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Sujet: conseil politique

Valais : nouveau partenariat dans l’enseignement supérieur

Quatorze institutions académiques et de recherche du Valais (incluant la HES-SO, l’EPFL, la HEP, les universités de Lausanne et de Genève et plusieurs instituts spécialisés) s’unissent au sein d’un nouveau partenariat stratégique.

« La conférence vise à renforcer la coopération entre les établissements d’enseignement supérieur et de recherche valaisans et à souligner leur contribution au développement du canton », a déclaré François Seppey, directeur de la HES-SO Valais-Wallis et président du comité de cette alliance stratégique.

Ce rapprochement soutient notamment un projet de financement de 151,5 millions de francs pour la période 2026-2028, qui sera examiné par le Grand Conseil en mai.

La conférence a déjà publié une première déclaration s’opposant à la suppression envisagée du Conseil suisse de la recherche scientifique. Elle est convaincue qu’une telle mesure affaiblirait l’expertise scientifique indépendante au niveau national.

L’ensemble du comité consultatif scientifique de la NSF a été limogé par l’administration Trump

Les 22 membres du comité consultatif chargé de superviser la Fondation nationale pour la science (NSF) des États-Unis, l’un des principaux bailleurs de fonds de la recherche fondamentale, ont été démis de leurs fonctions le 24 avril sans aucune explication.

«Ce n’est pas la première fois que l’administration Trump limoge en masse des conseillers scientifiques fédéraux. L’année dernière, elle a licencié les 17 membres du Comité consultatif sur les pratiques de vaccination, qui jouait un rôle crucial dans la politique américaine en matière de vaccins, et a supprimé 14 comités consultatifs au sein de la NSF. Toujours l’année dernière, Trump a signé un décret supprimant plusieurs comités consultatifs, dont un consacré au COVID long, afin de réduire les dépenses publiques et de «promouvoir la liberté et l’innovation américaines». (Nature)

«Cette décision est préoccupante, car le Conseil national des sciences joue un rôle essentiel en matière de contrôle, de responsabilité et de transparence dans la manière dont la principale agence de recherche scientifique du pays prend ses décisions, qu’il s’agisse des investissements majeurs dans la recherche, des partenariats internationaux ou des critères d’attribution des subventions.» (Union of Concerned Scientists)

Le Conseil des EPF rejette l’abolition du Conseil suisse de la science (CSS)

L’organe stratégique de direction du Domaine des EPF s’oppose à  la proposition du Conseil fédéral d’abolir le Conseil suisse de la science (CSS).

Il souligne que « La suppression du CSS priverait la Suisse d’un organe consultatif et d’évaluation reconnu pour la qualité de ses services et son coût modique. »

En affirmant également que la pénalisation de la Suisse par ses partenaires internationaux nuirait à sa réputation de pays engagé dans la science, la recherche et l’innovation.

La suppression du Conseil suisse de la science, toujours incomprise

Deux expertes, membres du Conseil suisse de la recherche scientifique (CSR), mettent en lumière des contradictions dans la décision du Conseil fédéral de dissoudre celui-ci.

Elles souligne d’abord le caractère soudain des cette mesure : «Cette proposition nous a pris totalement par surprise; nous n’avons été consultés nullement au préalable.» Elles poursuivent en disant pouvoir se fier qu’au rapport explicatif officiel. Celui-ci soutient que l’évolution des besoins et des défis dans le domaine de la recherche et de l’innovation a entraîné des changements fondamentaux.

Selon les autorités, les critères d’évaluation, de diffusion et de l’information et de formulation de recommandations politiques nécessiteraient une expertise plus rapide et spécialisée.

swissuniversities suit la stratégie de politique de sécurité de la Suisse

«Les hautes écoles suisses soutiennent le développement d’une stratégie de politique de sécurité telle que proposée par le Conseil fédéral et entendent assumer leur rôle. Par leur expertise et leur innovation, les hautes écoles sont des actrices centrales pour la sécurité et la résilience du pays. […] Elles apportent en particulier une contribution décisive sur les thématiques de l’information et de la désinformation, de l’analyse de risques et de la gestion de crises, de la cybersécurité, du développement technologique, du renforcement de la sécurité des connaissances (Knowledge Security) ou encore de la recherche et de l’innovation dans des domaines pertinents pour la sécurité.» (swissuniversities)

«Invitation au dialogue: Comment favoriser les échanges entre science, politique et société?»

«Le premier sommet national sur la recherche et l’innovation, qui s’est tenu à Berne, l’a clairement montré: les échanges doivent s’intensifier. Les participantes et participants ont débattu de leurs attentes, de nouveaux formats et de recommandations. Un message central est ressorti de toutes les interventions: seule une recherche intelligible peut avoir un impact.»

«Le Swiss Polar Institute fait rayonner l’engagement scientifique helvétique»

«Plus d’une centaine de personnes issues des milieux politiques, diplomatiques et scientifiques se sont réunies mercredi à quelques pas du Palais fédéral à Berne pour discuter des enjeux climatiques mondiaux du point de vue des sciences polaires. En jeu: la contribution suisse en matière de recherches sur les pôles via son institut polaire, le Swiss Polar Institute, basé à Sion depuis dix ans.»

«Plutôt le tabac que la science»
Le Conseil fédéral souhaite pourtant supprimer le Conseil suisse de la science (CSS), affirmant que les défis actuels exigent des expertises spécialisées fournies par des groupes ad hoc plutôt que par un organisme permanent. Le CSS conteste vivement cette justification, qu’il juge floue et incorrecte, et souligne que la Suisse deviendrait un cas à part : aucun pays comparable ne renonce à un conseil scientifique indépendant.
Le CSS fait partie d’un ensemble de neuf commissions extraparlementaires que le Conseil fédéral propose de dissoudre, en partie sous pression de représentants politiques de droite. Pourtant, selon un rapport du Conseil des États, externaliser leurs tâches serait moins efficace et plus coûteux. Les économies attendues (172 000 francs) seraient probablement annulées par des dépenses plus élevées pour des mandats externes. Le SWR estime même qu’il faudrait compter au moins 50 % de coûts supplémentaires.

Le Conseil scientifique s’inquiète aussi du fait que son expertise, indépendante et à long terme, ne puisse pas être remplacée par des groupes ponctuels, plus susceptibles d’être politiquement orientés. Cette inquiétude est renforcée par une récente controverse autour du paquet d’économies fédéral, où le CSS a exprimé des critiques contraires à celles d’un groupe ad hoc mandaté par le Conseil fédéral.

Par ailleurs, une révision légale prévoit que ces commissions ne pourront plus communiquer librement avec le Parlement sans l’accord de leur département, officiellement pour éviter des activités de  lobbying». Le CSS juge cette justification injustifiée et contraire à la liberté d’expression. Cette restriction semble paradoxale, d’autant qu’elle émane de milieux politiques de la droite bourgeoise qui s’opposent généralement à un encadrement plus strict du lobbying, par exemple concernant la réglementation autour le tabac.

Pour l’auteur de l’article paru dans la Wochenzeitung WOZ, l’ensemble du projet donne l’impression que le Conseil fédéral cherche à réduire une voix indépendante parfois critique. Dans un contexte déjà marqué par les restrictions budgétaires, la méfiance envers la science et les tensions géopolitiques et technologiques, la suppression du CSS serait un «signal préoccupant».

Le Conseil suisse de la science reçoit le soutien du Réseau européen des conseillers scientifiques

Heinz Fassmann, président de l’European Science Advisors Forum (ESAF) et ancien Ministre autrichien de l’Éducation – affirme dans une de ses prises de position adressée au Conseil fédéral que «Le Conseil suisse de la science (CSS) est indispensable à une nation scientifique de premier plan comme la Suisse.»

Il souligne que des institutions comparables en Allemagne et en Autriche sont structurées de manière similaire. Le CSS apporte une contribution essentielle à une politique de recherche et d’innovation rationnelle.

Il adresse une demande pressante au Conseil fédéral : reconsidérer sa décision de dissoudre le CSS : «Les institutions sont rapidement dissoutes. Reconstruire des institutions performantes représente un processus long et coûteux.»

Le renforcement de la compréhension et du dialogue entre la science, la politique et la société doit se poursuivre

«Lors du premier Swiss Research and Innovation Summit qui s’est déroulé le 17 mars 2026 à Berne, les expertes et experts de la science, la politique, l’administration, l’économie et la société civile ont échangé sur le rôle de l’expertise scientifique pour la politique et la société. Le but de la manifestation était de renforcer la compréhension des conditions relatives au conseil scientifique et au dialogue mutuel entre la science et la société.»

La nouvelle règle de l’équipe Trump pourrait faciliter le licenciement des scientifiques du gouvernement

L’administration du président américain Donald Trump a poursuivi la semaine dernière son projet visant à faciliter le licenciement de certains fonctionnaires, notamment des scientifiques, pour avoir «sapé les directives présidentielles». malgré les objections du public qui craint que cela n’entraîne une ingérence politique accrue dans la science américaine.

«Les opposant·es à cette politique ont déclaré qu’ils envisageaient d’intenter une action en justice. Le gouvernement «rebaptise les fonctionnaires de carrière en employés «politiques», réduit au silence les lanceurs d’alerte et remplace les professionnels compétents par des laquais politiques», a déclaré Everett Kelley, président national de l’American Federation of Government Workers (AFGE) à Washington DC, dans un communiqué.»

Les angles morts de la Suisse

La Fondation Mercator Suisse, économiesuisse et le Conseil EPF ont développé une communication sur les 10 angles morts de la Suisse. Point 6, 9 et 10 concernent les universités:

6.: Plus d’investissements dans les technologies du futur sont nécessaires (ia, données, énergies)

9.: «La distance entre l’économie, la science et la politique entraîne des réactions tardives en cas de crise et empêche toute planification prévisionnelle. Il faut raccourcir les voies de communication et mener des expériences communes.»

10.: La liberté académique est menacée. Les universités doivent se positionner encore plus activement comme des institutions inébranlables, uniquement dévouées à la connaissance scientifique.

«La science est un bien public mondial»

«À la croisée des enjeux scientifiques, sociétaux et politiques, le président et la directrice exécutive des Académies suisses des sciences reviennent, dans cet entretien croisé, sur une année marquée par de profondes transformations. Yves Flückiger et Marianne Bonvin évoquent le rôle des Académies comme espaces de dialogue, de confiance et d’expertise indépendante, les défis liés à la communication et à l’intégrité scientifiques, à l’ouverture de la recherche et à l’ancrage international de la Suisse, ainsi que la responsabilité de la science face aux attentes croissantes de la société.»

Le futur du conseil scientifique à la confédération

Le Conseil fédéral recommande au Parlement de supprimer neuf commissions extraparlementaires, dont le Conseil scientifique. Son argument : «Les défis nationaux et internationaux exigent une expertise rapide et spécialisée plutôt que des rapports fastidieux. » Les défis dans le domaine de la recherche et de l’innovation auraient changé.

La radio SRF explique que Le rôle du Conseil suisse de la science a évolué au fil des ans. Contrairement au Conseil allemand de la science, par exemple, le Conseil suisse de la science (CSS) ne serait pas un organe très influent. «Même dans le milieu scientifique, beaucoup ignorent aujourd’hui l’existence du Conseil de la science et sa fonction.» Et des domaines importants tels que l’évaluation des choix technologiques auraient été externalisés au fil des ans et les moyens financiers réduits.

Si le Parlement approuve la suppression du Conseil suisse de la science, il manquerait une vision globale et indépendante des domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation. Le journaliste Christian von Bourg si, en absence du CSS, les universités et comités scientifiques feraient du lobbying, surtout pour eux-mêmes. Et l’évaluation du paysage de la recherche, qui était jusqu’à présent largement assurée à titre bénévole par un comité de milice, devra être confiée à des experts externes.

Le conseil scientifique à la politique a quant à lui pris une autre direction. À la suite de la pandémie de coronavirus, un nouvel organe a été créé, le Réseau national de conseil scientifique pour les situations de crise. De grands groupes de chercheurs se sont réunis pour conseiller les responsables politiques sur des thèmes tels que la cybersécurité, la santé publique, la désinformation ou les défis internationaux. En cas de crise, l’idée est que le Conseil fédéral puisse obtenir rapidement et de manière exhaustive les conseils de chercheurs bien informés issus de ces groupes.

La grande question reste de savoir si le Conseil fédéral utilise cette possibilité. Dans le conflit douanier avec les États-Unis, par exemple, le Conseil fédéral n’aurait pas sollicité l’avis des scientifiques, selon des initiés, alors que de bons scientifiques auraient été disponibles sur le sujet. «L’interaction entre la science et la politique reste difficile», résume le journaliste.