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Sujet: doctor honoris causa

Polémique autour d’une plaque honorifique

Des étudiant·es de l’Université de Fribourg demandent le retrait de la plaque honorifique dédiée à Chaim Weizmann, premier président d’Israël et chimiste. Ils·elles se rassemblent ce mercredi en fin de journée sous l’action de la coordination estudiantine pour la Palestine (CEP Unifr) et du syndicat SSP étudiant Fribourg. En plus du retrait de la plaque, les organisations demandent que la conférence qui porte son nom «soit rebaptisée conférence Omar M. Yaghi, en hommage au chimiste palestinien lauréat du Prix Nobel de la discipline en 2025».

Alain Berset honoré d’un doctorat honoris causa pour son rôle de médiateur entre science, politique et société

Alain Berset, actuel secrétaire général du Conseil de l’Europe, sera honoré du titre de docteur honoris causa de la Faculté des sciences et de médecine de l’Université de Fribourg. Selon un communiqué de l’institution, l’ancien conseiller fédéral «est récompensé pour les liens étroits qu’il a tissés avec les sciences naturelles et la médecine pendant la pandémie de Covid-19». «Il a ainsi favorisé une collaboration solide et constructive entre la politique et la recherche, ce que la Faculté salue.» Il a également joué un «rôle de médiateur entre la science, la politique et la société, grâce auquel il a renforcé le dialogue et favorisé la prise de décision fondée sur des données probantes».

La cérémonie aura lieu le 15 novembre à Forum Fribourg.

«Devoir de mémoire – l’UNIL à nouveau pointée du doigt»

Dans une lettre ouverte adressée au recteur de l’UNIL, Frédéric Herman, l’ANPI (association antifasciste dotée d’une section à Genève) «demande à nouveau un geste fort sur le campus en l’honneur de Jean Wintsch [(1880-1943), professeur, rare opposant connu au doctorat de 1937]. Avec un argument solide: les experts éthiques de l’UNIL avaient également appuyé l’idée de renommer un espace «pour contrebalancer» l’honneur fait au dictateur, avançant le nom du professeur Wintsch, libertaire proche des milieux anarchistes. L’ANPI a déjà récolté les signatures de 116 noms de la société civile et poursuit désormais sa pétition en ligne.»

«Mais l’UNIL pour sa part répond déjà par la négative. L’idée d’honorer Jean Witsch «a été examinée dans le cadre plus large de nos réflexions sur la mémoire institutionnelle. À l’issue de cette analyse, la direction a choisi de privilégier d’autres formes d’actions»».

«Mussolini dans l’esthétique pop»

Un journaliste de la NZZ s’interroge sur l’esthétique de l’exposition «Docteur Mussolini, un passé sensible»: «Doit-il s’agir d’une esthétique pop ? Les nombreux panneaux roses sont-ils adaptés au thème sombre ? Et pourquoi le panneau sur l’antifascisme est-il noir ?» Pour la responsable du projet, l’exposition «doit être esthétique, sans esthétiser ses images et ses objets». Le journaliste estime également que la transformation de la République italienne en dictature à été évoquée «avec une étrange retenue» dans l’exposition, faisant alors référence aux choix des photos illustratives pour ces événements.

Ne souhaitant pas retirer son titre au Duce, la direction de l’Université rappelle que «l’épisode» doit être considéré comme une «mise en garde permanente contre d’éventuelles dérives idéologiques». Le recteur Frédéric Herman a, pour sa part, déclaré que l’étude scientifique du fascisme était devenue encore plus pertinente après les victoires électorales de la post-fasciste Giorgia Meloni en Italie et de Donald Trump aux Etats-Unis.

«Docteur Embarras»

«L’exposition [analysant l’attribution d’un doctorat honoris causa à Benito Mussolini en 1937] propose une immersion dans ce passé trouble, tout en interrogeant sur les raisons pour lesquelles il dérange encore aujourd’hui et sur ce qu’il est possible d’en faire de positif.»

Politique mémorielle de l’UNIL concernant le titre de doctorat honoris causa de Benito Mussolini

Une double page dans l’édition du weekend du 24 heures se penche sur la politique mémorielle de l’UNIL concernant le titre décerné à Benito Mussolini de doctorat honoris causa. L’article principal révèle que «pendant près de vingt ans, la justice et la police suisses vont [traquer] de manière systématique les opposants potentiels dénoncés par le régime fasciste.»
L’article met également en évidence la tenue du colloque international Présences fascistes en Suisse. Autour du doctorat honoris causa de Benito Mussolini (1937) du 7 au 8 novembre 2024 à l’UNIL.«Le retour de la question du doctorat de Mussolini au cœur de l’Université aura permis un rebond de l’attention» ouvrant de larges champs de recherches. «Longtemps, rares étaient les chercheurs travaillant en Suisse sur le fascisme italien.»
Un deuxième encadré retranscrit une interview avec la responsable du Centre interdisciplinaire de recherche en éthique (CIRE) de l’UNIL, Nadja Eggert. Elle explique «qu’il n’existe pas de base légale qui permette de retirer le titre» et que «Mussolini a été honoré en connaissance de cause». Finalement, elle conclut que «comprendre les mécanismes de 1937, c’est aussi veiller à ne pas les répéter et comprendre le présent.»

La RTS consacre un sujet du 12h45 à l’actualité, donnant la parole à la responsable de l’exposition Olga Canton Caro, ainsi qu’à l’historien Marc Perrenoud.

«L’Université de Lausanne se penche sur l’honoris causa de Mussolini»

«L’Université de Lausanne propose une exposition analysant l’attribution controversée en 1937 d’un doctorat honoris causa à Benito Mussolini, le leader fasciste italien. «Docteur Mussolini, un passé sensible» est à découvrir du 13 novembre au 21 septembre 2025 à l’Anthropôle.»

«En 2022, la direction de l’alma mater condamne la remise de ce titre et affirme qu’en 1937 l’UNIL a failli à sa mission et aux valeurs académiques fondées sur le respect de l’individu et la liberté de pensée. Si elle n’entre pas en matière sur le retrait du titre, l’UNIL a décidé d’entreprendre des recherches historiques et des actions mémorielles. [L’exposition] aborde la question du mémoriel de manière large, tout en rendant visible et en interrogeant le passé sensible de l’institution académique.»

A Mussolini, la Suisse reconnaissante?

«En 1937, l’Université de Lausanne  décerne un doctorat honoris causa au Duce. Une récompense qui, au-delà du geste académique, illustre la fascination du nombre de Suisses envers l’expérience fasciste. La thèse d’une erreur de casting ou d’un «piège» est mise en pièces».

«L’ancienne conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf reçoit le titre de docteur honoris causa»

«La faculté de droit de l’Université de Lucerne décerne le titre de docteur honoris causa à l’ancienne conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf [pour son engagement juridique, politique et humaniste]. Le titre lui sera décerné lors de la fête académique «Dies Academicus» en novembre».

Collaboration interinstitutionnelle pour parler histoire

L’Université de Lausanne (UNIL), Le Musée cantonal d’archéologie et d’histoire, la Bibliothèque cantonale et universitaire, les Archives cantonales et les gymnases vaudois se sont associés pour créer le Laboratoire Histoire et Cité.  Il s’agit d’un «programme de médiation et de didactique».

«Le fait de fédérer les acteurs autour d’un thème commun permet d’aller chercher un public large en plus de ceux habituels, mais c’est aussi une façon de proposer un programme attractif: pas uniquement des présentations «frontales», mais des ateliers, des discussions, des cafés, des performances musicales… tout est possible» explique Claire-Lise Debluë, cheffe du projet. (24 heures)

Les buts sont pluriels. Tout d’abord, répondre à un engouement des citoyen∙nes pour l’histoire, qui est plus prononcé depuis la pandémie du Covid-19, pendant laquelle les podcasts du genre ont connu beaucoup de succès. Les institutions souhaitent également valoriser le partage de connaissances et favoriser une «approche horizontale», notamment en faisant se rencontrer des professeur∙es de l’UNIL et des citoyen∙nes afin de partager des expériences. Le projet est conçu pour encourager les collaborations et également «replacer l’histoire dans le présent», sur des questions comme l’héritage colonial, le racisme, ou encore le doctorat honoris causa décerné dans les années 30 à Benito Mussolini. (RTS Forum)

Liberté académique, auto-censure et Benito Mussolini

«Parmi les sujets de préoccupation, l’un prédomine depuis quelque temps: la tension entre la liberté individuelle des membres de la communauté universitaire et l’encadrement de ces libertés par l’institution.» Selon Anne Bielman Sanchez, présidente du conseil de l’Université de Lausanne et Professeure d’histoire ancienne, les enseignant∙es s’autocensurent par crainte d’être accusé∙es «de partager les opinions dominantes rencontrées dans les thématiques ou les textes étudiés», lorsque ces derniers sont non-inclusifs ou non-conformes aux valeurs de notre société actuelle.

Evoquant le doctorat honoris causa de l’Unil remis à Benito Mussolini, Mme Sanchez en appelle aux autorités universitaires. «Le développement d’idées novatrices et l’apprentissage d’un regard critique ne sont pas compatibles avec diverses formes de contrôle sur la réflexion intellectuelle.» Elle ajoute également que «[…] les universités financées par les pouvoirs publics ne devraient pas être prescriptrices de ce qui est bien ou mal en matière de pensée, de langage ou de questions sociétales. Elles devraient rester le lieu par excellence de la diversité des idées, reflet de la diversité humaine.»

La relation troublante de Lausanne avec Benito Mussolini

Dans un reportage, le journal die Weltwoche repasse en revue la relation que le dictateur italien Benito Moussolini entretenait avec la ville de Lausanne et notamment avec  l’Université de Lausanne, ou il s’est vu décerner un doctorat honoris causa en 1937.

«La morale de cette histoire ne peut être que celle-ci : L’attribution de titres honorifiques est une affaire à haut risque, dans laquelle on ne peut pas être suffisamment prudent. Et il faut se méfier des hommes de pouvoir.»

Quelques mots de plus sur le doctorat conféré à Mussolini

«L’Université de Lausanne [UNIL] doit bientôt rendre son avis sur le travail des experts et annoncer des mesures concrètes afin de redresser l’erreur commise dans le passé en conférant un doctorat ès sciences sociales et politiques honoris causa à Benito Mussolini en 1937 (LT du 11.06.2022).»

Pour le professeur d’histoire internationale de la Webster University à Genève, Oreste Foppiani, il faut davantage contextualiser les raisons derrière l’octroi de ce doctorat et ne pas mener une simple «opération d’effacement de l’histoire». L’objectif de l’historiographie n’est pas de corriger le passé, mais d’illuminer le contexte de l’époque et les décideurs qui ont permis l’attribution du doctorat honoris causa à Benito Mussolini.

Docteur honoris causa, persona non grata

«Alors qu’une pétition circule pour réclamer la révocation du doctorat honoris causa décerné en 1937 à Mussolini, l’Université de Lausanne interroge son passé. Comment réparer l’erreur? Un groupe d’experts, dont le rapport devrait être rendu public bientôt, s’est penché sur la question»

Quand Benito Mussolini était étudiant à l’UNIL

Dans le 24 heures, le journaliste Erwan Le Bec retrace les deux ans que le Benito Mussolini a passé à Lausanne entre 1902 et 1904 et son brève passage à l’Université de Lausanne (UNIL). A partir du mai 1904, le Duce aurait fréquenté les cours du célèbre sociologue et économiste Vilfredo Pareto et peut-être les enseignements de Pasquale Boninsegni avant de retourner en Italie en Septembre 1904. 

Puis en 1937, il se verra décerner un doctorat honoris causa de l’Ecole de sciences sociales de l’UNIL, beaucoup discuté ces derniers mois. Un groupe de travail lancé par l’UNIL en 2020 travaille actuellement à retracer les motifs et les acteurs qui ont permis l’attribution de ce titre honoraire à Benito Mussolini. A ce sujet, le rédacteur en chef Claude Ansermoz affirme que «En assumant son passé tout en l’expliquant, l’Université de Lausanne travaillera et partagera son devoir de mémoire.»

Cesla Amarelle et Frédéric Borloz se prononce sur l’affaire du doctorat honoris causa de Mussolini

Dans le cadre d’un débat électoral publié dans le 24 heures, les candidat-e-s au Conseil d’État Cesla Amarelle (PS) et Frédéric Borloz (PLR) se sont prononcés sur la possibilité de retirer le doctorat honoris causa de Benito Mussolini à titre posthume. «C’était une erreur de l’avoir attribué, une erreur qui fait partie de l’histoire de l’Université de Lausanne, que le rectorat souhaite assumer comme telle, ce que je respecte», déclare Cesla Amarelle. Frédéric Borloz : «Je ne suis pas révisionniste, ni dans un sens ni dans l’autre. Les responsables sont critiqués par les historiens, mais on ne refait pas l’histoire.»