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Tendances des 2 dernières semaines

Sujet: collaboration hautes écoles – politique

La science, un pilier essentiel de la démocratie

La science et la démocratie sont souvent considérées comme deux domaines distincts : la science est vue comme une source de découvertes, d’expertise et d’innovation, tandis que la démocratie est perçue comme un ensemble d’institutions, de règles et de procédures. Or, en réalité, ces deux domaines sont étroitement liés.

Les auteurs et autrices de l’article présentent trois piliers grâce auxquels la science contribue à la démocratie :

  1. l’établissement de bases factuelles communes,
  2. le renforcement de la confiance dans les institutions,
  3. la mise à disposition d’outils permettant d’adapter les politiques et les organisations en fonction de l’évolution des circonstances.

L’article met également en avant des méthodes permettant à améliorer ces trois piliers.

L’ETH Zurich et les Nations Unies prolongent leur partenariat

Les défis mondiaux tels que les pandémies, le changement climatique et la gouvernance de l’intelligence artificielle mettent en évidence une réalité fondamentale : c’est lorsque les connaissances scientifiques et la coopération internationale vont de pair que naissent des solutions efficaces. Afin de faire progresser davantage les innovations sociales fondées sur la technologie pour relever ces défis mondiaux, l’ETH Zurich et les Nations Unies ont renouvelé leur partenariat.

La Commission européenne annonce un projet de pôle polaire visant à renforcer la coordination de la recherche

«La Commission européenne prévoit de mettre en place un pôle de recherche polaire de l’UE afin de renforcer la coordination et d’améliorer l’articulation entre la science et les politiques publiques. Selon un responsable de la Commission, l’objectif est de «mieux relier la recherche, l’observation et les infrastructures scientifiques, d’améliorer l’accès aux ressources de recherche et de renforcer la coordination avec les parties prenantes, y compris les peuples autochtones».»

Si la nouvelle stratégie arctique de l’UE met l’accent sur la sécurité, avec des engagements visant à protéger les câbles sous-marins, à renforcer la surveillance par satellite, à déployer davantage de brise-glaces et à améliorer la mobilité militaire, «la communauté polaire se réjouit de constater que les préoccupations environnementales n’ont pas été négligées».

«Pourquoi la science doit renforcer son contrat social»

Face à la défiance croissante envers la science, Peter Gluckman, président du International Science Council (ISC), appelle à renforcer le contrat social de la science en améliorant la communication avec les politiques et en explicitant ses contributions à la société.

Il préconise un engagement accru des scientifiques auprès des ministères, de la société civile et des entreprises pour garantir le bien-être humain et environnemental.

Faut-il plus d’études holistiques ?

Luc Saner, co-initiateur du Komitee für die Einheit der Wissenschaft und ein echtes Studium
generale et ancien parlementaire à Bâle-Ville (PLR) et auteur du livre «Allgemeiner Teil der Wissenschaften» (2023) et Beat Berber, membre du comité et spécialiste de communication pour les hautes écoles plaident pour plus d’unité dans la science pour répondre aux défis contemporains. Bien que les progrès scientifiques ont rarement été aussi importants qu’aujourd’hui, ils ne traduiraient pas assez en résolution de crises mondiales.

Les auteurs déclarent : « L’humanité ne tire pas suffisamment parti de la proposition désormais élevée de diplômé·es de l’enseignement supérieur occupant des postes à responsabilité. La communication au sein de la communauté scientifique est principalement guidée par des intérêts particuliers et une étroitesse d’esprit ». 

Ils citent entre autres un sondage de Nature qui indiquerait que «73 % des chercheurs n’y connaissent rien en politique ; à l’inverse, 80 % des politiciens ne comprennent pas comment fonctionne la science.»

Pour répondre à la fragmentation entre science et politique, il faudrait « un changement de paradigme vers l’unité de la science ». 

Le Conseil des EPF rejette l’abolition du Conseil suisse de la science (CSS)

L’organe stratégique de direction du Domaine des EPF s’oppose à  la proposition du Conseil fédéral d’abolir le Conseil suisse de la science (CSS).

Il souligne que « La suppression du CSS priverait la Suisse d’un organe consultatif et d’évaluation reconnu pour la qualité de ses services et son coût modique. »

En affirmant également que la pénalisation de la Suisse par ses partenaires internationaux nuirait à sa réputation de pays engagé dans la science, la recherche et l’innovation.

swissuniversities suit la stratégie de politique de sécurité de la Suisse

«Les hautes écoles suisses soutiennent le développement d’une stratégie de politique de sécurité telle que proposée par le Conseil fédéral et entendent assumer leur rôle. Par leur expertise et leur innovation, les hautes écoles sont des actrices centrales pour la sécurité et la résilience du pays. […] Elles apportent en particulier une contribution décisive sur les thématiques de l’information et de la désinformation, de l’analyse de risques et de la gestion de crises, de la cybersécurité, du développement technologique, du renforcement de la sécurité des connaissances (Knowledge Security) ou encore de la recherche et de l’innovation dans des domaines pertinents pour la sécurité.» (swissuniversities)

«Invitation au dialogue: Comment favoriser les échanges entre science, politique et société?»

«Le premier sommet national sur la recherche et l’innovation, qui s’est tenu à Berne, l’a clairement montré: les échanges doivent s’intensifier. Les participantes et participants ont débattu de leurs attentes, de nouveaux formats et de recommandations. Un message central est ressorti de toutes les interventions: seule une recherche intelligible peut avoir un impact.»

«Le Swiss Polar Institute fait rayonner l’engagement scientifique helvétique»

«Plus d’une centaine de personnes issues des milieux politiques, diplomatiques et scientifiques se sont réunies mercredi à quelques pas du Palais fédéral à Berne pour discuter des enjeux climatiques mondiaux du point de vue des sciences polaires. En jeu: la contribution suisse en matière de recherches sur les pôles via son institut polaire, le Swiss Polar Institute, basé à Sion depuis dix ans.»

Le renforcement de la compréhension et du dialogue entre la science, la politique et la société doit se poursuivre

«Lors du premier Swiss Research and Innovation Summit qui s’est déroulé le 17 mars 2026 à Berne, les expertes et experts de la science, la politique, l’administration, l’économie et la société civile ont échangé sur le rôle de l’expertise scientifique pour la politique et la société. Le but de la manifestation était de renforcer la compréhension des conditions relatives au conseil scientifique et au dialogue mutuel entre la science et la société.»

Le Conseil suisse de la science prend position sur sa suppression prévue – Le conseil indépendant ne doit pas être affaibli

«Le Conseil suisse de la science CSS a pris position dans le cadre de la procédure de consultation sur la réorganisation des Commissions extraparlementaires. Il y rejette catégoriquement la suppression du CSS proposée par le Conseil fédéral.»

Par ailleurs, le Conseiller national Christophe Clivaz (Vert-es, VS), [professeur de l’Unil], a également questionné le choix du Conseil fédéral de dissoudre le CSS, et le Conseiller fédéral Guy Parmelin (UDC, VD), a répondu : «Le Conseil fédéral ne souhaite en aucun cas affaiblir le recours à une expertise indépendante, mais plutôt la rendre plus ciblée et mieux adaptée aux processus et structures actuels.»

Le directeur général du CSS Lukas Zollinger loue cette préoccupation pour l’expertise indépendante, mais ne voit pas en quoi la dissolution du CSS pourrait y contribuer. Il se pose en outre la question fondamentale de savoir qui fixe les objectifs d’une telle expertise et comment et par qui cette expertise indépendante doit être fournie, qui doit avant tout tenir compte des spécificités suisses. «En raison de sa petite taille, la Suisse ne dispose que de peu d’acteurs capables de fournir une expertise externe. Le SEFRI dispose bien sûr d’un vaste savoir-faire, mais il fait partie de l’administration fédérale et n’est donc pas vraiment indépendant.»

 

L’avenir incertain d’une institution scientifique sexagénaire

Un article de la NZZ retrace l’histoire du Conseil suisse des sciences, qui a célébré ses 60 ans l’année dernière, et ses relations parfois difficiles avec la Confédération.  

L’institution, qui joue un rôle de médiateur entre le monde politique et scientifique, pourrait bien disparaitre. Son sort étant désormais entre les mains du Parlement. Au fil des décennies, le Conseil a pourtant laissé une empreinte significative en contribuant à l’adoption de plusieurs lois sur l’éducation, à l’intégration de la Suisse dans les programmes européens de recherche, ainsi qu’à la création de Hautes écoles spécialisées.  

Les angles morts de la Suisse

La Fondation Mercator Suisse, économiesuisse et le Conseil EPF ont développé une communication sur les 10 angles morts de la Suisse. Point 6, 9 et 10 concernent les universités:

6.: Plus d’investissements dans les technologies du futur sont nécessaires (ia, données, énergies)

9.: «La distance entre l’économie, la science et la politique entraîne des réactions tardives en cas de crise et empêche toute planification prévisionnelle. Il faut raccourcir les voies de communication et mener des expériences communes.»

10.: La liberté académique est menacée. Les universités doivent se positionner encore plus activement comme des institutions inébranlables, uniquement dévouées à la connaissance scientifique.

Le futur du conseil scientifique à la confédération

Le Conseil fédéral recommande au Parlement de supprimer neuf commissions extraparlementaires, dont le Conseil scientifique. Son argument : «Les défis nationaux et internationaux exigent une expertise rapide et spécialisée plutôt que des rapports fastidieux. » Les défis dans le domaine de la recherche et de l’innovation auraient changé.

La radio SRF explique que Le rôle du Conseil suisse de la science a évolué au fil des ans. Contrairement au Conseil allemand de la science, par exemple, le Conseil suisse de la science (CSS) ne serait pas un organe très influent. «Même dans le milieu scientifique, beaucoup ignorent aujourd’hui l’existence du Conseil de la science et sa fonction.» Et des domaines importants tels que l’évaluation des choix technologiques auraient été externalisés au fil des ans et les moyens financiers réduits.

Si le Parlement approuve la suppression du Conseil suisse de la science, il manquerait une vision globale et indépendante des domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation. Le journaliste Christian von Bourg si, en absence du CSS, les universités et comités scientifiques feraient du lobbying, surtout pour eux-mêmes. Et l’évaluation du paysage de la recherche, qui était jusqu’à présent largement assurée à titre bénévole par un comité de milice, devra être confiée à des experts externes.

Le conseil scientifique à la politique a quant à lui pris une autre direction. À la suite de la pandémie de coronavirus, un nouvel organe a été créé, le Réseau national de conseil scientifique pour les situations de crise. De grands groupes de chercheurs se sont réunis pour conseiller les responsables politiques sur des thèmes tels que la cybersécurité, la santé publique, la désinformation ou les défis internationaux. En cas de crise, l’idée est que le Conseil fédéral puisse obtenir rapidement et de manière exhaustive les conseils de chercheurs bien informés issus de ces groupes.

La grande question reste de savoir si le Conseil fédéral utilise cette possibilité. Dans le conflit douanier avec les États-Unis, par exemple, le Conseil fédéral n’aurait pas sollicité l’avis des scientifiques, selon des initiés, alors que de bons scientifiques auraient été disponibles sur le sujet. «L’interaction entre la science et la politique reste difficile», résume le journaliste.

 

«Recherche de l’administration fédérale: renforcer un système qui fonctionne bien»

«La recherche de l’administration fédérale a fait ses preuves: elle fournit les connaissances dont l’administration fédérale a besoin pour accomplir ses tâches quotidiennes. Son interconnexion avec les autres activités de recherche et d’innovation encouragées par la Confédération sera désormais encore améliorée à travers une coordination renforcée et une gouvernance plus claire.»

La Chine influence les universités suédoises

Un récent rapport montre comment la Chine influence les universités suédoises. Les expert·es de la Chine en particulier auraient le sentiment d’être soumis à «une influence autoritaire généralisée», écrivent les auteur·es de l’Université de Mälardalen et du Centre national des connaissances pour la Chine. Cela aurait pour conséquences sur les étudiant·es et chercheur·euses anxiété, stress et autocensure, cette dernière influençant très directement le travail scientifique. Les personnes ayant été interrogées dans le cadre de ce rapport ont ainsi déclaré avoir modifié ou retiré des articles, ou alors changé l’orientation de leur projet de recherches par crainte de représailles. Moyens de pressions, chantage et intimidations, seraient ainsi vécus par les chercheur·euses chinois·es en Suède.

Mais la Suède ne serait pas un cas isolé. «En mai 2024, Amnesty International a publié une étude montrant comment les étudiants chinois à l’étranger sont menacés, surveillés et harcelés par les autorités locales. La pression est souvent dirigée contre les familles en Chine.»

La science suédoise dépend dans une certaine mesure de la Chine, notamment grâce aux partenariats universitaires et aux financements de recherche Durant la dernière décennie, le nombre de chercheur·euses chinois·es présent·es dans le pays a doublé, atteignant environ 700. En plus de constituer un problème pour les étudiant·es et les chercheur·euses, l’influence de la Chine comporterait un risque pour la sécurité de la Suède. En effet, le parti communiste pourrait accéder à des connaissances dans des domaines sensibles, notamment ceux liés à des projets de recherche à double usage.