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Sujet: politique – Israël

«Les étudiant·es de l’EPFL approuvent à 86% un boycott d’Israël»

«Avec 375 votes pour le soutien du boycott académique et 44 votes contre, les étudiant·es [de l’association étudiante Unipoly] ont manifestement été convaincu·es par la nécessité de mettre fin au lien entre leur école et ses partenaires académiques en Israël. […] Reste à voir si la direction de l’EPFL entendra les revendications maintenant portées par son principal interlocuteur étudiant, celle-ci affichant toujours un refus systématique de revoir ses collaborations avec Israël.»

« Nombre d’universitaires israéliens perçoivent le boycott comme une double peine »

Alors que l’UE maintient son accord d’association avec Israël ce mardi 21 avril, le milieu universitaire israélien dénonce un boycott croissant qu’il juge être une «double peine». Entre annulation de conférences et exclusions de programmes européens, les scientifiques, peuvent se retrouver isolé·es. De plus, la recherche israélienne a également été touchée par le départ d’étudiant·es internationaux après le début de la guerre à Gaza.

Lee chercheur Sarel Fleishman, membre du mouvement israélien pour la paix, dont la collaboration avec l’université de Delft a été rompue, ce boycott affaiblit la société civile : «Je comprends le sentiment qui anime les auteurs de boycott» affirme-t-il. «Mais la société civile elle-même est attaquée par le gouvernement. Elle est la seule à pouvoir mettre fin à cette horrible guerre en le renversant; le boycott international ne l’aide pas.» (Le Temps)

«Invité à Yale, un chercheur français interdit d’entrée aux États-Unis»

«Invité à intervenir à la prestigieuse université de Yale sur ses travaux autour de la «néofascisation», le chercheur en sciences sociales Mathieu Rigouste s’est vu refuser l’entrée sur le territoire américain par le Department of Homeland Security, sans justification officielle. Une décision qui empêche sa venue et plusieurs interventions prévues, et qui constitue, selon lui, une illustration concrète des mécanismes qu’il analyse depuis plusieurs années. […] Mathieu Rigouste souligne que ce type de situation ne se limite pas aux États-Unis.» L’article mentionne d’autres restrictions d’entrée de scientifiques en France, au Canada, à Israël et aux Etats-Unis.

Des centaines d’universitaires de Suisse se mobilisent contre un accord académique avec Israël

Un collectif universitaire de plus de 250 personnes demande dans une lettre ouverte de cesser les partenariats académiques avec Israël. Le Collectif pour la liberté académique, la démocratie et la solidarité (Clads), fondé en 2024 par des universitaires lausannois, affirme vouloir « dénoncer les complicités avec les crimes commis à Gaza » et « maintenir une forme de pression sur les autorités afin d’exiger des garanties éthiques dans les collaborations universitaires ». Une lettre ouverte a été adressée le 31 janvier à l’attention du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). Le collectif demande de réviser les partenariats privilégiés qu’entretient le Fonds national suisse (FNS) avec l’Israel Science Foundation (ISF) dans le cadre des procédures simplifiées de la « Lead Agency ».  

Le Conseil des recteurs et rectrices francophones CRef exprime son soutien aux étudiant·es et membres du personnel des universités affectés par la récente attaque sur le campus de l’Université de Birzeit et par la répression armée en Iran

«Le Conseil des rectrices et recteurs des universités de la Communauté française tient à exprimer sa profonde préoccupation face à l’attaque menée le 6 janvier dernier par l’armée israélienne sur le campus de l’Université de Birzeit, en Cisjordanie, ainsi que face à la répression violente et systématique exercée actuellement en Iran, dont sont notamment victimes de nombreux membres de la communauté universitaire, parmi lesquels beaucoup d’étudiants et étudiantes. […]»

Polémique autour d’une plaque honorifique

Des étudiant·es de l’Université de Fribourg demandent le retrait de la plaque honorifique dédiée à Chaim Weizmann, premier président d’Israël et chimiste. Ils·elles se rassemblent ce mercredi en fin de journée sous l’action de la coordination estudiantine pour la Palestine (CEP Unifr) et du syndicat SSP étudiant Fribourg. En plus du retrait de la plaque, les organisations demandent que la conférence qui porte son nom «soit rebaptisée conférence Omar M. Yaghi, en hommage au chimiste palestinien lauréat du Prix Nobel de la discipline en 2025».

Pression sur l’association d’Israël au programme Horizon Europe

Le mois dernier, l’Union Européenne a lancé une révision de son accord d’association avec Israël, qui sous-tend l’association à Horizon Europe et exige qu’Israël respecte les droits de l’homme. Les États membres de l’UE se sont de plus en plus opposés à Israël à la suite du blocus alimentaire imposé à Gaza et de la poursuite des frappes militaires dans la région. Au début du mois, les Nations unies ont indiqué que la ration alimentaire quotidienne de Gaza était tombée bien en deçà du seuil de «survie». Et l’année dernière, Nadera Shalhoub-Kevorkian, universitaire palestinienne de l’Université hébraïque de Jérusalem, a été arrêtée par la police et mise en examen pour terrorisme après avoir condamné l’attaque israélienne contre Gaza en la qualifiant de génocide.

L’UE pourrait décider d’interrompre la coopération dans certains domaines tels que Horizon Europe afin d’exercer une pression diplomatique, selon une note d’information du Parlement européen. Il suffit d’une majorité qualifiée pour suspendre la coopération en matière de recherche, par exemple.

Walter Rosenthal, président de la conférence des recteurs et rectrices des universités allemandes (HRK), affirme que les universités israéliennes sont une «force libérale et démocratique», et juge que les sciences en Israël devraient être soutenues par l’Union européenne. Une exclusion du programme Horizon Europe aurait comme conséquence que «cela affaiblirait considérablement la science israélienne dans sa capacité de performance et d’innovation reconnue au niveau international et porterait durablement atteinte à la voix importante de la raison scientifique en Israël, qui analyse, concilie et rassemble des perspectives et des intérêts différents».

Mais les détracteurs d’Israël estiment que l’UE devrait utiliser tous les outils à sa disposition pour faire pression. «Pour nous, il n’y a pas d’alternative si nous voulons faire pression», a déclaré Rudi Kennes, un eurodéputé belge du parti de gauche qui a lancé des appels à l’expulsion d’Israël. M. Kennes a déclaré qu’il avait de la sympathie pour les universitaires de l’opposition dont les collaborations scientifiques seraient affectées. Mais les boycotts et les sanctions seraient nécessaires pour changer la politique israélienne : «La seule chose qu’ils comprendront, c’est le jeu du pouvoir».

 

«L’UNIGE accusée d’avoir «capitulé» face à des «agitateurs anti-israéliens»»

L’Université de Genève ayant mis un terme à son partenariat avec l’Université hébraïque de Jérusalem, l’Association pour le soutien et la promotion des membres juifs des hautes écoles suisses (JUMS) «condamne fermement» cette décision. Elle a émis mercredi un communiqué signé par ses coprésidents, le professeur Jacques Ehrenfreund de l’UNIL et le professeur Alfred Bodenheimer de l’Université de Bâle. Ils écrivent: «Contrairement aux affirmations de la rectrice Audrey Leuba, il s’agit là d’un acte purement politique, une capitulation face à une faction anti-israélienne intrusive au sein de l’Université […] Par cette décision, l’Université prend parti dans un conflit complexe.» (Tribune de Genève)

Le porte-parole de l’UNIGE, Marco Cattaneo, explique pourtant: «Il n’y a pas de volonté de prendre une position, mais la situation à Gaza vide ces accords de leur sens, car il est impossible de lancer des appels à projets et d’avoir une mobilité des étudiants ou des chercheurs.» (Tribune de Genève)

L’université précise également que «la dissolution des ces partenariats n’interdit pas des collaborations entre chercheurs». (Watson)

«Dans la plus grande gabegie, l’Université de Genève dénonce ses partenariats en Israël»

L’Université de Genève exprime «son indignation» face à la situation humanitaire à Gaza, dénonce un partenariat avec l’Université hébraïque de Jérusalem et renonce à un autre avec l’Université de Tel-Aviv.

Selon le journaliste du Temps, «Ce message fort a peiné à se faire entendre lors d’une conférence de presse annulée» en raison de la présence d’une quinzaine d’étudiant·es pro-palestinien·nes qui souhaitaient assister à l’évènement.

L’Unige explique dans un communiqué qu’elle ne procède pas à un boycott académique, comme c’est le cas avec la Russie depuis février 2022, que la «situation politique en Israël vide de facto les accords existants de leur substance». Selon sa prise de position sur le rôle de l’Université dans le débat public, l’Université de Genève définit les contours et les limites de la réserve institutionnelle qu’elle observe sur les sujets de politique cantonale, nationale et internationale.  «Elle exprime son indignation face à la situation humanitaire à Gaza, appelant toutes les parties, et particulièrement le gouvernement israélien, au respect des droits humains et du droit international humanitaire, et rappelant le droit de la population à un accès à la nourriture et aux soins. L’UNIGE renonce à la notion de «partenariats stratégiques» qui ne reflètent pas, ni dans leur géographie, ni dans leur contenu, les priorités stratégiques de l’institution.» (UNIGE)

Un journaliste de la Tribune de Genève commente les décisions du rectorat genevois: «Sur le fond, le message est difficile à décrypter. Il ne faudrait pas voir dans la fin des partenariats un boycott, mais une réorientation stratégique.» De même, le rectorat a décidé de suivre la conclusion principale des expert-es concernant la réserve institutionnelle, dont il a toutefois modéré la portée. «Ce slalom intellectuel – ou pour le dire autrement ce boycott qui ne dit pas son nom – permettra-t-il à l’Université de retrouver une certaine sérénité? On peut en douter, car en cherchant à ménager la chèvre et le chou, on finit par fâcher tout le monde.»

Les manifestant·es pro-palestinien·ne ne s’estiment toutefois pas entendu·es par le rectorat et déclarent poursuivre leurs mobilisations. (RTS: 19h30)

L’expulsion d’Horizon Europe est «presque une condamnation à mort pour la science israélienne»

Le blocus israélien de Gaza, qui prive la population civile de nourriture, a suscité des critiques sans précédent en Europe. La semaine dernière, l’UE a annoncé qu’elle réexaminerait l’accord d’association qui sous-tend la participation d’Israël au programme Horizon Europe, d’une valeur de 93 milliards d’euros.

L’Académie israélienne des sciences et des lettres a publié le 24 mai une déclaration demandant à l’Europe de ne pas rompre ses liens avec Horizon Europe. David Harel, président de l’académie, avance qu’une exclusion serait «presque une condamnation à mort pour la science israélienne».

Mais les députés européens et les militants qui demandent la fin de l’association estiment que l’UE devrait utiliser tous les leviers diplomatiques pour faire pression sur Israël afin qu’il mette fin à ses attaques.

En Europe, la pression s’accroît pour que la coopération scientifique de l’UE avec Israël soit réexaminée

Plusieurs universités européennes, dont dix en Belgique (notamment KU Leuven, UCLouvain, Gand et les universités de Bruxelles), appellent à suspendre les liens scientifiques entre l’UE et Israël, face à la crise humanitaire à Gaza. Elles dénoncent le silence de l’Europe face aux violations des droits humains, et jugent cette inaction comme une atteinte à la crédibilité internationale. Ces universités rejoignent une mobilisation académique croissante, avec des pétitions, des ruptures de partenariats et des boycotts. Des pays comme les Pays-Bas, la France et la Finlande envisagent aussi de revoir les accords avec Israël. Toutefois, certains responsables européens, comme le membre du parlement européen Christian Ehler (Allemagne), rejettent ces initiatives, les qualifiant de discriminatoires et insistent sur le maintien de la coopération scientifique. La Commission européenne n’a pas encore réagi.

Israël: «La science au service du militaire»

«Ni les universités suisses ni les médias n’ont jusqu’à présent discuté en détail de la manière dont les hautes écoles israéliennes sont impliquées dans l’armée, l’industrie de l’armement et les actions de l’État contraires au droit international – malgré une documentation complète par des scientifiques palestinien·ne·s et israélien·ne·s.», écrit le journaliste d’investigation Jan Schuller. «Les universités israéliennes soutiennent activement la politique des colons israéliens, l’occupation militaire et l’apartheid.»

Il évoque la demande de certain·es  étudiant·es de l’Université Berne, critiques face à la guerre de Gaza, que leur université mette fin à l’accord d’échange avec la Hebrew University of Jerusalem et à la coopération avec l’Université de Haïfa – car ces coopérations contribuent à normaliser les actions de ces institutions.

«Depuis que la CIJ [Cour internationale de Justice] a déclaré illégale l’occupation de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est en juillet, même les experts de l’ONU demandent aux États membres de l’ONU de revoir leurs liens académiques avec Israël. Lorsque les rectorats suisses tentent de faire taire les voix critiques qui attirent l’attention sur le scolasticide et la coopération entre les universités israéliennes et l’armée, ils se rendent coresponsables.»

«Lier les mots «science» et «boycott» est contradictoire

«Première Arabe rectrice d’une université israélienne, Mouna Maroun, réagit aux demandes de boycott académique lancées par des étudiants romands. Elle exprime son incompréhension et répond aux accusations: Ce boycott affecterait 45% de nos étudiants, arabes en particulier. Pour eux, le défi est déjà important. Ils n’ont pas besoin de celui-là en plus.»

Les boycotts universitaires liés à la guerre de Gaza mettent en péril la place d’Israël dans Horizon Europe

Un nombre croissant d’universités européennes mettent fin à leurs liens avec Israël en raison de la guerre à Gaza, y compris dans le cadre des projets Horizon Europe existants, ce qui a incité le ministre israélien de la science à organiser des discussions d’urgence avec les responsables de la recherche du pays sur la manière de maintenir les liens scientifiques avec l’Europe.

Gila Gamliel, ministre israélienne pour la science et la technologie, a déclaré qu’Israël envisageait de nouvelles mesures incitatives pour encourager les universitaires à venir en Israël et a signé la semaine dernière un accord de coopération avec le Guatemala pour tenter de renforcer les liens scientifiques extérieurs du pays face aux boycotts européens.

Un rapport identifie la Norvège, le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Suède, l’Irlande, la Belgique et l’Italie comme les pays européens où les actions de protestation, les pétitions et les boycotts ont été particulièrement prononcés.

Quelle est l’ampleur de la collaboration des universités suisses avec des partenaires israéliens?

«La mobilisation d’étudiants en faveur des Palestiniens s’est étendue à plusieurs universités suisses, après avoir commencé dans celle de Lausanne. Les protestataires exigent que leur alma mater coupe les ponts avec Israël. Quels liens entretiennent-elles vraiment avec leurs partenaires israéliens?»

«Le monde universitaire nous a totalement abandonnés»

Alors que les manifestations pro-Gaza se multiplient sur les campus aux Etats-Unis et en Europe, les étudiants et les professeurs de l’Etat hébreu se sentent de plus en plus isolés et incompris.

««Nos pairs devraient nous soutenir, nous aider à porter un discours et un débat critique sur ce que fait Israël, mais de façon apaisée. Or, on ne voit que cette minorité extrême et bruyante, surexposée dans les médias», déplore la professeure [Laura Wharton] de sciences politiques.» […] A Jérusalem, Omer Vinokur, étudiant en psychologie et humanités à l’Université hébraïque qui se présente comme un activiste pro-paix et pro-palestinien, regrette surtout que ces manifestations n’aient justement pas pour «principal objectif de prôner la paix». Il raconte «sa frustration et sa colère», face à ceux qui préfèrent «glorifier la résistance armée palestinienne».»

Protestations pro-palestiniennes : La tension monte dans les universités italiennes

Les tensions restent vives en Italie à la suite des manifestations organisées par des étudiants dans plusieurs universités en soutien à la population palestinienne et contre ce qu’ils appellent le génocide en cours à Gaza. Les accords de collaboration entre les universités italiennes et israéliennes figurent parmi les motifs de protestation.

Les dernières initiatives ont eu lieu hier (mardi) à Rome et à Gênes. Dans la capitale, les étudiants de l’université La Sapienza ont occupé le rectorat pendant quelques heures, ne le quittant qu’après quelques instants d’affrontements avec la police et avec la promesse de répéter la manifestation prochainement. Même dans la capitale de la Ligurie, les protestations contre le recteur ont été très vives.

Au centre des initiatives étudiantes, la situation à Gaza, qualifiée de génocide, et la solidarité avec la population palestinienne touchée, mais aussi les accords que les universités italiennes ont conclus avec les universités israéliennes, en particulier l’appel du ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale en faveur de projets de coopération industrielle, scientifique et technologique entre l’Italie et Israël. [En fin 2023,] plus de 4 000 professeurs et chercheurs de toute l’Italie ont signé pour que cet accord soit suspendu.

Le 26.03.2024, la ministre des universités, Annamaria Bernini, qui jusqu’à il y a quelques jours dialoguait avec les étudiants, en apprenant l’occupation du rectorat de l’université Sapienza et les insultes au recteur de l’université de Gênes, a pris contact par téléphone avec le chef de la police, avec lequel elle a déclaré qu’elle discuterait de la situation à l’intérieur des universités dans les jours à venir. Une position qui a déclenché une controverse politique, l’opposition criant à la militarisation des universités.

Gaza : «Les douze universités ciblées et dévastées»

«Selon l’organisation de défense des droits de l’homme Euro-Med Human Rights Monitor, basée à Genève […], les attaques militaires israéliennes contre la bande de Gaza ont laminé l’enseignement supérieur. L’organisation estime que les dommages causés aux universités s’élèvent à plus de 200 millions d’euros. Au moins trois présidents d’université ont été tués depuis le 7 octobre, et plus de 95 doyens et professeurs. Quelque 88 000 étudiants ont dû interrompre leur cursus et 555 autres, titulaires d’une bourse internationale, n’ont pas pu voyager à l’étranger en raison des exactions.»