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Sujet: politique – Turquie

Scandale autour de faux diplômes universitaires en Turquie

Un scandale de falsification de certificats, diplômes universitaires et permis de conduire ébranle la Turquie depuis quelques semaines. Selon le ministère de la Justice, des fraudeur·euses se seraient procuré les codes d’accès de haut·es fonctionnaires, afin d’accéder aux bases de données de l’État et de les manipuler, demandant par exemple à des intéressé·es des milliers d’euros en échange de faux diplômes.

L’autorité de régulation des communications BTK, le ministère de l’Éducation et de nombreuses universités seraient notamment concernés. L’ampleur du phénomène est encore incertaine: les médias font état de centaines de faux diplômes alors que le gouvernement parle seulement d’une soixantaine et de plus d’une centaine de faux permis de conduire. Selon Veysel Ulusoy, ancien président de l’Institut des sciences sociales de l’université Yeditepe à Istanbul qui enseigne désormais à l’université de Harvard, l’ampleur du problème dépasserait largement ce qui est connu: «Le problème est beaucoup plus complexe, il est étroitement lié à la politique et aux institutions, et s’étend aux abus dans les promotions, les nominations et même les transferts internationaux d’étudiants».

Actuellement, certaines personnalités politiques se sont vu retirer leur(s) diplôme(s), tandis que d’autres sont contraintes de défendre la légitimité de leur(s) titre(s). Ce scandale soulève de nombreuses interrogations quant à la valeur réelle des diplômes, ébranlant profondément la confiance de la population envers l’État et ses institutions.

Le collectif Camp_unil_pal demande la supension des collaborations avec des universités en Israël, en Turquie, aux Etats-Unis et en Angleterre

Dans une vidéo postée sur Instagram, un membre du collectif Camp_unil_pal salue les recommandations du rapport éthique sur les collaborations externes et demande que l’UNIL «prenne immédiatement les mesures qui en découle[nt]».

«Selon le rapport, l’Université de Lausanne ne doit pas collaborer avec des institutions qui, par exemple, utilisent le travail des enfants, participent à une guerre d’agression ou violent des droits humains. Un tel cadre éthique existe dans de nombreuses universités à travers le monde. Cependant, l’UNIL, n’avait encore rien mis en place et agissait au cas par cas. Par exemple, elle avait rompu ses lien avec les universités russes qui soutiennent l’agression en Ukraine. En revanche, elle a maintenu toutes ses collaborations avec les universités israéliennes malgré leur implication dans les crimes de guerre commis à Gaza.

Ce rapport éthique ne concerne pas seulement la Russie ou l’Israël, l’UNIL a de nombreux partenariats avec des universités à travers le monde et il est important qu’elle les reconsidère sous l’angle des droits humains. Par exemple l’UNIL collabore avec quatre universités des Etats-Unis qui contribuent au développement d’armes nucléaires, selon l’ONG suisse ICAN. Au Royaume-Uni, elle est partenaire de l’Université de Sheffield, qui contribue au développement d’armes, selon deux ONG britanniques. En Turquie, elle est partenaire de l’Université d’Istanbul, qui ne respecte pas la liberté de réunion de ses étudiants queer, selon l’ONG turque ÜniKuir. Toujours en Turquie, elle entretient des relations avec l’Université de Koç, qui a banni un étudiant kurde alévi qui a été torturé par deux autre étudiants. Toutes ces collaborations doivent être étudiées au cas par cas afin de s’assurer que l’UNIL et ses chercheurs et chercheuses ne contribuent pas à des violations des droits humains. Dans certains cas, une étude approfondie peut demander beaucoup de temps. C’est pourquoi le groupe à recours à un dispositif applicable immédiatement: dès lors que des soupçons crédibles incriminent une université partenaire, l’Université doit suspendre les accords. […]»

Les universitaires, victimes oubliées de la montée des régimes autoritaires

«Lorsque des régimes autoritaires s’installent au pouvoir, les milieux académiques sont frappés de plein fouet. Pression sur le discours délivré, étouffement des recherches, autocensure, entraves à la vie civile voire emprisonnement peuvent devenir monnaie courante. Le point sur la situation en Russie et en Turquie dans l’émission « Tout un monde ».»