«Crises de colère, humiliations, intimidation : pendant plus d’une décennie, un professeur renommé de l’université de Fribourg aurait abusé de son pouvoir. Il nie ces accusations.» Cette enquête révèle que l’université avait été prévenue très tôt, mais l’a néanmoins promu.
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Sujet: harcèlement moral – mobbying
Le milieu académique allemand est confronté aujourd’hui à une crise systémique où l’abus de pouvoir et le harcèlement semblent s’accommoder de structures devenues obsolètes.
Entre hiérarchies rigides et précarité, le système actuel protège trop souvent les professeur·es titulaires au détriment des jeunes scientifiques. Ces derniers·ères, dans une situation plus précaire, peuvent être exposés à plusieurs dérives graves, comme du chantage au renouvellement de contrat, des blocages arbitraires de diplômes par les directeurs et directrices de thèse, ou encore des comportements misogynes et violents.
Face à ce constat, une analyse de la revue Nature souligne l’urgence de réformes profondes pour assainir l’ensemble du milieu universitaire. Au niveau national, la communauté scientifique accentue sa pression pour obtenir des contrats d’une durée minimale de quatre ans, garantissant une stabilité pour la durée d’un doctorat.
Parallèlement, certains départements proposent de redistribuer le pouvoir en aplanissant les rapports de force et en multipliant les postes permanents.
La loi sur la liberté d’expression (Freedom of Speech Act) est entrée en vigueur en août 2025; elle impose aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur d’Angleterre de promouvoir la liberté académique afin de garantir que les débats puissent se dérouler sur les campus sans crainte de censure à l’encontre des étudiants, du personnel ou des intervenants exprimant des opinions conformes à la loi.
Elle interdit par ailleurs aux universités de recourir à des accords de confidentialité (NDA) dans les cas de harcèlement, d’intimidation et d’inconduite sexuelle.
L’Office for Students (OfS) en Angleterre mettra en place, dès la prochaine année universitaire, un dispositif «unique en son genre» permettant au personnel universitaire, aux intervenants extérieurs et aux membres non-étudiants de faire part de leurs préoccupations concernant les établissements d’enseignement supérieur.
Les universités anglaises qui ne parviennent pas à garantir la liberté d’expression s’exposent à des amendes pouvant atteindre 500 000 livres sterling ou 2% de leurs revenus, et risquent dans certains cas de perdre leur financement public, selon un nouveau système de plainte mis en place par le gouvernement.
«Face au nombre élevé de signalements relatifs à des comportements problématiques au CHUV, certaines voix estiment que la politique de tolérance zéro n’a pas porté ses fruits. Tant le politique que l’institution se défendent de tout laxisme.»
Un professeur au sein du département de la Gestion, de la technologie et de l’économie de l’École polytechnique de Zurich est accusé d’avoir harcelé plusieurs collaboratrices et d’avoir abusé de son pouvoir. Environ 15 personnes ont témoigné auprès de SRF des agissements de cet individu, depuis que l’ETH l’avait nommé professeur il y a plus de dix ans.
Le bureau de signalement externe est clair dans sa conclusion générale. Il critique la « structure difficile de l’ETH » dans la gestion des conflits complexes. Pendant des mois, de nombreux services ont été impliqués dans cette affaire, sans parvenir à trouver une solution. Cela comporterait le risque d’une «organisation en silos» et donnerait une impression de «manque de coordination». Il en résulterait un «double travail et confusion». Par ailleurs, depuis des signalements en 2019 ou antérieurement n’ont pas eu des conséquences souhaitées, les personnes concernées ont apparemment renoncé à signaler de nouveaux faits après 2019, par méfiance envers les structures.
Les étudiant-es de bachelor et de master à l’Université de Genève disposent désormais d’une permanence hebdomadaire, ouverte tous les mardis de 9h à 17h. «Soutenu par le programme fédéral Equité (2025-2028) de swissuniversities, le projet Uni(in)formée vise à prévenir et à combattre les atteintes à la personnalité au sein de l’Université dans les relations d’études. Ce projet s’inscrit dans la volonté institutionnelle de mieux accompagner les membres de la communauté de l’UNIGE confronté-es à des situations conflictuelles, de discriminations, de harcèlement psychologique ou sexuel, ou de violences.»
«Depuis les dénonciations de propos racistes le 20 août, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont pris plusieurs mesures pour «rétablir le climat de confiance». Ils ont aussi déposé une dénonciation pénale auprès du Ministère public pour le tag raciste apposé sur la porte d’une cadre.» Parmi les mesures, les HUG «ont mené depuis une dizaine d’entretiens de service, déployé un dispositif d’accompagnement auprès des employé·es et lancé une campagne de sensibilisation contre «toute forme de discrimination»». (Le Courrier)
Depuis juillet 2025, la «cellule Safe» du CHUV recueille les signalements concernant des situations de harcèlement au sein de l’hôpital universitaire. «En quatre mois, plus de 70 cas m’ont été signalés, pour un total de 130 entretiens avec des victimes ou des témoins. C’est assez énorme», rapporte Nadine Thalmann, spécialisée dans la médiation et la gestion des conflits, responsable de la cellule antiharcèlement du CHUV. Le CHUV indique qu’il «y a déjà eu des sanctions, y compris des licenciements». Les signalements émanent de presque tous les secteurs, mais «les dossiers les plus graves concernent les médecins et ce, tous types de harcèlement confondus», déclare Nadine Thalmann. «C’est une profession où la hiérarchie peut facilement influencer la formation et la carrière des médecins assistants», explique-t-elle.
Une nouvelle enquête d’Actionuni, l’association faîtière du corps intermédiaire universitaire, montre que 22% des personnes interrogées présentent des symptômes dépressifs et beaucoup se sentent épuisées. Selon Actionuni, environ 80% des employé·es académiques en Suisse sont engagé·es pour une durée déterminée, et parmi elles·eux 39% déclarent être très stressé·es à cause de cela. A cela s’ajoute la souffrance d’une charge de travail élevée, de la pression de la concurrence et de salaires parfois bas. De plus, une forte hiérarchie de pouvoir entre professeur·es et collaborateur·es scientifiques existe. Un tiers des personnes interrogées ont été victimes de mobbing, de discrimination ou de harcèlement; 59% ont vécu ou observé que leurs supérieurs faisaient pression pour qu’elles travaillent le soir, le week-end ou pendant les vacances; 40% affirment que leur institution ne les écoute pas lorsqu’elles expriment leurs inquiétudes. Les personnes les plus concernées seraient les femmes et les personnes non-binaires, ainsi que les employé·es étranger·ères avec un permis de travail non-permanent.
«La mobilité internationale des étudiants suisses recule nettement: seuls 19% sont partis à l’étranger en 2024, contre 26% en 2020. L’enquête de l’OFS révèle aussi une santé psychique en baisse et un quart des étudiants confrontés à des discriminations.» (RTS)
Selon l’Union d’étudiant·es suisses (UNES), «Les résultats montrent […] un lien clair entre la santé mentale et les moyens financiers. La situation est particulièrement précaire pour les étudiant-e-s dont les parents n’ont pas de diplôme d’une haute école.» (UNES)
A l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève (Geneva Graduate Institute), deux professeur·es ont ouvertement critiqué leur collègue chercheur Tripurdaman Singh, pour avoir accepté le prix Dan-David (doté de 300’000 dollars), «la plus haute distinction mondiale pour les jeunes historien·nes», dont il était lauréat pour ses contributions à l’histoire récente de l’Inde et de l’Asie du Sud. En effet, les deux professeur·es d’anthropologie à l’Institut universitaire de Genève, Julie Billaud et Till Mostowlansky, accusent le lauréat d’«accept[er] des fonds provenant d’institutions complices de violences atroces», parce que la fondation décernant le prix, siegée a Lichtenstein, a un bureau à l’Université Tel-Aviv. Les deux professeurs ont illustré un article avec un montage photographique montrant Tripurdaman Singh recevant son prix au milieu de maisons détruites dans la bande de Gaza bombardée. En réalité, la cérémonie de remise des prix s’est déroulée à Rome.
Lors d’un échange avec les professeur·es dans le contexte d’un enregistrement de podcast à propos de ses recherches primées, le lauréat explique que «la discussion a presque exclusivement porté sur la question de savoir si, en acceptant le prix, je m’étais rendu complice du génocide ou si j’avais même enfreint les résolutions de l’ONU».
Le journaliste de la NZZ Rico Bandle écrit ensuite: «Depuis le 7 octobre, il est presque quotidien de voir des chercheurs des universités suisses subir des pressions, voire du harcèlement, parce qu’ils ne prennent pas suffisamment leurs distances avec Israël. Cela vaut en particulier pour la Suisse romande.» Puis il cite l’Université de Lausanne, où des militants ont dressé une liste noire des chercheur·euses coopérant avec des universités israéliennes. Le journaliste mentionne également une lettre (qu’il s’est procurée) du recteur de l’Université de Lausanne, Frédéric Herman, adressée au président de l’Université israélienne Ben-Guiron.
Alain Tito Mabiala, journaliste et écrivain congolais exilé en Suisse, revient sur l’affaire du racisme au HUG. Il dénonce en particulier le danger pour les patient·es qu’implique ce «racisme systémique», telles que des injustices graves.
«Il était considéré comme un chercheur vedette : le climatologue rénommé Thomas Crowther a enseigné pendant sept ans à l’ETH Zurich, puis a dû quitter l’institution en raison d’accusations d’abus. L’affaire est close, mais elle en dit long sur le problème de l’abus de pouvoir dans les universités suisses.»
Le professeur avait enfreint à plusieurs reprises les règles internes dans différents domaines. De plus, il a exercé ses responsabilités de direction d’une manière qui contredit en partie les valeurs de l’ETH Zurich.
Tom Crowther est donc licencié au lieu d’être engagé cette année comme professeur à durée indéterminée à l’ETH. L’ETH a mis ensuite en place un système de signalement en ligne amélioré. Sur demande, elle précise également que les futur·es professeur·es sont aujourd’hui soumis à un examen plus approfondi de leurs compétences en matière de direction qu’il y a quelques années. Selon son expérience, il faut avant tout une chose pour lutter contre les abus de pouvoir dans les universités, explique la sociologue et politologue Margrith Hugentobler, co-fondatrice de l’organisation Speak up in Academia :«En fin de compte, le message doit venir du sommet : «Cela ne sera pas toléré chez nous.»»
«L’abus de pouvoir est nettement plus répandu dans les universités suisses que ne le laissent supposer les cas isolés retentissants rapportés ces dernières années», résume le journal d’investigation REFLEKT qui a publié les résultats d’une étude sur ce sujet. «En très peu de temps» 180 personnes ont répondu à l’appel de témoignages, 38 d’entre eux·elles ont été interviewé·es.
Les accusations des personnes interrogées vont «du harcèlement moral et des humiliations à la discrimination, au harcèlement sexuel et aux agressions. Une grande majorité d’entre elles décrivent des problèmes psychologiques résultant d’abus de pouvoir, le plus souvent des dépressions, des troubles du sommeil, des troubles anxieux et des crises de panique»
Les doctorant·es sont particulièrement exposé·es à ces problèmes. Les réponses révèlent des problèmes structurels dans le monde scientifique : «les hiérarchies rigides, les contrats à durée déterminée ou l’autonomie universitaire favorisent les abus de pouvoir et rendent les sanctions difficiles. De nombreuses victimes n’osent même pas signaler les incidents. Et lorsqu’elles osent le faire, les conséquences pour les professeurs sont rares.»
Les journalistes en viennent à la conclusion que les mesures prises par les universités (dont la plateforme anonyme de dénonciation de l’UNIL) «ne semblent remplir leur fonction que de manière limitée». (Reflekt)
«Les personnes qui décident des mesures à prendre ne sont pas neutres », critique Janet Hering, professeure émérite et ancienne directrice de l’institut Eawag dans le domaine des EPF. «Parfois, leurs décisions visent à protéger l’institution plutôt que les personnes concernées.» (SRF)
Giorgia Magni, maître-assistante à la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, vient de terminer sa thèse sur les violences de genre entre étudiant·es à l’Université de Genève. Interviewée par Le Courrier, elle partage ses résultats.
Au total, 59% des personnes interrogées disent avoir subi des violences à l’Université. Plus de deux tiers des violences citées ont eu lieu dans des bâtiments universitaires, majoritairement dans les couloirs et le hall, mais également à la bibliothèque, dans des salles de classe vides et à la cafétéria. Elles peuvent avoir une influence sur la concentration, la performance, la présence en cours, le choix des lieux pour réviser et la poursuite ou non d’un cursus.
Les personnes lesbiennes, bisexuelles, trans, queer et non binaires sont les plus vulnérables et la majorité des auteurs sont des hommes. Les violences de genres concernent toutes les facultés de l’Université de Genève, mais sous des formes différentes. Dans certaines filières, notamment en droit ou en sciences, les enjeux liés au genre sont rarement intégrés aux programmes. Les personnes LGBTQ et non binaires restent invisibilisées. Ces domaines, encore largement dominés par les hommes, restent marqués par des normes de genre rigides et des structures hiérarchiques qui peuvent entretenir des comportements sexistes et homophobes, malgré une présence féminine en progression.
Finalement, «le rôle des enseignant·es est primordial. Leurs propos ne sont pas souvent contestés, ce qui les place à la fois comme figures d’exemple et d’autorité.» La lutte contre les violences de genre nécessite une sensibilisation et une formation de toute la communauté universitaire, ainsi qu’une transparence accrue sur les cas et les sanctions. Cela doit s’accompagner d’une politique claire de l’Université et s’inscrire dans une démarche institutionnelle, systémique et inclusive sur le long terme.
Madeleine Pownall, professeure associée à l’école de psychologie de l’Université de Leeds, dénonce une culture de harcèlement académique envers les jeunes chercheur·euses (ECRs) dans l’open science. Elle a pu constater dans ses recherches que de nombreux·euses jeunes chercheur·euses hésitent à participer aux pratiques d’open science en raison de ces problèmes culturels. Une expérience hostile dans ce contexte pourrait même les amener à se détourner définitivement du milieu de la recherche. Selon elle, «l’hostilité, l’exclusion et le harcèlement académique devraient être formellement reconnus comme des problèmes d’intégrité de la recherche».
En 2020, les spécialistes en sciences cognitives Olivia Guest et Kirsty Whitaker avaient inventé le concept de «bropen science» afin de critiquer la façon dont le mouvement des open sciences «renforçait plutôt que démantelait les hiérarchies existantes dans l’enseignement supérieur», remplaçant l’inclusion dans les conversations ouvertes sur la recherche par la performance, l’hostilité et l’exclusivité. Aujourd’hui, «cette réalité n’est toujours pas prise au sérieux», regrette Madeleine Pownall.
La professeure estime alors que l’intégrité de la recherche a besoin d’urgence d’un «programme de bienveillance», qui comprend des mesures incitatives locales afin de favoriser une culture académique de la gentillesse. «Cela impliquerait l’élaboration de politiques et de pratiques, à tous les niveaux, qui soutiennent non seulement la recherche rigoureuse mais aussi des interactions humaines et compatissantes envers les uns et les autres : les valeurs de collégialité, de soin et de réflexion que la recherche ouverte prétend promouvoir. Il pourrait s’agir, comme point de départ, d’établir des protections claires contre l’intimidation et le harcèlement, d’avoir des procédures transparentes de signalement et de dénonciation pour les ECRs, et de récompenser la collaboration et le soutien mutuel.»
Le médecine dentaire générale de l’Université de Zurich est au centre de graves accusations, ou plutôt son directeur Murali Srinivasan. Bien qu’il soit considéré comme charismatique et qu’il ait reçu plusieurs distinctions pour ses recherches, plusieurs documents et témoignages révèlent une réalité bien différente.
Depuis 2021, des collaborateurs·rices actuel·les et ancien·nes dénoncent une culture de travail toxique marquée par la peur, la méfiance et un style de management autoritaire. Le directeur accusé aurait favorisé un système de récompense et de punition, isolé certains employés, bloqué leur progression académique, ignoré les règles internes et des règles sanitaires lors de la pandémie.
Les accusations vont au-delà de son comportement : des patients auraient été mis en danger à cause de dossiers médicaux manquants, de l’utilisation présumée de médicaments périmés et de conditions d’hygiène déplorables (présence de souris dans la clinique).
Une enquête interne pour faute scientifique a été ouverte, notamment parce qu’il aurait modifié les dates de péremption de produits utilisés lors d’une étude. Malgré les nombreuses plaintes déposées, l’université serait longtemps restée inactive. Ce n’est qu’avec l’arrivée d’une nouvelle directrice du centre, Mutlu Özcan, que les procédures ont été relancées. En 2024, elle s’est opposée à sa nomination à un poste de professeur ordinaire, évoquant les nombreuses irrégularités encore non élucidées. Murali Srinivasan nie toutes les accusations.
Plus globalement, au Centre de médecine dentaire de l’Université de Zurich, des étudiant·es dénoncent un climat de travail toxique et menacent, dans une lettre envoyée fin juin, de déposer des plaintes pénales contre certains professeur·es. Ils et elles demandent notamment l’ouverture d’une enquête externe concernant le directeur de clinique Thomas Attin – non pas pour son comportement direct, mais parce qu’il n’aurait pas pris au sérieux les plaintes visant certains des professeur·es placé·es sous sa responsabilité.
Les étudiant·es font état d’un abus de pouvoir, de discrimination et de mobbing lors des examens, ce qui porterait atteinte à la qualité de leur formation et réclament la mise en place d’un point de contact pour les victimes.
La direction de l’université a réagi rapidement à cette plainte et a mandaté une enquête externe. Thomas Attin conteste fermement les accusations et affirme avoir traité les plaintes avec soin. Les professeurs mis en cause se défendent également et affirment agir de manière correcte.
Ce n’est pas la première enquête menée au sein du centre : une large investigation administrative portant sur les structures de gouvernance avait déjà été lancée en 2022. Ses résultats, finalisés en février 2023, n’ont toujours pas été publiés car une procédure judiciaire est en cours.
En novembre 2024, les organisations «Women in Natural Sciences», «500 Women Scientists Zürich» et «Speak Up! in Academia» ont remis à l’EPFZ une pétition signée par 1875 personnes, réclamant une meilleure protection contre le harcèlement, la discrimination et des sanctions plus strictes envers les professeurs fautifs. En réponse, l’école polytechnique prévoit en automne l’introduction d’un nouveau système de signalement anonyme via une boîte numérique externe, plus conforme aux exigences en termes de protection de données. Ce projet, élaboré avec des juristes spécialisés dans ce domaine, s’inspire partiellement des modèles de l’Université de Lucerne et du Contrôle fédéral des finances.
Par ailleurs, une coordination interdisciplinaire a été mise en place pour mieux traiter les cas signalés, et des mesures disciplinaires sont en examen, tout comme un aperçu statistique global des cas et des mesures signalés. Toutefois, la demande de créer un fonds pour couvrir les frais de justice des plaignant·es a été rejetée, faute de base légale. Malgré un dialogue revendiqué par l’EPFZ, les organisations à l’origine de la pétition dénoncent un manque de communication et des progrès encore trop lents.
Fin mars, plusieurs employé·es de l’Hôpital ophtalmique Jules-Gonin exprimaient leur souffrance endurée au travail dans 24 heures. Depuis, alertée par le syndicat SUD, l’Inspection du travail de Lausanne a rendu un rapport accablant après avoir auditionné une cinquantaine de personnes, dont la moitié disent avoir été «témoins de situations de harcèlement ou de comportements irrespectueux». Le document confirme ainsi un climat de travail délétère, pointant des défaillances dans la gestion des conflits et des irrégularités sur le temps de travail. La direction a été avertie et est sommée de prendre des mesures correctives.
Lundi, le syndicat SUD a cependant accusé la direction, devant la presse, de vouloir ignorer ce rapport «dont les recommandations sont pourtant obligatoires» et a appelé à une intervention du Département de la santé et de l’action sociale, qui subventionne l’institution. Le Syndicat a également annoncé une dizaine d’actions aux Prud’hommes. Le canton a rappelé que l’hôpital est une entité privée indépendante, et a indiqué avoir rencontré la direction en juin, lui demandant d’intervenir et de collaborer avec les syndicats.
En attendant, les soignant·es alertent sur les répercussions de cette situation sur la prise en charge des patient·es.
Le journal d’investigations Reflekt a lancé un sondage sur l’abus de pouvoir dans les universités suisses.