Les étudiant-es de bachelor et de master à l’Université de Genève disposent désormais d’une permanence hebdomadaire, ouverte tous les mardis de 9h à 17h. «Soutenu par le programme fédéral Equité (2025-2028) de swissuniversities, le projet Uni(in)formée vise à prévenir et à combattre les atteintes à la personnalité au sein de l’Université dans les relations d’études. Ce projet s’inscrit dans la volonté institutionnelle de mieux accompagner les membres de la communauté de l’UNIGE confronté-es à des situations conflictuelles, de discriminations, de harcèlement psychologique ou sexuel, ou de violences.»
Filtres des articles
Sujet: racisme
«Plus de 120 collaborateurs et collaboratrices du Département de réadaptation et de gériatrie (DRG) des HUG à Genève se disent victimes de racisme. Après un sondage interne dévoilé mercredi, l’établissement veut renforcer le dispositif de signalement et de suivi.»
La cadre à l’origine d’une alerte, ayant subi du racisme, a depuis été mise à l’écart, affectée à un autre département. Une situation qui suscite l’incompréhension d’une partie du personnel. Un sit-in est programmé pour le 10 février , dès 16h, devant les bureaux du conseiller d’Etat chargé de la Santé, Pierre Maudet. Ce dernier affirme dans une interview avec Blick: «Il appartient à l’institution de trouver des solutions qui protègent réellement les personnes concernées, sans donner le sentiment que la charge des conséquences repose sur la victime.»
«Une centaine de personnes ont manifesté pour dénoncer le changement de service imposé à une cadre racisée ayant dénoncé des comportements discriminatoires»
«Depuis les dénonciations de propos racistes le 20 août, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont pris plusieurs mesures pour «rétablir le climat de confiance». Ils ont aussi déposé une dénonciation pénale auprès du Ministère public pour le tag raciste apposé sur la porte d’une cadre.» Parmi les mesures, les HUG «ont mené depuis une dizaine d’entretiens de service, déployé un dispositif d’accompagnement auprès des employé·es et lancé une campagne de sensibilisation contre «toute forme de discrimination»». (Le Courrier)
«Nature Reviews Psychology» a publié un éditorial invitant les scientifiques à adopter une écriture plus «inclusive», notamment en citant davantage les femmes et les minorités. Cette recommandation s’appuie sur une étude montrant que, dans les grandes revues de neurosciences, les hommes citent les travaux d’autres hommes 8 % plus souvent que ceux de femmes, tandis que les femmes citent les hommes 4,5 % plus souvent que leurs collègues féminines.
L’auteur de l’émission Sein und Streit (Deutschlandfunk) critique cette étude pour ignorer d’autres explications possibles, comme le hasard ou une qualité moyenne légèrement supérieure des travaux masculins. Il dénonce également l’hypothèse implicite selon laquelle les hommes agiraient sous l’effet de préjugés inconscients.
L’éditorial de Nature Reviews Psychology suggère que les scientifiques devraient identifier à l’avance le genre et l’origine ethnique des auteurs et autrices qu’ils et elles citent afin de corriger ces déséquilibres, revendiquant une «mission» inclusive.
L’auteur de l’émission dénonce cette approche comme un exemple de science militante, contraire à l’esprit de la recherche, dont la vocation est la recherche objective de la vérité, indépendante du genre ou de la couleur de peau. Il reproche également à la revue mère, Nature, d’avoir pris une tournure idéologique, en refusant désormais les travaux pouvant «nuire à la dignité» ou «stigmatiser» certains groupes — une politique qui encouragerait selon l’auteur l’autocensure et les biais de jugement.
Enfin, l’article établit un parallèle avec les débats américains sur les politiques de diversité, équité et inclusion (DEI), critiquées aussi bien par Donald Trump que par certains chercheurs. Selon l’auteur, modifier les règles de citation ne réduit pas la discrimination : cela ne fait que servir d’affichage moral au sein d’un cercle restreint d’universitaires sans effet réel sur la justice sociale.
Alain Tito Mabiala, journaliste et écrivain congolais exilé en Suisse, revient sur l’affaire du racisme au HUG. Il dénonce en particulier le danger pour les patient·es qu’implique ce «racisme systémique», telles que des injustices graves.
«L’abus de pouvoir est nettement plus répandu dans les universités suisses que ne le laissent supposer les cas isolés retentissants rapportés ces dernières années», résume le journal d’investigation REFLEKT qui a publié les résultats d’une étude sur ce sujet. «En très peu de temps» 180 personnes ont répondu à l’appel de témoignages, 38 d’entre eux·elles ont été interviewé·es.
Les accusations des personnes interrogées vont «du harcèlement moral et des humiliations à la discrimination, au harcèlement sexuel et aux agressions. Une grande majorité d’entre elles décrivent des problèmes psychologiques résultant d’abus de pouvoir, le plus souvent des dépressions, des troubles du sommeil, des troubles anxieux et des crises de panique»
Les doctorant·es sont particulièrement exposé·es à ces problèmes. Les réponses révèlent des problèmes structurels dans le monde scientifique : «les hiérarchies rigides, les contrats à durée déterminée ou l’autonomie universitaire favorisent les abus de pouvoir et rendent les sanctions difficiles. De nombreuses victimes n’osent même pas signaler les incidents. Et lorsqu’elles osent le faire, les conséquences pour les professeurs sont rares.»
Les journalistes en viennent à la conclusion que les mesures prises par les universités (dont la plateforme anonyme de dénonciation de l’UNIL) «ne semblent remplir leur fonction que de manière limitée». (Reflekt)
«Les personnes qui décident des mesures à prendre ne sont pas neutres », critique Janet Hering, professeure émérite et ancienne directrice de l’institut Eawag dans le domaine des EPF. «Parfois, leurs décisions visent à protéger l’institution plutôt que les personnes concernées.» (SRF)
La responsable des soins du Département réadaptation et gériatrie (DRG) des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ainsi que plusieurs collaborateur·ices ont dénoncé des propos à caractères racistes au sein de leur institution. La direction générale des HUG a alors mandaté un cabinet d’avocats vaudois, afin de mener un audit. L’enquête a récolté une septantaine de témoignages relatant des propos discriminatoires et racistes au sein de l’institution, en particulier entre les cadres et le personnel de terrain, souvent d’origine étrangère. Il a également fait état de dysfonctionnements managériaux.
Selon plusieurs employé·es, l’enquête «minimise les propos discriminatoires en les expliquant en partie par des conflits de personnes». «Il y a un racisme systémique au sein de l’institution», indique une source interne. Bien qu’il soit réfuté par la direction, un potentiel conflit d’intérêts entre le cabinet d’avocat et l’hôpital pourrait exister. Il est notamment déploré que peu de collaborateur·ices de terrain aient été entendu·es comparé aux cadres dans le cadre de l’enquête. De plus, aucune sanction n’aurait été prise jusqu’ici, si ce n’est celle d’une victime potentielle qui aurait été «mise à l’écart», alors que la cadre mise en cause poursuivrait ses activités sur un autre site.
Il a alors été demandé à la direction générale de «revoir la portée de l’audit pour que l’enquête externe traite du problème de discriminations à l’échelle de l’institution». Ses conclusions devraient aboutir, selon le personnel, à «des recommandations concrètes (suivi, prévention, procédures claires) pour améliorer le climat de travail et corriger les comportements problématiques». Les collaborateur·ices demandent également la mise ne place de «personnes-ressources» pour accompagner les victimes de discrimination, et exigent des sanctions.
Les HUG déclarent poursuivre des investigations afin de «prendre d’éventuelles décisions managériales ou des mesures individuelles».
«Ce programme, financé par la Confédération et les hautes écoles dans le cadre des contributions liées à des projets (PgB), a permis de travailler au développement des hautes écoles universitaires, spécialisées et pédagogiques vers plus d’inclusion, de diversité et d’égalité des chances. Si ce programme s’inscrit dans la continuité du programme précédent 2017-2020 en matière d’égalité des chances, il s’est toutefois élargi en abordant également les questions de diversité et d’inclusion. »
Suite à la récente étude sur le harcèlement sexuel et sexiste menée au sein de la HES-SO, qui révélait que «le problème reste bien réel, et concerne une part importante de la société», la rectrice de la HES-SO et présidente de Swissuniversities Luciana Vaccaro annonce qu’elle va travailler en étroite collaboration avec les associations estudiantines pour pallier le problème. Elle ajoute qu’«il reste nécessaire d’améliorer la confiance [dans le cadre universitaire] qui permettra à toute personne de défendre ses droits» lors d’un cas de harcèlement. La rectrice et présidente défend également dans sa tribune «la politique volontariste» qui anime les universités, puisque ces dernières sont «un lieu de formation et de dialogue», ancré «au cœur –à la pointe même– de l’évolution de la société». Pour elle, les universités doivent rester des espaces de débat, mais dans le respect de l’intégrité d’autrui.
Le recteur de l’Université de Lausanne Frédéric Herman écrit dans son blog «Notre engagement à l’UNIL est celui de promouvoir un savoir libre, éclairé et inclusif, un savoir qui contribue à bâtir une société plus ouverte, plus juste et plus respectueuse. Le fascisme, tel que décrit par Umberto Eco, représente tout ce que nous rejetons : la peur, la haine de la différence, l’autoritarisme, le refus de la critique et de la liberté d’expression. Face à cela, je souhaite réaffirmer en ce début 2025 notre attachement à des valeurs démocratiques et humaines, qui doivent impérativement rester les piliers de notre institution et de notre société.»
La pétition «WeAreShocked», lancée à l’EPFZ suite à l’inaction de l’institution pour des cas de mobbing, harcèlement et discrimination a récolté plus de 1300 signatures et a été remise vendredi dans les mains de deux représentants de la direction lors d’une manifestation réunissant une centaine d’étudiant·es et chercheur·euses. Elle demande à l’institution de prendre ses responsabilités, en agissant rapidement.
Voici quelques revendications de la pétition citées dans l’article du Tages-Anzeiger :
- la création d’un système de signalement anonyme et externe
- un suivi annuel des cas de harcèlement
- un fonds pour couvrir les frais juridiques des victimes
- une publication des taux de réussite des doctorants ainsi que des motifs en cas d’abandon d’une thèse
«Nous avons le même objectif», a déclaré Stefan Spiegel, vice-président Finances et controlling de l’EPFZ, en recevant la pétition. Il a également remercié les organisatrices. Interrogée par le 19h30, Julia Dannath, vice-présidente Développement personnel et leadership, a pourtant contesté les accusations. Elle affirme que l’institution «a déjà pris des mesures nécessaires» et que «les procédés auraient déjà changé». Elle réfute également ces accusations dans les colonnes de la Neue Zürcher Zeitung.
Un critique principale de la pétition porte notamment sur le fait que l’université n’agit pas en cas d’informations anonymes. Pour les auteur·es de la pétition, les procédures des universités de Lucerne et du Contrôle fédéral des finances (CDF) seraient des bons exemples à suivre. Dans les deux institutions, révèle la Neue Zürcher Zeitung, des informations anonymes sur des dysfonctionnements ne seraient pas une raison pour ne pas enquêter sur ces signaux en présence d’indices suffisants. Interrogée, Julia Dannath dit qu’elle est ouverte à cette idée.
Lukas Rich, avocat spécialisé en droit administratif public, soutient l’EPFZ (Aargauer Zeitung) dans sa démarche actuelle. L’homme de loi déclare que « l’EPFZ a déjà mis en place de bons processus internes pour les cas mentionnés ». Il précise également que si l’EPFZ devait sanctionner des professeurs fautifs, les victimes n’auraient d’autre choix que de révéler leur identité. Une fois l’identité levée, les sanctions de l’institution envers le·a professeur·e concerné·e peuvent aller de la réduction de salaire au licenciement. En 160 ans, l’EPFZ n’a licencié qu’une seule professeure, accusée de mobbing.
Le 07 mai 2024, le conseiller d’Etat chargé de la formation Frédéric Borloz faisait part de «slogans dont certains avaient un caractère raciste évident». Il faisait alors allusion aux mots utilisés lors des manifestations pour la Palestine qu’ont connu le campus il y a quelques mois. Après étude d’écrits et de paroles, l’Unil a affirmé lundi n’avoir rien trouvé de «juridiquement contestable» en ce sens. Ont été analysés: «ce qui a été dit publiquement, ce qui a été reçu par courrier ou encore ce qui était consultable dans la presse ou sur les réseaux sociaux». Pour Frédéric Borloz, le dossier n’est cependant toujours «pas clos», a-t-il affirmé par téléphone à la rédaction du Courrier. Il se refuse toutefois à exemplifier ses accusations du printemps dernier.
Alors que des manifestations étudiantes pro-palestiniennes se déroulaient sur les campus de l’UNIL-EPFL mercredi 9 octobre dernier, le conseiller d’état et ministre de la Formation Frédéric Borloz s’est exprimé à ce propos sur le plateau du 19:30 dimanche.
Le politicien, qui avait fait pression afin que cessent les mobilisations sur les campus étudiants, affirme que si «tout le monde a le droit de s’exprimer dans des lieux publics», il ne tolère pas «l’exclusion des autres étudiant·es» qu’engendre l’occupation de bâtiments. Finalement, Frédéric Borloz a déclaré souhaiter renforcer la formation des enseignant·es de l’école obligatoire sur la thématique du racisme lié à la guerre au Proche-Orient, sans toutefois préciser de calendrier.
«Le 22 mars prochain, un atelier sur le thème du racisme se déroulera à l’Université de Lausanne et sera réservé aux étudiants «racisés». L’événement suscite des réactions contrastées dans la sphère politique.»
Le professeur en sociologie et philosophie politique Andreas Widmer regrette que le fait que dans les universités américaines de pointe, il y a un débat trop intense sur l’égalité sous l’aspect de race et genre, et, en conséquence, pas assez de débat sur l’inégalité économique. Il avance que pendant les dernières 20 années, les universités américaines se sont politisées et«de plus en plus, des questions qui relèvent en fait de la politiques sont traités par la science. […] Les déclarations des femmes ou des non-blancs, appelés en Amérique «People of Color», ont aujourd’hui un poids moral plus important dans ce contexte. Et l’écho de la science dans le public est de plus en plus important. On s’attend à ce que les résultats des recherches contribuent à ce que les forces progressistes de gauche du bien l’emportent sur les forces du mal, les populistes de droite. […] [Mais] [s]i l’on veut étudier les inégalités dans la société américaine, le critère le plus important reste l’appartenance à une couche sociale, c’est-à-dire à une classe, et non à une race ou à un genre.» Les trente années passées, les inégalités dans la société auraient massivement augmenté, et «cette stagnation, voire la régression sociale de groupes entiers de la population, est aussi une des raisons du succès des populistes de droite. […] Au moment où Amazon, par exemple, sponsorise à coups de millions de dollars un institut pour la « justice raciale », mais réprime résolument les mouvements syndicaux naissants, on peut se demander s’il y a un lien entre les deux. Ce sont en effet les élites qui profitent de l’augmentation des inégalités. Il leur est utile d’attirer l’attention du public sur les thèmes de l’orientation sexuelle, du genre et de la couleur de peau plutôt que sur la concentration du pouvoir.»
«Une lettre ouverte en faveur de la diversité et de l’égalité dans les hautes écoles a récemment remué l’Université de Fribourg, selon plusieurs sources. Dans son texte, un constat: «Il continue d’exister de nombreuses barrières et obstacles aux femmes, aux personnes perçues comme non-blanches ou aux personnes issues de l’immigration» pour accéder à des postes dans les hautes écoles et universités suisses.» Le document a été remis à différentes institutions (universités, aux HES, au Fonds national suisse ainsi qu’à l’Académie suisse des sciences humaines et sociales).
«La HETS-Fribourg souligne que cette nouvelle offre répond aux recommandations du Service de lutte contre le racisme et de la Conférence suisse des services spécialisés dans l’intégration. Une manière, pour les organisations, «d’assumer et de concrétiser leurs ambitions en matière de responsabilité sociale» et «de promouvoir l’égalité et la diversité».»