«[L]e Conseil fédéral a approuvé les modifications de l’ordonnance sur les contributions qui étaient proposées par le conseil d’administration d’Innosuisse. Cette révision simplifie les procédures et offre davantage de souplesse dans la conception des offres d’encouragement. […] En outre, les exigences relatives aux principes éthiques ainsi qu’à la sécurité de la recherche et des connaissances sont réglementées de manière plus claire.»
Filtres des articles
Sujet: innovation
Selon l’économiste et prix Nobel Philippe Aghion, le retard de l’Europe en matière d’innovation de rupture face aux États-Unis s’explique par des freins institutionnels, financiers et un manque d’infrastructures de calcul. Il déplore également le manque de prise de risque et une pénalisation accrue de l’échec. Le spécialiste préconise la création en Europe d’un « CERN de l’IA » en mutualisant des centres de calcul financés par des coalitions d’États élargies à des partenaires proches, comme la Suisse, le Royaume-Uni et le Canada.
«La crise climatique exige des solutions rapides et efficaces. Pourtant, de nombreuses technologies climatiques prometteuses restent souvent cantonnées à des projets pilotes et de démonstration. Ce qui manque, c’est le passage à une mise en œuvre à grande échelle. C’est précisément là qu’intervient le nouveau «Climate Solutions Hub» (CSH) lancé par l’Empa et l’Eawag : il étudie les raisons pour lesquelles des solutions climatiques révolutionnaires ne parviennent pas à changer d’échelle et développe, avec des partenaires issus de la recherche, de l’économie et des pouvoirs publics, des moyens de surmonter les obstacles. Le CSH compte ainsi parmi les premiers hubs de recherche au monde à se consacrer explicitement au passage à l’échelle de solutions climatiques innovantes.»
Le directeur du Center for Digital Trust (C4DT) à l’EPFL, Edouard Bugnion, affirme que le sommet mondiat de l’IA en juin 2027 est une opportunité, entre autres, «pour faire de la Suisse une vitrine scientifique internationale. Notre pays jouit déjà d’une solide réputation: nos hautes écoles sont renommées et figurent parmi les meilleures du monde. Nous sommes également reconnus pour notre écosystème de startup.
«La Fondation Dominique Renaud ouvre une voie inédite en horlogerie: un instrument d’évaluation instantanée des idées, de leur faisabilité et de leur coût. Avec l’intention de remettre l’horlogerie sur le chemin de l’expérimentation scientifique.»
L’Union européenne souhaite encourager l’innovation au sein de l’UE et redéfinit désormais les modalités d’attribution des marchés publics. Selon la proposition de la Commission eurpéenne, les entreprises suisses ne devraient en principe plus pouvoir participer à l’appel d’offres.
Ce financement concerne les nouvelles technologies expérimentales, c’est-à-dire des solutions que des communes ou des entreprises publiques souhaitent acquérir, mais qui ne sont pas encore disponibles sur le marché. Par exemple, des robots destinés aux hôpitaux ou des logiciels d’intelligence artificielle pour le ramassage des ordures.
Il s’agit d’une décision importante pour la Suisse, pôle de recherche et de développement étroitement lié à l’Europe. Le Directeur de Swissmem souligne: «Les entreprises et les universités suisses comptent parmi les meilleurs et plus importants partenaires [de l’UE], notamment en matière d’infrastructures de recherche.»
Selon un rapport de la plateforme néerlandaise de journalisme d’investigation « Follow the Money », des fonds européens auraient fait l’objet d’un détournement dans au moins cinq communautés d’innovation de l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT). Ce dernier est accusé par des ancien·nes employé·es de «détournement de fonds publics, d’éventuels conflits d’intérêts, des défaillances en matière de contrôle, voire des cas potentiels de fraude » dans la moitié des Communautés de connaissances et d’innovation (CCI).
Cela renforce la pression en faveur d’une réforme de la législation régissant l’EIT, suite à la faillite de la communauté «Fabrication» de l’EIT survenue plus tôt en 2026.
«À l’occasion des 50 ans de l’Office de promotion des industries et des technologies (OPI), qui sponsorise cette Exploration, Heidi.news a arpenté les laboratoires genevois. Ceux de l’école d’ingénieurs Hepia ou de l’école horlogère, ceux du Wyss Center sur le Campus Biotech, de Rolex, de dsm-Firmenich ou de la myriade de PME sous-traitantes.»
Selon des sources internes, la National Science Foundation (NSF) réduit cette année de 20 % à 30 %, voire davantage, les budgets de centaines de ses programmes traditionnels de recherche fondamentale, alors même que son budget global n’a baissé que de 3 %, selon les informations recueillies par Science. La NSF n’a pas expliqué publiquement ces coupes drastiques. Mais selon les sources, l’objectif serait de dégager des fonds pour une nouvelle initiative de 1,5 milliard de dollars, lancée le mois dernier, destinée à transformer les découvertes financées par la NSF en nouveaux produits et en nouvelles industries.
Face au déficit d’innovation européenne ainsi que la chute du PIB par habitant, Dominique Forray, membre du Conseil suisse de la science et professeur émérite à l’EPFL où il a dirigé la chaire d’économie et de gestion de l’innovation, dresse un bilan des piliers d’une politique industrielle axée sur la productivité. Selon lui, celle-ci devrait se concentrer sur la recherche, l’innovation, la formation et l’immigration.
Face à ses enjeux complexes, il met en garde contre : « Le risque de se tirer une ou plusieurs balles dans le pied est évidemment lié au sort des discussions actuelles sur l’immigration et la démographie et à l’état de nos relations avec l’Union européenne ».
En matière de formation, l’orientation scolaire représente un défi essentiel, notamment pour les femmes et les personnes issues de milieux modestes. Le pays doit également réussir à concilier les filières académiques avec les voies professionnelle et pratiques.
Enfin, dans un contexte budgétaire tendu, la Suisse s’efforce de maintenir un système de recherche et d’enseignement supérieur d’excellence, dont la taille reste pourtant disproportionnée par rapport à celle de son économie.
Selon un nouveau rapport, le pays devrait suivre l’exemple de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des Pays-Bas et créer une nouvelle entité «d’ici quelques mois», inspirées de celles mises au point par l’Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA).
Selon les auteurs de l’article, «de nouvelles agences chargées de l’innovation voient le jour un peu partout en Europe, alors que les gouvernements s’inquiètent de la faiblesse de la croissance, de la dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis et de la lenteur des systèmes actuels de subventions à la recherche.»
Dominique Foray, professeur émérite à l’EPFL et membre du Conseil suisse de la science revient sur les stratégies mises en place par le plan d’innovation 2025-2028 du Canton de Genève. Il y souligne les incohérences et les faiblesses. Il déplore notamment l’accent mis en particulier sur le campus Biotech, privilégiant les sciences de la vie.
Selon lui, la stratégie d’innovation devrait refléter davantage la diversité des domaines stratégiques du canton, comme la Finance et l’essor des Fintechs ou les HES. Il souligne également l’absence étonnante dans la stratégie d’innovation du CERN.
Face à la multiplicité des secteurs importants à Genève, l’économiste, expert dans la spécialisation intelligence déclare : « La stratégie genevoise est un peu générale, elle flotte au-dessus des enjeux et ne capture pas ce qui fait la spécificité de chaque secteur. »
«Le Conseil suisse de la science CSS a publié aujourd’hui son rapport d’évaluation sur le portefeuille d’encouragement d’Innosuisse. L’évaluation conclut qu’Innosuisse remplit son mandat légal et dispose d’un portefeuille de soutien cohérent. Parallèlement, le CSS identifie un potentiel de développements ciblés, notamment en ce qui concerne l’implication de partenaires de mise en œuvre ainsi que l’accès au capital-risque et aux fonds propres.»
Cet article traite du rôle des hautes écoles spécialisées dans le système suisse de recherche et d’innovation, de l’analyse de leurs atouts structurels et des risques réels auxquels elles sont confrontées, ainsi que des questions systémiques en suspens dans un contexte plus large de politique universitaire.
Il vient à la conclusion qu’il faut protéger les HES activement : contre la tentation de l’académisation, contre les instruments de financement qui récompensent les mauvais profils et contre les structures qui, bien qu’elles portent le nom «HES», n’en incarnent plus l’essence.
La Suisse est en tête du classement 2025 de la compétitivité numérique mondiale de l’IMD et figure aussi dans le top 10 des dépôts de brevets au niveau mondial. Et sans cesse, l’EPFL et l’EPFZ apparaissent dans le top 50 des hautes écoles.
L’auteur de l’article, Anouch Seydtaghia, estime que les succès suisses en termes d’innovation sont «éclatants» mais «aussi extraordinairement fragiles. Très souvent, ces entreprises prometteuses sont des émanations de l’EPFL et de l’EPFZ. Piliers de la recherche, formant d’excellents spécialistes (et parfaitement complémentaires aux précieuses HES), ces hautes écoles doivent pourant subir des coupes drastiques dans leurs budgets. La Confédération impose une pression financière importante aux EPF, ce qui s’apparente quasiment à une stratégie suicidaire vu leur importance dans l’innovation en Suisse.»
Co-fondé en 2017 par l’EPFL et l’ETHZ avec le soutien de la Confédération et du canton, le Swiss Data Science Center (SDSC) accompagne et structure la transformation numérique de l’économie locale.
De la collecte et gestion des données à l’apprentissage automatique, le centre apporte son expertise à une vingtaine d’entreprises cette année, en s’appuyant notamment sur l’IA souveraine Apertus.
À travers des projets d’envergure comme Enerbat, dédié à l’efficacité énergétique, le SDSC consolide la position de Lausanne comme pôle majeur de recherche translationnelle (recherche de pointe appliquée) en IA et science des données. Cette démarche vise à ainsi garantir l’autonomie numérique des actrices et acteurs économiques.
«Dans neuf pays européens, la réutilisation numérique ouverte des publications scientifiques financées par des fonds publics est déjà inscrite dans la législation. Avec le European Research Area Act de l’Union européenne, cette pratique devrait devenir un standard européen.
Christian Schwarzenegger, vice-recteur de l’Université de Zurich et président de la délégation Open Science de swissuniversities, explique dans la « NZZ » les avantages d’un droit de publication secondaire.» (swissuniversities)
«À la mi-janvier, la commission compétente du Conseil des États a débattu de l’introduction d’un droit de publication secondaire obligatoire pour la recherche financée par des fonds publics. Il ne s’agit pas d’une guerre culturelle, mais de savoir si la Suisse, en tant que pôle d’éducation et d’innovation, se dote d’un cadre juridique permettant la réutilisation numérique ou si une défaillance structurelle du marché se poursuit», écrit Christian Schwarzenegger dans la NZZ.
L’IA permettrait de faire des avancées importantes dans la recherche, se posant sur les résultats scientifiques, à condition que les publications soient disponibles, et dans le respect de la sécurité juridique. «Ceux qui souhaitent cette innovation ont besoin d’un cadre juridique qui permette la réutilisation, non seulement pour la lecture, mais aussi pour l’évaluation automatique. Dans cette optique, l’intérêt public pour l’accessibilité et la réutilisabilité doit être considéré comme très important : cela concerne non seulement les universités, mais aussi les entreprises, en particulier les PME, les start-ups, l’administration et la justice.»
La Chine a développé un programme doctoral basés sur des réalisations pratiques plutôt que sur une thèse ou d’autres publications académiques. Il est conçu pour former davantage d’ingénieurs d’élite capables de contribuer à stimuler l’innovation dans le pays.
Les étudiant·es doivent créer des prototypes fonctionnels et prouver que leurs inventions peuvent être utilisées à grande échelle. Ce nouveau type de doctorat est supervisé par un·e académique et un·e expert·e industriel. Et lors des examens oraux, un jury composé à la fois d’universitaires et d’ingénieurs en activité évalue les doctorant·es. Pour Li Jiang, spécialiste en sciences de l’information à l’université de Nanjing, ce nouveau modèle d’évaluation répond à un problème qui mine depuis longtemps la formation des ingénieurs : «Il existe un fossé important entre les connaissances théoriques qu’ils acquièrent dans les livres et les compétences pratiques que notre société attend d’eux.»
Guo Tong, ingénieur civil à l’université Southeast, voit une possibilité d’intégrer ces évaluations dans des disciplines pratiques qui combinent l’ingénierie et la recherche médicale, telles que la conception de dispositifs médicaux avancés et le diagnostic intelligent.
L’Europe définit actuellement sa prochaine génération de programmes de financement européens dans un contexte marqué par une grande incertitude.
Les flux financiers du bloc destinés à la R&I, à la compétitivité et à la défense doivent évoluer de concert, affirme Mattias Björnmalm, secrétaire général du CESAER, association de 50 universités scientifiques et technologiques en Europe.
Les universités du continent démontrent à bien des égards que les écosystèmes efficaces axés sur la compétitivité reposent moins sur la création de nouvelles structures que sur la mise à l’échelle des solutions qui fonctionnent. L’Europe aurait une réelle opportunité de réussir dans ce domaine, mais cela nécessitera une cohérence et une clarté entre ses programmes.
2026 s’annonce comme une année clé pour la recherche et l’innovation européennes, marquée par de nouvelles lois, des négociations majeures sur Horizon Europe et la mise en place d’outils pour renforcer la compétitivité de l’UE.
1er trimestre : nouvelles initiatives pour l’innovation
La Commission européenne présentera l’European Innovation Act pour faciliter la mise sur le marché des innovations (bacs à sable réglementaires, accès aux infrastructures, transfert de technologies).
Elle proposera aussi un statut européen des entreprises (28e régime) afin de simplifier l’activité transfrontalière.
2e trimestre : négociations sur Horizon Europe et le Fonds de compétitivité
Les discussions s’intensifieront sur le prochain programme Horizon Europe (175 Md€) et le nouveau Fonds européen de compétitivité – ECF (451 Md€), destiné à soutenir la montée en échelle et la commercialisation de l’innovation.
Le Parlement et le Conseil doivent définir leurs positions respectives d’ici l’été, avec l’objectif d’entamer les négociations interinstitutionnelles à l’automne. Les liens entre Horizon et l’ECF, ainsi que la place des États membres dans les priorités stratégiques, restent des points sensibles.
3e trimestre : focus sur l’Espace européen de la recherche (ERA)
Publication attendue de l’ERA Act, première législation contraignante pour réduire la fragmentation des systèmes de recherche, améliorer la mobilité des chercheurs et encourager l’investissement en R&D (objectif 3 % du PIB).
La Commission présentera aussi un Quantum Act (T2 2026) et un deuxième Biotech Act (T3 2026).
Fin d’année : poursuite des négociations et réformes structurelles
Les négociations Horizon/ECF entreront dans une phase décisive.
La Commission finalisera aussi le Single Basic Act (partenariats industriels, entreprises communes) et une révision du cadre de l’EIT (Institut européen d’innovation et de technologie), dont l’avenir reste incertain.
En parallèle
Les chercheurs et innovateurs se disputeront les 14 Md€ restants d’Horizon Europe et testeront de nouveaux instruments, comme les super-bourses ERC de 7 M€ sur 7 ans et les Advanced Innovation Challenges du Conseil européen de l’innovation.
En conclusion, 2026 sera une année de préparation, de propositions et de négociations intenses, tandis que les accords définitifs sont attendus surtout en 2027.