«Avec 375 votes pour le soutien du boycott académique et 44 votes contre, les étudiant·es [de l’association étudiante Unipoly] ont manifestement été convaincu·es par la nécessité de mettre fin au lien entre leur école et ses partenaires académiques en Israël. […] Reste à voir si la direction de l’EPFL entendra les revendications maintenant portées par son principal interlocuteur étudiant, celle-ci affichant toujours un refus systématique de revoir ses collaborations avec Israël.»
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Sujet: conflit israélo-palestinien
Alors que l’UE maintient son accord d’association avec Israël ce mardi 21 avril, le milieu universitaire israélien dénonce un boycott croissant qu’il juge être une «double peine». Entre annulation de conférences et exclusions de programmes européens, les scientifiques, peuvent se retrouver isolé·es. De plus, la recherche israélienne a également été touchée par le départ d’étudiant·es internationaux après le début de la guerre à Gaza.
Lee chercheur Sarel Fleishman, membre du mouvement israélien pour la paix, dont la collaboration avec l’université de Delft a été rompue, ce boycott affaiblit la société civile : «Je comprends le sentiment qui anime les auteurs de boycott» affirme-t-il. «Mais la société civile elle-même est attaquée par le gouvernement. Elle est la seule à pouvoir mettre fin à cette horrible guerre en le renversant; le boycott international ne l’aide pas.» (Le Temps)
Selon la journaliste Michèle Binswanger, «un mouvement radical se répand dans les universités, les centres culturels et les églises» et de nombreux Juifs et Juives de Suisse romande n’osent presque plus se faire connaître. Le professeur d’histoire juive de l’Unil, Jacques Ehrenfreund, avance: «L’ambiance à l’université est pourrie.»
Un article publié dans la Revue Juive revient sur les débats suscités par la situation au Moyen-Orient à l’Unil et dans les politiques locales : «La Romandie et Lausanne, tout particulièrement depuis le 7 octobre 2023, sont l’épicentre de l’antisionisme en Suisse», avec l’Unil comme «un bastion de cette militance».
Les deux points de critiques concernent premièrement la venue, le 28 janvier, dernier, de l’Israélienne Maya Wind, autrice du livre «Towers of Ivory and Steel : How Israeli Universities Deny Palestinian Freedom», et la lettre ouverte du Clads qui demande la rupture d’un accord entre le Fonds national suisse (FNS) et l’Israel Science Foundation (ISF).
Un collectif universitaire de plus de 250 personnes demande dans une lettre ouverte de cesser les partenariats académiques avec Israël. Le Collectif pour la liberté académique, la démocratie et la solidarité (Clads), fondé en 2024 par des universitaires lausannois, affirme vouloir « dénoncer les complicités avec les crimes commis à Gaza » et « maintenir une forme de pression sur les autorités afin d’exiger des garanties éthiques dans les collaborations universitaires ». Une lettre ouverte a été adressée le 31 janvier à l’attention du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). Le collectif demande de réviser les partenariats privilégiés qu’entretient le Fonds national suisse (FNS) avec l’Israel Science Foundation (ISF) dans le cadre des procédures simplifiées de la « Lead Agency ».
Selon un rapport du collectif zurichois d’étudiants et étudiantes propalestinien·nes, 10 universités et HES suisses ont collaborent ou collaboraient [depuis 2008], sur 65 projets avec l’Institut Weizmann.
Le rapport vient à la conclusion que ce dernier est «intégré dans les mêmes institutions sionistes et structures économiques qui soutiennent l’apartheid israélien et le génocide en cours contre les Palestiniens.»
Le collectif écrit: «Le boycott du monde universitaire israélien est notre obligation morale pour refuser toute complicité dans le génocide et de demander des comptes à nos universités»
«Le Conseil des rectrices et recteurs des universités de la Communauté française tient à exprimer sa profonde préoccupation face à l’attaque menée le 6 janvier dernier par l’armée israélienne sur le campus de l’Université de Birzeit, en Cisjordanie, ainsi que face à la répression violente et systématique exercée actuellement en Iran, dont sont notamment victimes de nombreux membres de la communauté universitaire, parmi lesquels beaucoup d’étudiants et étudiantes. […]»
Mercredi soir, lors du Xmas Market, le marché de Noël de l’École cantonale d’art de Lausanne (ECAL), un groupe de militant·es a accroché une banderole propalestinienne. «L’initiative organisée par une soixantaine d’élèves visait à faire pression sur la direction, qu’ils accusent de ne pas avoir rompu ses partenariats avec trois universités israéliennes.» Un des partenariat a été gelé cet automne, tandis que les deux autres restent actuellement inactifs. «Pourtant, sous l’onglet «collaborations» du site internet de l’ECAL, ces trois partenariats n’apparaissent plus», écrit le 24 heures. «Son directeur contacté, l’ECAL indique qu’elle ne souhaite pas commenter cette action ni prendre position à ce sujet.»
«L’université de Neuchâtel a refusé de mettre à disposition une salle pour deux conférences sur la Palestine du professeur et chercheur Joseph Daher. Si l’UniNe se défend de toute censure, mettant en avant l’application du règlement, les associations organisatrices, tout comme le principal intéressé, y voient une décision politique.» L’UniNe explique que «les conférences données dans ses murs sont autorisées si elles sont organisées par une entité de type chaire ou institut et sous la responsabilité d’un·e professeur·e UniNE expert·e du domaine». Une membre de l’Association anti-impérialisme étudiante (AAIE) estime elle que le rectorat ne tient pas ses engagements pris lors de l’occupation estudiantine de mai 2024, à savoir de «laisser [l’association] organiser des événements afin d’aborder la question palestinienne».
En mars 2024, l’Université avait déjà refusé en ses murs la tenue d’une conférence de Salah Hammouri concernant le système judiciaire carcéral israélien, invoquant «un manque de personnel». Les évènements actuels se tiendront finalement à l’Hôtel des associations, un lieu d’intégration sociale.
Quelques mois après les évènements qui avaient perturbé la fête de Vivapoly, l’EPFL renonce finalement à sanctionner les étudiant·es propalestinien·nes qui avaient scandé des «slogans antisionistes haineux». L’EPFL avait alors déposé une plainte pénale pour incitation à la haine.
«Après s’être entretenue avec les étudiants concernés, la direction annonce ce mercredi qu’aucune expulsion ne sera prononcée. À la place, les militants reçoivent un simple carton jaune pour avoir «contrevenu à la bienséance» et «porté atteinte aux membres de l’association Shalom». […] Cette décision se veut plus compréhensive du contexte qui a poussé ces étudiants à agir: «Dans une volonté d’apaisement et tenant compte notamment de l’émotion légitime entourant le conflit qui motivait la manifestation, l’école renonce à prononcer des mesures disciplinaires.»» (24 heures)
«L’Université de Genève annonce, ce mardi, avoir signé le 17 novembre un Memorandum of Understanding avec l’Université palestinienne al-Quds de Jérusalem.» (Watson)
«Ce MoU lie spécifiquement le Centre d’études humanitaires de Genève de la Faculté de médecine de l’Unige et la Faculté de santé publique d’AQU (Université al-Quds), l’une des plus importantes universités palestiniennes (12 000 étudiantes et étudiants). En s’appuyant sur leurs expertises respectives, l’accord favorisera les échanges scientifiques – recherches conjointes, partage de données, analyses thématiques – et contribuera à la formation de futurs responsables de programmes et d’organisations humanitaires.» (Université de Genève)
Le partenariat a une durée de 5 ans.
Une lettre ouverte relayé par le collectif lausannois CLADS dénonce une convention du SEFRI avec Israël pour la recherche. «Ce type d’accord témoigne d’une coopération étroite et n’existe qu’avec une poignée de pays, faisant de ceux-ci des partenaires privilégiés de la recherche suisse.»
Les raisons avancées sont:
- le haut degré d’intrication existant en Israël entre ces universités, l’État et l’armée israélienne,
- les nombreux rapports sur les méthodes de guerre de l’État israélien à Gaza et les atteintes graves et systématiques aux droits fondamentaux des Palestinien·ne·s et
- les contraintes légales en droit international qui s’appliquent à la Suisse et à ses institutions.
Des étudiant·es de l’Université de Fribourg demandent le retrait de la plaque honorifique dédiée à Chaim Weizmann, premier président d’Israël et chimiste. Ils·elles se rassemblent ce mercredi en fin de journée sous l’action de la coordination estudiantine pour la Palestine (CEP Unifr) et du syndicat SSP étudiant Fribourg. En plus du retrait de la plaque, les organisations demandent que la conférence qui porte son nom «soit rebaptisée conférence Omar M. Yaghi, en hommage au chimiste palestinien lauréat du Prix Nobel de la discipline en 2025».
Le correspondant de la NZZ aux États-Unis, Christian Weisflog, a récolté plusieurs témoignages aux opinions divisées sur le campus de Harvard vis-à-vis de la politique de l’administration Trump.
L’étudiante et activiste juive Tova Kapla, fondatrice du groupe Students for Freedom (mouvement qui a soutenu la direction de l’Université par des lettres ouvertes et des manifestations pour ne pas céder aux exigences du gouvernement Trump), s’inquiète des actions de la Maison Blanche envers les leaders propalestinien·nes. Selon elle, la réaction de l’administration Trump n’aide pas les étudiant·es juif·ves, au contraire: «La démocratie profite aux juifs. L’histoire juive a montré que lorsque les gouvernements répriment la liberté d’expression, nous en souffrons souvent beaucoup.»
Le professeur et historien d’Harvard juif Derek Penslar, qui a étudié l’antisémitisme à Harvard en coprésidant un groupe de travail qui a publié un rapport en avril dernier, explique que, certes «le rapport a incontestablement documenté que Harvard a un problème avec l’antisémitisme et les préjugés anti-israéliens», mais l’antisémitisme existe sur le campus d’Harvard de la même manière que dans toute la société américaine. Il relativise en précisant que seul «un très petit nombre de professeurs» sont concerné·es. Le professeur dénonce en particulier une instrumentalisation politique de l’antisémitisme destinée selon lui à affaiblir les institutions indépendantes et à restreindre la liberté d’expression. Le professeur est actuellement devenu une cible pour une partie de l’administration Trump, et ne donne ainsi des interviews qu’aux médias européens.
Eli Solomon, étudiant juif en sciences politiques âgé de 19 ans, estime au contraire que «Trump exerce les pressions nécessaires sur Harvard». Selon lui, les réformes imposées rendent l’université plus sûre pour les conservateur·ces et les juif·ves, favorisant un débat plus ouvert. Tout comme le professeur Derek Penslar, il a l’impression qu’il ne s’agit que d’une petite minorité qui rejette catégoriquement les convictions conservatrices. «Certains instituts se sont efforcés d’engager davantage de conférenciers conservateurs. Et l’Université change ses méthodes de recrutement», explique l’étudiant. Pour lui, il manque encore un institut de pensée conservatrice à Harvard, tel qu’il en existe à Yale, Princeton ou Stanford.
Anika Christensen, assistante de recherche au laboratoire de génétique évolutionnaire et membre de Students for Freedom, explique de son côté que bien que de nombreuses subventions ont été débloquées, elles risquent d’être perdues si le gouvernement transfère la décision du tribunal à l’instance suivante. En outre, les demandes de nouveaux fonds pour la recherche à Washington seraient soumises à une censure idéologique: «Si l’on veut étudier quelque chose sur des souris femelles, cela pourrait déjà être trop féministe», déclare-t-il. Harvard a notamment annoncé une réduction de 75% des postes de doctorant·es en sciences à cause du manque de fonds.
Students for Freedom souhaite empêcher tout accord avec l’administration Trump. Selon le professeur Derek Penslar, il n’y aurait aucune garantie que le gouvernement respectera un accord avec Harvard. «Au bout de six mois, ils pourraient revenir et demander encore plus; c’est comme payer de l’argent pour protéger un patron de la mafia.» A minima, les témoignages d’Harvard peuvent et semblent inspirer d’autres universités américaines.
Un colloque universitaire sur la Palestine a été annulé par le Collège de France. L’événement intitulé «La Palestine et l’Europe: poids du passé et dynamiques contemporaines», devait se tenir les jeudi 13 et vendredi 14 novembre, coorganisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep Paris). Mais le dimanche 9 novembre, un communiqué annonce l’annulation de l’événement. Thomas Römer, administrateur du Collège de France y explique n’avoir pas eu d’autre choix que de renoncer «face à la polémique, mais aussi aux risques qui se manifestent autour de ce colloque».
Vendredi 7 novembre, un article du Point accusant le colloque d’être, entre autres, «pro-palestinien», «antisioniste» et «à haut risque», la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a annoncé sur X «saisir» le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste. Ce dernier a alors adressé une lettre à l’administrateur du Collège de France, dans laquelle il écrit: «Sans préjuger des propos qui seront effectivement tenus, je ne peux que constater, à la lecture du programme, un parti pris sur un sujet délicat et fortement polémique. […] Au vu de ce programme, je doute que vous soyez en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer.» L’entourage du ministre assure au Monde que «c’est la décision exclusive du Collège de France que de choisir d’annuler le colloque» et qu’il n’y a eu «aucune pression» exercée par le ministre.
Mardi 11 novembre, le Collège de France a indiqué au Monde que, bien que le colloque respectait les règles générales en matière de liberté académique, «la question de la pluralité des analyses a été publiquement mise en cause par différents acteurs», ce qui aurait suffi à compromettre la tenue de l’événement, en plus de la crainte de «débordements».
«Tout cela est assez emblématique de ce qui se passe dans le monde académique avec des approches très orientées, un regard très militant sur la question du Proche-Orient», juge Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des juifs de France, qui salue la décision d’annulation. D’autres universitaires dénoncent au contraire une censure. Selon le politiste Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique, «tout cela est accablant». «Le ministre a dérogé au principe de respect de la liberté académique, et il le sait. Dans un même courrier, le ministre dit qu’il est le garant de la liberté académique, mais qu’il se garde d’agir pour la garantir.»
L’association France Universités, réunissant les dirigeant·es des universités et établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dit avoir appris «avec stupeur» cette annulation. Dans un communiqué du 10 novembre, elle fait part de son incompréhension et d’une «vive inquiétude» à l’égard des libertés académiques.
Une lettre ouverte circule actuellement dans les universités qui avance que «Le prétexte de « neutralité » académique apparaît ici comme un instrument de contrôle idéologique des institutions scientifiques pour dissuader toute production intellectuelle critique.» Les 2520 signataires (le 13.11 à 10h) demandent la démission du ministre français de l’enseignement supérieur et de la recherche.
A l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (Geneva Graduate Institute), deux professeur·es ont ouvertement critiqué leur collègue chercheur Tripurdaman Singh, pour avoir accepté le prix Dan-David (doté de 300’000 dollars), «la plus haute distinction mondiale pour les jeunes historien·nes», dont il était lauréat pour ses contributions à l’histoire récente de l’Inde et de l’Asie du Sud. En effet, les deux professeur·es d’anthropologie à l’Institut universitaire de Genève, Julie Billaud et Till Mostowlansky, accusent le lauréat d’«accept[er] des fonds provenant d’institutions complices de violences atroces», parce que la fondation décernant le prix, siegée a Lichtenstein, a un bureau à l’Université Tel-Aviv. Les deux professeurs ont illustré un article avec un montage photographique montrant Tripurdaman Singh recevant son prix au milieu de maisons détruites dans la bande de Gaza bombardée. En réalité, la cérémonie de remise des prix s’est déroulée à Rome.
Lors d’un échange avec les professeur·es dans le contexte d’un enregistrement de podcast à propos de ses recherches primées, le lauréat explique que «la discussion a presque exclusivement porté sur la question de savoir si, en acceptant le prix, je m’étais rendu complice du génocide ou si j’avais même enfreint les résolutions de l’ONU».
Le journaliste de la NZZ Rico Bandle écrit ensuite: «Depuis le 7 octobre, il est presque quotidien de voir des chercheurs des universités suisses subir des pressions, voire du harcèlement, parce qu’ils ne prennent pas suffisamment leurs distances avec Israël. Cela vaut en particulier pour la Suisse romande.» Puis il cite l’Université de Lausanne, où des militants ont dressé une liste noire des chercheur·euses coopérant avec des universités israéliennes. Le journaliste mentionne également une lettre (qu’il s’est procurée) du recteur de l’Université de Lausanne, Frédéric Herman, adressée au président de l’Université israélienne Ben-Guiron.
«La rectrice de l’université, Audrey Leuba, revient sur la manifestation ayant entouré le déplacement de Martin Pfister à Genève mercredi dernier.»
Le journaliste du Temps Frédéric Koller, modérateur de la table ronde de la conférence sur les accords bilatéraux organisée à l’Université de Genève la semaine dernière, loue la réaction de Martin Pfister suite aux troubles de l’évènement par des manifestations propalestinien·nes. N’ayant pas fui l’évènement suite aux troubles, il a tenu la conférence une fois le calme revenu, évoquant à peine «les troubles pour souligner que l’université était certes le lieu du débat démocratique, mais qu’il fallait pour cela être ouvert au dialogue.» Le journaliste pointe également le délai d’intervention du service de sécurité, qui aurait pu être plus rapide au vu de l’appel sur les réseaux sociaux à empêcher Martin Pfister de s’exprimer. «Soucieux de respecter la liberté d’expression dans un lieu de débat public par excellence, les responsables de l’université ont singulièrement manqué d’autorité pour signifier une règle simple à son exercice: l’acceptation du dialogue. Face à l’impossibilité de celui-ci, l’intervention d’un service de sécurité aurait été avisée après cinq minutes.» (Le Temps)
Selon le conseiller national Vincent Maitre (Le Centre/GE), «l’Université de Genève doit déposer plainte». En effet, selon lui, «les personnes qui ont essayé d’empêcher le conseiller fédéral de parler se sont rendues coupables d’une infraction punie par l’article 181 du code pénal relatif à la «contrainte»». Le juriste et avocat de profession se réfère à cet article de loi: «Quiconque entrave de quelque manière que ce soit une personne dans sa liberté d’action, l’oblige à faire, à ne pas faire ou à laisser faire un acte, est puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.» Contacté, le rectorat de l’Université de Genève affirme que «l’option est ouverte». (Watson)
Le lendemain de la conférence à Genève, les organisateur·ices (la Fondation Gobat pour la paix) d’une table ronde ouverte au public à Bienne sur la politique de la Suisse au Proche-Orient a été annulée, se tenant à huis clos et en ligne. (Watson)
L’association étudiante CUAE et la Coordination étudiante pour la Palestine Genève condamnent dans un communiqué les réactions de «certain-exs politicien-nexs, relayés par les médias, qui cherchent une fois de plus à délégitimer le mouvement pour la Palestine. […] Qualifier cet événement d’atteinte à la démocratie revient à oublier que la démocratie repose aussi sur la liberté d’expression, la désobéissance civile et la responsabilité morale face à la justice.» Et le Conseil fédéral aurait rompu le dialogue avec les mobilisations en Suisse pour la Palestine depuis longtemps, ce qui met «à mal les principes de la démocratie». (CUAE)
Invité à s’exprimer à propos des Bilatérales III avec l’UE, Martin Pfister, conseiller fédéral chargé de la Défense, a été interrompu dans son discours par une manifestation d’une quarantaine (RTS)/cinquantaine (Le Courrier, 20 minutes) de militant·es propalestinnien·nes. Au centre des critiques se trouve l’achat de drones de la société israélienne Elbit, d’une valeur de 300 millions de francs. D’abord empêché·es de rejoindre l’auditoire, les militant·es avaient finalement été autorisé·es à entrer. Peu après le début de l’action, des policiers en tenue anti-émeute sont apparus, et les manifestant·es sont sorti·es dans le calme escorté·es par des policiers en civil. «Notre ligne est de laisser les gens s’exprimer et poser des questions. La règle est l’écoute, par opposition à l’interruption totale d’un événement», a expliqué le porte-parole de l’UNIGE Marco Cattaneo. Le discours a pu être repris après 25 minutes d’interruption.
L’Université de Genève est actuellement en discussion avec l’Université Al-Quds de Jérusalem afin de mettre sur pied une collaboration dans le domaine de la santé. «Des discussions avec l’Université Al-Quds sont effectivement en cours mais ne se sont pas, à ce jour, concrétisées dans un Memorandum of Understanding (MoU)», précise le vice-recteur Stéphane Berthet, chargé des Relations internationales et interinstitutionnelles de l’UNIGE. «La collaboration envisagée porte sur la recherche dans le domaine de la santé et en aucun cas sur la mobilité estudiantine», précise le vice-recteur. (Watson)