La Suisse a accueilli en mars dernier le ministre chinois de l’Éducation, Huai Jinpeng, qui est notamment passé par Lausanne pour visiter le « hub innovation » UniverCité à Renens ainsi que l’EPFL et La Fédération internationale du sport universitaire. Cette « visite de courtoisie » visait à relancer la coopération académique entre les deux pays. Cet élan s’inscrit dans l’objectif de Pékin d’atteindre le leadership technologique d’ici 2035, tout en structurant les échanges au sein d’un « partenariat stratégique innovant ».
De fait, la Chine s’impose comme un pôle majeur d’innovation. « Dans le seul domaine de l’ingénierie, environ 1,5 millions de diplômés sortent chaque année de ses universités, soit près de 100 fois plus qu’en Suisse », souligne Benoît Dubuis, président de l’Académie suisse des sciences techniques (SATW), qui a accompagné le ministre lors de son déplacement à Renens.
Selon lui, cette montée en puissance transforme radicalement le paysage mondial, en affirmant que « Cette dynamique modifie profondément les équilibres en matière de recherche, de développement et de capacité d’exécution. Il est donc essentiel d’encadrer les échanges internationaux pour préserver notre propre capacité d’innovation et maintenir notre compétitivité. »
Si la Suisse reste favorable à un partenariat de pointe, elle renforce cependant sa vigilance face aux risques d’espionnage et de fuites de données sensibles. Cette prudence se traduit notamment par un contrôle accru des étudiant·es et scientifiques dont les travaux pourraient faire l’objet d’un double usage, civil et militaire.