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Sujet: transfert de technologie

Série d’articles sur l’écosystème de l’innovation genevoise

«À l’occasion des 50 ans de l’Office de promotion des industries et des technologies (OPI), qui sponsorise cette Exploration, Heidi.news a arpenté les laboratoires genevois. Ceux de l’école d’ingénieurs Hepia ou de l’école horlogère, ceux du Wyss Center sur le Campus Biotech, de Rolex, de dsm-Firmenich ou de la myriade de PME sous-traitantes.»

 

L’EPFZ ouvre un campus en Allemagne

Environ deux ans après la signature d’un accord avec la Fondation Dieter Schwarz, l’ETH Zurich inaugure un nouveau site à Heilbronn,un nouveau pôle de recherche et d’enseignement axé sur l’IA et la cybersécurité. L’objectif est de faire progresser la transformation numérique dans l’économie et la société. L’ETH Zurich s’engage à long terme à Heilbronn et renforce ainsi son réseau au sein de l’espace européen de la recherche.

 

La NSF réduit considérablement ses programmes de recherche pour soutenir une nouvelle initiative technologique

Selon des sources internes, la National Science Foundation (NSF) réduit cette année de 20 % à 30 %, voire davantage, les budgets de centaines de ses programmes traditionnels de recherche fondamentale, alors même que son budget global n’a baissé que de 3 %, selon les informations recueillies par Science. La NSF n’a pas expliqué publiquement ces coupes drastiques. Mais selon les sources, l’objectif serait de dégager des fonds pour une nouvelle initiative de 1,5 milliard de dollars, lancée le mois dernier, destinée à transformer les découvertes financées par la NSF en nouveaux produits et en nouvelles industries.

Le Conseil suisse de la science CSS publie son évaluation d’Innosuisse

«Le Conseil suisse de la science CSS a publié aujourd’hui son rapport d’évaluation sur le portefeuille d’encouragement d’Innosuisse. L’évaluation conclut qu’Innosuisse remplit son mandat légal et dispose d’un portefeuille de soutien cohérent. Parallèlement, le CSS identifie un potentiel de développements ciblés, notamment en ce qui concerne l’implication de partenaires de mise en œuvre ainsi que l’accès au capital-risque et aux fonds propres.»

«Grâce au SDSC, Lausanne est un centre majeur en IA»

Co-fondé en 2017 par l’EPFL et l’ETHZ avec le soutien de la Confédération et du canton, le Swiss Data Science Center (SDSC) accompagne et structure la transformation numérique de l’économie locale.

De la collecte et gestion des données à l’apprentissage automatique, le centre apporte son expertise à une vingtaine d’entreprises cette année, en s’appuyant notamment sur l’IA souveraine Apertus.

À travers des projets d’envergure comme Enerbat, dédié à l’efficacité énergétique, le SDSC consolide la position de Lausanne comme pôle majeur de recherche translationnelle (recherche de pointe appliquée) en IA et science des données. Cette démarche vise à ainsi garantir l’autonomie numérique des actrices et acteurs économiques.

Premiers «doctorats pratiques» décernés en Chine pour des produits plutôt que pour des articles scientifiques

La Chine a développé un programme doctoral basés sur des réalisations pratiques plutôt que sur une thèse ou d’autres publications académiques. Il est conçu pour former davantage d’ingénieurs d’élite capables de contribuer à stimuler l’innovation dans le pays.

Les étudiant·es doivent créer des prototypes fonctionnels et prouver que leurs inventions peuvent être utilisées à grande échelle. Ce nouveau type de doctorat est supervisé par un·e académique et un·e expert·e industriel. Et lors des examens oraux, un jury composé à la fois d’universitaires et d’ingénieurs en activité évalue les doctorant·es. Pour Li Jiang, spécialiste en sciences de l’information à l’université de Nanjing, ce nouveau modèle d’évaluation répond à un problème qui mine depuis longtemps la formation des ingénieurs : «Il existe un fossé important entre les connaissances théoriques qu’ils acquièrent dans les livres et les compétences pratiques que notre société attend d’eux.»

Guo Tong, ingénieur civil à l’université Southeast, voit une possibilité d’intégrer ces évaluations dans des disciplines pratiques qui combinent l’ingénierie et la recherche médicale, telles que la conception de dispositifs médicaux avancés et le diagnostic intelligent.

 

Friedrich Merz lance une agenda High Tech pour 18 milliards d’euro

Le chancelier allemand Friedrich Merz a lancé une Agenda High Tech qui soutiendrait les six secteurs suivants:

l’IA, la technologie quantique, la microélectronique, la biotech, la fusion et production d’énergie neutre en carbone et des technologies pour une mobilité neutre en carbone.

Outre les technologies clés, cette agenda met également en œuvre des projets dans des domaines de recherche stratégiques importants. Il s’agit de l’aéronautique et de l’aérospatiale, de la recherche en matière de santé, de la recherche en matière de sécurité et de défense, de la recherche sur les océans, le climat et la durabilité, ainsi que des sciences humaines et sociales (p.37).

Les objectifs:

  1. «Grâce à une offensive en matière d’IA, nous voulons que 10 % de notre performance économique soit basée sur l’IA d’ici 2030, augmenter la productivité du travail et faire de l’intelligence artificielle (IA) un outil important dans les domaines centraux de la recherche et des applications. […]»
  2. «Nous améliorons de manière mesurable la disponibilité et l’utilisabilité des capacités d’IA (algorithmes, données, ordinateurs, outils logiciels, puces IA) pour la science, la recherche, l’économie, l’administration et la société. […]»
  3. «Nous deviendrons un acteur central pour la prochaine génération d’IA et dans la concurrence mondiale. […]»
  4. «Nous renforçons la base de main-d’œuvre qualifiée dans les technologies quantiques. […]»

 

 

«Le CHUV dans le top dix des hôpitaux les plus actifs d’Europe pour la recherche»

Selon une étude menée par l’Office européen des brevets (EPA) à Munich, le CHUV et l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ) sont parmi les 10 hôpitaux les plus actifs en matière de recherche en Europe. L’enquête avait pour but d’identifier les institutions hospitalières ayant déposé le plus de brevets au cours des 20 dernières années. Voici le classement des hôpitaux suisses selon leur nombre de brevets:

  • 8ème: Hôpital universitaire de Zurich (USZ) (364 brevets)
  • 9ème: CHUV (356 brevets)
  • 11ème: Hôpital universitaire de Bâle (317 brevets)
  • 23ème: HUG (181 brevets)
La France reste championne européenne des brevets dans la recherche publique

«Depuis vingt ans, la France occupe cette place de leader en termes de nombre de brevets déposés par des organismes de recherche publique. […] L’Office européen des brevets souligne d’ailleurs une caractéristique typique de la recherche française : le partenariat entre les différents organismes. Universités, organismes publics de recherche et hôpi taux universitaires sont fréquemment codemandeurs de demandes de brevets. De même, la France se distingue par le nombre de ses start-up associées à des demandes de brevets européens émanant d’organismes publics de recherche, d’universités ou d’hôpitaux universitaires […].»

Les scientifiques exhortés à exiger une gouvernance indépendante dans Horizon Europe

En finançant largement la recherche fondamentale, les États-Unis ont créé un écosystème propice à l’innovation privée, sans subventionner directement les entreprises. La Chine suit aujourd’hui la même voie, tandis que l’Europe, faute d’investissements suffisants, prend du retard. Le déséquilibre est frappant : l’augmentation de 500 millions d’euros du budget du Conseil européen de la recherche paraît dérisoire face aux milliards investis dans les universités américaines.

Contrairement aux idées reçues, la majorité du financement scientifique américain soutient la recherche fondamentale, d’où sont issues toutes les grandes révolutions technologiques – ordinateurs, internet, vaccins, intelligence artificielle. En Europe, au contraire, la tendance actuelle privilégie les projets à court terme et les applications industrielles, au détriment de la recherche fondamentale.

Les débats sur le prochain programme-cadre européen (FP10) illustrent cette dérive. Bien que la recherche fondamentale y soit encore protégée, son avenir reste incertain, notamment en raison du lien possible avec le Fonds européen de compétitivité (ECF), qui exclut la recherche de base. Une telle orientation menacerait, selon le recteur de l’Université de Ljubljana Gregor Majdič, le modèle de progrès européen fondé sur la connaissance. Il appelle donc à une action urgente : augmenter les investissements dans la recherche fondamentale et renforcer les liens entre universités, industrie et société. Sans cela, l’Europe risque de devenir simple consommatrice des innovations venues d’ailleurs.

Brevets : prise de position sur la révision de l’ordonnance

«swissuniversities salue la révision proposée de l’ordonnance sur les brevets (OBI), qui renforcera la sécurité juridique, la transparence et la simplicité des démarches. Elle met en avant deux avancées majeures : une harmonisation internationale accrue, avec l’acceptation des documents en anglais et une réduction des charges administratives, ainsi qu’une numérisation renforcée des procédures, favorisant un traitement plus rapide, des échanges électroniques facilités et une gestion moderne des données. Des améliorations restent toutefois nécessaires sur certains points de cette révision. »

«La Suisse reste le pays à déposer le plus de brevets par habitant»

Selon le bilan annuel de l’Office européen des brevets (OEB), la Suisse a déposé 9966 demandes de brevet en 2024 (hausse de 3,2% par rapport à 2023), ce qui la classe au 3e rang en Europe et au 7e rang mondial. La Suisse est le pays qui a déposé le plus de demandes par habitant·e. Elle enregistre sa quatrième année consécutive de croissance. Au total, l’OEB a enregistré près de 200’000 demandes de brevets du monde entier.

«En Suisse, c’est le secteur de la technologie médicale qui a déposé le plus de demandes de brevets, avec 1045 dépôts. […] Le deuxième domaine technologique pour les inventions suisses est celui des techniques de mesure (908 demandes).» La plus forte croissance des demandes de brevets suisses a été enregistrée dans le domaine de l’informatique (+37,4%). Les brevets liés aux technologies des énergies propres pour des machines et appareils sont également en forte croissance (+21,3%, 813 demandes). (RTS)

«Outre les grandes entreprises, trois établissements d’enseignement supérieur figurent dans le top 30 des déposants suisses: les Ecoles polytechniques fédérales de Lausanne (100 demandes) et Zurich (85), ainsi que l’Université de Zurich (41). En 2024, l’EPFL était classée première université européenne pour les demandes de brevets à l’OEB, l’EPFZ en 3e position et l’Université de Zurich en 10e position.» (RTS) Parmi les entreprises suisses, ce sont Hoffmann-La Roche (710 demandes) et ABB qui déposent le plus d’innovations. (RTS, SRF)

En Suisse, l’arc lémanique compte parmi les régions les plus inventives (Vaud  : 1222 demandes, Genève : 1104 ; Zurich : 1272). Selon l’économiste en chef de l’OEB, Yann Menière: «il faut un bel équilibre entre de grosses entreprises, comme Nestlé et Sicpa dans le canton de Vaud, ou Hoffmann-La Roche à Bâle, mais qui n’écrasent pas les autres.» Il salue également le mix, au bord du Léman, entre le milieu académique, avec l’EPFL, et un tissu industriel solide, composé de très nombreuses PME et start-up. Pour lui, les nombreuses interfaces entre les centres de recherche et l’industrie sont l’une des caractéristiques des pays qui ont un bon classement, selon le ratio brevets/population. (24 heures)

Les femmes restent, cette année encore, sous-représentées dans les demandes de brevet. En 2024, 26% de toutes les demandes déposées auprès de l’OEB en provenance de Suisse mentionnaient au moins une femme comme inventeur. Un pourcentage légèrement supérieur à la moyenne des Etats membres de l’OEB (25%). (RTS)

Israël: «La science au service du militaire»

«Ni les universités suisses ni les médias n’ont jusqu’à présent discuté en détail de la manière dont les hautes écoles israéliennes sont impliquées dans l’armée, l’industrie de l’armement et les actions de l’État contraires au droit international – malgré une documentation complète par des scientifiques palestinien·ne·s et israélien·ne·s.», écrit le journaliste d’investigation Jan Schuller. «Les universités israéliennes soutiennent activement la politique des colons israéliens, l’occupation militaire et l’apartheid.»

Il évoque la demande de certain·es  étudiant·es de l’Université Berne, critiques face à la guerre de Gaza, que leur université mette fin à l’accord d’échange avec la Hebrew University of Jerusalem et à la coopération avec l’Université de Haïfa – car ces coopérations contribuent à normaliser les actions de ces institutions.

«Depuis que la CIJ [Cour internationale de Justice] a déclaré illégale l’occupation de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est en juillet, même les experts de l’ONU demandent aux États membres de l’ONU de revoir leurs liens académiques avec Israël. Lorsque les rectorats suisses tentent de faire taire les voix critiques qui attirent l’attention sur le scolasticide et la coopération entre les universités israéliennes et l’armée, ils se rendent coresponsables.»

Le Conseil suisse de la science CSS présente son programme de travail 2024–2027

«Le Conseil suisse de la science (CSS) est l’organe consultatif du Conseil fédéral pour les questions relevant de la politique de la formation, de la recherche et de l’innovation. Dans son programme de travail pour les années 2024–2027, le Conseil esquisse ses axes thématiques essentiels. Des questions relatives à l’intelligence artificielle, aux hautes écoles, au changement climatique et aux bibliothèques de recherche y sont traitées. En parallèle, le CSS conduit plusieurs évaluations.»

«La Suisse, deuxième pays européen en terme de brevets académiques par habitant»

La Suisse dépose 772 brevets académiques par million d’habitants, juste après le Danemark (800 brevets), a publié mardi l’Office européen des brevets (OEB). Le rapport de l’OEB montre que les universités européennes ont augmenté le nombre de leurs brevetages d’inventions académiques, le pourcentage des demandes de brevets académiques étant passé de 24% en 2000 à 45% en 2019. L’EPFZ est l’institution qui dépose le plus grand nombre de brevets académiques en Suisse. Elle est l’université qui a le plus de start-ups déposant des brevets issus de la recherche universitaire.
«Outre l’EPFZ, responsable de 2219 brevets académiques, 24 autres institutions suisses ont généré au moins un brevet auprès de l’OEB entre 2000 et 2020. Selon le rapport, l’EPF de Lausanne suit avec 1697 brevets et l’Université de Zurich avec 930 brevets. L’Université de Bâle (470 brevets) et l’Université de Lausanne (363 brevets) complètent le top cinq.»

Les États-Unis sont en tête pour ce qui est de la commercialisation de la recherche financée par le CER

Les auteurs d’une étude récente des brevets basés sur des recherches financées par le Conseil européen pour la recherche (CER) ont constaté que le soutien de ce dernier génère effectivement des inventions de grande qualité. Malheureusement pour l’UE, ce sont les entreprises basées aux États-Unis qui déposent le plus de brevets basés sur ces avancées scientifiques. En conséquence, la recherche financée par le CER est confrontée au «paradoxe européen», c’est à dire qu’en dépit de ses excellentes performances scientifiques, l’UE est à la traîne de ses principaux concurrents internationaux en matière d’innovation. Selon les auteurs de l’étude, cela s’explique notamment par l’absence d’un écosystème dynamique de start-ups.

L’UNIGE renforce le soutien aux inventions issues de la recherche

Dans le but de soutenir la valorisation des inventions issues de la recherche menée à l’UNIGE dans les secteurs pharmaceutiques, des biotechnologies et des technologies médicales, Unitec, le bureau de transferts de technologies de l’Université, a mis sur pied cette année un nouveau programme de subsides pour permettre aux chercheurs et aux chercheuses d’élaborer la preuve de concept requise pour pouvoir intéresser des partenaires industriels. InnoLIFE propose deux subsides d’un montant maximum de 100’000 francs chacun par année et vient ainsi compléter le soutien à l’innovation déjà proposé par Unitec à travers le fonds Innogap, avec lequel il est cumulable.

Le dilemme des universités face au conflit au Moyen-Orient

Le conflit au Moyen-Orient place les universités devant un dilemme : comment la liberté de recherche, les droits de l’homme et la sécurité doivent-ils s’articuler ? Doivent-ils être pondérés entre eux ? Joël Graf, historien et ancien conseiller pour des programmes de recherche de l’UE, notamment dans les domaines de la sécurité et de l’éthique, estime qu’il convient d’examiner systématiquement les relations scientifiques avec les organisations partenaires palestiniennes et israéliennes et de réfléchir comment limiter le « transfert non souhaité d’informations sensibles, de savoir-faire et de technologie » sans pour autant boycotter des états.

Joël Graf prend comme exemple une lettre envoyée fin mai par le Conseil universitaire flamand à la commissaire européenne à la recherche Iliana Ivanova. Dans cette lettre, il demande dans quelle mesure les coopérations avec Israël sont compatibles avec la clause éthique d’Horizon Europe dans le contexte de la guerre en cours et des décisions de la Cour internationale de justice. Le Conseil de l’Université souligne qu’il est tout à fait ouvert à une approche différenciée vis-à-vis des partenaires de recherche israéliens. Mais il faut des lignes directrices claires pour prendre les décisions nécessaires.

Dans sa réponse au Conseil universitaire flamand, la commissaire européenne Ivanova écrit qu’elle est consciente de l’importance de la question. En même temps, elle met en garde contre le fait de mettre fin à des coopérations de recherche avec des partenaires israéliens uniquement en raison de leur nationalité. Ce serait « inapproprié » et « discriminatoire ». L’université belge de Gand – également liée à l’université de Berne par le réseau universitaire The Guild – a tiré ses propres conclusions. Le recteur a annoncé le 31 mai qu’il suspendait provisoirement la coopération institutionnelle avec les instituts de recherche israéliens. Il s’est appuyé sur un rapport de la commission interne pour les droits de l’homme et le double usage (recherche et innovation utilisables à des fins civiles et militaires). Cette commission a fait état de violations graves présumées du droit international humanitaire.