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Sujet: harcèlement sexuel et sexisme

L’Allemagne face aux harcèlements dans le milieu universitaire

Le milieu académique allemand est confronté aujourd’hui à une crise systémique où l’abus de pouvoir et le harcèlement semblent s’accommoder de structures devenues obsolètes.

Entre hiérarchies rigides et précarité, le système actuel protège trop souvent les professeur·es titulaires au détriment des jeunes scientifiques. Ces derniers·ères, dans une situation plus précaire, peuvent être exposés à plusieurs dérives graves, comme du chantage au renouvellement de contrat, des blocages arbitraires de diplômes par les directeurs et directrices de thèse, ou encore des comportements misogynes et violents.

Face à ce constat, une analyse de la revue Nature souligne l’urgence de réformes profondes pour assainir l’ensemble du milieu universitaire. Au niveau national, la communauté scientifique accentue sa pression pour obtenir des contrats d’une durée minimale de quatre ans, garantissant une stabilité pour la durée d’un doctorat.

Parallèlement, certains départements proposent de redistribuer le pouvoir en aplanissant les rapports de force et en multipliant les postes permanents.

Les universités anglaises pourraient se voir infliger des amendes pour avoir enfreint les règles relatives à la liberté d’expression

La loi sur la liberté d’expression (Freedom of Speech Act) est entrée en vigueur en août 2025; elle impose aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur d’Angleterre de promouvoir la liberté académique afin de garantir que les débats puissent se dérouler sur les campus sans crainte de censure à l’encontre des étudiants, du personnel ou des intervenants exprimant des opinions conformes à la loi.
Elle interdit par ailleurs aux universités de recourir à des accords de confidentialité (NDA) dans les cas de harcèlement, d’intimidation et d’inconduite sexuelle.

L’Office for Students (OfS) en Angleterre mettra en place, dès la prochaine année universitaire, un dispositif «unique en son genre» permettant au personnel universitaire, aux intervenants extérieurs et aux membres non-étudiants de faire part de leurs préoccupations concernant les établissements d’enseignement supérieur.

Les universités anglaises qui ne parviennent pas à garantir la liberté d’expression s’exposent à des amendes pouvant atteindre 500 000 livres sterling ou 2% de leurs revenus, et risquent dans certains cas de perdre leur financement public, selon un nouveau système de plainte mis en place par le gouvernement.

 

«Fissuré, mais toujours présent : le plafond de verre persiste pour les femmes occupant des postes à responsabilité dans le domaine scientifique»

Dans la revue Nature du 6 mars 2026, la professeure Mangala Sriniva, première Singapourienne à siéger au conseil scientifique de l’UE, souligne que même au sommet de la hiérarchie scientifique, le succès ne protège pas du sexisme.

Elle rappelle que le plafond de verre, bien que fissuré, impose toujours aux femmes une sur-performance épuisante pour contrer des doutes systémiques sur leur légitimité. Face aux micro-agressions et aux préjugés qui persistent malgré l’excellence, elle appelle ses consoeurs à dénoncer ces freins structurels et à ne plus intérioriser de critiques injustes qui relèvent de la perception, et non de la compétence.

UNIGE : Une permanence à l’écoute des étudiant-es victimes d’atteintes à la personnalité

Les étudiant-es de bachelor et de master à l’Université de Genève disposent désormais d’une permanence hebdomadaire, ouverte tous les mardis de 9h à 17h. «Soutenu par le programme fédéral Equité (2025-2028) de swissuniversities, le projet Uni(in)formée vise à prévenir et à combattre les atteintes à la personnalité au sein de l’Université dans les relations d’études. Ce projet s’inscrit dans la volonté institutionnelle de mieux accompagner les membres de la communauté de l’UNIGE confronté-es à des situations conflictuelles, de discriminations, de harcèlement psychologique ou sexuel, ou de violences.»

«Le CHUV a recueilli plus de 70 signalements pour harcèlement en quatre mois»

Depuis juillet 2025, la «cellule Safe» du CHUV recueille les signalements concernant des situations de harcèlement au sein de l’hôpital universitaire. «En quatre mois, plus de 70 cas m’ont été signalés, pour un total de 130 entretiens avec des victimes ou des témoins. C’est assez énorme», rapporte Nadine Thalmann, spécialisée dans la médiation et la gestion des conflits, responsable de la cellule antiharcèlement du CHUV. Le CHUV indique qu’il «y a déjà eu des sanctions, y compris des licenciements». Les signalements émanent de presque tous les secteurs, mais «les dossiers les plus graves concernent les médecins et ce, tous types de harcèlement confondus», déclare Nadine Thalmann. «C’est une profession où la hiérarchie peut facilement influencer la formation et la carrière des médecins assistants», explique-t-elle.

Moins d’étudiants sont partis à l’étranger en 2024 et leur santé psychique est préoccupante

«La mobilité internationale des étudiants suisses recule nettement: seuls 19% sont partis à l’étranger en 2024, contre 26% en 2020. L’enquête de l’OFS révèle aussi une santé psychique en baisse et un quart des étudiants confrontés à des discriminations.» (RTS)

Selon l’Union d’étudiant·es suisses (UNES), «Les résultats montrent […] un lien clair entre la santé mentale et les moyens financiers. La situation est particulièrement précaire pour les étudiant-e-s dont les parents n’ont pas de diplôme d’une haute école.» (UNES)

Le Grand Conseil critique la manière dont l’Université de Zurich traite les agressions sexuelles

En 2024, l’Université de Zurich a été critiquée à plusieurs reprises pour ne pas avoir publié de statistiques sur les agressions sexuelles. Le Grand Conseil avait alors exigé la publication des chiffres qui étaient uniquement accessibles à la direction. Depuis 2024, les chiffres sont désormais publiés dans les rapports d’activité de la commission RSB (règlement sur la protection contre le harcèlement sexuel), mais ils sont absents du rapport annuel actuel, déplore le Conseil cantonal. Plusieurs politicien·nes de différents partis qualifient l’absence de ces statistiques d’inacceptable et de non professionnelle.

Abus de pouvoir: Le cas Thomas Crowther

«Il était considéré comme un chercheur vedette : le climatologue rénommé Thomas Crowther a enseigné pendant sept ans à l’ETH Zurich, puis a dû quitter l’institution en raison d’accusations d’abus. L’affaire est close, mais elle en dit long sur le problème de l’abus de pouvoir dans les universités suisses.»

Le professeur avait enfreint à plusieurs reprises les règles internes dans différents domaines. De plus, il a exercé ses responsabilités de direction d’une manière qui contredit en partie les valeurs de l’ETH Zurich.

Tom Crowther est donc licencié au lieu d’être engagé cette année comme professeur à durée indéterminée à l’ETH. L’ETH a mis ensuite en place un système de signalement en ligne amélioré. Sur demande, elle précise également que les futur·es professeur·es sont aujourd’hui soumis à un examen plus approfondi de leurs compétences en matière de direction qu’il y a quelques années. Selon son expérience, il faut avant tout une chose pour lutter contre les abus de pouvoir dans les universités, explique la sociologue et politologue Margrith Hugentobler, co-fondatrice de l’organisation Speak up in Academia :«En fin de compte, le message doit venir du sommet : «Cela ne sera pas toléré chez nous.»»

«Les protocoles universitaires» : nouvelle recherche sur l’abus de pouvoir dans les universités suisses

«L’abus de pouvoir est nettement plus répandu dans les universités suisses que ne le laissent supposer les cas isolés retentissants rapportés ces dernières années», résume le journal d’investigation REFLEKT qui a publié les résultats d’une étude sur ce sujet. «En très peu de temps» 180 personnes ont répondu à l’appel de témoignages, 38 d’entre eux·elles ont été interviewé·es.

Les accusations des personnes interrogées vont «du harcèlement moral et des humiliations à la discrimination, au harcèlement sexuel et aux agressions. Une grande majorité d’entre elles décrivent des problèmes psychologiques résultant d’abus de pouvoir, le plus souvent des dépressions, des troubles du sommeil, des troubles anxieux et des crises de panique»

Les doctorant·es sont particulièrement exposé·es à ces problèmes. Les réponses révèlent des problèmes structurels dans le monde scientifique : «les hiérarchies rigides, les contrats à durée déterminée ou l’autonomie universitaire favorisent les abus de pouvoir et rendent les sanctions difficiles. De nombreuses victimes n’osent même pas signaler les incidents. Et lorsqu’elles osent le faire, les conséquences pour les professeurs sont rares.»

Les journalistes en viennent à la conclusion que les mesures prises par les universités (dont la plateforme anonyme de dénonciation de l’UNIL) «ne semblent remplir leur fonction que de manière limitée». (Reflekt)

«Les personnes qui décident des mesures à prendre ne sont pas neutres », critique Janet Hering, professeure émérite et ancienne directrice de l’institut Eawag dans le domaine des EPF. «Parfois, leurs décisions visent à protéger l’institution plutôt que les personnes concernées.»  (SRF)

«Les violences de genre se manifestent de manière différente selon les facultés» à l’UNIGE

Giorgia Magni, maître-assistante à la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, vient de terminer sa thèse sur les violences de genre entre étudiant·es à l’Université de Genève. Interviewée par Le Courrier, elle partage ses résultats.

Au total, 59% des personnes interrogées disent avoir subi des violences à l’Université. Plus de deux tiers des violences citées ont eu lieu dans des bâtiments universitaires, majoritairement dans les couloirs et le hall, mais également à la bibliothèque, dans des salles de classe vides et à la cafétéria. Elles peuvent avoir une influence sur la concentration, la performance, la présence en cours, le choix des lieux pour réviser et la poursuite ou non d’un cursus.

Les personnes lesbiennes, bisexuelles, trans, queer et non binaires sont les plus vulnérables et la majorité des auteurs sont des hommes. Les violences de genres concernent toutes les facultés de l’Université de Genève, mais sous des formes différentes. Dans certaines filières, notamment en droit ou en sciences, les enjeux liés au genre sont rarement intégrés aux programmes. Les personnes LGBTQ et non binaires restent invisibilisées. Ces domaines, encore largement dominés par les hommes, restent marqués par des normes de genre rigides et des structures hiérarchiques qui peuvent entretenir des comportements sexistes et homophobes, malgré une présence féminine en progression.

Finalement, «le rôle des enseignant·es est primordial. Leurs propos ne sont pas souvent contestés, ce qui les place à la fois comme figures d’exemple et d’autorité.» La lutte contre les violences de genre nécessite une sensibilisation et une formation de toute la communauté universitaire, ainsi qu’une transparence accrue sur les cas et les sanctions. Cela doit s’accompagner d’une politique claire de l’Université et s’inscrire dans une démarche institutionnelle, systémique et inclusive sur le long terme.

EPFZ : Nouveau système pour signaler des cas de harcèlement

En novembre 2024, les  organisations «Women in Natural Sciences», «500 Women Scientists Zürich» et «Speak Up! in Academia» ont remis à l’EPFZ une pétition signée par 1875 personnes, réclamant une meilleure protection contre le harcèlement, la discrimination et des sanctions plus strictes envers les professeurs fautifs. En réponse, l’école polytechnique prévoit en automne l’introduction d’un nouveau système de signalement anonyme via une boîte numérique externe, plus conforme aux exigences en termes de protection de données. Ce projet, élaboré avec des juristes spécialisés dans ce domaine, s’inspire partiellement des modèles de l’Université de Lucerne et du Contrôle fédéral des finances.

Par ailleurs, une coordination interdisciplinaire a été mise en place pour mieux traiter les cas signalés, et des mesures disciplinaires sont en examen, tout comme un aperçu statistique global des cas et des mesures signalés. Toutefois, la demande de créer un fonds pour couvrir les frais de justice des plaignant·es a été rejetée, faute de base légale. Malgré un dialogue revendiqué par l’EPFZ, les organisations à l’origine de la pétition dénoncent un manque de communication et des progrès encore trop lents.

A propos des structures de pouvoir dans les universités qui favorisent le harcèlement sexiste

«Les structures de pouvoir établies depuis des décennies dans les universités favorisent le harcèlement sexuel – surtout contre les femmes.» Dans l’interview, la Spécialiste du thème du genre dans le monde du travail  Jo Krøjer de l’université Roskilde explique l’efficacité d’un code de conduite, pourquoi on se tait souvent face aux agressions et quelles mesures sont nécessaires pour que les victimes se sentent prises au sérieux et en sécurité.»

Elle précise tout d’abord que le harcèlement sexiste n’a rien à voir avec la sexualité, mais qu’il s’agit d’une forme d’abus de pouvoir enraciné dans le sexisme et constate que la présence de ce phénomène dans les organisations universitaires est liée à certaines caractéristiques et structures de pouvoir: la précarité prolongée pousse de nombreuses personnes à tolérer des conditions de travail inacceptables, tandis que les structures hiérarchiques, souvent patriarcales, tendent à favoriser des comportements et intérêts majoritairement masculins.

Pour améliorer la situation, la chercheuse danoise enjoint les directions d’université à prendre au sérieux les cas de harcèlement sexiste et à envoyer un signal clair au sein de l’institution: de tels comportements ne seront pas tolérés et entraîneront des conséquences. Selon elle, le véritable problème réside dans le manque de volonté d’agir concrètement pour sanctionner les auteur·es, ce qui empêche un réel changement de culture. Elle ajoute qu’il est important que l’université assure une protection aux personnes signalant des faits, tout en mettant en place un processus transparent et clair pour le traitement des plaintes. Il est important que les victimes puissent avoir confiance envers la direction, qu’elles sachent que leur plainte sera traitée avec sérieux et que leur carrière n’en souffrira pas.

Finalement, afin d’aider à prévenir les cas, la sicntifique enjoint les directions d’université à s’informer sur ce qu’est le harcèlement sexiste. «Tant les individus que les organisations doivent développer ce que nous appelons la sexist harassment literacy». Enfin, les directions doivent être très claires sur le type de comportement qui est acceptable et celui qui ne l’est pas.

 

Publication de la charte «Prévenir les abus de pouvoir dans les sciences historiques»

La fédération des historien·nes allemandes VHD a publié une charte pour prévenir des abus de pouvoir dans ce domaine. Un sondage anonyme réalisé durant l’hiver 2024/25, auquel ont participé environ 600 personnes dans le domaine des sciences historiques sert de base empirique de la charte. Parallèlement, les résultats de l’enquête ont été publiés.

Un centre d’accueil «insensible» contre le harcèlement sexuel à l’Université de Zurich

Fin mai, une manifestation de plus de 50 étudiant·es de l’Université de Zurich a dénoncé le manque de soutien aux victimes du centre d’accueil contre le harcèlement sexuel de l’université. L’association des étudiant·es de l’Université de Zurich (VSUZH) a rassemblé 13 plaintes contre le centre depuis 2022. Ayant proposé une série d’améliorations, aucune n’a jusqu’à maintenant été mise en place. Le groupe de travail «estime que l’offre du centre d’accueil doit être plus accessible. Le site web devrait indiquer plus clairement les possibilités et les droits des personnes concernées. A long terme, le groupe de travail a exigé de l’UZH une révision complète du règlement de protection contre le harcèlement sexuel, qui date de 2007.» (Tages-Anzeiger)

Les reproches sont particulièrement dirigées vers la directrice du centre, professeure émérite de droit pénal travaillant bénévolement. Son approche serait «trop juridique», la communication «difficile», et son ton serait «insensible». Mardi, le Tages-Anzeiger a publié le témoignage d’une victime qui explique ne pas avoir été prise au sérieux après avoir été harcelée à l’université. «Adapter le centre d’accueil, c’est la tâche de l’université, pas la mienne», répond la directrice. L’Université, elle, considère les critiques à l’encontre de la responsable «infondées».

La VSUZH dénonce finalement un manque de moyens de l’université envers le centre (qui a traité 40 cas l’an dernier) , la directrice étant bénévole. Le 20 minutes compare cette situation à celle de l’UNIL, dont le dispositif Aide UNIL se compose d’une déléguée à plein temps, d’une adjointe à temps partiel, aidées par 2 auxiliaires. (20 minutes)

«Le théâtre forum pour dénoncer le sexisme dans la recherche»

La troupe Spe(c)tator explore le sexisme dans la recherche par le théâtre forum. La projet Coffee Machine s’inspire de cas réels liés au monde de la recherche académique. «Ils sont répertoriés et analysés dans l’étude de la professeure Klea Faniko, spécialiste des discriminations et de la diversité, et responsable du Bureau de l’égalité de l’université de Genève. Depuis sa création en 2022, la pièce a été jouée dans des cadres variés, tels le CERN, des organisations internationales, l’université de Genève, l’EPFL, etc.»

Travaillant à l’intersection du social, de l’artistique et de la médiation culturelle, les membres de la troupe voient cette pratique artistique comme un outil de transformation collective, qui dénonce des situations de discrimination et permet le renforcement des capacités des victimes. «Nous n’apportons pas nos propres solutions. Plutôt, nous posons des questions sincères auxquelles nous n’avons pas les réponses», précise Nyan Storey, directeur artistique de Speta(c)tor.

«L’affaire Crowther continue de couver à l’EPFZ»

Un rapport de l’EPFZ conclut que le professeur en écologie Thomas Crowther de l’EPFZ n’a pas suivi les règles de gouvernance « sur une variété de sujets ». Ce rapport expurgé – qui ne cite pas le nom de M. Crowther mais décrit des détails qui correspondent à son cas – fait également état de multiples allégations de comportement inapproprié à l’égard d’employés. À la suite de ces conclusions, M. Crowther s’est vu refuser la titularisation et quittera l’institution en septembre, à l’expiration de son contrat, a annoncé l’université.

Dans son rapport, l’EPF critique également le fait qu’après la publication d’un article du Tages-Anzeiger en août, le professeur a facturé à cette rédaction les frais de son avocat et de son travail médiatique à l’EPF. L’école supérieure lui aurait fait remarquer à plusieurs reprises qu’il était interdit de faire appel à une agence de communication externe. Dans le rapport de l’EPF, Crowther regrette à cet égard «quelques négligences mineures» et a remboursé l’argent. Selon le récent article du Tages-Anzeiger, «Son offensive de communication a en tout cas porté ses fruits. […] [L]a NZZ a publié un article détaillé qui présentait Crowther comme une victime – mais sans attendre le résultat de l’enquête. Le conseiller en relations publiques du professeur a ensuite écrit dans les médias sociaux, en se référant à l’article de la NZZ, que son client était victime d’un «système institutionnel».»

Un récent article de la NZZ met, par ailleurs, en avant les critiques d’une partie des membres du « Crowther Lab », qui a adressé une lettre de soutien à la direction de l’EPFZ et la direction des ressources humaine. Les auteurs-rices de la lettre reprochent à l’EPFZ d’avoir mené une enquête «peu rigoureuse» et «erronée», qui était n’était ni juste ni neutre. «Cela a créé un environnement d’intimidation, de partialité et de distorsion des faits.»

L’Association suisse des médecins-assistants veut lutter contre le harcèlement sexuel

Afin de lutter contre les agressions «fréquentes mais rarement dénoncées» (NZZ) de harcèlement sexuel des médecins dans le cadre de leur activité, l’Association suisse des médecins-assistants et chefs de clinique (ASMAC) «a déposé une demande auprès du Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes pour la réalisation d’un projet dans ce sens. Ce bureau a déjà approuvé un avant-projet dont l’objectif principal est d’élaborer et de mettre en œuvre des mesures de prévention et de sensibilisation dans ce domaine. […] Le projet prévoit également la collecte de données sur le sujet.» (Le Courrier)

Le nombre de cas officiel est en effet faible. «Au CHUV, selon les indications d’un porte-parole, dix avertissements et onze licenciements sans préavis ont été prononcés l’année dernière pour cause de harcèlement sexuel. A cela s’ajoutent dix entretiens personnels. Cette année, une personne a déjà reçu un avertissement et l’hôpital a licencié deux collaborateurs. Quatre autres procédures disciplinaires sont encore en cours. En outre, quatre plaintes nominatives et deux plaintes anonymes pour harcèlement ont été déposées.» (NZZ) Au cours des deux dernières années, les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) ont comptés 16 cas de harcèlement sexuel, l’hôpital universitaire de Berne en a recensé 14, tandis que l’hôpital universitaire de Zurich en a comptabilisé 36 uniquement pour l’an 2023. L’Hôpital universitaire de Bâle n’a pas eu de cas documenté durant les deux dernières années.

Susanne Hasse, avocate et directrice de l’ASMAC Zurich, explique que ces cas de harcèlement dans les études de médecine sont favorisés par les «structures encore très hiérarchiques », la faible proportion de femmes médecins-chefs, les salles d’opération fermées, les longs services postés, mais aussi «la charge émotionnelle élevée». «En outre, les médecins-assistants se trouvent dans une «double relation de dépendance» en raison de leur formation postgraduée en vue de l’obtention du titre de spécialiste et sont donc particulièrement menacés.» La directrice explique encore que «même après leur formation, les médecins-assistants ne peuvent guère échapper à cette relation de dépendance : les experts disposent d’un bon réseau national dans leurs disciplines. Ils sont ainsi en mesure d’influencer de manière déterminante les perspectives de carrière de leurs jeunes collègues, c’est pourquoi les personnes concernées ne se défendent guère.» (NZZ)