en raison de retards d’organisation.
Le lendemain, Mandela s’est également exprimé à l’Université de Genève, à l’invitation de l’association des étudiants musulmans et d’autres groupes. Selon les informations de la NZZ, peu avant la manifestation, l’UNIGE avait reçu un message contenant des informations sur l’orateur. Plusieurs photos y étaient jointes : Sur l’une d’entre elles, Mandela apparaît aux côtés du leader du Hamas Ismail Haniya, tué depuis lors, et sur l’autre, Mandela pose devant un portrait du commandant Kassem Soleimani des Gardiens de la révolution iraniens, lui aussi tué. Le commentaire de Mandela sous la photo : «Nous saluons les héros de la lutte palestinienne». «Malgré cet avertissement, l’Université de Genève a décidé d’accepter la tenue de la conférence.»
«Par mesure de précaution, le responsable de la communication de l’université a assisté personnellement à l’événement. [Il] a alors pu constater une «accentuation très claire du rejet de toute forme d’antisémitisme et d’islamophobie». Les manifestations de Lausanne et de Genève n’ont pas été organisées uniquement par les étudiants, mais ont pu voir le jour grâce à ce que l’on appelle le Forum musulman européen (EMF). Le président de ce forum, un certain Abdul-Vakhed Niyazov, serait un «vieil ami» de Vladimir Poutine et fondateur du groupe «Muslims in support of president Putin».
«L’experte autrichienne en islamisme Nina Scholz, qui s’intéresse depuis longtemps à l’EMF, considère cette organisation comme un instrument de guerre hybride menée par Poutine contre l’Europe et Israël. Pour le Kremlin, il s’agit de renforcer les organisations qui poursuivent des objectifs antidémocratiques et anti-occidentaux.»
Le programme d’économies présenté par le Conseil fédéral sous le titre «Programme d’allègement budgétaire 2027» – [connu sous le nom «rapport Gaillard»] – prévoit des économies de 460 millions de francs dans le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation. Les universités, les EPF et les hautes écoles spécialisées sont particulièrement concernées, notamment avec une augmentation des taxes d’études et des coupes dans le FNS. Ces mesures d’économies s’ajouteraient aux restrictions financières déjà décidées l’automne dernier par les Chambres fédérales.
Selon le Syndicat SSP, le travail de mobilisation a déjà commencé dans certaines universités et doit maintenant s’intensifier. «A l’Université de Lausanne, par exemple, la section étudiante du SSP initie, après deux séances d’information, un comité commun contre l’augmentation des taxes d’études. L’objectif est de créer des collectifs similaires dans le plus grand nombre possible d’universités et, idéalement, d’organiser une journée d’action nationale décentralisée avant la fin de la période de consultation, le 5 mai 2025. A l’Université de Genève, une assemblée générale contre les mesures d’économie est prévue pour le 10 avril.»
Dans le cadre d’un travail bénévole, des étudiant·es de la HSG (Université de Saint-Gall) de l’association Student Impact soutiennent des entreprises dans leur transformation durable. Comme la technologie joue un rôle de plus en plus important dans ce processus, les étudiant·s de la HSG s’associent désormais à des étudiant·s de l’ETH.
Des divers alumni Student Impact, qui sont dans la vie active, forment en outre les membres actuels dans le cadre d’un programme de mentorat interne. Cela comprend également une table ronde sur la carrière, au cours de laquelle les ancien·nes étudiant·es parlent de leurs expériences dans le monde du travail.