«Créée en 2022 pour accompagner la restitution de biens culturels spoliés, la Plateforme pour la diplomatie du patrimoine culturel de l’UNIGE entre dans une phase active. Objets précolombiens, restes humains ou manuscrits historiques vont prendre le chemin du retour à leur communauté d’origine.»
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Sujet: éthique
«Face à un contexte géopolitique en mutation et à l’intensification des collaborations internationales en recherche, le président du groupe de travail mis en place par swissuniversities fin 2024 sur mandat de la CSHE a présenté aujourd’hui une stratégie globale pour renforcer la sécurité des connaissances dans les institutions suisses, tout en préservant leur excellence scientifique et leur ouverture.»
Le rapport s’adresse aux hautes écoles et aux instances gouvernementales.
L’Université de la Sorbonne (France) a annoncé son retrait du classement Times Higher Education (THE), rejoignant un mouvement croissant d’universités qui rejettent les palmarès internationaux jugés réducteurs et opaques.
Selon sa présidente, Nathalie Drach-Temam, ces classements fonctionnent comme des « boîtes noires » : leurs méthodes manquent de transparence, posent des questions éthiques et ne reflètent pas la diversité des missions universitaires (recherche, enseignement, engagement sociétal). La Sorbonne dénonce l’usage d’indicateurs quantitatifs amalgamés en un score unique, incapable de représenter la richesse des activités d’une université.
Ce retrait s’inscrit dans un mouvement international : des universités comme Yale, Harvard, Columbia, ou encore Zurich, ont déjà quitté les classements tels que US News, QS ou THE, pour privilégier des évaluations basées sur la qualité réelle plutôt que sur la quantité de publications.
La Sorbonne souligne que ces méthodologies, centrées sur les revues anglophones, biaisent les résultats au détriment des sciences humaines et sociales et négligent des dimensions essentielles comme l’inclusion, le développement durable ou le dialogue science-société. De plus, elles peuvent inciter les universités à adopter des stratégies superficielles pour améliorer leur rang, au lieu de renforcer durablement la qualité.
Membre de la Coalition for Advancing Research Assessment (CoARA), la Sorbonne soutient une réforme des méthodes d’évaluation afin de redonner aux établissements le contrôle de leurs critères. Elle participe aussi au classement Leiden, jugé plus transparent et fondé sur des données ouvertes.
Dans la même logique, l’université quitte la base de données Web of Science (Clarivate), critiquée pour son caractère fermé et son biais linguistique. Elle se tourne désormais vers des plateformes ouvertes et collaboratives comme OpenAlex, promouvant un modèle où les universités reprennent la maîtrise de leurs données et les rendent accessibles à la société.
24 heures note la présence au Forum EPFL, organisé du 6 au 10 octobre, de quelques entreprises «controversées»: «les géants des matières premières Glencore et Vitol, condamnés pour corruption», ainsi que Philip Morris. L’ONG antitabac OxySuisse déplore la présence de ce dernier. Le Forum EPFL indique qu’il n’effectue «aucune sélection morale ou politique: notre rôle n’est pas de juger, mais de permettre la rencontre et le dialogue entre les étudiants et le monde professionnel».
Dans une interview pour Le Monde, Stéphanie Balme, directrice du Centre de recherches internationales à Sciences Po, commente le classement de Shanghaï concernant les universités.
Elle relève qu’aucun des trois classements des universités les plus connus (classements de Shanghaï, QS et THE) ne prend en compte la liberté académique, c’est-à-dire ne mesure le degré de liberté d’enseignement et de recherche. Pourtant, celle-ci est en danger dans un nombre grandissant de pays, dont les Etats-Unis.
Stéphanie Balme précise que le classement de Shanghaï s’inscrit «dans une stratégie où science, technologie et innovation sont mobilisées comme instruments de puissance». Ainsi, alors que la Chine s’inscrit dans cette vision «technonationaliste» de la science, «aujourd’hui, seule l’Europe semble encore incarner un modèle où la recherche ne répond pas d’abord à une logique de puissance ou de souveraineté nationale», explique-t-elle. Elle relève que l’Europe incarne un modèle humaniste où la recherche, autonome et évaluée par les pairs, vise principalement le développement humain et la société civile, sans être d’abord orientée vers la domination ou la souveraineté nationale. Toutefois, actuellement, le modèle chinois semble étudié et reproduit, notamment pour ses investissements ciblés dans les sciences expérimentales et l’intelligence artificielle.
Stéphanie Balme explique également pourquoi l’indicateur européen des universités, l’EHESO (European Higher Education Sector Observatory), est méconnu: son nom est «peu lisible» et l’outil est compliqué. Pourtant, il pourrait se révéler stratégique. «L’Europe doit affirmer ses priorités, en promouvant son propre classement fondé sur les valeurs d’une science humaniste, de la liberté académique et de l’interdisciplinarité. Il y a là un enjeu majeur, y compris de souveraineté et de sécurité scientifique européennes», déclare-t-elle.
L’article précise encore d’autres critiques adressées au classement de Shanghaï: «les travaux en sciences humaines et sociales sont quasiment ignorés, et aucune considération n’est accordée à la qualité de l’enseignement, à la réussite des étudiants ou à leur insertion sur le marché du travail».
«La situation à Gaza appelle à une mobilisation urgente du monde universitaire», écrivent neuf professeur·es dans une lettre ouverte publiée dans les colonnes du Courrier. Ils et elles regrettent que l’Université de Genève s’abstienne de toute prise de position et enjoignent l’institution à suivre l’exemple de plusieurs universités belges, en appelant publiquement à la suspension des accords de coopération entre la Suisse et Israël tant que perdureront les graves violations des droits humains. «Une telle prise de position ne relèverait pas d’un acte militant, mais bien d’un impératif de cohérence éthique avec les valeurs inscrites dans notre charte: humanité, responsabilité, vérité», soulignent les signataires.
Suite à un rapport de l’UE (par le European External Action Service (EEAS), dont un rapport restreint a été diffusé sur le site d’information EUobserver) sur les crimes de guerre israéliens à Gaza, les universités européennes sont divisées quant à la mise en place de sanctions scientifiques, en particulier dans le cadre du programme Horizon Europe.
Les responsables d’universités allemandes soutiennent le maintien d’Israël à Horizon Europe, tandis que les universités belges et espagnoles s’y opposent fermement. L’Université d’Amsterdam avait annoncé qu’elle ne participerait à aucun nouveau projet Horizon Europe avant d’avoir les résultats du rapport de l’EEAS. La Direction Israël-Europe de la Recherche et de l’Innovation, qui promeut la participation du pays à Horizon Europe, n’a pas fait de commentaire. La League of European Research Universities (LERU) «n’a pas d’avis officiel sur la question», a déclaré son secrétaire général, Kurt Deketelaere.
Alors que certaines universités, notamment en Belgique, ont tenté de se retirer de projets financés par Horizon Europe impliquant des partenaires israéliens, ces démarches soulèvent des difficultés juridiques, financières et d’image. Les universités belges demandent ainsi un cadre éthique plus clair pour évaluer l’implication éventuelle de partenaires dans des violations de droits humains. Elles critiquent l’interprétation «minimaliste» de la Commission européenne de l’article 14 du contrat Horizon Europe, qui ne tient compte que du contenu du projet, et non du comportement éthique global des institutions partenaires. En réponse, la Commission affirme que des mécanismes existent pour empêcher que les fonds de recherche soient utilisés en violation du droit international.
Une majorité qualifiée des États membres de l’UE est nécessaire pour adopter des sanctions telles que la suspension de l’association Horizon Europe. Cet enjeu n’a pas encore été discuté lors de la réunion des ministres des affaires étrangères le 23 juin dernier. Toutefois, d’autres discussions sur des actions potentielles pourraient suivre lors de leur prochaine réunion prévue pour le 15 juillet.
Plusieurs milieux critiquent vivement les décisions de l’UNIGE et de l’UNIL d’avoir rompu leurs liens avec l’Université hébraïque de Jérusalem (HUJI). L’Association pour le soutien et la promotion des membres juifs des hautes écoles (JUMS), coprésidée par Jacques Ehrenfreund et Alfred Bodenheimer, s’indigne en particulier du rapport de la Commission d’éthique de la recherche de l’UNIL, qui a conduit l’institution vers cette décision. L’association écrit: «[Le rapport] témoigne d’une méconnaissance tant de la situation d’Israël et de son histoire que du rôle des institutions universitaires dans une démocratie en guerre. De nombreux éléments de ce rapport laissent penser qu’il s’agit en réalité d’un texte militant qui donne une vision contestable de ce que devrait être une université».
Les principales contestations du rapport par la JUMS sont: l’anonymat revendiqué du rapport, qui ne permettrait pas au public de «juger du sérieux, de l’indépendance et de l’impartialité des auteurs»; «des erreurs factuelles importantes» (par exemple l’affirmation selon laquelle Israël ne respecterait pas les mesures provisoires ordonnées par la Cour internationale de justice est une affirmation qui, selon l’association, ne saurait être imputée à la HUJI car celle-ci est une institution académique et non une instance politique); le soupçon d’un traitement discriminatoire envers la HUJI vis-à-vis d’autres Etats condamnés par des instances internationales; certaines formulations du rapport qui «laissent penser que les experts remettent en question le droit inaliénable de l’État d’Israël à se défendre». La JUMS conclut sa position en considérant la distinction entre travail académique et action politique nécessaire à la mission d’une université.
Le Conseil scientifique allemand (Wissenschaftsrat) a déclaré dans un communiqué : «Le tournant international en matière de politique de sécurité pose également des défis fondamentaux au système scientifique et à notre société : les cyberattaques, l’influence et la fuite des connaissances menacent les universités et les instituts de recherche allemands.» Le Conseil «appelle à une sensibilisation accrue et à une gestion professionnelle des risques liés au savoir». Il liste ainsi les menaces actuelles envers la recherche:
- La fuite des connaissances, en citant notamment l’exemple du réseau Khan.
- L’influence indésirable, en particulier des gouvernements. Le gouvernement chinois est cité en exemple, des professeur·es étant signalé·es aux autorités et des autorités annulant certaines activités scientifiques.
- Les dépendances financières et scientifiques. Les collaborations avec les États-Unis sont actuellement inquiétées.
- La violation des principes éthiques de la recherche, en particulier le cas de l’anonymisation des sources dans le contexte de questions de migration par exemple.
- Les partenaires de pays critiques. «La collaboration avec des partenaires scientifiques ou économiques comporte également des risques potentiels. […] Le risque de fuite des connaissances est double.» Des erreurs conscientes peuvent être intégrées à des modèles et des bases de données sensibles peuvent être mises en accès.
Finalement, Conseil scientifique allemand plaide pour une plate-forme nationale pour la sécurité des connaissances, qui devrait être mise en place le plus rapidement possible. «En tant que point de contact central, elle doit soutenir les acteurs scientifiques de manière rapide et non bureaucratique dans l’évaluation des risques liés aux connaissances en leur fournissant des informations complètes.» L’article publié sur wissenschaftsrat.de comporte un schéma qui «résume de manière idéale l’évaluation des risques».
Des chercheur·euses de l’Université de Zurich ont utilisé l’intelligence artificielle (IA) pour créer près de 1800 commentaires dans plus de 1000 fils de discussion sur Reddit, une plateforme en ligne sur laquelle les utilisateur·ices peuvent trouver des forums de discussion, et qui interdit tout usage non déclaré de l’IA. L’expérience cachée, qui s’est déroulée sur une période de quatre mois, de novembre 2024 à mars 2025, soulève des questions sur l’éthique dans la recherche.
Suite à la découverte de la manipulation, les administrateur·ices du Subreddit ont demandé à l’Université de Zurich de ne pas publier l’étude et de s’excuser publiquement auprès de ses utilisateur·ices. Dans leur réponse sur Reddit, les auteur·ices de l’étude se défendent et continuent d’insister pour que l’étude soit publiée. (NZZ) Les chercheur·euses admettaient avoir violé le règlement du forum, mais estimaient que «l’expérience était indispensable, compte tenu de son importance sociétale». Aujourd’hui, les comptes IA ont été bloqués, et Reddit envisage une action en justice. (Blick)
Martin Steiger, avocat et expert en droit dans l’espace numérique, affirme que «la fin ne justifie pas tous les moyens. La conception de l’étude est manifestement en contradiction avec les principes éthiques». (NZZ) Peter G. Kirchschläger, professeur d’éthique à l’université de Lucerne, avance que «la curiosité scientifique ne constitue pas une légitimation pour la tromperie et la manipulation de personnes dans un espace public». Le professeur ajoute que «d’un point de vue éthique, les dangers de la désinformation et de la manipulation des gens à l’aide de ce que l’on appelle l’IA sont immenses. Des réglementations globales sont nécessaires de toute urgence.» (Tages-Anzeiger)
Selon le médiateur de l’Université de Zurich, la commission d’éthique de la faculté de philosophie a indiqué aux chercheur·euses que les participant·es devaient être informé·es dans la mesure du possible et que les règles de la plateforme devaient être entièrement respectées. Toutefois, cela n’a pas été le cas. «Les évaluations de la commission d’éthique de la faculté de philosophie sont des recommandations qui ne sont pas juridiquement contraignantes», explique Rita Ziegler du service de presse de l’université de Zurich. La responsabilité de la réalisation du projet et de la publication des résultats incombe donc aux chercheur·euses elles·eux-mêmes.
Suite à cet incident, l’Université de Zurich déclare formuler à l’avenir des «recommandations plus fermes» à l’égard des scientifiques et surveiller de plus près les règles des communautés des plateformes sur lesquelles sont menées des études expérimentales. Le service de presse de l’université de Zurich a indiqué que «les chercheur·euses ont décidé de leur propre initiative de ne pas publier les résultats de leurs recherches». (Tages-Anzeiger)
Dans une lettre ouverte adressée au recteur de l’UNIL, Frédéric Herman, l’ANPI (association antifasciste dotée d’une section à Genève) «demande à nouveau un geste fort sur le campus en l’honneur de Jean Wintsch [(1880-1943), professeur, rare opposant connu au doctorat de 1937]. Avec un argument solide: les experts éthiques de l’UNIL avaient également appuyé l’idée de renommer un espace «pour contrebalancer» l’honneur fait au dictateur, avançant le nom du professeur Wintsch, libertaire proche des milieux anarchistes. L’ANPI a déjà récolté les signatures de 116 noms de la société civile et poursuit désormais sa pétition en ligne.»
«Mais l’UNIL pour sa part répond déjà par la négative. L’idée d’honorer Jean Witsch «a été examinée dans le cadre plus large de nos réflexions sur la mémoire institutionnelle. À l’issue de cette analyse, la direction a choisi de privilégier d’autres formes d’actions»».
Suite à la réponse de l’Unil au Syndicat suisse des services publics (SSP) concernant la demande d’application immédiate des recommandations préconisées par le rapport d’expert-e-s, le comité du groupe Hautes Ecoles du SSP réitère sa demande à l’Unil.
Un article paru sur le site Renversé dénonce le rapport du comité scientifique de l’Université de Genève sur «le rôle des universités dans le débat public», dont les auteur·trices se disent «déçuexs et choquéexs par son contenu».
L’article signale en particulier la conclusion du rapport. En réponse à la question de savoir si les universités devraient se positionner sur le «débat public», le comité a écrit : «le comité scientifique estime que les universités ne doivent généralement pas prendre position sur des sujets comme la politique pénale ou fiscale, la légalité de l’avortement ou de l’euthanasie, la guerre en Ukraine ou le conflit israélo-palestinien».
Les auteur·trices de l’article accusent ainsi le rectorat actuel: « [le rectorat actuel] rejette l’université comme un espace de recherche, de réflexion appliquée, une institution en lien avec le monde extérieur, un endroit au sein duquel les savoirs permettent une prise de position critique, nuancée et argumentée sur un objet. Le rectorat actuel prouve son oubli de l’histoire en faisant comme si les thèmes sur lesquels il refuse de se positionner n’étaient pas basés sur des luttes sociales et la création du savoir pour y parvenir, mais des questions éthiques privées que chacun.e.x devrait se poser chez soi (et uniquement chez soi). L’université se lisse, et devient un business. Il faut attirer des étudiantexs, des financements, se hisser dans le classement, être un espace de prestige. Et quand l’objectif est de plaire à tout le monde, il faut bien se garder de prendre position et d’affirmer des positions tranchées – même sur des droits humains.»
Après dix mois de travail de la part de onze enseignant·es, étudiant·es et externes, tous·les membres du comité scientifiques, l’Université de Genève publie son rapport sur le rôle de l’institution dans le débat public ainsi que sur l’impact que des considérations politiques pouvaient avoir sur des accords ou des partenariats scientifiques. La démarche avait été lancée suite à l’occupation propalestinienne d’Uni-Mail, en mai 2024.
Le rapport, publié hier, s’appuie sur le principe de «réserve institutionnelle», qui stipule que «les autorités universitaires ne se prononcent pas sur des questions sociales et politiques, sauf si celles-ci affectent directement leur mission». Quant aux accords de collaboration, «le comité scientifique défend [leur] maintien car ils sont des catalyseurs pour faire face aux enjeux mondiaux». La réserve du rapport ne semble toutefois pas avoir fait consensus au sein du comité scientifique, puisque de nombreux commentaires sont joints au rapport, insistant sur la nécessité de «mettre en œuvre une procédure d’évaluation chargée de réexaminer les accords de collaboration institutionnelle avec les universités et les centres de recherche impliqués dans des violations du droit international humanitaire et des droits humains».
La Coordination étudiante pour la Palestine (CEP) dénonce ce rapport, le qualifiant de «lâcheté institutionnelle». Le journaliste du Courrier Roderic Mounir écrit : «Il est urgent de ne rien changer, mais la liberté d’expression doit être préservée. C’est en substance la conclusion du rapport du comité scientifique de l’université de Genève.» Une consultation aura lieu prochainement sur la base du rapport, a annoncé le rectorat de l’Université, ajoutant que «le rectorat prendra position à l’issue de cette consultation, le 24 avril prochain».
Le Collectif pour la Liberté académique, la Démocratie et la Solidarité (CLADS) exprime son soutien à la demande émanant d’étudiant·e·s de l’EPFL d’emboîter le pas à l’université de Lausanne en mandatant un rapport d’expert·e·s indépendant·e·s sur l’éthique des collaborations. «Une telle réflexion constituerait un premier pas essentiel pour garantir l’alignement de nos institutions académiques sur leurs valeurs fondamentales, le bien public, les droits humains et le droit international.»
Trois d’étudiant·es dénoncent un manque d’éthique dans leurs études à la faculté HEC de l’Université de Lausanne, en particulier concernant le greenwashing, de la maximisation du profit sans remise en question, et du manque de proposition d’alternatives à une croissance infinie. «Quand je sors des cours, je me dis souvent que l’on ne parle pas de l’impact que tu as sur les gens, mais uniquement de celui que tu as sur ton profit dans dix ans», avance une étudiante.
La HEC explique, pour sa part, travailler à une meilleure intégration de la durabilité dans les cours, notamment en collaboration avec des associations étudiantes. «L’école indique également plancher sur l’organisation d’événements, d’échanges, et d’offres de stage pour des ONG avec un objectif durable. «Ce qui est fondamental pour notre école, c’est de fournir des outils économiques, financiers, de comptabilité et de management, qui permettent à nos étudiants de travailler dans un environnement capitaliste, comme dans un environnement postcapitaliste – les outils de base ne changent pas. Nous n’enseignons pas de l’idéologie, mais des outils.»»
Le comité Hautes Ecoles du Syndicat des services publics Vaud (SSP) appelle au boycott institutionnel des universités israéliennes dans un long plaidoyer, dont les principales lignes sont reproduites dans l’article du Courrier. Il réitère sa demande à l’UNIL de «passer aux actes et appliquer sans délai» les recommendations du groupe d’expert·es, qui «est très clair sur la nécessité de suspendre immédiatement les accords institutionnels dans les situations de violations graves du droit international ou des droits humains.»
La semaine dernière, l’UNIL publiait le rapport du groupe de travail chargé d’établir un cadre éthique pour les collaborations académiques externes. L’Université avait décidé en mai dernier de créer cette cellule d’expertise, en réponse aux actions du collectif étudiant qui occupait le campus pour exprimer sa solidarité avec Gaza. En réaction à la publication du rapport, le professeur Joseph Daher écrit dans les colonnes du Courrier : «Le constat s’impose que la direction de l’UNIL doit corriger sa trajectoire en appliquant dans les plus brefs délais les recommandations du rapport, y compris la suspension des collaborations avec les partenaires impliqués dans des violations graves ou systématiques des droits humains, comme c’est le cas de l’Université hébraïque de Jérusalem. En toute logique, l’UNIL devrait également mettre fin à toute les formes de pression envers les étudiant·es et le corps enseignant qui se sont mobilisés pour cette cause juste et légitime, confirmée de facto par le groupe d’expert·es dans son rapport.»
Huit mois après les manifestations pro-palestiniennes sur le campus de l’UNIL, l’Université annonce avoir accepté la publication d’un rapport sur l’évaluation du cadre éthique de ses collaborations externes. Le rapport prévoit des procédures d’évaluation plus strictes, notamment sous l’angle de l’éthique et des droits humains. Il demande également des mesures provisionnelles «lorsqu’il existe des indications sérieuses que les violations en question continuent», et souligne finalement la nécessité d’une solidarité académique, demandant à l’UNIL de «mettre en œuvre une politique d’accueil envers des membres de communautés académiques menacées et de soutenir des projets de reconstruction d’activités d’enseignement et de recherche sur place».
Les accords institutionnels de l’UNIL possèdent désormais de nouvelles guidelines, alors que les projets individuels, de chercheur·euses à chercheur·euses, restent uniquement soumis au Conseil de l’Université (24 heures). L’UNIL annonce vouloir réévaluer de manière approfondie ses collaborations avec la Hebrew University of Jerusalem, unique institution israélienne avec laquelle des collaborations sont en cours.
«Ce rapport est salutaire. Il démontre qu’on peut sauvegarder la liberté académique, à condition qu’elle s’exerce dans un cadre qui respecte les droits humains», réagit un membre du collectif Geopolis Palestine. «L’UNIL est la première institution académique de Suisse à proposer un cadre aussi précis. Le collectif étudiant attend qu’il soit mis en œuvre dans les meilleurs délais et appelle les autres hautes écoles à se saisir de ses conclusions.» (Le Courrier)
«Un groupe de travail de l’Université de Lausanne a évalué le cadre éthique de ses collaborations externes. Dans un rapport, il préconise une révision du règlement éthique, une réévaluation des accords mis en cause et leur suspension temporaire.» (RTS)