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Sujet: politique – Grande-Bretagne

Le Royaume-Uni questionne son adhésion aux programmes de recherche de l’Union européenne

Dix ans après le Brexit et l’intégration du Royaume-Uni en 2024 en tant que membre associé du programme Horizon Europe, le pays réfléchit désormais à la nécessité d’intégrer le 10eme programme-cadre.

L’enjeu ne se limiterait plus au simple maintien de l’excellence scientifique mais engloberait des questions plus larges et stratégiques, comme la meilleure façon de garantir que les fonds consacrés à la recherche se traduisent par une dynamisation de l’économie industrielle.

Dans ce cas, l’article de Science souligne que «Le secteur de la recherche britannique devrait mener le travail d’analyse correspondant – c’est-à-dire non pas sur l’opportunité de s’associer, mais sous quelle forme, à quelles conditions, et en tenant dûment compte des conséquences qu’entraînerait une non-participation totale.» 

Jugement concernant la liberté d’expression et la liberté académique à l’Université de Sussex

La loi sur la liberté d’expression (Freedom of Speech Act), entrée en vigueur en août 2025, impose aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur d’Angleterre de promouvoir la liberté académique afin de garantir que les débats puissent se dérouler sur les campus sans crainte de censure à l’encontre des étudiants, du personnel ou des intervenants exprimant des opinions conformes à la loi.

La Haute Cour anglaise a récemment statué sur un cas de potentielle violation de la liberté d’expression  au sein de l’Université Sussex.

Ce cas concerne une ancienne professeure, Kathleen Stock, qui a démissionné en 2021 suite aux manifestations suscitées par ses prises de positions sur l’identité de genre et les droits des personnes transgenres. L’Office for Students (organisme de surveillance de l’enseignement supérieur en Angleterre) avait initialement fait condamner l’université à une amende de £585,000.

Mais la Haute cour a trouvé que l’organisme de surveillance était biaisé, s0uhaitant faire un exemple de l’Université de Sussex.

Le secrétaire général de l’alma mater a déclaré: «Cette décision constitue un camouflet pour les responsables politiques qui ont utilisé l’OfS comme une arme politique dans les guerres culturelles sur les campus. L’organisme de régulation a perdu la confiance du secteur, et le gouvernement doit désormais repenser en profondeur la manière dont il entend œuvrer pour protéger l’enseignement supérieur.»

Les universités anglaises pourraient se voir infliger des amendes pour avoir enfreint les règles relatives à la liberté d’expression

La loi sur la liberté d’expression (Freedom of Speech Act) est entrée en vigueur en août 2025; elle impose aux universités et aux établissements d’enseignement supérieur d’Angleterre de promouvoir la liberté académique afin de garantir que les débats puissent se dérouler sur les campus sans crainte de censure à l’encontre des étudiants, du personnel ou des intervenants exprimant des opinions conformes à la loi.
Elle interdit par ailleurs aux universités de recourir à des accords de confidentialité (NDA) dans les cas de harcèlement, d’intimidation et d’inconduite sexuelle.

L’Office for Students (OfS) en Angleterre mettra en place, dès la prochaine année universitaire, un dispositif «unique en son genre» permettant au personnel universitaire, aux intervenants extérieurs et aux membres non-étudiants de faire part de leurs préoccupations concernant les établissements d’enseignement supérieur.

Les universités anglaises qui ne parviennent pas à garantir la liberté d’expression s’exposent à des amendes pouvant atteindre 500 000 livres sterling ou 2% de leurs revenus, et risquent dans certains cas de perdre leur financement public, selon un nouveau système de plainte mis en place par le gouvernement.

 

La science britannique est-elle en danger? Les réformes budgétaires majeures suscitent le chaos et l’inquiétude

Selon l’auteur de l’article, les réformes majeures de l’agence nationale de financement de la recherche du Royaume-Uni déclenchent chaos et anxiété chez les chercheur·es.

Ian Chapman, directeur d’UK Research and Innovation (UKRI), qui distribue environ 9 milliards de livres sterling par an, affirme que les scientifiques britanniques sont un atout sous-exploité qu’il faut « faire travailler davantage » pour stimuler la croissance économique. Il estime qu’une réforme majeure est nécessaire pour transformer l’expertise en entreprises créatrices d’emplois.

Trois mesures préoccupent particulièrement la communauté scientifique : le blocage temporaire de certaines demandes de subventions par trois conseils de recherche majeurs (sciences médicales, biologiques et physiques), la réduction des investissements dans des projets existants de physique et d’astronomie par le Science and Technology Facilities Council (STFC), et la dépriorisation de certains financements d’infrastructures.

Le STFC doit trouver environ 60 millions de livres d’économies, ce qui menace la participation britannique à des projets internationaux majeurs comme l’expérience LHCb au CERN et l’observatoire Vera C. Rubin au Chili. Les chercheurs craignent des pertes d’emplois et de ressources essentielles, tandis qu’un physicien postdoctoral organise une lettre ouverte de protestation.

Le Royaume-Uni de retour dans le programme Erasmus en 2027

Selon The Times, The Guardian et la BBC, un accord passé avec Bruxelles pourrait ouvrir la voie à la participation des étudiant·es britanniques au programme Erasmus à partir de janvier 2027. L’annonce pourrait être faite dès aujourd’hui «dans le cadre du nouveau départ («reset») avec l’Union européenne, régulièrement évoqué par le premier ministre travailliste Keir Starmer». Le Royaume-Uni avait quitté Erasmus en sortant de l’UE début 2021.

«Il n’a jamais été aussi facile d’étudier dans une université britannique»

Selon le magazine britannique The Spectator, il est désormais plus facile d’intégrer une prestigieuse université britannique via le processus de clearing. A l’origine conçu comme filet de sécurité pour les candidat·es qui n’avaient pas obtenu les notes souhaitées, ce dispositif deviendrait aujourd’hui une véritable «voie alternative pour intégrer les meilleures universités telles que King’s College London, Leeds ou Bristol». Selon un rapport, le nombre de places attribuées à des candidats dont les résultats sont parfois nettement inférieurs aux exigences est en augmentation. La raison de ce «changement de paradigme dans la pratique des admissions» est économique: «les recettes provenant des frais de scolarité diminuent, tandis que les étudiant·es internationaux – qui paient souvent quatre fois plus – sont moins nombreux depuis le Brexit». Beaucoup profiteraient de ce système. Celles et ceux qui ainsi ne réussiraient pas leur candidature principale s’inscriraient alors simplement dans un autre cursus, moins populaire et peu demandé. En 2023, plus de 3’500 cursus étaient disponibles via le clearing, soit une hausse de plus de 25 % par rapport à l’année précédente.

Grande-bretagne : le système universitaire «menacé d’effondrement»

Au Royaume-Uni, de nombreuses universités  dépendent fortement des frais élevés payés par les étudiant·es étrangers·ères pour compenser les frais plafonnés des étudiant·es britanniques. Or, le gouvernement a durci les règles de visa pour réduire l’immigration : interdiction pour les étudiants de master de venir avec leur famille, réduction de la durée de séjour après les études, délais rallongés pour obtenir la résidence permanente.

Ces mesures inquiètent les établissements, car près d’un quart des étudiant·es au Royaume-Uni sont étrangers·ères, proportion encore plus haute en master. Depuis le Brexit, la venue d’Européen·nes a baissé, compensée par un afflux d’Asiatiques et d’Africain·es, aujourd’hui menacé par les nouvelles restrictions. En 2022/23, 485 000 étudiants étrangers sont arrivés, mais leur nombre recule désormais.

De nombreuses universités ont mis en place des programmes d’économies. Elles licencient du personnel, suppriment des cours entiers ou vendent des biens immobiliers.

Le Royaume-Uni lance un programme visant à attirer des chercheurs de renommée mondiale

Attribués sous forme de subventions institutionnelles, 54 millions de livres sterling seront alloués à une dizaine d’organismes de recherche britanniques.

Ces organismes recevront un financement basé sur leurs forces organisationnelles dans les domaines suivants

  • l’obtention et l’utilisation de financements internationaux compétitifs
  • le recrutement et la fidélisation de chercheurs internationaux.

Ces subventions permettront aux institutions de recruter et d’intégrer rapidement des chercheurs internationaux de talent, tout en fournissant les ressources nécessaires au développement de programmes à long terme

Grande Bretagne: «la plupart des universités continuent d’utiliser des examens en ligne malgré les craintes de tricherie»

Une étude menée par des experts en intégrité académique révèle que 78 % des universités britanniques utilisent toujours des examens en ligne. Parmi elles, 74 % ont déclaré n’utiliser aucun service de surveillance, tandis que 26 % n’avaient recours à la surveillance ou au contrôle que pour certains de leurs examens, mais pas pour tous. Toujours parmi elles, 70 % des universités ont déclaré qu’elles n’avaient pas l’intention de réduire leur utilisation des examens en ligne, 19 % avaient l’intention de réduire leur utilisation et seulement 3 % avaient l’intention d’éliminer complètement les dispositifs.

Cette absence «généralisée» de surveillance devrait susciter des inquiétudes quant à la «validité de [ces] examens en tant que format d’évaluation et à l’assurance qualité des diplômes qui incluent ces évaluations», affirme l’étude. «La montée en puissance du ChatGPT et d’autres chatbots depuis l’introduction de ces mesures à l’époque de la pandémie a rendu cette question encore plus urgente», ajoute le rapport. De plus, cette absence de surveillance place également les étudiant·es dans la «position paradoxale de devoir travailler dans des “conditions d’examen” à distance, sans que l’université ne tente de les gérer». Un des auteurs de l’étude ajoute : «les étudiant·es sont obligés de choisir : ils trichent ou risquent d’obtenir des notes inférieures à celles de leurs camarades qui ont triché, ce qui a des conséquences sur leur employabilité».

«L’étude demande instamment de mettre fin à un «format d’évaluation qui semble manquer de validité fondamentale et dont les avantages périphériques éventuels sont discutables», et appelle à un retour à une «évaluation authentique» qui pourrait inclure des examens pratiques ou des évaluations orales, et qui pourrait donc être plus résistante à la tricherie.»

 

Le gouvernement britannique condamne un «dogme woke»

En 2021, à l’Université de Sussex, la professeure de philosophie Kathleen Stock a été harcelée car elle a insisté sur la différence biologique entre les sexes et rejetait le concept d’une identité de genre indépendante de l’anatomie. Elle a finalement dû quitter son poste d’enseignante. Aujourd’hui, le gouvernement lui donne pourtant raison. L’Autorité de surveillance des universités Office for Students (OfS) a infligé à l’Université de Sussex une amende d’un montant de 585’000 livres pour non-respect de la liberté d’expression. L’OfS a été créé en 2024 afin de veiller aux libertés d’expression et académique. C’est un organisme public non ministériel, responsable devant le Parlement. Il reçoit des priorités stratégiques du ministère de l’Éducation, tout en restant indépendant du gouvernement.

Le collectif Camp_unil_pal demande la supension des collaborations avec des universités en Israël, en Turquie, aux Etats-Unis et en Angleterre

Dans une vidéo postée sur Instagram, un membre du collectif Camp_unil_pal salue les recommandations du rapport éthique sur les collaborations externes et demande que l’UNIL «prenne immédiatement les mesures qui en découle[nt]».

«Selon le rapport, l’Université de Lausanne ne doit pas collaborer avec des institutions qui, par exemple, utilisent le travail des enfants, participent à une guerre d’agression ou violent des droits humains. Un tel cadre éthique existe dans de nombreuses universités à travers le monde. Cependant, l’UNIL, n’avait encore rien mis en place et agissait au cas par cas. Par exemple, elle avait rompu ses lien avec les universités russes qui soutiennent l’agression en Ukraine. En revanche, elle a maintenu toutes ses collaborations avec les universités israéliennes malgré leur implication dans les crimes de guerre commis à Gaza.

Ce rapport éthique ne concerne pas seulement la Russie ou l’Israël, l’UNIL a de nombreux partenariats avec des universités à travers le monde et il est important qu’elle les reconsidère sous l’angle des droits humains. Par exemple l’UNIL collabore avec quatre universités des Etats-Unis qui contribuent au développement d’armes nucléaires, selon l’ONG suisse ICAN. Au Royaume-Uni, elle est partenaire de l’Université de Sheffield, qui contribue au développement d’armes, selon deux ONG britanniques. En Turquie, elle est partenaire de l’Université d’Istanbul, qui ne respecte pas la liberté de réunion de ses étudiants queer, selon l’ONG turque ÜniKuir. Toujours en Turquie, elle entretient des relations avec l’Université de Koç, qui a banni un étudiant kurde alévi qui a été torturé par deux autre étudiants. Toutes ces collaborations doivent être étudiées au cas par cas afin de s’assurer que l’UNIL et ses chercheurs et chercheuses ne contribuent pas à des violations des droits humains. Dans certains cas, une étude approfondie peut demander beaucoup de temps. C’est pourquoi le groupe à recours à un dispositif applicable immédiatement: dès lors que des soupçons crédibles incriminent une université partenaire, l’Université doit suspendre les accords. […]»

Sommet sur l’IA en Grande-Bretagne : entre enjeux et critiques

Pour l’Angleterre et les Etats-Unis, les ambitions sont de « […] renforcer [les] capacités de recherche en matière d’IA, […] notamment sur des efforts visant à élargir l’accès aux puissants superordinateurs nécessaires à l’entraînement des IA.» Signée la semaine passée par de nombreux états à Bletchley, la déclaration éponyme «[…] prévoit de mieux évaluer et gérer les risques liés à la puissance de l’IA «frontier», c’est-à-dire des systèmes avancés susceptibles d’être utilisés pour développer des technologies à risque, telles que les armes biologiques. Pionnier de l’IA et directeur scientifique de Mila, l’Institut québécois de l’IA au Canada, Yoshua Bengio souligne le rôle très dominant des entreprises dans le domaine, et les profits convoités. «Nous avons besoin d’universitaires et d’organisations financées par le gouvernement qui travaillent réellement à la protection du public pour pouvoir mieux comprendre ces systèmes» dit-il. (Nature)

Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire se montre ouvertement ironique, déclarant que «[s]i l’on écoute certaines présentations apocalyptiques, on a l’impression que des robots hostiles vont débarquer dans nos rues.» (03.11 – Le Monde) «Certains voient dans les discours alarmistes un détournement de l’attention d’autres problèmes plus immédiats, comme les erreurs, les biais discriminatoires, le respect du droit d’auteur ou l’impact sur l’emploi. Lors du sommet, ce discours a été relayé par [la vice-présidente des Etats-Unis] Kamala Harris – qui a jugé ces risques «existentiels pour ceux qui les vivent».» (04.11 – Le Monde)

Avis partagé par un auteur d’un article dans Science Business, qui remarque que «[l]es universités de l’UE ont été pratiquement exclues du sommet britannique sur la sécurité de l’IA […]. 46 universités, groupes de réflexion et centres de recherche ont été invités, mais une seule institution de l’UE – University College Cork – a reçu une invitation par courrier, alors que le Québec, à lui seul, comptait trois institutions présentes.» Il s’interroge : «Mais qu’est-ce que tout cela signifie pour les chercheurs universitaires, qui ont été laissés de côté par les entreprises technologiques américaines et chinoises lorsqu’il s’agit de construire des modèles d’IA de pointe ?»

«Surveillance des campus : étudiants et professeurs dénoncent la présence de capteurs dans les bâtiments»

«En avril, les membres du personnel du bâtiment Bancroft de l’université Queen Mary de Londres (QMUL) ont reçu un courrier électronique les informant que des capteurs allaient être installés dans leurs bureaux. Stuart Grieve, géographe à la QMUL […] a été choqué à la fois par ce qu’il considère comme une tentative de l’université de commencer à surveiller les étudiants et le corps enseignant et par l’absence de consultation.»

Qu’est-ce qui pousse les universités à installer de tels dispositifs ? Depuis la pandémie de COVID-19, elles souhaitent optimiser l’espace afin de savoir si les locaux sont utilisés de manière efficace.

Néanmoins, les institutions de la Northeastern University de Boston (Massachusetts) et de l’Université de Leiden aux Pays-Bas ont dû revenir sur leur décision après avoir installé des capteurs dans les bâtiments. Les employé∙es s’inquiètent d’une potentielle atteinte à leur vie privée et du traitement réservé aux données recueillies. La crainte est d’autant plus grande quand certains de ses capteurs sont équipés «[d’]une caméra de surveillance dotée d’un haut niveau de fonctionnalité, qui [inclut] des éléments tels que la reconnaissance des sexes et des émotions.»

«L’incertitude sur la collaboration avec le Royaume-Uni demeure malgré l’accord Horizon Europe»

Hauke Heekeren, Président de l’Université de Hambourg, se dit incertain quant à un retour rapide d’un partenariat avec le Royaume-Uni, à nouveau associé à Horizon Europe depuis la semaine dernière. Selon lui, «[n]ous reviendrons à la normale, de manière réaliste, probablement dans quatre ou cinq ans».

Simone Buitendijk, vice-chancelière de l’Université de Leeds (GB), est plus optimiste. Elle estime qu’il faudra deux ans pour revenir à une situation «normale». Elle explique que pendant la période de l’exclusion du Royaume-Uni d’Horizon Europe, l’Université de Leeds et l’Université de Hambourg «ont tenté de préserver les liens de recherche» et «ont mis en place un «financement de démarrage»», signe que la collaboration était désirée.

Le Royaume-Uni est associé à Horizon Europe. Qu’en est-il de la Suisse?

Dans un communiqué de presse, swissuniversities «salue le retour du Royaume-Uni dans le programme Horizon» et «insiste […] pour que des solutions soient trouvées rapidement [pour la Suisse] […]. La pleine association aux programmes de formation et de recherche de l’UE reste une priorité absolue pour les hautes écoles suisses. La participation aux programmes de l’UE ne peut pas être remplacée par des accords bilatéraux avec différents pays. Swissuniversities insiste sur les inconvénients considérables de la non-association aux programmes de l’UE, non seulement pour les hautes écoles, mais également pour la place économique suisse». (swissuniversities.ch)

Luciana Vaccaro, Présidente de swissuniversities, a été invitée dans l’émission Forum pour commenter la réassociation du Royaume-Uni à Horizon Europe, survenue hier. Madame Vaccaro explique que l’accord a été signé parce qu’une solution politique a été trouvée entre l’UE et le Royaume-Uni, notamment en résolvant la question de la frontière avec l’Irlande à travers l’accord de Windsor. La Présidente de swissuniversities dit donc que «quand il y aura une solution politique pour la Suisse il y aura une solution pour les chercheurs suisses». (Forum)

Jean Russotto, Président du Comité CH-UE, affirme que «[l]a Commission a montré, avec le Royaume-Uni, qu’elle pouvait rouvrir rapidement les portes de ses programmes de coopération. Il n’y a aucune raison qu’elle n’en fasse pas de même avec la Suisse. La balle est donc dans le camp du Conseil fédéral». Il ajoute que «[c]e délicat équilibre, issu de l’accord de Windsor, est un exemple qui illustre que lorsque la volonté existe de part et d’autre, des solutions concrètes sont possibles. La Suisse ne réintégrera Horizon que lorsque toutes les exigences institutionnelles de l’UE auront été satisfaites. Les accepter n’est pas plier, bien au contraire». (Le Temps)

Dans un article du St.Galler Tagblatt, la nouvelle commissaire à la recherche, Iliana Ivanova, avait défini un accord avec la Suisse comme une «priorité», néanmoins un porte-parole de la Commission a confirmé que la ré-association de la Suisse a Horizon Europe dépend «des progrès réalisés dans les entretiens exploratoires en cours pour régler les questions institutionnelles». Le journaliste de la NZZ, Niklaus Nuspliger, écrit que «[c]e qui est sûr, c’est que l’accord entre Londres et Bruxelles marque la fin des espoirs suisses de mettre sur pied avec les Britanniques un programme substantiel pour concurrencer l’UE», contrairement à ce qui avait été discuté dans un article du allnews.ch . (NZZ)

«C’est officiel : Le Royaume-Uni s’associe à Horizon Europe»

La Commission européenne et le gouvernement britannique ont signé l’accord concernant l’association du Royaume-Uni à Horizon Europe lui permettant de «participer pleinement à partir du 1er janvier 2024 au programme de travail 2024» et qui donne l’autorisation aux scientifiques britanniques de «recevoir des subventions du Conseil européen de la recherche et coordonner des consortiums universitaires et industriels dans le cadre du programme-cadre […]. Le Royaume-Uni rejoindra également le programme spatial Copernicus, mais ne participera pas à Euratom ni au projet de fusion ITER». (sciencebusiness.net)

 

 

 

 

Une opportunité pour la coopération entre la Suisse et le Royaume-Uni dans la recherche

«[D]ans le cadre d’Horizon 2020, la Suisse a affiché le deuxième taux de coopération le plus élevé avec la Grande-Bretagne». À l’heure actuelle, aucun des deux pays est entièrement associé à Horizon Europe. Ainsi, «la modernisation imminente de l’accord de libre-échange [entre la Suisse et le Royaume-Uni] ouvre des opportunités pour exploiter des potentiels jusqu’ici inexploités […]. Fin 2022, les deux pays ont signé un protocole d’accord sur la coopération en matière de recherche et d’innovation», mais cette coopération, surtout dans les industries chimique, pharmaceutique et des sciences de la vie, doit ètre renforcée à travers la modernisation de l’accord de libre-échange, selon Stephan Mumenthaler, Directeur de scienceindustries, l’association économique suisse de la chimie, de la pharmacie et de la biotechnologie.

«L’évaluation de la recherche au Royaume-Uni fait l’objet d’une réforme, mais les changements manquent leur cible»

Au Royaume-Uni, une réforme a été entamée dans le système d’évaluation utilisé pour déterminer le financement de la recherche universitaire (Research Excellence Framework – REF), «[prévoyant] de passer de la performance individuelle à la performance institutionnelle». Cette réforme «[s’appuie] sur les conclusions du Future Research Assessment Programme (FRAP), un programme de recherche et d’évaluation des organismes de financement britanniques», et particulièrement sur «un rapport rédigé par un groupe de conseillers internationaux». Dans ce rapport on reconnait que le REF «peut fausser la culture de la recherche par des incitations perverses telles qu’une dépendance excessive à l’égard des mesures de publication pour évaluer la valeur d’un chercheur». Adoptées par le FRAP, les recommandations des conseillères et conseillers internationaux sont «[…] d’augmenter la contribution au score REF global des mesures qui reconnaissent la qualité du soutien apporté par une institution à la recherche, et de diminuer la pondération des résultats de la recherche conventionnelle».

Les trois auteur·es de cet article (Richard Watermeyer, Gemma Derrick et Kate Sang) sont chercheur·es en éducation et s’expriment sur la réforme du REF. Ces dernier·ères pensent que ces recommandations «pourraient entraîner une nouvelle dégradation de la culture de la recherche dans les établissements d’enseignement supérieur britanniques, [et que] les décideurs politiques font preuve de naïveté à la fois vis-à-vis des réalités de la culture de la recherche au Royaume-Uni et du risque de causer plus de problèmes qu’ils n’en résolvent». Selon ces trois chercheur·es, bien que «les conseillers [appellent] à «déplacer le fardeau de l’individu vers l’institution» […], [d]ans la pratique, […] il est impossible d’éviter la contribution d’un individu à la recherche au cours des préparatifs d’une université pour le REF».

De plus, bien que la volonté soit de le rendre «plus inclusif», le fait que dans REF 2028, «il n’y aura pas de nombre maximum ou minimum de résultats de recherche liés à un chercheur individuel, à condition qu’une moyenne soit atteinte dans un domaine» amènera les universités «à être hyper-sélectives, se concentrant sur les membres du personnel qui produisent la recherche la plus «REF-able»». Finalement, «la recommandation des conseillers selon laquelle il ne faut pas accorder une «importance excessive» au REF dans l’évaluation du personnel ou l’étalonnage des performances par rapport à d’autres institutions» ne tient pas compte du fait que le REF soit utilisé comme critère dans le classement de l’enseignement supérieur. Les auteur·es pensent donc que «les règles du REF sont élaborées par des personnes qui sont de plus en plus éloignées des conditions de travail vécues par le chercheur moyen».

 

 

 

«Au Royaume-Uni, les universités misent sur les extra-Européens»

Dans les universités britanniques, «[l]e nombre d’étudiant·es étranger·es […] a crû de 54% depuis 2016-2017». Sa composition a également subi un changement: en effet, 82% des étudiant·es universitaires au Royaume-Uni provient des pays extra-européens, alors que le nombre des étudiant·es provenant de l’Europe «a été divisé par deux». Nick Hillman, qui dirige le think tank Higher Education Policy Institute, explique que ce changement s’est produit puisque «[d]epuis le Brexit, les jeunes Européens n’ont plus accès aux frais universitaires à tarif réduit octroyés à leurs pairs britanniques». Mark Corver, fondateur de DataHE, une firme spécialisée dans la collecte de données sur l’éducation, explique que l’apport des étudiant·es provenant des pays extra-européens est «devenu crucial» du moment où leurs frais d’études résultent être le double par rapport à ceux des étudiant·es britanniques. Monsieur Hillmann raconte que «[c]ertaines universités ont annoncé qu’elles allaient geler le nombre d’étudiants britanniques qu’elles acceptent pour privilégier leurs pairs étrangers», ce qui a provoqué de la colère. D’autre part, les étudiant·es extra-européens se plaignent aussi de leur situation: Amit Tiwari, Président de l’Association des étudiant·es indien·nes au Royaume-Uni, explique que le coût élevé de la vie, la difficulté à trouver un emploi après les études, le maintien des cours en ligne et les grèves du personnel universitaire provoque un mécontentement au sein des étudiant·es.

 

«Le Royaume-Uni doit accueillir les chercheurs internationaux pour prospérer»

Les universités d’Angleterre tirent la sonnette d’alarme : les chercheurs∙euses invités∙es ont des difficultés à obtenir des visas pour tenir des conférences ou recevoir des prix sur le sol britannique.

Selon un rapport de la Royal Society, «sur les dix pays classés comme nations scientifiques de premier plan par Nature Index 2022 pour lesquels des données sont disponibles, le Royaume-Uni arrive en troisième position, après la Suède et la France, pour le rejet des demandes de visas d’affaires. En 2022, les dix pays dont la plus grande proportion de personnes s’est vu refuser un visa de visiteur standard – qui permet aux individus de venir au Royaume-Uni pour une durée maximale de six mois pour affaires ou études – étaient tous situés en Afrique. Plus de 50 % des demandeurs originaires de ces pays ont vu leur demande rejetée.»

La Royal Society en appelle au gouvernement britannique pour plus d’équité, par exemple avec la création d’un visa à court-terme, une bonne coopération internationale entre scientifiques étant essentielle au pays.