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Sujet: souveraineté numérique

Ouverture d’un bachelor en systèmes d’information et business analytics

«À la rentrée de septembre 2026, l’Université de Genève consolidera son offre de formation avec un bachelor en systèmes d’information et business analytics, rattaché à la Geneva School of Economics and Management (GSEM).

Cette nouvelle offre fait suite à la dissolution du Centre Universitaire d’Informatique (CUI), décidée en décembre 2025. Elle garantit la pérennité des formations de base, jusqu’alors dispensées par le Centre, en les inscrivant dans un cadre institutionnel stable. […]  La transformation nécessaire de l’enseignement supérieur nécessite d’importantes ressources. Cela concerne tous les acteurs – de la direction des établissements d’enseignement supérieur aux enseignants et aux étudiant·es –, tout comme les Länder (régions) et l’État fédéral.»

Le Conseil allemand de la science préconise la « souveraineté intellectuelle» comme principe directeur pour l’utilisation de l’IA dans l’enseignement supérieur

Dans ses «Recommandations pour l’enseignement supérieur à l’ère de l’IA générative», le Conseil scientifique allemand (WR) prône la «souveraineté intellectuelle» comme principe directeur, destiné à servir de repère aux établissements d’enseignement supérieur et à tous les acteurs concernés, et à guider leur approche de l’IA générative. Il appelle à l’autonomie, à la réflexion critique et à la résistance face à la simplification.

«Les Etats-Unis semblent complètement perdus sur le marché de l’IA»

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la Maison-Blanche a levé l’obligation pour Anthropic d’obtenir une licence avant d’exporter ses modèles Mythos et Fable. Cela inclut notamment un nouveau programme qui «rassemble plusieurs outils couramment utilisés par les scientifiques, dont plus de 60 bases de données spécialisées. Les scientifiques allemands, chinois ou suisses qui utiliseront Claude Science ces prochains jours auront sans doute en tête le risque qu’à tout moment Washington décide de la déconnexion de ce service», parce que «les géants américains de l’intelligence artificielle sont de plus en plus sous la coupe du gouvernement». (Le Temps)

Comment les scientifiques européens devraient-ils réagir face au «kill switch» américain en matière d’IA ?

Le risque d’un arrêt soudain d’accès à certains modèles d’IA américains (« kill switch ») a renforcé en Europe la crainte d’une dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis. La décision de Washington de restreindre l’accès à certains modèles d’Anthropic, pour des raisons de cybersécurité, a eu des conséquences directes sur la recherche européenne, notamment en mathématiques, en privant certains scientifiques d’outils avancés.

Cet épisode soulève des inquiétudes : les chercheurs européens pourraient devenir dépendants de technologies étrangères susceptibles d’être coupées à tout moment, créant ainsi une forme d’inégalité d’accès à la recherche selon les profils ou les collaborations internationales.

Par ailleurs, les grands modèles de langage (LLM) américains de pointe sont généralement opaques et ont été développés sans contribution scientifique indépendante, déclare Sabine Leonelli de l’Université technique de Munich. «Ce n’est pas suffisant pour la science.»

De plus, l’IA en science ne dépend pas uniquement des modèles les plus avancés. De nombreux outils scientifiques reposent surtout sur la disponibilité de données de qualité, domaine où l’Europe dispose d’atouts importants. En exploitant ses infrastructures et ses données, elle pourrait développer ses propres modèles spécialisés et compétitifs.

Malgré cela, les nouveaux «assistants scientifiques» basés sur l’IA reposent encore largement sur des modèles américains, faute d’alternatives aussi performantes. Les options européennes ou chinoises existent, mais restent moins avancées ou plus difficiles à utiliser.

Plusieurs experts recommandent aux chercheurs européens de diversifier leurs outils et de développer des alternatives locales. L’objectif est de réduire la dépendance tout en renforçant la capacité de l’Europe à produire ses propres solutions d’IA, plus adaptées aux besoins scientifiques et plus transparentes.

Interview avec Joël Mesot, président de l’EPFZ

Joël Mesot est revenu sur le classement de l’école dans le top 10 mondial au micro de la RTS.  La tradition, la culture d’excellence ainsi que la concurrence entre hautes écoles font, selon lui, rayonner le système suisse.

Il est revenu également sur les défis rencontrés en lien notamment avec la souveraineté numérique, les collaborations avec l’Europe ainsi que l’intérêt de la recherche pour la société.

La France fait un pas vers la création d’un nouvel organisme dédié à l’innovation

Selon un nouveau rapport, le pays devrait suivre l’exemple de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des Pays-Bas et créer une nouvelle entité «d’ici quelques mois», inspirées de celles mises au point par l’Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA).

Selon les auteurs de l’article, «de nouvelles agences chargées de l’innovation voient le jour un peu partout en Europe, alors que les gouvernements s’inquiètent de la faiblesse de la croissance, de la dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis et de la lenteur des systèmes actuels de subventions à la recherche.»

La Suisse trop lente pour défendre sa souveraineté numérique ?

Les initiatives de souveraineté numérique en Suisse progressent trop lentement, estiment les participant·es à une conférence organisée par l’Institut des hautes études en administration publique (Idheap) de l’Université de Lausanne.

Bien qu’une autonomie totale soit impossible, Jean-Christophe Schwab, ancien conseiller national (VD/PS) et auteur du livre Pour une souveraineté numérique, préconise d’imposer des critères stricts aux prestataires plutôt que d’exclure les groupes étrangers. Il faudrait alors être en mesure de maîtriser les données, pouvoir changer de fournisseur, garantir la transparence technologique ainsi que la conformité aux lois locales.

Enfin, la vigilance doit être de mise face au « sovereign washing », une pratique par laquelle des firmes internationales s’allient à des entités locales pour masquer leur origine étrangère.

 

« L’accès à un modèle d’IA peut être coupé du jour au lendemain »

Le blocage brutal des intelligences artificielles américaines les plus avancées, telles que Fable 5 et Mythos 5 d’Anthropic, sous prétexte de sécurité nationale, révèle la dépendance à l’égard des modèles américains.

« Lorsque l’on dépend entièrement d’infrastructures étrangères pour ses technologies fondamentales, on est à la merci de leurs priorités géopolitiques », déclare Markus Leippold, professeur en mathématiques financières à l’Université de Zurich.

En ce qui concerne l’IA suisse souveraine, Apertus, elle semble être à la traîne face aux modèles américains de pointe.

Intégration houleuse du logiciel américain EPIC pour les hôpitaux vaudois

Le Conseil d’État vaudois défend l’adoption d’une plateforme informatique commune basée sur le logiciel américain EPIC pour le CHUV ainsi que onze établissements hospitaliers cantonaux, malgré un coût supérieur à 200 millions de francs.

Ce projet suscite de vivres inquiétudes concernant des surcoûts potentiels, une solution surdimensionnée pour des petits établissements et des risques pour la souveraineté numérique, alors que le système genevois DPI+ a été écarté.

Face à des contraintes budgétaires toujours plus importantes, les conseils d’administration des hôpitaux ont le droit de se demander s’ils peuvent trouver un autre fournisseur informatique. Cependant, l’avenir de cette harmonisation cantonale, censée faciliter le suivi des patient·es, dépend désormais des décisions du Grand Conseil.

«Le choix d’un système informatique américain pour les hôpitaux vaudois est critiqué»

«Devisé à 207 millions de francs, l’achat d’Epic pour équiper les hôpitaux vaudois cristallise les craintes de dérapage budgétaire et de vulnérabilité face à l’administration Trump. […] Les députés vaudois expriment aussi la crainte d’une perte de souveraineté numérique, alors que l’administration Trump semble aujourd’hui prête à utiliser les licences informatiques comme un levier de pression. «Dans le cadre du tribunal pénal international à la Haye, du jour au lendemain, ils leur ont coupé tous les outils Microsoft, parce qu’ils avaient attaqué Monsieur Netanyahu, ami des Etats-Unis», relève Michäel Wyssa.»

 

« Le gouvernement suisse souhaite s’affranchir des logiciels américains »

Dans un revirement stratégique majeur, la Confédération helvétique a annoncé sa volonté de « réduire progressivement et à long terme sa dépendance vis-à-vis de Microsoft », comme le rapportait la NZZ am Sonntag. Ce virage, qui va à contre-courant des décisions prises ces dernières années, marque une volonté claire de miser davantage sur les logiciels libres pour les 54’000 postes de travail de l’administration fédérale.

Cette décision est largement saluée par la classe politique, qui s’inquiète de la sécurité des données d’Etat. Le conseiller national Nicolas Kolly (UDC) exprime d’ailleurs une méfiance grandissante envers les infrastructures américaines , soulignant le besoin de protéger les informations sensibles de la Confédération.

Berne pourrait s’inspirer du modèle allemand, qui dispose déjà d’une longueur d’avance grâce à son Centre pour la souveraineté numérique, une solution indépendante et libre.

La Confédération a d’ores et déjà commandé des études complémentaires pour planifier ce remplacement graduel pour garantir, à terme, la souveraineté numérique du pays.

 

L’achat d’un logiciel américain pour les hôpitaux vaudois inquiète

Le Grand Conseil vaudois exprime ses craintes face au projet informatique de 200 millions de francs destiné à remplacer le système d’informations clinique du CHUV et de onze autres hôpitaux vaudois d’ici 2027.

S’appuyant sur les dérives budgétaires observées à Berne, les député·es s’inquiètent des risques de surcoûts, du choix d’un prestataires américain et des enjeux cruciaux liés à la protection des données médicales.

Le CHUV, déconnecté du monde?

Aurélien G. Demaurex, membre du Grand Conseil (V’L)  et startupeur, s’interroge sur la souveraineté numérique dans le Canton de Vaud. Après avoir soumis une question orale en décembre, il a écrit un article dans les 24 heures. Il y critique le choix du CHUV et de la Fédération des Hôpitaux Vaudois Informatique (FHVI) d’une solution d’Epic Systems, fournisseur américain soumis au droit des États-Unis, en particulier au Cloud Act. «Les données de santé, parmi les plus sensibles, méritent une protection inconditionnelle.»

Il note que le Conseil fédéral a pourtant souligné l’importance de la souveraineté numérique dans un rapport publié le 26 novermbre 2025. «Le Conseil d’État se réfugie derrière des garanties techniques et contractuelles. Mais l’histoire récente nous enseigne que ces protections sont fragiles: les failles de sécurité se multiplient, les législations étrangères évoluent et les risques géopolitiques s’intensifient.»

 

Les prix de Microsoft dans le viseur suisse

«La Commission de la concurrence a ouvert hier une enquête préalable contre l’entreprise américaine concernant le prix de ses licences, qui s’est envolé. […] Le 1er janvier dernier, un utilisateur constatait que le prix de son abonnement Microsoft 365 Personal passera de 69,95 francs par an à 99,95 francs dès mi-février, soit un bond de 43%. […] Un expert souligne la difficulté qu’auront les autorités à prendre Microsoft en défaut.

«C’est officiel : stocker vos données en Europe ne sert à rien face aux USA»

«Une expertise juridique commandée par le ministère allemand de l’Intérieur confirme ce que beaucoup redoutaient : les autorités américaines peuvent accéder aux données stockées sur des serveurs européens. La localisation physique des données ne protège en rien contre la surveillance américaine. […]
L’expertise juridique va plus loin : même le chiffrement des données ne constitue pas une protection suffisante. » (Mac4ever)

Dans une analyse récente, les avocats Stefan Hessel, Christina Ziegler-Kiefer et Moritz Schneider parviennent néanmoins à la conclusion qu’une utilisation conforme à la protection des données de la solution cloud Microsoft 365 reste en principe possible. Le risque abstrait découlant des pouvoirs extraterritoriaux des États-Unis ne justifie pas à lui seul une mise en cause automatique de la fiabilité du sous-traitant, tant qu’aucune violation systématique du droit européen n’est prouvée. […] D’autres expert·es ne partagent pas cet avis. (heise)

«Des changements majeurs sur la protection de nos données se préparent»

«La Commission européenne veut modifier sensiblement plusieurs règlements sur le numérique, du RGPD aux textes encadrant l’intelligence artificielle. Les informations personnelles des internautes pourraient notamment être plus facilement utilisées par les géants de l’IA.» C’est à se demander «si cet omnibus numérique ne vise pas à faire plaisir à Donald Trump et à ses champions du numérique.» s’interroge François Charlet, juriste et spécialiste de la protection des données.

La communauté de recherche allemande souhaite récupérer des données stockées dans des clouds américains

La Communauté de recherche allemande (DFG) a lancé une initiative visant à sécuriser les bases de données menacées, stockées sur des serveurs cloud étrangers.  Elle met en garde contre le risque que ces données ne soient plus disponibles pour la science, que ce soit aujourd’hui ou à l’avenir. Il est donc important de sécuriser les données pertinentes et de les rendre accessibles en permanence aux chercheurs locaux. L’objectif principal est de renforcer la résilience des infrastructures de données dans le domaine de la recherche.

La plus importante et la plus grande organisation scientifique autonome pour la promotion de la recherche en Allemagne soutient, dans le cadre de cette initiative, des mesures telles que l’acquisition de capacités de stockage et la mise à disposition de ressources humaines pour l’exploitation, la conservation ou l’agrégation technique des données. Les vérifications juridiques nécessaires ainsi que l’intégration des stocks sécurisés dans des structures et des clouds suprarégionaux ou européens sont également éligibles à un financement. L’accent est mis sur le développement de conditions-cadres et de technologies permettant d’intégrer les référentiels correspondants dans ces réseaux européens.

En substance, la DFG se positionne ainsi en faveur de la souveraineté numérique tant vantée. Il s’agit pour elle de pouvoir disposer de ses propres données, infrastructures et technologies et d’en décider de manière autonome. Le principal problème réside dans le cadre juridique américain, en particulier le Cloud Act. Cette loi autorise les autorités américaines à accéder, dans certaines circonstances, aux données stockées par des entreprises américaines. Cela vaut également lorsque ces bits et octets se trouvent physiquement sur des serveurs situés en dehors des États-Unis.

Cette loi représente un risque considérable pour la recherche allemande, car les informations et les résultats sensibles sont théoriquement exposés à l’accès par des autorités étrangères. Elles pourraient également ne plus être disponibles du jour au lendemain pour des raisons politiques ou réglementaires. La dimension politique entre ici en jeu, notamment sous la forme du président américain Donald Trump. Sa ligne imprévisible et protectionniste, qui pourrait remettre en cause les accords transatlantiques existants, y compris en matière d’échange de données, est considérée comme un signal d’alarme pour les aspirations actuelles à la souveraineté.