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Sujet: politique – Etats-Unis
«Les élections de mi-mandat aux États-Unis ont permis au Parti démocrate de prendre le pouvoir dans les deux chambres du Congrès américain, ce qui laisse espérer que les législateurs s’opposeront désormais aux mesures prises par l’administration du président républicain Donald Trump qui ont nui à la science.» (Nature)
«La Fondation nationale pour la science des États-Unis (NSF) est l’un des principaux bailleurs de fonds de la recherche en économie et en archéologie, mais en 2026, elle n’a accordé aucune nouvelle subvention dans ces disciplines.»
La communauté scientifique américaine traverse actuellement une période de bouleversements majeurs. La nouvelle édition du rapport On being a Scientist : A Guide to the Responsible and Ethical Conduct of Research, aborde le contexte actuel de la science et de l’enseignement scientifique. Il prend en compte l’évolution de la pratique scientifique ainsi que de la manière dont les différentes conditions financières et géopolitiques influencent le fonctionnement de la recherche scientifique.
Cet ouvrage a pour objectif explicite de former les jeunes scientifiques à agir de manière responsable et éthique, à être de bons gardiens des fonds publics et de la confiance qui leur est accordée, et à assumer les responsabilités plus larges qui incombent à tout scientifique dans un contexte en pleine mutation.
L’administration du président Donald Trump a dévoilé cette semaine une proposition visant à instaurer des frais de 100’000 dollars pour un programme permettant aux étudiantes et étudiants étrangers aux États-Unis de rester et de travailler dans le pays pendant une durée maximale de trois ans après l’obtention de leur diplôme. Ce programme, appelé «Optional Practical Training» (OPT), constitue une passerelle essentielle pour les étudiants en sciences souhaitant intégrer le marché du travail américain et renforcer leur dossier lorsqu’ils cherchent à obtenir un statut plus permanent dans le pays.
Même si cette proposition a semé l’inquiétude parmi les étudiants étrangers, elle pourrait ne jamais entrer en vigueur. Les tribunaux ont en effet contesté à plusieurs reprises les modifications apportées à la législation fédérale en matière d’immigration.
L’historien étasunien Mark Bray, spécialiste de l’antifascisme, tenait mercredi soir une conférence à l’Unil.
En 2025 la Maison-Blanche a classé les antifas comme terroristes, et le chercheur a été mis sous pression pour le choix de son domaine d’étude par la suite. «Il juge par ailleurs qu’il existe un certain conformisme au sein des institutions académiques face aux restrictions budgétaires décidées par Donald Trump à l’encontre de programmes considérés comme progressistes, notamment liés à la diversité ou au climat. «La plupart des universités sont finalement contentes de couper les fonds obtenus de haute lutte dans les années 1960 à 1980, mais qui ne sont pas profitables dans une vision néolibérale de l’université», décrypte-t-il.»
L’EPFZ va recevoir en don un ordinateur quantique du fabricant américain IBM, comme compensation («offset») contre l’achat des avions F-35 par la Confédération.
Le groupe d’armement Lockheed Martin, producteur de F-35, en tire également profit : en collaboration avec IBM, il souhaite mener des recherches sur un nouveau type de méthode de navigation utilisant la technologie quantique sur l’ordinateur quantique.
«Un accord ouvre la voie au transfert, d’une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars, de projets de l’Institut des maladies infectieuses des NIH [Instituts nationaux de la santé] vers le ministère de la Défense.»
«En partant du principe que le ministère de la Défense consacre ces fonds à la recherche scientifique, celle-ci risque de se concentrer moins sur le citoyen américain lambda que sur la santé des soldats », s’inquiète un employé de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID).
Et des chercheur·es en biosécurité mettent en garde contre le fait que le transfert de la recherche biomédicale vers le secteur militaire menace la transparence et la transposition clinique qui caractérisent les travaux financés par les NIH.
L’auteur de l’article, professeur associé à l’Université Cornell, s’inquiète des efforts de limitation de la la liberté académique aux Etat-Unis et souhaite que les institutions protègent les personnes et domaines touchés en résistant aux intimidations.
Cet éditorial de Nature analyse de manière critique le rapport « Science: A New Golden Age », publié par la Maison-Blanche sous l’administration Trump et présenté comme une feuille de route pour relancer le leadership scientifique américain.
L’article reconnaît que le rapport soulève des questions importantes sur l’avenir de la recherche, notamment le financement des projets à haut risque, l’amélioration des infrastructures scientifiques et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la recherche. Il met également l’accent sur des domaines stratégiques comme l’IA, l’informatique quantique, les semi-conducteurs, la robotique, l’énergie nucléaire et l’espace.
Cependant, les auteurs estiment que le plan souffre de plusieurs lacunes majeures :
- Manque de consultation transparente
- Contrairement au célèbre rapport de 1945 de Vannevar Bush (Science: The Endless Frontier), qui avait été élaboré avec une large participation des communautés scientifiques, le nouveau rapport ne précise pas quels experts ou institutions ont été consultés.
- Cette absence de transparence intervient dans un contexte où l’administration Trump a réduit le rôle des conseils scientifiques indépendants.
- Vision trop étroite de la recherche
- Les priorités se concentrent principalement sur les sciences physiques, l’ingénierie et les technologies ayant un intérêt pour la sécurité nationale.
- Des domaines essentiels comme la santé publique, le changement climatique, les sciences sociales et les humanités sont largement absents.
- Sous-estimation des défis sociétaux
- Selon l’éditorial, les sciences sociales et humaines sont indispensables pour comprendre et gérer les effets profonds de l’IA sur les sociétés.
- Les menaces liées aux pandémies ou au changement climatique sont également des enjeux majeurs de sécurité nationale qui mériteraient davantage d’attention.
- Absence de dimension internationale
- Le rapport ne met presque jamais en avant la coopération mondiale ou les partenariats internationaux.
- Cette approche est jugée irréaliste, car les grandes avancées scientifiques reposent historiquement sur la circulation des chercheurs, des idées et des collaborations entre pays.
Pour l’éditeur de Nature, le rapport représente une occasion manquée. Alors qu’il ambitionne de devenir l’équivalent moderne du rapport fondateur de 1945, il adopte une vision trop limitée, centrée sur certaines technologies et sur des priorités nationales. Les auteurs soutiennent qu’un véritable « âge d’or » de la science américaine nécessiterait :
- une participation plus large de la communauté scientifique ;
- un soutien aux sciences sociales, à la santé publique et aux humanités ;
- une ouverture aux talents du monde entier ;
- et un engagement accru dans la coopération scientifique internationale.
«Des sénateurs américains des deux bords politiques ont publié le 2 août un projet de loi de finances qui, s’il était adopté, suspendrait temporairement une proposition ambitieuse et controversée de la Maison Blanche visant à réformer la recherche scientifique financée par le gouvernement fédéral. Cette proposition, qui a pour objectif déclaré d’améliorer «la transparence, la responsabilité et le contrôle» des fonds fédéraux, contient des dispositions qui redéfiniraient le paysage scientifique américain, notamment en confiant à des responsables politiques nommés l’examen des subventions fédérales et en restreignant la collaboration entre les scientifiques américains et leurs homologues internationaux. Si elle est adoptée, cette réglementation de la Maison Blanche pourrait entrer en vigueur le 1er octobre.»
Les associations de défense de la science ont salué le projet de loi de la commission sénatoriale qui permettrait d’éviter la fermeture des services publics, mais également de préserver des processus scientifiques comme par exemple l’évaluation par des pairs. (Nature)
L’éditeur du Washington Post loue la proposition de réforme, particulièrement pour réduire la bureaucratie dans les sciences, mais défend l’importance de la mobilité scientifique, ayant un impact positif sur la prospérité américaine.
Selon l’éditeur du Temps, Stéphane Bussard, «L’audition par le Sénat américain de l’ex-conseiller médical de la Maison-Blanche durant le covid, Anthony Fauci, rappelle l’époque funeste du maccarthysme. Elle illustre l’attitude très anti-science de l’administration Trump. Pendant ce temps, la Chine investit massivement dans la recherche. […] Pour les essais médicamenteux précoces, la Chine (47% du marché mondial) dépasse désormais largement les Etats-Unis (25%).»
Affirmant que le rythme des découvertes aux États-Unis a considérablement ralenti au cours des dernières décennies, un nouveau rapport de la Maison Blanche préconise des changements radicaux dans la manière dont le gouvernement fédéral soutient la science. Il proposerait de réduire le financement accordé aux principales universités du pays, de remplacer la recherche initiée par les chercheurs par des subventions beaucoup plus importantes destinées à des équipes travaillant sur une série de grands défis, de privilégier les sciences physiques au détriment d’autres disciplines, et de rechercher des alternatives à l’évaluation par les pairs pour sélectionner les meilleures idées à étudier. (Science) [Le magazine Nature a appris entretemps que la NSF avait récemment retiré 300 millions de dollars à deux de ses divisions : les mathématiques et les sciences physiques, ainsi que l’informatique, les sciences de l’information et l’ingénierie.]
Le rapport affirme que ces changements constituent une correction nécessaire d’un «système de plus en plus sclérosé». Les détracteurs, en revanche, les dénoncent comme un projet malavisé qui ne ferait qu’aggraver les dégâts déjà causés par l’administration du président Donald Trump. (Science)
Kurt Deketelaere, secrétaire général de la LERU, estime que ce nouveau rapport identifie à juste titre bon nombre des défis auxquels la science est confrontée aujourd’hui. «La solution proposée par le rapport mérite toutefois une réflexion approfondie, non seulement aux États-Unis, mais aussi dans toute l’Europe. Elle repose essentiellement sur un changement philosophique subtil mais profond. Plutôt que de placer les universités de recherche au cœur de la découverte scientifique, le rapport met de plus en plus l’accent sur les scientifiques à titre individuel. […] Le prochain âge d’or de la science sera façonné par des esprits indépendants évoluant au sein d’institutions solides et autonomes qui encouragent la curiosité, valorisent la pensée critique et protègent la liberté de remettre en question les idées reçues.»
En accord avec une nouvelle règle du Département de la sécurité (DHS) des Etats-Unis, ce changement aura lieu le 15 septembre. En moyenne, cela prend 5,6 ans pour terminer le doctorat aux US dans le domaine des sciences et de l’ingénierie. Les étudiant·es auront dès lors moins de préparation et moins de chances. Cela risque également de baisser le niveau d’exigence des programmes de doctorat américains ainsi que de freiner l’afflux des étudiant·es étranger·ères.
L’autorisation de travail Optional Practical Training(OPT) sera également impactée.
L’Association des universités américaines (AAU) a indiqué la semaine dernière que les inscriptions des étudiant·es de troisième cycle dans les grandes universités de recherches, qui délivrent la moitié de tous les doctorats aux États-Unis, ont baissé de 15% par rapport à l’année dernière.
Cette nouvelle fait suite à la décision prise le mois dernier de la Fondation nationale pour la science (NSF) de réduire les subventions consacrées à la science fondamentale de 30%, voire plus. Pour Holden Thorp, chimiste et ancien chancelier de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, les Etats-Unis doivent se doter d’un plan cohérent qui définisse les étapes permettant à la science universitaire de prospérer, tout en mobilisant le soutien de l’ensemble de la communauté scientifique, qu’il déplore comme étant relativement silencieuse.
Cela intervient dans un contexte où l’administration Trump effectue des coupes significatives de subventions concernant, en partie, des recherches « politiquement sensibles ».
«Pensez-vous qu’une bourse fédérale de recherche particulière constitue un gaspillage de l’argent des contribuables? Toute personne suffisamment indignée pour intenter une action en justice à ce sujet pourrait bientôt pouvoir compter sur le soutien du ministère américain de la Justice (DOJ).
Cette possibilité est dissimulée dans une proposition de grande envergure visant à réécrire les règles régissant la manière dont le gouvernement américain gère des milliers de milliards de dollars de subventions de recherche et d’autres programmes fédéraux, de manière à renforcer la capacité du président Donald Trump à bloquer toute dépense qu’il considère comme «woke» ou inutile.
Selon des sources internes, la National Science Foundation (NSF) réduit cette année de 20 % à 30 %, voire davantage, les budgets de centaines de ses programmes traditionnels de recherche fondamentale, alors même que son budget global n’a baissé que de 3 %, selon les informations recueillies par Science. La NSF n’a pas expliqué publiquement ces coupes drastiques. Mais selon les sources, l’objectif serait de dégager des fonds pour une nouvelle initiative de 1,5 milliard de dollars, lancée le mois dernier, destinée à transformer les découvertes financées par la NSF en nouveaux produits et en nouvelles industries.
Deux articles, un issu de la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), rédigé par Benedict Nef, et l’autre de la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), relayés et commentés sur LinkedIn par l’ancien rédacteur en chef de la Zürichsee Zeitung Ulrich E. Gut et auteur du blog PolitReflex, cristallisent un débat crucial concernant l’avenir et l’orientation de la recherche scientifique à l’ère de Donald Trump, observé par deux journaux d’orientation libérale (ou «bourgeoise», selon M. Gut).
Ce débat met en lumière deux visions profondément antagonistes du monde académique actuel :
D’un côté, Benedict Nef (NZZ) dénonce ce qu’il qualifie d' »Académie de l’intolérance » et déplore l’emprise du « wokisme » au sein des universités américaines. Selon lui, cette étroitesse d’esprit ne reste pas confinée au campus, mais se répercute sur l’ensemble de la société.
D’un autre côté, dans la Frankfurter Allgemeine, les détracteur·ices de l’administration Trump s’inquiètent d’un contrôle politique direct sur les budgets de recherche aux États-Unis. Ce fonctionnement affaiblit le système international d’évaluation par les pairs basé sur les faits. Cette ingérence menace la recherche mondiale, notamment sur les programmes océaniques européens. Un exemple marquant est la suppression par l’administration Trump de l« Endgangerment Finding » (constat de mise en danger), qui reconnaissait scientifiquement la dangerosité des gaz à effet de serre.
Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme face à une proposition «ambitieuse» de la Maison Blanche qui pourrait bouleverser en profondeur le fonctionnement de la recherche financée par le gouvernement fédéral. Les règles proposées confieraient aux responsables politiques le contrôle de toutes les subventions fédérales ; réduiraient l’importance de l’évaluation par les pairs ; imposeraient davantage de restrictions à la participation des bénéficiaires de subventions à des réunions ; limiteraient les collaborations entre les scientifiques américains financés par le gouvernement fédéral et leurs homologues étrangers ; et restreindraient le soutien financier fédéral à la publication des résultats des scientifiques américains dans des revues scientifiques. (Nature)
Par ailleurs, l’administration Trump a proposé de réduire de moitié le budget de l’agence National Science Foundation (NSF) et de supprimer purement et simplement la division Social, Behavioral, and Economic Sciences (SBE) au cours du prochain exercice budgétaire. Cette dernière finance environ 63 % de la recherche universitaire en sciences psychologiques et sociales. (The Atlantic)
Selon la American Geophysical Union, «des catégories entières de recherche se verraient de fait privées de financement fédéral, notamment les travaux recourant à des cadres analytiques axés sur les effets disparates — fondement méthodologique de la recherche en santé publique, de la science de la justice environnementale et des sciences sociales qui étudient la répartition inégale des risques climatiques, de la qualité de l’air et de la vulnérabilité aux catastrophes. Cette règle limiterait également tout travail que l’administration estime impliquer des pratiques DEI ou ce qu’elle qualifie d’« idéologie du genre ». Par ailleurs, un juge fédéral a bloqué la tentative de la NSF de démanteler le NCAR. (American Geophysical Union)
Les responsables des subventions de deux des plus grands organismes de financement de la recherche scientifique du gouvernement américain ont récemment imposé des restrictions sans précédent à la capacité des scientifiques américains à publier des articles en collaboration avec des coauteurs d’autres pays.
Ni le National Institutes of Health (NIH) ni la NASA ont publié de nouvelles directives officielles décrivant ces exigences. Au lieu de cela, les responsables informent les bénéficiaires individuellement, ce qui sème la confusion et suscite l’inquiétude chez les chercheurs.