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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: engagement politique

Couverture de la presse de la Grève pour la jeunesse en Suisse

Co-présidente de la Fédération d’étudiant·es UNES, Sophie Wang déplore la couverture de la presse «hyper-alarmistes» concernant la Grève de la jeunesse, annoncé le 20 novembre dans des différentes villes de Suisse.

Elle mentionne notamment une entretien avec le député Philippe Nantermod (PLR), qui avance qu’avec leurs manifestations, les Jeunes socialistes ne cherchent qu’à semer le chaos. Par ailleurs, dans l’ensemble, il ne pense pas que la précarisation touche davantage les jeunes que d’autres groupes de population. «En Suisse, ce sont plutôt les familles, qui doivent porter toute la société sur leurs épaules, qui sont aujourd’hui les plus touchées par la précarité.»

Par ailleurs, selon le journaliste Lausanne Cités, «Lausanne craint le contagion», c’est à dire des manifestations violentes avec des policiers en sous-effectifs. Les jeunes socialistes avaient déjà affirmé la semaine passé que les Suisses n’ont «absolument pas à s’inquiéter» de la future mobilisation.

 

Les coupes budgétaires susciteront-elles des manifs des jeunes en formation?

«Les syndicats vaudois ont convenu d’une manifestation contre les coupes le 5 novembre. Le budget cantonal a subi 100 millions de francs de coupes supplémentaires après le vote fiscal. Les taux d’encadrement dans la formation risquent de se dégrader» (24 heures)

«Alors que des manifestations essaiment dans toute l’Europe, une coalition réunissant des mouvements suisses de jeunesse appelle à se mobiliser le 20 novembre pour protester contre la militarisation du pays et l’austérité. Les scènes de violence, comme en France, devraient toutefois rester marginales.» (Le Courrier)

Des manifestations et des émeutes ont lieu en France, en Italie, en Belgique, au Portugal, en Espagne et en Albanie. «Le terreau commun existe dans tous les pays : l’inflation et la crise de l’éducation», explique le professeur d’histoire contemporaine européenne et suisse à l’université de Fribourg, Siegfried  Weichlein. «Mais cela ne signifie pas pour autant qu’un mouvement de grande ampleur soit à prévoir.» (Freiburger Nachrichten)

Des manifestations prévues en Suisses ont été traités par plusieurs médias. Sur instagram, des représentant·es du collectif «grève_de_la_jeunessse» suisse regrettent que «de nombreux articles dans les médias bourgeois nous accusent, ou sous-entendent, que notre mouvement est violent. Avant même notre première mobilisation, nous sommes déligitimé·es et accusé·es sans aucune preuve.»

 

« La gauche et les étudiants appellent à une grève nationale »

Le 20 novembre 2026 aura lieu une « grève de la jeunesse contre l’austérité et la militarisation », un mouvement qui pourrait rassembler des milliers de personnes en Europe. Cette mobilisation exprime la peur des guerres et du réchauffement climatique, le manque de perspectives et d’écoutes ainsi que les coupes budgétaires concernant les services publics.

Les organisateur·ices interrogés sur le sujet précisent qu’il ne s’agit pas de copier la France, la grève étant planifiée depuis des mois. Cependant, bien que ces mouvements prennent par dans différents contextes, le vice-président des jeunes socialistes déclarent : « Il y a un même sentiment d’urgence que l’on soit en Allemagne, en France ou en Suisse ».

Toutes les villes universitaires suisses ou accueillant des hautes écoles seront concernées, les organisateur·ices pouvant compter sur le soutien d’organisations étudiantes et de syndicats.

L’UNES déclare son soutien aux élèves et étudiant·es français·es qui prennent la rue

Depuis plusieurs jours, les élèves français descendent dans la rue pour manifester et défendre leurs revendications: des investissements dans l’éducation et l’égalité des chances et l’accès à l’université.

L’UNES avance: «Les revendications des élèves français rejoignent celles du VSS : étudier et apprendre dans des conditions dignes !»

Palantir privé de Forum à l’EPFL

Palantir ne viendra pas au Forum EPFL 2026, mais les opposant·es ne décolèrent pas. Certain·es estiment qu’il est problématique que ce soit la SwissTech Convention Center, qui accueille l’événement, ait pris cette décision et non la direction de l’EPF (ni les organisateurs et organisatrices du Forum). Plusieurs personnes regrettent des nouvelles directives «coercives» contre les associations étudiant·es, empêchant la tenue de tout événement sur le campus qui «entacherait la réputation de l’EPFL et mettrait en danger la cohésion» et estiment que face à Palantir qui paie sa place, il y a «deux poids, deux mesures».

«L’école polytechnique ajoute que, concernant le salon, «la direction tient à ce que ses diplômés en quête d’emploi se voient proposer un large choix, tout en formulant ses vœux qu’elles et ils choisissent de s’orienter dans des voies qui les conduiront à œuvrer pour le bien de la société».

 

 

«Un professeur proche de l’AfD»

Un professeur de l’université de Lausanne, Michael Esfeld, donnera une conférence pour une fondation liée au parti d’extrême droite allemand AfD, la Desiderius Erasmus Stiftung. «Le professeur souligne également qu’il ne s’exprimera ni au nom de l’université de Lausanne, ni d’aucune autre institution mentionnée dans sa présentation.»

L’attachée de presse de l’Unil affirme qu’elle «n’engage pas l’université de Lausanne». «Monsieur Esfeld est soumis, comme tout universitaire, aux limites légales de la liberté d’expression».

«Le lobbyiste en veste de professeur»
L’article de Republik dresse un portrait très critique de l’économiste suisse Christoph Schaltegger, professeur à l’Université de Lucerne et fondateur de l’Institut de politique économique suisse (IWP). Selon l’enquête, Schaltegger utiliserait l’apparence de neutralité scientifique pour accroître son influence politique et promouvoir un agenda économique libéral favorable aux milieux d’affaires.

L’IWP, présenté comme un institut scientifique indépendant, est financé par de riches entrepreneurs, notamment Alfred Schindler (groupe Schindler), ainsi que d’autres grandes fortunes suisses. Malgré ce financement privé, l’institut bénéficierait de la crédibilité de l’Université de Lucerne, ce qui lui permettrait de peser davantage dans les débats publics et politiques. Christopher Schaltegger et plusieurs collaborateurs de l’IWP siègent ou ont siégé dans diverses commissions d’experts fédérales influençant des sujets importants comme les retraites, la fiscalité, les dépenses publiques ou les relations avec l’UE.

L’enquête rappelle qu’avant sa carrière académique, Schaltegger a travaillé pour le Département fédéral des finances sous le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz, et puis pour l’organisation patronale Economiesuisse.

Le journaliste de Republik affirme qu’il a joué un rôle dans la promotion de la réforme fiscale dite «Réforme de l’imposition des entreprises II», dont les coûts pour les finances publiques auraient été largement sous-estimés lors de la campagne de votation de 2008. Plus tard, le Tribunal fédéral a reproché au Conseil fédéral d’avoir fourni des informations trompeuses sur les conséquences financières de cette réforme.

Plusieurs économistes reprochent à l’IWP de publier surtout des policy papers non soumis à une évaluation scientifique par les pairs (peer review), d’utiliser des méthodologies contestées et de tirer des conclusions jugées idéologiques ou insuffisamment étayées. Selon eux, l’IWP présenterait parfois des positions politiques sous couvert d’expertise scientifique.

Des Palestiniens prennent des actions légales contre l’Université Columbia

Selon le «New York Times», cinq étudiants d’origine palestinienne de l’université Columbia ont désormais porté plainte contre l’établissement reprochant à la direction de l’université d’avoir défavorisé des étudiants palestiniens dans le cadre des manifestations contre la guerre à Gaza. Dans leur plainte, ils affirment que l’université n’a pas pris suffisamment de mesures pour les protéger d’un environnement hostile. Elle aurait participé «activement au harcèlement à caractère raciste, ethnique et politique» dont ont été victimes des étudiants, des membres du personnel et des enseignants palestiniens.

Un rapport sur les incidents racistes publié l’année dernière par l’université de Harvard mentionne également des cas de discrimination antimusulmane et anti-palestinienne entre étudiants. L’auteur de l’article de la Neue Zürcher Zeitung estime qu’il s’agit toutefois de «cas isolés. Cela n’a pas donné lieu à un climat antipalestinien généralisé. L’antisémitisme, en revanche, était systémique. À Harvard comme à Columbia.»

La science neutre face aux décisions politiques ? Regard du climatologue Reto Knutti

Dans un entretien accordé au Tages-Anzeiger, Reto Knutti, climatologue et professeur à l’ETH Zurich, questionne la frontière entre science et politique face à l’urgence climatique.

Selon lui, les scientifiques ne peuvent plus se contenter de livrer des chiffres bruts, ils doivent expliciter les conséquences et éclairer les différents choix politiques. Il rappelle que la Suisse est le seul pays à avoir validé l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 par une votation populaire.

Il déclare : «Les faits scientifiques ne dictent ni décisions politiques ni actions sociales. Chaque action est le résultat d’un processus de négociation politique. Mais la science du climat et la politique se sont longtemps accrochées à l’idée fausse que si les faits sont suffisamment clairs, la politique et la société feront ce qu’il faut. C’était une erreur fatale. Au plus tard lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague en 2009, il est devenu clair que les faits sont parfaitement clairs, mais qu’un accord mondial ne se fait pas par hasard. Aujourd’hui, nous n’avons pas principalement un problème de connaissance, mais un problème de mise en œuvre. Il s’agit de communication, de psychologie perceptuelle, de politique, de diplomatie, de coûts et d’avantages. Nous avons inclus tous ces aspects et disciplines bien trop tard.» (Tages-Anzeiger)

Le Master en transdisciplinarité de la Haute Ecole des Beaux-Arts de Zurich, trop politique?

La Zürcher Hochschule der Künste (ZHdK) envisage de supprimer ce cursus à moyen terme, provoquant d’importants remous au sein du département d’analyse et médiation culturelle (DKV). Contrairement à l’interdisciplinarité classique, cette filière de Master en transdisciplinarité dépasse les frontières académiques en mêlant art, science, design et activisme.

L’ancien chef de la filière, Andreas Vogel, a été licencié en septembre 2025, et la direction a initialement décidé d’abandonner ce cursus. La rectrice de la ZHdK Karin Mairitsch a ensuite nuancé cette décision auprès du médias Tsüri : seule une «évaluation» de la filière serait prévue. Ce n’est qu’ensuite qu’il sera décidé si et sous quelle forme la formation sera maintenue, une refonte étant également envisageable.

L’association étudiante VERSO a, quant à elle, lancé une pétition en ligne dénonçant notamment le manque de clarté dans la communication sans consultation préalable de la direction ou des étudiant·es.

La direction de l’université insiste dans un e-mail interne sur le fait que ces décisions sont prises pour des raisons à la fois stratégiques et de fond et non pour des raisons politiques.

Engagement universitaire contre l’initiative contre la SSR

Plus de 1000 professeur·es issu·es de toutes les disciplines et de toutes les régions du pays ont déjà signé la déclaration en faveur d’un service public médiatique fort et contre l’initiative visant à réduire de moitié le financement de la SSR.

Manuel Puppis, professeur ordinaire en structures et gouvernance des médias à l’Université de Fribourg, explique que la motivation derrière est «ni parce que «la collaboration avec la SSR est importante» pour eux personnellement (SonntagsZeitung), ni par « romantisme de la résistance» ou «esprit moutonnier» (NZZ), mais par véritable inquiétude quant aux conséquences qu’aurait l’acceptation de cette initiative radicale pour le paysage médiatique suisse et la démocratie. Cette déclaration repose sur des connaissances scientifiques, et non sur des intuitions, des idéologies ou des intérêts personnels». […]

«Dans les pays où le service public médiatique bénéficie d’un financement solide, les connaissances politiques sont plus approfondies, les sujets qui ne sont pas lucratifs font davantage l’objet de reportages et la qualité des prestations du service public médiatique a également un effet positif sur l’offre des médias privés.

[…] Une réduction de moitié du budget et des restrictions drastiques de l’offre en ligne auraient des conséquences désastreuses pour les prestations journalistiques de la SRG SSR dans toutes les régions linguistiques. Les médias privés ne peuvent pas compenser cela. […]»

 

Les gouvernements romands et plus de 700 professeurs contre l’initiative SSR

Les gouvernements de Suisse occidentale et au moins 735 professeur·es [état du 27.01., à 10h30] ont défendu la redevance à 300 francs, contre les 200 francs prônés par l’initiative en vote le 8 mars.

«C’est la première fois qu’autant d’universitaires s’engagent politiquement en faveur d’une cause», indique un communiqué de presse des signataires. Leur déclaration est fondée sur diverses études scientifiques suisses et internationales.

Le monde universitaire a-t-il un problème avec l’activisme ?

Ce podcast examine les tensions entre activisme et carrière académique, notamment lorsque des scientifiques ou des étudiants participent à des manifestations ou actions de désobéissance civile. Cet engagement peut être perçu négativement par certains employeurs, médias et collègues, avec des conséquences sur le financement de la recherche

Enfin, il est suggéré que les institutions académiques pourraient mieux soutenir leurs membres, notamment en offrant des structures juridiques et de solidarité pour ceux qui s’engagent publiquement.

«Censure à l’université» de Neuchâtel ?

«L’université de Neuchâtel a refusé de mettre à disposition une salle pour deux conférences sur la Palestine du professeur et chercheur Joseph Daher. Si l’UniNe se défend de toute censure, mettant en avant l’application du règlement, les associations organisatrices, tout comme le principal intéressé, y voient une décision politique.» L’UniNe explique que «les conférences données dans ses murs sont autorisées si elles sont organisées par une entité de type chaire ou institut et sous la responsabilité d’un·e professeur·e UniNE expert·e du domaine». Une membre de l’Association anti-impérialisme étudiante (AAIE) estime elle que le rectorat ne tient pas ses engagements pris lors de l’occupation estudiantine de mai 2024, à savoir de «laisser [l’association] organiser des événements afin d’aborder la question palestinienne».

En mars 2024, l’Université avait déjà refusé en ses murs la tenue d’une conférence de Salah Hammouri concernant le système judiciaire carcéral israélien, invoquant «un manque de personnel». Les évènements actuels se tiendront finalement  à l’Hôtel des associations, un lieu d’intégration sociale.

«Des étudiants cassent du matériel très coûteux à l’Unil par erreur»

«Lors d’une action pacifique à l’Université de Lausanne (Unil), visant à dénoncer les coupes budgétaires touchant directement l’institution le mardi 25 novembre, des étudiants ont voulu perturber un cours dans le bâtiment Amphimax […] [en] débranch[ant] l’écran de contrôle de l’auditoire. Mais ce faisant, les étudiants ont créé un court-circuit dans le système […]. Les frais de réparation s’élèvent jusqu’à plusieurs milliers de francs et l’Unil envisage la possibilité de porter plainte contre les jeunes en question.» (Blick)

«La justice zurichoise sanctionne l’occupation de l’EPFZ en mai 2024 par des militants»

Cinq militant·es pro-palestinien·nes ont été condamné·es pour violation de domicile à des amendes avec sursis pour l’occupation de la halle principale de l’EPFZ le 31 mai 2024. Deux personnes ont été acquittées car la plainte envers elles était invalide au niveau procédurale. La défense a annoncé faire appel de la décision.

La présidente du tribunal a déclaré que le droit de propriété de l’EPFZ a été appliqué. Les arguments de la défense (notamment un état d’urgence, la liberté d’expression et celle de réunion) ont été rejetés. Le tribunal a estimé que d’autres moyens légaux existaient pour faire valoir leurs opinions. De plus, l’EPFZ avait indiqué sa disposition à dialoguer avec les manifestant·es. Tou·tes les accusé·es ont cependant été acquitté·es du chef d’accusation de participation à une manifestation non autorisée, car l’EPFZ, en tant qu’établissement de droit public, est soumise au droit fédéral et le droit communal ne peut donc pas s’appliquer.

D’autres procédures sont toujours en cours, notamment le procès contre les militants·e qui ont occupé le bâtiment principal de l’EPFZ le 7 mai 2024. (RTS, NZZ)

Des activistes interrompent une conférence à l’Université de Saint-Gall

Quatre activistes pour le climat ont interrompu une conférence à la HSG de Saint-Gall donnée par l’investisseur Urs Wietlisbach, co-fondateur de Partners Group. Ils·elles ont accusé l’intervenant à l’image publique de philanthrope vert de n’investir que des sommes modestes dans des solutions durables, au profit des grandes investissements dans les énergies fossiles. Les manifestant·es ont également attiré l’attention sur l’Initiative pour l’Avenir des Jeunes socialistes.